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7 décembre 2018

Cinq phrases d’AMLO lors de son premier discours en tant que président du Mexique

Le nouveau président du Mexique Andrés Manuel López Obrador (AMLO), élu en juillet 2018 avec 53 % des votes, a tenu son premier discours comme président, samedi 1er décembre. Nous transcrivons une synthèse de l’article publié sur le site en espagnol de la BBC, traduit par nos soins.

Photo : BBC

Lors de son investiture devant le Congrès, Andrés Manuel López Obrador (AMLO) a annoncé samedi dernier sa volonté de combattre la corruption et de réformer le gouvernement national. AMLO a surtout fait la promesse devant les Mexicains de «ne pas échouer» dans sa volonté de réformer le pays. Le politicien de 65 ans a souligné qu’il veut aujourd’hui impulser une quatrième transformation à la hauteur des mouvements d’indépendance de la Réforme libérale et de la Révolution mexicaine. «Il n’y a rien de prétentieux ou exagéré, mais aujourd’hui, ce n’est pas seulement le début d’un nouveau gouvernement, mais d’un changement de régime politique» a prononcé AMLO.

Il va soumettre son gouvernement à un référendum à mi-parcours de son mandat de six ans, soit en 2021. «Je précise qu’en aucun cas je ne devrai me réélire. Au contraire, je me soumettrai à la révocation du mandat», a déclaré le nouveau président du Mexique. BBC Mundo a noté cinq phrases clés prononcées par le président lors de son premier discours aux Mexicains.

1) «Je m’engage à ne pas voler»

Le président a consacré une grande partie de son discours de plus d’une heure à expliquer ce qu’il considère comme les causes de la «grande corruption» du pays et comment les gouvernements passés l’ont tolérée. «Je m’engage à ne pas voler, à ne permettre à personne d’user de sa position pour soustraire des biens ou faire des affaires sous le couvert des pouvoirs publics» a-t-il affirmé. 

Il a également annoncé que son gouvernement encouragera les réformes législatives comme la suppression de l’immunité présidentielle ou la qualification de la corruption comme «délit grave» afin que tous les fonctionnaires de son gouvernement soient soumis à la justice. Il inclut également les «amis, compagnons et familles» pour éviter toute forme de malhonnêteté. 

2) «Le président du Mexique ne donnera jamais l’ordre de réprimer le peuple»

S’agissant de la situation d’insécurité au Mexique, un pays où 2017 a été reconnue comme la pire année en nombre d’homicides depuis plusieurs décennies, López Obrador a réaffirmé sa proposition de créer une Garde nationale militaire. Il assure qu’en tant que chef de l’Armée, il ne permettra aucun usage répressif ni actes de violences de la part des forces de sécurité publique. 

Bien que pendant des années il se soit opposé à l’implication de l’Armée dans les tâches de sécurité publique, AMLO a finalement défendu l’idée de la Garde nationale, en déclarant que «les forces armées ne sont pas concernées par la corruption des corporations policières». Cette mesure «sera mise en place seulement si elle est approuvée dans une consultation citoyenne» a-t-il promis.

3. «Ils vont baisser les salaires de ceux qui sont en haut parce qu’ils vont augmenter ceux de ceux qui se trouvent en bas»

AMLO a consacré une autre partie de son discours à expliquer comment il utilisera le budget disponible pour financer les programmes de son gouvernement. Il a assuré que son programme «d’austérité républicaine» qui vise à réduire les dépenses du gouvernement contribuera également à augmenter les salaires de la base des travailleurs du secteur public. 

De plus, le nouveau président a expliqué que l’objectif sera d’augmenter les revenus des Mexicains en général pour faire en sorte que la migration soit «facultative, et non pas obligatoire». «Nous allons mettre de côté l’hypocrisie néolibérale. L’État s’occupera de diminuer les inégalités sociales. La justice sociale ne sera plus écartée du programme gouvernemental» a déclaré AMLO. 

4. «La vengeance, ce n’est pas mon fort.»

Bien que AMLO a souligné à plusieurs reprises la complicité des gouvernements précédents dans la «grande corruption» du pays, il a également assuré qu’il ne demanderait pas la poursuite des autorités précédentes. «La vengeance n’est pas mon fort, même si je n’oublie pas, je suis un partisan du pardon et de l’indulgence» a dit le politicien. 

«La crise du Mexique a été causée non seulement par l’échec du modèle économique néolibéral appliqué les 36 dernières années de gouvernement, mais aussi par la prédominance immonde de la corruption publique et privée» a-t-il signalé. 

«J’ai proposé au peuple du Mexique que nous mettions fin à cette horrible histoire et que nous recommencions sur de meilleurs bases.»

