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Événéments

Sept pays de l’Amérique latine seront en Russie en juin prochain pour participer au mondial de football

Les actualités sportives ne font normalement pas partie de nos priorités, mais nous ferons une exception grâce au regard décalé de l’écrivain et spécialiste de football, Nestor Ponce, qui nous accompagnera durant cette compétition avec ses chroniques d’un mondial bien singulier. Voici les dates des rencontres des équipes latino-américaines face au reste du monde. 

Les dates des rencontres

Les équipes latinas sont souvent craintes par les autres pays car l’Amérique latine est le berceau de nombre de joueurs exceptionnels ; on se souviendra des Pélé et autres Maradona. Le 15 juin, l’Uruguay affrontera l’Egypte. Le lendemain, l’Argentine jouera face à l’Islande. Le dimanche 17 juin, le Costa Rica jouera contre la Serbie et le Brésil contre la Suisse. Le Lundi 18 juin, le Panama devra faire face à la Belgique et le mardi 19 la Colombie au Japon. Le jeudi 21 juin, le Pérou rencontra la France et l’Argentine la Croatie. Le vendredi 22, le Brésil affrontera le Costa Rica et le samedi 23 le Mexique débute devant la Corée du Sud. Le dimanche 24, le Panama joue contre l’Angleterre et le lundi 25, l’Uruguay contre la Russie. Mardi 26, l’Argentine joue contre le Nigéria et le Pérou contre l’Australie. Le Mercredi 27, le Mexique joue contre la Suède et le Brésil contre la Serbie. Finalement, le 28 juin, la Colombie affronte le Sénégal et le Panama la Tunisie. Le mercredi 29, l’Uruguay sera face à l’Arabie Saoudite.

Plusieurs équipes latinas peuvent aller loin dans la compétition mais il faut reconnaître que beaucoup n’ont plus le niveau d’antan. On souhaite beaucoup de victoires et même une équipe en finale !

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Januario ESPINOSA (Fondateur)

« Los Modernos » : une exposition consacrée au dialogue entre la France et le Mexique au musée des Beaux-Arts de Lyon

Après son grand succès auprès du public du Museo Nacional de Arte de Mexico (MUNAL) et du MUSA de Guadalajara, où l’exposition a été vue par plus de 200 000 visiteurs mexicains, l’exposition « Los Modernos » est présentée à Lyon à partir du samedi 2 décembre 2017 jusqu’au 5 mars 2018. Nous consacrerons une partie de notre revue trimestrielle pour la période décembre-février à quelques artistes de cette exposition Los Modernos.

Photo : Autorretrato en la frontera entre México y Estados Unidos, Frida KHALO, 1932, huile sur métal, 31cm x 35cm, Collection Manuel Reyero, New York

Découvrez les liens qu’ont entretenu les plus grands noms de l’art moderne de chaque côté de l’Atlantique avec, entre autres, Léger, Picasso, Bacon, Rivera, Siqueiros, Orozco. L’exposition Los Modernos met en regard deux scènes de l’art moderne, à travers les collections Museo Nacional de Arte de Mexico (MUNAL) et du musée des Beaux-Arts de Lyon. Plus de 300 peintures, sculptures et photographies – une première au musée des Beaux-Arts de Lyon – mettent en lumière les correspondances et les influences entre art moderne français et mexicain, mais également leurs ruptures et leurs spécificités.

À Lyon, l’exposition reprend le principe de l’exposition mexicaine : montrer deux collections, celles du musée des Beaux-Arts de Lyon et celle du MUNAL, comme illustrant deux scènes de l’art moderne entre 1900 et 1960. Elle bénéficie de nombreux prêts provenant d’autres collections de musées et de collections particulières. Elle s’enrichit notamment de trois dossiers : le premier concerne le cubisme avec notamment la figure de Diego Rivera, le second traite de l’influence des artistes mexicains sur le mouvement surréaliste en France et le troisième s’intéresse aux regards croisés entre photographes mexicains, américains et français. L’exposition est introduite par un focus sur le patrimoine mexicain dans les collections lyonnaises (cinéma, estampes, objets ethnologiques).

Trois conférences

Découvrez en profondeur l’exposition Los Modernos. Dialogues France-Mexique et son univers artistique grâce à trois conférences. La première a lieu le 11 décembre. Les conférences peuvent être choisies individuellement ou réservées en un cycle de trois soirées ! Conférence d’introduction à l’exposition Los Modernos. Dialogues France-Mexique par Serge Fauchereau, historien de l’art. 18 h 30 – auditorium du musée. Conversations mexicaines : conférence de Bernard Plossu, photographe, et Jacques Damez, photographe, commissaire associé de l’exposition à la galerie « Le Réverbère » et co-directeur de la galerie.  Conférence suivie de la diffusion du film de Bernard Plossu, Le voyage mexicain (1965-1966 en 8 mm, durée 30 mn). Jeudi 25 janvier – 18 h 30 – auditorium du musée. Le cinéma mexicain : entre tradition hollywoodienne et modernités européennes. Conférence par Julie Amiot-Guillouet, maitre de conférences, Institut des Amériques, Université Paris-Sorbonne. Jeudi 8 février – 18 h 30 – auditorium du musée.

D’après le site du Musée des Beaux-Arts de Lyon

Entrevue à Fernando De Szyszlo dans la revue « Somos » en 2012

Suite à notre article sur la vie de Fernando de Szyzlo que nous publions dans la newsletter de cette semaine nous vous proposons des extraits d’une interview que le peintre péruvien a accordé à la revue « Somos » en 2012 et que nous avons traduits des larges extraits.

