Archives des catégories :

Ecologie

« Cap ou pas Cap », une aventure à hauteur d’enfants pour des adultes à Saint-Fons et dans deux cités latino-américaines

Après la décevante Cop25, à Madrid, où les grands décideurs de la planète n’ont pas été capables d’esquisser une proposition face à la grave crise planétaire du réchauffement climatique, nous vous proposons une note d’espoir : une aventure menée notamment par des jeunes cherchant les mots justes pour sensibiliser les adultes.

Photo : Olga Barry

Cinq ans après la signature de la feuille de route sur les dix-sept Objectifs du Développement Durable (ODD) par les Nations Unies, ces objectifs restent malheureusement aujourd’hui trop peu connus du public. Si les questions climatiques, migratoires ou d’égalité entre les sexes reviennent souvent dans les médias pour dénoncer ou évoquer des catastrophes, qu’en est-il des expériences et des initiatives allant dans le sens de l’écologie, de la solidarité et de l’égalité ? Dans différentes parties du monde, de nombreuses expériences portent ces valeurs. C’est ce que le projet « Cap ou pas Cap » essaie de faire en sensibilisant les habitant(e)s à une meilleure compréhension de la transversalité des situations vécues dans différents pays. Mais, ce qui est intéressant dans le projet Cap ou Pas Cap, c’est que ce sont les jeunes et les enfants qui auront pour mission de sensibiliser leur entourage. 

Deux organisations de la société civile sont à l’origine de ce projet : Robin des Villes* et Apoyo Urbano**. Elles sont soutenues financièrement en partie par l’Europe. Espaces Latinos et deux de ses journalistes les accompagnent. Robin de Villes et Apoyo Urbano accompagnent le travail de jeunes dans l’élargissement de leur vision, soutiennent l’élaboration d’expressions artistiques autour des dix-sept ODD. Elles aspirent à promouvoir les liens France-Amérique latine. Pour ce faire, elles ont mobilisé des animateurs bénévoles, en service civique, envoyés sur place au Pérou et au Salvador et  assurent à distance le suivi du projet en collaboration avec les animateurs locaux. Leur but est également d’intégrer dans le projet la parole des personnes du Sud ou issues de la migration, et de participer à la relation Nord-Sud entre acteurs de territoires partenaires (El Salvador, France, Pérou). 

Dans ce magnifique projet, Nouveaux Espaces Latinos est le référent média qui assure le suivi journalistique du projet, observe son évolution dans la ville ouvrière de Saint-Fon, une commune du Rhône et en Amérique latine, et produit des articles pour en rendre compte. Le projet a été lancé àSaint-Fons, une ville de grande fragilité sociale, économique, environnementale et technologique au sein d’une métropole riche. Elle a lancé une démarche d’Agenda 2030 pour un développement durable, en cours de finalisation.

Saint-Fons est partenaire du projet « Cap ou pas cap » et facilite en ce sens le lien des jeunes à certains équipements de la ville (médiathèque, centre d’arts plastiques, centres sociaux, théâtre municipal). Ici, ce sont les enfants élus du conseil municipal de la ville et les jeunes du centre social Arc-en-Ciel qui réfléchissent ensemble à des initiatives visant à sensibiliser leur entourage.

Au Pérou, dans la communauté paysanne pauvre de Llanavia (située dans la ville de Lima subissant les effets de l’activité industrielle dont le principal est la pollution), en partenariat avec les écoles du secteur, la communauté propose des programmes de sensibilisation pour préserver l’environnement et continuer la lutte contre les violences liées au genre.

C’est aussi au Salvador, dans la ville d’Atiquizaya, chef-lieu du département d’Ahuachapán, située du côté nord de la route : cette zone présente des caractéristiques urbaines de meilleure qualité en termes de services et d’équipements à la différence de la partie sud de la ville où l’on trouve des bidonvilles. Le projet est en partenariat avec le Centre Intégral Municipal d’Art et de Culture (CIMAC) accueillant des enfants et jeunes de 4 à 20 ans. Le lieu est devenu une pépinière d’artistes où les jeunes ont accès à des nombreux ateliers artistiques. 

