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juillet 2015

Théâtre argentin et Maylis de Kerangal à Avignon

Du in au off, avec des hauts et des bas, la 69e édition s’achève ce samedi. Entre émergence d’un «théâtre d’auteur» et affirmation de la scène argentine, bilan. Deux journalistes de Libération, le 24 juillet 2015, reviennent sur la place des latinos au Festival d’Avignon 2015. Voici quelques extraits qui vont vous intéresser.

Argentine, le temps des fantômes

Présent dans cette édition avec quatre créations – dont une lecture en préfiguration d’un spectacle à venir -, le théâtre argentin est en soi un continent dont on n’a pas fini de faire le tour. Avec l’ambiguïté que cela suppose quand Sergio Boris se contente dans El Syndrome de reconstituer une Argentine d’Epinal qui fait écran à la réalité profonde de ce pays. Autrement plus étrange, même si pas tout à fait convaincant, est le huis clos sis au milieu de nulle part imaginé par Claudio Tolcachir dans Dinamo où, à travers la cohabitation improbable de trois femmes, fantômes du passé et personnages réels se confondent presque dans l’espace confiné d’un mobile home. Le passé déformé et réinterprété est également au cœur de Cuando vuelva a casa voy a ser otro (“Quand je rentrerai à la maison, je serai un autre”) où Mariano Pensotti multiplie les récits dont les bifurcations comiques et vertigineuses mettent en scène un jeu de cache-cache entre mémoire et oubli, marqué par l’irruption intempestive d’un irrésistible phénomène de falsification. Adepte lui aussi des constructions labyrinthiques, Rafael Spregelburd s’intéresse à la difficile construction européenne qu’il observe en tant qu’Argentin d’un regard ironique et distancié dans Fin de l’Europe, œuvre monumentale dont Marcial Di Fonzo aura donné à entendre les deux premiers chapitres dans le cadre de lectures au mussée Calvet.

La vogue des pièces courtes

Le Festival d’Avignon est souvent l’occasion d’expérience de dilatation temporelle : pour exemple, l’année dernière le feuilleton théâtral de dix-huit heures, avec Henry IV par Thomas Jolly, ou, en 1987, l’intégrale du Soulier de satin, proposé par Antoine Vitez, le Mahabharata de Peter Brook en 1985, ou les Ephémères d’Ariane Mnouchkine. Tous ces spectacles sont restés gravés, le public applaudissant bien sûr les acteurs, mais aussi leur propre performance, en ayant le sentiment d’avoir pris part à une odyssée. Rien de tel, en cette édition : les pièces sont courtes, soixante-quinze minutes en moyenne, et un grand nombre est montré à 18 heures. Le festivalier 2015 se couche tôt, il peut rallumer vite son smartphone, les affaires courantes n’attendent pas. Est-ce pour des raisons économiques ? Ou un hasard de programmation ? Il nous semble simultanément qu’on a pu assister, du moins au sein du off, à un grand nombre de monologues, l’acteur se chargeant de faire imaginer tous les personnages. Entre tous ces spectacles à l’économie, citons la révélation Emmanuel Noblet, avec une adaptation de Réparer les vivants de Maylis de Kérangal*. Dans un autre genre, félicitons-nous que des performances (courtes) puissent néanmoins être propulsées sur scène, pendant plusieurs décennies, avec à chaque fois des modifications : Qu’on me donne un ennemi, d’après Heiner Müller, deux poèmes dits par André Wilms en rock star, dans la cour du musée Calvet, instrumentalisé par Mathieu Bauer, Lazare Boghossian, et Sylvain Cartigny, est encore et toujours mieux, à chaque fois.

Anne DIATKINE
Hugues LE TANNEUR

* Elle est invitée aux Belles Latinas de novembre prochain.

Cet été avec Haïti et la Isla Mínima

L’actualité cinématographique sera riche en productions hispanophones cet été avec la sortie de Port-au-Prince, Dimanche 4 janvier, récit des manifestations étudiantes contre la dictature du président Aristide en 2004 à Haïti, mais également de La Isla Mínima et La Niña de Fuego.

Port-au-Prince, dimanche 4 janvier du réalisateur haïtien François Marthouret. Ce 4 janvier 2004 en Haïti, on célèbre le bicentenaire de la déclaration d’indépendance. Depuis des mois, des manifestations étudiantes et populaires protestent contre la dictature du “Prophète”, le président Jean-Bertrand Aristide. Tout oppose Lucien, étudiant en philosophie, convaincu du succès de la manifestation vers la démocratie, à son jeune frère Little Joe, voyou recruté par les Chimères pour réprimer la marche des étudiants. Ce jour va sceller le destin des deux frères.

Le film est mis en scène par le comédien François Marthouret dont c’est la première réalisation au cinéma. “J’ai souhaité raconter, déclare-t-il, avec réalisme l’alternance de ces moments dans le contexte d’une épopée tragique, rythmée par le rêve de l’étudiant (de l’histoire intime à la grande), dans l’espace d’une matinée. Il ne s’agit ni d’un documentaire ni d’un reportage, mais comment les situations dans leur surgissement racontent les personnages par leurs actions plutôt que de justifier leur vie par des artifices de scénario, laissant l’espace au spectateur pour remplir le film de leurs émotions et de leurs interprétations. Il s’agit ici d’une chronique, d’une fable, d’un film et son langage. Le décalage évident entre Port-Au-Prince et Paris pourrait me servir de prétexte pour aller voir ailleurs si j’y suis. En réalité il nourrit une capacité de découverte et d’interrogation différente, une responsabilité politique et poétique.”

Le film est la libre adaptation du roman de Lyonel Trouillot (paru en 2004 et édité chez Actes Sud), “Bicentenaire, “De tous mes livres “Bicentenaire” est le plus marqué par les images. J’ai participé à ces manifestations. C’est un livre que j’ai écrit pour ne pas oublier. Les images de ces manifestations revenaient sans cesse et je voulais les fixer à jamais. Je travaillais sur un autre livre à l’époque mais “Bicentenaire” s’est imposé d’une certaine manière.”

Le film a été tourné à l’automne 2013 à Port-au-Prince bien entendu mais également sur l’île de la Guadeloupe qui a notamment participé au financement du film. François Marthouret a travaillé avec de jeunes acteurs haïtiens qui sont souvent dans des troupes de théâtre amateur. À Haïti il n’y a pas vraiment d’institutions suffisantes ou de productions cinématographiques qui permettent à ces gens d’en vivre professionnellement. Il a fait sa sélection dans le centre culturel dont s’occupe Lyonel Trouillot.

Disons-le, le film n’est pas complètement réussi. La réalisation est assez efficace, mais les jeunes acteurs surjouent un peu. Tout cela est normal pour une première œuvre. Mais l’intérêt du film est de nous ramener en 2004 aux révoltes sanglantes qui ont réussi en définitive à expulser le dictateur Aristide, le 29 février 2004, qui s’est ensuite exilé en Afrique du Sud, avant de rentrer à Port-au-Prince en 2011. Diverses actions de justice ont été entreprises contre lui mais il reste libre.

Le magnifique film espagnol La Isla Mínima.

Je profite de cette dernière chronique avant les vacances pour vous recommander deux films espagnols. La Isla Mínima sur les écrans depuis le 15 juillet est un beau polar, la recherche d’un tueur en série, sur lequel plane l’ombre du franquisme. Tourné de manière magnifique dans le delta du Guadalquivir avec ses milliers d’hectares de rizières, de marécages, idéal pour s’y cacher ou s’y perdre, le film d’Alberto Rodríguez a été couronné de 10 Goyas (dont meilleur film, meilleur réalisateur, meilleure image).

Autre sortie attendue : La niña de fuego de Carlos Vermut, le 12 août, Concha d’or et d’argent à San Sebastián en 2014: un trio (une femme et deux hommes) se retrouve plongé dans un tourbillon de tromperies où la lutte entre la raison et la passion tourne à la guerre des nerfs…

Alain LIATARD

Les personnalités de la semaine : Caetano Veloso et Gilberto Gil

19 juillet – MEXIQUE – Un garçon de 12 ans a été tué et quatre autres ont été blessés dans une fusillade dans la ville de L’Aquila, dans l’État du Michoacán. Les habitants de la communauté indigène d’Ostula avaient organisé une manifestation sur la route côtière pour demander la libération du chef des “auto-défenses” de la région, Semeí Verdía, qui avait été arrêté dans la matinée en possession d’armes à feu à l’usage exclusif de l’armée. Les habitants d’Aquila ont accusé les militaires d’avoir ouvert le feu contre les manifestants, tandis que le gouvernement de l’État a attribué les attaques à un groupe armé non identifié.

20 juillet – COLOMBIE – Dans les années 80, la Colombie avait créé un modèle atypique dans le monde entier pour classer la propriété en six catégories ou couches. L’idée était bonne, mais ce modèle est maintenant à redéfinir. Les bâtiments de 1 à 3 regroupaient les zones avec moins de ressources économiques. Dans le cas de Bogota, selon une étude réalisée par l’Université de Rosario, ils représentent 75%. Les services publics de ces espaces – eau, égouts, récolte d’ordures, électricité et gaz – sont subventionnés par les habitants des couches 5 et 6, auxquelles on présuppose un plus grand pouvoir économique et qui représentent 9%. Ceux de la couche 4 payent leurs services au coût réel. Le système qui n’a pas changé depuis 1994, paraît aujourd’hui obsolète et a même un aspect pervers. De nombreux bâtiments du centre-ville, considérés comme patrimoine, avec d’énormes appartements sont classés en catégorie 1.

20 juillet – BOLIVIE – Le conflit social de Potosi s’est transféré à la capitale bolivienne, La Paz, où des centaines de mineurs ont défilé et ont bloqué le centre afin d’exiger que le président Evo Morales reçoive les dirigeants du mouvement régional, qui a duré 15 jours. Bien qu’il n’y ait pas eu d’affrontements, le ministre de l’Intérieur Carlos Romero, croit que les manifestants cherchaient un affrontement avec la police alors qu’ils tentaient d’entrer sur la place. Le ministre a déclaré que l’intention des manifestants d’accéder au centre du pouvoir indique que son but est politique, et non le régionalisme. Les grévistes ont exposé 26 revendications, qui comprennent la construction d’un aéroport international, une centrale hydroélectrique et des usines de verre et une cimenterie.

