Louis Matute dévoile « Dolce Vita », voyage jazz entre histoire, identité et introspection

Louis Matute, jeune prodige de la guitare, revient avec « Dolce Vita », un album inspiré par l’histoire de sa famille paternelle au Honduras et mêlant des influences brésiliennes, du jazz, du rock caribéen et des textures sonores vintage. Le musicien valaisan grandi à Genève explique que cet enregistrement est né de sa volonté de comprendre les influences latino-américaines qui parsèment sa musique. « Il y a toujours eu des bribes de mélodies qui évoquent l’Amérique latine », confie-t-il ainsi dans l’émission Vertigo du 5 janvier dernier.

« Dolce Vita » s’articule autour d’événements marquants de l’histoire hondurienne, notamment le départ précipité de sa famille de Tegucigalpa en 1962, pour donner suite à un coup d’État. Louis Matute explique : « Mon grand-père s’opposait à l’impérialisme américain et à l’expansion de la United Fruit Company. » Cette entreprise, devenue Chiquita, a marqué l’économie des « républiques bananières », terme désignant des pays dont l’économie repose sur un seul produit d’exportation. « C’est une chance de pouvoir raconter cette histoire à travers la musique », estime Louis Matute.

Parmi les morceaux de l’album où l’histoire joue un grand rôle, « Santa Marta » rend hommage aux victimes du massacre des bananeraies en Colombie en 1928. Le cinquième album de Louis Matute se distingue également par ses collaborations, notamment avec la chanteuse brésilienne Joyce Moreno. Il décrit cette collaboration comme une « amitié scellée en musique ». Il s’est entouré aussi de talents comme Gabi Hartmannou le rappeur genevois Rico TK, apportant une diversité vocale à son projet. La création de « Dolce Vita » dans les studios parisiens La Frette où ont enregistré Feist, Arctic Monkeys, Fontaines D.C. ou Nick Cave a permis à Matute de s’ouvrir à de nouvelles méthodes de composition. « Il y a beaucoup plus d’espace pour le groove et le son », explique-t-il, soulignant la production soignée apportée à ce voyage à la fois introspectif, historique et identitaire.