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21 décembre 2018

Un mystère diplomatique entoure l’Équateur et Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks


Réfugié depuis bientôt sept ans à l’ambassade de l’Équateur à Londres, Julian Assange risque l’incarcération à perpétuité s’il est arrêté par la justice britannique, puis extradé aux États-Unis, pour avoir «mis en péril la sécurité nationale», après la publication de milliers de documents secrets militaires et diplomatiques.

Photo : Sputnik News

La polémique bat son plein entre ceux qui soutiennent Julian Assange, tel un symbole de la liberté d’expression, et ceux qui l’accusent tout simplement de terroriste. À l’origine de ce scandale diplomatique, les dossiers top secret publiés par WikiLeaks détaillant les actions de la Maison-Blanche dans différents pays du Moyen-Orient : 76 000 documents secrets sur la guerre d’Afghanistan, 390 000 rapports secrets sur la guerre en Irak, 251 287 câbles diplomatiques étasuniens, mais aussi 779 dossiers secrets sur les détenus de Guantanamo.

Cette affaire a lieu au même moment où l’entreprise WikiLeaks est accusée d’avoir facilité à la Russie, en 2016, les moyens de voler des informations concernant les dernières élections présidentielles remportées par Donald Trump. Selon l’enquête judiciaire, «12 espions russes avaient volé des informations de 500 000 votants» ; et ce n’est pas tout : «des articles ont été envoyés dans l’objectif d’influencer le résultat des élections». Ainsi, pour la justice étasunienne, la publication de 20 000 e-mails par le site WikiLeaks, qui était considéré jadis comme un très sérieux lanceur d’alerte, aurait joué un rôle décisif dans la dynamique électorale en défaveur de la candidate démocrate Hillary Clinton.

L’avenir de Julian Assange repose désormais sur les épaules du réfractaire Lenín Moreno, l’actuel président de l’Équateur qui a qualifié l’exilé australien de «hacker» et de «problème hérité» de son prédécesseur et ennemi déclaré Rafael Correa. Rappelons que l’affaire remonte à août 2010, lorsqu’Interpol et les autorités suédoises lancèrent des recherches contre le célèbre hôte de l’ambassade de l’Équateur à Londres, soupçonné d’abus sexuels (viols) commis dans le pays nordique. Après quelques mois de «diserte», Julian Assange se rend à la police londonienne avec l’intention de coopérer, mais un juge britannique confirme son extradition en février 2011.

Assange avait rejeté son extradition vers la Suède en arguant que ce pays le livrerait aux États-Unis, où il risque la réclusion à perpétuité, voire la peine de mort. C’est alors qu’intervint Rafael Correa, à l’époque président de l’Équateur et l’un des poids lourds de la gauche sud-américaine, connu pour sa position «anti-étasunienne». Correa offrit l’asile au fondateur de WikiLeaks le 19 juin 2012.

Or, il y a trois semaines, soit deux mois après les changements du protocole concernant «les conditions minimales de séjour du demandeur d’asile» imposé par le président Lenín Moreno, la vie de Julian Assange à l’ambassade équatorienne est entrée dans une nouvelle phase, celle de l’affabulation. Selon le prestigieux journal The Guardian, Assange aurait participé à une réunion secrète à l’ambassade, en 2016, avec Paul Manafort, l’ancien directeur de campagne de Donald Trump, qui est actuellement poursuivi par la justice de son pays pour délits financiers, entre autres.

En réalité, The Guardian a publié ces fausses informations dans le cadre d’une campagne de «diffamation constante» par le quotidien britannique contre le fondateur de WikiLeaks. «La fonction de propagande de l’article est évidente, commente Jonathan Cook, ex-journaliste de The Guardian : il est destiné à apporter la preuve d’allégations de longue date selon lesquelles Assange aurait conspiré avec Trump, et les prétendus partisans de Trump au Kremlin, pour nuire à Hillary Clinton pendant la course présidentielle de 2016.»

Paul Manafort a nié les révélations du Guardian, tandis qu’Assange a menacé de poursuivre le quotidien en justice pour diffamation. Mais une chose est certaine : un porte-parole de Manafort a confirmé, début décembre, que pendant les réunions en Équateur, en mai 2017, le président Moreno s’est exprimé favorable à l’expulsion d’Assange de l’ambassade, en échange de certaines concessions de la part des États-Unis concernant, par exemple, allègement de sa dette extérieure.

