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13 janvier 2020

Le roman « Fugue mexicaine » de Chloe Aridjis fille de l’écrivain et diplomate Homero Aridjis

À 17 ans Luisa, étudiante plutôt sérieuse, a quitté la demeure familiale pour suivre Tomás, un garçon qu’elle connaît à peine, fascinée plus que séduite par ce jeune homme original. Elle est la fille d’un professeur parfois un peu pesant et d’une mère traductrice un peu trop absente. On est en 1988, trois ans après le tremblement de terre qui a détruit des quartiers entiers de Mexico et laissé presque intacte la petite maison occupée par la famille. Comment Luisa a-t-elle franchi le pas ?

Photo : the-tls

La plage de la côte pacifique au bord de laquelle elle traîne peut passer pour un de ces « endroits paradisiaques » que vantent les agences de voyages, elle peut aussi sembler menaçante : ses courants à drapeaux rouges, son nom même, dont on a oublié la véritable étymologie, Plage des Morts ou Lieu à papillons ? Luisa n’arrive pas à se faire une idée. Elle en est au même point que Tomás qui l’a entraînée là. Les eaux du Pacifique sont-elles pures ? Renferment-elles des monstres ? Ressemblent-elles à celles de Cythère qui, elles, on le sait, renferment des statues grecques échouées lors d’un naufrage il y a des milliers d’années ? Et ces nains ukrainiens dont les journaux ont parlé sont-ils tout à côté de ce couple bizarre que forment, ou ne forment pas, Luisa et Tomás ?

Pour la jeune fille, rien n’est fixé, solide. Les phrases, souvent poétiques, de Chloe Aridjis, donnent ce vertige doux, doucement coloré, qui permet au lecteur de partager les doutes de Luisa, la plongée qui pourrait être brutale dans une soirée de lutte libre (mais n’est-on pas dans les jeux de la Rome antique ?) ou dans une discothèque mexicaine branchée (qui n’est pas loin de l’orgie romaine) en sont des exemples.

À travers ces images si fortes, l’auteure crée un tableau hyperréaliste de la petite bourgeoisie mexicaine de ces années 1980. Le désenchantement est partout, la mort est proche, overdose d’une fille, agression nocturne d’un prostitué, envie de vivre réduite à presque rien. Alors quel rôle peut avoir Tomás dans la vie de Luisa ?

Il n’y a rien de mieux qu’un séjour à deux pour découvrir l’autre, surtout si c’est un presque inconnu, mais aussi, peut-être pour se découvrir soi-même. La découverte, des êtres humains, des lieux, des atmosphères, est par essence double, les hésitations de Luisa en sont le reflet, et Chloe Aridjis le montre puissamment en mêlant poésie, étrange, naïveté, celle de l’adolescente, et éventuelle rouerie, celle de Tomás, dont le côté fuyant ne reflète que le ressenti de Luisa.

Le ressenti de Luisa, c’est justement ce que nous avons sous les yeux, elle est troublante, cette fille paumée et volontaire, attirante et décourageante, qui expose avec pas mal de candeur ses hésitations. Pourquoi cette fugue ? Trouvera-t-elle la réponse ? La découvrirons-nous à son insu ?

« Au maximum c’était la moitié d’une histoire », conclut Luisa vers la fin du roman. Mais pour le lecteur, l’histoire est bien complète, riche, subtile. Chloe Aridjis, la fille d’Homero Aridjis, grand écrivain mexicain et d’une mère nord-américaine, qui écrit pour le moment en anglais, est en train de se faire un solide nom dans les Lettres, américaines ou mexicaines puisqu’elle domine les deux langues et les deux civilisations.

                                                                                                       Christian ROINAT

Fugue mexicaine de Chloe Aridjis, traduit de l’anglais par Antoine Bargel, éd. Mercure de France, 175 p., 21 €.

