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31 mai 2018

Nuits de Fourvière de Lyon : quatre spectacles latinos à voir absolument cet été

Du 1er juin au 28 juillet 2018, Lyon accueillera la 73e édition des Nuits de Fourvière dans le Théâtre antique. Le festival pluridisciplinaire, rendez-vous culturel très attendu chaque été, propose soixante représentations de théâtre, cirque, danse et musique. Au programme ? Quatre spectacles avec des artistes latinos de tout premier plan.

Photo : Ney Cohelo

Le célèbre danseur cubain Carlos Acosta présentera les 7 et 8 juin son spectacle « Acosta Danza ». Alors qu’il rêvait de devenir footballeur dans le quartier pauvre d’Arroyo Naranjo à la Havane, son père l’inscrit à l’école de ballet Alejo Carpentier pour lui inculquer la discipline. Le cadet d’une famille de onze enfants se prend alors de passion pour la danse et enchaîne les succès. Distingué à de nombreux prix prestigieux depuis les années 1990, Carlos Acosta est depuis lors célébré dans le monde entier. Le spectacle « Acosta Danza » sera présenté en cinq temps avec cinq chorégraphes de renom pour diriger la compagnie cubaine, dont l’artiste d’avant-garde de la danse cubaine Marianela Boán et le belge Sidi Larbi Cherkaoui. Un programme grandiose qui offrira une vision panoramique à l’art de la danse.

Viendra ensuite le 5 juillet la famille Veloso au grand complet : l’immense Caetano Veloso avec ses fils Moreno, Zeca et Tom. L’artiste brésilien est à la fois le digne héritier des plus grands chanteurs de son pays tels que Tom Jobim ou João Gilberto et un créateur de génie. Fondateur du mouvement contestataire Tropicália avec Gilberto Gil, exilés à Londres sous la dictature, ils ont ensemble révolutionné la musique brésilienne post-bossa-nova : l’introduction de la guitare électrique a bouleversé le mouvement de la bossa-nova qui commençait à s’essouffler à la fin des années des 60. Mélangeant la bossa à la pop, le tango au fado, le carnaval au rock, le poète a réinventé sans cesse les genres. Curieux, sensuel et frondeur, controversé voire détesté à ses débuts pour son caractère novateur, il est aujourd’hui porté aux nues pour son audace et son talent.

Autre temps fort du festival, le charismatique Seu Jorge rendra hommage le 6 juillet à David Bowie avec son album The Life Aquatic tiré du film de Wes Anderson. Seu Jorge y jouait alors le rôle d’un marin solitaire chantant sur son bateau les chansons de David Bowie en portugais. Le maître de la samba-pop reprend son rôle en concert avec son bonnet rouge et sa guitare, accompagné par l’orchestre de l’Opéra de Lyon pour une prestation sur mesure. Le chanteur à la voix de baryton tantôt voluptueuse tantôt rocailleuse, également acteur dans le film La Cité de Dieu, influence la scène musicale de la samba-pop depuis le début des années 2000 : on se souvient de ses interprétations débordantes d’énergie et pleines de panache de Carolina et País Tropical.

Enfin, le reggae s’affichera dans toute sa splendeur avec la Nuit Havana meets Kingston le 21 juillet : onze fines gâchettes cubaines et jamaïcaines se partageront les richesses du Buena Vista et du dancehall, de la rumba et du dub, des traditions indémodables comme des sons dernier cri de leurs deux îles. Avec en tête d’affiche Ken Boothe, le crooner à la voix magnétique patinée par un demi-siècle de carrière, qui chantera un reggae élégant et sensuel.

Gabriel VALLEJO

Les quatre spectacles auront lieu au grand Théâtre antique de Lyon. Jeudi 7 et vendredi 8 juin (21 h 30) : Acosta Danza avec Carlos Acosta ; jeudi 5 juillet (21 h) : Ofertorio : Caetano, Moreno, Zeca et Tom Veloso puis Antonio Zambujo (solo) ; vendredi 6 juillet (21 h 30) : Seu Jorge et les musiciens de l’orchestre de l’Opéra de Lyon : The Life Aquatic – A tribute to David Bowie ; samedi 21 juillet (20 h) : Nuit Reggae Caraïbes, Havana meets Kingston, avec Ken Boothe et Meta Dia. La programmation complète et les réservations sont à retrouver sur le site officiel des Nuits de Fourvière.

La Colombie adhère à l’Organisation de coopération et de développement économiques

Le président de la République française, M. Emmanuel Macron, et le secrétaire général de l’OCDE, M. Angel Gurría, ont ouvert la réunion annuelle du conseil de l’OCDE au niveau des ministres en appelant les pays à déployer davantage d’efforts afin que la coopération multilatérale réponde efficacement aux défis du monde d’aujourd’hui.

