Au Pérou, Roberto Sánchez Palomino décroche finalement sa place au second tour des élections présidentielles du 13 juin porchain

Plus d’un mois après le premier tour du 13 avril, le doute quant au second candidat qualifié pour accéder au second tour des élections persistait encore. Une longue bataille s’est jouée entre Rafael López Aliaga et Roberto Helbert Sánchez Palomino. Dans un premier temps, Rafael López Aliaga semblait pressenti pour accéder au second tour, avant que Roberto Helbert Sánchez Palomino ne finisse par le devancer et décrocher sa place. Les écarts sont restés extrêmement serrés jusqu’au décompte final, vendredi dernier. Roberto Helbert Sánchez Palomino l’a finalement emporté avec 12,039 % des voix, contre 11,912 % pour Rafael López Aliaga. Face à lui se trouvera Keiko Fujimori qui, sans grande surprise, s’est imposée dès le début du scrutin en recueillant 17,192 % des suffrages.

Figure de la gauche péruvienne, Roberto Helbert Sánchez Palomino, est un homme politique engagé de longue date. Membre du parti Juntos por el Perú, il s’est notamment illustré comme ancien ministre du Commerce extérieur et du Tourisme sous la présidence de Pedro Castillo, dont il se revendique aujourd’hui l’héritier politique. Il défend un programme axé sur la justice sociale, le renforcement du rôle de l’État et la réduction des inégalités, dans un pays marqué par de fortes disparités économiques. Sa candidature s’inscrit dans une volonté de rupture avec les politiques traditionnelles et de réponse aux attentes des populations les plus vulnérables. Durant sa campagne, il s’est principalement adressé aux provinces rurales et aux quartiers populaires souvent délaissés par les partis traditionnels, où demeure une forte indignation face à la destitution de Pedro Castillo et à la répression des manifestations qui ont suivi.

Il devra se mesurer à la candidate de droite Keiko Fujimori qui a quant à elle été largement soutenue par les électeurs péruviens pour accéder à ce face-à-face tant convoité. Elle est bien connue des citoyens péruviens puisqu’elle est la fille de l’ancien président Alberto Fujimori (1990-2000), condamné pour crimes contre l’humanité et corruption, et décédé en 2024. À la tête du parti Fuerza Popular, qu’elle a fondé en 2010, elle s’est imposée comme une candidate récurrente à l’élection présidentielle, ce sera en effet la quatrième fois qu’elle accède au second tour des élections après celles de 2011, 2016 et 2021. Sa campagne repose sur un discours centré sur le rétablissement de l’ordre, la relance de l’économie et la stabilité des institutions, tout en visant à rassembler un électorat élargi dans un contexte politique fortement fragmenté.