Archives des catégories :

Panama

Les faits de l’actualité latino-américaine du 8 au 16 février

8 février – AMÉRIQUE LATINE – L’Amérique latine, où des millions d’enfants souffrent de malnutrition chronique, a perdu 15 % de sa production annuelle de nourriture, soit environ 80 millions de tonnes et 6 % du total des pertes mondiales. En Amérique latine, les déchets se produisent également aux stades de la production et de la consommation: chacune représentant 28 % des pertes totales, selon les estimations de la FAO.

8 février – COSTA RICA – À trois mois de la fin de son mandat, la présidente Laura Chinchilla est déterminée à faire un nouveau procès contre son voisin Daniel Ortega du Nicaragua qui veut offrir aux compagnies pétrolières internationales d’explorer des champs sous-marins dans les zones qui, selon les institutions du Costa Rica font partie de leur juridiction.

9 février – PÉROU – Le gouvernement péruvien a annoncé, par un décret au Journal officiel, le doublement du salaire des ministres – passant alors de 15 600 à 30 000 soles, soit de 5 531 à environ 10 600 dollars – et également celui des sous-ministres et d’autres hauts responsables de l’exécutif, des responsables des gouvernements régionaux, tous des postes de confiance. Face aux réactions critiques les autorités déclarent que cette mesure “[est] pour justement retenir et attirer les talents dans l’État”.

9 février – VENEZUELA – Azul y no tan rosa, le premier film du metteur en scène et acteur Miguel Ferrari, a donné au Venezuela la meilleure des nouvelles de l’année à venir. Le film a reçu le Prix Goya de l’Académie du cinéma espagnol qui récompense le meilleur film latino-américain. L’œuvre devance ses concurrents La jaula de oro, El médico alemán et Gloria, du Mexique, de l’Argentine et du Chili. Le film primé dénonce l’intolérance et l’homophobie caractéristique de cette société.

9 février – MEXIQUE – Chargés d’armes et à coups de klaxon, des dizaines de camions des auto-défenses de l’ASC de Michoacán, escortés par la police fédérale, ont fait une démonstration de force en défilant dans la ville d’Apatzingán considéré comme le bastion du cartel des Templiers.

10 février – COLOMBIE – Les présidents de la Colombie, du Mexique, du Pérou et du Chili se sont réunis à Cartagena de Indias, pendant le VIIIe  Sommet de l’Alliance du Pacifique pour signer un accord qui élimine les droits de douane sur 92 % des marchandises et des services. Le Costa Rica a commencé son processus d’adhésion au bloc.

12 février –BRÉSIL – La police brésilienne a dispersé une manifestation de 15 000 paysans sans terre en tirant des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes à Brasilia. Deux paysans et huit policiers ont été blessés, ont indiqué des porte-parole des manifestants et de la police. La marche du Mouvement des travailleurs ruraux sans terre (MST) entendait dénoncer la “paralysie” de la réforme agraire.

12 février – VENEZUELA – Une manifestation organisée par l’opposition au gouvernement Nicolás Maduro a dégénéré en violences. Les troubles ont commencé par une manifestation d’étudiants devant les bureaux du procureur général, dans le centre de la capitale que la police a tenté de disperser. Les principaux dirigeants de l’opposition politique se sont immédiatement éloignés de la violence. Le Procureur général du Venezuela, Luisa Ortega Diaz, a confirmé la mort par balle de trois personnes et de 23 blessés dans les manifestations qui ont eu lieu à Caracas et dans d’autres grandes villes. Selon le ministre de l’intérieur Miguel Rodriguez, plusieurs dizaines de personnes ont été arrêtées.

12 février – PANAMA – Bien que la crise financière du projet d’expansion du canal de Panama soit en voie d’ajustement, le contrecoup du conflit commence à se faire sentir: l’expansion de la voie d’eau sera achevée en décembre 2015 et non en juin de cette année, avec un retard six mois à cause de la suspension des travaux depuis le 5 février.

13 février –MEXIQUE – La mobilisation des journalistes mexicains, d’une ampleur inédite, n’a pas suffi à sauver la vie d’un de leurs confrères, Gregorio Jiménez de la Cruz [photo], 42 ans. Six jours plus tôt, le journaliste avait été enlevé sous les yeux de sa famille, et son cadavre a été découvert dans une fosse clandestine de l’État de Veracruz au sud-est du Mexique. Sa mort provoque l’indignation des professionnels des médias dans le pays le plus meurtrier du continent américain pour les journalistes, où 87 reporters ont été assassinés et une vingtaine ont disparu depuis 2000. Ceux de Veracruz sont les plus touchés avec dix tués et quatre disparus depuis quatre ans, sans aucune condamnation pénale jusqu’alors.

16 février – VENEZUELA – Alors que le procureur général de la République, Luisa Ortega Díaz, a dénoncé la formation d’un possible coup d’État au Venezuela, l’ancien candidat à la présidentielle et leader de l’opposition Henrique Capriles, gouverneur de Miranda a annoncé le prochain appel à un rassemblement contre violence. Luisa Ortega Díaz s’est joint à d’autres fonctionnaires publics – parmi eux le président Nicolás Maduro – qui prétendent que les désordres de Caracas et d’autres villes du Venezuela de la semaine dernière font partie d’une conspiration qui cherche à renverser le gouvernement.

