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15 février 2018

La Murga uruguayenne arrive au Chili le 17 février pour assener quelques vérités

On raconte que ça s’est passé pendant la nuit, à l’époque où la dernière dictature en date sévissait en Uruguay (1973-1985), à l’époque où les gens avaient encore peur et parlaient tout bas, lorsque Raul Castro, dit « le maigre », proposa à son ami Hugo Brocos de former une murga (musiciens de rue qui interprètent des chansons satyriques lors de carnavals) et de sortir raconter des vérités.

Photo : Journal Uruguayen ?

Ça s’est passé une nuit de juin 1980, dans un bowling de Montevideo, et c’est à ce moment-là qu’est né l’une des plus grandes institutions de la murga charrúa : « Falta y Resto ». Cet ensemble musical, au parcours très vaste, doit son nom à une passe du jeu de cartes (appelé Naipes ou Truco) où l’on joue le tout pour le tout. Toujours aux commandes de « Tinta Brava », Castro a décliné son incontournable répertoire de vérités et de traditions en plus de quinze titres originaux.

Le groupe sera chargé d’animer ce samedi 17 février la cérémonie d’ouverture du Festival « Womad » (festival qui aura lieu dans le quartier de la Recoleta les 16, 17 et 18 février) et jouera à 17 h sur la scène de La Paz. « Nous ne voulons pas que le monde entier nous écoute, mais plutôt que tout un chacun fasse ses propres murgas, dans chaque quartier, ville ou pays, pour harmoniser une opinion politique qui puisse représenter les peuples dans la gaieté. La révolution se joue en chantant. », a déclaré Castro.

Avec Quilapayún

Castro explique que ses liens avec le Chili ne datent pas d’hier. « Nous sommes des compatriotes latino-américains, avec une profonde admiration pour un peuple qui a donné des poètes et poétesses merveilleux », assure-t-il. « En ce qui me concerne, j’ai commencé mon activité artistique là-bas dans les années 70, avec une version de la chanson Cantata de Santa María de Iquique, des Quilapayún. » Le directeur de la murga admire tout particulièrement les Parra, surtout Violeta, et bien sûr Pablo Neruda, « poète de mon adolescence, coupable de mon amour et de toute ma poésie ».

Lors de Womad, le groupe présentera son tout dernier spectacle sorti en Uruguay, Misa Murguera, un spectacle que Castro décrit comme « le rituel païen en l’honneur du dieu Momo, dans l’espoir de transformer la réalité en joie ». Participer à cet événement signifie « partager, montrer, voir, écouter, apprendre, croitre… en tant que groupe et en tant que personne […] Le monde entier uni à la musique et à l’art populaire », comme il dit. Castro se réjouit : « C’est magique, c’est une réunion de druides, un mélange de cultures, un véritable développement humain. Merci de nous laisser exister. »

Le succès de la murga

Castro attribue le succès de la murga, pratique culturelle très locale, par-delà les frontières de l’Uruguay, « au fait de propager la bonne nouvelle, chanter ensemble, en groupe, se souvenir, échanger, se laissant guider par la liberté ». Selon ses propres mots, la murga est un « groupe de personnes qui n’oublient pas de chanter ensemble la réalité dans laquelle ils vivent, avec l’objectif manifeste d’améliorer la société dans la bonne humeur, l’engagement et la joie profonde ». « Il y a entre 14 et 17 personnes dans une murga. Chez nous, 6 femmes et 11 hommes tentent de séduire le public en chansons, déguisés et maquillés. »

Ils présentent leur spectacle comme une comédie musicale politique ; politique au sens de relations entre les êtres humains. « Nous parlons donc ponctuellement de politique, et Coréens et Nord-américains ne sont pas épargnés, mais nous avons aussi des moments forts dédiés à la lutte féministe. » L’objectif pour l’avenir est de continuer à semer les graines de la murga dans le monde entier. Et Castro de conclure : « C’est une belle révolution permanente qui t’emmènera sur des chemins incroyables et merveilleux. »

Traduit par Marine THIAM
D’après un article de Marcio Fajardo,
paru dans El Mostrador

Caroline Dumas est nommée Secrétaire générale de la Semaine de l’Amérique latine en France

Depuis la création de la Semaine de l’Amérique latine en France, nous avons suivi pas à pas les différentes étapes de cette manifestation si nécessaire pour dynamiser les rapports entre Latino-Américains et Français. À l’initiative du Sénat depuis 2010, le 31 mai avait été désigné journée nationale de l’Amérique latine en France. En 2014, sous l’impulsion du président François Hollande et de Jean-Pierre Bel, président du Sénat à ce moment-là, cette journée s’est étendue à une semaine depuis 2015.