À présent, face à la détérioration quotidienne de sa situation, aucune solution n’est envisageable pour Julian Assange. Considéré par ses supporters comme un Robin des Bois du Net, il est en train de devenir un symbole de l’action d’informer pour avoir dépassé les carcans «éthiques» de sa profession : en révélant les interlignes obscures des enjeux géopolitiques, Assange a montré que l’évolution du journalisme est engagé dans une courbe d’information sur une voie ascendante, celle de la dénonciation.

Aussi le site WikiLeaks a mis en évidence que les gouvernements de différents pays sont aujourd’hui obsédés par les risques liés à la diffusion d’informations dites «secrètes», à une époque où le peuple a des rapports de plus en plus distants avec le pouvoir politique. Bref, pionnier d’une nouvelle presse pour certains, sycophante indésirable pour le pouvoir en place, Julian Assange incarne ce propos de F. Scott Fitzgerald : «les hommes remarquables sont obligés de mener leur jeu tout au bord du précipice». Hélas, aux yeux de ses détracteurs, il a sauté d’un train en marche. Mais, si Assange est en effet poursuivi en justice, il est légitime de se demander quelles conséquences, au niveau planétaire, cela pourrait avoir sur la liberté d’informer.

Eduardo UGOLINI

Le Chili affirme qu’il organisera la COP25 en janvier 2020 en lien avec le Costa Rica

Le gouvernement du Chili confirme qu’il organisera le prochain sommet de l’ONU pour le changement climatique. Cette information a été confirmée par le Président Piñera durant la conférence de presse qui a eu lieu au Palais de La Moneda. Le pays organisera le rendez-vous annuel de janvier 2020 avec le Costa Rica. Nous traduisons ici un article publié dans La Tercera.

Photo : Radio Canada

«Je veux avant tout remercier la Conférence des Parties pour le soutien apporté afin d’accueillir la COP25 au Chili, permettant ainsi de maintenir la COP dans la région de l’Amérique Latine et des Caraïbes.» Tels ont été les mots de la ministre de l’Environnement du Chili, Carolina Schdmit, depuis la Pologne, après la confirmation du Chili comme prochain pays organisateur de la Conférence des Parties des Nations unies pour lutter contre le changement climatique. Le rendez-vous annuel se réalisera en 2020. La secrétaire d’État a affirmé que ceci représentait «un grand défi à assumer comme une tâche historique».

«Nous voulons que ce soit une opportunité pour montrer le meilleur de nous-mêmes et plus largement des richesses naturelles, culturelles et sociales de toute la région. Au nom du gouvernement chilien et de notre président Sebastián Piñera, je veux réaffirmer que nous croyons profondément que le véritable développement économique et social est possible uniquement si nous prenons soin de l’environnement. Diminuer et s’adapter au changement climatique est la clef pour réussir un développement complet et durable pour nos pays» s’est-elle exprimée.

Le Chili a mené d’intenses négociations cette semaine pour faire venir la conférence dans le pays et éviter qu’elle ne retourne dans la ville allemande de Bonn. Des conversations ont été échangées avec le Costa Rica, qui avait également manifesté son intérêt pour organiser le sommet. Toutefois, le pays a retiré sa candidature pour causes financières. Malgré cela, la décision finale a déterminé que la gestion de la rencontre de novembre prochain sera à la charge des deux pays.

La conférence de cette année a pour but de déterminer comment atteindre les objectifs adoptés en 2015 par l’Accord de Paris, qui a établi de limiter l’augmentation de la température moyenne de la planète bien en deçà de 2°C par rapport à l’ère préindustrielle, et le plus proche possible de 1,5°C.

Quelques instants plus tard, et depuis le Palais de La Moneda, le Président Sebastián Piñera a annoncé la nouvelle au cours d’une conférence de presse : «Durant cette importante réunion, nous allons avoir l’extraordinaire responsabilité de mener et d’avancer vers un meilleur contrôle du changement climatique et du réchauffement mondial poursuivant les progrès obtenus par la COP 21 de Paris et la COP 24 de Katowice. […] Ainsi, en novembre de l’année prochaine, le Chili sera le pays siège du sommet de l’Apec et, en janvier 2020, nous serons le pays siège de la COP25.»

