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22 juin 2018

Iván Duque prend les rênes d’un pays axé sur l’accord de paix avec la guérilla

Dimanche dernier, la Colombie a vécu sa première élection présidentielle depuis la signature de la paix en 2016 qui a permis de mettre fin à un demi-siècle d’affrontements avec l’ancienne guérilla marxiste Farc. Iván Duque a été élu nouveau président de la République colombienne pour cinq ans.

Photo : La Semana

Le président élu, candidat du Centre démocratique, avait précisé pendant la campagne qu’il ne voulait pas réduire en miettes l’accord avec les Farc, mais qu’il était nécessaire de lui apporter certaines modifications. Car pour Iván Duque, poulain de l’ancien président Álvaro Uribe, si l’accord de paix a partiellement atteint son but, des corrections sont prêtes à être apportées à cet accord, dont l’un des axes était de permettre aux ex-guérilleros de déposer leurs armes et de se reconvertir dans la vie politique. Ainsi l’ex-FARC (acronyme des Forces armées révolutionnaires de Colombie) est devenu, en août dernier, le nom du nouveau parti FARC (Force alternative révolutionnaire du commun). 

En ce qui concerne les corrections à apporter à l’accord de paix signé par son prédécesseur Juan Manuel Santos –un accord qui lui a valu le prix Nobel de la paix–, le détail des modifications prévues n’est pas connu. Cependant, pendant sa campagne, Iván Duque s’en était pris à certains ex-chefs de la guérilla dont il avait dit vouloir envoyer en prison ceux coupables de crimes graves. Le nouveau président de la droite dure avait aussi promis de leur interdire de siéger au Parlement.

Après l’annonce des «corrections» à apporter à l’accord, le FARC n’est pas resté muet et a appelé le président nouvellement élu de faire preuve de bon sens. «Ce que demande le pays, c’est une paix intégrale qui nous mène vers la réconciliation», a affirmé la formation avant d’ajouter que «contourner cet objectif ne peut être un programme de gouvernement». Mais pour Iván Duque, ces corrections auront pour but de placer les nombreuses victimes au centre du processus pour leur garantir vérité, justice et réparations.

En effet, la guerre sans merci déclarée à la guérilla par l’ancien président Álvaro Uribe n’a pas épargné les civils : arrestations, contrôle du transport des aliments, restriction des ventes de médicaments étaient devenus monnaie courante en 2005. Pour ne donner qu’un exemple des exactions commises, rappelons que les groupes paramilitaires d’extrême droite débarquèrent, en 1998, dans la région de San Onofre, un gros bourg du nord de la Colombie, sous prétexte d’en finir avec la guérilla d’extrême gauche. Par la suite, on a retrouvé des fosses communes qui témoignent de l’horreur : en un mois, plus de quarante corps ont été exhumés, le crâne parfois défoncé ou les membres arrachés. «Et nous craignons de trouver d’autres corps», avait indiqué à l’époque le procureur de la République, Luis Carlos Osorio. Cela sur un fond de trafic de drogue, selon le témoignage d’Álvaro, un professeur de la région : «les paramilitaires ont massacré des dizaines de civils, paysans et villageois. Et sous prétexte de financer leur guerre, ces hommes sont devenus des narcotrafiquants.» Ainsi, depuis un demi-siècle de lutte contre la guérilla, on estime au moins qu’il y a eu 8 millions de victimes entre les morts, les disparus et les déplacés.

Après le scrutin, le FARC, qui ne ferme pas la porte à des discussions avec le nouveau pouvoir, a demandé à rencontrer Iván Duque. Si à première vue la pacification du pays est en cours, le conflit armé est toutefois loin d’être terminé, comme le rappelle le chercheur Yann Basset, de l’université El Rosario de Bogotá : «Aujourd’hui, le conflit n’a pas vraiment disparu en Colombie, mail il a été relégué un petit peu aux marges, aux zones les plus éloignées du centre du pays, sur la côte Pacifique notamment, ou dans le sud du pays, ou à la frontière vénézuelienne. Il a même pu prendre des proportions un peu plus importantes, puisque les problématiques qui affectaient des zones importantes du pays comme le trafic de drogue s’est déplacé vers ces zones-là et des groupes armés subsistent ou se réorganisent. Donc il y a toujours des opérations militaires et c’est une des principales préoccupations pour l’avenir.»