Photo : Palacio de La Moneda en Chile

La semaine de l’Amérique latine et des Caraïbes en France a ainsi dépassé une bonne dizaine de jours de manifestations et d’activités. L’ambassadeur Philippe Bastelica a été le premier responsable nommé par le quai d’Orsay. En 2017, avec M. Antoine Grassin, le second responsable, la manifestation s’est déroulée avec un programme riche et varié sur deux semaines. Pour accompagner cette belle initiative unique en France, nous avons nous-mêmes été motivés à créer le festival Primavera Latina – dialogues entre sciences et littérature.

Depuis novembre dernier, nous étions bien inquiets qu’un nouveau responsable ne soit nommé. Début janvier, nous avions pensé que la Semaine ne connaîtrait pas de continuité et nous avons avancé notre quatrième édition de Primavera Latina au mois d’avril afin d’atteindre les étudiants des universités et des grandes écoles les plus intéressés par les relations entre la France et l’Amérique latine. Vers la fin janvier, nous étions informés par M. Bastelica qu’il y aurait bien une suite et nous venons d’apprendre officiellement que Mme Caroline Dumas, en poste d’ambassadeur au Chili, revenait à Paris pour devenir la secrétaire générale de la semaine de l’Amérique latine et des Caraïbes en France.

Nommée en février 2018 Secrétaire générale de la Semaine de l’Amérique Latine et des Caraïbes, Mme Caroline Dumas arrive donc du Chili, où elle était Ambassadrice de France depuis début 2016. Elle avait auparavant été également ambassadrice de France en Islande (2009-2011) et en Jordanie (2013-2016). Elle est diplômée de Sciences Po Paris et de l’Institut national des langues et civilisations orientales, en dominante arabe. Elle est également titulaire d’une licence de lettres. Sa formation l’amène à intégrer le ministère des Affaires étrangères en 1985. Elle y travaille d’abord au sein de la Direction des projets de développement, sur la zone Afrique, puis rejoint la Direction d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, et enfin celle d’Amérique et des Caraïbes. En 1990, Caroline Dumas devient première secrétaire à Pretoria, puis première conseillère à Nairobi, fin 1993.

De retour à Paris en 1997, elle est chargée de mission sur le Proche Orient auprès du Directeur des relations culturelles, scientifiques et techniques du MAE. Elle dirige ensuite le Département d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, au sein de la Direction générale de la Coopération internationale et du Développement. En 2004, elle devient première conseillère à l’ambassade de France à Washington. Elle rentre à Paris fin 2006 où elle devient directrice adjointe d’Afrique et de l’Océan Indien pour trois ans, avant de partir sur son premier poste d’Ambassadrice.

Januario ESPINOSA

La violence légitime de l’État nicaraguayen comparée à l’abus de force de l’ancienne garde nationale

Le 8 février dernier, un groupe de mères du Mouvement de Rénovation Sandiniste (MRS, gauche), parmi lesquelles sa présidente, Suyen Barahona, a déposé une plainte contre le président du Nicaragua Daniel Ortega et le Général Cesar Aviles, chef des armées, pour « assassinat » et « abus d’autorité » à la suite du décès de deux jeunes garçons lors d’une fusillade avec une patrouille militaire en novembre dernier.

Photo : Daniel Ortega

La mobilisation fait suite à une opération militaire datée de novembre 2017 où six personnes supposées appartenir à des bandes criminelles, dont deux enfants de 12 et 16 ans, ont été assassinées à La Cruz del Rio Grande, région autonome du sud des Caraïbes. Sept femmes, Daysi Tamara Dávila Rivas, Suyén Barahona Cuan, Marlen Auxiliadora Chow Cruz, Virginia Eugenia Vijil Icaza, Luisa del Carmen Molina Cabezas, Lucia Marilea Reynosa Mercado et Mayra Sirias, demandent la clarification des faits et une investigation exhaustive à propos de la fusillade, de même que la remise des corps qui se trouvent actuellement dans une fosse commune.

Mme Chow se défend à propos de commentaires malsains de la part de la presse et de l’opinion publique à cause des photos qui circulent sur les réseaux sociaux où les deux mineurs sont présentés avec des armes de feux. Elle explique que les photos ne sont pas réelles et qu’aujourd’hui, avec les facilités technologiques, les clichés peuvent être photoshopées. Si c’est le cas, on est dans une situation extrêmement grave et on est face à un nouveau cas en Amérique latine de « faux positif » où des citoyens civils sont assassinés par l’armée et présentés aux médias comme criminels.

De plus, Mme Chow, membre du MRS, exprime son mécontentement, sa peur et sa méfiance envers le gouvernement de Daniel Ortega du fait de son abus de pouvoir, et le compare aux abus de force de la garde nationale contre les guérillas du FSNL. Elle s’explique ainsi : « que ces photographies soient vérifiées ou non, le gouvernement n’a pas le droit de prendre la vie des gens aussi impunément comme le fait le président Daniel Ortega. Je veux simplement leur rappeler que, pendant ces années, des guérilleros ont été tués de la même manière. Les demandes exigeaient d’une justice faite et ordonnée par les autorités compétentes. La garde nationale a été tuée comme le fait l’armée du Nicaragua ».