Le Venezuela dans son labyrinthe avec deux présidents de l’Assemblée nationale

La semaine du 6 janvier 2020 a été tumultueuse au Vénézuela avec l’élection de deux présidents de l’Assemblée nationale. Le chaos institutionnel prend une ampleur inégalée et semble sans limites. La situation n’est pas facile à lire et ne prête pas à rire. Pourtant, l’un des deux présidents de la République, Nicolás Maduro, parle de « show », de spectacle monté, de clownerie quand, dans le monde réel, le pays est ruiné, frappé de pénuries, fui par des millions de ses ressortissants et livré à une dérive dictatoriale.

Photo : La Stampa

Il y avait déjà deux présidents de la République : d’une part, Nicolás Maduro, héritier du défunt Hugo Chávez (1999-2013), depuis l’élection de 2018 qui lui a permis de se maintenir au pouvoir après un premier mandat et, d’autre part, Juan Guaidó, représentant de l’opposition qui considère « frauduleuse » la présidentielle de 2018. Le 23 janvier 2019, M. Guaidó, fort de son élection à la tête de l’Assemblée, s’autoproclamait président par intérim du pays en s’appuyant, selon lui, sur la Constitution. Près de soixante États, dont la France et l’Union Européenne, ont reconnu la légitimité de Juan Guaidó. Pourtant, un an plus tard, Maduro est toujours en place et Guaidó privé de perspectives. L’atout de Maduro est la force : il a le soutien de l’armée – clef de voûte du système politique vénézuélien – et de ses alliés chinois, russe et cubain.

Le Vénézuela comptait aussi deux assemblées nationales avec la création d’une assemblée constituante, formée des seuls chavistes. Dans la pratique, depuis 2017, la constituante effectue le travail législatif et l’œuvre constituante reste, pour le moment, introuvable. L’Assemblée nationale n’a plus aucun pouvoir. Présidée par Juan Guaidó, toutes ses décisions sont frappées de nullité par la Cour suprême assujettie au pouvoir. 

Dans ce panorama, même la force symbolique de Juan Guaidó resterait gênante. Le « show » évoqué par le président Maduro s’est déroulé le dimanche 6 janvier 2020 pour l’élection au perchoir de l’Assemblée nationale. La bataille s’est faite autour de deux personnages politiques : l’opposant Juan Guaidó, donc, et l’opposant de l’opposant : Luis Parra. C’était un élu d’opposition, qui s’est autoproclamé président de l’Assemblée le 6 janvier et qui a convoqué une séance dans l’hémicycle le mardi 8 janvier avec l’appui… des députés chavistes. Juan Guaidó et ses alliés ont dénoncé un « coup d’État parlementaire » et ont organisé une séance parallèle au siège du journal d’opposition El Nacional, car empêchés d’accès au Parlement par la police et l’armée. Cent députés (sur 167) lui ont apporté leur suffrage et Juan Guaidó a été réélu le 6 janvier. L’Assemblée compte désormais deux présidents. Le 8 janvier, deux sessions ont eu lieu dans cette enceinte sans pouvoir : l’une présidée par Parra et l’autre par Guaidó. Ce dernier a pu en effet forcer les barrages militaires et policiers autour du Parlement plongé dans l’obscurité suite à une coupure d’électricité.

Qui est Luis Parra ?

C’est un élu d’opposition en rupture de ban avec Juan Guaidó et qui a le soutien du président vénézuélien Nicolas Maduro. Par contre, il n’a pas l’appui de son parti Primero Justicia.  Il en a été récemment exclu après qu’un site internet l’a accusé d’avoir reçu des pots-de-vin, comme nombre d’autres parlementaires de l’opposition. Il est maintenant un président d’une assemblée sans pouvoir, autoproclamé sans quorum ni vote formel. Évidemment, ses anciens collègues de Primero Justicia dénoncent des manœuvres obscures que Maduro s’est empressé de corroborer en reconnaissant immédiatement la légitimité de Parra, hors toute légalité. La corruption n’est pas la seule arme du pouvoir. Selon l’opposition, 27 députés d’opposition sont en exil et 29 autres mis en examen en dépit de leur immunité parlementaire.

