Archives mensuelles :

septembre 2013

50 000 meurtres de femmes en dix ans

Un chiffre qui fait froid dans le dos. Selon une étude, plus de 50.000 femmes sont mortes au Brésil entre 2001 à 2011, elles étaient victimes de violences basées sur le genre, c’est-à-dire parce qu’elles étaient des femmes. Une tendance à la hausse malgré le renforcement de la législation.

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La semaine du 15 au 22 septembre 2013

15 – ARGENTINE – Le FpD dans la tourmente

Le Frente para la Victoria (FpV), le parti du kirchnerisme de Cristina Fernandez de Kirchner a subi une défaite à l’élection du gouverneur de la province septentrionale de Corrientes, qui compte environ 992.000 habitants (2,4% de l’Argentine). La portée du résultat est signifiante au niveau national, car il se produit à 41 jours à des élections générales, dans lesquelles la présidente met en jeu sa majorité absolue dans les deux chambres du Congrès. Corrientes était la seule des 23 provinces de l’Argentine qui était gouvernée par la centriste Union civique radicale (UCR), adversaire traditionnel du péronisme et le restera.

17 – BRÉSIL – Diplomatie 

La Maison Blanche a annoncé que le président Barack Obama et son homologue brésilien ont convenu de reporter la visite de Dilma Rousseff à Washington, prévue pour le 23 novembre. Le gouvernement brésilien a menacé d’annuler ce voyage en raison des révélations d’espionnage des communications de la présidente et de certains membres de son équipe par l’Agence nationale des États-Unis à la sécurité (NSA).

17 – ÉQUATEUR – Le pétrole coulera à Yasuni

Les communautés indigènes Waorani, établie dans le Parc national Yasuni (est du pays) a approuvé l’exploitation de deux champs pétroliers qui sont à l’intérieur de la réserve. L’approbation a été donnée en échange du financement par le gouvernement équatorien d’un plan pour le développement de ce groupe ethnique, qui impose des exigences en matière d’éducation, de santé et la reconnaissance de leurs terres ancestrales. L’accord a été scellé au coeur du Yasuni, dans la ville de Guiyero, qui est dans le bloc pétrolier qu’exploite l’espagnol Repsol. Le président Rafael Correa a rencontré cinq cents Waoranis  venus représenter les 48 communautés de cette nationalité indienne.

17 – COLOMBIE – Lenteurs dans la réparation des victimes du conflit armé

L’enquête menée par l’organisation Human Rights Watch ( HRW) a été rendue publique à Bogota. « La loi des victimes de 2011 représente une chance historique pour les milliers de paysans qui ont dû abandonner leurs terres sous la pression des groupes armés, estime José Miguel Vivanco, directeur Amériques de l’HRW. Mais les menaces et les crimes contre ceux qui réclament leurs terres et les leaders paysans en limitent la portée et menacent de réduire à néant les efforts du gouvernement ». En Colombie, le conflit armé a dévasté le monde rural. Au cours des trente dernières années, 4,8 millions de personnes (sur 46 millions d’habitants) ont été déplacées, six millions d’hectares abandonnés ou spoliés (l’équivalent de dix départements français). Grande réalisation du président Juan Manuel Santos, la loi des victimes de 2011 prévoit une procédure hybride – à la fois administrative et judiciaire – pour restituer les terres à leurs légitimes propriétaires.

18 – CUBA – Prise de position de l’Eglise

« La réalité cubaine exige une mise à jour de la législation politique », estime une lettre pastorale de la Conférence des évêques catholiques de Cuba, rendue publique à La Havane. L’Eglise a demandé que les réformes économiques réalisées par le président Raul Castro soient complétées par l’ouverture du système politique et la reconnaissance de la dissidence. L’Eglise prend acte des avancées récentes : la libération de prisonniers politiques, la remise de terres aux paysans, l’autorisation de travailler à son propre compte, de vendre sa voiture ou sa maison, ainsi que de voyager à l’étranger, mais le texte pointe des progrès encore à effectuer : « Cuba est appelée à devenir une société pluraliste, écrivent les évêques. Le droit à la diversité doit s’étendre à la pensée, à la créativité, à la recherche de la vérité. De la diversité découle la nécessité du dialogue. »

