ANALYSE - ARGENTINE

Élections legislatives


Argentine : tout le monde à gagné

L’Argentine renouvelait le dimanche 27 octobre, la moitié de la Chambre des députés et un tiers du Sénat tant au niveau national que provincial. L’officialisme kirchéniste de centre gauche de la présidente Cristina Fernández reste le principal parti argentin mais la droite a gagné dans plusieurs villes importantes. Tout le monde revendique la victoire !

Au niveau national

Le Sénat compte trois représentants pour chaque province plus trois pour la capitale, élus directement. La liste qui compte le plus de voix a droit à deux sénateurs, le troisième poste allant à la liste suivante. À noter que parmi ces trois élus, un doit obligatoirement être une femme. Le Sénat compte 72 sénateurs et sénatrices. Le nombre de Députés par province varie en fonction du nombre d’habitants selon un système d’élection à la proportionnelle. Il y a 257 députés.

Avec une participation de 80 % des électeurs, le Frente para la Victoria (FpV) de la présidente reste la principale formation politique avec 32,5 % des voix, ce qui lui permet d’obtenir 132 sièges à la chambre des Députés, soit la majorité absolue plus trois sièges (voir chiffres ci-dessous). Le Frente Progresista Cívico y Social (FPCS, soit les partis Union Civique Radicale, Socialiste et alliés) obtient 22,3 %. L’ensemble des partis de l’opposition comptera 125 députés. Une nouveauté : l’entrée au Congrès d’un bloc de gauche avec trois députés de l’Allianza Frente de Izquierda y los Trabajadores (Front de Gauche et des Travailleurs-FIT).

Au niveau provincial

Réussissant à capturer les voix de kirchénistes déçus et d’autres partis de l’opposition, le grand vainqueur dans la province de Buenos Aires est Sergio Massa du Frente Renovador (FR) avec 43,6 % des voix, loin devant le candidat officialiste Martín Insauralde (32 %).  L’opposition a également gagné quatre provinces importantes : Santa Fe, Córdoba, Mendoza et Chubut. Le FpV récupère les provinces de San Juan et La Rioja.

Buenos Aires

La ville de Buenos Aires, traditionnellement à droite, reste dans les mains de Mauricio Macri. En conclusion, même si la presse nationale ou internationale essaie de faire croire au « Triomphe de l’opposition » (1), le fait est que le Frente para la Victoria de la présidente a gagné ces élections de mi-mandat et qu’il garde la majorité dans les deux chambres du Congrès, même si le score est en-dessous du résultat des élections présidentielles de 2011 et que l’opposition a remporté plusieurs places importantes.

Futurs candidats présidentiels

Plusieurs vainqueurs locaux ont déjà annoncé leur candidature aux élections présidentielles de 2015 auxquelles Cristina Fernández ne pourra pas participer, la Constitution interdisant trois mandats présidentiels successifs. Parmi les principaux : Mauricio Macri, leader du parti Propuesta Republicana (PRO), est un opposant farouche et de longue date aux présidents Kirchner et Fernández. Ne devant pas mettre son mandat en jeu, il a voulu renforcer sa position de maître de la ville de Buenos Aires, avec succès. Sergio Massa est maire de la ville prospère de Tigre, proche de Buenos Aires. Il fut le chef de cabinet de la présidente Cristina Fernández en 2008 mais s’est déclaré « péroniste dissident » début 2013 lorsqu’il a créé le parti Frente Renovador, avec succès : c’est le grand vainqueur des élections locales et sera le principal rival de Macri en 2015. Hermes Binner, du Parti socialiste vainqueur dans la province de Santa Fe, est un candidat présidentiel possible, ainsi que Julio Cobos de l’Unión Cívico Radical (UCR), ancien vice-président de la République entré en dissidence, qui l’a emporté dans la province de Mendoza.

 Voter dans sa langue

Pour la première fois dans l’histoire du pays, les indiens mapuche, quechua, mocovi, qom et pilagá ont pu voter dans leur langue. Pour une électrice quechua, « c’est une avance fondamentale pour les droits humains. Jusqu’ici, nous ne comprenions pas ce qu’on nous disait et ce qui était écrit ce qui faisait que nous n’e pouvions pas vraiment nous informer sur les programmes… » Cette expérience qui a eu lieu dans certaines provinces sera reprise dans tout le pays lors de l’élection présidentielle de 2015.

 Jac FORTON

 (1) Sous-titre d’un article paru dans le journal Le Monde en ligne du 28 octobre 2010 et titré « Dur revers pour le parti de la présidente Kirchner ». Ce titre fut changé dans les éditions ultérieures…
DÉPUTÉSFrente para la Victoria (FpV)  33,1 % et 132 députés / Unión Cívica Radical (UCR) 21,4 % 54 députés / Frente Renovador (FR)  17 %  19 députés / Propuesta Republicana (PRO) 9 % 18 députés / Divers : 6,8 %  15 députés / Frente Izquierda y Trab (FIT) 5,1 %  3 députés / UNEN   2,6 %   7 députés / Unión por Córdoba 2,3  %  3 députés / Unidos por la Libertad y trabajo 2 %  3 députés / Movimiento Popular Neuquino  0,6 % 3 députés  / Total  257 – Avec ses 132 députés contre 125 pour l’ensemble de l’opposition, le FpV conserve la majorité de la Chambre des députés, la majorité absolue étant de 129 députés.
SÉNATEURS : Frente para la Victoria (FpV)  40 / UNEN-FAP-UCR   19 / PRO et alliés  3 / Divers  10 – Avec ses 40 sénateurs contre 32 pour l’ensemble de l’opposition, le FpV conserve la majorité au Sénat, la majorité absolue étant de 37 sièges.
 Source : journal La Nación sur  http://www.lanacion.com.ar/1632975-elecciones-2013-congreso-nacional

 

 
 

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