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Événéments

Visa pour l’image 2019 : Guillermo Arias récompensé du Visa d’or pour son travail sur les caravanes de migrants

Le photographe mexicain Guillermo Arias (AFP) a remporté samedi 7 septembre le Visa d’or pour son travail sur les caravanes de migrants d’Amérique centrale qui se dirigent vers les États-Unis. C’est la troisième fois en cinq ans qu’un photographe de l’AFP décroche ce prix. Le festival Visa pour l’Image, qui a lieu à Perpignan du 7 au 15 septembre, est considéré comme le plus grand rassemblement photojournalistique au monde. Le reportage de Guillermo Arias, réalisé entre 2018 et 2019, sera exposé jusqu’au 15 septembre à Perpignan. 

Photo : Paris Mach

Interviewé par Laure Etienne pour Paris Match News, le photographe indépendant a déclaré  : « J’ai été très surpris. Les travaux de mes collègues finalistes [Ivor Prickett, Goran Tomasevic  et  Lorenzo Tugnoli] sont incroyables et puissants. En comparaison, le mien est plus discret.(…) Être invité par le festival et voir mon travail exposé, c’était déjà un rêve devenu réalité. Je suis vraiment heureux. » Il a ajouté : « Je suis très ému, très honoré, d’être récompensé par le plus prestigieux festival de photojournalisme au monde » à l’AFP après la remise du prix. 

Les spécialistes ont particulièrement salué son travail à la fois engagé et poétique. Pour Marielle Eudes, Directrice de la Photo à l’AFP, cette récompense « salue le travail au long cours de Guillermo, un photographe à la fois humble et extrêmement talentueux, qui porte un regard singulier, sensible, et toujours à la bonne distance sur les thématiques migratoires liées à la frontière. Il réalise depuis plusieurs années un travail extrêmement précieux pour documenter ce qui se passe sur cette frontière, qu’il a parcourue de très nombreuses fois. » 

Guillermo Arias est un photographe indépendant local qui travaille principalement sur les questions de migration. Dans son interview à Paris Match News, il a déclaré que « ce sujet constitue la part la plus importante de [s]on travail. [Il] habite à Tijuana au Mexique, les problématiques frontalières font partie de [s]on quotidien. [Il] avai[t] commencé à [s’]intéresser à cette question avant même de [s’]établir dans la ville. Entre autres lorsqu’[il] travaillai[t] pour Associated Press. ». 

Pour traiter de thématiques complexes comme les migrations, l’artiste a une méthode bien à lui  : « C’est le point de vue d’une personne qui vit sur place, qui connaît l’histoire et qui ne veut pas tomber dans les stéréotypes« , a-t-il déclaré en fin de semaine. « Mes images ne sont pas aussi dramatiques que si elles avaient peut-être été prises par un photographe occidental. Je n’aime pas l’idée de victimiser mes sujets, il y a assez de drame comme ça autour d’eux« , avait-il ajouté. 

Cette distance et cette pudeur relèvent d’un profond respect pour les migrants qu’il a accompagnés. Artiste engagé, il a suivi la première caravane de migrants d’Amérique centrale avec beaucoup d’intérêt. « J’ai voyagé avec la “caravane” pendant douze jours d’affilée, dans le sud du Mexique. La journée, je voyais ce qu’ils vivaient, mais le soir je les quittais. J’avais la chance de pouvoir avoir un vrai repas et de dormir dans une chambre. Ensuite, je les ai attendus dans le nord du pays. En tout, j’ai passé quatre mois à couvrir le sujet. » a-t-il déclaré dans son interview à Paris Match News. C’est ainsi qu’il considère son rôle de photographe. 

Le phénomène migratoire étudié dans son documentaire a démarré en 2018 et s’est renouvelé depuis. La première caravane de migrants d’Amérique centrale s’est formée et dirigée vers les États-Unis en 2018, il y a un an environ. C’était une nouvelle forme de migration  : la migration en masse. Les migrants recherchaient un travail, une vie meilleure, ils fuyaient la violence et la peur instaurées par les gangs et les narco-trafiquants au Mexique. 

Ce phénomène s’est renouvelé par la suite, ce qui a suscité la colère de Donald Trump et une augmentation des tensions entre les États-Unis et le Mexique. Selon le photographe Guillermo Arias, ce phénomène est mondial et doit être mis en lumière par les photographes. « Le plus important, c’est qu’on puisse donner de la visibilité à ce problème des migrants, qui est universel. Et si à travers les migrants centraméricains, on peut mettre la lumière sur tous les migrants du monde, c’est notre rôle« , a-t-il déclaré à l’AFP après avoir reçu sa récompense. 

Guillermo Arias succède à la française Véronique de Viguerie, la première femme à décrocher la récompense du  Visa d’or Paris Match News en 20 ans. C’était seulement la cinquième depuis la première édition du festival en 1989. 

Le festival récompense souvent des photographes engagés pour des causes dramatiques, mondiales et locales. Ainsi, le Belge Laurent Van der Stockt fut lauréat en 2017 pour sa couverture de la bataille de Mossoul en Irak. 

Lors de cette 31ème édition, les autres nominés pour le Visa d’or étaient le photographe irlandais Ivor Prickett (The New York Times) pour « La fin du califat » du groupe État islamique en Irak/Syrie, le Serbe Goran Tomasevic (Reuters) pour « Une autre guerre civile en Libye » et l’Italien Lorenzo Tugnoli (The Washington Post / Contrasto-Rea) pour la crise au Yémen. 

