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2 décembre 2019

La COP25 à Madrid sous la présidence du Chili et l’appel d’urgence sur le climat

Malgré le changement de lieu de dernière minute, les pourparlers sont toujours prévus du 2 au 13 décembre. Des représentants de pays du monde entier se préparent à négocier des règles pour les marchés internationaux concernant les émissions de carbone, à étudier le financement et à préparer le monde à la prochaine décennie d’actions cruciales pour faire face à la crise climatique.

La ministre chilienne de l’environnement, Carolina Schmidt, présidera les négociations. Elle a déclaré : « Nous devons accélérer le rythme avec des mesures concrètes ». En amont de la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique de la COP25 à Madrid, les députés veulent des actions immédiates et ambitieuses pour limiter les effets du changement climatique. Le Parlement a déclaré que l’UE devrait s’engager à réduire à zéro les émissions degaz à effet de serre d’ici 2050. Pascal Canfin (RE, FR), président de la Commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire a déclaré : « Le Parlement européen vient d’adopter une position ambitieuse dans la perspective de la prochaine COP25 à Madrid. Compte tenu de l’urgence climatique et environnementale, il est essentiel de réduire nos émissions de gaz à effet de serre de 55 % en 2030. Elle envoie également un message clair et opportun à la Commission quelques semaines avant la publication de la communication sur le Green Deal ».

Le Parlement européen a en ce sens déclaré, jeudi 28 novembre, l’urgence climatique et environnementale en Europe et dans le monde. Il demande à ce que la Commission s’assure que les propositions législatives et budgétaires répondent à l’objectif de limitation du réchauffement climatique à moins de 1,5 °C. Le Parlement demande à l’UE de soumettre sa stratégie visant à atteindre la neutralité climatique dans les meilleurs délais, et au plus tard en 2050, à la convention des Nations unies sur le changement climatique. Les députés demandent également à la nouvelle présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, d’inclure cet objectif de réduction de 55 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 dans le Green Deal européen.

Mettre en oeuvre les décisions

D’autres questions seront également sur la table comme la réelle mise en oeuvre des décisions. Les pays présents à la COP25 discuteront des détails du financement climatique pour aider les pays en développement à s’adapter au changement climatique et à réduire leurs émissions de carbone. Dans des propos rapportés par Science et Avenir, Paul Watkinson, négociateur en chef pour la délégation interministérielle française sur le climat explique : « Ce n’est pas l’Accord de Paris qui manque d’ambition, mais c’est sa traduction dans la réalité dans les différents pays qui en manque »(1).

De nouvelles études montrent que les pays ne mettent pas en place les actions pour atteindre les objectifs. Pour le moment, seuls 68 pays ont affirmé qu’ils prendraient davantage d’engagements d’ici à 2020. Toutefois, ces pays ne représentent que 8 % des émissions mondiales. Pourtant, il faudrait réduire les émissions de gaz à effet de serre de 7,6 % par an dès 2020 jusqu’à 2030 pour limiter le réchauffement à +1,5°C. Aucune action ne laisse penser que les émissions de CO2commencent à ralentir, en particulier celles générées par les énergies fossiles.

Malgré la présence de nombreux États à la COP25, le président Donald Trump a informé la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), le 4 novembre 2019, que les États-Unis se retireraient de l’Accord de Paris. Les diplomates américains feront partie des négociateurs mais probablement pour la dernière fois. Les États-Unis devraient être officiellement retirés de l’Accord le 4 novembre 2020, moins d’une semaine avant le début de la COP26 à Glasgow, en Écosse. Une délégation américaine sera toujours invitée à assister à la conférence mais pas à négocier, à titre officiel, l’avenir de l’Accord de Paris.

CONSO-GOBLE

« La Llorona » de Jayro Bustamante et « Los días de la ballena » de Catalina Arroyave Restrepo lauréats de la 21e édition du festival Filmar en América Latina

La 21e édition du Festival Filmar en América Latina s’est achevée de dimanche 1er décembre par la consécration du long-métrage de fiction La Llorona du cinéaste guatémaltèque Jayro Bustamante, prix du Public Focus Sud, et du film Los días de la ballena, de la réalisatrice colombienne Catalina Arroyave Restrepo, prix du Jury des Jeunes Opera Prima. Une mention spéciale a été attribuée par le Jury des Jeunes au film Perro Bomba, du réalisateur chilien Juan Cáceres.