Photo : OCDE

Cette réunion ministérielle de 2018, présidée par la France, traitera de diverses thématiques, notamment la coopération pour promouvoir une croissance inclusive, le renforcement du commerce international, la coopération en matière de fiscalité et de changement climatique, les solutions pour répondre à l’impact de la transformation numérique et des nouvelles technologies, et le maintien du financement des Objectifs de développement durable. Sur le thème «Refonder le multilatéralisme pour des résultats plus responsables, plus efficaces et plus inclusifs», les ministres examineront comment améliorer le multilatéralisme et faire en sorte qu’il réponde mieux aux besoins de ceux qui estiment ne pas avoir recueilli les fruits de la mondialisation, tout en permettant de relever de nouveaux défis.

«La coopération multilatérale a donné lieu à des avancées sans précédent et a grandement contribué à l’amélioration de la vie des populations au cours des 70 dernières années, comme en attestent des accords phares tels que l’Accord de Paris sur le climat et les Objectifs de développement durable. Pourtant, nombreux sont ceux qui se sentent exclus des bienfaits de la mondialisation de l’économie, et estiment que le système multilatéral ne produit pas les résultats escomptés. Au cours des deux prochains jours, nous aurons l’occasion de commencer à remodeler les fondations du multilatéralisme pour le rendre plus responsable, plus efficace et plus inclusif, de sorte qu’il profite à tous», a déclaré M. Gurría devant les participants à la réunion ministérielle.

«Le multilatéralisme n’est pas une addition de bilatéralismes. C’est un dialogue à plusieurs voix, une polyphonie de l’action et de la pensée, et c’est cette polyphonie que nous devons apprendre ensemble à tisser, à réinventer, à rendre juste et efficace dans le monde qui est le nôtre,» a dit le Président Emmanuel Macron. «L’OCDE s’est judicieusement placée au cœur de combats contemporains décisifs, et notamment le combat contre les inégalités, et ce sont ces combats que je suis venu saluer et appuyer.»

«Avec l’adhésion de la Colombie et de la Lituanie, l’OCDE devient un forum plus dynamique, pluraliste et inclusif pour l’échange et le partage des meilleures pratiques», a déclaré M. Gurria lors de la cérémonie de signature. «Le processus d’adhésion a été un catalyseur pour des réformes impressionnantes, qui ont non seulement profité aux deux pays, mais qui sont également des sources d’inspiration et d’apprentissage pour d’autres membres de l’OCDE et partenaires confrontés à des défis similaires.»

Étaient également présents à l’ouverture de la réunion ministérielle, la présidente de la République de Lituanie, Mme Dalia Grybauskaitė et le président de la République de Colombie, M. Juan Manuel Santos, qui ont participé à une cérémonie de signature officielle consacrant l’adhésion imminente de leur pays à l’OCDE en tant que 36ème et 37ème membres. Leurs adhésions entreront en vigueur une fois que la Lituanie et la Colombie auront pris les mesures appropriées au niveau national pour adhérer à la Convention de l’OCDE et déposé leur instrument d’adhésion auprès du gouvernement français, dépositaire de la Convention.

D’après l’OCDE

«Notre monde mort», un recueil de nouvelles à l’étrangeté inquiétante par la Bolivienne Liliana Colanzi

On ne cesse de nous répéter que la nouvelle n’est pas (n’est plus) «porteuse» en France. Nous qui tentons de jouer notre rôle de passeurs, d’intermédiaires entre éditeurs et lecteurs, nous doutons de l’exactitude du propos : que la nouvelle se vende moins que le roman, c’est très probable. Mais qu’elle n’ait pas d’amateurs est une idée entièrement fausse, il suffit d’écouter les personnes qui assistent à nos rencontres des Belles latinas et qui régulièrement nous font part de leur frustration de ne pas en avoir plus à leur disposition. Alors merci aux éditions Buchet-Chastel qui, ce mois-ci, nous font découvrir une jeune auteure bolivienne et son premier ouvrage traduit en français.

Photo : Lourdes Plata

Liliana Colanzi, née en 1981, vit aux États-Unis où elle enseigne dans une université. Elle fait partie d’une génération de jeunes femmes qui partagent un même état d’esprit, une même conception de la littérature. Originalité et exigence sont probablement les mots qui les définissent le mieux. Elles redoutent la banalité plus que tout et demandent à leurs lecteurs d’accepter de les suivre, faute de quoi ils seront largués. Parmi les représentantes de ce qui deviendra peut-être un courant littéraire, on peut citer Samanta Schweblin, Valeria Luiselli, Lina Meruane et, bien sûr, Liliana Colanzi.

Ces huit nouvelles ont de quoi surprendre, d’abord par leur variété, qui va d’un presque classicisme («Météorite»), d’un presque fantastique («L’œil»), d’une presque science-fiction («Notre monde mort») au presque récit d’horreur («Alfredito»), ces presque s’imposant pour chacune, car elles sont toutes ancrées dans un réel entièrement quotidien.