18 – ARGENTINE – Procès contre des tortionnaires du franquisme

Dans une résolution considérée historique par les victimes du franquisme, la juge argentine Maria Servini de Cubria  [photo] a décidé l’inculpation et l’application de l’arrêt international contre quatre accusés de torture durant le régime franquiste : l’ex-garde civil Jesús Muñecas Aguilar, le ex-accompagnateur de Franco et de la Maison Royale Celso Galvan Abascal, le ex-commissaire José Ignacio Giralte González et ex-inspecteur José Antonio González Pacheco, alias Billy El Niño. Compte tenu de l’absence de progrès de la cause en Espagne, les victimes de Franco, en 2010, ont déposé leurs plaintes en Argentine. Là, la juge Maria Servini a pris l’affaire en charge, sur la base du principe de justice universelle, le même par lequel l’ancien juge Baltasar Garzón en Espagne a enquêté sur les criminels de la dictature de l’Argentine (1976-1983) et au Chili (1973-1990 ) dans les années quatre-vingt-dix, lorsque dans ces pays l’impunité régnait. Maria Servini a demandé l’extradition des quatre accusés espagnols pour prendre leurs déclarations sous serment.

19 – MEXIQUE – Manuel et Ingrid

Le Mexique a subi l’attaque de deux cyclones – Manuel et Ingrid – par les deux flancs. Le cyclone Manuel qui ces derniers jours a inondé l’État de Guerrero (côte Pacifique), est venu isoler le principal port touristique d’Acapulco. La tempête tropicale est devenue un ouragan et a pris la direction du nord-ouest du pays, des Etats de Sinaloa et Baja California. Les états du sud sont en état d’alerte après l’arrivée des fortes pluies accompagnant ce phénomène météorologique qui, ajouté à la tempête tropicale Ingrid – qui a frappé le golfe du Mexique à l’est – a causé au moins 97 morts et 68 disparus, en particulier dans un glissement de terrain dans une communauté de montagne de Guerrero nommée La Pintada.

20 – ÉQUATEUR – Les chaînes privées dans le viseur

Le ministre de la communication Jaime Guerrero a annoncé à la presse que 51 radios et quatre chaînes de TV ne s’étaient pas pliées à une nouvelle règle les obligeant à présenter une déclaration sous serment certifiant qu’elles utilisent depuis deux ans en leur nom propre les fréquences leur ayant été attribuées. Elles se verront bientôt retirer leurs autorisations de diffusion si elles ne se conforment pas à cette disposition.

20 – HAÏTI – Reconstruction

Plus de trois ans après le violent tremblement de terre qui a détruit Haïti, faisant plus de deux cent cinquante mille morts, les dirigeants haïtiens cherchent un peu plus de 20 milliards de dollars pour relever le pays de la terrible catastrophe. Haïti a un taux de chômage évalué à plus de 70 % de la population active et la majorité de la population vit avec moins de 1 dollar par jour. Au cours de l’année 2012, seulement 200 millions de dollars ont été investis dans le pays, selon le Centre pour la facilitation des investissements (CFI).

22 – MEXIQUE – Réforme énergétique

Le chef du Mouvement de régénération nationale (Morena) a mobilisé ses partisans pour la deuxième fois depuis que le président Enrique Pena Nieto a pris l’initiative de proposer une réforme de l’énergie au Congrès. Il a appelé le président à convoquer un référendum avant que le Congrès approuve les changements aux articles 27 et 28 de la Constitution. Il y a un mois, le fondateur du Parti de la Révolution Démocratique (PRD), Cuauhtemoc Cardenas, a également proposé une consultation publique comme un outil pour empêcher la mise en œuvre de la réforme de l’énergie.

22 – COLOMBIE – Mort d’Alvaro Mutis

Le prestige de son ami Gabriel García Márquez, Prix Nobel de littérature, avait freiné le rayonnement d‘Alvaro Mutis, l’autre maître des lettres colombiennes, mort à Mexico, à 90 ans. D’autant plus que les deux amis étaient opposés en tout, sauf leur culte pour la littérature et l’amitié. Tandis que l’engagement à gauche de García Márquez semblait politiquement correct, en dépit de son soutien à Fidel Castro, Alvaro Mutis mettait un point d’honneur à souligner son indifférence à l’égard de l’actualité, voire son attachement à la monarchie comme système de gouvernement.