5) «Je n’ai pas le droit d’échouer»

AMLO a terminé son discours sur une anecdote : alors qu’il se dirigeait vers le Congrès, un cycliste s’est approché de sa voiture et lui a dit : «tu n’as pas le droit de nous décevoir». Il a promis de faire de cette expression l’un de ses objectifs : «c’est la promesse que j’ai faite avec mon village : je n’ai pas le droit d’échouer.» 

AMLO, qui a été trois fois candidat aux présidentielles (2006, 2012, 2018), a expliqué se sentir prêt à affronter les problèmes du pays. Il arrive à la présidence comme président le plus voté depuis des décennies, en plus d’avoir une majorité quasi absolue dans les deux chambres du Congrès. 

«Rien de matériel ne m’intéresse et je ne me soucie pas du tout de l’attirail du pouvoir, j’ai toujours pensé que le pouvoir devait être exercé avec sagesse et humilité» a déclaré le politicien. Il a conclu: « je suis optimiste : nous sommes sur la voie de la renaissance du Mexique.»

D’après BBC Mundo
Traduit de l’espagnol
par Chloé GARCÍA DORREY

G20 en Argentine : un sommet axé sur le climat et le commerce mondial

Les vingt poids lourds de la politique internationale se sont réunis à Buenos Aires, vendredi 30 novembre et samedi 1er décembre, au moment où l’économie globale s’essouffle, la récession frappe le moral des Argentins, et une guerre commerciale risque d’envenimer les relations sino-étasuniennes déjà tendues.

Photo : Major-Prepa

Plusieurs problèmes étaient en jeu à Buenos Aires, allant des tensions politiques à la concurrence économique, en passant par le conflit entre l’Ukraine et la Russie, l’accord de Paris sur le climat, et la présence encombrante du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane.

Donald Trump devait rencontrer Vladimir Poutine pour une réunion aux enjeux essentiels. Mais «l’imprévisible» président américain a finalement annulé la rencontre une heure après avoir confirmé qu’elle aurait lieu, et pour cause : l’incident au large de la Crimée, cinq jours auparavant, entre trois navires militaires ukrainiens et les forces de l’ordre russes. Le Kremlin a «regretté» la décision de Trump, estimant que «les discussions sur des questions internationales et bilatérales graves sont reportées indéfiniment».

La solution pacifique de ce conflit frontalier reste donc un préalable à la reprise des discussions pour un nouveau partenariat Russie-USA. Sauf que pour Vladimir Poutine la guerre va continuer. En effet, d’après le chef du Kremlin, les autorités ukrainiennes font tout pour que le conflit perdure afin de rester au pouvoir.

Ce 13e sommet a été marqué par la franche camaraderie entre le président russe et Mohammed ben Salmane. Les deux dirigeants se sont mis d’accord pour prolonger la baisse de la production du pétrole, alors que les enquêtes menées par la CIA soupçonnent le prince saoudien d’avoir été le commanditaire de l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi à l’ambassade de l’Arabie saoudite à Istanbul. Pour sa part, Donald Trump a déclaré une nouvelle fois que, quel que soit le résultat des enquêtes, «l’Arabie saoudite restera un partenaire inébranlable des États-Unis».

À propos de la transition énergétique et le climat, des tensions se sont fait sentir au centre des débats. Dans un texte communiqué à la fin du sommet, les membres du G20 signataires de l’accord de Paris ont souligné que celui-ci était «irréversible», et ils «s’engagent à sa pleine mise en œuvre» en l’adaptant toutefois aux «capacités respectives, au vu des diverses situations nationales». Un bilan plutôt mitigé, si l’on tient compte que certains pays hésitaient à confirmer leur engagement, tandis que l’administration Trump, comme déjà l’an dernier au G20 de Hambourg, n’a pas cédé aux exigences climatiques. «Cette coalition s’effiloche. Des pays comme la Turquie, l’Arabie saoudite, la Russie, pourraient commencer à s’interroger» sur cet engagement, a déclaré une source de la Maison-Blanche.

Mais ce sommet s’annonçait surtout crucial pour l’avenir des relations entre Washington et Pékin et leurs répercussions sur le commerce mondial. «Le risque est celui d’un tête-à-tête entre la Chine et les États-Unis et d’une guerre commerciale destructrice pour tous», avait averti Emmanuel Macron dans une interview publiée dans un quotidien argentin. Le président français a aussi évoqué le risque certain d’un «délitement» de l’OMC (Organisation mondiale du commerce).

Pourtant, depuis des mois de guerre commerciale, Donald Trump et le président Xi Jimping ont trouvé un accord in extremis, mais certes temporaire : la Chine et les États-Unis se sont engagés à ne pas imposer de nouveaux droits de douane sur les importations, et sur des négociations portant par exemple sur la levée par la Chine des obstacles à l’implantation sur son territoire de firmes étrangères, mais aussi sur la protection de la propriété intellectuelle, en particulier des firmes étasuniennes. Cet accord commercial va s’étendre pendant les trois prochains mois, de quoi laisser un peu de temps pour en discuter.