Photo : La Llorona (Allocine)

Lauréat du prix du Public Focus Sus – cofinancé par la Fédération Genevoise de Coopération et par Helvetas -, le réalisateur guatémaltèque Jayro Bustamante, présent à la clôture du festival, a déclaré en prenant connaissance de son prix « Les films sont pensés depuis leur genèse dans le but de rencontrer le public ». Il n’y a pas de moment plus important parce que le message du film trouve son écho. Son chemin vers l’intérieur de l’être humain peut commencer. Pour le cinéma d’auteur, les prix décernés par les festivals et les professionnels sont importants car ils reconnaissent le travail, l’effort et le talent de toute une équipe. Les prix décernés par le public ne sont pas seulement réconfortants dans les mêmes aspects, ils nous disent à nous cinéastes : ‘Nous faisons partie du projet maintenant. L’histoire que vous avez partagée a été acceptée, appréciée et elle va continuer à vivre à travers nous’. Il n’y a pas de meilleur prix pour un film que celui décerné par ceux à qui il était destiné. Merci à vous public ! Merci aussi au Festival Filmar en América Latina. Au de-là d’être d’excellents curateurs et diffuseurs de notre culture, vous travaillez si fort pour nos histoires qui sont parfois difficiles à réaliser et à montrer et vous comprenez qu’elles sont toujours nécessaires et urgentes »

Dans un message vidéo, la réalisatrice colombienne Catalina Arroyave Restrepo a remercié le Jury des Jeunes. « C’est une grande joie que ce prix nous ait été donné par un jury jeune car cela en dit long sur les jeunesses actuelles qui sont unies malgré le fait qu’elles vivent dans des contextes différents, dans des pays différents, dans des situations différentes, mais cela nous concerne de la même manière. Cela résonne avec ce qui se passe actuellement en Amérique latine. Nous sommes en train de vivre un réveil de nombreuses personnes qui sortent demander que nos conditions de vie soient plus dignes, plus justes. Cette joie s’ajoute à ce moment historique dans lequel, l’Amérique latine est unie, portant un cri pour que nos peuples vivent mieux. Merci au Jury, au festival pour encourager cette rencontre, cet espace. Longue vie au ciné, à Filmar, à tous ces espaces qui nous permettent de dialoguer et partager nos réalités ». 

Le Prix du Jury des Jeunes Opera Prima est composé d’une quinzaine de collégiens genevois qui distinguent la première œuvre cinématographique de huit talents émergents. Le prix est cofinancé par Terre des Hommes Suisse, Eirene Suisse et Swissaid Genève.

« Avant le décompte final de la fréquentation de nos salles partenaires, nous pouvons dire que la fréquentation se consolide », estime la directrice du Festival Filma en América Latina Vania Aillon« Le public, toutes générations confondues, qui oscille annuellement depuis trois ans entre 18’000 et 20’000 spectateurs à Genève et autres communes du canton et de France voisine, a apprécié les rencontres enrichissantes et stimulantes avec nos 25 invités, dont les propos étaient en résonnance avec l’actualité dans de nombreux pays latino-américains », a-t-elle souligné.

Parmi les personnalités présentes cette année figuraient les réalisatrices Citéalli Andrango (Équateur), Catalina Arroyave Restrepo (Colombie), Ana Isabel Bustamante (Guatemala/Espagne), Laura Cazador (Suisse), Lucía Garibaldi (Uruguay), la productrice Marianela Illas (Venezuela), l’actrice Fabiana Hernández Guinea (Guatemala), l’activiste brésilienne Monica Benicio et Lilia Lustosa de Olivera (spécialiste suisse du cinéma brésilien). Les réalisateurs ayant fait le déplacement à Genève étaient René Ballestreros (Chili), Pablo Briones (Argentine), Jayro Bustamante (Guatemala), Juan Cáceres (Chili), Jorge Cadena (Colombie), Joshi Espinosa (Equateur), Stéphane Goël (Suisse), Julio Hernández Cordón (Mexique/Guatemala/États-Unis), Gregory Lassalle (France), Aldemar Matias (Brésil), Rubén Mendoza (Colombie), Alejo Moguillansky (Argentine), Emiliano Serra (Argentine), Rubén Sierra Salles (Venezuela) ainsi que l’acteur brésilien Régis Myrupu et le producteur suisse Dan Wechsler.

Filmarcito, la section pour les cinéphiles en herbe, a innové avec Jardín Móvil, esquisses animées pour enfants de 2 à 4 ans et des ateliers qui ont stimulé l’exploration autonome avec une pluralité d’expériences visuelles, acoustiques, métaphoriques, sensorielles et motrices. En outre, deux séries de courts-métrages sur la vulnérabilité des êtres habitant notre écosystème ont séduit les jeunes dès 6 ans, en sondant l’imaginaire de l’inconnu.

Filmar, la plus importante manifestation culturelle de Suisse dédiée à l’Amérique latine et qui contribue également au rayonnement de Genève, cité de dialogue et de culture, est soutenu par la Ville de Genève, le Bureau de l’intégration des étrangers du Canton de Genève (BIE), la Fédération genevoise de coopération, Artlink-Fonds Culturel Sud, la Fondation Emilie Gourd, la Loterie romande, la Fondation Simón Patiño, le Pour-cent culturel Migros, Traditions pour Demain, et les communes de Carouge, Lancy et Grand-Saconnex.