20 juillet – COLOMBIE – Les guérilleros des FARC, auxquels sont attribuées 145 attaques dans les deux derniers mois, ont commencé, le jour de la fête nationale colombienne, une nouvelle trêve unilatérale, la sixième depuis le début de pourparlers de paix à La Havane il y a près de trois ans. Le Secrétariat des FARC, la plus haute autorité de l’organisation, a ordonné à ses hommes de cesser toute action contre les forces armées et d’infrastructure, comme un moyen de commencer à réduire l’intensité du conflit armé et d’accélérer un cessez-le-feu bilatéral et définitif. Le président Juan Manuel Santos a déclaré qu’il étendrait quatre mois pour prendre une décision sur l’opportunité ou non que le processus de paix se poursuive.

20 juillet – MEXIQUE – “L’Église ne déteste pas les homosexuels, elle les aime et souffre s’ils souffrent, de sorte qu’elle s’oppose au mariage gay”, a publié l’éditorial du journal de l’Archidiocèse de Mexico. Un mois après que, dans une décision historique, la Cour suprême avalise la légalité des liens entre les personnes du même sexe. Le cardinal de Mexico Norberto Rivera a vilipendé ce type de mariage sur la base de sa conception de l’homosexualité comme une maladie.

21 juillet – BRESIL – Les deux musiciens brésiliens Caetano Veloso et Gilberto Gil [photo] étaient les vedettes de la première édition du Festival de musique universelle, qui s’est tenu jusqu’au 27 juillet au Teatro Real de Madrid. Ensemble ils célèbrent cette année 50 ans de carrière et d’amitié avec le spectacle Caetano & Gil-two friends, one century of music, dans lequel les deux sont présents sur scène accompagnés de leurs guitares.

21 juillet – MEXIQUE – L’armée mexicaine est dans un tourbillon de controverse une nouvelle fois au sujet de son respect pour les droits de l’homme. Le dernier cas est la mort de sept jeunes travailleurs à Zacatecas (centre du Mexique) par quatre soldats qui ont été arrêtés en tant que suspects : un officier et trois soldats ont été interrogés. Les juges militaires et civils, en plus de la Commission nationale des droits humains (CNDH) ont ouvert des enquêtes sur ce qui est arrivé à Zacatecas dans la localité rurale de Calera, à mi-chemin entre les villes de Zacatecas et Fresnillo, la capitale. Sept paysans – cinq hommes et deux femmes, dont deux paysans mineurs – ont disparu. Leurs familles ont assuré aux autorités que des véhicules militaires étaient arrivés chez eux et qu’ils avaient été enlevés de force en disant qu’ils cherchaient des armes et de la drogue. Par la suite, les corps des sept disparus ont été découverts. Selon l’examen médico-légal, des corps, qui étaient en décomposition avaient des traces de passages à tabac. Cinq ont été identifiés et deux autres auront à subir des tests génétiques. Le Secrétariat de la Défense nationale a fait une déclaration reconnaissant que la propre enquête de l’armée il y a des “signes d’une probable implication de personnel militaire” dans le meurtre des ouvriers.

21 juillet – CUBA – Selon l’enquête menée entre le 14 et 20 juillet 2015 – jour où les ambassades de Washington et de La Havane ont été rouvertes – auprès de 2002 adultes à travers les USA, 73% des États-uniens disent qu’ils approuvent la restauration des relations diplomatiques. Ce sont 10 points de pourcentage de plus qu’en janvier. Et bien que le soutien est beaucoup plus élevé chez les démocrates (83%) et les indépendants (75%), le nombre de républicains qui salue cette étape est non négligeable, 56% et 16 points de plus qu’en janvier, sur une enquête similaire avec le même nombre de personnes. De même 72% a appelé à mettre fin à l’embargo. L’enquête menée auprès de 6 000 personnes dans six pays d’Amérique latine – Argentine, Brésil, Chili, Mexique, Pérou et Venezuela – a donné une moyenne de 76% d’appui du rétablissement des relations diplomatiques entre Washington et La Havane. La fin de l’embargo a le soutien de 77% de la région.

21 juillet – AMÉRIQUE LATINE – Dans les quartiers pauvres d’Amérique latine il est commun de voir des milliers de câbles électriques illégaux entrelacés dans un enchevêtrement de connexions sans fin. Bien que 96% des habitants de la région aient l’électricité, 24 millions de Latino-américains n’ont toujours pas d’accès – légal ou illégal – aux réseaux d’énergie électrique. La régularisation des abonnés et une utilisation plus efficace de l’énergie sont une priorité pour le Brésil, un pays où on consomme 40% de l’électricité de l’Amérique latine et qui a déjà vécu pendant plusieurs mois la menace régulière de rationnement. Et aussi pour toute la région, où l’on s’attend à ce que l’utilisation augmente d’un 550% en 2050. L’Argentine, l’Haïti, le Mexique et le Paraguay reçoivent des investissements similaires à ceux du Brésil, tant pour améliorer l’infrastructure comme pour rééduquer les consommateurs. Les activités sont développées tant dans des zones rurales comme dans les villes, précisément pour que les connexions électriques clandestines soient chaque fois moins communes.

21 juillet – BOLIVIE – Un juge a mis en prison Carlos Chavez, le président “historique” de la Fédération bolivienne de Football (FBF) et trésorier de la Confédération sud-américaine de football et a ordonné l’assignation à résidence du Secrétaire général de la FBF, Alberto Lozada. Ce juge a suivi le procureur qui a accusé de différentes charges, entre autres de trafic d’influence, d’escroquerie aggravée sur de multiples victimes et de crime organisé.

22 juillet – NICARAGUA – Un projet éducatif dispense aux populations les plus isolées du sud du Nicaragua une formation pour jeunes et adultes de la part d’une brigade de professeurs bénévoles. Bien que le gouvernement du Front sandiniste de libération nationale (FSLN) ait promu depuis 1979 un certain nombre de réformes majeures de l’éducation, y compris la création d’un réseau de petites écoles primaires dans ces zones, la situation actuelle montre une grave pénurie de centres d’enseignants de base et même de professeurs préparés pour le secondaire, du fait du manque de ressources et de politiques de l’État. En 2015, peu de choses ont été inscrites au budget de 2,4% du PIB dans l’enseignement primaire et secondaire, si l’on considère que, pour résoudre à minima les problèmes qui existent dans l’éducation, un investissement entre 4 à 6% du PIB serait nécessaire, selon UNESCO.

22 juillet – BRÉSIL – La journaliste brésilienne Dorrit Harazim a été témoin et a relaté les faits historiques qu’elle a connus dans sa carrière de 50 ans et pour laquelle cette année elle recevra la Reconnaissance de l’Excellence du Prix Gabriel García Márquez de Journalisme le 30 septembre à Medellín, en Colombie.

22 juillet – CUBA – Les États-Unis et Cuba signent leur premier accord bancaire depuis le dégel politique entre Washington et La Havane le 17 décembre. Une banque de Floride, la Stonegate Bank a signé le premier accord d’une institution bancaire nord-américaine avec une Cubaine, la Banque Internationale de Commerce (BICSA) qui a été fermée à la Havane, un jour après que les États-Unis et Cuba ont rétabli des relations diplomatiques et la réouverture de leurs ambassades. Dès qu’il entre en vigueur, dans les prochaines semaines, l’accord permettra de gérer des paiements et des transactions directement entre les deux pays à travers leurs succursales respectives. “La capacité de déplacer de l’argent facilement entre les deux pays permettra d’augmenter le commerce et profitera aux entreprises américaines qui désirent faire des affaires à Cuba”, a dit le président de Stonegate, David Seleski, dans un communiqué.

22 juillet – VENEZUELA – Un ordre administratif de la Surintendance Nationale de Gestion Agro-alimentaire cherche remplir les étagères vides du réseau étatique. La mesure fait partie de la stratégie électorale qui cherche fermer la brèche en prévision des élections parlementaires de décembre. La création de toute cette bureaucratie administrative répond à l’idée de garantir ce que le chavisme appelle “la souveraineté agro-alimentaire” par la planification centralisée de l’économie. Des économistes de l’opposition assurent que la mesure fera que les prix des produits augmenteront.

23 juillet – MEXIQUE – La mesure semestrielle de la pauvreté par le Conseil National pour l’Évaluation des Politiques de Développement Social (CONEVAL) a révélé que le nombre de Mexicains pauvres est en augmentation de deux millions de personnes. L’étude estime que 55,3 millions de Mexicains avec peu de ressources, quand en 2012 elle en comptait 53,3 millions soit 46,2% des Mexicains.

23 juillet – COLOMBIE – Le Centre Démocratique, le parti de l’ancien président Alvaro Uribe, veut imposer des restrictions sur l’âge auquel les Colombiens se marient et propose, avec un amendement à la loi actuelle, que cet âge légal soit porter à plus de 18 ans, alors que maintenant la limite est de 14 ans. Le projet a été présenté cette semaine au Congrès et permettrait de dépasser tous les débats interdisant les mariages entre mineurs, bien que dans quelques régions conservatrices, les adolescentes qui s’avèrent enceintes soient obligées de se marier par leurs pères pour éviter ce que l’on appelle le déshonneur.

23 juillet – BRÉSIL – Le chômage a atteint 6,9% en juin dans six grandes villes du Brésil où, il y a un an, il était de 4,8%, selon les données récentes publiées par l’Institut Brésilien de Géographie et de statistique (IBGE). Ce chiffre pour cette année est aussi le pire depuis juin 2010 : 7%. Dans le même temps, la présidente Dilma Rousseff s’effondre dans les sondages: seulement 7,7% des citoyens approuvent son gouvernement, selon une étude de la Confédération nationale du transport (CNT / MDA). 70,9% pensent que la gestion est “mauvaise” ou “très mauvaise”.