Une mèche de cheveux de Vallejo. C’est l’un des premiers objets que Fernando  de Szyzlo montre lorsque quelqu’un lui rend visite, une mèche probablement coupée par Georgette, élégamment encadrée à côté de textes écrits à la main par le poète. Dans le bureau de sa maison, il y a, de plus, des livres, de nombreux livres, des peintures, des sculptures, des photos. Peu de lumière cependant. Le bureau-bibliothèque de Szyszlo semble extrait d’un de ses tableaux. Peu de temps après cette entrevue, Fernando de Szyszlo, comme chaque année en cette époque de grand froid liménien, est parti pour New-York. Là-bas, il parcourt les musées, rend visite à ses amis, esquisse quelques brouillons : « Je ne peints pas là-bas parce qu’il y a trop d’information visuelle. Je ne fais que me nourrir ». Il va et vient. Il s’éloigne et s’approche, montre et cache. Comme dans ses tableaux.

Ernersto Sábato disait : « Szyszlo est un peintre excellent, mais il vit dans le trou du cul du monde ». Vous avez déjà pensé à vivre à New York, ou autre part ?

Je ne vivrais pas à New York ; à Paris, peut-être, si je n’avais pas tous ces attaches, les racines familiales, amicales, la géographie, le destin, l’histoire. Dans toutes les villes du monde, la rue est un espace que tu parcours pour aller d’un point à un autre, mais à Paris, la rue est une destination en soi, où tu vas t’asseoir, pour regarder.

Et ici ? Ici, la rue sert seulement à se déplacer.

À 87 ans, maintenez-vous votre routine de toujours ?

Je me lève tous les jours à la même heure et j’arrête de peindre tous les jours quand la lumière s’en va. Je travaille plusieurs tableaux à la fois ; parfois, l’un d’eux s’embrouille, et il faut alors attendre pour le parfaire. Sinon, je me sens comme frustré… (Il montre un catalogue d’œuvres d’art d’une célèbre maison de ventes aux enchères.) Il y a là un de mes tableaux, que j’ai vendu il y a longtemps. Ils le liquident pour 185 000 dollars. Tu sais combien ils m’ont payé pour l’avoir ? Environ 1500 dollars. Tu te rends compte ? Quelle chance a celui qui l’a acheté.

En 1951, revenu récemment de vivre quelques années ne France, Szyszlo prononça une phrase qui généra quelque remous : « les vrais artistes plastiques péruviens ont existé à l’époque de la Colonie ». Peu après, en 1955, un maître de l’art multidisciplinaire local comme Jorge Eduardo Eielson avait dit, comme une réponse : « la peinture de Fernando de Szcyszlo est la seule qui pourrait aspirer un jour, avec tout le droit possible, aux titres illustres et prometteurs du Pérou passé et futur. »

Pourquoi vous n’aimez pas l’art postmoderne, le pop ?

Je crois qu’il a perdu de l’importance, c’est comme le roman actuel. Tout devient une sorte de gymnastique dans laquelle il n’y a aucun compromis ; le sacré a disparu de notre alphabet. C’est la désacralisation du monde. Comment se fait-il que le Tate Modern Gallery exhibe une tête de vache, entourée de mouches, et prétende que ce soit de l’art (il se réfère à une récente exposition du britannique Damien Hirst) ?

Ceux qui critiquèrent Duchamp et son célèbre urinoir avaient dit la même chose…

Mais l’urinoir est de 1917, il y a presque 100 ans !

La désacralisation paie.

La mode paie. La consolation que j’ai, c’est la phrase de Chanel : « La mode, c’est ce qui se démode ». Et tu vois, ça passe…

C’est un sujet sensible pour vous…

Je m’énerve qu’on ait instauré de nouveau le colonialisme : nous sommes coloniaux, les critiques disent « c’est ce qu’il faut faire » parce que c’est ce qui se fait en Allemagne, aux États-Unis. L’autre jour, je lisais d’un artiste que, lors de son exposition, il avait déféqué devant tout le monde (il se réfère au Colombien Fernando Pertuz), et que lorsqu’ils s’étaient tous retournés pour le regarder, il avait mangé ce qu’il avait fait. Tu imagines ?

Laissons cela de côté. Un jour, vous avez dit que vous étiez un peintre abstrait « juste pour abréger ». Cela vous importe de vous sentir comme un référent ?

Lorsqu’on vieillit, on devient de moins en moins apte à penser au futur. Tout va disparaître, les noms des personnes ne représentent déjà plus rien. Cézanne aujourd’hui est seulement un individu, il ne représente  plus cet état d’esprit de la France de l’époque. L’art véritable est anonyme.

Vous-même n’avez-vous jamais été vaniteux, peut-être lorsque vous étiez jeune ?

Sûrement, oui. Je ne sais pas. J’étais timide, je n’avais pas de place, je n’osai même pas être vaniteux.

« Difficile, austère, violence et lyrisme à la fois », écrivit Octavio Paz à propos du travail de Szyszlo. Un autre écrivain sut comprendre concrètement l’abstrait de ses tableaux, son grand ami Mario Vargas Llosa : « C’est un processus fascinant qui va du dehors vers le dedans, une dissimulation progressive, une répression du thème et de la couleur. »

Après une grande tragédie personnelle (la mort de son fils dans un accident d’avion en 1996), n’importe qui aurait pu se réfugier par exemple, dans la religion. Peut-être même comme placebo.