Quoi de neuf ?

Ce qui semble être une farce a été dénoncé par la “communauté internationale” : elle ne reconnaît aucune légitimité à Parra et dénonce ses tentatives d’affaiblir l’opposition parlementaire avec l’aide du pouvoir. Les actes d’obstruction de la police et parfois la violence aux abords du Parlement n’ont pas été seulement exercés à l’endroit de Juan Guaidó et de ses soutiens : des diplomates européens et japonais, et des journalistes qui comptaient assister à la séance du mardi ont été également pris pour cible par des « colectivos » (milices au service de Maduro) et certains « durement frappés », a indiqué une source diplomatique sous couvert d’anonymat. Cela est inhabituel, non pas pour les journalistes, mais pour les diplomates.

Sans surprise, les alliés régionaux, Brésil et Colombie en particulier, ont renouvelé leur appui à Guaidó

Par contre, est nouvelle la position distanciée de l’Argentine et du Mexique et leur alignement sur les positions des alliés internationaux de Guaidó, ce que les États-Unis se sont empressés de souligner positivement. Le délégué américain pour le Venezuela, J. Abrams, a résumé la situation en ces termes : «  l’Argentine a dit que ce qui s’est passé est inacceptable et le Mexique que le fonctionnement démocratique est fondamental » . L’isolement régional du Venezuela s’accroît.

La popularité de Maduro semble faible (10 à 12%), son isolement international grandissant et les perspectives économiques restent malheureusement catastrophiques malgré un espoir de réduction de l’inflation de 1 000 000 % à 200 000 %. Au même moment, l’opposition est fragilisée par quelques dissidences conquises par les chavistes grâce, selon les partisans de Guaidó, à des pots-de-vin millionnaires en dollars. La solution politique à cette crise d’une extrême gravité semble très éloignée.

La corruption et l’insécurité étaient deux fléaux que le Venezuela connaissait au temps de la manne pétrolière et avant les victoires électorales éclatantes de Chávez.  Ils n’ont pas été résolus après plus de deux décennies de chavisme. Aujourd’hui, certains perçoivent même une aggravation de ces problématiques liées au marché de la drogue. S’y ajoute un troisième fléau : la pauvreté (87 %) et l’extrême pauvreté (61,2 %) analysées par une étude inter-universitaire (UCAB-UCV-USB, ENCOVI, 2017 et 2018). Dans l’obscurité où se trouve le Venezuela aujourd’hui, l’héritage mériterait d’être réévalué même si cet exercice est complexe.

Maurice NAHORY

Pérou 2020 : une année cruciale sous la houlette du président réformateur Martín Vizcarra

À l’aube d’une campagne électorale marquée par des réformes inédites visant à démanteler l’ancien système de corruption organisé, Martín Vizcarra poursuit son héroïque croisade contre les vrais responsables de la crise.

Photo : perureports.com

Après cinq présidents impliqués dans des affaires de corruption et d’autres cas qui englobent le pouvoir judiciaire et les partis politiques, on pourrait croire que le but que Martín Vizcarra s’est fixé relève de l’utopie. Grattez un peu et dans chaque politicien vous trouverez la corruption, selon le dire des péruviens.  Mais le remède à la maladie profonde qui ronge la classe politique depuis des décennies ne peut venir, selon le chef de l’État, que d’un nettoyage généralisé des institutions afin de garantir à tous leurs droits dans une démocratie responsable. 

L’idée formulée, et mise en place par l’actuel président est une véritable réforme politique et sociale dans le plus strict sens du terme : « Corriger, ramener à la vertu, rétablir une règle, une discipline, un système qui s’est corrompu ». Et pour preuve, l’entreprise brésilienne Odebrecht a reconnu avoir distribué, entre 2005 et 2014, un total de 788 millions de dollars dans une dizaine de pays latino-américains pour remporter des contrats (dont 29 millions de pots-de-vin aux dirigeants péruviens).  