24 juillet – CHILI – Un ex-soldat de l’armée chilienne a dénoncé devant la Justice un accord pour pour cacher durant 29 ans un des actes de répression d’un impact majeur de la dictature d’Augusto Pinochet : le décès du photographe de 19 ans Rodrigo Rojas De Negri et les blessures graves à l’étudiante universitaire Carmen Gloria Quintana, de 18 ans, qui ont été brûlés avec de l’essence par des militaires après avoir pris part aux protestations sociales contre le régime de juillet 1986. La version du témoin, Fernando Guzmán, a permis au juge Mario Carroza de rouvrir le procès pour homicide, après près de trois décennies et d’arrêter sept anciens membres retraités de l’armée.

24 juillet – MEXIQUE – La réforme éducative, un des grands projets du président Enrique Peña Nieto, est entrée cette semaine dans son point critique. Dans une décision sans précédent, le gouvernement mexicain s’en est pris à son principal foyer de résistance, la radicale Coordination Nationale de Travailleurs de l’Éducation (CNTE) et, sans donner de repos à ses dirigeants, leur a retiré le contrôle des institutions éducatives qu’ils avaient sous leur pouvoir, il a gelé ses comptes bancaires et a déployé l’armée et la police pour imposer l’ordre. La force de l’action a laissé, pour l’instant, sans initiative le belliqueux syndicat. Bien qu’on prévoie une escalade de tension, le chemin pour implanter la réforme historique paraît avoir été dégagé.

24 juillet – GUATEMALA – Le présumé narcotrafiquant guatémaltèque Jairo Orellana, El Pelón, a été extradé aux États-Unis. L’opération a requis des mesures de sécurité inhabituelles, comme le survol d’hélicoptères sur l’aéroport militaire La Aurora, jusqu’à l’escorte qui l’a accompagné en jet de la DEA. Il a volé de la drogue à des organisations rivales, normalement avec la complicité des autorités et plus de 1 500 kilos de cocaïne à la Reina del Sur, où il travaillait aux ordres du cartel de Sinaloa – conduit par Joaquin El Chapo Guzmán-, ce qui a provoqué la fureur de ses rivaux et est devenu la cible d’un attentat auquel il a survécu en 2012.

26 juillet – AMÉRIQUE LATINE – La sidérurgie chinoise est 6% moins cher que le reste du monde et produit dans les usines appartenant à l’État dans des conditions de concurrence déloyale et sans répondre à des critères de marché. Les syndicats patronaux des sidérurgistes de l’Argentine, du Brésil, du Chili, de la Colombie, du Mexique et du Pérou ont envoyé une lettre conjointe aux gouvernements pour exiger des mesures pour freiner les importations.

27 juillet – CHILI – Le réalisateur chilien Pablo Larraín, lauréat du Grand Prix du Jury à la dernière Berlinale pour son film El club, a posé son regard sur l’une des figures les plus célèbres et internationales du XXe siècle, le prix Nobel chilien Pablo Neruda, et sur la période inexplorée de la vie du poète: la scène où l’écrivain a été persécuté par le gouvernement chilien de Gabriel González Videla, qui a décrété en 1948 la loi maudite contre les militants communistes. Transformé en une figure de proue du monde des lettres, c’est à cette époque où Pablo Neruda a terminé de modeler sa personnalité politique qui a marqué les 25 années suivantes de sa vie jusqu’à son décès en septembre 1973.

 Guy MANSUY

Carmen Gloria et Rodrigo brûlés vifs le jour de la grève en 1986…

Après 29 ans de pacte du silence, un ancien militaire révèle la réalité derrière ce qui est connu au Chili comme El Caso Quemados  : deux jeunes gens brûlés vifs le jour de la grève générale du 2 juillet 1986. Le garçon meurt, la fille survit brûlée à 60 %… Le dossier de justice, rouvert pour homicide, compte déjà douze arrestations. Qui a donné les ordres ? Des enjeux politiques. Et un espoir de justice.

Les faits

L’année 1986 s’inscrit comme une époque de grande espérance pour l’opposition à la dictature. L’Assemblée de la civilité s’impose comme l’instrument unificateur d’une ample mobilisation populaire. Lorsque l’Assemblée appelle à une grève générale les 2 et 3 juillet, on pressent que le moment est historique.

Le 2 juillet, malgré les menaces de répression, de la perte d’emploi ou même de la vie de la part du régime contre toute personne ayant l’intention de participer, la grève est un succès total. Pas un magasin d’ouvert, quelques bus vite rentrés au dépôt, aucune activité commerciale, les employés vite renvoyés chez eux. À 10 heures du matin, Santiago paraît vidée de ses habitants. Mais pas de ses militaires ni de ses policiers : camions bâchés, blindés, voitures aux vitres fumées de la police secrète CNI, véhicules anti-émeutes, bus kakis aux vitres grillagées de la police, patrouilles militaires casquées et armées jusqu’aux dents le visage peint en noir, les rues du centre sont bourrées d’uniformes en tout genre. Les seuls civils visibles sont les journalistes dont l’auteur de cet article ! La grève se termine par la mort de sept personnes abattues par les forces de l’ordre militaire. L’épisode le plus effroyable est sans conteste l’acte bestial d’une patrouille militaire contre deux jeunes gens (1).

Carmen Gloria et Rodrigo brûlés vifs

Un groupe de jeunes gens s’est donné rendez-vous rue Fernando Yungue dans le but de dresser une “barricade” : des pneus et quelques bouts de bois enflammés pour faire de la fumée, un acte symbolique plutôt qu’une véritable entrave à la circulation. Parmi eux, Carmen Gloria Quintana, une étudiante de 18 ans, et Rodrigo Rojas De Negri, un journaliste-photographe de 19 ans. Soudain, une camionnette remplie de militaires en armes tourne le coin de la rue et fonce sur eux. Carmen Gloria et Rodrigo sont capturés.

La description des faits ci-dessous est celle de Fernando Guzmán, un des militaires présents, qui brisera fin juillet 2015, le mur du silence orchestré par l’armée depuis 29 ans (2). “Je dois d’abord dire que toutes les déclarations antérieures sont des mensonges que l’on m’a obligé à dire… Le 2 juillet 1986, je suis radio à bord d’une camionnette de patrouille de l’armée sous les ordres du lieutenant Figueroa. Les deux autres camionnettes sont sous les ordres des lieutenants Castañer et Fernández Dittus. J’ai vu que deux personnes, un homme et une femme, étaient détenus devant un mur. Le lieutenant Castañer donne l’ordre à un soldat d’arroser les détenus avec de l’essence puis s’approche un briquet à la main. Les deux détenus sont immédiatement enveloppés par les flammes. La fille se met à courir mais est rattrapée par un soldat qui éteint les flammes avec une couverture. Le sergent Medina en fait autant avec le garçon. Castañer propose à Dittus de les tuer mais celui-ci dit que non, car il est catholique. Dittus ordonne de porter les détenus dans la camionnette. Nous avons ensuite reçu des ordres des officiers supérieurs dans le but d’occulter ce qui s’est vraiment passé ce matin-là…” Les victimes seront jetées sur le bas-côté d’un terrain vague près de l’aéroport, découverts par une patrouille de police et envoyés à l’hôpital.

Le régime contre-attaque

Le ministre de la Défense en 1986 est l’amiral Carvajal : il “nonce une campagne internationale menée par les communistes contre le Chili” et “dément toute présence militaire” lors du crime. Mais le propre rapport des lieutenants le contredit : “Dans le cadre de leur mission de faire respecter l’ordre public, la patrouille a détenu deux sujets. Un des détenus, suite à une action malencontreuse, a renversé une bouteille de produit inflammable qui a mis le feu à leurs vêtements. La patrouille a éteint les flammes au moyen de couvertures”. Cette version devient la version officielle du régime militaire. Mais les avocats du Vicariat de la Solidarité de l’Église catholique rétorquent que des témoins ont vu que les jeunes gens avaient d’abord été fouillés (ce qu’a reconnu la patrouille ensuite) et que donc il était impossible qu’ils cachent des bidons inflammables sous leurs vêtements.

Rodrigo est brûlé à 65% et Carmen Gloria à plus de 60%. Ils ont besoin de transfusions mais la direction de l’hôpital refuse d’ouvrir sa banque de sang si l’on ne paie pas avant. La mère de Rodrigo lance un appel au public et des centaines de personnes se présentent pour offrir leur sang. Après trois jours de calvaire, Rodrigo meurt, Carmen Gloria se débat entre la vie et la mort. On apprend alors que Rodrigo Rojas avait la double nationalité chilienne-étatsunienne. Sa mère, exilée suite au coup d’État, s’était réfugiée aux États-Unis où elle travaillait pour Amnesty International. L’ambassade US exige des explications.

L’armée charge le juge militaire Echevarria de l’enquête. Acculé, celui-ci se sent obligé de faire un geste : il accuse le lieutenant Dittus “d’homicide involontaire et de blessures graves involontaires”. Les autres membres de la patrouille sont libres “par manque de preuves”. Toujours entre la vie et la mort, Carmen Gloria a besoin de soins spécialisés que le manque de ressources financières lui interdit au Chili. Un hôpital canadien offre de la soigner gratuitement. Le 17 septembre, la jeune fille quitte le Chili pour le Canada, ce qui lui sauve la vie. En 1993, Dittus est condamné à 600 jours de prison avec sursis pour ne pas avoir “assisté” Rodrigo De Negri. Aucune mention des brûlures de Carmen Gloria… C’est la justice militaire !

“Les blessures ne sont pas restées dans le passé…”

Carmen Gloria Quintana a survécu, s’est mariée et a eu des enfants. Et le grand espoir qu’après 29 ans de “pacte du silence” entre les militaires (assuré par des menaces et de l’argent), la vérité sera enfin reconnue et justice rendue. Suite aux déclarations de Fernando Guzmán, le juge (civil) Mario Carroza a arrêté douze des militaires présents ce matin fatidique, y compris les lieutenants Castañer et Dittus pour interrogatoire.