Par ailleurs, la confrontation États-Unis/Chine n’était qu’une manifestation parmi tant d’autres du gouffre économico-social qui sépare les grandes puissances des pays en développement qui font partie du G20, dont certains estiment avoir besoin de plus de soutien de la part des pays qui dominent le marché mondial. Depuis un certain temps, ce gouffre suscite l’intérêt des autorités de Pékin, dont les investissements commencent à s’imposer en Amérique latine, notamment face à Washington. Le continent sud-américain pourrait ainsi devenir le principal partenaire commercial du géant asiatique d’ici à la fin de la prochaine décennie.

Un exemple est révélateur à cet égard : après la clôture du sommet, dimanche dernier, le président chinois Xi Jimping a rencontré pour la cinquième fois, en moins de trois ans, son homologue argentin Mauricio Macri (un record dans l’histoire des relations sino-argentines). Les deux dirigeants se sont mis d’accord pour «ouvrir conjointement une nouvelle ère du partenariat stratégique entre les deux pays». M. Xi, qui a réitéré sa confiance dans les perspectives de croissance dans la région, a également déclaré : «dans l’actuelle conjoncture internationale complexe et à l’évolution rapide, les deux pays doivent tracer la voie des relations bilatérales avec une vision plus large […], et continuer à contribuer à la paix, à la stabilité et à la prospérité des deux pays et dans le monde entier.»

Justement, «stabilité et prospérité», sont les mots magiques que l’administration Macri tentera de matérialiser avant les élections présidentielles de 2019, dans une ambiance de crise économique due à une politique mise en échec par deux crises monétaires, foudroyée par ce qu’on appelle «un manque de plan B» : «Le gouvernement n’a pas sécurisé l’économie pour faire face à un scénario qui était très probable : celui d’une contraction de la politique monétaire dans les pays développés. C’est le genre de chose [la dévaluation du peso argentin] qui arrive quand il n’y a pas de plan B et que l’on compte seulement sur des investissements étrangers», analyse Juan Martín Rinaldi, trader chez Balanz Capital.

Eduardo UGOLINI

Au Honduras, les assassins de l’activiste Berta Cáceres condamnés

Après un procès de six semaines dans la capitale hondurienne, Tegucigalpa, sept hommes ont été jeudi 29 novembre reconnus coupables du meurtre de Berta Cáceres, leader environnementaliste Lenca, un des peuples autochtones du pays. Elle a été abattue chez elle, le 2 mars 2016 à minuit, par deux hommes armés, pour s’être opposée au projet d’un barrage sur la rivière Gualcarque, dans l’ouest du Honduras par l’entreprise Desa. Les Lencas considèrent le fleuve comme sacré et son eau est indispensable à leur survie.

Photo : Claudia Korol

Le tribunal a jugé que le meurtre avait été ordonné par les dirigeants de la société du barrage, Desa, en raison des retards et des pertes financières liés aux manifestations dirigées par Berta Cáceres. Les assassins payés pour tirer sur Cáceres et ceux qui ont organisé le crime ont été condamnés, mais les commanditaires du meurtre restent pour l’instant dans l’impunité.

Deux des condamnés sont liés à Desa : Sergio Rodríguez Orellana, directeur du développement social et environnemental de l’entreprise, et Douglas Bustillo, lieutenant à la retraite de l’armée hondurienne qui avait occupé le poste de chef de la sécurité de la société mais en était parti avant la mort de Berta. Cinq autres personnes, dont Mariano Diaz, un commandant de l’armée hondurienne, ont également été condamnées. Un autre accusé, le frère de l’un des accusés, a été acquitté.

Le directeur général de Desa, David Castillo, arrêté en mars 2018, sera jugé séparément. L’entreprise continue de nier toute implication et a déclaré que MM. Castillo et Rodríguez, les deux dirigeants travaillant pour Desa au moment du meurtre, avaient été accusés et condamnés à tort.

Le sang coule toujours au Honduras 

Le procès, qui avait commencé le 17 septembre, s’est déroulé sans représentation légale pour les victimes, car le tribunal avait exclu les avocats de la famille de Berta et de Gustavo Castro, blessé lors de l’attaque. Ils accusaient les trois juges de partialité et d’abus de pouvoir et avaient demandé qu’ils soient récusés et remplacés, parce qu’une série de décisions et d’omissions au cours des audiences préliminaires rendaient la procédure irrégulière et démontraient une partialité à l’égard des victimes. En août dernier, le procureur général avait été obligé d’admettre que les enquêteurs n’avaient pas analysé de nombreux téléphones portables, tablettes, ordinateurs, disques durs, documents et même une arme à feu et des balles confisquées lors des arrestations et des perquisitions plus de deux ans auparavant.