On peut conclure donc que l’insécurité est toujours palpable, notamment en zone rurale. «C’est encore pire qu’avant, rappelle Christoph Harnischn, parce que les point de repère ont complètement changé.» Le directeur du Comité international de la Croix-Rouge en Colombie demande de la part du nouveau gouvernement une «politique de sécurisation beaucoup plus décidée… L’État, seul, peut jouer ce rôle. Et c’est malheureusement quelque chose qui se fait très lentement

Eduardo UGOLINI

Juriste de profession, Iván Duque, membre du Centre démocratique et proche du président Álvaro Uribe, a été sénateur de 2014 à 2018. Le 11 mars 2018, il remporte la primaire de droite (Grande consultation pour la Colombie) en vue de l’élection présidentielle, obtenant 67,8% face à Marta Lucía Ramírez et Alejandro Ordonez. Pendant la campagne présidentielle, il reçoit l’appui explicite des milieux d’affaires colombiens. Il est également soutenu par les anciens présidents Álvaro Uribe, Andrés Pastrana et César Gaviria. Après être arrivé en tête du premier tour, il est élu au second, le 17 juin, avec 54% des voix contre 41,8% pour le candidat de gauche, Gustavo Petro.

Argentine : un vote national, une victoire pour toute l’Amérique latine

Le 14 juin 2018 est devenu un jour historique pour le pays du Pape. Le vote du parlement argentin favorable à la dépénalisation de l’avortement replace le pays en position de leadership des droits civiques en Amérique latine. Malgré un vote disputé, les députés argentins ont finalement accepté le projet de loi pour la dépénalisation de l’avortement, avec 129 voix pour le «oui» contre 125 pour le «non». Le projet de loi doit encore être approuvé par le Sénat à une date qui n’a pas encore été définie.  

Photo : Le Petit Hergé

Pendant les vingt-trois heures de vote au Parlement, l’Argentine s’est divisée en deux. D’un côté, les citoyens en faveur de la dépénalisation, caractérisés par la couleur verte et soutenus par la Campaña Nacional por el Derecho al Aborto Legal, Seguro y Gratuito en Argentina (Campagne nationale pour le droit à l’avortement légal, sûr et gratuit en Argentine). Réuni devant le Congrès, le groupe avait déployé une banderole prônant une «Éducation sexuelle pour décider, des contraceptifs pour ne pas avorter, un avortement légal pour ne pas mourir».

De l’autre côté d’une barrière métallique étaient rassemblés les citoyens autoproclamés «en faveur de la vie», avec pour slogan «Sauvons les deux vies», menés par l’Église catholique et représentés par la couleur bleu céleste du drapeau du pays. En Argentine, le catholicisme est pratiqué par 92% de la population et l’importance de cette religion pourrait influencer considérablement la future décision des sénateurs sur la loi.

Les lois concernant l’avortement en Amérique latine et dans les Caraïbes font partie des plus restrictives au monde. Au Salvador, au Nicaragua, au Honduras et en Haïti, l’interdiction d’avorter est absolue et passible d’une peine de prison qui peut dépasser les trente ans. Actuellement en Amérique latine, le nombre d’avortements illégaux est estimé à plus de deux millions chaque année. Seuls trois pays l’autorisent sans besoin de justificatifs : Cuba depuis 1965, et l’Uruguay et la Guyane depuis 2012.

Le président argentin Mauricio Macri a joué un rôle essentiel dans l’organisation du débat sur ce thème. S’il s’est déclaré, dans un premier temps, contre la dépénalisation de l’avortement, il a finalement mis en place un débat politique respectant les valeurs de la démocratie. Depuis son élection fin 2015, l’Argentine est entrée dans une grave crise économique l’obligeant le mois dernier à demander l’aide du FMI. Face à cette forte tension économique, la volonté du président de maintenir le dialogue et de mettre en place un vote sur la question de l’avortement, et ce malgré ses propres déclarations, peut être interprétée comme une manœuvre politique visant à redorer son image progressiste et à faire oublier, le temps du débat, la situation économique difficile dans laquelle le pays est plongé. 