C’est donc sous ce mot d’ordre –ré-former– que la nouvelle phase du programme officiel a démarrée avec le coup d’envoi du marathon électoral de 2020. Il s’agit, en effet, d’une très longue course qui durera pratiquement toute l’année. Après une première confrontation, qui a eu lieu la semaine dernière, les candidats aux législatives du 26 janvier auront l’occasion d’exposer encore deux fois leurs programmes, le jeudi 16 janvier et le dimanche 19, lors de débats publics diffusés par TV Perú et les réseaux sociaux.  

Conséquence de la politique d’assainissement menée par l’actuel président,  le renforcement du système judiciaire et la lutte contre la corruption figurent parmi les axes thématiques de ces rencontres organisées par le Jury National des Élections (JNE).  Selon les sondages, sept partis pourraient dépasser le seuil de 5% des voix, parmi lesquelles AcciónPopular (AP), Fuerza Popular (FP), Alianza para el Progreso (APP), Partido Morado (PM), Somos Perú (SP) et le Frente Amplio (FA). Or, pour réussir une représentation parlementaire, la loi n° 28617 fixe ce seuil de 5% à l’échelle national ou bien l’obtention de sept sièges en plus d’une circonscription électorale.  

Rappelons que M. Vizcarra avait proposé d’anticiper les élections parlementaires et présidentielles d’un an, soit en avril 2020 au lieu de 2021. Par conséquent, le mandat actuel des députés, ainsi que son propre mandat, prendra fin le 28 juillet prochain. C’est lui-même qui l’a annoncé, dans son message à la nation, le 28 juillet 2019, à l’occasion du 198eanniversaire de l’indépendance du Pérou. En outre, il a précisé, et à plusieurs reprises, qu’il ne serait pas candidat à la prochaine élection présidentielle.

Or, quelles sont les possibilités de réussite du plan Vizcarra en matière économique ? Selon les estimations de l’ex-ministre Jorge Gonzalez Izquierdo, si le président réussit à stabiliser la situation politique, afin de relancer les investissements, le PIB pourrait atteindre plus de 4% de croissance pour cette année. Toutefois, la situation est particulièrement délicate à cause des réformes structurelles engagées par l’actuel gouvernement. Et l’économiste renommé tire la sonnette d’alarme : « l’instabilité politico-institutionnelle est un obstacle majeur surtout pour les investisseurs privés, mais aussi pour l’augmentation de la consommation et la productivité des entreprises. Ce sont là des variables très importantes pour la bonne santé de l’économie. »

Dans cette perspective, le coût des réformes risque de peser lourdement en particulier en ce qui concerne la Sécurité Sociale. Mais sur ce point Martín Vizcarra s’est montré rassurant en annonçant que « 2020 sera l’année de l’universalité sanitaire ». Il a également affirmé, lors d’une visite à Cuzco pour l’habilitation d’un hôpital situé dans le village de Machu Picchu, que son gouvernement prévoit une aide aux quatre millions de péruviens qui n’ont pas accès à une assurance ou à un service de santé.

Pendant ce temps, une information venue du parti de l’opposition est susceptible de faire basculer les urnes en faveur de l’actuel projet présidentiel : Keiko Fujimori, la cheffe de Fuerza Popular (droite populiste) a annoncé son retrait de la vie politique. La fille de l’ex-président Alberto Fujimori était en tête des sondages avant le scandale Odebrecht. « Je vais suspendre mes activités parce que ma priorité est et sera toujours ma famille, et nous allons faire face à ce processus avec toute la famille », et elle se dit « inquiète pour (ses) deux filles ». Selon la justice, Keiko (« fille bénie » en japonais) aurait financé une partie de la campagne présidentielle de 2011 avec de l’argent versé par le géant brésilien du bâtiment. Elle avait été arrêtée en octobre 2018 à la demande du parquet péruvien, accusée d’avoir organisé « un stratagème pour commettre un crime » et d’avoir « blanchi » de l’argent illicite. En décembre dernier, après treize mois de détention provisoire, la Cour constitutionnelle péruvienne a ordonné sa remise en liberté mais elle fait toujours l’objet d’une enquête judiciaire.