Filmar, l’un des seul festival qui s’autofinance à hauteur de 25 % grâce à la vente de billets, a proposé cette année plus de 80 films, trois tables-rondes, une conférence, une exposition et des projections pour les scolaires dans les salles partenaires : les Cinémas du Grütli, Fonction: Cinéma, le Nord-Sud, l’Auditorium de la Fondation Arditi, le Cinélux, le Spoutnik, la Maison de la Paix, l’Université Uni-Bastions, Ciné-Saussure, CinéVersoix, le cinéma Bio (Carouge), l’Espace Palettes (Lancy), la Ferme du Pommier (Grand-Saconnex), la Julienne (Plan-les-Ouates), le Centre des Arts de l’Ecole internationale de Genève, le Cinéma Voltaire (Ferney-Voltaire), le Théâtre du Bordeau (Saint-Genis-Pouilly), le Cinéma Rouge et Noir (St-Julien-en-Genevois) et le Ciné Actuel (Annemasse).

Contacts : Luisa Ballin – Responsable Presse / Responsable Prensa – luisa.ballin@filmar.chFestival Filmar en América Latina : 17, rue Necker – CH-1201 Genève – + 41 (0) 22 732 61 59 – +41 (0) 79 649 71 45

Amnesty International écrit au président chilien pour lui rappeler ses obligations en matière de droits humains

À la suite de la déclaration de l’état d’urgence dans le pays, Amnesty International observe les agissements des autorités chiliennes et appelle le gouvernement à écouter les demandes de la population et à prendre des mesures concrètes pour y répondre, a indiqué l’organisation dans une  lettre ouverte  adressée le 21  octobre 2019 au président Sebastián Piñera. 

Photo : Kaos en la Red

Selon l’administration régionale de Santiago, 11  personnes ont trouvé la mort dans le contexte de l’état d’urgence. L’Institut national des droits humains chilien estime quant à lui que plus de 1 330  personnes ont été arrêtées et que 37 ont été blessées par arme à feu. «Au lieu d’assimiler les manifestations à un “état d’urgence” et celles et ceux qui y participent à des ennemis de l’État, les stigmatisant ainsi de façon généralisée et pavant la voie pour la justification des atteintes à leurs droits, le gouvernement de Sebastián Piñera devrait plutôt écouter ce que ces personnes ont à dire et répondre sérieusement à leurs demandes légitimes », a déclaré Erika Guevara Rosas, directrice d’Amnesty International pour les Amériques. 

« Ériger les manifestations en infraction n’est pas une solution. S’il est certain que les autorités chiliennes doivent prendre des mesures pour prévenir et éviter les actes de violence de certains, cela ne peut en aucune façon servir de prétexte à la restriction des droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique, ni à un usage excessif de la force. Les gens ont pleinement le droit, et de nombreuses raisons, de manifester. » 

« Le peuple chilien n’est pas seul. Nous observons la réponse des autorités aux manifestations et nos spécialistes en matière d’analyse numérique examinent les éléments audiovisuels qui pourraient apporter des preuves solides à l’appui des allégations faisant état d’un usage excessif de la force et d’autres violations des droits humains », a déclaré Erika Guevara Rosas. 

Les autorités chiliennes ont pour obligation d’enquêter sans délai, de façon exhaustive et impartiale, sur tous les signalements de recours excessif à la force, d’arrestations arbitraires, de torture et d’autres mauvais traitements, et sur toute autre allégation de violation des droits humains dans le contexte actuel des manifestations et de l’état d’urgence. Elles doivent également enquêter de la même manière pour établir les circonstances et les responsabilités dans les cas des personnes ayant perdu la vie.

Amnesty International – Chile

Amnesty International s’inquiète de l’absence d’avancées en matière de droits humains au Mexique

Une année s’est presque écoulée depuis la prise de fonctions du président Andrés Manuel López Obrador, mais son gouvernement n’a guère accompli d’avancées significatives pour résoudre la crise des droits humains au Mexique, a déclaré Amnesty International le 19 novembre, présentant un bilan des principaux points à l’ordre du jour dans le pays à l’occasion de la publication de son rapport intitulé « Cuando las Palabras No Bastan » [Quand les paroles ne suffisent pas]. 

Photo : Unam

« Le gouvernement du président Andrés Manuel López Obrador a montré une volonté de faire avancer certains dossiers, surtout en ce qui concerne la question des disparitions dans le pays. Cependant, un an après la prise de fonctions de ce gouvernement, aucun changement significatif n’a pu être observé dans le quotidien des millions de personnes confrontées à une très grave crise en matière de droits humains depuis plus de 10 ans. Les niveaux de violence extrêmement élevés qui portent atteinte au droit à la vie, l’utilisation généralisée de la torture, le taux alarmant de violence contre les femmes et une stratégie de militarisation des opérations de sécurité plus évidente que jamais sont autant d’exemples de la tragique réalité de la situation au Mexique », a déclaré Erika Guevara Rosas, directrice du programme Amériques à Amnesty International.