Jusqu’à ce que la justice fasse son travail et puisse clarifier les faits, le mouvement MRS continue de dénoncer l’inefficacité et la corruption du système judiciaire, de même que les critiques contre le gouvernement du FSLN. Ensuite, le gouvernement se trouve dans une situation très compliquée et, de l’extérieur, est encore perçu comme un gouvernement de gauche en Amérique qui utilise l’abus de la force pour maintenir le pouvoir.

Daniel Ortega se trouve dans son troisième mandat consécutif, obtenu avec 72,4 % de voix et presque 50 % d’abstention. Paradoxalement avec le cumul de mandats et la nomination de son épouse comme vice-présidente de la nation, Ortega est en train de créer une « dynastie » dans le pays, comparable d’une certaine manière à la dictature de Somoza, qu’il a aidé à écraser. Ce n’est pas étrange alors que l’opposition ou même les citoyens civils commencent à se méfier de plus en plus du président et trouvent qu’Ortega détient plus de pouvoir que ce qu’il devrait avoir. Sans parler d’une situation extrême, les cas d’abus de force des armées sont une conséquence claire, et mettent en péril le système démocratique du pays.

Jonathan Z. CORONEL

Atmosphères angoissantes dans le nouveau film de Guillermo del Toro : « La forme de l’eau »

Modeste employée d’un laboratoire gouvernemental ultrasecret, Elisa mène une existence solitaire, d’autant plus isolée qu’elle est muette. Sa vie bascule à jamais lorsqu’elle et sa collègue Zelda découvrent une expérience encore plus secrète que les autres avec un amphibien… La forme de l’eau, le nouveau film du Mexicain Guillermo del Toro, qui a obtenu le Lion d’or à Venise, est remarquablement réalisé. Rarement les couleurs ont été aussi bien utilisées. De plus, la musique du français Alexandre Desplat est très habilement construite et interprétée. Le cinéaste était l’invité du Festival Lumière en octobre et a donné une superbe master class transcrite par Télérama que nous reproduisons ici.

Photo : extrait de La forme de l’eau

« J’ai eu une enfance de merde. J’ai passé beaucoup de temps seul à réfléchir, à lire, à regarder des images d’horreur dans les livres de mes parents. La biologie, l’anatomie, la zoologie : toute la bibliothèque y est passée. J’ai tout lu d’un bout à l’autre. Au point de m’inventer des maladies. À 7 ans, j’étais persuadé d’avoir une cirrhose ! Un autre élément fondateur a été un épisode de la série Au-delà du réel intitulé “Le Mutant”, avec un géant chauve qui m’a traumatisé […]

Très tôt, j’ai fait des rêves bizarres, des rêves éveillés. Je me réveillais dans mon rêve et tout avait l’air vivant. Le tapis au pied de mon lit était fait de dizaines de doigts verts. Des monstres habitaient dans mon armoire et, bien sûr, sous mon lit. Je demandais à ces créatures de me laisser aller aux toilettes et en échange je leur promettais d’être leur ami. C’est ainsi que je suis devenu l’ami de Frankenstein. C’était toujours mieux que Jésus et ses fractures ouvertes. Ma Sainte Trinité c’était Frankenstein, la Créature du lac noir et le Loup-garou ! On n’est jamais déçu par les monstres. Ils font ce pour quoi ils sont conçus. Il n’y a pas tromperie sur la marchandise. Si tu te baignes dans le lac de la Créature, elle te bouffe. Alors que les adultes, qui sont censés protéger les enfants, leur font souvent du mal.

Je n’ai aucun mal à imaginer les monstres de mes films. J’en ai des dizaines en réserve. Ils habitent en moi. Si vous aviez vécu ce que j’ai vécu, vous seriez dans le même état. Mon problème, c’est de trouver l’argent pour financer mes délires. Il y a une dichotomie dans les films d’horreur. C’est un genre conçu pour plaire au plus grand nombre, mais qui ne plaît pas forcément aux notables qui dirigent les studios. L’état naturel d’un film c’est de ne pas exister. Car ça coûte des millions et ce n’est pas toujours rentable. Les gens qui possèdent l’argent dans ce métier sont malheureusement des abrutis. Ils veulent du fric facile, une rentabilité immédiate sans prendre de risques. Je sacrifie beaucoup d’énergie à tenter d’emprunter des chemins de traverse, moins balisés. Avec mon camarade Alfonso Cuarón [le réalisateur de Gravity, ndlr], on a rencontré un milliardaire mexicain et on lui a dit : “Suis-nous, on va faire de toi un millionnaire !” [rires]