D’après La Tercera
Traduit par Cécile PILGRAM

100 photos pour célébrer la biodiversité, entre menaces et beauté

Reporters sans frontières est fière de présenter le 59e album de sa collection. «100 photos de Vincent Munier pour la liberté de la presse». Un manifeste visuel pour la préservation de la biodiversité !

Photo : RSF

En cette fin d’année 2018, Reporters sans frontières (RSF) met au pied des sapins un manifeste visuel pour la préservation de la biodiversité ! Vincent Munier, photographe au style inimitable, offre à l’ONG ses plus beaux clichés animaliers. D’incroyables images qui viennent de ses quêtes lointaines et patientes : ours bruns du Kamtchatka, loups blancs et bœufs musqués de l’Arctique, panthères des neiges du plateau tibétain, manchots empereurs de l’Antarctique… Invité naturel de ce projet, le WWF France y dévoile ses décryptages.

Dossier spécial «Le journal vert broie du noir»

Dans de nombreux pays du monde, les journalistes qui traitent d’environnement ressemblent de plus en plus à leurs confrères et consœurs reporters de guerre ou spécialistes des mafias : quand on ne les assassine pas comme au Brésil, aux Philippines, au Mexique ou en Inde, quand on ne les emprisonne pas comme en Russie ou aux États-Unis, on tente par tous les moyens d’empêcher, de saboter ou de confiner leurs enquêtes. La criminalité environnementale et l’urgence écologique, qui décuplent leur courage, convaincront-elles les médias de leur accorder la primauté qui leur revient ? 

Les ventes d’albums permettent à RSF de financer plus de 30 % de ses actions de soutien et d’assistance aux journalistes partout dans le monde. Vous pouvez nous aider à les développer en mettant à disposition des espaces publicitaires gracieux au sein de vos publications à partir du 8 novembre.

L’équipe de Reporters sans frontières

La Vie comme elle vient, une comédie familiale du Brésilien Gustavo Pizzi

Irène, mère de famille brésilienne de Petrópolis, a des journées bien remplies. Entre quatre garçons, un mari rêveur, une sœur au bord de la crise de nerfs et une maison qui prend l’eau, elle tâche de tout orchestrer. Quand son aîné de 17 ans, recruté par une équipe de hand-ball, annonce son départ pour l’Europe, Irène est prise de court…

Photo : La Vie comme elle vient

Gustavo Pizzi a écrit le scénario avec son épouse, Karine Teles, qui joue également le rôle d’Irène. Ils ont décidé que la caméra virevolterait autour d’Irène et des autres personnages pour décrire les situations…

Quand «dans la vie, les choses arrivent, explique le réalisateur, vous devez faire avec, un point c’est tout. Mais dans le film je voulais montrer autre chose que de la souffrance : de l’espoir. Cette famille n’est pas riche mais elle ne vit pas non plus dans les favelas. Ils luttent pour une vie meilleure. Les femmes brésiliennes doivent davantage se battre. Ce sont elles qui font tourner la maison. Beaucoup d’hommes abandonnent leurs familles ou, comme Klaus, se plaignent de devoir travailler toute la journée et rêvent d’une affaire juteuse qui leur garantissent une rente. Les femmes sont plus pragmatiques, et finissent par dire : « Bien, continue de rêver, mais il faut payer les factures maintenant. » Irène et sa sœur Sonia sont de cette trempe-là. C’est difficile et injuste. Mais dans la vie, même dans ce genre de moments, on peut trouver de la joie, un sentiment de bonheur et d’accomplissement.»

«Quand on travaille avec des enfants, on a moins de temps et c’est difficile de capter leur attention pendant plusieurs heures. Je ne pouvais pas faire beaucoup de prises. Il faut penser en permanence à comment améliorer les choses pour eux et être à l’affût de tout instant intéressant. Le fait que les jumeaux soient nos propres enfants, Francisco et Arthur, nous a bien aidés…. Par exemple, je ne leur ai jamais donné le scénario. Mais, je leur décrivais la situation et ce que j’attendais d’eux. L’atout cependant, de tourner avec des enfants : c’est instantanément très réel. Ils vivent ces situations, alors que les adultes réfléchissent beaucoup trop.»

C’est une comédie familiale plutôt légère remarquablement interprétée par Karine Teles (que l’on avait vu dans Une Seconde mère) et bien agréable à regarder avec des personnages qui ont beaucoup de mal à vivre leurs espoirs et leurs rêves dans le monde d’aujourd’hui. Sortie le 26 décembre.