Verónica De Negri, la mère du jeune homme assassiné, “demande à la présidente Bachelet d’en finir avec les privilèges des militaires » et de fermer la prison considérée “de luxe” de Punta Peuco où sont confinés les militaires condamnés pour crimes contre l’humanité.  “Les blessures ne sont pas restées dans le passé…”. Le 24 juillet, Mme De Negri rencontre Fernando Guzmán, le militaire repenti qui a permis de rouvrir le dossier. “Mon sac était très lourd et je l’ai porté longtemps” lui dit cet homme de 49 ans. “Je ne connais pas le mot pardon”, lui répond-elle, “ mais je respecte profondément votre acte de grand courage …”.

Dans une interview donnée à TVN (Télévision nationale), Guzmán s’en veut de n’avoir pas, “lors de la reconstitution de l’exaction, osé dire à Carmen Gloria que ‘ce connard (este huevón) t’a brûlée et ne t’a pas secourue’. Voilà ce que j’aurais dû lui dire… Le problème, c’était la famille. Je leur ai dit que j’en avais ch… de frousse (me cagué de miedo), il y avait des menaces. La seule chose que les milicos ne m’ont pas enlevée, c’est ma dignité. J’ai perdu ma famille, mes enfants, une fille que je n’ai pas pu reconnaître, j’avais peur qu’ils me la tuent…”.(3)

Des enjeux politiques aussi

On attend beaucoup de l’enquête car les enjeux politiques sont de taille : qui sont les officiers supérieurs qui ont donné l’ordre d’occulter la vérité, de mentir au pays et d’imposer ce pacte du silence ? Pourquoi ce pacte a-t-il pu durer si longtemps ? Pourquoi les divers gouvernements démocratiques n’ont-ils pas exigé des militaires qu’ils révèlent leurs archives ? Les résultats de l’enquête risquent de provoquer quelques révélations embarrassantes ou scandaleuses…

Le ministre de la Défense, José Antonio Gómez, a déjà fait connaître sa position : “Il ne faut pas confondre l’armée d’alors à celle d’aujourd’hui, ce sont des époques différentes…”. Le ministre a-t-il déjà oublié que de nombreux lieutenants et capitaines “de l’autre époque” sont devenus officiers supérieurs “de notre époque” ? “Nos Forces armées regardent vers le futur”, insiste-t-il. Pour certains, ce sera peut-être derrière des barreaux.

Jac FORTON

(1) Extrait du livre Pinochet, la justice impossible par Jac Forton, éditions L’Entreligne, Paris 2002.
(2) Extraits de la déposition de Fernando Guzmán devant le juge Mario Carroza le 14 novembre 2014 mais révélée seulement fin juillet 2015.
(3) Cité dans le journal La Nación du 21 juillet 2015.

Il arrive plus d’Européens en Amérique latine, que de Latino- américains en Europe

Depuis le début de la crise économique, le nombre d’immigrants européens en Amérique latine a connu une forte hausse. La tendance migratoire s’est même inversée en 2010. L’Amérique latine compte désormais davantage d’immigrés européens que l’Europe d’immigrés latino-américains.

De nombreux migrants font la queue en Espagne, pour régulariser leur situation. Parmi eux, quelques Latino-américains. Qui n’a jamais entendu des phrases telles que “En Amérique tout est possible,  je vais me faire l’Amérique”. Il semble, maintenant plus que jamais, que ces expressions reprennent de leur sens, ce que ne devraient pas contredire les plus de 181 166 Européens qui, en 2012, ont émigré en Amérique latine ou aux Caraïbes, selon une étude de l’Organisation Internationale des Migrations (OIM).

On sait que la crise économique a fait croître de manière exponentielle l’arrivée des européens en Amérique latine, jusqu’à ce que, en 2010, on constate pour la première fois un nombre de migrants européens vers l’Amérique latine supérieur au nombre de migrants latino-américains vers l’Union européenne (UE). Les derniers chiffres de l’OIM qui datent de 2012, dans le rapport “Routes migratoires et dynamiques entre les pays d’Amérique latine et les Caraïbes (ALC) et entre l’ALC et l’Union européenne” font en effet état de 119 000 migrants latino-américains, soit environ 35% de moins que les migrants européens. En parallèle, il faut également noter la diminution drastique (68%) de l’émigration latino-américaine vers le vieux continent, avec un pic en 2007 avec 376 000 départs.

Globalement, 85 % des migrants européens vers l’Amérique latine et les Caraïbes viennent d’Espagne : environ 154 000 en 2012, contre un peu plus de 7 000 en 2008, date de début de la crise. Les autres, environ 26 000, venant du Portugal, d’Italie, de France et d’Allemagne. Cette étude dément par ailleurs l’idée reçue selon laquelle la majorité de ces migrants venant d’Europe seraient des latino-américains ayant antérieurement émigré en Europe et obtenu la double nationalité, avant de rentrer au pays.

Ceci dit, l’OIM mentionne que des chiffres précis sont impossibles à donner, en raison des données insuffisantes fournies par les agences d’immigration. “L’effet retour” serait plus net pour les boliviens qui vivaient en Espagne. Mais l’Amérique latine n’est pas une terre d’opportunités que pour les Européens, elle l’est également pour les habitants du reste du monde, et le nombre d’étrangers qui y vivent ne cesse d’augmenter. Même si la majeure partie du flux migratoire est régional, c’est-à-dire qu’il se fait entre les différents pays d’Amérique latine, il faut constater qu’en 2013 plus de 8,5 millions d’immigrants internationaux vivaient en Amérique latine, soit ½ million de plus qu’en 2010, et 2,5 millions de plus qu’en 2000. La destination des immigrants a sensiblement changé : l’Argentine, le Brésil et le Venezuela étaient les pays préférés. Actuellement ce sont, le Brésil (17 %), l’Équateur (12 %), l’Argentine et la Bolivie (11%), et la Colombie (9 %).

Qui sont les émigrants latino-américains vers l’Europe?

En 2013, environ 4,21 millions de Latino-américains et de Caribéens vivaient dans les pays de l’Union européenne. La majorité de ceux qui ont émigré en 2012 venaient du Brésil (23%), de la Colombie (11%), du Pérou et de l’Équateur (9 %), avec pour destination principale, l’Espagne (53%), les autres choisissant l’Italie (15 %), le Royaume-Uni (9 %), la France (7%), les Pays-Bas (6 %), et le Portugal (4 %). Les 6 % restants étant répartis dans d’autres pays. Il est remarquable de noter que la majorité de ces migrants sont des femmes (56 % entre 1998 et 2012), qui trouvent plus facilement que les hommes du travail en Europe, en particulier en Espagne, en Italie, au Portugal ou au Royaume-Uni.

L’ UE et la CELAC

On rappelle que la question migratoire a été un des thèmes principaux de la rencontre UE-CELAC (Communauté des Etats Latino-américains et des Caraïbes), qui s’est tenue à Bruxelles les 10 et 11 juin derniers. Les deux parties se sont engagées à promouvoir et à renforcer la coopération technique et l’échange d’informations sur les flux et les politiques migratoires; à fournir aux personnes migrantes l’information sur les conditions requises légales pour entrer dans un pays de l’UE ou de la CELAC; à coopérer dans les domaines de la santé ou de l’éducation; à lutter contre le trafic et la traite de personnes; à renforcer des accords bilatéraux de sécurité sociale; et à faire respecter les droits de chacun.

Traduction et adaptation de l’espagnol par
Catherine TRAULLÉ
Texte original de Núria SEGURA INSA
Paru dans 20 minutos, le 16 juin 2015

La personnalité de la semaine : le président bolivien Evo Morales

6 juillet – COLOMBIE – Le président Juan Manuel Santos a annoncé qu’il avait limogé les chefs de l’armée de terre, de la marine et de l’armée de l’air, après les révélations de Human Rights Watch selon lesquelles des chefs militaires seraient impliqués dans des exécutions extrajudiciaires entre 2002 et 2008.

6 juillet – MEXIQUE – La marine a indiqué que l’un de ses hélicoptères Black Hawk utilisés dans des opérations contre le trafic de drogue a été attaqué par des hommes armés alors qu’il survolait Tamaulipas, au nord du Mexique. Les soldats ont repoussé l’attaque tuant six personnes dans une zone rurale à 70 kilomètres au sud de Nuevo Laredo, une ville à la frontière avec les États-Unis.

6 juillet – VENEZUELA – La détérioration rapide des relations territoriales entre le Venezuela et le Guyana a conduit le président Nicolas Maduro à appeler à des consultations son ambassadeur à Georgetown, Reina Arrieta, et à ordonner la révision des relations diplomatiques avec son voisin oriental. Dans un discours de plus de trois heure, transmis par les chaînes nationales de radio et de télévision, Nicolas Maduro a dénoncé qu’entre le Pentagone américain et les transnationales pétrolières s’est noué “une opération tenaille” contre le régime pro-chavez. Le Venezuela entretient avec le Guyana un litige historique sur un territoire de 150 000 kilomètres carrés – une région fortement pétrolifère -, sous gestion de Georgetown, que Caracas revendique.

7 juillet – PÉROU – L’économie péruvienne, en plus d’une décennie, a réalisé une grande croissance dans la région. La richesse du pays a augmenté de 6 % en moyenne entre 2004 et 2014 (taux le plus élevé en Amérique du Sud), l’inflation était la plus basse d’Amérique latine (3,2 % en 2014) et a un niveau modéré de dette publique (19,7 % du PIB l’an dernier). Mais le pays compte pour l’avenir sur son potentiel culturel archéologique, la gastronomie et ses espaces naturels pour développer son tourisme et réduire les inégalités sociales et l’écart entre les régions rurales et urbaines.