Francesco Anselmi (Contrasto) a reçu le Visa d’or de la presse quotidienne, Abdulmonam Eassa (AFP) le Visa d’or humanitaire du CICR, Frédéric Noy le prix de la Région d’Occitanie, William Albert Allard le Visa d’or d’honneur du Figaro Magazine et « made in france » (un documentaire réalisé pour le site d’investigation Disclose) pour le Visa d’or de l’information numérique France Info, entre autres. 

Guillermo Arias, le grand gagnant de ce festival, est un photographe à surveiller. Nous le retrouverons très certainement sur la place publique. « Je compte continuer à travailler sur la migration. Étant établi à Tijuana, j’habite pour ainsi dire dans mon sujet. » a-t-il déclaré dans son interview à Paris Match News. 

Inès JACQUES

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Mélenchon, Lula, Iglesias appellent à « la fin des procès politiques »

Nous publions une tribune du dernier Journal du Dimanche. Dans une déclaration commune, plus de deux cents personnalités, parmi lesquelles Jean-Luc Mélenchon, mais aussi les anciens présidents Luiz Inácio Lula da Silva (Brésil) et Rafael Correa (Équateur) ou encore le secrétaire général de Podemos Pablo Iglesias (Espagne), appellent à la « vigilance pour défendre les victimes » du « lawfare », un concept qui désigne une instrumentalisation politique de la justice.  « Nous invitons à la vigilance pour défendre les victimes de ce type d’opération quelle que soit leur appartenance politique », écrivent-ils.

L’ex-president Lula Da Silva : Le Monde du 13 septembre publie un premier entretien à un média français depuis son incarcération.

Photo : Heuler Andrey

« Non, la justice  ne doit pas servir d’arme de persécution politique. Pourtant c’est devenu le cas aujourd’hui presque partout dans le monde. Déjà, avec la criminalisation des lanceurs d’alerte, des syndicalistes, des militants écologistes et des participants aux manifestations interpellés arbitrairement, les droits des citoyens ont beaucoup reculé. Le maintien de l’ordre libéral coûte cher à la démocratie. À présent, un seuil est en train d’être franchi. C’est ce que l’on appelle la tactique du « lawfare ». Il s’agit de l’instrumentalisation de la justice pour éliminer les concurrents politiques. 

« Le « lawfare » enferme les débats politiques dans les cours de justice […] il fausse le déroulement des élections ».

Le « lawfare » commence avec des dénonciations sans preuves, se prolonge dans d’obsédantes campagnes de dénigrement médiatique et oblige ses cibles à d’interminables justifications sans objet. Puis c’est la prison et les amendes. Le « lawfare » enferme les débats politiques dans les cours de justice. Pour finir, il fausse le déroulement des élections qui ne sont plus vraiment libres. Les exemples sont nombreux. Citons, en Amérique du Sud, le Brésilien Lula, condamné sans preuve et empêché de se présenter à l’élection présidentielle. Son « juge », Sergio Moro, est devenu depuis ministre de la Justice du président d’extrême droite Jair Bolsonaro. Mais aussi l’Équatorien Rafael Correa et l’Argentine Cristina Kirchner, persécutés sans trêve. 

Citons, en Afrique, le Mauritanien Biram Dah Abeid, emprisonné sur une dénonciation sans preuve retirée au bout de plusieurs mois de détention. Et encore l’avocat égyptien Massoum Marzouk, opposant au régime de Sissi emprisonné sur le prétexte fallacieux de charges antiterroristes. Il y aussi le cas de Maurice Kamto, arrivé deuxième à la dernière élection présidentielle au Cameroun et emprisonné depuis janvier dernier, ou l’ancien député gabonais Bertrand Zibi, condamné à six ans de prison. 

« Nous appelons à la coopération mondiale des résistances juridiques ». 

Citons, en Europe, le Français Jean-Luc Mélenchon, poursuivi sans preuve et jugé pour rébellion, ou le Russe Serguei Oudaltsov, dirigeant du Front de gauche, condamné à quatre ans et demi de prison pour avoir organisé des manifestations contre le pouvoir. Citons, en Asie, le Cambodgien Kem Sokha, principal leader de l’opposition emprisonné à la veille des élections législatives de 2017. Ou l’acharnement judiciaire aux Philippines contre la sénatrice Leila de Lima, figure de l’opposition. 

De nombreuses voix se sont élevées dans le monde pour dénoncer cette situation : des groupements de juristes, des autorités religieuses comme le pape François, des figures de la défense des droits de l’homme, des dirigeants syndicalistes ou politiques. Notre déclaration commune salue ces protestations. Nous invitons à la vigilance pour défendre les victimes de ce type d’opération quelle que soit leur appartenance politique. Nous appelons à la coopération mondiale des résistances juridiques. Nous demandons que soient dénoncés devant l’opinion publique les gouvernements et les magistrats comme le juge Sergio Moro, au Brésil, qui acceptent de jouer ce rôle néfaste aux libertés individuelles et politiques. » 

L’ex-president Luiz Inacio Lula da Silva : Le Monde du 13 septembre publie un premier entretien à un média français depuis son incarcération.