En août, le gouvernement a fait une annonce encourageante en confirmant que le Mexique allait reconnaître la compétence du Comité des Nations Unies contre les disparitions forcées pour examiner des communications concernant des cas individuels, accédant ainsi à une des demandes maintes fois réitérées par les familles de personnes disparues et par les organisations de défense des droits humains. Cette mesure n’a toutefois pas encore été mise en œuvre.

« Nous observons qu’il y a un véritable gouffre entre ce que le gouvernement annonce et les mesures qu’il prend ensuite. Il promet un traitement plus humain pour les personnes migrantes et pour celles qui ont besoin d’une protection internationale, mais il demande en même temps à la Garde nationale de les poursuivre et de les arrêter. Il dit qu’il protège les défenseur·e·s des droits humains et les journalistes, mais il les discrédite publiquement. Il est préoccupant de constater que les violations des droits humains sont toujours la règle au Mexique, et non l’exception », a ajouté Erika Guevara Rosas.

Le gouvernement du président Andrés Manuel López Obrador ne s’est pas éloigné de façon nette de la stratégie de forte militarisation des opérations de sécurité adoptée par ses prédécesseurs, il a refusé de reconnaître que la torture est pratiquée de façon généralisée, et il a durci la politique migratoire du pays. De plus, il a indûment restreint et mis en péril l’exercice de la liberté de réunion pacifique et il stigmatise de façon persistante les journalistes et les organisations de la société civile qui critiquent sa politique, entretenant un climat d’hostilité à l’égard des journalistes, des défenseurs des droits humains et de leurs organisations.

Par ailleurs, la violence liée au genre exercée contre les femmes et les filles demeure généralisée au Mexique. Les politiques mises en place par les pouvoirs publics et les lois qui ont été adoptées n’ont pas suffi pour lutter contre le nombre grandissant d’homicides, de disparitions et d’autres graves violations des droits humains dont sont victimes des femmes et des filles dans tout le pays.  Si le gouvernement a fait un pas dans la bonne direction en septembre, quand il a présenté un projet de loi prévoyant une amnistie pour les femmes ayant avorté, il lui reste encore beaucoup à accomplir pour garantir le respect des droits sexuels et reproductifs à travers le pays.

« De nombreux problèmes restent à régler en ce qui concerne la violence liée au genre. L’éradication des féminicides constitue la plus grande urgence à laquelle doit s’attaquer le gouvernement. Les chiffres enregistrés au Mexique entre le mois de janvier et le 30 septembre de cette année font état de 748 victimes de féminicide, avec une moyenne mensuelle en hausse. Aucune mesure concrète ne semble en vue à court ou moyen terme qui permettrait de contrer la réticence à enquêter de façon sérieuse sur les cas de féminicide et de mettre fin à l’impunité », a déclaré Tania Reneaum Panszi, directrice d’Amnesty International Mexique.

Amnesty International estime que pour améliorer de façon substantielle la situation des droits humains, le gouvernement doit cesser de blâmer les précédents gouvernements et accepter d’endosser la responsabilité de ce qui se passe actuellement dans le pays, et chercher des solutions pour résoudre les graves problèmes auxquels le Mexique est confronté en la matière, en veillant à ce que toute sa politique soit axée sur le respect des droits humains et de ses obligations internationales.

Les recommandations adressées par l’organisation au président Andrés Manuel López Obrador portent notamment sur la démilitarisation de la Garde nationale, la mise en place d’une politique publique exhaustive de prévention et de protection des défenseurs des droits humains et des journalistes dans une perspective collective et communautaire, l’éradication des pratiques illégales de renvoi des migrants en situation irrégulière, en garantissant l’accès à l’asile pour les personnes dont la vie est en péril, et la garantie d’enquêtes exhaustives, indépendantes et impartiales sur les assassinats de femmes liés au genre.

Figurent parmi les autres questions que le gouvernement doit aborder de toute urgence : les droits des peuples indigènes et la protection de leurs territoires ; les violences auxquelles sont confrontées les personnes LGBTI ; le respect des droits sexuels et reproductifs ; et l’exercice des droits sociaux et économiques.

« Le gouvernement du président Andrés Manuel López Obrador dispose d’un solide mandat et de la possibilité historique d’amener le pays à changer de cap. Nous l’exhortons à relever le défi qui consiste à marquer une nouvelle étape dans l’histoire du pays en ce qui concerne le respect des droits humains de toutes les personnes », a déclaré Tania Reneaum Panszi.

D’après Amnesty International

Amnesty International France – Service presse01 53 38 66 00 / 06 76 94 37 05 – spresse@amnesty.fr

« Civilizations » de Laurent Binet, prix du roman de l’Académie française, une relecture du XVIe siècle

À travers ce formidable récit d’aventures qui traverse le XVIe siècle, Laurent Binet nous entraîne dans une relecture originale de l’histoire européenne et une réflexion sur la complexité de l’espèce humaine. Ce livre lui vaudra le prix du roman de l’Académie française, récompense tout à fait méritée. 