Stratégie politique ou non, l’acceptation de la loi par le Parlement représente déjà une victoire célébrée dans toute l’Amérique latine. Il ne reste plus qu’à attendre l’approbation du Sénat et espérer que, dans un futur proche, d’autres pays de la région suivent l’exemple argentin.

Beatriz RAVAGNANI

MúsicaOcupa, le festival qui s’approprie les lieux insolites de la capitale équatorienne

Du 5 au 16 juin derniers, la ville de Quito en Équateur a accueilli MúsicaOcupa, un festival de musique classique qui se déroule dans des endroits insolites. Pendant près de deux semaines, les 3000 spectateurs présents ont pu profiter de 11 concerts et de 10 présentations spontanées dans les 18 lieux investis à cette occasion. Pour cette 2édition du festival, ce sont 21 musiciens nationaux et 11 invités internationaux qui ont répondu présent. 

Photo : MúsicaOcupa

Le festival MúsicaOcupa est une organisation à but non lucratif dont l’objectif est de promouvoir et d’assurer la prolifération de la musique classique en Équateur. En choisissant de se produire dans des lieux insolites, elle vise à rendre accessible la musique aux personnes issues de communautés qui ne disposent pas forcément de ressources pour participer aux concerts formels. Ainsi elle croit en l’importance de la musique dans le développement social et culturel de son pays et c’est pour cette raison qu’elle a fait le choix de créer des espaces pour que les personnes cultivent leur passion pour cet art ou apprennent à l’apprécier. 

Selon les organisateurs du festival, «l’Équateur a besoin d’une plus forte diffusion culturelle qui puisse toucher un public plus large. Nous sommes engagés dans le but d’utiliser ce projet comme un outil pour décentraliser et démocratiser l’accès à la musique classique. Celle-ci ne doit pas seulement être jouée dans les grands théâtres mais doit être disponible pour ceux qui veulent la découvrir et en profiter».

Cette année, pendant deux semaines, de nombreux espaces insolites de la ville de Quito comme le cimetière de San Diego, le centre de réhabilitation de Latacunga ou le marché des Arenas, ont été la scène de concerts et de présentations lors desquels les spectateurs ont pu profiter d’un répertoire varié composé de pièces musicales du baroque classique ainsi que d’œuvres équatoriennes contemporaines.

Pour cette deuxième édition du festival, ce sont les talents locaux qui ont prédominé sur scène. Plusieurs groupes équatoriens comme InConcerto, Vientos mitad del mundo, Mozart k911 string quartet, Quito brass quintet et Royal brass ont animé la quinzaine. La programmation ne s’arrête pas là puisque des musiciens venus tout droit d’Uruguay, du Brésil, du Chili, d’Australie ou encore d’Espagne étaient également invités. 

De l’Opéra Européen aux rues d’Amérique Latine

Depuis que l’Équateur considère la musique classique comme un facteur culturel favorable au développement social du pays, de nombreuses autres initiatives commencent à fleurir partout en Amérique latine. À São Paulo au Brésil, le festival Ilumina a pour philosophie de faire de la musique classique une révolution musicale. De l’autre côté du continent, le Festival international de musique de Carthagène des Indes en Colombie fait dialoguer de manière harmonieuse la musique classique et les influences européennes et latino-américaines. On pense également au festival de musique classique et latino-américaine La Rioja.

Mais il faut savoir que la prolifération de la musique classique en Amérique latine ne s’arrête pas là. Pour les férus de ce genre musical, il existe un site web nommé Bachtrack, en lien avec l’organisation culturelle colombienne «Gestar Cultura», sur lequel on peut revoir des spectacles latino-américains et dont l’objectif est de tenir informés les utilisateurs des concerts, festivals et autres manifestations de ce type en Amérique latine.