Le tribunal a aussi refusé d’appeler à la barre, à titre de témoins, les dirigeants de Desa, dont certains membres de la famille Atala Zablah, l’un des clans les plus puissants du Honduras. Les juges avaient aussi interdit la retransmission vidéo du procès, mais une équipe d’observateurs juridiques internationaux a été autorisée à suivre les débats.

Malgré l’indignation internationale suscitée par le meurtre de Berta Cáceres, le sang coule toujours au Honduras. Le 29 novembre, un activiste environnemental, Reynaldo Reyes Moreno, a été tué par deux assassins à moto. Il dirigeait la lutte d’une petite communauté contre un vaste projet solaire financé au niveau international dans le sud du Honduras et imposé par l’État hondurien sans la consultation obligatoire des communautés locales.

Laura Zúñiga, la plus jeune fille de Berta Cáceres, a déclaré, à la fin de l’audience : «Pour en finir avec ces meurtres, il faut en finir avec l’impunité des auteurs de ces crimes. Notre combat pour la dignité, la vérité et la justice ne s’arrête pas là. Nous continuerons à nous battre.»

Élisabeth SCHNEITER
D’après Reporterre

Le président chinois souhaite des efforts communs avec le Panama pour un avenir partagé

Une tribune du président chinois Xi Jinping titrée «Travailler ensemble pour un avenir partagé» a été publiée vendredi dans le journal panaméen La Estrella de Panamá à l’occasion de sa visite d’État dans ce pays d’Amérique centrale. Nous reproduisons ici cette tribune.

 Photo : La Prensa de Panamá

«Comme beaucoup de mes compatriotes, je ne suis pas étranger au Panama même si je ne suis jamais allé dans ce pays : le grand canal de Panama, le très réputé café Geisha, ainsi que les bananes et autres fruits tropicaux sont reconnus dans le monde entier», déclare le président chinois dans cette tribune. Il rappelle que les échanges amicaux entre les peuples des deux pays pourraient remonter à plus de 160 ans, lorsque le premier groupe de Chinois est arrivé au Panama pour aider à la construction du canal et des voies ferrées.

Dans les années 1960, seize millions de Chinois ont organisé un rassemblement à travers la Chine dans un geste de solidarité avec le peuple panaméen pour défendre sa souveraineté sur le canal. Tout cela témoigne des relations fraternelles entre les peuples des deux pays, ajoute Mr Xi Jinping. Ainsi, en juin 2017, le président chinois et son homologue panaméen Juan Carlos Varela ont décidé d’établir officiellement des relations diplomatiques entre la Chine et le Panama.

«Pour nos deux pays, cette décision historique bénéficiera non seulement à cette génération, mais à de nombreuses générations à venir. Pour la communauté internationale au sens large, cela ne pourrait pas montrer plus clairement la tendance de notre époque et la volonté du peuple. Il s’agit d’une déclaration ferme faite au monde par le Panama en faveur de la politique d’une seule Chine et de l’expression du soutien unanime de nos deux peuples aux relations sino-panaméennes», souligne Xi Jinping.

Selon le président chinois, depuis un an et demi, les relations sino-panaméennes ont progressé : les programmes de coopération se sont multipliés, apportant des avantages concrets à la population des deux pays. «Lors de sa première visite d’État en Chine, le président Varela et moi avons élaboré un plan pour l’avenir de nos relations bilatérales. La Chine est le deuxième partenaire commercial du Panama, le principal fournisseur de la zone de libre-échange de Colon et le deuxième utilisateur du canal de Panama. Dans le cadre de l’Initiative la Ceinture et la Route (ICR), les deux parties ont signé un grand nombre d’accords dans des domaines tels que le commerce, les finances, les affaires maritimes, l’aviation civile, le tourisme, la culture et l’éducation», indique Xi Jinping.

Sur proposition du Panama, la Chine est en train d’étudier le projet du centre éducatif de la «Ville de l’espoir» qui sera installé dans l’ouest du Panama. Ce projet se fixe comme objectif d’offrir des services d’éducation à plus de 2000 élèves locaux et contribuera à améliorer grandement les conditions et la qualité de l’éducation locale. La Chine est également en train de mettre en œuvre le projet des cliniques ambulantes, qui a pour but de procurer des soins médicaux gratuits aux femmes dans les régions reculées du Panama, fait remarquer le président chinois.

Le premier institut Confucius au Panama est opérationnel, le premier vol direct reliant la Chine et l’Amérique centrale a été inauguré, et le Panama est approuvé comme destination touristique pour les groupes de touristes chinois, rappelle Mr Jinping, qui ajoute que d’ici la fin de l’année, la Chine aura formé 6000 fonctionnaires et professionnels panaméens dans divers domaines et que près de mille étudiants panaméens font maintenant leurs études en Chine.