Les signataires : 

Adolfo Pérez Esquivel, prix Nobel de la paix, Argentine 
Hebe de Bonafini, présidente de l’association des Mères de la place de Mai, Argentine, prix Sakharov de l’Union européenne 
Ignacio Ramonet, écrivain, journaliste et président d’honneur d’ATTAC, Espagne 
Aminata Traoré, essayiste, Mali 
Manon Aubry et Martin Schirdewan, co-présidents du groupe GUE au Parlement européen, France et Allemagne 
Shumona Sinha, romancière, prix de l’Académie Française, Inde 
Eugenio Raul Zaffaroni, juge à Cour Intéramericaine des Droits de l’Homme, Argentine 
Rashida shams al Din, journaliste, Soudan 
Janak Chaudhari, secrétaire général du syndicat GEFONT, Népal 
Luiz Inácio Lula da Silva, ex-président de la République fédérative du Brésil 
Rafael Correa, ex-président de la République d’Équateur 
Pepe Mujica, ex-président de la République orientale de l’Uruguay 
Pablo Iglesias, député, secrétaire général de Podemos, Espagne 
Lucia Topolanski, vice-présidente de l’Uruguay 
Jane Vargas, dirigeante du syndicat de la construction NUDCW, Philippines 
Almir Narayamoga Surui, chef de la tribu Paiter Surui, Brésil 
Marisa Matias, ancienne candidate à la présidence de la République, Portugal 
Le groupe des députés de la France Insoumise à l’Assemblée Nationale et la délégation Insoumise au Parlement européen 
Esther Benbassa, sénatrice 
André Chassaigne, président du groupe Gauche démocrate et républicaine à l’Assemblée nationale 
Noël Mamère, ancien candidat écologiste à l’élection présidentielle 
Marion Esnault, porte-parole de l’association écologiste ANV-COP21 
Vikash Dhorasoo, ancien joueur de l’équipe de France de football 
Jean Ziegler, vice-président du comité consultatif du Conseil des Droits de l’Homme aux Nations Unies, Suisse 
Edward Bond, dramaturge, Royaume-Uni 
Pipo Delbono, metteur en scène, Italie 
Biram Dah Abeid, chef de file de l’opposition, prix des Droits de l’Homme des Nations Unies, Mauritanie 
Thomas Porcher, économiste 
Arié Alimi, avocat au barreau de Paris 
Hamma Hammami, porte-parole du Front populaire, Tunisie 

Le film « Yvonne » de Marina Rubino à la Maison de l’Amérique latine de Paris

Photo : Misiones Online

Yvonne Pierron est née en Alsace en 1928. Entrée très vite comme sœur des Missions étrangères, elle émigre en 1955 en Argentine puis est forcée à l’exil, dès 1976, au Nicaragua, jusqu’en 1984. Surnommée Hermana Yvonne, elle a marqué les esprits et les consciences dans son combat contre toutes les oppressions. 

 Parfois institutrice et/ou infirmière, Yvonne Pierron parcourt le pays en se plaçant toujours du côté des plus faibles. En Patagonie, avec la communauté Mapuche, à Buenos Aires dans les villas miserias, à Corrientes avec les paysans des « Ligues agraires », ces mouvements syndicaux d’origine rurale catholique dans lesquelles les agriculteurs, petits et moyens, s’unissent afin de mieux s’opposer aux grands propriétaires terriens et aux monopoles commerciaux. Lors de la terrible dictature militaire qui s’abat sur l’Argentine entre 1976 et 1983, elle est recherchée par les répresseurs et devra s’exiler en 1978, exfiltrée par l’Ambassade de France, échappant ainsi au sort qui attendait ses deux coreligionnaires Alice Domon et Léonie Duquet

C’est alors qu’elle se rend au Nicaragua, jusqu’en 1984, où elle découvre les préceptes de la révolution sandiniste qui lui font écrire que « redonner du pouvoir au peuple c’est (…) lui donner des armes intellectuelles pour ne plus se laisser soumettre ». Elle appliquera ces convictions en revenant en Argentine, fondant une communauté éducative à Pueblo Illia (province de Misiones). Yvonne fut aussi et bien sûr de tous les combats pour les droits de l’homme, toujours prête à se lever afin de dénoncer les injustices contre les opprimés. Jamais en reste pour défiler avec les Mères et les Grands-mères de la Place de Mai, elle fut un des piliers pour dénoncer les horreurs perpétrées par la dictature militaire argentine. 

Décédée le 28 mars 2017 à l’âge de 89 ans, le sénat argentin a tenu à honorer sa mémoire en mars dernier. En 2005, Hermana Yvonne avait été décorée de la Légion d’honneur. Elle repose aujourd’hui à Pueblo Illia. 

Le « Collectif argentin pour la mémoire » lui rend hommage avec la projection du film Yvonne (2019), de l’Argentine Marina Rubino, à la Maison de l’Amérique latine ce 20 septembre à 19h. 

Fabrice BONNEFOY 

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Le Chili invité au 19e festival international du film insulaire de Groix en Bretagne

Le Festival International du Film Insulaire de l’île de Groix (Fifig) est né en 2001, lorsqu’une poignée de Groisillons a souhaité donner la parole aux insulaires du monde entier. D’emblée, l’envie de créer du lien les a guidés et ils se sont employés à rendre ce festival accessible, étonnant, humain et de qualité, proposant des films inédits et invitant des artistes du monde entier.