Dans chacun de ces trois territoires, accompagnés par les animateurs de deux organisations de la société civile, Robins des Villes et Apoyo Urbano, ainsi que par les animateurs sociaux des deux villes d’Amérique latine, les jeunes participent à ce projet. Ils ont pour mission d’abord d’apprendre et de comprendre les enjeux de ces objectifs pour un monde meilleur et durable, pour ensuite à leur tour mener l’enquête sur les questions de genre, d’égalité homme-femmes, d’homophobie, de migration et de climat. Ainsi, en invitant les jeunes à participer à des ateliers d’expression et de création, ils seront à même d’exprimer leurs points de vue, leur compréhension de ces enjeux pour ensuite pouvoir prendre le micro et la caméra et enquêter sur leur territoire. 

L’idée de ces trois différents territoires est de favoriser une ouverture par le langage interculturel et d’inciter les jeunes à être des véritables acteurs du changement, dans leur propre ville. Les ateliers sont ainsi des temps forts d’analyse et d’interprétation partant des œuvres artistiques ou journalistiques produites par les enfants et adolescents, de discussion, d’échange et de prise de parole entre une vingtaine de jeunes d’ici et de là-bas, durant six mois, d’octobre 2019 à avril 2020. 

Cette action se terminera en beauté sous la forme d’un festival international sur les Objectifs du Développement Durable (ODD), porté par les jeunes (de 9 à 16 ans), en dialogue avec les parents et voisins. Le public sera invité à découvrir ces actions, l’exposition artistique et journalistique : un journal en grand format créé et rédigé par ces jeunes journalistes en herbe. Dans l’exposition, on pourra admirer les projets issus du concours international d’idées de Cap ou pas Cap, et à la fin, pour couronner ce travail, la remise des prix. Bravo les enfants !

Olga BARRY

* Robins des Villes : association d’éducation populaire, milite pour une ville partagée. ** Apoyo Urbano : urbanisme et aménagement territorial participatif, association franco-latino-américaine. 

La COP25 vient de s’achever à Madrid et vite il faut préparer la suivante avec l’urgence d’agir pour la planète

Deux membres de notre équipe de rédaction basés en Amérique latine avaient été accrédités pour suivre à Santiago du Chili la COP25 qui, après les manifestations sociales qui touchent le pays, aura finalement lieu à Madrid sur l’accord des Nations Unies. Deux nouveaux membres, accrédités ces derniers jours, ont pu y assister.

Photo : COP25

L’accord, présenté par la ministre chilienne de l’Environnement Carolina Schmidt, a cherché à unir ses forces et son énergie afin de « restaurer » ce que l’on ne sait pas « conserver », comme l’a très bien expliqué le ministre du Costa Rica, Carlos Manuel Rodríguez Echandi : « Pourquoi sommes-nous ici ? Je vais vous le dire en partageant une conversation que j’ai eue il y a quelques années avec mes enfants. Je leur ai demandé ce qu’ils allaient faire dans le futur et ils ont répondu “de la conservation comme toi, papa“. Je leur ai dit : non, vous n’allez pas vous consacrer à la conservation mais à la restauration, car ma génération a peu accompli et c’est la grande tâche qu’ont des générations de futurs professionnels. […] De plus, nous pouvons arrêter la déforestation tropicale demain, mais si nous ne restaurons pas les milliards d’hectares perdus, nous n’atteindrons pas l’objectif de 1,5 (mettre une note pour expliquer : de quoi s’agit-il ??). […] Lorsque nous parlons de conservation et de restauration, qui doivent être faites le plus tôt possible, nous nous demandons tous : combien cela coûte-t-il ? Combien cela va-t-il nous coûter et où est l’argent ? Mais ce n’est pas la bonne question. Pour sûr, la question est de savoir combien cela nous coûtera de ne pas nous adapter et d’être plus résilients au changement climatique. […] Prenons le cas du Costa Rica où nous avons restauré 25 % du territoire national et où nous avons établi 100 % d’énergie renouvelable. Et devinez quoi : pendant que nous menions ces deux actions, l’économie a triplé. […] Cette restauration a été faite avec nos propres ressources, puisque le Costa Rica est le premier pays du monde tropical à avoir instauré une taxe carbone dès 1997 et, depuis lors, nous avons investi environ 500 millions de dollars dans cette restauration. […] De plus, la restauration se fait avec des systèmes relativement peu coûteux, qui comprennent le fonctionnement de la nature, basés sur les meilleures connaissances scientifiques et visant à restaurer les écosystèmes dans une perspective de développement économique ».