Au contraire, il me semblait encore plus incompréhensible, plus inacceptable, plus inadmissible que cela arrive, et que ce soit, du même coup, irréversible.

Dans une entrevue accordée à cette revue, vous aviez dit être « comme le singe saignant pour sa progéniture ».

C’est le côté le plus animal, le plus naturel. Nous on avons fait des concepts.

Peu de temps après, vous étiez de nouveau en train de peindre.

Au fond, n’importe quel acte artistique est une lutte contre le temps, contre la mort, contre le négatif, contre le zéro, contre le néant.

Fernando de Szyszlo aime à citer une phrase de D. H. Lawrence : « L’être humain est une colonne de sang à l’intérieur du vide. » Il a toujours eu un côté artistique sordide, obscur, à demi caché. Et, de fait, il le cultive.

Il y a quelque chose que vous aimeriez encore faire ?

(Il réfléchit) J’aurais de la peine à mourir, parce que j’aime la vie, mais la mort ne me fait pas peur. Depuis tout petit, j’ai eu une grande conscience de la mort, et les poèmes que je connais par cœur ont beaucoup à voir avec la mort et la décadence.

Traduction par Léa JAILLARD

Focus sur la Colombie à la Foire international d’art contemporain de Paris

Pour sa 44e édition qui se tiendra du 19 au 22 octobre 2017 à Paris, la Foire internationale d’art contemporain (FIAC) accueille au Grand Palais une sélection de galeries parmi les plus importantes de la scène artistique internationale, et propose un focus sur les artistes colombiens dans le cadre de l’année croisée France-Colombie.

Photo : Maria Elvira Escallon

La Saison colombienne en France survient à un moment de grande effervescence créatrice dans le domaine des arts visuels qui reflète avec acuité les changements culturels, sociaux et politiques à l’œuvre en Colombie. Le « boom » de la scène artistique de Colombie est loin de passer inaperçu. Les Rencontres de Medellín, le Salon national des artistes ou le Salon international d’art de Bogotá (ArtBO) attirent toujours plus de professionnels et collectionneurs intrigués par ce que le commissaire d’exposition suisse Hans Ulrich Obrist a appelé le « miracle colombien ». Les projets présentés en France permettent de mesurer la diversité de la création colombienne.

À l’occasion du focus Colombie, trois galeries présentent leurs artistes au Grand Palais, deux artistes exposent au jardin des Tuileries et sept commissaires et directeurs d’institutions colombiennes seront également présents.

Deux galeries colombiennes à la FIAC

Dans les espaces du Grand Palais, la FIAC présente 193 galeries, qu’elles soient de premier plan, couvrant les périodes moderne et contemporaine, ou émergentes au travers d’une promotion 2017 du Secteur Lafayette qui ne manquera pas de surprendre par sa fraîcheur, sa diversité et sa pertinence.

Galerie émergente, l’Instituto de Visión de Bogota présente un grand tapis aux motifs géométriques formés au sol avec du café, du sucre et du lait en poudre par Felipe Arturo. Architecte de formation, son œuvre mêle divers éléments proches de l’urbanisme, l’architecture, l’histoire de la ville, et la relation entre l’art, la politique, l’histoire, la géographie et l’économie. Sculptures, installations ou vidéos, son travail est fortement influencé par les architectures vernaculaires et les techniques de construction qui reflètent les processus d’assimilation et de résistance à l’époque des colonisations. La galerie Casas Riegner expose quant à elle au Grand Palais les œuvres de quatre artistes colombiens à découvrir : José Antonio Suarez Londoño, Bernardo Ortiz, Danilo Dueñas et Antonio Caro.

Une galerie franco-colombienne

La galerie Mor et Charpentier présente l’artiste Oscar Muñoz. Diplômé de l’école des beaux-arts de Cali, sa pratique artistique est fondée sur des recherches prolifiques autour des méthodes post-modernes de représentation, à travers le recours à des techniques peu conventionnelles de photographie et d’impression mécanique, et à la vidéo. La création de son imagerie et de son historiographie propres, qui questionnent la vie humaine comme réalité instable, s’appuie sur des médiums insaisissables tels que le souffle, l’eau, la poussière et le méthacrylate.

Domestico 2013-2016 0000, White marble, 80 x 40 x 40, mor charpentier, Oscar Muñoz

 

Deux artistes colombiens au jardin des Tuileries (FIAC hors les murs)

À travers le programme Hors Les Murs, la FIAC se veut « Grand Public » ; le parcours d’œuvres, d’une envergure inégalée dans le paysage des foires d’art, se déploiera dans les lieux parisiens emblématiques : au Jardin des Tuileries, au Musée national Eugène Delacroix et sur la place Vendôme. Au Jardin des Tuileries, ce sont 25 artistes confirmés, des artistes reconnus pour leurs œuvres, qui s’exposent au public, passants ou amateurs d’art, dans les allées du jardin royal, mettant en avant l’architecture.

L’artiste Maria Elvira Escallon y présente son projet Nuevas Floras mené avec le muséum d’histoire naturelle. En sculptant le bois mort, elle rappelle le travail des sculpteurs qui tentent de dompter la nature à l’envie, comme le souhaitait Louis XIV lors de son règne. Ses sculptures s’inspirent donc à la fois de l’histoire de Versailles et de la richesse exceptionnelle de l’Arborétum de Chèvreloup, la plus riche collection d’arbres en Europe.