Alain LIATARD

Triptyque de l’infamie, le roman historique et philosophique de Pablo Montoya

Quand un romancier colombien apprend à un lecteur français une foule de choses sur l’histoire de France, il faut que le lecteur français se hâte d’aller découvrir ses lacunes : qui connaît le labyrinthe dessiné au cœur de la cathédrale d’Amiens ? Qui se souvient que, vers 1570, on traversait généralement la Seine en bateau, les ponts étant presque inexistants ? Qui sait qu’une expédition de protestants essaya d’établir en Floride une communauté luthérienne de langue française ? Dans ce roman palpitant, Pablo Montoya redonne vie à trois artistes de l’époque, qui ont réellement existé, et il recrée un monde de violences et de couleurs.

Photo : éd. du Rocher/La Palabra que Invita

Les guerres de religion font rage en France. Le nouveau culte est toléré par les autorités cléricales et politiques. Le maître cartographe Philippe Tocsin accueille dans son atelier le tout jeune Jacques Le Moyne. Tous deux sont partisans de l’Amiral de Coligny, ils sont donc des hérétiques en terre de France, même si à cette période ils sont encore acceptés. C’est précisément ce qui motive Tocsin, trop vieux et souffrant pour le faire lui-même, à envoyer son élève en Amérique. Le but de l’expédition est de trouver un territoire susceptible d’accueillir une communauté protestante loin de la France et hors de l’autre menace : l’Espagne de Philippe II, tout aussi catholique que la France de Charles IX et moins tolérante envers la nouvelle religion.

Une fois débarqué et installé quelque part en Floride, près d’un village indien, Jacques Le Moyne découvre non seulement une nature inimaginable, mais surtout les racines de son art. Jusque-là, il dessinait ‒des dessins scabreux en général‒ ou il traçait des cartes. Face à l’exubérance des lieux, il apprend les couleurs, celles, merveilleuses et symboliques, peintes sur les corps. Cette découverte est le premier pas vers d’autres, plus fondamentales encore : alors que les autres membres de l’expédition ne pensent qu’à se barricader dans leur fort, Le Moyne fait, seul, la véritable découverte de l’Amérique, à travers ses hommes et leurs arts.

François Dubois est peintre, il est né à Amiens et vit à Paris avant de s’exiler à Genève. Ses recherches tournent autour du dessin et surtout des couleurs. Pour lui la question fondamentale est de savoir s’il existe un «progrès» en art : peut-on décréter que Michel Ange est supérieur aux artistes aztèques, anonymes, dont on a récupéré certaines œuvres ? De toute évidence la réponse est non.

Par l’intermédiaire de personnages et de faits rigoureusement historiques, Pablo Montoya tisse un récit qui aurait pu être entièrement né d’une imagination en liberté. Ainsi la Saint-Barthélemy vue par le filtre de la peinture, celle de François Dubois, «le» tableau qui représente presque en direct le drame, est un sommet de finesse : tout ce qui fait l’art pictural est changé en pure littérature.

Théodore de Bry, le troisième élément du triptyque, est graveur. Très éloigné des trésors d’Amérique et des merveilles des cours d’Espagne et de France, dans son modeste atelier, vivant à Anvers puis à Londres, il démontre dans l’ombre que c’est dans la création que se trouvent la vraie vie et aussi le divin. «La grandeur de nos mains», voilà le message que lui transmet son père, orfèvre lui-même.

Si cette troisième partie du roman perd une partie du souffle de vie qui caractérisait les deux premières, elle va plus loin dans les analyses des œuvres. Le narrateur est Pablo Montoya et il ne s’autorise plus les libertés dont jouissaient les deux artistes, il est le pédagogue éclairé convaincu des ravages inguérissables provoqués par la domination des peuples déclarés sauvages par des conquérants bien plus frustres, ce que disent les œuvres de Le Moyne, Dubois et Le Bry.

Pablo Montoya est aussi le philosophe qui avance des théories sur l’utilisation des images ou sur leur diffusion, sur la violence de la conquête, théories qui se mêlent à une longue description des gravures destinées à accompagner une édition de la Très brève relation de la destruction des Indes de Bartolomé de las Casas qui, malheureusement se transforme en catalogue un peu vain pour un simple lecteur.