Guy MANSUY

Cinéma, littérature et musique pour la 22e édition du festival « Amérique latine »

Le prochain Festival de Biarritz se déroulera du 30 septembre au 6 octobre. Comme chaque année, il sera ouvert à plusieurs formes d’expression.

Au cinéma d’abord, avec dix longs métrages en compétition , dont EL VERANO DE LOS PECES VOLADORES de MARCELA SAID, Chili, et WAKOLDA (Le médecin de famille) de LUCIA PUENZO, Argentine, déjà présentés dans notre chronique de Cannes, PELO MALO de MARIA RONDON, Venezuela,  et LOS INSOLITOS PECES GATO (LES DRÔLES DE POISSONS-CHATS) de CLAUDIA SAINTE-LUCE, Mexique, en film d’ouverture . C’est Martine de Clermont-Tonnerre qui présidera ce jury. Il y aura aussi la compétition de 10 courts métrages de différents pays, et la compétition,  toujours très suivie, des films documentaires dont VICTOR JARA, N° 2547 par ELVIRA DIAZ, Chili. C’est Florence Delay qui sera présidente de ce jury. Le  focus sur le cinéma chilien comprendra dix films récents. On pourra revoir les deux premiers films de Pablo Larraín, l’auteur de NO, TONY MANERO et POST MORTEM en présence de l’acteur Alfredo Castro, par ailleurs membre du jury ou BONZAI de Cristian Jimenez. On découvrira aussi trois documentaires dont un sur le peintre Roberto Matta par son fils Ramuncho, également membre du Jury en compagnie d’Emmanuelle Béart, et LA PASIÓN DE MICHELANGELO de Esteban Larraín.

En partenariat avec l’Institut des Hautes Études de l’Amérique Latine (IHEAL, Sorbonne Nouvelle – Paris 3) se tiendra un colloque CHILE 40 AŇOS DESPUÉS, le 11 septembre 1973 et ses conséquences avec de nombreux intervenants parmi lesquels Olivier Compagnon et Georges Couffignal. Également, trois écrivains seront mis en avant : VALERIA LUISELLI (Mexique) qui vient de publier Des êtres sans gravité aux Éditions Actes Sud, ANTONIO UNGAR (Colombie) qui signe son troisième roman Trois cercueils blancs récompensé par le Prix Herralde en Espagne, ainsi qu’un hommage à ROBERTO BOLAÑO animé par Philippe Lefait. Au village auront lieu concerts et animations chaque jour. Enfin l’on pourra assister au concert de PACO IBAÑEZ,  le 1er octobre.

Pour plus de renseignements visitez le site du Festival : www.festivaldebiarritz.com qui présente tous les films et intervenants.

Alain LIATARD

« Histoire de l’argent »: dernier volet de la trilogie d’Alan Pauls

D’abord il y eut Histoire des larmes, puis ce fut Histoire des cheveux. Et maintenant voici Histoire de l’argent. Alan Pauls clôt avec ce roman très dense la trilogie qu’il s’était proposée sur la réalité argentine vue par le filtre de quelques individus qui sont un peu ses doubles.

Malgré leur profondeur, les livres précédents jouissaient d’une certaine légèreté. Cette fois, Alan Pauls attaque de front un sujet central en Argentine et dans toute société moderne (hélas !). On n’écrit que très rarement directement sur l’argent dans les romans. La littérature est pleine de bourgeois, d’escrocs, de pauvres, de gens qui ont des rapports plus ou moins conflictuels avec l’argent, mais sur l’argent lui-même c’est tout à fait exceptionnel. Ici, les personnages principaux sont bien les billets de banque, lires, francs suisses ou dollars, peu importe. Les humains qui interviennent ne sont que des jouets manipulés par ces morceaux de papier. Et souvent, malgré la fascination qu’ils font naître, on va se laver les mains après les avoir utilisés !