Sera également présent Antonio Caro avec l’œuvre Colombia-Marlboro. Présentée pour la première fois en 1975, elle aborde les thèmes du consumérisme, de l’impérialisme et de la culture populaire. S’inspirant des stratégies publicitaires, Antonio Caro présente une grande enseigne avec le mot « Colombia » écrit à l’aide de paquets de cigarettes Marlboro. L’œuvre fait référence à la célèbre enseigne hollywoodienne et renvoie avec ironie à l’exportation du glamour américain face aux problématiques du tiers monde. Les cigarettes Marlboro étaient vendues légalement par les marchands de tabac, mais elles entraient aussi dans le pays en contrebande et donnaient lieu à un marché illicite mais extrêmement rentable. Des vendeurs à la sauvette proposaient des boîtes à chaque coin de rue, devenues un symbole pour les enfants des rues.

Sept commissaires d’exposition colombiens à Paris

Enfin, la FIAC, la Fondation d’entreprise Ricard et l’Institut français s’associent pour un nouveau cycle d’invitations de commissaires. Des commissaires internationaux de tous horizons sont attendus à la FIAC, du 19 au 22 octobre 2017, pendant la semaine de la célébration de l’art contemporain et de la culture à Paris. Ce programme cherche à mettre en avant la scène artistique française à l’international et à créer des rencontres et échanges entre des personnalités établies du monde de l’art contemporain. Ce cycle met l’accent sur l’année France-Colombie et invite sept commissaires d’exposition colombiens à participer à l’événement.

Marlène LANDON

Retrouvez toutes les informations sur le site de la FIAC.

Mort du célèbre peintre Fernando de Szyszlo, précurseur de l’art abstrait péruvien

Le peintre péruvien Fernando de Szyszlo Valdelomar est décédé le 9 octobre dernier, à 92 ans, au côté de sa femme Liliana Yábar, d’une chute dans les escaliers de leur maison de Lima. Peintre et critique d’art péruvien, Fernando de Szyszlo est un artiste connu pour son utilisation de l’imagerie pré-colombienne dans des peintures en terre rouge. Son art tente de réinventer des thèmes surréalistes dans un contexte latino-américain, davantage préoccupé par des sentiments liés au mysticisme indigène que par une vanité artistique. Suivi d’une interview à la revue « Somos ».

Photo : El Comercio

« Ce qu’il me reste à vivre ne sera plus pareil sans Godi, le meilleur des amis. Il fut un grand artiste, un des derniers, parmi les peintres, auquel on pouvait appliquer cet adjectif avec justesse, et une personne splendide. (…) Depuis sa découverte de l’art figuratif, il s’était livré à lui, avec discipline, persévérance et tenacité, redécouvrant peu à peu, avec le passage des années, la réalité à travers de son pays. L’art des anciens Péruviens deviendra avec le temps une obsession et s’insinuera peu à peu dans ses tableaux, se confondant avec les formes et les couleurs les plus osées de l’avant-garde. Jusqu’à constituer ce monde propre duquel rendent compte ces mystérieuses chambres solitaires et géométriques, qui ont quelque chose d’un temple et quelque chose d’une sale de torture, les étranges arabesques et totems qui les habitent et qui, de leurs grains, nœuds, incisions, fissures et croissants, suggèrent un monde barbare, antérieur à la raison, fait seulement d’instinct, de magie et de peur. (…) Maintenant qu’il n’est plus là, il nous reste sa peinture. Je suis sûr qu’elle durera au-delà de sa génération, de la mienne, et de beaucoup d’autres. Le monde autour de moi peu à peu s’effondre et se fait de plus en plus vide. »

Dans une colonne du El País daté du 15 octobre 2017, La muerte del amigo, Mario Vargas Llosa rend ainsi hommage à son grand ami Fernando de Szyszlo, célèbre peintre péruvien décédé le 9 octobre 2017 d’un accident domestique aux côtés de son épouse Liliana Yábar. Né à Lima le 5 juillet 1925 d’un père polonais et d’une mère péruvienne, Fernando de Szyszlo est considéré comme l’un des grands représentants de l’art abstrait péruvien, un précurseur et un modèle pour ses contemporains. Pétri de littérature, de poésie et de cinéma, l’art de Fernando de Szyszlo est un art total, qui porte l’empreinte des peuples indigènes péruviens et de la culture archaïque du Pérou. Une influence qui lui vient de son enfance, passée au sud de Lima, une zone de déserts, de ruines de cimetières Paracas et de paysages précolombiens. De Szcyszlo écrivit dans ses mémoires[1] : « J’ai toujours pensé que l’identité était définitivement marquée par l’endroit où nous avions grandi. Nous sommes les enfants de notre enfance« . Ses œuvres, sans pour autant se contenter de recréer le passé, personnel et péruvien de De Szyszlo, projettent dans une approche plus moderne la peinture influencée par le courant culturel indigéniste qui prédominait encore dans les écoles d’art de l’époque. En élargissant les champs possibles des thématiques péruviennes à travers un style non représentatif. Fernando de Szyszlo est devenu un des peintres majeurs de la renaissance artistique de son pays et est considéré comme le précurseur de l’art abstrait péruvien.

Extraits

La peinture de Fernando de Szyszlo est également en étroite relation avec ses opinions et son engagement politique. Fervent défenseur de la liberté, viscéralement opposé aux totalitarismes, – fondateur du Movimiento Libertad en 1987 aux côtés de son ami Mario Vargas Llosa –, De Szyszlo fut toujours un artiste engagé et qui prenait à cœur les problèmes sociaux de son temps et de son pays. C’est l’essence même du Pérou qu’il peindra dans ses tableaux modernes aux traits puissants, qui transmettent l’amour, la haine, la peur, l’espoir, la vie, l’agonie et qui en feront l’artiste moderne le plus emblématique du Pérou. Le quotidien El Peruano résume le lien très fort qui unissait l’artiste à son pays, en titrant ainsi l’article qui rend hommage à Fernando de Szyszlo : De Szyszlo es el Perú.