Que cela ne fasse pas oublier les multiples beautés, les tourbillons de couleurs, la volonté de lutter et de rester dignes qui illuminent les deux premiers tiers de ce splendide roman ! Le mouvement, le voyage, la découverte en rapport étroit avec la création de ce qui n’est sur le moment qu’une œuvre parmi d’autres avant de s’imposer comme chef d’œuvre immortel, Pablo Montoya recrée brillamment un bouillonnement qui donne à celui qui le découvre un véritable élan vital. Ce n’est pas si fréquent dans la littérature contemporaine.

Christian ROINAT

Triptyque de l’infamie de Pablo Montoya, traduit de l’espagnol (Colombie) par Jean-Marie Saint-Lu, éd. du Rocher, 464 p., 22 €. Pablo Montoya en espagnol : Tríptico de la infamia : Terceto, ed. Literatura Random House, Barcelona.

Pablo Montoya est écrivain et professeur de littérature à l’université d’Antioquia. Il a publié de nombreux romans, contes et essais. Triptyque de l’infamie a reçu le prix Romulo Gallegos en 2015.

Juan Pablo Salazar Sparks est le nouvel ambassadeur du Chili à Paris

Le ministre des Affaires étrangères Roberto Ampuero a annoncé la nomination par le président d’un nouvel ambassadeur du Chili en France. Nous traduisons ici un article de Radio Bio-Bio.

Photo : Teletrece

Cette nomination intervient à la suite de la polémique soulevée par l’asile politique de l’auteur de l’homicide de Jaime Guzmán, Ricardo Palma Salamanca, accordé par la France. C’est lundi dernier que Juan Pablo Salazar Sparks, fondateur du cabinet de conseil spécialisé en politique «JYS» a été notifié de sa nomination.

Salazar est titulaire d’une licence en Sciences politiques et administratives de l’université du Chili, spécialité «diplomatie» et d’un diplôme de l’Académie diplomatique Andrés Bello. 

M. Ampuero a présenté les différents postes occupés par M. Salazar dans les ambassades chiliennes en Argentine, au Royaume-Uni et en Colombie. Il a été consul général à Buenos Aires, ambassadeur en Nouvelle-Zélande, en Australie, auprès de l’Union européenne, en Belgique, et au Danemark.

Au sein du ministère des Affaires étrangères, il a été successivement directeur des Affaires de la zone Pacifique, de la Politique multilatérale, de l’Académie diplomatique et de la Planification, et entre autres directeur général des Relations économiques internationales. 

Salazar Sparks s’est aussi engagé dans différents domaines du secteur privé, notamment en qualité de membre du Conseil international de Sofofa, vice-président Corporate régional de BHP, mais également, entre autres, directeur et président de la Fondation chilienne du Pacifique. 

D’après Radio Bio-Bio
Traduit par Prune FOREST

La décision d’interdire le CENIDH marque l’entrée du Nicaragua dans un régime dictatorial

Paris-Genève, le 13 décembre 2018 – L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’homme rejette l’annulation du statut juridique de quatre organisations par l’Assemblée nationale du Nicaragua, dont le CENIDH, organisation membre de la FIDH et du réseau SOS Torture de l’OMCT. Cette décision démontre que l’Assemblée est devenue un tribunal sommaire dédié à la répression des organisations de la société civile dans ce pays. Nous reproduisons ici un article de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH).

Photo : Le Devoir

Le 12 décembre 2018, l’Assemblée nationale a annulé le statut juridique du Centre nicaraguayen des droits humains (CENIDH), en réponse à une demande urgente adressée le même jour par le ministère de l’Intérieur. Les motifs invoqués pour justifier cette interdiction seraient que le CENIDH aurait dénaturé sa personnalité juridique en n’agissant pas conformément aux buts et objectifs pour lesquels elle lui avait été accordée «comme la réalisation de la paix et de la justice au Nicaragua».

L’Observatoire exprime sa grande préoccupation au sujet des dénonciations faisant état de l’encerclement de l’entrée du siège du CENIDH par la force publique, empêchant les travailleurs d’y entrer et leur disant qu’«ils ne sont plus en règle». L’Observatoire appelle les autorités à respecter et à garantir l’intégrité physique de l’ensemble de l’équipe du CENIDH.

«Cette décision constitue une restriction arbitraire du droit à la liberté d’association en violation des obligations internationales du Nicaragua. Il s’agit clairement d’un acte de représailles pour sa dénonciation active des violations des droits humains depuis sa création en 1990. Nous réitérons notre solidarité avec le CENIDH», a déclaré Dimitris Christopoulos, Président de la FIDH.