Ce sont les contes de fées qui ont donné naissance aux films d’horreur. Leur structure narrative est très proche. Pour réinterpréter le monde dans lequel on vit, on a besoin de paraboles. Dans la littérature comme au cinéma. Et pour raconter des histoires, l’homme a toujours deux possibilités, et ce depuis l’âge des cavernes. Quand l’homme préhistorique dessinait une scène de chasse sur les murs de sa grotte, il inventait le documentaire, la reproduction du réel, c’est la voie suivie par les frères Lumière. S’il dessinait un serpent qui dévore la lune pour donner naissance au soleil, il inventait le mythe, la voie suivie par Méliès. Je me situe à mi-chemin. Mon devoir, en tant que cinéaste, consiste à choisir le bon objectif, la bonne distance, pour réinterpréter le monde. Borges disait que si on parvient à écrire un poème qui englobe le monde, le poème devient le monde.

Guillermo del Toro revient sur la signification du titre : « L’eau prend la forme de son contenant, mais malgré son apparente inertie, il s’agit de la force la plus puissante et la plus malléable de l’univers. N’est-ce pas également le cas de l’amour ? Car quelle que soit la forme que prend l’objet de notre flamme – homme, femme ou créature –, l’amour s’y adapte. » »

Alain LIATARD

En salle de 21 février. Voir la bande annonce

« À vos agendas » – Semaine 8

Chaque semaine, nous réservons un espace dédié aux événements et invitations. Il suffit de nous envoyer un courrier électronique avec des informations susceptibles d’intéresser nos internautes en indiquant simplement le titre de votre manifestation, le lieu, la date et l’heure, un visuel et un contact. Voici la sélection de la semaine du 19 au 25 février.

Déposez votre annonce

LUNDI 19 FÉVRIER – 19 h – PARIS 7e

Rencontre avec Elsa Osorio à l’occasion de la parution aux Éditions Métailié de son dernier livre, Double Fond

Qui est Juana ? Une militante révolutionnaire qui a trahi ? Une mère qui échange sa vie contre celle de son enfant ? Ou la prisonnière d’un cauchemar qui tente de survivre ? Une femme est retrouvée noyée près de Saint-Nazaire. La jeune journaliste locale ne croit pas à la thèse du suicide et remonte le fil : elle découvre l’horreur de la dictature argentine. Avec Laura Alcoba (écrivaine), François Gèze (éditeur) et Carlos Schmerkin (Assemblée de Citoyens Argentins en France). À la Maison de l’Amérique latine, 217 Bd St-Germain, Paris 7e. Plus d’infos

LUNDI 19 FÉVRIER – 11 h 30 – GENÈVE

« La Colombie vers la paix » : rapport sur la mission d’observation de la mairie de Genève

Invité à se rendre sur place par la Commission de paix du Sénat de la République de Colombie et la Coalition Colombie-Europe-États-Unis pour visiter le processus de paix, M. Rémy Pagani, Maire de Genève, présente son livre. En présence de Julie Dardel de l’association Turpial, de Melik Özden, directeur du CETIM, et de Franklin Castañeda, du Comité de solidarité avec les prisonniers politiques et membre de la Commission de Garanties de Sécurité des Accords de paix de La Havane. Au Palais Eynard, 4 rue de la Croix-Rouge, Genève.

MARDI 20 FÉVRIER – 20 h – PARIS 14e

Avant-première du film Un cheval nommé Éléphant / Un caballo llamado elefante d’Andrés Waissbluth

Synopsis : un grand-père au seuil de la mort demande à ses petits-enfants de libérer leur cheval « Éléphant » avant de le vendre. Ce qu’ils n’avaient pas prévu, c’est le vol du cheval par un homme qui décide de l’emmener dans le cirque où il est employé. Les enfants décident de se faire embaucher dans le cirque pour essayer par tous les moyens de le récupérer même si cela met leur vie en danger. Au cinéma Les 7 Parnassiens, 98 Bd Montparnasse, Paris 14e

MERCREDI 21 FÉVRIER – 9 h 30 – PARIS 6e

Lancement du Rapport annuel d’Amnesty International. Bilan complet des droits humains dans le monde

Selon le rapport, 2017 est l’une des années ayant eu le plus d’impacts sur les droits humains. Des décideurs politiques ont tenu des discours de haine, se sont battus contre les droits humains, ont ignoré des crimes contre l’humanité et ont littéralement laissé croître les inégalités. Ces injustices ont provoqué de massives protestations, montrant que la volonté de résister est toujours aussi forte. Aux Beaux-Arts de Paris, 14 rue Bonaparte, Paris 6e. Plus d’infos

MERCREDI 21 FÉVRIER – 19 h 30 – PARIS 1e

Concert du Manuel Villarroel Trio accompagné par Juan Villarroel et Baptiste Thiébault 

Ce nouveau Trio de Jazz acoustique dirigé par Manuel Villaroel accompagné des musiciens  Juan Villarroel à la contrebasse et Baptiste Thiébault à la batterie, présente des compositions originales inspirées par les origines sud américaines de Manuel Villarroel et par le jazz contemporain. Au Sunset-Sunside Club, 60 rue des Lombards, Paris 1e.