Durant la visite en Chine du président Varela l’année dernière, le Panama est devenu le premier pays de l’Amérique latine et des Caraïbes à avoir signé avec la Chine un mémorandum de coopération dans le cadre de l’ICR. À l’avenir, les deux pays travailleront inlassablement pour renforcer la synergie entre leurs stratégies de développement et apporter davantage de bénéfices aux deux peuples, déclare le président Xi Jinping.

Pour ce faire, ce dernier appelle les deux pays à être des partenaires sincères suivant les principes de l’équité et du respect mutuel, des partenaires de développement malgré les hauts et les bas, des partenaires de coopération dans la poursuite de bénéfices mutuels, et des partenaires proches avec des liens étroits entre les peuples.

«Nous ne serons pas capables de développer nos relations sans l’engagement de nos peuples. Saisissons cette opportunité pour mettre en valeur les avantages de notre départ tardif, accélérer le développement de nos relations bilatérales, développer notre coopération sur un rythme stable et soutenu, et contribuer ensemble à un avenir radieux et un monde plus prospère», conclut Mr Jinping. Le président chinois Xi Jinping va effectuer une visite d’État en République du Panama à l’invitation de son homologue panaméen Juan Carlos Varela après le sommet du G20 de Buenos Aires.

D’après La Estrella de Panamá

Traduction en français French.xinhuanet.com

Retour sur le passé avec Mon livre d’heures de la Brésilienne Nélida Piñón

À presque quatre-vingt ans (le livre a été publié en portugais en 2012), Nélida Piñón revient sur ce qui a fait sa vie, des souvenirs, des pensées. Ce n’est pas un bilan, c’est un monologue amical adressé à ses lecteurs fidèles. Elle a été la première femme élue à l’Académie brésilienne des Lettres, et en a même été la présidente. Elle a reçu les prix littéraires les plus prestigieux, entre autres le Juan Rulfo (1995) et le Prince des Asturies (2005).

Photo : Editions des Femmes

Dans ce Livre d’heures, Nélida Piñón livre des souvenirs, ceux de sa famille d’origine galicienne, les siens, et des conseils qui, pour la plupart, consistent à marteler une idée centrale : pour nous dégager de la morosité qui a envahi le monde moderne, la seule opportunité qu’il nous reste est de faire vivre la culture. La culture elle aussi peut être considérée comme globale (puisque la mode a imposé cet anglicisme), alors globalisons la Grèce de l’Antiquité, le roman européen du XIXe siècle, l’épanouissement brésilien du XXe siècle. Tout est bon dans la culture, pourvu que nous la fassions vivre.

Au moment où s’installe à Brasilia ce qui pourrait très vite devenir une dictature, il est encore plus intéressant de découvrir l’expérience de cette femme de lettres qui, une génération plus tôt, a pu lutter avec d’autres contre cette «révolution militaire» qui a imposé une autorité dévastatrice pendant vingt ans. En compagnie de son chat, elle se livre à des activités quotidiennes, comme préparer son repas, boire un thé, et ces banalités l’aident à s’évader de sa cuisine ou de son salon pour revoir les nombreux pays dans lesquels elle a séjourné.

Elle ne peut éviter une dose d’autosatisfaction, au demeurant justifiée par sa trajectoire, mais qui pourrait bien être aussi la manifestation des doutes qu’elle ressent face à elle-même. Une grande pudeur est également au rendez-vous, et qu’elle parle de sa relation avec le portugais, qu’elle nomme «idiome lusitanien», de sa vision du christianisme ou de l’actualité douloureuse de son pays, elle entretient un flou plein de charme, qui est une des qualités de ces confessions nourries des classiques grecs, espagnols du Siècle d’or ou, souvent, des textes fondateurs de la chrétienté.

Ce n’est certainement pas le livre idéal pour découvrir Nélida Piñón. En revanche, il comblera ses lecteurs fidèles en leur faisant un cadeau unique : l’intimité d’une grande dame, d’une écrivaine de premier plan au Brésil.

Christian ROINAT

Mon livre d’heures de Nélida Piñón, traduit du portugais (Brésil) par Didier Voïta et Jane Lessa, éd. des femmes-Antoinette Fouque, 224 p., 18 €. Nélida Piñón en français : Le jardin des oliviers, éd. Findakly /La maison de la passion / La force du destin / La république des rêves / Le temps des fruits / Fundador, éd. des femmes – Antoinette Fouque.