Rendre hommage à ce grand peintre, inspiré, comme il le disait souvent, de la peinture du XXe siècle de Picasso ou de Matisse, qui furent selon lui, « les premiers à découvrir l’intérêt de l’art précolombien et à le rapprocher de l’art primitif« , c’est aussi rendre hommage à une forme d’art particulière, impliquée, que Fernando de Szyszlo défendait contre la banalisation de l’art et de la vie en général, contre la désacralisation du monde. Le 15 mai 2017, Fernando de Szyszlo accordait une entrevue à la revue BOCAS et expliquait : « Dans mes mémoires, je raconte que j’ai inventé, ou tenté de résumer en une phrase ce qu’est la peinture, et je disais alors que la peinture, c’est la rencontre visible du sacré avec la matière. Mais j’ajoutais que, malheureusement, ce n’était pas suffisamment précis, car la rencontre du sacré avec la matière décrit également l’être aimé. Et c’est là que tout réside. Cette chose ineffable et en même temps très dense et très profonde que sont l’art et l’amour. » De belles paroles qui, plus que jamais font sens, dans une société qui a du mal à croire en elle-même et en son avenir. Par l’art, par l’amour et pour Fernando de Szyszlo, il ne tient qu’à nous de remettre un peu de sacré dans le monde.

Léa JAILLARD

Lire l’interview à « Somos » ici.  La vida sin dueño, Alfaguara, 2017.

 

« La Noche de cuentos » le jeudi 5 octobre au siège des Nouveaux Espaces Latinos à Lyon

Dans le cadre du Xe festival international de contes et pour la quatrième année, le siège à Lyon de Nouveaux Espaces Latinos accueille La Noche de cuentos « De bouche à oreille et de boca en boca ». Grâce à l’organisation de la conteuse cubaine Mercédes Alfonso à Lyon, la présentation se fera en présence de deux conteurs colombiens, Carolina Rueda y Jota Villaza, jeudi 5 octobre prochain à 20 h.

Lors des précédentes éditions, nous avons eu le plaisir de recevoir José Manuel Garzón d’Espagne, Angela Arboleda d’Équateur, et Carolina Rueda de la Colombie qui, pour la deuxième fois, vient nous enchanter avec sa parole voyageuse. Le festival « De bouche à oreille et de boca en boca » est né il y a dix ans sous la direction de Ligia Vázquez, directrice de la Maison de l’Amérique latine de  Strasbourg et de José Manuel Garzón ( de la Nona Teatro), avec le but de promouvoir la présence des artistes de l’espace ibéro-américain sur la scène européenne, sensibiliser l’opinion publique à la production artistique des pays hispano-américains à travers des séminaires, l’échange d’artistes et les ateliers de spectacle et favoriser l’intégration et la gestion professionnelle des structures en développant des projets culturels à caractère international. Un espace ouvert à la production de narrateurs oraux, venus d’ailleurs mais surtout d’Amérique Latine, d’Espagne et du Portugal.

En résonance avec l’ année de la Colombie en France, « La Noche de Cuentos »  invite le public franco-hispanophone, mais aussi les étudiants d’espagnol et tout public intéressé par la culture latino-américaine à connaître cette discipline liée à la tradition orale et à l’expression scénique contemporaine. On a eu le plaisir de recevoir dans les précédentes éditions José Manuel Garzon d’Espagne, Angela Arboleda d’Équateur, et Carolina Rueda de la Colombie qui pour la deuxième fois vient nous enchanter avec sa parole voyageuse.

Carolina Rueda : La force et la malice colombiennes. Carolina Rueda est une des narratrices colombiennes au parcours le plus long, sur les scènes colombiennes et du monde. Carolina a été primée et s’est fait connaître non seulement en tant que narratrice mais aussi comme professeur, animatrice d’ateliers de narration orale et comme directrice d’un des plus grand et important festival de contes du monde. Caroline narratrice, et conteuse. Elle explicite la différence entre l’amuseur, le comédien, l’orateur et le narrateur oral. Elle est le reflet de la nature de notre festival. Un festival où l’artiste monte sur scène sans décor, sans artifice, sans soutien. Seule avec sa voix, avec sa magie, avec son charme et son style qui font voyager l’imagination. Avec des histoires universelles et son professionnalisme. Prodigieuse sur scène, Caroline nous fait cadeau de sa présence chaleureuse et de ses mondes intérieurs. Jota Villaza : il a été considéré comme le meilleur narrateur de contes traditionnels dans divers événements locaux, nationaux et internationaux. Instituteur, acteur, metteur en scène, dramaturge et poète pendant plus de vingt ans, il a surtout consacré ces dix dernières années à la recherche, la transcription, la création et la narration de contes populaires.

La Noche de cuentos, le 5 octobre 2017 à 20 h aux Nouveaux Espaces Latinos (PAF 10 euros)

Pour une histoire des relations culturelles des Amériques au XXe siècle

L’Institut d’Études Transtextuelles et Transculturelles (IETT) de l’Université Jean-Moulin de Lyon sous l’initiative de Símele Soares Rodrigues, Maître de conférences et de Julie Sylvestre coordinatrice du laboratoire IETT, propose un colloque international sur les relations entre les pays du continent américain et aussi les relations avec l’Europe. Ce colloque aura lieu les mercredi 27 et jeudi 28 septembre prochains sur inscription obligatoire.