Photo : Films Insulaires de Groix

L’édition estivale du Fifig est le point d’orgue d’un projet mené à l’année : stage de création vidéo pour les collégiens avec les Tempestaires de Belle-Île, projections sur le caillou, au Quai Branly et même en Sicile. Si le cinéma est le premier langage du Fifig pour rapporter la parole insulaire, le festival a toujours pris vie en dehors des salles obscures. Se mêlent alors aux festivaliers et bénévoles, des réalisateurs, des artistes en tout genre et des invités des îles. A la sortie d’un film, après un débat passionné, autour d’un verre, devant un concert ou en flânant devant les expositions, le temps de quelques jours tous ces mondes se rejoignent.

Pour cette 19eédition, comme nous avons coutume de le dire, le Fifig «met le cap» vers les îles chiliennes. Pourtant c’est bien à Groix qu’est ancrée notre action, et celle-ci s’inscrit dans une dynamique associative locale, essentielle pour garantir l’accès à la culture sur l’île. Le Cinéma des Familles vient d’être acquis par la commune afin d’en confier la gestion à l’association Cinéf’îles qui a défendu ce projet durant de longs mois. 

Sarah FARJOT
Coordinatrice au FIFIG

Le festival du Film Insulaire 2019 aborde pour la première fois le continent sud-américain et donne un coup de projecteur sur les îles chiliennes : l’île de Chiloé, l’archipel Juan Fernandez avec l’île de Robinson Crusoé, les îles de Patagonie, l’île de Pâques ou Rapa Nui … Au programme : du cinéma documentaire et des fictions, des projections en plein-air, des concerts, expositions, débats, spectacles, une radio et une librairie. Du 21 au 25 août à Port Lay, île de Groix. Tous les soirs du festival sont animés par des concerts dans l’ancienne usine de Port Lay. Lors de concerts on pourra écouter le groupe chilien Valparaiso de Mora Luca.

Chaque année, le festival organise des expositions en lien avec l’île ou l’archipel à l’honneur. Avec un regard toujours porté vers l’insularité, les œuvres exposées peuvent aussi bien être des photographies, des vidéos, des peintures ou des installations multimédias. Le Festival se déroule dans le port et aux alentours de Port-Lay, sur l’île de Groix. Ce port est l’un des plus petits de Bretagne, il est spécialement aménagé pour l’occasion.

Le festival organise, en fonction des films projetés, des débats thématiques avec des réalisateurs et d’autres personnalités du monde insulaire. Parmi les invités chiliens, sont à l’honneur le photographe Rodrigo Gómez Rovira, le réalisateur Patricio Guzmán, dont on présente deux de ses films (Bouton de Nacar et L’île de Robinson Crusoé), José Domingo Rivera qui a réalisé le film sur l’île de Paques YorgosGeorgi Lazarevski, Zona Franca, tourné dans la Patagonie chilienne, Tiziana Panizza avec son film Tierra Sola, filmé en Rapa Nui, Iñaki Moulian et La isla y los hombres, entre autres. Ce sont une quinzaine de longs et courts métrages chiliens filmés dans les îles chiliennes dont un certain nombre sont en compétition.

La soirée d’ouverture présente la création (film, photographies et mise en musique par Mathilda Haynes) du Chilien Rodrigo Gomez Rovira intitulée Ultime Sud (Último Sur). «En Terre de Feu, on ne nomme pas le sud, il n’existe plus. La contemplation est quotidienne, le rapport au temps différent, en décalage avec nos sociétés. Les forces naturelles alimentent la poésie du lieu et façonnent le caractère de ses habitants. Le bout du monde n’est pas une métaphore, il est concret, palpable, permanent, c’est, el Último Sur» dit le photographe et réalisateur de Valparaiso.

Le festival Insulaire de Groix décerne cinq prix : L’île d’or (1er prix du jury), Prix Lucien Kimitété (2e prix du jury), Coup de cœur du jury, Prix du public et le Prix du jury jeune (compétition de courts métrages).

Olga BARRY

Visite de professionnels de la culture sud-américains en France pour les «Courants du Monde»

Ce mercredi 19 juin, les Nouveaux Latinos ont accueilli dans leurs locaux une dizaine de professionnels latino-américains issus du monde de la culture dans le cadre du programme «Courants du Monde», organisé par la sous-direction des affaires européennes et internationales du ministère de la Culture.

Photo : Nouveaux Espaces Latinos

Du 11 au 21 juin, 11 personnes issues du milieu de la culture en Amérique latine ont participé à « Courants du monde », séminaire d’accueil d’interlocuteurs étrangers organisé par la sous-direction des affaires européennes et internationales du ministère de la Culture. Cette année, le ministère a choisi de mettre à l’honneur le continent sud-américain et le but principal était de découvrir et d’échanger avec les institutions culturelles françaises. Cette année, le thème du programme était « Enjeux et mise en œuvre de la politique des publics ».

Depuis la mise en place de ce programme d’accueil il y a 25 ans, près de 3500 professionnels ont été accueillis en France, avec plus de 200 participants chaque année. Cette année, des personnes travaillant dans des centres culturels et artistiques, des musées et des institutions privées ont fait le déplacement depuis l’Argentine, le Mexique, le Brésil, l’Uruguay ou encore le Chili pour rencontrer des interlocuteurs hexagonaux.

Le séminaire a rencontré de nombreuses institutions culturelles parisiennes comme le musée d’art et d’histoire de Saint-Denis, le musée du Quai Branly, les micro-folies de Sevran, avant de prendre la route pour Lyon. Dans la Capitale des Gaules, les participants ont pu s’entretenir avec les représentants de la DRAC, le musée des Beaux-Arts, l’Orchestre National ou encore le Centre d’art Les Subsistances, pour finir en beauté avec une visite à Espaces Latinos. L’enjeu majeur et les axes de travail des visiteurs était notamment la démocratisation de l’accès à la culture et la relation entre les institutions culturelles et le public.