Margarita CARRASQUILLA

Plus d’informations sur le festival MúsicaOcupa
Pour accéder au site de Bachtrack 

À vos agendas ! Le Brésilien Caetano Veloso en concert à Lyon et à Paris

Chaque semaine, nous réservons un espace dédié aux événements et aux invitations. Il vous suffit de nous envoyer un courrier électronique avec des informations susceptibles d’intéresser nos internautes en indiquant simplement le titre de votre manifestation, le lieu, la date et l’heure, un visuel et un contact. Le temps fort de cette semaine se déroulera successivement à Lyon et à Paris. Les 5 et 7 juillet prochains, le chanteur brésilien Caetano Veloso se produira d’abord à Lyon, dans le cadre des Nuits de Fourvière, puis au Grand Rex à Paris. Pour le reste des semaines du 23 juin au 6 juillet, voici notre sélection.

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VENDREDI 29 JUIN – 21H — PARIS — CONCERT

Hommage à Mercedes Sosa à la MAL par les musiciens Martín Oliva et Lucas Velich

Martín Oliva vient de Córdoba (Argentine), accompagné pour la première fois à Paris de son complice le guitariste Lucas Velich avec lequel il parcourt les scènes les plus prestigieuses de la musique populaire argentine et latino-américaine. Un voyage musical à travers les régions, les paysages et les réalités sociales du continent latino-américain… avec le chanteur argentin qui fut l’ami et partenaire de Mercedes Sosa. Artistes invités : Pelu Merco (voix), Fermín Juarez (percussion) et Emilio Ortecho (basse électrique). Plus d’infos

SAMEDI 30 JUIN — AIX-EN-PROVENCE — BRÉSIL

La Roda propose une semaine autour des expressions brésiliennes au Château de l’Horloge 

Le samedi 30 juin 2018, au Château de l’Horloge, la Roda et ses adhérents vous invitent à venir découvrir ou redécouvrir la musique populaire brésilienne. Nous vous donnons rendez-vous à partir de 16h avec, au programme : projection du film Na Rodas do Choro (Dans les Rondes du Choro) de Milena Sà ; un documentaire qui traverse l’univers du choro, en mettant l’accent sur les processus de transmission de cette musique typiquement brésilienne. Concert-Roda, un atelier de choro, un «brin de causette», Roda des enfants dans le parc, restauration Roda de samba. Infos et réservations

DÉBUT JUILLET — GRANDS CONCERTS D’ÉTÉ

Caetano Velozo aux Nuits de Fourvière à Lyon et au Grand Rex à Paris Réservations ouvertes

En France, c’est en 2002 que Caetano Veloso crève l’écran, grâce à sa délicieuse reprise de Cucurrucucú Paloma dans Parle avec elle de Pedro Almodóvar. Le grand public découvre alors ce chanteur étourdissant de génie, à la fois héritier des classiques (Tom Jobim, João Gilberto) et inventeur de formes – il fut le principal artisan du tropicalisme, qui rénova en profondeur les musiques brésiliennes. À 75 ans, Caetano nous embarque dans une nouvelle aventure en compagnie de ses trois fils, Moreno, Zeca et Tom. Tout Veloso est là, résumé dans ce qui promet d’être un sommet de musicalité. Infos Nuits de Fourvière et Grand Rex

MERCREDI 3 JUILLET — 19H — PARIS — LITTÉRATURE

«Aucune pierre ne brise la nuit» par Frédéric Couderc aux éditions Héloïse d’Ormesson

En 1998, Gabriel et Ariane se croisent dans un musée du Havre, face à l’œuvre d’un figuratif argentin. Ils l’ignorent encore, mais l’Argentine et l’amour viennent de se poser là, entre eux, faisant resurgir les fantômes du passé. Assis sur un axe Paris-Buenos Aires, la tragédie des «vols de la mort», les complicités innombrables de la France et d’anciens de l’OAS, Frédéric Couderc livre un roman bouleversant, dans lequel une folle histoire d’amour cherche la vérité. Présentation animée par le Collectif argentin pour la mémoire, à la Maison de l’Amérique latine de Paris. Plus d’infos