 DU 23 FÉVRIER AU 3 MARS – PARIS 7e

Exposition « Le feu de la terre » de la céramiste chilienne Silvia Camposano à l’Ambassade du Chili à Paris

Ses sculptures sont réalisées à partir des cendres volcaniques. Si elle utilise les techniques traditionnelles de la poterie et son matériau principal est le grès, elle s’aventure dans la fusion de matériaux en introduisant divers éléments tels que le métal. Du lundi au jeudi de 11 h à 18 h et le vendredi de 11 h à 13 h et de 14 h à 16h à l’Ambassade du Chili, 2, av. de la Motte-Picquet, Paris 7e.

 

Silvina Ocampo et Horacio Quiroga : les deux classiques indispensables de cette rentrée

Les lecteurs français amateurs de littérature latino-américaine ont la chance de bénéficier d’un éventail éditorial très large. Au moment de la deuxième « rentrée littéraire » de l’année, celle de septembre – octobre étant considérée comme la première ‒, nous en avons la preuve avec un grand nombre de sorties dont nous essayons à Nouveaux Espaces latinos de vous tenir informés, et aussi, parallèlement, avec la parution de textes d’auteurs devenus des classiques et que nous aurions bien tort d’oublier. Voici deux exemples parlants d’écrivains indispensables, Silvina Ocampo et Horacio Quiroga.

Photo : Infobae/éd. des femmes-Antoinette Fouque

La Silvina Ocampo de Sentinelles de la nuit, c’est l’auteure en pleine possession de sa liberté. Elle ne cherche pas à séduire, à intriguer, à émouvoir, à faire sourire, à choquer, à apprendre ou à enseigner. En posant ses phrases, c’est pourtant ce qu’elle fait, comme ça, sans plus. Ce sont des phrases à déguster à petites gorgées : « Les yeux des flammes inspirent un amour légendaire » ou « Nous mettons plus de temps à nous habituer à nous-mêmes qu’aux autres ». Il faut en prendre quelques unes, en oublier certaines, en relire d’autres et les voir différentes de ce qu’on avait estimé, en recopier quelques unes, en envoyer à un ami.

Poétiques, philosophiques (la vie et la mort sont très présentes), moraux, troublants, on a forcément à glaner dans ces aphorismes lâchés, heureusement, sans la moindre logique. Et pourtant certains nous obligent à nous arrêter un instant au moins pour les méditer : « Nous sommes masochistes avec nos souvenirs et sadiques avec l’avenir ». Au-delà de la beauté ou de la profondeur de telle ou telle phrase, Silvina Ocampo offre aussi un très bel autoportrait, elle confie, avec et sans pudeur, ses doutes, les reproches qu’elle se fait à elle-même, de façon peut-être inconsciente (non, bien sûr, elle avait trop de lucidité !).

Une partie est consacrée aux nouvelles qu’elle aurait pu écrire, nous laissant curieux et quand même frustrés : il lui arrive dans son œuvre de jouer parfois les sadiques envers ses chers lecteurs ! Voilà un livre qu’on devrait garder en permanence sur sa table de chevet ou sur la table de son salon, à rouvrir de temps en temps pour cinq minutes ou pour une heure. À noter que la publication des Sentinelles de la nuit s’accompagne de la version en CD MP3 du texte intégral de La promesse, roman de Silvina Ocampo sorti aux mêmes éditions en avril dernier, le texte intégral lu par Florence Delay.

Dès qu’on entre dans un texte de Horacio Quiroga, on est frappé par la modernité de la forme. Écrits il y a presque un siècle, on ne voit pas comment tant de temps nous en sépare. La façon de raconter, la forme des phrases, le rythme, les libertés prises avec le classicisme, parfois avec le bon goût, rien chez lui ne jure avec notre époque. C’est par ailleurs ce que, peu de temps après, Roberto Arlt reprendra avec une force qui laissera bouche bée une bonne partie du public. Il explique même, en 1923, ce qu’est une psychosomatique et comment la guérir !

Dans Histoire d’un amour trouble, une centaine de pages seulement, c’est aussi avec la morale qu’il joue. Rohán, jeune homme bien sous tout rapport, fréquente la famille Elizade pourvue d’un père absent, d’une mère dominante et bienveillante, et de trois filles dont une mariée. Toutes déductions faites, il reste donc deux options envisageables. Le problème qui se pose pour lui, mais qu’il ne se pose pas vraiment, est d’une simplicité absolue : qui aimer et comment ?