La rencontre avec notre équipe a permis aux participants de clore en beauté leur séjour lyonnais, apparemment apprécié de tous. Ils ont pu découvrir notre projet basé sur le bénévolat, dont la revue et les festivals annuels proposent au public de s’informer et se cultiver sur le monde latino-américain depuis déjà 1984. Cela nous a permis de confronter et d’échanger sur nos connaissances et nos pratiques en termes de démocratisation culturelle et de relation avec le grand public, dans le but de toujours plus et mieux toucher ce dernier.

Remerciements :

Anissa Rejeb, responsable de l’organisation du séminaire pour  la sous-direction des affaires européennes et internationales

Andrea Fantoni (Uruguay), directrice de la gestion des publics, des projets éducatifs et sociaux de l’Auditorio Nacional del Sodre

Valeria Escolar (Argentine), dirigeante de Ronda Cultural

Barbara Esmenia Pacheco Da Silva (Brésil), Serviço Social do Comércio (SESC)

Victoria Gil-Delgado (Espagne), responsable des programmes éducatifs du CA2M Centro de Arte Dos de Mayo

Elisa Granda Armas (Pérou), département de gestion des publics du musée Pedro de Osma de Lima

Ezequiel Grimson (Argentine), coordinateur exécutif du musée national des Beaux-Arts

Juan José Jaramillo Buitrago (Colombie), Secrétaire de district pour la culture, le patrimoine et le tourisme à la Barranquilla.

Denise Yaël Obrador (Argentine), coordonnatrice des programmes publics et communautaires du musée national d’art oriental d’Argentine

Cristian Prinea Montes (Chili), responsable des publics au sein du département de programmation et des publics du Centro Gabriela Mistral

Ana-Luisa Pulido (Mexique), municipalité de Xalapa et Universidad Autónoma Benito Juárez de Oaxaca

Alice DREILLARD

Marche des parapluies à Lyon pour la journée mondiale du réfugié

Lyon accueillera le 20 juin prochain sa 16e édition de la Marche des Parapluies, événement phare dans la lutte pour la protection des droits des réfugiés. Cette mobilisation s’inscrit dans la Semaine du réfugié, avec des activités durant lesquelles le grand public peut montrer son soutien aux familles déracinées.

Photo : Forum réfugiés – Cosi

Le Forum réfugiés – Cosi, fondé en 1982, est le fruit de la fusion de deux associations œuvrant pour la défense du droit d’asile et la promotion de l’état de droit. À l’instigation de cette journée annuelle, l’accueil et l’accompagnement sont au cœur de son action. En favorisant l’échange et le dialogue à travers des événements de sensibilisation, l’objectif est de faire évoluer les politiques publiques. C’est l’héritage d’une longue tradition qui se poursuit et s’adapte à travers cette symbolique Marche des Parapluies.

En 1914, l’Église avait déjà institué une Journée mondiale du migrant chaque deuxième dimanche de juin. En 2001, à l’occasion du 50e anniversaire de la Convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés, l’Assemblée Générale des Nations Unies a décidé de conserver cette date et d’instituer l’événement comme fête annuelle.

En réunissant 145 États autour d’une définition du terme controversé de «réfugié», la Convention énonce les droits de cette catégorie de la population. Elle insiste sur le principe du non-refoulement, garantissant le droit des réfugiés de rester si leur vie et leur liberté sont menacées dans leur pays d’origine, l’érigeant comme règle du droit international coutumier.

Cette commémoration annuelle ne se célèbre pas seulement à Lyon mais aussi dans plusieurs villes dans plus de 100 pays, durant laquelle se croisent des personnalités et citoyens de tous horizons. C’est l’occasion pour des représentants gouvernementaux, travailleurs humanitaires, célébrités, civils et réfugiés de se rencontrer autour de cette thématique qui relève de la responsabilité mondiale.

Ce jeudi, le départ de la marche est prévu à 18h sur la Place Maréchal Lyautey (Lyon 6e) et sera cadencé par les rythmes de la batucada Les Zurbamateurs.

Vous pourrez, si vous le souhaitez, acheter sur place un parapluie blanc au prix de 10 euros ; cet objet symbolise l’abri et la protection que doivent garantir les Etats signataires de la Convention de Genève aux réfugiés.

Musique, exposition, cuisine et animations seront les motifs de se réunir pour une soirée festive au jardin des Chartreux (Lyon 1er).

Le Forum réfugiés-Cosi y réunira son grand réseau associatif en invitant AEDH – Agir Ensemble pour les Droits de l’Homme, Amnesty International – Lyon, Le Tissu Solidaire, la Cimade Lyon, la Croix-Rouge française, Eris, « Tu seras », SOS Méditerranée, le Secours Catholique – Caritas France, le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les Réfugiés et Singa. Vous pourrez les rencontrer au Village associatif à partir de 19h30.

Ce rendez-vous s’insère dans la Semaine du réfugié, durant laquelle de nombreuses actions sont déployées dans plusieurs départements. Vous pourrez par exemple visiter le mercredi 19 juin les Centres d’Accueil pour Demandeurs d’Asile de Bron et de Villeurbanne et ainsi comprendre le rôle de ces lieux de ressource dans l’accompagnement administratif des nouveaux arrivants.