Un temps fort de la COP a été la conférence de presse de jeunes militants du monde entier, parmi lesquels se trouvait la déjà célèbre Greta Thunberg. Avec elle, une jeune fille chilienne de 20 ans, Angela Valenzuela, militante de Fridays for future, qui a lu une déclaration passionnante débutant par ces mots : « Les caméras du monde ne regardent pas souvent vers le sud. Et dans le cas du Chili, depuis l’annulation de la COP25 à Santiago, les médias nous ont oubliés. Des millions de personnes sortent pour une vie décente. Ce ne sont pas environ 30 pesos mais 30 ans de gouvernements démocratiques qui n’ont pas réussi à nous protéger et à répondre à nos demandes. » Puis elle a appelé à la protection des droits de l’Homme pour gérer la crise climatique et, en nous montrant l’intérieur de sa main où était peint un œil, elle nous a dit : « le Chili s’est réveillé et le monde se réveille aussi. » Elle a terminé son discours en disant que nos vies ne sont pas négociables et que notre planète n’est pas à vendre.

Ces derniers jours, nous avons assisté à de nombreux événements qui ont lieu parallèlement aux réunions de politiciens et d’autres hauts fonctionnaires. Ils présentent des projets venant de partout dans le monde, de grandes idées qui se proposent de résoudre d’énormes dilemmes, beaucoup d’études, beaucoup de travail, de grandes attentes, bref, tout ce qui nous permet de garder l’espoir que cela est encore possible.

Ensuite, dans les couloirs, les militants nous rappellent que ceux qui ont le pouvoir d’agir restent bloqués. Le marché du carbone demeure un gros obstacle… et les droits de l’Homme, même si cela semble incroyable, en est un autre.

Margarita SAWA

Après les accords de Paris en 2015, et le résultats décevantes Madrid, la suite de la COP après Madrid reste à dynamiser

Un accord historique avait été conclu à la COP21 à Paris (2015) et avait été signé par 197 pays. Cet accord avait établi les limites des émissions de gaz à effet de serre tout en définissant le cadre qui nous permettrait de maintenir le réchauffement climatique en dessous de 2°C (au-dessus de la température de l’ère préindustrielle). En même temps, il avait défini la feuille de route jusqu’à 2020, année où il doit être opérationnel.

Photo : Prensa COP25

Madrid représente donc le dernier événement avant le lancement de l’Accord de Paris. Il est donc crucial de tracer la voie pour les cinq prochaines années afin de poursuivre l’Accord. Dans les mois qui ont précédé la COP, nombreux scientifiques ont alerté sur les limites insuffisantes convenues à Paris et appellent les pays signataires à réaliser des efforts accrus pour réduire les gaz à effet de serre. Les objectifs de la COP25 ont été les suivants : Maintenir la limite du réchauffement de la planète à 1,5°C (atteindre 2°C provoquerait une catastrophe planétaire); atteindre un accord pour réduire les émissions mondiales de COde 50 % (d’ici 2030 – L’Accord de Paris fixait l’objectif de 45 %) avec un objectif de zéro émission d’ici 2050 (alors que l’Accord de Paris prévoyait zéro émission d’ici 2100); selon les équipes scientifiques, cette réduction est nécessaire car le maintien des objectifs stipulés à Paris conduirait à une augmentation de la température de 3,2°C. ; définir les mécanismes du marché du carbone. Les pays ayant des surémissions peuvent « assainir » cet excédent en achetant le déficit des pays dont les émissions sont négatives; mobiliser 100 milliards de dollars pour le Fonds vert pour le climat.