JUSQU’AU 7 JUILLET — LILLE ET SES ENVIRONS — PHOTOGRAPHIE

Suites des manifestations «Ola Cuba !» – Exposition des photographies d’Alejandro González

Dans le cadre de son partenariat officiel avec Auchan Retail, lille3000 a imaginé une exposition itinérante afin de connecter un nouveau public à la photographie d’art dans les hypermarchés et galeries marchandes Auchan de la métropole lilloise, ainsi que le centre commercial V2. L’exposition se présentera sous forme de cubes sur lesquels seront affichées des clichés du photographe cubain Alejandro GonzálezPlus d’infos

LES 6, 7 et 8 JUILLET — LYON — RÉFLEXIONS ET ÉCHANGES 

Trois jours de dialogues en humanité au parc de la Tête d’or à Lyon

Le mouvement des Dialogues en humanité a germé à Johannesburg en 2002. Il s’agit d’un forum mondial sur la question humaine, dont l’objectif est de sortir de l’impuissance et de l’indifférence. Que ce soit à Lyon ou sur tous les continents, le mouvement permet chaque année, sur une durée d’un à trois jours, de réunir dans la bienveillance et la convivialité des citoyens du monde entier de tous âges et de tous horizons pour tisser des liens et agir ensemble. Dans la riche programmation de cette année, nous prêtons attention à la pièce Papa est dans l’Atlantide du dramaturge mexicain Javier Malpica par Les Curieux Polyglottes. Plus d’infos

DU 25 AU 29 JUIN — EN DIRECT DU PARLEMENT EUROPÉEN

Cinq députés européens se rendent en Colombie et au Brésil pour étudier les conditions des Vénézuéliens

Le Venezuela a sombré dans une crise politique, économique et humanitaire sans précédent. La semaine prochaine, cinq députés européens se rendront en Colombie et au Brésil pour étudier sur le terrain la situation humanitaire aux frontières avec le Venezuela. La délégation visitera des postes frontières et rencontrera des représentants des autorités locales, régionales et nationales, ainsi que des organisations internationales et des ONG en charge de gérer l’afflux de citoyens vénézuéliens fuyant vers les pays frontaliers. Plus d’infos

EN LIBRAIRIE 

Un numéro spécial été de la revue littéraire «Europe» consacré à l’écrivain chilien Roberto Bolaño

Depuis 1923, Europe est une revue littéraire d’audience internationale. Sa dernière édition (n° 1070-71-72) est consacrée à l’écrivain chilien Roberto Bolaño (1953-2003), figure majeure de la littérature contemporaine, dont l’œuvre est traduite dans le monde entier et dont le rayonnement ne cesse de s’accroître. Pour sa part, Philippe Lançon, dans le journal Libération de ce samedi 23 juin, propose une chronique sur Bolaño, chevalier troubadour raconté par ses compagnons de route. Plus d’infos

ÉCHOS DE PRESSE 

José Luis Fuentes, un architecte chilien en charge de la Tour Eiffel

Plan vigipirate oblige, depuis les attentats de novembre 2015, la Tour Eiffel est entouré d’un important périmètre de sécurité permettant de filtrer ses visiteurs. Une nécessité sécuritaire peu esthétique, qui avait malheureusement tendance à entacher la majesté de ce monument visité par sept millions de touristes par an. Le Chilien José Luis Fuentes a alors imaginé une structure de verre de 3 mètres de hauteur et de 6,5 cm d’épaisseur, capable de résister à tout impact, y compris celui des balles, conformément aux règles requises par la préfecture de police de la ville de Paris. Plus d’infos

EXPOSITION INTERACTIVE

(Re)découvrez l’œuvre et la vie de l’artiste mexicaine Frida Kahlo sur Google Arts & Culture