«Cet outrage est un exemple du modèle de répression qui vise à anéantir la société civile indépendante au Nicaragua. Depuis trente ans, le CENIDH représente un espoir pour toutes les victimes de violations des droits humains. Sa fermeture semble être un message au peuple nicaraguayen pour qu’il ne dénonce pas les violations et exactions, mais elle ne parviendra pas à réduire au silence le mouvement des droits humains», a déclaré Gerald Staberock, Secrétaire général de l’OMCT.

Le CENIDH est la quatrième ONG à avoir été dépouillée de son statut légal par l’Assemblée nationale au cours des deux dernières semaines, au motif qu’elles feraient partie d’une tentative de coup d’État pour renverser le gouvernement nicaraguayen. Hier, l’organisation «Faisons la démocratie» s’est vue retirer sa personnalité juridique, et le 11 décembre, l’Institut d’études stratégiques et de politiques publiques (IEEPP) perdait elle aussi sa personnalité juridique. Enfin, le 29 novembre, l’Assemblée nationale avait annulé le statut juridique de l’organisation féministe Centro de Información y Servicios de Asesoría en Salud (CISAS).

Dans le but de démanteler le militantisme étudiant, rural et toute opposition politique, le régime Ortega-Murillo a déployé ces derniers mois une violente répression qui a fait plus de 300 morts et des centaines de détenus arbitraires. Comme si cela ne suffisait pas, le gouvernement veut maintenant réduire au silence la société civile en interdisant les ONG qui lui sont opposées.

Dans ce contexte, l’Observatoire exprime sa préoccupation et condamne fermement la suppression de la personnalité juridique du CENIDH. Nous appelons les autorités à revenir immédiatement sur cette décision et à mettre fin à tous les types de harcèlement contre le CENIDH et d’autres organisations, ainsi que contre tous les défenseur.e.s des droits humains au Nicaragua.

D’après la FIDH

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’homme (l’Observatoire) est un programme créé en 1997 par la FIDH et l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et vise à intervenir pour prévenir ou remédier aux situations concrètes de répression contre les défenseurs des droits de l’homme. La FIDH et l’OMCT sont toutes deux membres de ProtectDefenders.eu, le mécanisme de l’Union européenne pour les défenseurs des droits de l’homme mis en œuvre par la société civile internationale.

Martín Vizcarra, président du Pérou, remporte son référendum contre la corruption

Le président péruvien, Martín Vizcarra, a remporté haut la main «son» référendum anticorruption, dimanche 9 décembre dernier. L’actuel président, ingénieur de 55 ans, était quasiment inconnu lorsqu’il a succédé il y a quelques mois à Pedro Pablo Kuczynski. 

Photo : TDG.ch

M. Vizcarra s’était livré à un bras de fer avec le Congrès, dominé par l’opposition fujimoriste (extrême droite), pour l’obliger à accepter un référendum national ayant pour but de déraciner la corruption dans le pays, son «cheval de bataille». Il avait présenté ses propositions de réformes le 28 juillet, après un scandale frappant l’institution judiciaire qui avait entraîné de multiples démissions, y compris celle du président de la Cour suprême, Duberlí Rodríguez. Et rappelons que les quatre derniers présidents du pays sont dans le collimateur de la justice péruvienne dans le scandale Odebrecht : outre M. Pedro Pablo Kuczynski, il s’agit d’Alejandro Toledo (2001-2006), d’Alan García (1985-1990, 2006-2011) et d’Ollanta Humala (2011-2016).

Ce référendum constitutionnel a eu lieu le 9 décembre dernier et était composé de quatre questions distinctes portant sur une réforme de la magistrature, la limitation du financement des campagnes électorales, celle du nombre de mandats des élus, ainsi que le retour au bicaméralisme. C’est la première fois depuis l’adoption de la Constitution, en 1993, que les Péruviens étaient appelés à se prononcer sur sa modification. Voici quelles étaient précisément les questions soumises au référendum :

  • «Approuvez-vous la réforme constitutionnelle sur la structure et les fonctions de la Cour nationale de justice, anciennement Conseil national de la magistrature ?»