7 juillet – COLOMBIE – La compagnie espagnole Ferrovial, à travers sa filiale Cintra-conduit, a été sélectionnée par l’Agence Nationale d’Infrastructure (ANI) de Colombie pour la conception, la construction, le financement, l’exploitation et l’entretien d’une autoroute avec un investissement total estimé à 2,6 milliards de pesos (880 millions d’euros). Dans une note, la société espagnole explique que le projet comprend la construction d’environ 152 kilomètres de l’autoroute Bucaramanga-Barrancabermeja-Yondó (BBY) et la concession pour une durée de 25 à 29 ans.

7 juillet –AMÉRIQUE LATINE – Le vice-président de la Banque mondiale pour l’Amérique latine et les Caraïbes, Jorge Familiar, estime que les réformes limitent le risque de crises. Les réformes entreprises au cours des dernières années et la pression de la société latino-américaine pour faire reculer la pauvreté ou obtenir de meilleurs services publics.

7 juillet – MEXIQUE – L’aqueduc du père Trembleque, de plus de 400 ans d’âge est l’ouvrage d’ingénierie hydraulique la plus importante construite pendant la vice-royauté de la Nueva España, aujourd’hui Mexico. Celui-ci est entré dans la liste du Patrimoine Mondial de l’Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture (l’UNESCO). Avec cette annonce, le Mexique devient le pays latino-américain le plus cité pour son patrimoine dans la liste de l’UNESCO avec 33 sites archéologiques, villes historiques et monuments inscrits. L’ouvrage, entre les limites des États mexicains Hidalgo et l’État de Mexico, est un des plus grands aqueducs du monde (ses 68 arches arrivent à atteindre les 40 mètres de hauteur) et a une longueur de 48,2 kilomètres. Il a été érigé en 1554 et sa construction a duré 17 ans.

7 juillet – CUBA – Les États-Unis ont accordé la première licence depuis les années 60 à une société américaine pour réaliser des croisières à Cuba. Le bénéficiaire est le géant de l’industrie Carnival Corporation, qui a annoncé qu’il va proposer à partir de mai 2016 une traversée hebdomadaire pour l’île avec 710 sièges passagers.

7 juillet – VENEZUELA – Le président Nicolas Maduro a modifié le décret qui définit les zones de conflit de défense avec Bogota et qui a créé un conflit avec la Colombie. Il a assuré que les modifications résultent d’une consultation effectuée a posteriori devant le Tribunal Suprême de Justice (TSJ), dont les suggestions ont été concrétisées dans le nouveau décret. À Bogota, le président, Juan Manuel Santos, a reçu approuvé la nouvelle, qu’il attribue dans un message de son compte Twitter à une réalisation de “la diplomatie et du dialogue”.

7 juillet – ÉQUATEUR  Le pape François a appelé les dirigeants latino-américains à créer des lois en faveur de l’intégration et du dialogue pour que “la répression, un contrôle excessif et la perte de liberté” qui ont frappé la région restent “douloureusement en mémoire”. Lors d’une rencontre avec la société civile tenue à Quito et avec la participation des entrepreneurs issus des communautés indigènes, Jorge Mario Bergoglio a demandé que la croissance économique atteigne tous.

7 juillet – CHILI – Le pays avance dans la décriminalisation de la marijuana. La Chambre des députés adopte en première lecture l’auto-culture et l’utilisation médicinale et récréative du cannabis. “Ce projet est un mouvement vers la liberté et la fin du trafic de drogue”, a déclaré le député Giorgio Jackson, du mouvement de la Révolution démocratique.

7 juillet – COLOMBIE – En moins de 24 heures tous les acteurs du processus de paix entre le gouvernement et les FARC coïncident dans la nécessité d’accélérer les négociations. “Nous devons accélérer les négociations, la patience est à bout”, a déclaré le président Juan Manuel Santos. Nous voulons la paix avec ce gouvernement, a déclaré le chef de l’équipe de négociation, le numéro deux des FARC, Iván Márquez.

7 juillet – MEXIQUE – Les violentes manifestations qui ont secoué en juin Oaxaca, Chiapas, Guerrero et Michoacán, ont cédé la place à un rude climat de harcèlement contre les enseignants qui se soumettent aux évaluations imposées par la loi ou qui veulent simplement accéder aux concours de postes. Ces contraintes, dirigées par des syndicats radicaux peu disposés à céder leur contrôle historique, ont abouti à des scènes inédites.

8 juillet – GUATEMALA – L’ancien dictateur Efraín Ríos Montt – 89 ans -, accusé de crimes contre l’humanité, a été déclaré mentalement incapable” pour faire face à un nouveau procès pour le massacre de 1 770 indigènes dit un rapport médical. Le général a été condamné à 80 ans prison en mai 2013 ; une décision annulée par la Cour constitutionnelle.

8 juillet – COLOMBIE – Les FARC ont décrété un cessez-le-feu unilatéral pour un mois. L’annonce, qui sera valable à partir du 20 Juillet, est venue un jour après que les parties ont appelé à accélérer le processus de paix.

8 juillet – HAÏTI – L’Organisation des États américains (OEA) a envoyé une mission de haut niveau en République dominicaine et en Haïti. Son objectif principal sera d’évaluer et de trouver une solution à la situation créée après l’expiration d’un plan de régularisation dominicain qui pourrait déclencher la déportation massive de personnes d’origine haïtienne, qui a déjà provoqué des protestations du gouvernement haïtien de Michel Martelly. Le conflit oppose les deux pays depuis deux ans.

8 juillet – COLOMBIE – Six jours après que Bogota a été la cible de deux attentats à la bombe, la police nationale et le Bureau du Procureur ont arrêté 14 personnes. L’Armée de libération nationale (ELN) serait le responsable en tant qu’auteur des actes criminels, selon le président Juan Manuel Santos.

8 juillet – BOLIVIE – Lors de son arrivée à l’aéroport d’El Alto dans son discours, le pape Francisco a clairement exprimé son soutien à la politique de Evo Morales le premier président indigène: La Bolivie prend des mesures importantes pour intégrer de larges secteurs de la vie économique, sociale et politique. Il a une constitution qui reconnaît les droits des individus, des minorités, de l’environnement, et avec les institutions sensibles à ces réalités”. Au cours de l’échange de cadeaux, Evo Morales [photo] a surpris en livrant au pape François une sculpture en bois représentant un crucifix sur une faucille et un marteau. Jorge Mario Bergoglio a réagi avec un certain étonnement, et le président bolivien a expliqué que ce crucifix était la reproduction d’une œuvre prétendument faite par le prêtre espagnol Luis Espinel, torturé et tué par des paramilitaires boliviens en 1980. En présence du président Evo Morales, le pape François a « humblement » exprimé ses regrets pour les péchés” et les blessures” infligés aux peuples autochtones du continent par l’Église catholique, lors de l’arrivée des colons européens. Il a toutefois ajouté que s’il y avait eu une abondance de péchés”, il y avait aussi eu une abondance de grâce”.

9 juillet – VENEZUELA –  Le pays a retiré pour la deuxième fois cette année une partie de l’épargne conservée dans le Fonds monétaire international (FMI) en raison d’un besoin de liquidités, à un moment où les réserves internationales sont à leur plus bas niveau en 12 ans à cause de la baisse des prix du pétrole. Le gouvernement de Nicolas Maduro a récupéré 1 500 millions de dollars qu’il avait dans le FMI.

9 juillet – BRÉSIL – Lors du  septième sommet des pays du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), les dirigeants de l’organisation ont serré les rangs, dans la mesure permise par leurs systèmes politiques et économiques disparates. Ces pays se disent préoccupés par l’instabilité du marché”. Une grande partie des BRICS vise les pays occidentaux développés, à en juger par la déclaration finale de leur réunion à Oufa (Russie), un texte de 43 pages.

juillet – MEXIQUE – L’ancien gouverneur, le conservateur du PAN Luis Armando Reynosa, connu pour son style de vie opulent a été arrêté pour fraude fiscale. Il avait déjà été arrêté en 2014 pour un cas présumé de détournement de fonds publics de plus de 26 millions de pesos (1,6 millions de dollars au taux de change actuel). L’ancien gouverneur d’Aguascalientes (2004-2010) – un des plus petits États du Mexique – a ouvert son portefeuille pour sortir de prison et a payé un chiffre encore plus élevé: 30 millions de pesos (1,9 millions de dollars).

9 juillet – AMÉRIQUE LATINE – Les Hispaniques sont maintenant le premier groupe de personnes de Californie. Dans l’enquête de recensement, publié en juin avec des données de 2014, la Californie est le foyer de 14,99 millions de personnes  définis comme latines, comparativement aux 14,92 millions qui sont définis comme blanches spécifiquement non latines.

9 juillet – BOLIVIE – À Santa Cruz devant un rassemblement de mouvements populaires, le pape François a prononcé l’un de ses discours les plus radicaux, les plus politiques, les plus longs… et les plus applaudis où il a fustigé le système économique et social actuel qui est, à ses yeux, une machine à exclure et à produire de l’injustice.

10 juillet – CHILI – La visite du pape François à La Paz, où il a appelé au dialogue entre le Chili et la Bolivie pour l’accès souverain au Pacifique, un conflit empêtré entre les deux nations, continue à avoir des répercussions dans les deux pays. Le ministre de Relations Extérieures Chilien, Heraldo Muñoz, a indiqué que les mots du Souverain Pontife sont précisément dans la même ligne que la position chilienne, et que son pays avait l’intention de rétablir des relations diplomatiques. Le président Evo Morales, quelques heures après, a parlé durement au Chili : Le chancelier du Chili, dans un concours du manque de respect à la vérité, serait champion…”.

