La mort du baron de la drogue « El Mencho » ne présage rien de bon pour le Mexique

Nemesio Rubén Oseguera Cervantes plus connu sous le nom de « El Mencho » était le chef du Cartel de la Nouvelle Génération de Jalisco (CJNG) dans l’État de Jalisco au Mexique. Il a été la personne la plus recherchée du Mexique et l’une des plus recherchée aux États-Unis pour trafic de drogue, implication dans le crime organisé et pour possession illégale d’armes à feu. Il a aussi été responsable de la coordination des opérations mondiales de trafic de drogue notamment entre le Mexique et les États-Unis. Grâce à lui, son cartel (CJNG) est devenu l’une des principales organisations criminelles du Mexique. Le gouvernement mexicain avait l’œil sur lui, à cause de son leadership agressif et ces attaques sensationnalistes contre les cartels rivaux et les forces de l’ordre mexicaines qui ont fait sa notoriété. Le dimanche 22 février, l’armée mexicaine a lancé une opération, en coopération avec le gouvernement américain dans une de ces planques et il a été mortellement blessé par balles.

La mort d’un grand baron de la drogue parmi les dizaines existantes, pourrait sonner comme une petite victoire pour le gouvernement mexicain. Mais cette victoire n’a été que d’une courte durée et c’est sa population qui a subi les retombées. La mort d’« El Mencho » a tout de suite entraîné la colère de son cartel, qui a répondu avec une vague de violences. On parle alors de : commerces vandalisés, de barrages routiers, de véhicules incendiés ainsi que les affrontements violents entre le cartel et les forces de l’ordre. Au début, ce n’étaient que les grandes villes de l’État de Jalisco qui étaient touchés comme Guadalajara et Puerto Vallarta. Mais le phénomène c’est étendu dans d’autres États voisins puis a complètement submergé le pays. Plusieurs événements et vols d’avions ont été annulés et la présidente du Mexique Claudia Sheinbaum a appelé sa population à rester calme face à ces agitations (notamment pour les touristes américains).  Les représailles du cartel ont provoqué la mort de 73 personnes et le blocage de quelques États du Mexique pendant plusieurs jours. Finalement, sept criminels ont été tués, et trois soldats ont été blessés. Deux membres du CJNG ont été arrêtés et plusieurs armes ont été saisies notamment des lance-roquettes pouvant détruire des avions et des véhicules blindés.

La présidente mexicaine assure dorénavant que le Mexique est un pays « calme » et « en paix ». Sûrement pour apaiser les inquiétudes sur la sécurité du pays. Notamment en vue de l’accueil de la prochaine coupe du monde de football dans quelques mois, où les matchs se feront dans les stades de Guadalajara. Même si la situation s’est un peu calmée, ces vagues de violence montre que trafic de drogue au Mexique est un problème bien enraciné. Et que supprimer un puissant chef de cartel, ne le résoudra pas aussi facilement. Surtout quand on sait que le cartel peut survivre sans son chef, avec leurs activités diversifié autres que le trafic de drogue. Mais on n’est pas à l’abri d’une guerre interne dans le cartel entre ces différents « bras armés » ou fractions régionales, lié à une crise de succession du nouveau chef.