L’absence de Keiko Fujimori dans l’arène électorale a suscité beaucoup d’interrogations. Mais pour Martha Chavez cette décision est largement justifiée. Selon la candidate qui mène actuellement la liste de Fuerza Popular au Congrès, Keiko n’a pas eu le temps de préparer sa campagne, c’est pour cette raison qu’elle a décidé de faire « une pause car elle vient d’être libérée après avoir été en prison injustement pendant un an et sans une accusation formelle. » 

Par ailleurs, Martha Chavez est persuadée que le Fujimorisme « a une identité propre et que tous les candidats sont conscients que le Pérou joue son avenir dans cette courte période d’élections. » Ce qui permet d’affirmer que 2020 marquera sans doute une date charnière dans l’histoire du pays andin. C’est une actualité qui mérite d’être suivie de près, car l’enjeu est considérable et le défi sans précèdent. Pour l’instant, la grande question reste ouverte sur le projet en apparence utopique de Martín Vizcarra. Réussira-t-il à poser des bases solides pour que l’objet de ses réformes ne reste pas un pays imaginaire où un gouvernement idéal règne sur un peuple heureux ?

Eduardo UGOLINI

L’auteur argentin José Emilio Burucúa à la Maison de l’Amérique latine de Paris

La Maison de l’Amérique latine de Paris propose ce jeudi 16 janvier à 19 h., une rencontre avec l’auteur argentin José Emilio Burucúa né à Buenos Aires en 1946, est un des grands historiens latino-américains. Historien de l’Art, critique et écrivain. Il sera en compagnie de Roger Chartier et de Antonella Romano.

Photo : Univ-Nantes

José Emilio Burucúa, né à Buenos Aires en 1946, est un des grands historiens latino-américains. Historien de l’Art, critique et écrivain, son œuvre magistrale porte entre autres sur l’histoire de la perspective et sur les relations entre les images et les idées, sur l’histoire du rire dans l’Europe de la Renaissance mais aussi sur le mythe d’Ulysse. Enciclopedia B-S publié en 2019 est un livre total, où mémoire, histoire, analyse politique et récits de voyages se conjuguent entre la guerre et la paix. Roger Chartier est professeur honoraire au Collège de France. Le rencontre sera animée par Antonella Romano , directrice d’études à l’EHESS.

MAL217- SITE

Le « Cannes du court métrage » à Clermont-Fd. avec toujours une belle présence latino-américaine

Le Festival du court métrage de Clermont-Ferrand est aujourd’hui la plus importante manifestation cinématographique mondiale consacrée au court métrage. En termes d’audience et de présence professionnelle, c’est le deuxième festival de cinéma en France après le festival de Cannes. Il se tiendra cette année du 31 janvier au 8 février 2020.

Photo : Visuel de l’édition 2020

Le visuel de l’édition 2020 du Festival du court métrage de Clermont-Ferrand a été réalisé par l’illustratrice portugaise Susa Monteiro, qui nous avait fait l’honneur d’y participer en février dernier en tant que membre du jury international. À travers cette projection à multiples niveaux, il rend hommage à la fois aux grands classiques du cinéma, au festival comme fenêtre ouverte sur le monde, mais aussi et surtout à son public, qui fait battre le cœur de l’événement depuis plus de quarante ans. Cette juxtaposition de représentations de soi et du monde qui se confondent dans cette cour d’immeuble devenue intime laisse naître une nouvelle réalité partagée qui permettra à chacun d’y projeter ses propres rêves, ses fantasmes et ses espoirs. Car c’est aussi cela, le cinéma : un miroir tendu au public.