Google Arts & Culture consacre en ce moment une exposition interactive baptisée Face of Frida, entièrement consacrée à l’œuvre de Frida Kahlo. Articles thématiques, expositions en ligne, un regard intime sur sa vie à travers ses écrits et celui d’autres artistes, divers témoignages… : plongez dans la vie de Frida Kahlo (les moments heureux, douloureux et tragiques) à travers ses œuvres. Une façon originale de (re)découvrir l’œuvre de l’iconique peintre mexicaine. Voir l’exposition interactive

La compagnie aérienne Cubana supprime ses vols nationaux pour l’été

Après le crash du Boeing 737 survenu le 18 mai dernier dans les environs de l’aéroport de La Havane, la compagnie aérienne Cubana a annoncé la suppression de tous ses vols nationaux et ce jusqu’à la fin de l’été. Des membres de la compagnie se sont confiés le 1er juin dernier au journal numérique indépendant 14ymedio qui propose de faire un point sur la situation.

Photo : Cubana de Aviación

Les vols nationaux de la compagnie aérienne Cubana, suspendus après l’accident qui a coûté la vie à 112 personnes à La Havane le 18 mai dernier, ne seront pas remis en place «avant le mois de septembre, au minimum» a déclaré ce vendredi au journal 14ymedio une employée de la compagnie aérienne nationale qui recevait les clients à l’agence située rue Infanta. «Nous n’avons pas encore fixé de date pour le rétablissement des vols nationaux», a-t-elle ajouté.

On entre dans une nouvelle phase en ce qui concerne l’annulation des vols, explique une salariée du terminal 1 de l’aéroport José Martí de La Havane. «Jusqu’à maintenant, on transférait les passagers en bus mais à partir d’aujourd’hui, les vols ont été totalement annulés et on ne s’occupera même plus de leur prise en charge» a-t-elle précisé. Les personnes ayant acheté un billet auprès de Cubana doivent passer dans les prochains jours au bureau de la compagnie aérienne pour «se faire rembourser».

«Nous ne faciliterons pas vos déplacements terrestres, mais nous vous rendrons votre argent» répond-elle aux inquiétudes des clients qui s’interrogent fortement sur le rétablissement possible du service pendant les mois de vacances scolaires durant lesquels on constate une augmentation du nombre de voyageurs entre les provinces.

Les passagers seront remboursés à 100%, mais ne pourront plus bénéficier d’un transfert en bus, auparavant assumé par la compagnie aérienne. Avant même que la compagnie n’annonce la suppression de ses vols pendant l’été, plusieurs clients de Cubana avaient déjà exprimé leur mécontentement du fait que le train ne fonctionne pas non plus en raison des dommages laissés par la tempête subtropicale Alberto dans la partie centrale de l’île.

L’accident du vieux Boeing 737, que Cubana louait à la compagnie mexicaine Global Air pour assurer la ligne La Havane-Holguín, a aggravé la crise de crédibilité qu’a vécu la compagnie aérienne nationale en raison des problèmes techniques de ses avions et de la mauvaise qualité de ses services. Selon les médias officiels, en 2016, plus de 50% des vols à destination d’Holguín ont été retardés, une situation qui s’est empirée au premier trimestre 2017.

En 2012, Cuba a acheté six avions Antonov-158 de fabrication russo-ukrainienne pour moderniser la flotte nationale, mais ces appareils ont souffert «de difficultés et des problèmes sont apparus au moment d’acheter des pièces de rechange», nous a expliqué en mars dernier l’un des directeurs de l’entreprise. «Les An-158 ont été achetés en Ukraine et l’accord concernant les pièces de rechange a été signé avec la Russie mais, peu de temps après, le conflit entre les deux pays a éclaté et voilà dans quoi nous nous sommes embarqués» ajoute la source.

D’après 14ymedio,
traduit de l’espagnol par Sarah LIXI

Le journal numérique 14ymedio à été fondé par la célèbre journaliste et blogueuse cubaine Yoani Sánchez en mai 2014. Considéré comme journal «d’opposition», 14ymedio est né dans l’idée de créer un équilibre face au monopole des médias «officiels» institués par le régime. À travers ses reportages sur la vie quotidienne de l’île, ses chroniques politiques et de nombreuses rubriques culturelles et sociales, 14ymedio revendique son «engagement pour la vérité, la liberté et la défense des droits humains sans postures idéologiques ou partisanes».