On peut prendre ce roman comme du pur marivaudage ou comme un drame qui couve. Horacio Quiroga se garde bien d’imposer sa vision, les intermittences sentimentales sont consolidées ou atténuées par des rapprochements subtils avec l’être aimé ou par de cruels revirements : il semble tellement aimable de faire souffrir celui ou celle qui semble attiré ! La discrète cruauté se cache dans chaque salon ou sous la table de la salle à manger où un escarpin écrase un pied d’homme.

Qui est prédateur, qui est victime, et la supposée victime n’est-elle pas au moins consentante ? En ces temps où s’étale partout ce genre de questions, on est frappés de voir qu’Horacio Quiroga les posait déjà il y a un siècle, avec une immense finesse, et il serait fort, celui qui en sortirait avec une certitude ! Ce qui est certain chez lui, en revanche, c’est bien que la malignité est humaine… et n’a pas de sexe défini. La tonalité change, à mesure qu’avance l’intrigue, rose, verte, grise, franchement noire, la cruauté diffuse agit avant de se retourner sur elle-même. C’est elle dont on gardera le souvenir en refermant ce roman plein de nuances mais très noir, en définitive.

Christian ROINAT

Sentinelles de la nuit de Silvina Ocampo, traduit de l’espagnol (Argentine) par Anne Picard, avant-propos de Ernesto Montequin, éd. des femmes-Antoinette Fouque, 135 p., 13 €.

La promesse de Silvina Ocampo, traduit de l’espagnol (Argentine) par Anne Picard, CD MP3, 3 h 32, lu par Florence Delay, musique originale de Pablo Nemirovsky, éd. des femmes-Antoinette Fouque, 22 €.

Les persécutés. Histoire d’un amour trouble de Horacio Quiroga, traduit de l’espagnol (Uruguay) par Antonio Werli, éd. Quidam, 159 p., 16 €

Vincent Lhermet et le Cuarteto White en concert à l’Institut Culturel du Mexique à Paris

Création mondiale de Primera Intempestiva du compositeur mexicain Jorge Torres Saenz pour quatuor à cordes et accordéon (2018), l’Institut Culturel du Mexique à Paris, en partenariat avec Université nationale du Mexique UNAM/Sorbonne, organise un concert le mercredi 21 février à 18 h 30. Seront également au programme : Eddie Mora – Cuarteto N° 3, Ana Lara – Shifting Colours et Silvestre Revueltas – Música de Feria.

Photo : Cuarteto José White

Considéré comme l’un des plus importants quatuors à cordes à l’heure actuelle au Mexique, le Quatuor José White participe régulièrement au Festival Cervantino, aux cycles de musique contemporaine du MUNAL et au Festival de musique de chambre de San Miguel de Allende. Lors de multiples tournées aux États-Unis, en Europe, au Canada et en Amérique latine, il s’est produit en soliste avec l’Orchestre Philharmonique de Minería, l’Orchestre Symphonique d’Aguascalientes, le Philharmonique de Zacatecas, et l’Orchestre Philharmonique de la UACH et celui de la ville de Mexico.

Riche et varié, le répertoire de cet ensemble mêle des airs classiques traditionnels incontournables aux compositions des grands maîtres mexicains et latino-américains des siècles passés et de la nouvelle génération de créateurs de musique contemporaine, que le quatuor met à l’honneur sur les scènes du monde entier. 

L’accordéoniste Vincent Lhermet a réalisé une résidence suivie d’une tournée au Mexique à l´invitation de l’Institut Français d’Amérique Latine – IFAL. Diplômé de l’Académie Sibelius d’Helsinki (classe de Matti Rantanen), du CNSM de Paris et de l’Université de Paris-Sorbonne, Vincent Lhermet est le premier accordéoniste titulaire d’un doctorat d’interprète en France après avoir réalisé une recherche sous la direction de Laurent Cugny et de Bruno Mantovani. Vincent Lhermet se produit dans le monde entier en soliste, avec orchestres et ensembles – dont l´Orchestre de l’Université de Guanajuato – dans des salles prestigieuses telles que la Sala Carlos Chavez de México.

Instituto Cultural de México
Réservation recommandée idemex@wanadoo.fr

Février 2018, les États-Unis tentent de reprendre la main en Amérique latine

Donald Trump, président des États-Unis, élu le 8 novembre 2016, avait, dès les débuts de sa campagne électorale, montré du doigt un bouc émissaire à ses concitoyens, l’Amérique latine. Criminalité, maladies, trafics en tout genre, commerce de stupéfiants, terrorisme, concurrences commerciales déloyales, le mal était au Sud. Pour faire bonne mesure, les musulmans du monde avaient été associés à cet opprobre électoraliste.