Photo : Editions Grasset

Le parti pris original de l’auteur consiste à reconstruire l’Histoire à rebours : vers l’an mille, des Vikings descendent vers le sud et apportent aux Indiens le fer, les chevaux et l’immunité contre certaines épidémies. Puis Christophe Colomb découvre Cuba, mais vaincus par les autochtones, ni lui ni ses compagnons ne reverront les côtes espagnoles, on les croit disparus en pleine mer et l’Europe se désintéresse de cette conquête improbable. 

Enfin, fuyant une guerre fratricide pour le pouvoir, l’Inca Atahualpa appareille avec sa cour de Cuba et débarque à Lisbonne. Il conquiert toute l’Europe affaiblie par ses querelles, il imposera partout les règles de justice et de tolérance de la société inca. Mais, bien sûr, tout se compliquera… Et le récit se finira par une dernière partie nommée « Les aventures de Cervantès » qui consiste en un périple dangereux à travers une Europe redevenue intolérante. Nous arriverons à la bataille de Lépante et ses conséquences pour le destin de Miguel. 

Ce récit haut en couleur, c’est aussi l’occasion pour l’auteur de nous décrire cette horrible Europe du XVIe siècle. Le regard des Incas est naïf, plein d’incompréhension, comme celui des Persans de Montesquieu quelques siècles plus tard. Ils découvrent le fanatisme des inquisiteurs, l’intolérance violente de Luther, les luttes perpétuelles entre les royaumes exsangues avec la menace constante du Turc aux frontières. Ils s’effraient de l’oppression des faibles, de la misère et de la famine qui règnent, des épidémies récurrentes qui ravagent les populations. 

Atahualpa va conquérir par la guerre et par une habile diplomatie puis il va remodeler la société selon le modèle collectiviste inca, profitant d’échanges commerciaux intenses avec son frère resté dans les Andes et avec qui il s’est réconcilié : envoi de livres et de poudre contre or et argent si utiles en Europe par exemple. Grâce au partage des terres et des biens, à la justice, à la tolérance religieuse, il y aura quelques années prospères et presque idylliques. Mais tout a une fin et l’humanité retombera dans ses vieux travers. 

Ce récit très bien écrit et très agréable à lire nous fournit l’évasion à travers temps et espace, nous divertit et nous renvoie à une vision peu flatteuse de l’Europe. Mais l’intention est plus sérieuse, le propos plus profond. Cette fiction soulève plusieurs interrogations : qui sont les Barbares ? Ces Indiens brillants, tolérants, aussi cruels et belliqueux que les Blancs certes mais ayant un sens aigu de la justice ou ces Européens imbus d’eux-mêmes, sans scrupule, fanatiques et ivres de pouvoir ? 

L’humanité est-elle capable de vivre dans la sérénité et l’harmonie à long terme ou est-elle condamnée à retomber toujours dans ses vieux défauts, les luttes religieuses masquant l’appétit de gains, de pouvoir et l’ambition démesurée. L’art est-il une échappatoire par le rêve et l’imaginaire ? Les créateurs peuvent-ils aider à civiliser et raffiner les sociétés ? 

Tel est l’intérêt de ce roman : au-delà du divertissement et de l’admiration que suscitent certaines trouvailles astucieuses de l’auteur, on reste perplexe et pensif, et on ne peut s’empêcher de réfléchir sur l’humanité et sur soi-même sans réel optimisme. 

Louise LAURENT

Civilizations de Laurent Binet, France, éd. Grasset, 378p., 22 euros. 

Un journal de bord en Colombie de Cédric Rutter aux éditions La Guillotine

« La Colombie (sans Ingrid ni Pablo) » est un livre où alternent impressions d’un Européen et conversations avec des Colombiens et des Colombiennes. Un journal très personnel, pas une énième analyse scientifique aride ni un pamphlet politico-dramatique. Un outil de formation et de sensibilisation selon l’avis d’un éducateur colombien. Nous présentons ici la préface de Lode Vanoost, ancien membre de la Chambre des représentants de Belgique.

Photo : Auteur et éd. La Guillotine

Dans ce pays « touristique, le seul d’Amérique latine qui se trouve à la fois sur l’Atlantique et sur l’océan Pacifique, vous pouvez voir des villes splendides, d’impressionnants espaces naturels et des étendues de plages sans fin. Le gouvernement colombien fait d’ailleurs tout son possible pour améliorer son image. Il est parfaitement possible de visiter la Colombie et de ne pas remarquer la terrible réalité sociale qui se cache derrière la version carte postale. Ce n’est pas ce que Cédric a fait.