Enfants immigrés séparés de leurs parents aux États-Unis : entre cynisme et irresponsabilité

L’application de la loi anti-immigration souhaitée par l’administration Trump a profondément choqué les États-Unis. 2300 enfants ont été séparés de leurs parents et retenus dans des centres d’hébergement depuis le mois d’avril, suscitant une vague d’indignation aux États-Unis et dans le monde avant que Donald Trump ne signe un décret le 20 juin pour mettre fin à cette loi.

Photo : Slate

Depuis le mois d’avril, Donald Trump a défendu bec et ongles sa politique de «tolérance zéro» aux frontières. Pour lutter radicalement contre l’immigration illégale à la frontière avec le Mexique, M. Trump et son ministre de la Justice Jeff Sessions, partisan d’une ligne dure, ont remis au goût du jour une ancienne loi qui n’était jusqu’ici que peu appliquée. Cette loi a permis de poursuivre automatiquement au pénal les adultes sans papier qui passent la frontière, avec pour conséquence l’envoi des enfants dans des centres d’hébergement. 

«Si vous ne voulez pas que votre enfant soit séparé de vous, alors ne l’emmenez pas.» C’est ainsi que M. Sessions a compté cyniquement dissuader les familles qui fuient les violences de l’Amérique centrale. Plus de 2300 enfants ont été séparés de leurs familles ces deux derniers mois, suscitant l’indignation et une grande émotion dans tout le pays après la diffusion d’images montrant les jeunes migrants en pleurs derrière des grillages. La contestation a pris de l’ampleur au sein de l’opinion publique, auprès des élus du camp des Démocrates et même parmi les soutiens conservateurs de M. Trump. 

Face à la polémique, M. Trump a tenté de justifier son action en affirmant qu’il ne faisait que respecter la loi, promulguée par les Démocrates selon ses dires, ce qui est totalement faux. Plus affligeant encore, M. Sessions a cité des passages de la Bible pour se défendre : «Je pourrais vous renvoyer à l’apôtre Paul et à son commandement clair et sage […] qu’il faut obéir aux lois du gouvernement car Dieu les a décrétées afin d’assurer l’ordre.» À noter que ce passage de la Bible a souvent été utilisé au XIXe siècle pour légitimer l’esclavage face aux abolitionnistes.

Si M. Trump semble assez peu sensible au sort de ces familles, les pays latino-américains ont vivement condamné la politique étasunienne, qualifiée de «cruelle et inhumaine» par le Mexique. Le Honduras et le Salvador ont également demandé aux États-Unis de ne pas séparer les enfants de migrants de leur famille pour éviter les troubles psychologiques des plus jeunes. Le Mexique, l’Équateur, la Colombie et le Guatemala ont par ailleurs saisi la Commission interaméricaine des droits de l’homme pour demander à protéger les droits des familles, l’intégrité physique et la liberté personnelle. Les pays d’Amérique centrale sont en effet les premiers touchés par cette situation, puisque la plupart des migrants viennent de cette région.

Avec la pression internationale qui s’est accentuée et surtout sous la pression de l’opinion publique étasunienne, M. Trump a finalement dû reculer sur la question en signant un décret le 20 juin pour mettre fin à cette loi plus proche de «l’humanité zéro» que de la «tolérance zéro» comme l’a souligné un sénateur démocrate. Mais ce recul pourrait n’être qu’apparent. La stratégie de M. Trump semble consister une fois de plus à employer la manière forte et à déclarer des formules chocs efficaces pour parvenir à ses fins. Il pourrait ainsi forcer les Démocrates à faire des concessions au Congrès sur les projets de lois sur l’immigration actuellement en débat. Ces manœuvres politiques lui permettent de caresser l’espoir d’accomplir un de ses rêves : bâtir un grand mur à la frontière sud, et payé par le Mexique par dessus le marché.

Gabriel VALLEJO

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