Photo : Donald Trump/Wikipédia

Entré à la Maison-Blanche le 1er janvier 2017, Donald Trump avait confirmé et persévéré. Les déclarations agressives se sont succédé. Le Mexique a été sommé de payer un mur frontalier. Les migrants clandestins ont été menacés. Une réforme de la politique des visas a été annoncée. Ainsi qu’une révision des accords commerciaux en cours de négociation ou déjà signés.

Un appel d’offres pour construire un mur sur la frontière sud a permis de vérifier sa faisabilité. Les arrestations de clandestins ont été plus nombreuses. Les États-Unis se sont retirés des négociations engagées pour mener à bon port un Traité de libre-échange transpacifique, ou TPP. Mexique et Canada ont été fermement invités à revoir la copie de l’ALENA, l’accord de libre-échange nord-américain.

L’Amérique d’abord, America First. Le mot d’ordre a déstabilisé la relation avec les partenaires des États-Unis les plus inégaux. En clair, ceux du Sud, ceux qui se trouvent à la périphérie des puissants, au premier rang desquels on trouve les Latino-Américains. Le 22 décembre 2017, Donald Trump a menacé de rétorsions ceux qui n’acceptaient pas de déplacer leur ambassade en Israël à Jérusalem. Les propos brutaux tenus devant un groupe de congressistes par le chef des États-Unis le 12 janvier 2018, sont cohérents avec sa pensée, sa vision géopolitique du monde et ses orientations diplomatiques. Haïti, le Salvador et les Africains sont des « pays de merde »[1].

Parallèlement, pourtant, devant un parterre choisi d’interlocuteurs privés et officiels, à Davos, le 28 janvier 2018, comme le 30 janvier devant le Congrès des États-Unis, le président a fait preuve d’une logorrhée en coitus interruptus. Lisant le texte sur prompteur, et donc un discours préparé, il a défendu la priorité américaine en termes mesurés. La défense de l’intérêt national, la sécurité des ressortissants nord-américains, la révision des conditions d’entrée et de séjour sur le sol des États-Unis ont bien occupé une place importante dans le propos présidentiel. Mais sans viser personne, pays ou peuple en termes désobligeants.

Ce double exercice de rhétorique politique a été suivi les 2-7 février 2018 d’un déplacement inédit du Secrétaire d’État des États-Unis, Rex Tillerson, dans cinq pays de la région (Argentine, Colombie, Jamaïque, Mexique, Pérou). Le déplacement a pris une tournure d’autant plus significative qu’il a été précédé d’une longue explication de texte devant les étudiants de l’université du Texas le 1er février[2].

Plus qu’une succession de rendez-vous de routine, cette tournée du Secrétaire d’État en terres « hémisphériques », au vu des agendas et des propos tenus, visait à recadrer les propos à l’emporte-pièce du président et à redonner du sens à une diplomatie en perte de boussole. Commerce bilatéral, lutte contre le trafic de stupéfiants, politiques migratoires ont bien sûr été évoqués.

Mais des gestes inattendus, compte tenu du passif accumulé ces derniers mois, ont été faits. Ils avaient pour objectif de reconstruire un climat de confiance. Ils l’ont été au cours de conférences de presse conjointes du Secrétaire d’État avec les ministres des Affaires étrangères argentin, mexicain, péruvien, et en Colombie avec le président Juan Manuel Santos.

À Mexico, le Secrétaire État a parlé ALENA avec son homologue mexicain, mais aussi avec la ministre canadienne des Affaires étrangères. Dans ses différentes étapes, Rex Tillerson a repris à son compte la reconnaissance d’une coresponsabilité des États-Unis faite par Barack Obama sur le dossier des stupéfiants. Et dans toutes les capitales visitées, l’accent a été mis sur les valeurs qu’auraient en partage Argentine, États-Unis, Colombie, Jamaïque, Mexique, et Pérou, ainsi que sur les libertés politiques comme commerciales. Le Venezuela, dénoncé à chacune des étapes, a servi de fil conducteur au lien que cherchait à renouer Rex Tillerson.

Mais il y a sans doute une autre raison ayant motivé cet aggiornamento. Aux Nations unies, Bolivie, Brésil, Chili, Costa-Rica, Cuba, Équateur, Nicaragua, Uruguay, Venezuela ont condamné le transfert de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem. Les Latino-Américains néo-libéraux, désormais aux affaires dans une majorité de pays, ont par ailleurs saisi depuis un an les échappatoires offertes par le monde global. Les échanges avec toutes sortes de pays se sont multipliés (Israël, la Turquie, l’Inde, la Russie et bien sûr la Chine). Colombie, Mexique, Pérou, pays membres de l’Alliance du Pacifique, ont décidé avec leurs partenaires asiatiques du TPP de poursuivre leurs négociations sans les États-Unis. Le sommet des Amériques qui se tient à Lima-Pérou, les 13 et 14 avril 2018, quelques mois avant un G-20[3] en Argentine ne pouvait que mettre en évidence l’impasse diplomatique et commerciale des États-Unis. Les gestes signalés en direction des Latino-Américains rappellent, selon Rex Tillerson, que pour ces pays « les États-Unis sont disposés à approfondir les relations mutuelles, […] parce qu’ils sont le partenaire le plus constant de l’hémisphère occidental […] L’Amérique latine n’a pas besoin de nouvelles puissances impériales » […] la Chine, la Russie, […] qui ne partagent pas les valeurs fondamentales de la région ». À bon entendeur…