Il s’était bien préparé. Mais ce pays immense, beau, fascinant et cruel l’a saisi et bouleversé. Pas seulement à cause des terribles conditions de vie dans les villages et les bidonvilles, des routes boueuses impraticables, des bus délabrés, de la mauvaise alimentation, de la peur constante de la répression, des familles, des amis, des collègues assassinés ou « disparus » et des arrestations qui s’accompagnent toujours de mauvais traitements. Mais aussi pour la détermination avec laquelle des milliers de Colombiens continuent malgré tout à résister, à s’organiser et à faire entendre leur voix. 

On ne peut pas faire autrement que de ressentir de l’admiration et du respect pour ces braves gens. Mais comment tiennent-ils le coup ? Avec son livre, Cédric Rutter lève un bout du voile. Le Colombien ordinaire a en fait deux choix, se soumettre à la violence semi-féodale de l’élite colonisatrice, ou résister. Certains ont choisi la confrontation armée – ce qui a conduit à une répression encore plus atroce. D’autres continuent de choisir la résistance non violente et démocratique. Cédric Rutter a écouté ces derniers et a pris note.

Les termes « féodalisme » et « colonisation » sont justifiés dans ce contexte. Dans les années 1960, le gouvernement central utilisait littéralement le terme « colonisation » dans ses documents des programmes de « développement rural ». Ce récit de voyage montre les faits, et au XXIe siècle, c’est à ce mot que cela se résume encore. Les multinationales unissent leurs forces à celles de l’élite locale et financent des milices armées privées pour terroriser et chasser les gens de leurs villages et de leurs propriétés, après quoi, l’exploitation à grande échelle, minière, forestière ou agricole, peut commencer « sans entraves ».

Ce livre a représenté pour moi un flash-back, un retour émotionnel à la période où j’ai moi-même visité le pays. En 1998, 1999, 2001 et 2002, alors que j’étais encore membre de la Chambre des représentants de Belgique, j’ai pu m’entretenir avec des défenseurs des droits de l’homme, des militants syndicaux, des journalistes et des représentants des peuples indigènes. Ils nous avaient expliqué que le tout nouveau Plan Colombie du président Bill Clinton n’était ni plus ni moins qu’une stratégie visant à étouffer toute résistance sociale dans l’œuf. « Cette soi-disant lutte contre le trafic de drogue est un écran de fumée. Il s’agit de militariser les campagnes et d’éradiquer toute résistance démocratique, me répétait-on. » Dix ans plus tard, Cédric Rutter conclut que cette analyse était correcte. Tous ses témoins confirment que tout s’est déroulé comme les opposants à ce plan l’avaient prédit.

J’avais eu l’occasion de parler aux membres de l’organisation Nunca Más (Plus jamais ça) qui avait dressé la liste des victimes de violences politiques, des disparitions, des exécutions sommaires, des tortures et des peines d’emprisonnement sans aucune forme de procès. Le rapport montrait que la grande majorité des morts avaient été victimes de violences de la part de l’armée, de la police et des paramilitaires, et non des guérillas. Ensuite, j’avais rencontré le ministre de la Justice, le commandant en chef de l’armée et le président Samper. Au cours de nos discussions, les officiels avaient clairement indiqué que Nunca Más était pour eux, comme tous les autres défenseurs des droits de l’homme, des « agitateurs terroristes » – une rhétorique identique à celle ressassée durant la guerre froide, remplacez uniquement « communiste » par « terroriste », le reste ne change pas. Le fait que Nunca Más ait réalisé exactement le même type d’inventaire des violences causées par les groupes rebelles ne fut d’aucune utilité pour faire accepter leur travail. Le ministre et le président nous expliquèrent tous deux que « l’histoire étrangère » selon laquelle, en Colombie, l’appareil d’État lui-même serait à l’origine de la terreur représentait une absurdité. Ils ne montrèrent aucun signe d’impulsion au dialogue, ni à la compréhension des revendications sociales.

Comme Cédric, je me demandais sans cesse : « Comment ces gens résistent-ils dans ces circonstances, contre tant de refus, contre tant de cruauté brutale ? » Au cours de sa visite, Cédric admire la persévérance infatigable avec laquelle les Colombiens continuent d’exiger des éclaircissements pour les massacres, dont certains ont été commis dix années avant ma première visite. Dix ans après, ce livre reste d’actualité.

La Colombie nous concerne tous. Là-bas, le pétrole et les autres matières premières qui sont extraits et les produits d’alimentation qui sont cultivés sont ensuite vendus aux consommateurs européens et américains par des entreprises canadiennes, françaises, espagnoles, américaines… Appelez ça du capitalisme ou du néolibéralisme, ça n’a pas d’importance. La Colombie montre ce qu’est réellement le système économique mondial, un système basé sur une exploitation épouvantable et une concentration du pouvoir et de l’argent entre les mains du plus petit nombre possible. Ce ne sont pas là les excès d’un système intrinsèquement bon devenu incontrôlable, mais l’essence même de l’économie mondiale. La réaction la plus facile serait de critiquer l’élite compradore colombienne et de s’en tenir là. Cependant, cette élite ne peut faire ce qu’elle fait que parce qu’elle sert les intérêts économiques occidentaux.