Cette COP25 a commencé dans un climat d’urgence, comme en témoigne sa devise #tiempodeactuar #timetoaction, mais avec des messages optimistes de la part du pays organisateur – le Chili – ainsi que du pays hôte – l’Espagne. Au cours de ces deux semaines, nous avons entendu les scientifiques exhorter les politiciens à prendre des décisions en présentant un paysage catastrophique (urgence climatique). Et puis cela a été le tour du secteur privé, présentant des technologies efficaces du point de vue des émissions de CO2.

Le secteur public des pays les plus développés parle d’ambition et d’inclusion (ne laissant personne derrière) tout en nuançant le message des scientifiques, en pensant au coût de la réduction des émissions. Les pays les moins avancés demandent aux pays développés des fonds pour faire face aux perturbations climatiques : la grande majorité des pays moins développés (Amérique latine, Afrique) sont des pays neutres ou même déficitaires du point de vue du carbone, mais ce sont eux qui souffrent le plus des perturbations climatiques et qui ont besoin d’argent pour s’adapter au nouveau statu quo.

Aux peuples autochtones qui expriment leur inquiétude face à l’inaction des politiciens, les médias locaux du Pérou et de l’Équateur parlent d’élargir la zone d’exploitation pétrolière en Amazonie, occupant les terres où vivent les peuples autochtones et, du même coup, décimant le plus important puits de CO2 de la planète. Enfin, au milieu de cela, les centennials du « Friday for future » soutenus par sa fondatrice Greta Thunberg s’approprient l’intérêt médiatique de la société (au grand dam des peuples autochtones).

Cependant, malgré la bonne volonté affichée des organisateurs, les solutions techniques présentées par le secteur privé, la pression médiatique de la rue, les près de 200 pays qui ont participé à la COP n’ont pas été en mesure de parvenir à un accord le dernier jour du sommet (15 décembre). Le plus grand obstacle a été le financement de cette transition. Alors que tout le monde s’accorde sur l’urgence de la situation climatique, sur les solutions qui devraient être proposées (suppression du pétrole des transports à l’horizon 2040, production d’électricité efficace, conversion des entreprises, …), ce qui n’est pas si clair, c’est comment arbitrer le marché du carbone. Après deux semaines de discussions, la planète reste toujours en attente. 

Javier DE LA PAZ
Envoyé spécial Madrid

La COP25 à Madrid sous la présidence du Chili et l’appel d’urgence sur le climat

Malgré le changement de lieu de dernière minute, les pourparlers sont toujours prévus du 2 au 13 décembre. Des représentants de pays du monde entier se préparent à négocier des règles pour les marchés internationaux concernant les émissions de carbone, à étudier le financement et à préparer le monde à la prochaine décennie d’actions cruciales pour faire face à la crise climatique.

La ministre chilienne de l’environnement, Carolina Schmidt, présidera les négociations. Elle a déclaré : « Nous devons accélérer le rythme avec des mesures concrètes ». En amont de la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique de la COP25 à Madrid, les députés veulent des actions immédiates et ambitieuses pour limiter les effets du changement climatique. Le Parlement a déclaré que l’UE devrait s’engager à réduire à zéro les émissions degaz à effet de serre d’ici 2050. Pascal Canfin (RE, FR), président de la Commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire a déclaré : « Le Parlement européen vient d’adopter une position ambitieuse dans la perspective de la prochaine COP25 à Madrid. Compte tenu de l’urgence climatique et environnementale, il est essentiel de réduire nos émissions de gaz à effet de serre de 55 % en 2030. Elle envoie également un message clair et opportun à la Commission quelques semaines avant la publication de la communication sur le Green Deal ».

Le Parlement européen a en ce sens déclaré, jeudi 28 novembre, l’urgence climatique et environnementale en Europe et dans le monde. Il demande à ce que la Commission s’assure que les propositions législatives et budgétaires répondent à l’objectif de limitation du réchauffement climatique à moins de 1,5 °C. Le Parlement demande à l’UE de soumettre sa stratégie visant à atteindre la neutralité climatique dans les meilleurs délais, et au plus tard en 2050, à la convention des Nations unies sur le changement climatique. Les députés demandent également à la nouvelle présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, d’inclure cet objectif de réduction de 55 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 dans le Green Deal européen.