Subtilement, Liliana Colanzi sort du quotidien pour nous plonger… dans le littéraire. Pourtant ce qu’elle écrit n’est pas franchement élitiste, exigeant mais pas élitiste. Cela ne l’empêche pas par exemple d’aborder des thèmes de société, comme l’expulsion violente d’Indiens pour installer sur leurs terres des plateformes pétrolières.

Si l’on attend des récits «raisonnables», on sera désorienté, frustré, avec l’impression qu’une lecture ne suffit pas pour absorber tout ce qui est offert par l’auteure (mais est-ce «raisonnable» d’attendre de la littérature du «raisonnable» ?). Si l’on veut bien accepter ce qui nous est ainsi proposé, si l’on veut bien accepter de découvrir une voix nouvelle, prometteuse, il faut se lancer, on ne pourra qu’y gagner !

Christian ROINAT

Notre monde mort de Liliana Colanzi, traduit de l’espagnol (Bolivie) par Juliette Barbara, Buchet-Chastel, 128 p., 13 €. Liliana Colanzi en espagnol : Nuestro mundo muerto, Eterna Cadencia, 2017.

Le Brésil à l’honneur en juin au Festival international du film d’animation d’Annecy

La riche programmation du Festival international du film d’animation d’Annecy, qui se déroulera du 11 au 16 juin prochain, vient d’être dévoilée, avec 218 films, issus de 93 pays, en sélection officielle et des avant-premières très attendues. Rendez-vous important de l’image en mouvement, le festival propose une sélection officielle avec un panel de films d’animation utilisant des techniques diverses : dessins animés, papiers découpés, pâte à modeler, stop motion, 3D… classés dans différentes catégories, du long au court métrage, en passant par les films de télévision et de fin d’études.

Photo : Festival international du film d’animation d’Annecy

Pour cette 42e édition, le pays à l’honneur sera le Brésil. «Nous souhaitons ainsi souligner, déclare Marcel Jean, délégué artistique, l’émergence d’une véritable cinématographie, qui a donné au Festival deux Cristal du long métrage au cours des cinq dernières années : Rio 2096 : A Story of Love and Fury de Luiz Bolognesi en 2013 et Le Garçon et le monde d’Alè Abreu en 2014. Cela sans compter le court métrage Guida de Rosana Urbes, prix Jean-Luc Xiberras de la première œuvre et mention spéciale du prix Fipresci en 2015. L’animation brésilienne s’est donc distinguée à Annecy pendant trois éditions consécutives du Festival. Il s’agit d’une affiche exceptionnelle qui, à elle seule, justifie notre volonté d’explorer plus en profondeur la production nationale…. Nous souhaitons que 2018 soit l’occasion de célébrer l’énergie culturelle du Brésil, montrer comment ce grand territoire est une puissante source de création, comment les animateurs brésiliens ont su y puiser une expression singulière et forte.»

Le festival est donc l’occasion de découvrir trois programmes de courts métrages, panorama de la production brésilienne, qui abordent des sujets de société tels que la déforestation, le sexe, la sensualité ou encore la musique, ainsi qu’un programme de séries télé et de films de commande, plusieurs longs métrages et une exposition sur l’art numérique.

Vingt-trois longs métrages ont été sélectionnés, dont dix en compétition avec, notamment, Miraï, ma petite soeur de Mamoru Hosoda (que l’on verra d’abord à la Quinzaine des Réalisateurs de Cannes), Parvana, une enfance en Afghanistan de Nora Twomey (qui sort le 27 juin) et Funan de Denis Do, seul film français en course pour le Cristal d’or.

Trois films latinos seront présentés : Virus tropical de Santiago Caicedo (Colombie), qui raconte l’histoire de Paola, née d’un père prêtre et d’une mère qui ne peut plus avoir d’enfants, qui grandit entre l’Équateur et la Colombie dans une famille haute en couleurs. Dans La casa lobo de Cristóbal León et Joaquín Cociña (Chili), une jeune femme nommée Maria trouve refuge dans une maison après avoir échappé à une secte de fanatiques religieux allemands au Chili. Enfin, Tito et les oiseaux de Gabriel Matioli, Yazbek Bitar, André Catoto Dias et Gustavo Steinberg (Brésil) suit la vie d’un garçon de dix ans qui s’est donné pour mission de sauver le monde d’une étrange épidémie : les gens tombent malades de peur.

Les courts métrages seront comme chaque année très présents à travers cinq sélections : Off-Limits (8), Perspectives (18), Jeune public (10), Fin d’études (48) et, en compétition internationale, quarante-six films en lice, dont deux films latinos : Guaxuma de Nara Normande (Brésil, France) et Afterwork de Luis Usón et Andrés Aguilar (Équateur, Espagne, Pérou).

Les chaînes de télévision viennent aussi présenter leurs grilles et compléter leur catalogue au Marché international du film d’animation. Si le soleil est au rendez-vous, vous apprécierez les projections en plein air au Pâquier, au bord du lac. C’est donc une très riche programmation qui attend les amoureux du cinéma d’animation, dont de nombreux films s’adressent désormais d’abord aux adultes.

Alain LIATARD

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