La compétition internationale est le lieu de rencontre et de croisement des différents horizons constituant la richesse du court métrage mondial. Chefs-d’œuvre de l’animation, documentaires, comédies, réalités contemporaines, films de genre, travaux de fin d’études des meilleures écoles du monde vous entraînent vers des univers dont seule la jeune création cinématographique a le secret. Laissez-vous aller, dépaysement assuré.

Inscrire son film à Clermont-Ferrand c’est, non seulement, tenter sa chance dans une compétition recherchée mais c’est aussi, de facto, lui donner une visibilité, de manière automatique et gratuite, jusqu’au marché du film court où se rencontrent 3500 professionnels.

Avoir son film à Clermont-Ferrand, c’est participer à la plus belle aventure qu’un film puisse connaître. Les professionnels qui l’ont vécue, dans les salles pleines et enthousiastes du festival, sont unanimes à ce sujet. Bienvenue !

La compétition Labo : on s’y bouscule pour découvrir des œuvres détonantes, littéralement hors du ton. Croisements inattendus, regards originaux, art consommé du risque, le Labo clermontois ouvre ses portes aux plus curieux d’entre vous. Venez vite vous exciter et vous enivrer d’expériences que nos cinéastes fous d’images et de sons nous ont concoctées.

Texte adapté de la page officielle
du Festival de Court-Métrage de Clermont-Ferrand

La réalisatrice Bani Khoshnoud présente le film «  Luciérnagas » à l’Instituto de Mexico le 15 janvier à 19 h 30

Bani Khoshnoudi (1977, Téhéran, Iran) est une réalisatrice et artiste qui travaille le documentaire et la fiction, ainsi que des formats d’installation audio et vidéo. Luciérnagas est son troisième long-métrage. Il sera présenté en avant première ce mercredi 15 janvier.

Photo : Allociné

La réalisatrice Bani Khoshnoudi s’installe aux États-Unis pendant la révolution de 1979. Cinéaste, artiste visuelle et auteure, elle puise son inspiration dans la photographie et l’architecture avec des thématiques en lien avec la révolution, la modernité et son impact sur la mémoire, l’exil et l’immigration. Elle a fait ses études à l’Université du Texas, a vécu en France pendant dix ans et depuis 2009 habite dans la ville de Mexico. Elle a réalisé le court-métrage Transit en 2004, le documentaire A people in the shadows en 2008, son premier long-métrage de fiction Ziba en 2012, The silent majority speaks en 2014, et le film expérimental Transits: Nuestros trazos, nuestra ruina en 2016, qui ont tous reçu de nombreux prix.

Synopsis

Quand Ramin embarque clandestinement sur un cargo quittant la Turquie, il ne s’attend pas à se retrouver à Veracruz au Mexique. Jeune homme gay persécuté en Iran, il espérait pouvoir rejoindre l’Europe. Maintenant qu’il est à l’autre bout du monde, il cherche à revenir en arrière, supportant mal d’avoir laissé derrière lui son petit ami et son passé. Il éprouve des sentiments paradoxaux, oscillant entre la nostalgie et la découverte d’un nouvel environnement plus clément. Pour gagner un peu d’argent, Ramin enchaîne les petits boulots précaires avec d’autres migrants. C’est là qu’il va rencontrer Guillermo, un ancien membre de gang venant du Salvador, obligé de fuir son pays, unique moyen pour lui d’échapper à son passé violent, avec lequel il noue une relation ambiguë. Ici à Veracruz, ils partagent la solitude de leur déracinement à travers des moments d’intimité inattendus. Ne manquez pas cette sortie !

Luca DI PIETRO

Luciérnagas de Bani Khoshnoudi (Mexique, Grèce, États-Unis, République Dominicaine), 1 h 28 min, avant première l’Instituto de Mexico à Paris. Sortie en France le 22 janvier 2020.

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