Mettre en oeuvre les décisions

D’autres questions seront également sur la table comme la réelle mise en oeuvre des décisions. Les pays présents à la COP25 discuteront des détails du financement climatique pour aider les pays en développement à s’adapter au changement climatique et à réduire leurs émissions de carbone. Dans des propos rapportés par Science et Avenir, Paul Watkinson, négociateur en chef pour la délégation interministérielle française sur le climat explique : « Ce n’est pas l’Accord de Paris qui manque d’ambition, mais c’est sa traduction dans la réalité dans les différents pays qui en manque »(1).

De nouvelles études montrent que les pays ne mettent pas en place les actions pour atteindre les objectifs. Pour le moment, seuls 68 pays ont affirmé qu’ils prendraient davantage d’engagements d’ici à 2020. Toutefois, ces pays ne représentent que 8 % des émissions mondiales. Pourtant, il faudrait réduire les émissions de gaz à effet de serre de 7,6 % par an dès 2020 jusqu’à 2030 pour limiter le réchauffement à +1,5°C. Aucune action ne laisse penser que les émissions de CO2commencent à ralentir, en particulier celles générées par les énergies fossiles.

Malgré la présence de nombreux États à la COP25, le président Donald Trump a informé la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), le 4 novembre 2019, que les États-Unis se retireraient de l’Accord de Paris. Les diplomates américains feront partie des négociateurs mais probablement pour la dernière fois. Les États-Unis devraient être officiellement retirés de l’Accord le 4 novembre 2020, moins d’une semaine avant le début de la COP26 à Glasgow, en Écosse. Une délégation américaine sera toujours invitée à assister à la conférence mais pas à négocier, à titre officiel, l’avenir de l’Accord de Paris.

CONSO-GOBLE

En décembre prochain vingt mille participants sont attendus à la COP 25 au Chili

Du 2 au 13 décembre, le Chili tiendra la vingt-cinquième Conférence mondiale sur le climat à Santiago de Chili. D’après le sous-secrétaire de l’Intérieur Rodrigo Ubilla, l’événement attend une fréquentation de plus de vingt mille participants internationaux et d’environ cent mille participants chiliens aux activités du forum sur l’environnement.

Photo : Climate Chance

Différents fonctionnaires de l’État seront mobilisés tout au long de la conférence afin d’assurer la sécurité. Le ministère de la Santé, les carabiniers, la police judiciaire et les douaniers y seront notamment présents. « Sept commissions surveilleront la conférence pendant les vingt jours de son déroulement avec des standards de sécurité » affirme Ubilla. Celui-ci a également déclaré que le Chili est un pays qui subit régulièrement des catastrophes naturelles telles que les tremblements de terre ou les éruptions volcaniques. Les délégations internationales seront donc informées des risques liés à ces phénomènes. « Le Chili est prêt » a-t-il affirmé. Les services publics de santé seront également prévus en cas d’épidémies spéciales.

Par ailleurs, le Chili promet d’avancer dans la protection des océans et de l’Antarctique en tant que pays hôte de la conférence, ainsi que dans l’électro mobilité, les énergies renouvelables, l’économie circulaire et la préservation des forêts, des écosystèmes et de la biodiversité. D’ailleurs, le président chilien, Sebastián Piñera, a déclaré en juin qu’il mènera un plan de fermeture de huit centrales à charbon pour 2024 et leur retrait total pour 2040 afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Il souhaite encourager la production d’énergies renouvelables.

De plus, pour encourager les alternatives écologiques et durables, trente-six jeunes européens se rendront à la Conférence à Santiago de Chili en passant par la mer. Leur voyage durera sept semaines. Cette initiative sera subventionnée par le Ministère néerlandais des transports, des travaux publics et de la gestion des eaux ainsi que par la compagnie ferroviaire ProRail. Ils partiront de Scheveningen aux Pays-Bas le 2 octobre et arriveront à Rio de Janeiro à bord d’un voilier. Ils finiront le trajet en bus jusqu’à Santiago. 

Le Chili tend à être le pays à neutralité carbone d’ici 2050 et, de la même manière, à utiliser l’énergie électrique dans la totalité du transport public d’ici 2040 au lieu de 2050. 