11 juillet – PARAGUAY – Devant des représentants de la société civile réunis à un stade d’Asunción, le pape François, Jorge Mario Bergoglio, a dit que la corruption est la gangrène d’un peuple” et a ajouté qu’ aucun politicien ne peut accomplir son rôle s’il est victime de chantage par la corruption. Sur les idéologies, il a assuré qu’ elles terminent mal, ne servent pas, pensent pour le peuple, ne laissent pas penser le peuple”. En présence du président du Paraguay, Horacio Cartes, le pape a répondu à plusieurs questions formulées par un jeune, un indigène, une paysanne, une chef d’entreprise et un politicien. Tard dans l’après-midi, la présidente argentine Cristina Fernández est arrivée à Asunción pour rencontrer le pape.

11 juillet – MEXIQUE – Le cauchemar est de retour. Joaquín GuzmánEl Chapo, le plus grand trafiquant de drogue dans le monde, a pris la fuite. L’impossible est arrivé. El Chapo a échappé à neuf heures du soir de la prison fédérale de haute sécurité d’El Altiplano, par un tunnel de 1 500 mètres. Le trafiquant avait été arrêté lors d’une opération dans Sinaloa en 2014. Déjà en 2001caché dans un panier à linge et en soudoyant la police, il a échappé d’une autre prison de haute sécurité. Les autorités mexicaines ont confirmé son évasion.

12 juillet – MEXIQUE – Dans l’État de Mexico, le plus peuplé avec 15 millions d’habitants, en neuf ans 2318 femmes ont été tuées, selon des chiffres officiels publiés par l’Observatoire National Citoyen du Féminicide (OCNF). Le gouverneur de ce État, Eruviel Avila a déclaré qu’il était temps d’affronter le problème. Il a également demandé dans un discours public qu’on décrète l’alerte de genre dans les 11 communes de son État, un mécanisme qui n’a été jamais mis en pratique et qui a été conçu après la tragédie des meurtres de femmes à Ciudad Juárez. Des groupes avaient été formés pour agir de manière efficace et immédiate contre ces crimes. Au Mexique six femmes par jour sont tuées et 3 892 meurtres ont été commis 2012 et 2013, selon les données de l’OCNF. Un rapport de l’ONU place le pays au 16e rang mondial.

12 juillet – COLOMBIE – Le gouvernement colombien et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) ont annoncé un accord portant sur la  » désescalade «  du conflit, qui prévoit une réduction des opérations de l’armée pour la première fois depuis l’ouverture de pourparlers de paix, fin 2012. Le président colombien, Juan Manuel Santos, a néanmoins lancé un ultimatum à la guérilla :  » Dans quatre mois, en fonction du respect de l’accord par les FARC, je prendrai la décision de dire si nous continuons le processus de paix ou non. » Il a insisté sur le fait qu’il ne s’agissait pas en l’état actuel d’un « cessez-le-feu bilatéral « . La guérilla avait ouvert la voie à cet accord, en annonçant une nouvelle trêve unilatérale, prévue sur trente jours à partir du 20  juillet.

13 juillet – MEXIQUE – Les enquêtes menées après l’évasion de Joaquín Guzmán, El Chapo, se concentrent sur au moins 31 membres de la prison, y compris le directeur. Ils ont été arrêtés et sont interrogés par le Ministère Public de Délinquance Organisée. Les soupçons sont fondés sur le fait que pour la construction du tunnel par lequel il s’est enfui El Chapo des plans de la prison et un matériau à disposition uniquement de la sécurité nationale ont été utilisés. Il est évalué également qu’aucun fonctionnaire n’a signalé les travaux bien que le poste où travaillent les hommes du prisonnier étaient proches de la prison, et surtout, que la galerie aboutissait dans la douche du prisonnier.

13 juillet –NICARAGUA – Trois membres d’une famille, dont deux enfants âgés de 11 ans, ont été abattus par erreur dans une opération anti-drogue organisée par la police nationale. Deux autres enfants de la même famille sont à l’hôpital dans un état grave. La famille retournait chez elle après un office religieux quand un groupe de fonctionnaires a ordonné au conducteur du véhicule, Milton Reyes, de s’arrêter. Celui-ci, selon la famille, a pensé qu’il s’agissait d’une agression, ce pourquoi il ne s’est pas arrêté. Les fonctionnaires de police ont tiré sur le véhicule.

13 juillet – CHILI – Le projet de gouvernement avec lequel la présidente Michelle Bachelet est arrivée pour la seconde fois à La Moneda en mars 2014 a été perturbé. S’il y a 16 mois la présidente prétendait porter un ensemble complexe de réformes structurelles, centré surtout sur les changements dans l’éducation, le système fiscal et une nouvelle Constitution, la nouvelle situation économique chilienne et une série de facteurs l’ont conduite à reconnaître publiquement que les objectifs de son programme de gouvernement, ne seraient pas réalisés. « Nous devons avancer avec les priorités du programme, en accord avec les conditions sociales, politiques et économiques du contexte actuel » a-t-elle affirmé il y a quelques jours. Lors de la promulgation d’une loi sur les comptes publics annuels aux présidents des deux chambres du Congrès, la présidente a indiqué qu’elle donnerait la priorité aux actions qui concernent « le bien-être des familles« .

14 juillet – BOLIVIE – Après 18 000 années d’existence, nous pouvons dire aujourd’hui que le glacier Chacaltaya, dans le département de La Paz, a disparu. Le glacier Chacaltaya était la station de ski la plus élevée du monde. Mais aujourd’hui, comme tous ceux qui s’élèvent jusqu’à 5 400 mètres d’altitude, ces géants de glace dans les Andes boliviennes n’existent plus. Cela menace l’approvisionnement en eau de 80 millions de personnes en Amérique latine.

14 juillet – COLOMBIE – Plus de 6 millions de personnes ont fui leur maison en raison de la violence ou de menaces. Une nouvelle loi a permis de restituer plus de 86 mille hectares à leurs propriétaires légitimes, essentiellement déplacés par les conflits armés. Avec la Loi des Victimes et la Restitution des Terres, le pays tente de revenir aux propriétaires fonciers afin qu’ils puissent reconstruire leur vie. Cette loi profite aux Colombiens touchés par cette situation entre le 1er janvier 1991 jusqu’au 10 juin 2021. Cette restitution de la terre à ses propriétaires, est la clé du développement et de la paix en Colombie.

14 juillet – VENEZUELA – Pour l’opposition, la crise économique vénézuélienne menace de devenir une crise humanitaire. « Face à la crise économique, nous ne pouvons pas être indifférents« , a expliqué l’ancien candidat à la président (à 2 reprises) et actuel gouverneur de l’État de Mirador, Henrique Capriles Radonski. L’opposition a annoncé sa volonté de mettre fin au gouvernement de Nicolas Maduro, et appelle à un plan d’urgence économique, présenté comme une option « pour sauver le pays ». Henrique Capriles estime que l’indice des prix à la consommation devrait augmenter de 200 % d’ici la fin de 2015.

15 juillet – MEXIQUE – Le jour de la réforme du secteur énergétique est arrivé. Le gouvernement mexicain alloue les premiers contrats à des sociétés privées pour explorer la zone de production du pétrole du sud du golfe du Mexique. C’est la fin de l’ère du pétrole de l’État qui a commencé en 1938 avec l’expropriation des actifs pétroliers et la création de Petroleos Mexicanos (Pemex).

15 juillet – COLOMBIE – À Concepción, une ville de 4500 habitants dans les montagnes d’Antioquia en Colombie, les habitants essaient de vivre sans argent liquide. Cette petite ville a remplacé les paiements en espèces par des opérations à travers le téléphone mobile. Maintenant, ils utilisent un porte-monnaie électronique gratuit conçu par Davivienda, la troisième plus grande banque de Colombie, qui leur permet d’effectuer des transactions facilement et en toute sécurité à partir de n’importe quel téléphone mobile. Actuellement, environ 90% des magasins acceptent les paiements électroniques. Les transactions personnelles, qui ne dépassent pas 100 en 2014, dans les six premiers mois de cette année, ont atteint les 27 000 transactions.

15 juillet – VENEZUELA – Le Fonds monétaire international (FMI) a averti que le pays va terminer 2015, avec un taux d’inflation de plus de 100% et que sa récession se creusera avec un PIB en baisse de 7 %. En 2014, L’économie vénézuélienne s’est contractée de 4% et l’inflation s’est terminée au-dessus de 60 %. Selon certaines prévisions, comme celles de Bank of America, la flambée des prix serait de 200 % pour l’année.

15 juillet – PÉROU – Le rapport de l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC), présenté à Lima, a enregistré une baisse de 13,9 % de surface cultivée en coca en 2014 et une augmentation de 31 % dans l’éradication en 2013. En revanche, il signale que le gouvernement n’a pas réalisé l’éradication de la culture d’arbuste dans les zones qui représentent 68% de la production.

15 juillet – ARGENTINE – L’ancien président argentin Carlos Menem (1989-1999), qui a déjà été reconnu coupable de trafic d’armes, mais reste libre en faisant appel contre le jugement, ne peut pas quitter le pays. Carlos Menem est accusé d’avoir couvert de l’attentat de l’Association Mutuelle Israélite Argentine (AMIA). Cet attentat a eu lieu durant son gouvernement. Le tribunal a décidé de commencer en août prochain le procès pour dissimulation des responsables de l’attaque terroriste islamique en 1994 qui a tué 85 personnes à Buenos Aires.

15 juillet – VENEZUELA – L’ancienne député María Corina Machado a réitéré son intention de se présenter comme candidate à l’Assemblée nationale du Venezuela, qui sera renouvelée le 6 décembre, malgré la décision de la Contrôleuse générale de la République pour l’empêcher d’opter à toute fonction élective populaire pendant les douze prochains mois. « Ceci est une décision politique et j’y réponds politiquement », a-t-elle assuré. La contrôleuse a pris sa décision en vertu de l’article 39 de la loi contre la corruption, renouvelé en juillet 2015, un an et trois mois après que la parlementaire ait cessé sa fonction pour le numéro deux du parti au pouvoir et président du Parlement Diosdado Cabello, après avoir participé dans le cadre de la délégation du Panama dans une assemblée générale de l’OEA.