Née à Rio de Janeiro  le 3 mai 1937. Nélida Piñón, est une écrivaine brésilienne. Ses grands-parents étaient des immigrants galiciens, de Cotobade dans la province de Pontevedra. Son livre Une république dos Sonhos traite de l’émigration telle que l’ont vécu ses grands-parents depuis la Galice au Brésil et les multiples difficultés et épreuves qu’ils subirent. Nélida Piñón a fait des études supérieures de journalisme dont elle est diplômée. Elle était la rédactrice en chef et membre du conseil éditorial de plusieurs revues au Brésil et à l’étranger.  En 1996, elle fut la première femme à devenir membre de l’Académie brésilienne des lettres. En 2005, elle se voit décerner le prix Prince des Asturies de littérature.

Le monde de la lucha libre mexicaine dans Cassandro, the Exótico ! de Marie Losier

Dans le monde bariolé et flamboyant de la lucha libre, Cassandro est une star aussi incontournable que singulière. Il est le roi des Exóticos, ces catcheurs mexicains travestis qui dynamitent les préjugés dans un sport pourtant fortement machiste. Malgré ses mises en plis, son mascara et ses paupières impeccablement maquillées, Cassandro est un homme de combat extrême, maintes fois champion du monde, qui pousse son corps aux limites du possible. Pas un combat sans qu’il ne soit en sang ou blessé. Pourtant, après vingt-six ans de vols planés, d’empoignades et de pugilats sur le ring, il ne souhaite pas s’arrêter.

Photo : AlloCiné

«À chacun de mes voyages à Mexico City, mon attirance pour la Lucha Libre [le nom général du catch mexicain, NDLR], que j’avais découverte des années auparavant à travers le cinéma, s’était accentuée. C’est tout ce que j’aime : un monde théâtral excessif et drôle, des «personnages» de cinéma bigger than life, des costumes multicolores et scintillants, des cris, du suspense, des prouesses acrobatiques spectaculaires et par-dessus tout, c’est un moment d’allégresse regroupant toutes les classes sociales avec leurs héros du ring ! C’est le deuxième sport le plus populaire au Mexique après le foot, et les catcheurs y sont vénérés comme des légendes vivantes par le public en liesse. C’est une véritable religion ! Tout le monde est réuni et «vit» le jeu à fond, les vieux, les jeunes, c’est merveilleux. Je suis, par ailleurs, comme le public mexicain lui-même, très sensible au mystère de ces hommes musclés et masqués qui ne révèlent jamais leur identité ni dans la vie ni sur le ring. Il y a là tout un univers de sons et de couleurs qui donne une envie folle de filmer», explique la réalisatrice Marie Losier.

Elle poursuit : «Il faut imaginer le courage qu’il a fallu à cet homme pour apparaître sur le ring, non seulement en étant ouvertement gay, couvert de plumes et de maquillage dans un sport si machiste, mais en plus pour le faire sans masque ! Si les Exóticos existaient avant lui, tous, majoritairement hétérosexuels, singeaient une homosexualité grossière et burlesque, presque homophobe, alors que lui en a fait une cause nationale, un cheval de guerre sincère et bouleversant. Une acceptation, une revendication de lui-même entière et sans concession qui a depuis fait école. Il repousse les frontières, il est très ouvert aux autres, solidaire, conscient de la fragilité de sa survie.»

Pour montrer ce portrait très attachant – et qui nous en apprend beaucoup sur ce sport et sur ce personnage sur le fil, ou sur la frontière (Cassandro est Texan mais a fait sa carrière à Juárez au Mexique) –, Marie Losier utilise une technique expérimentale : tournage en 16 mm à l’ancienne avec des couleurs saturées, des trucages. Elle ajoute : «J’aime les trucages caméra, les filtres, les optiques différentes et même kaléidoscopiques. J’aime les techniques du début du cinéma, des Méliès, des Cocteau, des Jack Smith. Le choix de la pellicule est un travail sur la matière — film, sur la mythologie — film aussi.»

Le film a été sélectionné à Cannes dans la section de l’ACID – une association née en 1992 de la volonté de cinéastes de s’emparer des enjeux liés à la diffusion des films, à leurs inégalités d’exposition et d’accès aux programmateurs et spectateurs – et aussi, entre autres, au Rencontres documentaires de Lussas en Ardèche. Il est en salle depuis le 5 décembre.

Alain LIATARD

Cassandro, l’exotique documentaire de Marie Losier (France – 1 h 13 ) – Urban distribution. 

José, le film guatémaltèque de Cheng Li, primé au 40e festival des 3 Continents de Nantes

Cette année, neuf films ont tenté de décrocher un prix. À l’issue de la projection du film Tel Aviv on fire de Sameh Zoabi présenté en avant-première au Grand T à Nantes, le jury de cette 40e édition a remis les prix suivants : Montgolfière d’Or à Mémoires of my body de Garin Nugroho (Indonésie), Montgolfière d’argent à Three adventures of brooke de Yuan Qing (Chine), et mention spéciale du jury à José de Cheng Li (Guatemala).