Au moment où j’écris ces lignes, plus de 300 assassinats politiques ont déjà été commis en Colombie au cours du premier semestre 2019. Les organisations de défense des droits de l’homme désignent l’armée, la police et les groupes paramilitaires, comme en 1999, comme en 2010, comme en 2019. En même temps, le gouvernement de Washington tente de « restaurer » la démocratie et les droits de l’homme au Venezuela. Les États-Unis souhaitent le faire depuis le pays voisin, la Colombie, le pays le plus cruel d’Amérique latine, et ce, depuis plus de 50 ans. L’hypocrisie est immense.

Pourtant, ce n’est pas un livre cynique. Au contraire, vous pouvez lire ici comment les Colombiens continuent et n’abandonnent pas le combat. Ils méritent notre respect et notre appui. Ils comptent là-dessus. « Sans protestation internationale, nous ne pourrons jamais rien changer par nous-mêmes ».  Mais on a besoin de plus que de solidarité internationale. Le monde entier doit changer et vivre différemment, pour le bien du climat, contre la folie nucléaire des superpuissances et pour une existence digne, y compris en Colombie.

Lode VANOOST

La Colombie (Sans Ingid ni Pablo) par Cédric Rutter, 220 p. 12 euros aux éditions La Guillotine. SITE

Lode Vanoost, ancien membre de la Chambre des représentants de Belgique (1995-2003), est journaliste pour le site d’informations progressiste DeWereldMorgen.be.

Luis Alberto Lacalle Pou devient le nouveau président de l’Uruguay

Après un recompte des votes dans un calme surprenant pour la région, l’Uruguay tourne la page de quinze ans de gouvernance du « Frente amplio ». Une faible majorité a été convaincue par la coalition formée par tous les partis d’opposition et menée par le candidat du « Partido Nacional », Luis Lacalle Pou, fils de l’ex-président et ancien président du Parlement uruguayen.

Photo : El Tiempo UR

Une semaine après la clôture des votes, Lacalle Pou peut finalement monter sur scène, triomphant, pour célébrer sa victoire. La fête, initialement prévue pour ce vendredi, sera déplacée au samedi pour des raisons de météo. En plein été au bord du Rio de la Plata, il semble que tous se soient passé le mot pour retarder l’annonce de la victoire du candidat du Partido Nacional

Dans ces temps troubles en Amérique latine, la situation paraît pour le moins cocasse. Au sortir d’un second tour fortement polarisé, l’écart entre les candidats est si mince que les votes doivent être recomptés. Cela prendra quatre jours supplémentaires, quatre jours pendant lesquels la société attend paisiblement sans soupçon de fraude, manifestations ni candidats criant à la victoire. L’Uruguay attend et démontre au monde sa stabilité institutionnelle et la maturité de son système politique. 

Le Frente amplio n’a pas réussi à convaincre une quatrième fois. La cause de cet échec est l’état de l’économie uruguayenne dont les indicateurs sont au ralenti depuis quelques années. Bien qu’ils restent extrêmement positifs en comparaison avec les chiffres des pays voisins, ils n’en sont pas moins décevants pour la société uruguayenne, habituée à des chiffres nettement plus élevés depuis plus d’une décennie. Ce phénomène est du notamment aux prix élevés des commodities sur le marché international pendant le premier gouvernement Vasquez et le début du mandat de Pepe Mujica. Cela explique la victoire de Lacalle Pou dans les zones rurales, Montevideo restant un bastion « frente-ampliste ». La deuxième raison est la montée de l’insécurité en Uruguay depuis quelques années. En effet, le taux d’homicide et d’attaques à l’encontre des personnes n’est pas digne de la réputation du pays, considéré comme le bon élève de la classe latino-américaine. Un fléau bien compris par Lacalle Pou qui en a fait son cheval de bataille pendant la campagne.

Un autre changement majeur repose sur les questions d’ordre international. Le président Bolsonaro s’est en effet réjoui de la victoire de Lacalle Pou en Uruguay et a annoncé qu’il se rendra à sa cérémonie d’investiture. Le Brésil et l’Uruguay accordent leurs violons et cet alignement pourrait peser lourdement sur les futures décisions du Mercosur. D’un autre côté, Lacalle Pou a rappelé dans son discours de victoire « que, lui, dénoncerait les dictateurs quand il en voit » – référence directe à l’absence d’implication du président Vasquez dans la crise au Venezuela. 

Samedi midi, Lacalle Pou monte sur scène. La veille, il a rencontré Daniel Martinez, son opposant, qui accepta sa défaite sans sourciller, malgré les 15 ans qu’a passé son parti à la tête du pays. Une faible majorité de votants a choisi l’alternative au pouvoir en place et a opté pour une large coalition anti-Frente amplio (composée de cinq partis) qui devra faire face à ses propres divisions en interne. En effet, une coalition de ce type, « catch-all », redoutablement efficace lors de la campagne présidentielle, peut vite devenir problématique pour celui qui, une fois élu, doit gérer les conflits internes. Le parti de Lacalle Pou n’a que 30 des 99 sièges du Parlement et se verra obligé de négocier avec les autres formations politiques qui l’ont amené à la victoire. 