La réforme propose la dissolution du Conseil, et son remplacement par une Cour nationale de justice dont les membres seraient désormais sélectionnés par le défenseur des droits, le procureur général, le président de la branche judiciaire, le contrôleur général et le président du tribunal constitutionnel, dans le cadre d’un processus public basé sur le mérite. La durée de leur mandat serait notamment limitée à cinq ans, non renouvelables. La Cour devrait également présenter un rapport annuel de ses activités devant le Congrès. Cette réforme est considérée comme la plus susceptible d’entraîner des changements en profondeur dans le pays.

  • « Approuvez-vous la réforme constitutionnelle qui régule le financement des organisations politiques ?»

L’article 35 de la Constitution régule le financement des partis politiques. Ses dispositions ont été vivement critiquées comme insuffisantes lorsque l’ex-directeur d’Odebrecht a avoué en mars 2018 avoir illégalement financé les campagnes électorales des quatre précédents présidents et même de l’adversaire du dernier. La réforme soumise à référendum propose d’établir des audits et des mécanismes de contrôle, de brider au maximum le financement des campagnes des candidats par des entités privées, et de mettre en place des sanctions pour les partis qui ne s’y conformeraient pas. Les groupes politiques se verraient également interdits de recevoir des dons de la part d’individus condamnés pour certains crimes, de même que ceux d’origine anonyme. Les nouvelles mesures imposant la transparence vont jusqu’à stipuler que «tout don d’origine non établie devra être considéré comme d’origine illicite».

  •  «Approuvez-vous la réforme constitutionnelle qui interdit la réélection immédiate des parlementaires de la République ?»

La réforme prévoit l’interdiction pour les parlementaires de se présenter à leur réélection pour un mandat consécutif. Ce changement est considéré comme en partie symbolique, le taux de réélection au Congrès se limitant à environ un tiers de ses membres en moyenne. Les Péruviens considèrent cependant à une très large majorité que leur législature est l’institution la plus corrompue de tout le pays. 

  • «Approuvez-vous la réforme constitutionnelle qui établit le bicamérisme au Congrès de la République ?»

La réforme prévoit un passage au bicaméralisme, qui ferait de l’actuelle chambre unique, le Congrès de la République composé de 130 députés, la chambre basse d’un Parlement auquel serait ajouté pour chambre haute un Sénat composé de 50 sénateurs. Les candidats devraient être Péruviens de naissance et être âgés d’au moins 25 ans pour les députés et 35 ans pour les sénateurs. Le système législatif péruvien avait déjà été bicaméral jusqu’en 1992. Cette année-là, le président Alberto Fujimori avait procédé par un coup de force à la dissolution du Congrès et à l’adoption d’une nouvelle constitution ne conservant que la chambre basse. 

Le projet originel prévoyait de baisser le nombre de députés à 100 et de porter à 30 celui des sénateurs. Le congrès dominé par le parti Force populaire est cependant parvenu à en détricoter le contenu. Le nombre de parlementaires était ainsi relevé et les dispositions imposant la parité homme/femme retirées. Surtout, les parlementaires procédaient à une modification du texte retirant au président le pouvoir de poser au Congrès une question de confiance sur un projet de loi qui, dans certaines circonstances, lui permet, en cas de refus, de procéder à la dissolution de l’Assemblée. Cette disposition venait justement d’être utilisée en septembre par le président Vizcarra pour forcer la main du Congrès qui tentait d’enterrer le projet référendaire. Les changements apportés au projet étaient tels que Vizcarra lui-même avait annoncé qu’il voterait contre.

Selon des résultats officiels provisoires portant sur 83,69 % des bulletins, les Péruviens ont approuvé massivement, à près de 80 %, les trois premières réformes constitutionnelles proposées par le chef de l’État. Les 130 législateurs actuels se retrouveront donc sans siège après la fin de leur mandat prévue le 28 juillet 2021. En revanche, les électeurs ont refusé de rétablir un système bicaméral, proposition initialement soutenue par le président Vizcarra qui s’était ensuite ravisé pour ne pas rogner les pouvoirs présidentiels. 

Ces résultats sont une victoire pour Martín Vizcarra, cet ingénieur de 55 ans quasiment inconnu lorsqu’il a succédé il y a quelques mois à Pedro Pablo Kuczynski. Il sort ainsi renforcé du scrutin au détriment du Parlement, ce dernier faisant les frais de son discrédit auprès des Péruviens. Ce référendum «marque le début d’un changement que nous souhaitons pour le Pérou et pour tous les Péruviens», a-t-il déclaré à l’issue du scrutin.

Catherine TRAULLÉ

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