Photo : Festival 3 Continents

José, 19 ans, vit seul avec sa mère, œuvrant chacun de son côté à de petits métiers pour assurer leur ordinaire : elle vendant sans licence des sandwichs, lui rabattant à un carrefour les clients potentiels vers un restaurant. Sa rencontre avec Luis, venu de la Côte pacifique du pays pour gagner sa vie comme manœuvre sur des chantiers de construction à Guatemala City, conduit José à réinvestir la part intime mais cachée de son existence.

Film guatémaltèque réalisé par Cheng Li, chinois résidant aux États-Unis, José parvient à faire glisser sur un même plan l’attention qu’il porte à son personnage principal à travers l’usage récurrent de plans fixes et une distance à lui qui installe son histoire dans l’épais tissu social et urbain qui l’entoure jusqu’à une poignante scène de clôture. Parvenant à neutraliser une menace naturaliste au bord de laquelle le film se tend, le jeu des acteurs non professionnels l’alimente d’un élan contrôlé mais convaincant, donnant aux hésitations des personnages, et Enrique Salanic à celui de José, leur juste poids. 

Chaque année depuis 1979, à la fin du mois de novembre à Nantes, le Festival des 3 Continents propose des films de fictions et des documentaires d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie. Cette spécialisation géographique, pionnière en son temps, ne résume pas l’identité du Festival, elle est une des formes de ce qui l’anime et le distingue : la passion et la curiosité, le goût de la découverte et des rencontres, l’amour des films du Sud et la volonté de les servir.

Depuis sa création, le Festival des 3 Continents a constamment fait preuve d’un flair certain dans sa programmation. De nombreux hommages ont fait date : Raj Kapoor (Inde) en 1984, nouvelle vague argentine dès 1997 et à nouveau en 2002, Melvin Van Peebles en 1979 (USA), Tolomouch Okeev (Kirghistan) en 2002, Satyajit Ray (Inde) en 2006…

La Compétition a également ses titres de gloire : Souleymane Cissé (Mali) en 1979, Hou Hsiao-hsien (Taïwan) en 1984, Abbas Kiarostami (Iran) en 1987, Wong Kar-wai (Hong-Kong) en 1991, Tsai Ming-liang (Taïwan) en 1993, Jia Zhang-ke (Chine) en 1998 et bien d’autres encore… Le Festival des 3 Continents a été et restera un lieu de découvertes et de rencontres, un lieu d’échange et de passion.

Service de presse
Festival des 3 Continents de Nantes

Voir aussi l’article de Kevin Saint-Jean sur le festival 3 Continents de Nantes

Pachamama, un film d’animation de Juan Antin autour des peuples amérindiens

«Pachamama», c’est la terre nourricière. Lorsque les Incas qui habitent de l’autre côté de la montagne viennent racketter les cultures d’un petit village, ils s’emparent aussi d’une petite statuette sacrée : la Huaca. Tepulpaï et Naïra, deux enfants, vont partir jusqu’à Cuzco pour récupérer la statuette. Ils arrivent au moment où les conquistadors envahissent la ville.

Photo : Pachamama

«C’est impressionnant de constater à quel point cette civilisation était visionnaire. Son mode de vie reposait sur un cercle vertueux qui pouvait durer éternellement, contrairement à aujourd’hui où on s’évertue à épuiser les ressources de la terre. Mon attachement à l’écologie est inscrit dans la culture des peuples amérindiens. Pour eux, il n’y avait pas de séparation entre les êtres et le monde : c’était un tout. Cela rejoint l’approche de la physique quantique, qui considère qu’il n’y a pas de matière, mais seulement des vibrations d’énergie, et que tout ce qui constitue l’univers est lié. Ces peuples restituaient à la terre une partie de ce qu’elle leur donnait, dans un échange permanent avec une entité vivante. Dans le film, j’exprime ma colère de voir comment la nature est maltraitée aujourd’hui. Et l’analogie avec les peuples amérindiens respectant la nature, avec une vision spirituelle de la terre, en opposition à la vision matérialiste des conquistadors qui passe par l’exploitation et la recherche de richesse. De même, quand les espagnols voient l’idole, la Huaca, ils pensent qu’elle est précieuse parce qu’ils croient qu’elle contient de l’or, alors que sa valeur est uniquement spirituelle», explique Juan Antin.

«Plutôt que de relater la colonisation de manière historique, j’ai voulu la raconter du point de vue des indigènes, à hauteur d’enfants. C’était important pour moi, car en Argentine, on apprend à l’école que les «bons» étaient les Espagnols, apportant civilisation et progrès, et les indigènes, des sauvages. Sur un billet de cent pesos argentin, on voit le portrait de Rocca, un président qui a fait tuer des millions d’Indiens. Le projet de conquête, c’était amener la civilisation européenne, s’emparer des ressources naturelles et exterminer les «sauvages». Comme on n’enseigne pas cela à l’école, j’avais envie de raconter aux enfants que les conquistadors n’étaient pas des héros, mais des voleurs.»