Le narrateur, qui n’est pas nommé dans le roman, petit garçon argentin au début, grandit entre une mère qui, ayant été riche, ne comprend à aucun moment la valeur de la monnaie, et un père joueur compulsif qui, en fonction de sa chance, passe de l’état de millionnaire à celui d’homme ruiné pourchassé par ses débiteurs. Les seules relations que le narrateur enfant ait avec lui passent par les cartes à jouer, et donc indirectement par l’argent qu’elles symbolisent, cet argent qui tour à tour coule à flot au point de noyer la famille ou qui manque cruellement pendant de longues semaines.

Les années passent, le narrateur grandit, mûrit, mais reste, involontairement, dépendant de cette abstraction universelle, ne semble jamais maîtriser son destin, d’autant moins qu’il vit dans un pays lui aussi victime des fluctuations de sa monnaie (tout se passe entre les années 70 et la grande crise du début de ce siècle) et qui, comme le père, passe brutalement de l’opulence à la ruine. Le parallèle entre l’histoire de la famille et celle du pays est évident.

Mais ce roman, où il n’est question que de fric, est paradoxalement émouvant d’un bout à l’autre, et ce n’est pas son moindre mérite. Le moment le plus poignant se trouve vers la fin, quand, après la mort de son père, le personnage finit par faire vraiment la connaissance intime et profonde du disparu en épluchant ses carnets de comptes, sur lesquels il notait toutes ses dépenses : ces colonnes de chiffres révèlent l’ « intimité fragile, obscène » de cet homme avec qui il n’avait partagé que des appartements ou des repas.

Les romans d’Alan Pauls ne se lisent pas en un après-midi sur une plage. Ils se dégustent lentement, posément, on doit avancer pas à pas avec le narrateur. On sent l’admiration de Pauls envers Proust dans son style, le goût du détail infime mais révélateur, le temps qu’il prend pour nuancer tel ou tel fait. Au lecteur de tenter d’extraire tout ce qu’il veut nous dire, et il n’est pas certain qu’une seule lecture suffise. Cela ne veut pas dire que ce soit une lecture pesante. Elle est dense et si riche que, justement, on a une forte envie, celle de faire durer le plaisir.

Christian ROINAT

Alan Pauls : Histoire de l’argent traduit de l’espagnol (Argentine) par Serge Mestre, Christian Bourgois, 253 p., 20 €.

Alan Pauls en espagnol : El pasado / Wasabi / El factor Borges / Historia del llanto / Historia del pelo / Historia del dinero, Anagrama.

Alan Pauls en français : La vie pieds nus / Le facteur Borges / Wasabi / Histoire des larmes / Histoire des cheveux, Christian Bourgois.

Après les tempêtes, le Mexique à l’heure du bilan

Au Mexique, les dégâts laissés par les deux ouragans ne sont pas encore quantifiables. Le gouvernement promet de l’aide tandis que la solidarité se met en place. Le dernier bilan humain fait état d’au moins 101 morts et 68 disparus. En une semaine, plus de 58 000 personnes ont été évacuées et on dénombre plus de 200 000 sinistrés dans tout le pays. Suite sur RFI>>

Inondations au Mexique: les secours tentent de s’organiser à Acapulco

Le Mexique est menacé par un nouvel ouragan alors que les deux tiers du pays subissent toujours les conséquences dévastatrices de la tempête Manuel et de l’ouragan Ingrid. Au moins 80 personnes sont mortes à l’échelle nationale à cause des pluies torrentielles depuis samedi, et des dizaines de milliers sont sans abri. Les autorités mentionnent également la disparition de 58 personnes dans un glissement de terrain dans le sud du pays. A Acapulco, station balnéaire durement touchée, les secours tentent de s’organiser face aux pénuries et aux pillages.

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La semaine du 9 au 15 septembre 2013

9 – BRÉSIL – Comme l’une des premières réponses au scandale d’espionnage qui affecte directement la présidente, Dilma Rousseff, le gouvernement brésilien vise à avoir plus de contrôle sur les grandes sociétés Internet étrangères. Aussi le ministre de la Communication Paulo Bernardo veut offrir une alternative aux services messagerie Gmail et Hotmail et supervise la création d’un service national qui permettra de crypter les courriels et de stocker toutes vos données au Brésil. Le nouveau serveur, de monopole public, qui travaille déjà à la création d’un service de courrier électronique à des fins commerciales, va maintenant s’étendre à un usage privé.