Marine COMMUNIER

Consultez le programme complet et l’événement Facebook

Le gouvernement mexicain accuse la marque Carolina Herrera d’appropriation culturelle

À l’issue de la nouvelle collection de Carolina Herrera, le Secrétariat de la Culture mexicain envoie une lettre à la marque vénézuélienne pour avoir utilisé des créations originaires de peuples indigènes.

Photo : Carolina Herrera

«Un lever de soleil à Tulum», «une promenade dans la ville de Mexico» ou encore «la joie de vivre», sont quelques-unes des descriptions utilisées pour parler de la nouvelle collection «Ressort 2020» de la marque vénézuélienne Carolina Herrera. Une collection qui déborde de couleurs et de textures sous l’argument d’être inspirée par des «vacances latino-américaines», provoque la fureur dans l’univers de la mode. Cependant, tout le monde n’est d’accord avec la nouvelle tendance. La Secrétaire de la Culture mexicaine, Alejandra Frausto, a sollicité par une lettre écrite à Carolina Herrera et au directeur créatif de la marque Wes Gordond’expliquer l’utilisation des créations et broderies originaires de peuples mexicains. 

Frausto signale dans sa lettre que «Ces broderies proviennent de la communauté de Tenango de Doria (Hidalgo) ; dans ces broderies on retrouve l’histoire même de la communauté, et chaque élément a une signification personnelle, familiale et communautaire». De même, on retrouve dans quelques robes des broderies florales qui sont particulièrement similaires aux broderies typiques de la région de Tehuantepec (Oaxaca), surtout dans le choix des formes et des couleurs. Un autre exemple est une robe fabriquée à partir du « Sarape Saltillo », un vêtement typique du nord du Mexique dans lequel « On observe le parcours du peuple de Tlaxcala pour la fondation de la région nord du pays». La secrétaire insiste sur le fait de parler d’un «principe de considération éthique», pour discuter publiquement la promotion de l’inclusion et de rendre «visibles les invisibles».

Pourtant, le cas de Carolina Herrera n’est pas le premier à être considéré comme plagiat de la part du gouvernement mexicain. Des marques comme Zara, Mango, Louis Vuitton et Michael Kors sont d’autres exemples à avoir reçu l’attention mexicaine. Un cas qui a soulevé beaucoup d’attention au niveau mondial a été celui d’Isabel Marant, couturière française qui a été accusée d’avoir utilisé les broderies originaires de Santa María Tlahuitoltepec (Oaxaca) dans sa collection Etoile printemps/été 2015. 

Ce scandale soulève ainsi la question des droits culturels des peuples indigènes, dont les créations sont très bien documentées au cours des années. On parle d’un travail artisanal réalisé par des peuples minoritaires, souvent oubliés par les grandes institutions politiques et médiatiques. Dans un contexte où plusieurs individus originaires de peuples indigènes doivent encore faire face à des situations de racisme dans leur propre pays, une perte et un oubli de leurs langues natales ou encore des inégalités de leurs droits en tant que citoyens, un souci de plagiat de leur travail artistique risquerait de passer inaperçu.

Cependant, en novembre 2018 le gouvernement de Morena au Mexique a commencé à travailler sur une stratégie législative qui protègerait la culture indigène pour éviter que le cas de Carolina Herrera se reproduise. Ce projet a pour objectif une loi qui «sauvegarde les connaissances, culture et identité des peuples indigènes et afro mexicains». Cela impliquerait de déroger à quelques lois de droits d’auteur pour éviter que les couturiers utilisent ce type d’illustrations sans le consentement des peuples. «C’est une très grande loi qui donne un titre à ces éléments de leurs cultures originaires. […] Ces créations sont des images de leur cosmovision. Les communautés demandent du respect, pas de l’argent. EIles veulent que les couturiers s’approchent et demandent la permission »dit Susan Harp, présidente de la Commission de la Culture. L’un des apartés de cette loi indique que les peuples originaires auront la possibilité de signer, ou non, des accords avec les couturiers qui prétendent utiliser leurs créations.

Amaranta ZERMEÑO

Rencontres et débats par l’Observatoire de l’Amérique latine à Paris

Animées par Jean-Jacques Kourliandsky, l’Observatoire de l’Amérique latine de la Fondation Jean-Jaurès organise trois rencontres autour de divers sujets internationaux : le racisme et le sexisme au Brésil, l’immigration et la vie politique colombienne. 

Photo : Iris et édition Anacaona

La Fondation Jean-Jaurès est à la fois un «think tank», un acteur de terrain et un centre d’histoire au service de tous ceux qui défendent le progrès et la démocratie dans le monde. Reconnue d’utilité publique, la Fondation prend en charge de servir l’intérêt général. Par la mobilisation de pouvoirs publics, des politiques, des experts et des citoyens, ils encouragent la rencontre de leurs idées et le partage des meilleures pratiques par des débats, des productions et des actions de formation. Issue de la Fondation, l’Observatoire de l’Amérique latine entend contribuer, à son échelle, à rétablir un intérêt mutuel distendu entre les progressistes français et latino-américains en organisant régulièrement des rencontres entre différentes personnalités d’Amérique latine et des responsables politiques et associatifs français. Il réfléchit, dans un cadre d’analyse et de prospective, aux grandes thématiques politiques nationales, régionales mais aussi internationales.