S’inscrivant au carrefour de l’histoire (culturelle, politique et des relations internationales) et des études culturelles des pays américains, ce colloque multidisciplinaire se propose de réunir des spécialistes, qu’ils soient doctorants ou chercheurs confirmés, en histoire, sociologie, musicologie, sciences politiques, ou tout autre discipline des sciences humaines et sociales, autour de l’écriture d’une histoire des relations culturelles des Amériques au XXe siècle.
 Dans le sillage de la réflexion ouverte par Pierre Milza autour des « forces profondes » culturelles qui existent entre la politique internationale et les phénomènes de mentalité, et tant d’autres études françaises ou anglophones mettant en exergue l’importance de la culture dans les relations internationales (Robert Frank, François Chaubet, Alain Dubosclard, Ludovic Tournès, J. Manuel Espinosa, John Matthew Mitchell, Akira Iriye, entre autres), ce colloque international se propose de mettre en débat des études développées par des spécialistes de pays américains. Il adoptera une perspective transnationale.

Cette rencontre permettra de réaliser une première cartographie des relations culturelles bilatérales, multilatérales et transnationales des trois Amériques, en privilégiant celles établies avec/entre les pays du Cône Sud (Argentine, Brésil, Chili, Uruguay, Paraguay). Les pays du cône Sud seront le pôle géographique central, mais non exclusif, de ce colloque. Les trois axes/objets d’études principaux sont : 1) les « décideurs » culturels, à savoir les acteurs ou médiateurs aussi bien de la diplomatie culturelle officielle que des associations privées ou instituts culturels ; 2)  les lieux et espaces de rencontres : théâtres, galeries d’art, musées, centres
binationaux, salons d’humour, etc. ; 3)  les politiques ou programmes culturels (la danse, le théâtre, les arts plastiques, la
musique, les échanges académiques ou intellectuels) mis en place dans des contextes historiques précis, par exemple, la Guerre froide.

On s’interrogera également sur l’usage de la culture, au moins dans trois aspects centraux : le premier, comme « arme » géopolitique, pouvant notamment servir à établir ou renforcer des rapports de tutelle ou d’influence entre les nations du continent américain ; le deuxième, comme outil dans le but de consolider les liens d’amitié afin de promouvoir et de « maintenir la paix » ; et le troisième, d’utiliser la culture comme un rempart contre les ennemis communs, et cela surtout pendant les périodes de guerre « chaude » ou « froide ».

Quelques pistes de réflexion

1) Les relations bilatérales et/ou multilatérales dans un contexte régional: la circulation des arts plastiques brésiliens (ou d’un artiste et ses œuvres) au Chili et en Argentine ; la présence mexicaine dans la scène du théâtre argentin Colón ; l’influence esthétique de la danse folklorique chilienne en Uruguay ; la diplomatie culturelle argentine au Brésil durant la dictature militaire, etc.  2) Les relations bilatérales /multilatérales dans un contexte continental, ayant le Brésil ou les Etats-Unis comme axe principal. Pistes de réflexion : le ballet argentin aux États-Unis ; les tournées du théâtre populaire brésilien dans les pays américains (du Canada à l’Argentine), etc.   3)  Les relations transcontinentales entre au moins un pays américain et un pays européen, asiatique ou africain. Pistes de réflexion : la réception du ballet africain au Brésil ; les critiques d’art comme médiateurs ou formateurs de l’opinion durant la guerre froide en relation à la circulation artistique soviétique au cône Sud ; la concurrence artistique entre France et États-Unis dans la scène artistique sud-américaine. Ces pistes de réflexion ne sont pas exhaustives et peuvent donner lieu à d’autres thématiques placées autour des lieux de rencontres, des décideurs culturels ou de programmes artistiques internationaux.

Programme du Colloque international
Mercredi  27 septembre 2017

9 h 15-9 h 30 : Introduction du colloque. Peter WIRTZ (Directeur de la Recherche de l’Université de Lyon) ; Gregory LEE (Directeur de l’IETT) ; Alice PANTEL (Assesseur du Doyen de la Faculté des Langues).

9 h 30-10 h 30 : conférence d’ouverture : Vientos de cambio: arte y política en el Teatro Solis 1945-60. Daniela BOURET-VESPA (historienne, directrice du Teatro Solis – Montevideo)

10 h 40-12 h 40 : Première Table
Transferts culturels et lieux de rencontres. Modérateur : Antoine ACKER (Université de Zurich).

10 h 50-11 h 10 : Lorenzo DELGADO (Instituto de Historia CCHS-CSIC – Madrid) : « Un contrepoids européen à l’influence culturelle des États-Unis en Amérique latine. La Latinité à la veille de la Guerre froide ».

11 h 10-11 h 30 : Vanessa TESSADA (Universidad de Chile – Santiago) : « Los Círculos Culturales Femeninos Hispanoamericanos y de las Filipinas como espacios de sociabilidad cultural y educativa hispanistas. Chile y Argentina, 1950 – 1960 ».

11 h 30-11 h 50 : Olivier CHATELAN (Université Jean Moulin/LARHRA – Lyon) : « Un lieu de rencontre et une préparation insolites pour les missionnaires nord-américains en partance pour l’Amérique du Sud : le Centre de formation interculturelle d’Ivan Illich (1960-1969) ».