Le film traite graphiquement de manière différente les trois peuples. Au village, sous l’ombre du Condor, on a utilisé des formes organiques liées à la terre. Pour les personnages des Incas, le film s’est basé sur leur architecture qui est constituée surtout de lignes droites, car ils travaillaient les pierres de manière à les encastrer entre elles. Dans cet univers, l’énergie est celle du soleil. Quand les conquistadors apparaissent, tous les décors se teintent de rouge : on ne montre pas de sang mais on le suggère.

Un autre aspect important est la trame sonore et la musique de Pierre Hamon : beaucoup de sons de vent ont été réalisés avec des instruments précolombiens, et une partie des chants des oiseaux ont été produits avec des vases siffleurs. Ont été ajoutés des ambiances sonores de forêt, et de vrais chants d’oiseaux, et tous ces éléments sont d’une qualité sonore excellente. Il leur est aussi arrivé de mêler ces sons réels de forêt avec des effets réalisés grâce aux vases siffleurs qui imitent les oiseaux, car cela ajoutait un côté magique.

Ajoutons que Juan Antin, qui est argentin, a mis quatorze ans pour réaliser son film. En 2002, son premier long-métrage, Mercano Le Martien obtient au festival d’Annecy le prix spécial du jury. Après 70 films courts, Pachamama est son deuxième long-métrage. Le film a pu se réaliser grâce à une coproduction entre les producteurs français de Kirikou, le Luxembourg et le Canada. Un film à voir avec ses enfants, mais pour lequel les adultes ne sortiront pas déçus non plus. En salle le 12 décembre.

Alain LIATARD *

* Lors de l’avant première à Lyon, au cinéma Comoedia (cinéma d’arts et essais) le samedi 1er décembre,  la grande salle était pratiquement pleine. Pachamama de Juan Antin – 1 h 12 – espagnol – Distributeur Haut & Court

Les Genevois ont afflué au 20e festival de cinéma Filmar en América Latina

Nous transcrivons un article de la Tribune de Genève de lundi dernier qui publie les films primés du vingtième festival Filmar en América Latina. Deux films cubain et péruvien ont été récompensés, ont indiqué les organisateurs à l’issue de ce festival qui a accueilli durant les trois semaines vingt mille spectateurs.

Photo : Filmar Genève

Le festival Filmar en América Latina, qui célébrait cette année son 20e anniversaire, a autant séduit voire davantage les Genevois que lors des précédentes éditions. Selon les premières estimations, l’affluence sur deux semaines pourrait même être supérieure aux dernières années où elle a atteint environ 20 000 personnes.

Des soirées supplémentaires sont prévues sur un site jusqu’à mardi. La fréquentation dans les principales salles partenaires «a augmenté», a relevé la directrice du festival, la cinéaste genevoise d’origine chilienne Vania Aillon.

Les 90 films ont été montrés à Genève mais aussi plus largement dans le canton et en France voisine. Deux nouveaux sites étaient prévus. «Nous sommes fiers d’œuvrer pour la diffusion de ce cinéma qui a le vent en poupe» et de diffuser des films qui ne sont, pour la plupart, pas projetés en Suisse, s’est félicitée Vania Aillon.

Parmi les deux films récompensés, Un traducteur de Rodrigo et Sebastián Barriuso a remporté le Prix du public. Le premier a salué «un honneur» que le film ait été désigné par le public. Tournée à Cuba, cette coproduction cubano-canadienne, inspirée de l’existence du père des deux jeunes réalisateurs, raconte le quotidien d’un professeur de littérature russe à l’université de La Havane en 1989. Celui-ci est détaché à l’hôpital pour une mission spéciale auprès d’enfants victimes de la tragédie de Tchernobyl. Le film montre la rencontre de cet homme avec un jeune patient. Le prix du public est doté de 4 000 francs suisses.

De son côté, la fiction Retablo du Péruvien Alvaro Delgado-Aparicio, a reçu le prix du Jury des jeunes, alimenté du même montant. «Très heureux», le réalisateur a relevé que cette œuvre, tournée au sein d’une communauté autochtone, mettait notamment l’accent sur la diversité. Dans un village de montagne au Pérou, un artisan réputé enseigne à son fils l’art des retablos, crèches décoratives vendues à l’église ou à des familles. Le jury a salué un film qui porte sur «les conséquences dramatiques» provoquées parfois par des valeurs patriarcales. Outre les films, une discussion sur les défis de tourner en Amérique latine a réuni des cinéastes et producteurs. La 21e édition aura lieu du 15 novembre au 1er décembre 2019.

La Tribune de Genève

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