C’est grâce à l’historien brésilien des cinémas d’Amérique-latine Paulo Antonio Paranagua qu’aujourd’hui existe la revue annuelle Cinémas d’Amérique latine créée en 1992 par lui-même, Esther et Francis Saint-Dizier. Pour cette 34e édition c’est Le fantastique dans le cinéma actuel latino-américain. Cinémas et décolonialité qui sont à l’honneur.
Fréquenter le cinéma latino-américain éveille toujours la curiosité. Les Rencontres toulousaines annuelles, dans le cadre du festival Cinélatino, offrent la possibilité aux invité.es et au public de partager des films et d’en discuter. Elles créent et nourrissent des impressions, des émotions, des discussions que la revue Cinémas d’Amérique latine permet d’animer et d’approfondir. Des auteur.trices des deux rives de l’océan Atlantique apportent -généreusement- leurs contributions. C’est ainsi que l’actualité reste au cœur de la relation réciproque de continuité entre un festival et une publication annuelle.
Depuis quelques années, le fantastique s’invite dans des films intimistes ou politiques proposant une pluralité de mises en œuvre de ce genre dont nous avons souhaité rendre compte à travers divers formats et pays d’origine : exploration technique, cheminement politique, regards autochtones, espaces de résistance sont les différentes entrées étudiées dans l’important dossier Le fantastique dans le cinéma actuel latino-américain de ce #34. Un autre sujet, aujourd’hui prégnant dans le continent latino-américain, trouve sa place et mérite un écho nécessaire : la décolonialité. Sur ces deux sujets d’importance et d’actualité, la revue a demandé à des universitaires de différents pays et de différentes cultures de rendre compte de leurs recherches par le truchement des cinématographies et de leur diffusion.
Le cinéma mexicain rayonne cette année 2026 lors de la 38e édition de Cinélatino : la revue se devait d’accompagner ce lien qui parcourt toutes les sections du festival. Un dossier certes modeste ici, mais présent au fil des numéros, en prouve la vitalité. Le cinéma, ce sont d’abord les films que l’on fabrique et que l’on projette, mais c’est aussi un objet d’échanges autour des œuvres d’artistes qui donnent lieu à de fécondes conversations, nourries par des auteurs passionnés. La revue rend hommage à deux figures brésiliennes décédées en 2025 : Cacá Diegues et Jean-Claude Bernardet. Elle donne la parole à un acteur et une actrice qui se lancent aujourd’hui dans la réalisation de leur premier film : Paulina García et Alfredo Castro, invité.es d’honneur du festival respectivement en 2018 et 2021.
Pour stimuler la réflexion, un article se penche sur les films de la refondation démocratique dans le cinéma latino-américain. Et désireux d’alimenter plus encore les connaissances, ce numéro fait la recension des ouvrages parus dans l’année. Cinéma d’Amérique latine s’inscrit à la fois dans une permanence où se lit d’évolution des idées ainsi que la poursuite de l’engagement et la dynamique unique et forte qui contribue à une connaissance solide des cinétographies latino-américaines. Merci encore à tous ceux et toutes celles qui partagent leur travail et nous l’offrent.
D’après l’ARCALT
Revue : cinelatino.revues.org/ – Rédaction : Arcalt : 77 rue du Taur, 31000 Toulouse cedex 9 +33 (0)5 61 50 38 10 / 20 euros – www.cinelatino.fr