15 juillet – MEXIQUE – À Marseille, les présidents mexicain Enrique Peña Nieto et français François Hollande ont rendu hommage au diplomate mexicain le consul du Mexique Gilberto Bosques qui a combattu les nazis et a sauvé la vie de centaines de Juifs et antifascistes et, surtout, des milliers d’exilés espagnols fuyant Franco entre 1939 et 1942.

16 juillet – BRÉSIL – Le Ministère Public brésilien a ouvert une enquête judiciaire pour élucider si l’ancien président Luiz Inácio Lula da Silva (2003-2011) aurait commis une infraction de trafic d’influence, entre les années 2011 et 2014, pour une des principales entreprises de construction du pays, Odebrecht. Le procureur va vérifier si l’ex président brésilien, pendant cette époque, a fait valoir son influence internationale pour favoriser les affaires de cette entreprise sur la base de voyages dans des pays comme le Venezuela, Cuba ou la République Dominicaine, payé par Odebrecht, en théorie seulement pour donner des conférences et prendre part à des réunions, et dans la pratique pour influencer aussi les gouvernements de ces pays pour qu’ils accordent des contrats au constructeur. Le constructeur dans la plupart de ces contrats a profité, ensuite, de crédits de la banque publique la BNDES.

16 juillet – MEXIQUE – Le maire de Mexico et chef du District fédéral Miguel Ángel Mancera a apporté des modifications à son cabinet après la débâcle historique du parti qui l’a amené à ce poste. Ces mouvements sont interprétés comme un resserrement des rangs en vue des élections de 2018, après 7 élections en juin dernier, lorsque la formation qui l’a amené au pouvoir, le Parti de la révolution démocratique (PRD) a subi une débâcle historique à Mexico City, autrefois leur principal bastion. Le casse-tête politique PRD (et de Mancera) à Mexico a un nom: Morena, la formation fondée par le candidat par deux fois à la présidence, Andrés Manuel López Obrador, qui est devenu la principale force à l’Assemblée locale lors des dernières élections. Miguel Ángel Mancera a annoncé, il y a quelques jours, qu’il briguera l’élection présidentielle du Mexique.

16 juillet – PÉROU – La police péruvienne a détruit des dizaines de campements et des machines pour l’exploitation minière de l’or illégale dans la jungle du sud du pays. Après huit mois sans ces opérations contre l’exploitation minière, le gouvernement est revenu à la Réserve nationale de Tambopata avec 900 policiers qui ont saisi 87 moteurs et 105 trémies et récipients de production chimiques. Ils ont aussi sauvé 32 travailleuses sexuelles des bars de prostitution de La Pampa. Les interventions de la police, qui se sont répétées depuis 2010, ont réduit le volume de production illégale d’or, qui avant représentait dix pour cent de l’approvisionnement national. Mais ils ont échoué à réduire les fouilles et la traite de personnes.

17 juillet – MEXIQUE – Après le limogeage du directeur de la prison d’Altiplano, l’enquête sur l’évasion du baron de la drogue Joaquín Guzmán, El Chapo, a conduit à l’inculpation et à l’incarcération de sept fonctionnaires pénitentiaires, ont annoncé les services du procureur général du Mexique. Celui-ci a par ailleurs fait savoir que les États-Unis avaient demandé l’extradition du narcotrafiquant deux semaines avant son évasion.

17 juillet – CHILI – Le coup d’État contre le gouvernement de Salvador Allende ne brisa pas seulement la tradition de la démocratie et la république du Chili, mais aussi son patrimoine historique et artistique. Maintenant, une exposition du sculpteur chilien Luis Montes Rojas au Musée d’art contemporain de la capitale chilienne, qui peut être vue jusqu’au 15 août, sauve de l’oubli l’histoire de la Galerie des présidents du Palais de La Moneda, qui abritait les bustes des 30 présidents qui ont gouverné le pays depuis l’époque de l’indépendance, détruite il y a 42 ans.

17 juillet – AMÉRIQUE LATINE – Bien que pour quelques personnes la dépendance à la cigarette n’est pas limitée par le prix, pour une grande majorité une augmentation de son paquet de cigarettes favori peut signifier de cesser cette habitude de fumer et dans beaucoup de cas, de sauver sa vie. En accord avec un rapport récent effectué par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), l’augmentation des impôts sur le tabac à plus de 75 % du prix de vente est une des mesures les plus effectives pour contrôler l’épidémie, spécialement pour les plus jeunes et les plus pauvres. Les taxes sur le tabac peuvent sauver une vie toutes les six secondes ?.

17 juillet – AMÉRIQUE LATINE – Les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay et Venezuela) ont signé lors du sommet à Brasilia un nouveau protocole d’adhésion de la Bolivie à l’union douanière. Maintenant il ne manque que la ratification de l’admission de ce sixième membre du bloc par les parlements du Paraguay et du Brésil. L’absence d’accords avec d’autres blocs ont conduit les analystes à conclure que le Mercosur est en crise. Les gouvernements de l’Uruguay et le Paraguay cette année ont soulevé le besoin de souplesse dans l’union douanière afin que chaque pays négocie séparément des accords avec des partenaires tels que l’Union européenne.

18 juillet – NICARAGUA – Avec la chute des Sandinistes en 1990, Aminta Granera faisait partie de la nouvelle police nationale du Nicaragua. En 2006, le président d’alors Enrique Bolaños nomme Aminta Granera à la tête de la police. Son arrivée au quartier général de la Police a produit de grands espoirs dans le pays, parce qu’il s’agissait d’une femme professionnelle, préparée dans des sujets de sécurité, connaissant l’institution et la réalité politique du Nicaragua et avec un discours social. Elle est rapidement devenue un personnage respecté et aimé au Nicaragua. La détérioration de son image est liée aux ambitions du président Daniel Ortega pour contrôler la police, pour faire revenir l’institution à ses origines, quand elle était un organe armé aux ordres des sandinistes. Daniel Ortega a modifié la loi organique de la police à tel point qu’Aminta Granera est passée du respect et de l’admiration des Nicaraguayens à la crainte pour la population.

20 juillet – CUBA – Après cinquante-quatre ans de froid diplomatique, les États-Unis et Cuba ont officiellement rouvert leurs ambassades à La Havane et à Washington, nouvelle étape concrète du rapprochement historique engagé en décembre par Barack Obama et Raúl Castro. Les bâtiments qui abritent les sections d’intérêts dans chaque capitale ont retrouvé automatiquement leur statut d’ambassade à 00 h 01 (6 heures à Paris), conséquence directe d’un accord annoncé le 30 juin.

20 juillet – CHILI – L’entreprise espagnole Abertis a acquis 100 % du capital de Infraestructura Dos Mil Chili après l’acquisition de la participation de 50 % qu’elle ne détenait pas pour un montant de 133,7 millions d’euros, tel que l’a rapporté la Commission nationale du marché des valeurs (CNMV). L’espagnol Abertis détient toutes les autoroutes Autopista del Sol et Los Libertadores, deux concessionnaires chiliens jusqu’à la fin des concessions en 2019 et 2026 respectivement, qui a généré un bénéfice brut d’exploitation (EBITDA) de 62 millions d’euros en deux.

Guy MANSUY

Cinéphiles en Rhône-Alpes

Comme aucun film latino n’est annoncé  sur les écrans cette semaine, je me permets de vous retransmettre trois news qui peuvent vous intéresser nos lecteurs cinéphiles, les préparatifs du prochain festival Lumière avec Martin Scorsese, la création de CinéFabrique et les documetaires  à Lussas.

Le prix Lumière 2015

En octobre le prix Lumière sera attribué au cinéaste américain Martin Scorsese. Il lui sera remis lors du festival Lumière qui se tiendra à Lyon et dans le Grand Lyon (désormais Métropole de Lyon) du lundi 12 au dimanche 18 octobre 2015. Décerné par l’Institut Lumière, le prix Lumière est attribué à Martin Scorsese pour l’ensemble de son œuvre, pour sa cinéphilie généreuse, pour son inlassable combat en faveur de la sauvegarde du cinéma du passé, pour ses fictions, pour ses documentaires, pour son amour de la musique, pour sa bienveillance à l’égard des jeunes cinéastes du monde entier, et aussi pour son rire tonitruant. En prolongement naturel de son amour pour les films, il a créé la World Cinema Foundation destinée à aider les pays en voie de développement à préserver leurs trésors cinématographiques. C’est ainsi qu’a été restauré “Les révoltés d’Alvarado” réalisé au Mexique en 1936 par le jeune Fred Zinneman (l’auteur du “Train sifflera trois fois”) et du Mexicain Emilio Gómez Muriel, photographié par Paul Strand, sur les pêcheurs d’Alvarado – le film est disponible en DVD dans le vol.1 de la Word Cinema Foundation chez Carlotta. Par ailleurs la Cinémathèque française présentera à Paris à partir d’octobre 2015 une grande exposition qui lui sera consacrée. Martin Scorsese a réalisé 23 longs métrages. Il est également le réalisateur de nombreux documentaires, dont la plupart sur des figures importantes de la musique (George Harrison, les Rolling Stones, Bob Dylan) ou du cinéma (ses différents “voyages” dans le cinéma américain ou le cinéma italien, et Elia Kazan). Le festival invitera également, entre autres, Nicolas Winding Refn et Sophia Loren, présentera les films d’animation de Pixar, organisera des rétrospectives Kurosawa et Julien Duvivier. La société Gaumont fêtera ses 120 ans. Une nuit fera peur. De nombreuses séances auront lieu dans les différentes salles de la Métropole. À noter que la soirée d’ouverture est déjà complète. Voir le site.

Création de la CinéFabrique à Lyon

Première école nationale publique de cinéma à Lyon. La CinéFabrique, sous la direction de Claude Mourieras, cinéaste d’origine lyonnaise, ouvrira ses portes en septembre 2015. Elle proposera un cursus sur trois ans, avec la possibilité de faire la troisième année en alternance, grande nouveauté pour une école de cinéma. Elle est ouverte aux jeunes de 18 à 25 ans.