Jean-Jacques KOURLIANDSKY
Article publié sur le site de l’IRIS

[1] « Shitholes countries », dans le texte original. [2] Devant le Centre Clements de sécurité nationale et le Centre Robert Strauss pour la sécurité et le droit international. [3] Trois pays latino-américains sont membres du G-20 : l’Argentine, le Brésil et le Mexique.

La lutte sans fin contre la corruption des gouvernants au Guatemala. Un troisième président mis en examen

Après la démission forcée de l’ancien président Otto Pérez Molina et les accusations contre l’actuel président Jimmy Morales, c’est au tour de l’ancien président Álvaro Colom d’être mis en examen pour une affaire de corruption liée à l’achat de centaines d’autobus sous son mandat.

Photo : Álvaro Colom/Voanews

En 2015, le président Otto Pérez Molina (2012-2015) et sa vice-présidente Roxana Baldetti durent démissionner devant le Palais présidentiel sous la pression de dizaines de milliers de Guatémaltèques lassés de la corruption aux plus hauts niveaux de l’État. Ils avaient été accusés de fraude fiscale, d’enrichissement personnel et d’association de malfaiteurs suite à un mécanisme de corruption appelé « La Ligne » (téléphonique) par laquelle des entrepreneurs contactaient un département secret des douanes pour « négocier » des taxes d’importation dont les bénéfices étaient ensuite répartis entre 28 hauts fonctionnaires dont le président et sa vice-présidente. L’enquête avait été menée par le Ministère public, la Procureure Thelma Aldana, et la CICIG (Commission internationale contre l’impunité au Guatemala, une institution dépendant des Nations unies). Les procès n’ont toujours pas été ouverts.

Jimmy Morales, actuel président, accusé de corruption

Élu sur « le changement » et « la lutte contre la corruption », l’actuel président Jimmy Morales a bien déçu ses électeurs. Non seulement, cette « lutte contre la corruption » est plutôt invisible mais il est lui-même accusé de corruption par la Procureure Aldana et la CICIG. Le directeur de celle-ci, le Colombien Iván Velásquez, est dans le viseur de Morales qui a voulu l’expulser du pays. Le tollé national et international l’a obligé à faire marche arrière. Ce qui prouve que le Ministère public guatémaltèque assisté par la CICIG sont de plus en plus efficaces dans leur bataille contre la corruption.

La Procureure Thelma Aldana avait demandé au Congrès de lever l’immunité présidentielle de Jimmy Morales pour pouvoir enquêter sur une accusation de financement électoral illicite en faveur du candidat présidentiel d’alors. Non seulement le Congrès avait refusé mais il avait approuvé une loi qui aurait permis au président ou aux membres du Congrès de ne pas être envoyés en prison s’ils étaient condamnés pour les délits dont ils étaient accusés ! La Cour constitutionnelle n’a pas permis que ces propositions deviennent lois mais, depuis, toute l’administration cherche à expulser la CICIG et à démettre la procureure…

Álvaro Colom, troisième président sur la sellette pour corruption

L’ancien président Álvaro Colom (2008-2012) vient d’être détenu sur une accusation de fraude dans l’achat de centaines d’autobus destinés au service public de transport de la capitale lors de son mandat (on parle de 30 millions d’euros). Les prix d’achat auraient été surévalués. De plus, le parti du président (la UNE, Union nationale de l’Espoir, social-démocrate) avait présenté un projet de loi qui exonérait de la TVA et d’impôts l’achat de 3 500 véhicules. Cette loi avait ensuite été votée par 107 des 109 députés présents ! Neuf des anciens ministres de l’époque, accusés d’être partie prenante dans cette fraude éventuelle, ont également été détenus et mis en examen. Tout cela conforte l’opinion publique du « Tous pourris ! ».

Il s’agit ici aussi d’une enquête menée par le Ministère public et la CICIG, décidément bien plus actifs dans la lutte contre la corruption que toutes les promesses électorales du président Morales ! La corruption est un fléau national au Guatemala dénoncé depuis longtemps par les organisations de défense des droits humains dans le pays et internationalement. Ce qui enrage les citoyens, c’est qu’il semble que les plus corrompus se trouvent toujours aux plus hauts niveaux de l’État, ceux-là mêmes qui devraient lutter contre ce fléau. Reverra-t-on, malgré la répression, les électeurs redescendre dans la rue pour exiger leur démission ?

Jac FORTON

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