10 – COLOMBIE–NICARAGUA – Le président du Nicaragua, Daniel Ortega, a exigé de son homologue colombien, Juan Manuel Santos, qu’il respecte le jugement émis par la Cour Internationale de Justice (CIJ) des Nations Unies, qui a mis fin le 19 novembre passé à un long litige entre les deux pays. Le coup est rude pour les Colombiens qui viennent de perdre – au bas mot – 70 000 kilomètres carrés de mer Caraïbe, beaucoup de poissons et peut-être du pétrole. Une maigre consolation quand même: la Cour Internationale de Justice a reconnu que l’archipel de San Andres, au large des côtes du Nicaragua, et à l’origine du litige, appartient bien à la Colombie. Le recul des frontières maritimes est vécu à Bogotá comme un désastre national car le président actuel, s’il n’en est pas responsable, pourrait en payer le prix fort.

10 – PÉROU – L’acquisition de 54% du Groupe d’Entreprise de Périodique SA (EPENSA) par le Grupo El Comercio au Pérou a suscité des critiques et inquiétudes chez les analystes et les leaders d’opinion péruviens, parce que maintenant 78% du marché de la presse se concentre sur une entreprise. Cela signifie qu’il y a une position de domination dans la publicité de la presse et des contraintes éventuelles sur le circuit de distribution. L’opération a été connue fin août et on a su qu’El Comercio a payé 17,2 millions de dollars pour sa participation majoritaire en actions d’Epensa.

11 – CUBA – Le ministère public de l’Audience Nationale a demandé de ne pas admettre la plainte recevable pour crimes contre l’humanité de la famille d’Oswaldo Paya contre deux chefs militaires cubains dans le cadre de la mort du leader anticastriste le 22 juillet 2012. La famille a affirmé que l’accident de la circulation qui a tué les dissidents Oswaldo Paya et Harold Cepero, fut en fait une tentative des services secrets de l’île.

11 – VENEZUELA – Le président Nicolás Maduro a annoncé que toutes les stations de radio et de télévision privées devront diffuser deux fois par jour l’information du gouvernement en première partie de soirée. Le président, comme Hugo Chávez, considère qu’il est également victime d’un black-out médiatique.

12 – PANAMA – Le Panama est allié à la Colombie dans le conflit contre le Nicaragua pour la délimitation de la frontière dans une vaste étendue de la mer des Caraïbes et a accusé le président Daniel Ortega de tenter de saisir des eaux maritimes du Panama. Le litige du Nicaragua avec la Colombie dans la région des Caraïbes dérange le Costa Rica, le Panama et la Jamaïque, parce qu’il modifierait leurs frontières maritimes. Le président panaméen Ricardo Martinelli, a accusé Daniel Ortega d’expansionnisme et a déclaré qu’ « il apparaît que le Nicaragua voulait saisir tous les océans territoriaux qui appartiennent à ces pays et au Panama ».

12 – BOLIVIE – À plus d’un an des élections, un changement majeur a été donné à la politique bolivienne avec la présentation du Frente Amplio. C’est incontestablement l’un des plus sérieux obstacles au pouvoir politique du Mouvement vers le socialisme (MAS), qui maintient un contrôle hégémonique à l’Assemblée législative, face à une opposition faible et fragmentée. Toutefois, il a perdu certains de ses bases chez les Indiens de l’est de la Bolivie et des segments importants dans les régions montagneuses, qui se éloignés après avoir dénoncé la violation de la Constitution. Le Front élargi est composé d’intellectuels, de forums politiques et de groupes de citoyens de La Paz, Santa Cruz, Cochabamba et Chuquisaca. La nouvelle formation vise à rendre compte de la déception et de la frustration de l’électorat bolivien qui considère insuffisants les résultats du processus de changement que mène Morales depuis 2006. Un des leaders du Frente Amplio est l’activiste Loyola Guzman [photo], connue pour avoir participé à la guérilla d’Ernesto Che Guevara en Bolivie dans les années soixante et référence à gauche dans le pays.