11 h 50-12 h 10 : Mélanie TOULHOAT (Institut des Hautes Etudes de l’Amérique Latine-IHEAL-Paris) : « Le Salon International de l’Humour de Piracicaba : lieu de circulations et de rencontres du dessin d’humour politique sous le régime militaire brésilien (1974-1985) ». Suivi d’une discussion

14 h 30-16 h 30 : Deuxième Table
La culture comme arme du pouvoirModérateur : Delphine TEMPÈRE (Université Jean Moulin – Lyon 3).

14 h 30-14 h 50 : Francisco RODRIGUEZ-JIMENEZ (Universidad de Salamanca) : « ¿La cara amable del imperio ? Sobre el Poder Blando estadounidense en Latinoamérica ».

14 h 50-15 h 10 : Pierre CRAS (Institut Catholique de Paris – ICP) : « Entre ‘politique de bon voisinage’ et films d’animation de propagande: Walt Disney s’en va-t-en guerre (1941-1948) ».

15 h 10-15 h 30 : Marita FORNARO (Universidad de la República – Montevideo) : « Estrategias artísticas del franquismo al sur de América: la construcción de una “España sin conflictos ».

15 h 30-15 h 50 : Gilberto ARANDA BUSTAMANTE (Universidad de Chile – Santiago) : « Museo de la Solidaridad como expresión de la disputa por la hegemonía cultural en el marco de la Guerra Fría ». Suivi d’une discussion.

16 h 30 : conclusion de la journée par Símele Soares Rodrigues

19 h : Amphithéâtre Malraux – Manufacture de Tabacs
Concert d’ouverture avec Maria-Paz SANTIBAÑEZ,
(Pianiste et Attachée culturelle de l’Ambassade du Chili en France)

Programme du Colloque international
Jeudi 28 septembre 2017

10 h-11 h 20 : Troisième Table
Diplomaties culturelles : acteurs et représentations artistiques. Modérateur : Kelly ALVES (Universidade Federal da Bahia).

10 h-10 h20 : Valeska ANDREA-DIAZ (Universität Bonn) : « Políticas culturales y la formalización de la tradición popular, el caso de los ballets folklóricos nacionales ».

10 h 20-10 h 40: Mauricio GOMEZ GALVEZ (Université Paris-Sorbonne/ IReMus) :  « Entre appropriation du minimalisme et diffusion de la musique latino-américaine : l’exemple de Patricio Wang, acteur majeur dans les relations culturelles entre le Chili et les Pays-Bas (1976-2000) ».

10 h 40-11 h : Monica VERMES (Universidade Federal do Espírito Santo) : « Abul de Alberto Nepomuceno em Buenos Aires: a ópera como lugar de encontro ».

11 h-11 h20 : Juliette DUMONT (Institut des Hautes Etudes de l’Amérique Latine-IHEAL-Paris): « Les relations culturelles Argentine/Brésil dans la première moitié du XXe siècle : jalons et typologie ». Suivi d’une discussion.

14 h 30-15 h 20 : Quatrième Table
Ecrire les Amériques : diffusion, réseaux, représentation. Modérateur : Antonio Acker (Université de Zurich).

14 h 30-14 h 50 : Etienne SAUTHIER (Université Sorbonne-Nouvelle/ CREDA – Paris) : « Le livre que l’Europe a fermé se rouvrira en Amérique ».

14 h 50-15 h 10 : Roberto GARCIA (Universidad de la República – Montevideo) : « Enrique Amorim, el ‘escritor comunista’. Anticomunismo y cultura en los inicios de la guerra fría uruguaya, 1947-1950 ».

15 h 10-15 h 30 : Laure ASSAYAG-GILLOT (Ecole Normale Supérieure – ENS Paris) :  « La réception de Leroi Jones en France : la représentation de Les Joies de la Vie au Centre américain en 1973 ».

15 h 30-15 h 50 : Natalia GUERELLUS (Université de Nanterre/CRILUS – Paris) : « Rachel de Queiroz e o imaginário sobre os Estados Unidos durante a Guerra Fria (1945-1975) ». Discussion.

16 h 50-17 h 40 : Cinquième Table
Les relations culturelles des Amériques : où nous en sommes ? Modératrice : Juliette DUMONT (Institut des Hautes Etudes de l’Amérique Latine-IHEAL-Paris).

Januario ESPINOSA (Nouveaux Espaces Latinos), Maria-Paz SANTIBANEZ (Pianiste et Attachée culturelle de l’Ambassade du Chili en France), Daniela BOURET-VESPA (directrice du Teatro Solís – Montevideo). 17 h 40 : Conclusion du colloque suivi d’un cocktail de clôture

Organisateurs : Université de Lyon, IETT – MILC, Université Jean Moulin – Lyon 3 / Partenaires : Ambassade du Chili, ARBRE, Association Nouveaux Espaces Latinos, Association Les curieux polyglottes. Site du colloque ici

Daniel Buren expose pour la première fois en Colombie au MAMBO de Bogota

L’artiste français, né en 1938 et considéré comme l’un des piliers de la création internationale contemporaine, présente une œuvre créée spécifiquement pour le Museo de Arte Moderno de Bogota (MAMBO), situé au cœur de la capitale colombienne. Cette initiative s’inscrit dans les nombreuses manifestations de l’Année France-Colombie.