Andrea RICO

Sept pays d’Amérique latine s’engagent à protéger l’Amazonie. Et la France ?

La Colombie, le Brésil, la Bolivie, l’Équateur, le Pérou, la Guyane et le Surinam ont signé un pacte pour la protection de la plus grande forêt tropicale au monde, lequel prévoit une surveillance par satellite et une intervention coordonnée en cas de sinistre. A l’occasion du sommet du G7, la France s’est mobilisée et a rassemblé les moyens de l’État et les aides offertes par le secteur privé, notamment le groupe de luxe LVMH et la Fondation Airbus.

Photo : GEO

Sept pays amazoniens ont signé vendredi un pacte pour la protection de la plus grande forêt tropicale au monde, lequel prévoit une surveillance par satellite et une intervention coordonnée en cas de sinistre, en réponse aux récents incendies qui ont ravagé des milliers de kilomètres carré de forêt. Colombie, Brésil, Bolivie, Équateur, Pérou, Guyana et Surinam sont parties prenantes de cet accord. Le Venezuela, qui n’avait pas été invité, et la France, dont le territoire d’outre-mer de Guyane compte aussi une vaste superficie amazonienne, manquaient à l’appel. Le président colombien Ivan Duque, hôte du sommet dans la ville de Leticia, a indiqué qu’il s’agissait d’un « mécanisme de coordination » et que les pays se réuniraient de nouveau lors de la conférence des Nations unies sur le climat en décembre.

« Nous signons un pacte, le Pacte de Leticia, pour nous organiser, travailler de façon harmonieuse sur des objectifs communs (…) qui nous engagent et nous poussent à protéger notre Amazonie », a déclaré le président colombien Ivan Duque, qui avait convoqué cette réunion en urgence avec son homologue péruvien Martin Vizcarra.

Durant le sommet de vendredi, auquel il a participé par visioconférence, le président brésilien Jair Bolsonaro a déclaré que ce pacte constituait une réaffirmation de la souveraineté de chacun des pays amazoniens. Il a dénoncé le mois dernier des « interférences » étrangères sur la question de l’Amazonie, ciblant particulièrement Emmanuel Macron avec lequel il s’est livré à une guerre de mots qui a viré à la crise diplomatique. « Nous devons prendre une position ferme de défense de la souveraineté afin que chaque pays puisse sur son territoire développer la meilleure politique pour la région amazonienne, et ne pas la laisser aux mains d’autres pays », a-t-il expliqué lors d’une vidéo-conférence depuis le Brésil.

Et la France ?

En dépit de son absence, la France participe aussi à la lutte contre les incendies en Bolivie. Après les décisions prises par le président Emmanuel Macron à l’occasion du sommet du G7, la France s’est mobilisée et a rassemblé les moyens de l’État et les aides offertes par le secteur privé, notamment le groupe de luxe LVMH et la Fondation Airbus. Les ministères de l’Europe et des Affaires étrangères (centre de crise et de soutien) et de l’Intérieur (sécurité civile) ont uni leurs moyens humains, budgétaires et logistiques afin de constituer une aide opérationnelle en direction de la Bolivie, à sa demande.

D’après La Tribune

WWF publie son rapport annuel : « Planète vivante », règne animal agonisant, terre épuisée

La terre se dirige vers un *burn-out*. La nature se meurt. L’indice planétaire des eaux douces montre une diminution de 83% par rapport à 1970. Le déclin vertigineux des populations d’espèces sauvages – une baisse de 60% en à peine plus de quarante ans – est une illustration sinistre, voire peut-être même l’indicateur ultime, des pressions que nous exerçons sur notre planète. Ce rapport a été repris du site de l’Agence latino-américaine d’information (ALAI).

Photo : WWF

Telles sont quelques-unes des conclusions du Rapport Planète Vivante 2018, publié la dernière semaine d’octobre par le WWF (World Wildlife Fund), une ONG environnementale comptant plus de 5 millions de membres et un réseau mondial actif, présent dans une centaine de pays.