La diversité au cœur du projet. Cette école post-bac, à laquelle on pourra accéder sans être bachelier ou diplômé, met l’accent sur la diversité sociale et culturelle. Une école “ouverte à tous”, dont les critères d’entrée seront innovants. En plus de l’examen d’entrée, les critères de sélection mettront en avant l’expérience et les capacités des futurs élèves : réalisation de portfolio, de courts-métrages, des autoportraits.

Tarif universitaire pour les étudiants. Le financement de la CinéFabrique, divisé entre le CNC (Centre National du Cinéma), les collectivités et la taxe apprentissage, s’élève à 2 millions d’euros pour un accueil d’environ 110 étudiants, soit 30 par promos. Le tarif annuel de l’école sera similaire à celui d’une année universitaire, l’objectif de Claude Mourieras n’étant pas d’en faire une école élitiste. Soutenu par Jean-François Carenco, ancien préfet de région, et Abderrahmane Sissako, réalisateur du très beau film “Timbuktu”, le projet ne dispose pour l’instant que d’un pied-à-terre temporaire à la SEPR (Société d’Enseignement Professionnel du Rhône). Voir le site.

États généraux du documentaire de Lussas

Comme chaque année les fans du documentaire se réuniront du dimanche 16 au samedi 22 août dans le petit village de Lussas en Ardèche pour aborder les différentes facettes du documentaire. Le thème cette année est : préserver le temps et l’espace du regard. Pour les organisateurs, Pascale Paulat et Christophe Posticc’est penser le temps et l’espace de la représentation, là où s’inventent des formes et des récits, dans un environnement où la vitesse transforme les pratiques et le regard sur les images. Dans les ateliers de cette édition, nous prendrons le temps de penser les mutations techniques et esthétiques, d’interroger la rencontre entre scène thérapeutique et cinématographique, et de nous plonger dans la création de la fable documentaire. La parole des réalisateurs sera au cœur d’une expérience partagée avec le public. Les écarts nous les travaillerons également de l’œuvre de Marc Karlin à celle de Michael Snow, de l’imposant Homeland (Irak année zéro) qui nous plonge aux côtés de son réalisateur, Abbas Fahdel, dans le Bagdad d’avant et d’après la guerre en Irak, jusqu’au magnifique Les Mille et Une Nuits de Miguel Gomes. Ces films qui s’inventent seront aussi à l’honneur dans “Expériences du regard” et “Tënk!”. Ils n’existeraient pas sans l’obstination et la conviction de ceux qui les fabriquent dans des conditions de précarité qui n’ont cessé de s’accentuer. Des films dont l’existence fragilisée depuis de nombreuses années déjà est aujourd’hui violemment menacée par des perspectives de financements réduites à peau de chagrin. C’est le devenir de la création audiovisuelle documentaire qui est en jeu et pour lequel nous nous mobiliserons avec le collectif  “Nous sommes le documentaire”. Signalons aussi un focus sur le documentaire espagnol, de la dictature à aujourd’hui.  N‘hésitez pas à passer par Lussas. C’est très sympa.

 Alain LIATARD

Yuri Buenaventura et Natalia Doco aux Nuits du Sud de Vence

Pour sa 18e édition, les Nuits du Sud de Vence – 9 au 25 juillet – ont invité deux artistes d’Amérique du Sud : Yuri Buenaventura et Natalia Doco. Situées à Vence, à trente kilomètres de Nice dans le moyen-pays, les Nuits du Sud constituent désormais un événement phare de l’été azuréen qui a compté l’année dernière plus de 60 000 visiteurs.

C’est du 9 au 25 juillet 2015 que les Nuits du Sud ont pris leur quartier à Vence dans le moyen pays de la Côte d’Azur. Comme chaque année, le festival allie diversité, qualité et découverte des musiques du monde. Sa programmation éclectique comprend tout aussi bien des mélodies traditionnelles que des sons plus contemporains et émergents. De l’Afrique à l’Europe en passant par l’Amérique du Sud, c’est un véritable tour du monde auquel nous invite son directeur Teo Saavedra.

Cette année, deux têtes d’affiche sud-américaines sont au programme : Natalia Doco et Yuri Buenaventura. Après ses premiers pas en Amérique du Sud, Natalia Doco a posé ses valises dans la capitale parisienne. La jeune argentine vient interpréter son premier album Mucho Chino, où se mélangent langues latines et langue anglaise. Yuri Buenaventura, pour sa part, emmène le public sur les rythmes mouvementés de la salsa, mambo et rumba, dans cette joie et bonne humeur qu’on lui connaît bien.

Un festival bourgeonnant est prévu au printemps 2016, sous le nom du Printemps des Nuits du Sud à qui l’on ne peut que souhaiter la même réussite que son aïeul !

Elisa JUSZCZAK

SITE

La Bolivie, nouveau membre d’un Mercosur aux grandes ambitions

Le 48e sommet du Marché Commun du Sud (Mercosur) à Brasilia s’est terminé samdi dernier sur l’intégration de son sixième membre permanent, la Bolivie. Le sommet réitère ses objectifs économiques, sociaux et politiques vers une intégration économique mais aussi politique.

Dans le communiqué final, “Les États membres et associés réaffirment leur volonté d’approfondir le processus d’intégration régionale dans le but d’appuyer le développement économique avec inclusion sociale, d’améliorer la qualité de vie des citoyens, de renforcer la justice sociale et d’éradiquer la faim et la pauvreté”. Ces objectifs confirment la volonté du bloc de poursuivre l’intégration productive des économies, le développement des infrastructures et des politiques inclusives, mais aussi la défense des valeurs démocratiques et des droits humains. Par exemple, les statuts contiennent une clause qui suspend ou annule la qualité de membre à tout pays dont le gouvernement serait issu d’un coup d’État. Ce fut le cas en juin 2012, lorsque le Paraguay fut suspendu suite à la destitution illégale du président Fernando Lugo. Il fallut attendre les dernières élections pour que le pays puisse réintégrer le bloc.

Condor hier, vautours aujourd’hui, même combat ?

La présidente Cristina Fernández d’Argentine relève que les ennemis des peuples s’étaient organisés durant les dictatures des années 70 et 80 sous le nom du Plan Condor, et qu’aujourd’hui, les “fonds vautours” tentent de couler des pays endettés en rachetant à prix bradés des actions dont ils exigent ensuite le remboursement à 100 % plus les intérêts. C’est le cas de l’Argentine, victime des exigences de divers fonds spéculatifs basés aux États-Unis qui exigent une vingtaine de milliards de dollars, soutenus dans leur démarche par des décisions “juridiques” d’obscurs juges new-yorkais… Le sommet Mercosur réitère son rejet de ces procédures et son soutien à l’Argentine dans son combat contre les vautours financiers. Le Brésil, par exemple, considère l’attaque des vautours contre l’Argentine “une question d’intérêt régional”. Ce combat est arrivé jusqu’aux Nations unies qui a créé un Comité spécial pour la restructuration de la dette souveraine de manière à établir un cadre juridique multilatéral permettant de poser des limites aux actions déstabilisatrices de ces fonds spéculatifs.

Le grand projet d’intégration politique

La grande différence entre le Mercosur et l’Alena (États-Unis, Mexique et Canada) ou l’Alliance du Pacifique (Chili, Pérou, Colombie et Mexique), réside en ce que les deux derniers sont essentiellement des accords économiques alors que le Mercosur projette également à long terme une vision d’intégration politique. Il s’agit de consolider l’unité régionale de manière à pouvoir négocier en position de force avec les autres blocs politiques ou économiques mondiaux (États-Unis, Union européenne) tout en développant le commerce interrégional. Le “monsieur Mercosur” du Brésil, Florisvaldo Fier, rappelle que 90 % des exportations brésiliennes vers les pays du Mercosur sont composées de produits industrialisés contre 50 % vers les États-Unis et 5 % vers la Chine, démentant ainsi les allégations des oligarchies industrielles brésiliennes pour lesquelles “Le Mercosur ne sert à rien”. L’entrée de la Bolivie est définitivement un bonus pour le Mercosur. En effet, non seulement ce pays est producteur de pétrole et surtout de gaz mais les politiques économiques mises en œuvre depuis une dizaine d’années ont profondément modifié sa structure. Sa croissance (moyenne de 5 % entre 2006 et 2014) a permis que l’extrême pauvreté passe de 38 % de la population en 2005 à moins de 20 % en 2013 et qu’une classe moyenne importante se développe en particulier parmi la population indigène jusqu’alors toujours marginalisée.

 Jac FORTON

Le Mercosur
Membres permanents : Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay (depuis 1991), Venezuela (2012), Bolivie (2015).
Pays associés : Chili, Pérou, Colombie, Équateur, Guyana et Surinam.
Pays observateur : Nouvelle-Zélande.
Site du Mercosur  (questions fréquentes, en espagnol et portugais seulement).

Un court métrage sur la violence contre les journalistes

Le 6 juillet 2015, la BBC en espagnol a publié le court métrage animé de Luis Cardona, journaliste mexicain qui nous conte par le dessin le calvaire de sa séquestration par un groupe armé en 2012. Luis Cardona venait de publier des informations sur plusieurs enlèvements dans l’État du Chihuahua (nord du pays). Depuis cet événement vécu par de nombreux journalistes au Mexique, Luis Cardona ne peut sortir de la capitale sous peine de mort. Exilé dans son propre pays et réduit au silence, il brise aujourd’hui la glace sur cette situation difficile et s’exprime à travers l’art.

Le crime organisé sévit au Mexique et de nombreux journalistes “sont assassinés simplement pour ce qu’ils savent”, selon Emilio, nom d’emprunt d’un autre journaliste qui souhaite préserver son anonymat. (source: l’Express). Notre publication Espaces Latinos, qui depuis trente ans s’engage pour la liberté de la presse et dénonce les abus des dictatures sud-américaines, soutient Luis Cardona dans sa démarche.

Elisa Juszczak

Voir le mini film

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