Le Brésil rappelle son ambassadeur en Argentine après les propos très injurieux de Javier Milei

Le diplomate brésilien est arrivé au Brésil ce lundi matin, ont confirmé des sources ministérielles à l’agence EFE. Cette décision a été prise par le ministère brésilien des Affaires étrangères au lendemain des vives critiques formulées par Milei à l’encontre du gouvernement brésilien et d’un juge de la Cour suprême lors du congrès du Parti libéral (PL), où il assistait à la proclamation de la candidature de son allié Flávio Bolsonaro pour les élections d’octobre.

Dans son discours, le président argentin a critiqué le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva et a qualifié de « déchet chauve » le juge Alexandre de Moraes, qui a présidé le procès ayant conduit à la condamnation de l’ancien président Jair Bolsonaro (2019-2022) à 27 ans de prison pour tentative de coup d’État. Milei a également remis en question la décision de De Moraes de lui refuser l’autorisation de rendre visite au leader d’extrême droite, assigné à résidence à Brasília. « Le système judiciaire brésilien ne m’a pas permis de rendre visite à mon ami injustement emprisonné, alors même que Lula a reçu de nombreux dirigeants étrangers pendant son incarcération », a déclaré le président argentin, qui a affirmé que cette décision constituait « une preuve flagrante de l’injustice de sa détention et de la vindicte de ceux qui en sont responsables ».

Le président argentin s’en est également pris au président brésilien, l’accusant d’être un « voleur », de « répandre le socialisme » en Amérique latine et de plonger le Brésil dans une crise budgétaire. Le dirigeant libertarien a souligné que plusieurs pays de la région abandonnent les gouvernements de gauche et forment ce qu’il a appelé la « vague bleue », et s’est dit convaincu que le Brésil rejoindrait ce mouvement en cas de victoire potentielle de Flávio Bolsonaro aux élections du 4 octobre prochain.

Les déclarations du président argentin, samedi, ont suscité une réaction du président de la Cour suprême du Brésil, Luiz Edson Fachin, qui a déploré les insultes proférées à l’encontre du juge De Moraes et réaffirmé l’indépendance du pouvoir judiciaire brésilien. Elles ont également été rejetées par le président du Parti des travailleurs (PT), Edinho Silva, qui a accusé Milei de manquer de respect aux institutions brésiliennes et au chef de l’État.