Dans le cadre de la Semaine de l’Amérique latine et des Caraïbes, la Fondation Jean Jaurès débute ses rencontres le 23 mai avec un débat autour le racisme et le sexisme dans le Brésil de actuel. La victoire à l’élection présidentielle du candidat d’extrême droite au Brésil, Jair Bolsonaro, ainsi que ses différentes prises de position, ont provoqué une très inquiétante augmentation de propos mais aussi d’actes racistes et sexistes. Autour de ses questions, sera programmé un débat à la Fondation avec l’activiste brésilienne Djamila Ribeiro. Sera également présente Paula Anacaona, directrice des Éditions Anacaona. Jean-Jacques Kourliandsky, directeur de l’Observatoire de l’Amérique latine de la Fondation, introduira et conclura le débat. La rencontre sera animée par Adèle Goliot, administratrice d’Autres Brésils. Rendez-vous le 23 mai de 18h30 à 20h30.

Attention : cette conférence est désormais complète, mais vous pouvez cependant la suivre en direct sur notre site le 23 mai à partir de 18h30 ! Si vous vous inscrivez ici, vous recevrez un message quelques heures avant le streaming pour vous le rappeler. 

Organisé en partenariat avec le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, le 28 mai le focus latinoaméricain continue avec un ciné-débat : la diplomatie au service de la liberté. D’abord avec la projection du documentaire «Visa pour le paradis», réalisé par Lillian Liberman Shkolnikoff, et suivi d’une intervention avec Jean Mendelson, ancien ambassadeur de France à Cuba. Le documentaire «Visa pour le paradis» est consacré à Gilberto Bosques, consul du Mexique à Marseille en 1940, qui parviendra, avec son équipe, à sauver plus de 20 000 Espagnols et plusieurs milliers de Juifs, Libanais, Allemands, Autrichiens, qui couraient alors le danger de perdre la vie dans une France occupée par le régime nazi. On peut y retrouver les témoignages de Gilberto Bosques et de ceux qui furent sauvés. La rencontre permettra également d’aborder la question du rôle des diplomates face à des situations de crise de cet ordre. Le débat sera animé par Jean-Jacques Kourliandsky. Rendez-vous le 28 mai de 18h30 à 20h30. Inscrivez-vous par e-mail pour participer à cet événement.

Finalement, le 6 juin la Fondation vous invite à une rencontre autour de la vie politique colombienne. La victoire en 2018 à l’élection présidentielle colombienne d’Iván Duque, proche de l’ancien président Alvaro Uribe, semble avoir remis en cause l’accord de paix signé entre l’ancien président Juan Manuel Santos et les Farc. L’Observatoire de l’Amérique latine de la Fondation en débat avec trois éminents observateurs de la vie politique colombienne. Cette rencontre réunira Juan Carlos Ruiz Vasquez et Rubén Sánchez, professeurs de l’université del Rosario de Bogota, coauteurs de l’essai collectif «Notes au président colombien», et Angélica Montes Montoya, co-directrice du Grecol-ALC (Groupe de réflexion et d’études sur la Colombie-Amérique latine et Caraïbe). La rencontre sera également animée par Jean-Jacques Kourliandsky, directeur de l’Observatoire de l’Amérique latine de la Fondation. Rendez-vous le 6 juin de 18h30 à 20h30. Inscrivez-vous par e-mail pour participer à cet évènement.

D’après la Fondation Jean-Jaurès

Pour plus d’informations sur l’Observatoire et les événements à venir sur la Fondation Jean-Jaurès, 12 Cité Malesherbes, 75 009 Paris.

Les expositions «Lisières» et «Mimesis» à la Maison de l’Amérique latine de Paris

La Maison de l’Amérique latine à Paris reçoit David Solis et Marlov Barrios avec leur exposition Lisières et Mimesis, du 24 mai au 24 juillet 2019 à l’occasion de la 6e édition de la VI Semaine de l’Amérique latine et des Caraïbes en France.

Photo : Maison de l’Amérique latine  

Tous les deux formés d’abord dans l’architecture, David Solis et Marlov Barrios sont des artistes centre-américains qui, par la création de motifs élaborés, transmettent une ambiance mystique propre à leurs pays natals. À travers la nature et l’alliance syncrétique entre les mondes précolombien et contemporain, Solis et Marlov nous invitent à découvrir le Guatemala et le Panama par leurs diverses formes d’art.  Né à Panama en 1953, David Solis s’est installé à Montpellier pour développer sa carrière d’artiste. Même à distance, il demeure très présent dans le milieu culturel de sa ville natale. La galerie Habitante prend en charge de le représenter dès 1990 et durant les années qui suivirent. Depuis, le sujet de ses expositions se concrétise, les forêts denses, puis les troncs serrés et les rives deviennent sa matière première. C’est ce corpus d’œuvres «tropicales, urbaines et forestières» qui définit son style artistique. Un style qui pourrait se traduire comme un voyage à l’intérieur d’une nature secrète, humide et inatteignable par les hommes. Composée d’une cinquantaine d’œuvres (2008-2018), l’exposition Lisières à la Maison de l’Amérique latine est la première exposition monographique de David Solis à Paris.  