12 – COLOMBIE – Après trois semaines de protestations des paysans colombiens, qui ont bloqué de nombreuses routes et qui ont valu au président Juan Manuel Santos une popularité en chute libre et un remaniement ministériel, le gouvernement a lancé le « Grand Pacte Agraire ». Il s’agit d’un mécanisme de consultation avec lequel il espère tourner la page de la grève et reconstruire la campagne colombienne, un secteur qui a été oublié pendant des décennies, où la pauvreté est supérieure à 46,8%, et qui a également été affecté comme aucun autre par le conflit armé.

13 – VENEZUELA – La crise menace le parti au pouvoir avant les élections locales et le président Nicolas Maduro crée une entité contre le «sabotage économique». Le gouvernement continue d’être assiégé par l’inflation et les pénuries. Conscient du risque encouru par le parti au pouvoir de perdre des maires et des sièges des conseils municipaux lors des prochaines élections, le 8 décembre, le président du Venezuela a présenté vendredi l’Autorité Suprême de l’Economie. En août, les chiffres de la Banque centrale du Venezuela ont signalé une pénurie de 20%. Le gouvernement de la Colombie a besoin d’importer des aliments de base et il doit importer jusqu’à 600 millions de dollars dans les aliments pour remplir les rayons des supermarchés.

15 – CHILI – Les armes chimiques que le dictateur chilien Augusto Pinochet a utilisé pour empoisonner ses adversaires politiques ont été appelées neurotoxines botuliques et fournies  par le gouvernement de la dictature militaire brésilienne. Le nombre officiel de morts au cours des 17 années que le dictateur chilien était au pouvoir (1973-1990) a  été de 3.225 morts et disparus, en plus des 37.000 prisonniers politiques. Certains de ces décès ont été causés par un empoisonnement avec l’arrivée d’arme biochimique du Brésil, un poison beaucoup plus fort que le cyanure : la neurotoxine botulique entraîne une paralysie et conduit à la mort par asphyxie. Comme on le sait, le Brésil a soutenu le coup d’État militaire chilien de 1973. Le gouvernement militaire de Brasilia d’alors a apporté son plein soutien à Augusto Pinochet, financier et diplomatique. Ce qui était moins connue et qui a été examiné par les gouvernements démocratiques actuelles au Brésil et au Chili est le soutien biochimique que le Brésil a proposé à Pinochet pour pouvoir éliminer plus efficacement ses adversaires politiques, comme l’a rapporté le journal brésilien O Globo.

Dilma Rousseff annule sa visite aux Etats-Unis

Dilma Rousseff a annulé sa visite officielle aux Etats-Unis, prévue le 23 octobre. La présidente brésilienne n’a pas apprécié l’espionnage de la NSA dont elle, et certains de ses collaborateurs, ont fait l’objet. Des informations révélées dans les documents rendus publics par Edward Snowden. Le Brésil estime que les explications reçues sur le sujet ne sont pas suffisantes. Washington est embarrassé, cette visite étant censée marquer une nouvelle ère dans les relations entre les deux pays.

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Besoin d’hébergement pour cinq artistes chiliennes

Chers amis,

Depuis le Chili, je vous lance un appel pour trouver un hébergement pour un groupe de femmes poètes et artistes chiliennes qui seront à Paris du 17 au 24 octobre pour présenter leur travail d’édition cartonera (éditions de livres en carton).

Ce sont cinq femmes : Camila Mardones (poète, Puerto Montt), Melissa Castillo (poète, Maullin), PoliRoa (poète, Puerto Montt), Luna Rojas et Carla Catepillan, respectivement designer et artiste. Leur blog.

Elles cherchent à se loger à Paris pendant cette période, ensemble ou séparément en fonction des possibilités. Est-il nécessaire de préciser qu’elles disposent d’un budget très limité…

Merci d’avance pour essayer de leur trouver un toit ou pour diffuser cet appel auprès de vos contacts de confiance.

Merci à tous pour votre aide!