Le nouveau gouvernement a d’ores-et-déjà annoncé qu’il ne reviendrait pas en arrière sur les avancées sociales menées par le « Frente amplio ». Ces dernières années, la montée au pouvoir des partis d’opposition en Amérique latine a souvent été l’occasion de détricoter les politiques menées précédemment ou de dénoncer d’avoir hérité d’une situation incontrôlable afin de légitimer ses propres politiques. L’Uruguay, toujours à contre-courant, met fin, pour le moment, à ce type de querelle et rentre, sans fracas, dans une nouvelle ère politique.

Romain DROOG

« Indianara », documentaire de Aude Chevalier-Beaumel et Marcelo Barbosa en salle

Dans un Rio en ébullition durant les années Temer, la colère gronde. Indianara Siqueira, révolutionnaire hors norme, mène avec sa bande un combat pour la défense des minorités et la survie des personnes transgenres au Brésil dans sa Casa Nem. Face à la menace totalitaire qui plane sur le pays, une seule injonction : résister !

Photo : Allocine

Indianara est le titre du film mais avant tout le prénom d’une femme pour qui tout est question d’amour, d’amitié et de solidarité. En suivant cette militante transgenre, les cinéastes nous plongent dans une vie de combat, où chaque jour il s’agit de tenir face à la répression, au mépris. Cet engagement permanent est mené par une communauté transgenre brésilienne qui n’a pour seules armes que son indignation, son amour fraternel, sa détermination. Ici les corps, filmés sans fausse pudeur, s’assument, résistent, jamais ne se résignent. Ils nous font découvrir de fragiles existences où la fierté de la différence devient aussi un espace de joie communicative. Si l’on exulte c’est pour trouver la force de vivre. »Delphine Deloget et Jean-Louis Gonnet, cinéastes de l’ACID qui a proposé le film à Cannes. 

Indianara Siqueira est une militante qui engage la communauté LGBT à se défendre malgré les aléas de la vie. Elle a vécu cinq ans en France et y a été emprisonnée. Elle est interdite sur notre territoire. De retour au Brésil en 2009, elle affronte à nouveau la violence policière, la ségrégation et les assassinats de ses amies. Indianara s’engage plus fermement, devenant la porte-parole de la communauté trans dans son pays. En 2010, elle est conseillère parlementaire du député socialiste gay, Jean Wyllys. En 2016, elle se présente à travers le PSOL, (le parti Socialisme et Liberté) comme conseillère municipale à la mairie de Rio et est élue suppléante, aux côtés de Marielle Franco, assassinée en mars 2018. Cette même année, elle ouvre en plein cœur de Rio, la « Casa Nem », un refuge pour les personnes transgenres en situation de rue. Indianara les accueille, les oriente médicalement, professionnellement et psychologiquement. 

 « Au Brésil, 179 personnes trans ont été assassinées en 2017, soit un assassinat tous les deux jours. Plus de la moitié des meurtres de personnes trans dans le monde est commise au Brésil. Leur espérance de vie n’y est que de 35 ans. Double choc donc, à la vue de cette femme libertaire, et à l’écoute de la longue liste des victimes » explique Aude Chevalier-Beaumel qui la rencontre pour la première fois en 2014. « Mais ce que nous avons en commun tous les deux », ajoute Marcelo Barbosa, « c’est une volonté d’impliquer nos corps dans nos tournages. Un tournage animal, instinctif et sans s’arrêter. Cette approche se ressent sur le résultat final, cette grande proximité avec les personnages. Le film est physique. » 

« Aujourd’hui Indianara et les siens occupent un immeuble de 7 étages à Copacabana. Un immeuble dans lequel elle a trouvé, dans une des chambres, des pièces de collection, objets indigènes, sculptures anciennes, des reliques, des os. Elle a immédiatement contacté le Musée national et les autorités pour analyser l’origine de ces pièces. En attendant, ils ont donc l’autorisation de rester dans cet immeuble, plus confortable et plus grand que la Casa Nem. Elle y a regroupé ses forces, ses « enfants » et n’abandonne pas la lutte. Plus que jamais le Brésil a besoin d’elle. Elle a été exclue de son parti politique mais continue de militer pour les Droits de l’Homme » ajoutent les réalisateurs-trices. Le film qui est vraiment plein d’humour et de sensibilité est soutenu par Amnesty International. 

Alain LIATARD 
D’après le dossier de presse 

Indianara, film documentaire brésilien d’Aude Chevalier-Beaumel et Marcelo Barbosa. 84 mn. Le film est sorti sur quelques écrans le 27 novembre. 

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