Marlov Barrios est né à Guatemala en 1980 et formé à Mexico. Il est le cofondateur du Taller Experimental de Gráfica de Guatemala (Atelier expérimental de graphique de Guatemala), association pour l’enseignement et la valorisation de la gravure. Il a aussi ouvert La Ruleta, un espace pour la promotion de l’art contemporain à Guatemala City. Jusqu’à présent, Barrios a présenté dix-sept expositions individuelles à Guatemala, à Mexico, au Costa Rica, ou encore au Salvador. Avec une formation similaire à celle de Solis, Barrios se démarque du reste de ses compatriotes artistes par sa pratique artisanale. Il utilise une convergence de la peinture à l’huile, les collages, le dessin à main levée et même la sculpture de bois. La Maison de l’Amérique latine à Paris invite Marlov Barrios à réaliser, dans le cadre de la 6e édition de la Semaine de l’Amérique latine et des Caraïbes, une «intervention in situ» qui recouvrira directement les murs de la Salle Asturias. Il s’agit d’une œuvre murale sans sketch préparatoire, concept qui la rend particulièrement originale et éphémère.  

La Maison de l’Amérique latine ne met pas seulement en relation deux artistes, mais deux pays, deux générations et deux manières de saisir la réalité pour la transposer au moyen artistique. Le rassemblement de Solis et Barrios permet au spectateur de choisir un univers auquel il pourra s’immerger et découvrir, par un nouvel angle, les différentes facettes de ces pays centre-américains. La réunion de Lisières et Mimesis transforme une visite au musée en une expérience visuelle qui par l’accumulation de plusieurs éléments semble enserrer le spectateur.  

Amaranta ZERMEÑO  
D’après la Maison de l’Amérique latine 

Lisières – David Solís / Mimesis – Marlov Barrios – du 24 mai au 24 juil 2019. Infos pratiques : du lundi au vendredi  de 10h à 20h, le samedi de 14h à 18h, fermé les dimanches et jours fériés. Le vendredi 31 mai de 14h à 18h. Entrée libre. 

L’exposition «La recherche du rayon vert» d’Allan Villavicencio à Paris

Le mexicain Allan Villavicencio expose sa nouvelle collection «La recherche du rayon vert» à la Maëlle Galerie à Paris, du 5 avril au 25 mai 2019. L’exposition porte sur l’œuvre de l’artiste qui est selon lui «Gênante, fragmentée et débraillée». L’artiste a été deux fois lauréat de la Bourse Jeune Créateur. Depuis peu il est membre de la Bourse nationale des artistes «FONCA» (Système national des créateurs du Mexique).  

Photo  : Rodrigo Terreros et Maëlle Galerie  

Né à Querétaro en 1987, Allan Villavicencio est diplômé en arts visuels de l’École Nationale des arts plastiques à l’UNAM (Université Nationale Autonome du Mexique). Le jeune artiste a déjà exposé en Colombie, au Pérou, en Angleterre, et en France. Pendant presque dix ans d’expérience, il a accumulé plusieurs lauréats d’art. Aujourd’hui, il fait partie d’une nouvelle génération d’artistes visuels qui commencent à se démarquer dans la scène mexicaine. Inspiré de son quartier d’enfance, Villavicencio insiste sur l’importance de ses premières expériences avec l’art urbain. Il s’attarde surtout sur le concept d’expression à travers le graffiti. «L’école où j’ai fait mes études par exemple, était rembourrée par des tags faits avec l’aérosol, tous crées avec beaucoup d’habilité. De plus, c’était intéressant d’être témoin de la dispute entre les autorités scolaires qui peignaient les murs de gris pendant le matin, et les tagueurs qui trouvaient un mur prêt pour s’exprimer pendant la nuit. C’est ce bruit visuel et la manière de marquer leur territoire qui m’interpellaienten mettant en évidence les fragments et les couleurs des différentes couches de peinture.» Affirme-t-il.  

Ce sont les éléments fragmentés et inachevés qu’Allan Villavicencio incorpore dans ses outils de travail. Sa vision artistique reste très antagonique par rapport aux modèles basiques de l’art, puisqu’il tente de se démarquer de l’apparence esthétique. Villavicencio cherche tout le contraire en essayant d’atteindre un style bâclé et brut. Ses œuvres d’art ne suivent pas un prototype spécifique, mais conservent un point commun : l’artificialité. De puissantes couleurs néon prédominent dans ses peintures, parfois celles-ci contrastent avec des couleurs plus sombres. Cela peut créer une tension dans l’esprit des spectateurs. L’artiste joue aussi avec les limites des formes et des couleurs pour créer des paysages qu’il qualifie de «virtuels», du fait de la «surabondance» qu’il exprime dans ses toiles.  

Face aux difficultés du marché artistique mexicain que Villavicencio qualifie «d’élitiste», l’artiste a trouvé la manière de s’adapter. Avec Andrew Birk et Matías Solar, il est le cofondateur du projet Fuego, un atelier dans la ville de Mexico qui est à la fois un espace de travail et un lieu d’exhibition. Son objectif est celui de créer un espace plus intime pour l’artiste invité, et d’exposer trois ou quatre fois par an. Jusqu’à présent, ils ont collaboré avec des artistes nationales et internationales, telles que Ana SegoviaKorakrit ArunanondchaiSol Calero, et Dafna Maimo

La dernière exposition de Villavicencio, La recherche du rayon vert, est une nouvelle méthodologie pour saisir l’art. L’artiste expérimente les limites conventionnelles qui définissent où commence et où termine l’œuvre d’art. Enfin, il tente de  «penser à l’extérieur du cadre et au champ visuel dans lequel s’inscrit une peinture.» C’est donc la Maëlle Galerie qui devient la scène de cette expérience artistique. En invitant le public à devenir un acteur et à s’immerger dans l’univers de son œuvre, Villavicencio partage ce qu’il a construit.   

Amaranta ZERMEÑO

Plus d’informations sur l’exposition. 

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