16 février – COLOMBIE Le magazine “Semana” a révélé l’existence présumée d’un réseau de corruption qui impliquerait certains généraux et plusieurs colonels pour l’attribution de contrats lucratifs. Le président Juan Manuel Santos s’est dit « scandalisé » et a demandé au ministère public, au procureur général et à l’inspection des finances de lui remettre rapidement les résultats de cette recherche, parce qu’il préfère que l’affaire ne soit pas traitée par la justice pénale militaire  Il a également demandé à son ministre de la défense, Juan Carlos Pinzón, des “décisions fortes et exemplaires”.

Guy MANSUY

Le canal de Panamá… en rade?

L’entreprise privée chargée de la construction des nouvelles écluses du canal de Panamá menace d’arrêter les travaux le 20 janvier si le Panamá refuse une « rallonge » de 1,6 milliards de dollars. Le Panamá a refusé…

L’appel d’offre de 2009 émis par l’Autorité du Canal de Panamá (ACP) concerne le creusement d’une troisième voie d’eau avec son jeu d’écluses devant permettre le passage du canal aux plus gros tonnages existants et à venir. Le projet a été gagné par le consortium Grupo Unidos por el Canal (GUPC) composé des entreprises italienne Impregilo, belge Jan de Nul, panaméenne Constructora Urbana et espagnole Sacyr Vallehermoso, responsable du projet (1). GUPC avait proposé la somme de 3,12 milliards pour la construction d’écluses côtés Atlantique et Pacifique, la somme la plus basse des entreprises en concurrence. Sacyr avait, à l’époque, été accusé de sous-estimer le coût des travaux pour renégocier ce coût plus tard, à la hausse bien sûr.

Agrandir le canal

L’ACP souhaite ouvrir une troisième voie destinée à recevoir des navires pouvant contenir jusqu’à 12.000 conteneurs au lieu des 5.000 jusqu’à présent. Les navires venant des océans  Atlantique ou Pacifique doivent être levés jusqu’au Lac Gatun, 26 m au-dessus du niveau de la mer ! Cet ouvrage aurait dû se terminer en août 2014, exactement 100 ans après la mise en service du canal. Mais des difficultés obligent à reporter l’inauguration d’au moins un an déjà…

Lorsque l’on se rend sur le site du GUPC (2), on peut lire que « la capacité technique et l’expérience de projets d’infrastructure du groupe assurent un travail de haute qualité dans les temps convenus ». Ce n’est l’avis des autorités panaméennes. D’abord, la qualité du béton utilisé n’a pas convaincu les contrôleurs techniques de l’APC et il a fallu le remplacer, dont coût de 573 millions supplémentaires pour le Panamá. Ensuite, le projet est touché par une série d’accidents mortels, de grèves, de non-paiements des sous-traitants dont l’entreprise italienne qui monte les portes des écluses (3).

Paolo Moder, membre du Conseil d’administration du GUPC reconnaît que quand les excavations commencèrent, l’entreprise a découvert que la géologie de la zone était plus complexe que prévu : « Le surcoût se doit essentiellement aux problèmes géologiques non détectés… » (4)

Colère de l’ACP

Jorge Quijano, l’administrateur du canal, est indigné : « Le GUPC veut nous forcer à renégocier hors des termes du contrat. C’est du chantage». Il a le soutien du président panaméen, Ricardo Martinelli : « Quand le GUPC a  répondu à l’appel d’offre, il a proposé un prix et maintenant ils viennent nous raconter qu’il faut monter ces prix ? » Il a décidé de se rendre en Italie et en Espagne pour demander aux deux gouvernements qu’ils convainquent les entreprises de leurs pays de respecter les contrats.  Résultat, la ministre espagnole du développement industriel, Ana Pastor, a annoncé qu’elle se rendrait à une réunion de concertation devant avoir lieu à Panamá fin janvier, en présence du président Martinelli, du président de Sacyr, Manuel Manrique, et de l’administrateur du canal.

Le Panamá a aussi contacté son assurance Zurich América pour connaître la procédure si le GUPC venait à abandonner la construction des écluses. Si c’était le cas, le gouvernement déclare avoir un Plan B qu’il n’a pas rendu public . Si le GUPC abandonnait la construction, il s’agirait d’un des plus grands scandales internationaux depuis la construction du canal.

Jac FORTON

(1)     Jan de Nul est un spécialiste mondial du dragage. Impregilo est le principal groupe BTP d’Italie. Constructora Urbana est spécialiste de la construction de routes et de ponts au Panamá. Sacyr Vallehermoso est spécialiste en infrastructures.

(2)     http://www.gupc.com.pa

(3)     Agences AFP et DPA du 4 janvier 2014.

(4)     Journal El Mundo de Madrid du 5 janvier 2014.

 

 

 

 

Le sommet ibéro-américain ne fait plus recette

Au Panama se tient ce week-end le 23ème sommet ibéro-américain. Jadis réunion annuelle prisée entre les pays latino-américains et les trois nations de la péninsule ibérique, à savoir l’Espagne, le Portugal et l’Andorre, le sommet semble aujourd’hui avoir perdu de sa superbe. Le contexte mondial a changé depuis les débuts dans les années 1990. Cette année, de nombreux chefs d’Etat et de gouvernement n’ont même pas fait le déplacement. Suite sur RFI>>

Ricardo Martinelli, president du Panamá : « Nous voudrions être le point d’entrée pour les entreprises européennes en Amérique latine »

Invité d’honneur du quinzième forum économique international sur l’Amérique latine et les Caraïbes qui s’est déroulé le 31 mai à Paris, le président panaméen, Ricardo Martinelli, a affirmé dans une interview pour RFI que « le Panamá peut être le point d’entrée pour les entreprises qui désirent faire du commerce avec l’Amérique latine ». Voir aussi reportage de photos.

Suite sur RFI espagnol >>