À Barcelone, un sommet international a réuni les dirigeants progressistes pour défendre la démocratie

Ce samedi 18 avril, la ville de Barcelone a accueilli un sommet “en défense de la démocratie” qui a rassemblé une douzaine de chefs d’État de gauche, dont les présidents brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, colombien Gustavo Petro, de l’Afrique du Sud Cyril Raphamosa, et la dirigeante mexicaine Claudia Sheinbaum.  La rencontre, quatrième du genre, s’inscrit dans une initiative lancée en 2024 par le Brésil et l’Espagne pour  remonter le moral du progressisme international, dans un contexte de montée de l’extrême droite et d’augmentation des velléités bellicistes dans le monde. “Le contexte est clair, la démocratie ne peut pas être tenue pour acquise”, a déclaré Pedro Sánchez lors du discours inaugural prononcé samedi matin, présentant ce rassemblement comme celui d’ “un groupe de pays prêts à faire tout ce qui est nécessaire pour protéger et renforcer le système démocratique”.

Il s’agit également de s’opposer fermement à Donald Trump : « nous ne pouvons pas nous lever chaque matin ou aller nous coucher chaque soir en attendant le tweet d’un président menaçant le monde », a affirmé le président Lula, sans mentionner explicitement le maître de la Maison-Blanche.  Cette rencontre s’est déroulé le même jour qu’un rassemblement de responsables européens d’extrême droite à Milan, dans le nord de l’Italie,  auquel doivent prendre part le Français Jordan Bardella et le Néerlandais Geert Wilders, une semaine après la défaite électorale du nationaliste Viktor Orban en Hongrie.

Les intervenants ont cherché à établir des mesures pour protéger la démocratie, et parmi celles-ci la nécessité de réformer l’ONU et de renforcer ses principes fondamentaux. Pedro Sanchez s’est dit favorable à une réforme de l’ONU. « Nous pensons que le moment est venu pour que l’Organisation des Nations unies soit renouvelée, réformée et, pourquoi pas bien sûr, dirigée par une femme. Ce n’est pas seulement une question de justice, c’est aussi une question de crédibilité », a-t-il lancé. L’ancien président du Chili Gabriel Boric a également milité pour la nomination de Michelle Bachelet au poste de secrétaire générale des Nations Unies. 

Une grande variété de sujets a été évoquée, notamment des questions internationales pour fédérer la gauche. Les dirigeants du Brésil, de l’Espagne et du Mexique ont exprimé leurs inquiétudes communes pour Cuba et se sont engagés à organiser une réponse humanitaire pour les habitants de l’île. Dans son discours final, Sánchez a également réaffirmé la volonté de mettre fin à la guerre lorsqu’il a prononcé son slogan “Non à la guerre”, souvent repris lors des interventions militaires d’Israël en Palestine et de la guerre menée par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran. 

La présence de la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum revêt un caractère symbolique : elle met fin aux tensions avec l’Espagne, place le Mexique sur la scène internationale et s’affirme face à son voisin états-unien. Il s’agit de la première visite en Espagne de la présidente depuis son investiture en octobre 2024 et quelques semaines après la reconnaissance le 16 mars 2026 par le roi Felipe IV de “nombreux abus” pendant la conquête espagnole de l’Amérique. Ce sujet a été l’objet de tensions entre les deux pays depuis sept ans, Mexico ayant demandé des excuses officielles pour les dommages liés à la conquête. À son arrivée pour la réunion, Mme Sheinbaum a assuré devant les journalistes qu’il n’y avait pas de « crise diplomatique » entre son pays et l’Espagne, et qu’il n’y en avait même jamais eu.