Situation critique, changements drastiques

Ce document, préparé avec le soutien de l’Institut de zoologie de la Société zoologique de Londres, révèle non seulement une radiographie planétaire mais présente également des propositions.Il appelle à définir un nouvel «accord mondial pour la nature et les peuples»… qui aborde les questions cruciales de l’alimentation de la population mondiale croissante, de la limitation du réchauffement à 1,5° et de la restauration de la nature. Il prend comme cadre les Objectifs de Développement Durable, l’Accord de Paris et la Convention sur la diversité biologique, qui devront être évalués et révisés dans les années à venir.

De plus, WWF – de concert avec un consortium de près de 40 universités et organisations de conservation et intergouvernementales – prévoit de lancer un projet de recherche intitulé «Inverser la courbe de la perte de biodiversité». Cette analyse critique, explique WWF, inclura la biodiversité dans l’élaboration de systèmes futurs, nous aidant à déterminer les meilleures solutions globales et collectives et à comprendre les répercussions que nous devrons accepter afin de trouver la meilleure voie à suivre.

Pour WWF, peu de gens ont l’occasion de participer à de véritables transformations historiques. Cette opportunité est la nôtre. Nous avons devant nous une fenêtre d’action qui se referme rapidement et une occasion sans précédent d’entrer dans l’année 2020. Il souligne le grand dilemme encore non résolu : «nous pouvons être les fondateurs d’un mouvement mondial qui change notre relation avec la planète», garantissant un avenir à toute vie sur Terre, ou «nous pouvons être la génération qui a eu sa chance et qui est restée sans rien faire, laissant la Terre disparaître».

Le document, publié le 30 octobre dernier, introduit une importante clarification conceptuelle : l’agenda de la conservation de la nature ne concerne pas seulement l’avenir des tigres, pandas, baleines et toute l’extraordinaire diversité de la vie. C’est beaucoup plus que cela : les auteurs expliquent que «il n’y aura pas d’avenir sain, heureux et prospère pour les habitants de la planète si le climat est déstabilisé, si les océans et les rivières sont épuisés, si les sols sont dégradés et si les forêts ont disparu, le tout dépouillé de biodiversité, ce tissu vital qui nous soutient tous». Un nouveau pacte entre l’homme et la nature signifie assurer une transition vers une société qui neutralise les émissions de carbone, arrête et supprime la perte de la nature, souligne le rapport.

Production mondialisée, consommation effrénée

La critique du système productif mondialisé actuel n’est pas un élément secondaire du Rapport Planète Vivante. Toute activité économique dépend en fin de compte des services fournis par la nature, dont la valeur est estimée à près de 125 000 milliards de dollars par an.

«La consommation humaine effrénée est le moteur des changements planétaires sans précédent dont nous sommes témoins, en raison de la demande accrue d’énergie, de terres et d’eau. Le rapport attire l’attention sur le fait que « seulement un quart de la surface de la terre est vraiment libre de l’impact des activités humaines ». D’ici à 2050, si la tendance productiviste et consumériste actuelle se poursuit, ce pourcentage ne sera plus qu’un dixième de la planète sans impact de l’être humain.»

La réalité des écosystèmes marins et d’eau douce en est un exemple. Depuis 1950, selon le WWF, près de 6 milliards de tonnes de poissons et d’invertébrés ont été extraits des océans. Dans le même temps, des pollutions plastiques ont été détectées dans tous les principaux milieux marins du monde.

Le WWF souligne encore que nous vivons actuellement «la Grande Accélération» – un événement unique durant les 4,5 milliards d’années de l’histoire de notre planète – avec l’explosion démographique et la croissance économique qui ont entraîné des changements mondiaux sans précédent en termes de demande accrue en énergie, en terres et en eau.

Le phénomène est si fort, souligne le document, que de nombreux scientifiques pensent que nous entrons dans une nouvelle ère géologique, l’Anthropocène. Les bienfaits de la Grande Accélération pour l’humanité ont été rendus possibles grâce à la nature. En l’absence de systèmes naturels sains, «nous devons nous demander si le développement humain sera possible dans le futur».

World Wildlife Fund

https://www.alainet.org/fr/articulo/196297

Articles par mois

Articles par catégorie