Mathilde Ollivier

Alain Rouquié : Le Mexique, un état nord-américain

Un ouvrage d’analyse sur le Mexique, le regard extérieur d’un diplomate connaisseur des sociétés latino-américaines. Un livre d’actualité à ne pas manquer. Alain Rouquié raconte le Mexique depuis sa création – ce nom provient du mot nahuatl mexica, nom d’une des civilisations existantes sur ce territoire avant l’arrivée des Espagnols-, jusqu’à nos jours, en passant par l’Indépendance de 1810 et la Révolution de 1910.

Son objectif est de montrer et expliquer ce qui rend le Mexique si caractéristique, particulier, original et différent des autres pays d’Amérique Latine dans la création et conception de son État-nation après l’indépendance de 1810 et la Révolution de 1910. Mais en même temps ce qui le rend si proche de ses voisines du sud, les autres sociétés latino-américaines. Pourquoi et comment la construction de cet état est particulière par rapport aux autres nations Latino-Américaines. Les défis et enjeux internes et extérieurs qu’il a dû affronter au cours de son histoire.

Pourquoi ce pays a été traversé par une révolution débutant en 1910, longue et symbole pour réaffirmer l’identité mexicaine forte et déjà très marquée durant toute son histoire. La construction d’un état moderne débute grâce à la rupture révolutionnaire, un système politique incomparable, très « mexicain ».

L’originalité de l’identité mexicaine et sa force sont d’une part les sociétés pré-hispaniques (disent les mexicains et non précolombiennes), la revendication de ce passé et de l’existence de civilisations riches et savantes avant la conquête espagnole, la colonisation ; et d’autre part sa position géographique comme voisin de la première puissance mondiale, les Etats-Unis.

Pour les mexicains Colomb et Hernan Cortés dans ce cas ont « découvert » ce qui sera la Nouvelle Espagne comme les civilisations peuplant ce territoire ont découvert les Espagnols à ce moment de l’histoire. Ce fut la rencontre de deux cultures et jamais l’une conquérant l’autre. Le Mexique est fier et convaincu de ses origines qu’il défend, protège et rappelle sans cesse. C’est la source de sa richesse, de son origine. Une constante dans tout son passé jusqu’à nos jours. L’identité mexicaine se base sur le mélange de deux cultures, le métissage revendiqué. Les expressions de cette base identitaire s’expriment à travers l’art, à travers la création très tôt d’un musée public d’histoire et d’anthropologie et d’un institut national indigéniste promus par l’État. Elle s’exprime aussi à travers le syncrétisme religieux avec la Vierge de Guadalupe symbole et reine du Mexique depuis le 19ème siècle.

L’autre point marquant de la construction de la Nation et de l’État mexicains est la frontière avec les Etats-Unis. Le seul pays d’Amérique Latine affrontant de plein fouet, depuis le 19ème siècle, les interventions, ingérences de ce voisin dérangeant et distant avec lequel le Mexique doit maintenir un rapport, un équilibre délicat et compliqué à la fois. Il est réellement la passerelle entre les Etats-Unis et les pays d’Amérique latine. Ce voisinage incommodant a des impacts perpétuels dans les décisions et choix de politique intérieure et extérieure mexicaines. Comment ne pas être happé par la culture anglo-saxonne nord-américaine ? Comment ne pas être considéré comme l’arrière-boutique des Etats-Unis ? Ce trait influence la relation du Mexique avec « l’étranger » : se protéger grâce au principe de non-intervention, conserver son identité devenue si forte et résistante malgré les évolutions économiques et politique impliquant dans ce 21ème siècle, plus d’échanges et d’ouvertures dans tous les domaines, même culturels.

Le Mexique a toujours perçu qu’il appartenait à l’Amérique latine avec laquelle il s’identifie pleinement tout en étant obligé d’affronter des relations extérieures très particulières avec les Etats-Unis, un voisin incontournable trop présent bien qu’il ne s’intéresse guère à savoir vraiment qui sont ces mexicains, voisin du sud, voisins très indisciplinés selon leurs normes libérales anglo-saxonnes.

Une identité mexicaine et latino-américaine qui présage un avenir parsemé d’embûches mais plein d’espoir dans la redistribution des forces économiques dans le contexte international actuel.

Catherine COLLET PINTADO

Alain Rouquié, « Le Mexique, un état nord-américain », éditions Fayard, 2013

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