Photo : Museo de Arte moderno de Bogota

Ce qui caractérise le travail de Buren, et son œuvre en général, est basé sur son concept de création in-situ, c’est-à-dire une pièce conçue pour être réalisée, appréciée, traversée et même détruite dans le lieu où elle a été exposée. L’aspect le plus intéressant de cette installation originelle réside dans l’intention de décomposer la lumière à travers des panneaux translucides colorés. Le jeu d’ombres et de lumières qui émanent des portiques et demi-cercles, évoquant les vitraux des églises, invite le spectateur à porter un nouveau regard sur l’architecture, où les formes, lignes et courbes sublimées par la lumière naturelle se combinent pour créer une nouvelle conception du volume de l’espace public.

Ainsi, la composition que Buren exhibe actuellement dans le musée colombien se situe dans la lignée de certaines de ses créations réalisées dans le passé, parmi lesquelles Les deux plateaux  appelée aussi « Les colonnes de Buren », sur la cour d’honneur du Palais Royal à Paris (1985/6), les rayures blanches de la place des Terreaux et du parc des Célestins à Lyon (1994) et sa récente intervention, en 2016, dans le bois de Boulogne avec l’œuvre intitulée L’Observatoire de la Lumière, sur l’enveloppe du bâtiment de la fondation Louis Vuitton (conçu par l’architecte étasunien Frank Ghery, auteur du célèbre musée Guggenheim de Bilbao).

Mentionnons aussi que si l’installation de Buren se trouve à l’extérieur du musée ; le Mambo accueille à l’intérieur de ces murs une sélection d’œuvres de la 32 Biennal de Sao Paulo, Incerteza Viva (« Incertitude Vivante »). Les œuvres des artistes Francis Alÿs, Ana Mazzei et Carolina Caycedo réinterprètent l’espace pour le déstabiliser, s’interrogeant sur son rôle physique-politique dans une société souvent considérée comme un ensemble d’individus isolés, mais qui en réalité fonctionne et évolue comme une unité vivante structurée comme un organisme. D’autres œuvres, comme Tears of Afrique (Larmes d’Afrique) de l’artiste Sebidi, rappellent l’histoire des pays colonisés par l’impérialisme et les conséquences de son influence sur leur avenir. L’installation de Daniel Buren sur le parc du Mambo s’étendra jusqu’au 7 janvier 2018, tandis que Incerteza Viva sera exposé jusqu’au premier octobre de cette année.

Eduardo UGOLINI

Site Mambo

Mé-tissages, une exposition à l’Institut Culturel du Mexique à Paris : marie l’artisanat mexicain et les tissus de haute tradition

L’Instituto cultural de Mexico à Paris propose du 8 septembre au 14 octobre prochain l’exposition Mé-Tissages – Savoir-faire ancestral, design contemporain  Exposition présentée à partir du 7 septembre àl’Instituto culturel du Mexique à Paris. Cette exposition s’inscrit dans le cadre de Mexico Design Week, la ville de Mexico a été désignée capitale mondiale du design pour 2018.

C’est dans cette dynamique que l’Institut culturel du Mexique présente, en partenariat avec Paris Design Week, l’exposition Mé-Tissages qui met à l’honneur deux entités mexicaines engagées dans la préservation et la valorisation d’un patrimoine commun, dans le respect du développement durable et équitable, à travers l’autonomisation des femmes, héritières d’un savoir-faire traditionnel fascinant ancré dans la vie contemporaine. Les tisserandes d’El Camino de Los Altos élaborent, en étroite collaboration avec les designers françaises d’El Camino, une collection textile unique, alliant design contemporain et patrimoine maya. Ces tissages, réalisés sur métier à ceinture préhispanique sont créés dans le respect du savoir-faire et des motifs traditionnels, tout en proposant un renouvellement du design, une gamme de couleurs raffinée sur coton grand teint, qui permettent d’inscrire cette collection authentique dans un marché éthique et haut de gamme. A travers ses collections, Aniza marie l’artisanat mexicain et l’excellence des tissus européens de haute tradition. Elle rassemble un savoir-faire ancestral et le design contemporain dans un esprit de simplicité et de raffinement.

Les fondatrices 

Mexicaine née en Turquie, Ana Iza Castro Valle Motteau a grandi entre la Suède et le Mexique. Elle a étudié la mode à l’école Polimoda de Florence (Italie) et obtenu son diplôme au Fashion Institute of Technology de New York. Après avoir travaillé près de vingt ans dans le monde de la mode, entre New York et l’Europe, elle vit aujourd’hui entre Paris et Amsterdam. Son amour pour son pays, sa passion pour le textile, ses convictions à l’égard des droits de l’domme et son expérience professionnelle ont donné naissance à Aniza. Ana Iza Castro Valle entourée de membres des coopératives et de représentantes de l’Organisations non gouvrnemenateles Semillas engagée dans l’évolution de la société mexicaine à travers les femmes. Portée par Véronique Tesseraud,et sept autres designers textiles françaises, El Camino de los Altos tisse un lien entre la France et le Mexique et s’est engagée dans la valorisation des savoir-faire textiles des femmes mayas qui vivent dans les Hauts-Plateaux du Chiapas, au Sud-Est du Mexique. Fondée en 1996, l’association a reçu de nombreux soutiens en reconnaissance de son action en faveur des femmes.

 

Institut Cultural de Mexico Contacts : Aniza. Voir aussi El Camino – ICM – Instituto Cultural de México, du 8 septembre au 14 octobre 2017. 119, rue Vieille-du-Temple, Paris 3e | 01 44 61 84 44 | idemexfra@sre.gob.mx – Entrée libre, du lundi au vendredi de 10h à 13h et de 14h à 18h, le samedi de 15 h à 19 h. Fermé le dimanche et les jours fériés. 
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