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21 juin 2018

Quand l’animation chilienne se voit récompensée de l’autre côté du globe

Du 11 au 16 juin 2018, le festival international du film d’animation d’Annecy a battu son plein. Pendant une semaine, ce sont plus de deux cents films sélectionnés qui ont été diffusés de part et d’autre de la ville. Lors de la cérémonie de clôture, le jury a dévoilé son palmarès. Dans la catégorie long métrage, c’est le cinéma chilien qui a obtenu la mention du jury pour La Casa Lobo, un film atypique réalisé par Cristóbal León et Joaquín Cociña. Revenons sur  cette création originale qui a fait trembler les membres du jury. 

Photo : La Casa Lobo

Une jeune femme nommée Maria trouve refuge dans une maison après avoir échappé à une secte de fanatiques religieux allemands au Chili. Comme dans un rêve, la maison réagit aux émotions de Maria et transforme son séjour en cauchemar.

Dans La Casa Lobo, on trouve bien un grand méchant loup et des petits cochons, et même une sorte de Boucles d’Or en guise d’héroïne, mais ce film d’animation chilien n’a pas grand chose à voir avec le conte traditionnel, ni la version que Walt Disney en a donnée en 1933…

Le film débute par une série d’images d’archives des années 1960 vantant les mérites d’un miel produit au sud du Chili, dans une enclave abritant une communauté agricole. Le narrateur, doté d’un fort accent teuton, s’adresse au spectateur en lui disant qu’il ne faut pas croire toutes les rumeurs qui circulent sur cette colonie. Il se propose ensuite de nous raconter la fameuse fable, revisitée par ses soins.

Il y est question de Maria, une jeune femme qui a commis une bêtise en laissant s’échapper trois petits cochons de leur enclos et qui, pour éviter d’être punie, a fui l’enclave agricole. Elle se réfugie dans la première maison venue, dans la forêt, mais les choses ne se passent pas tout à fait comme prévu. Les murs se transforment, changent d’apparence, tout comme Maria et les trois petits cochons qui prennent une forme humaine et à qui elle donne des noms, comme s’il s’agissait de ses propres enfants. Finalement, on comprend qu’elle est contrainte de retourner dans la colonie pour y recevoir son châtiment…

Évidemment, quand c’est le loup lui-même qui raconte sa version de l’histoire, on se doute que la morale de ce conte est à prendre avec des pincettes. Le loup, en l’occurrence, représente Paul Schäfer, un ancien caporal SS qui, après la Seconde guerre mondiale, a fui à la fois les procès des criminels nazis et les accusations de pédophilie et de viols sur mineurs, commis sous couverture d’une association caritative. L’homme s’est installé, comme beaucoup d’anciens dignitaires nazis, en Amérique du Sud, au Chili plus exactement, où il a créé la Colonia Dignidad. Là, il a formé une véritable secte dédiée à sa cause, où il a pu continuer à violer des enfants en toute impunité. Il a aussi ouvert les portes de sa colonie aux miliciens du dictateur Augusto Pinochet pour qu’ils puissent torturer discrètement les opposants au régime. Charmant monsieur…

Le film évoque tout cela non pas frontalement –ce qui serait sans doute insoutenable– mais sous couvert de la fable, avec la distance permise par l’animation, du dessin animé peint directement sur les murs de cette «Casa Lobo» à l’animation de figurines en papier mâché, image par image. Cela ressemble un peu à un cauchemar dans lequel tout semble flou, instable, effrayant. Les objets changent de place, le papier peint se déchire pour donner vie aux figurines. Il y a quelque chose d’un peu fou, de malsain, de pervers dans cet univers. Il est clair que, dans ce Chili des années 1960-1970, la Colonia Dignidad n’était pas le seul danger pour les jeunes femmes rebelles. Hors des murs, elles étaient confrontées à la misère, l’oppression, les violences des milices et de la police secrète de Pinochet. Et comme ceux-ci étaient évidemment de mèche avec Schäfer et ses sbires, les fuyardes avaient vite fait de retourner au bercail, où elles étaient sévèrement punies, sinon froidement exécutées.

On ne peut qu’être admiratifs du travail accompli par les deux jeunes réalisateurs du film, Cristóbal León et Joaquín Cociña, qui on travaillé plus de sept ans sur ce projet un peu «loco». Ils ont dû ruser pour obtenir des subventions, puis pour donner vie, image par image, à cette fable fascinante et terrifiante. Assez logiquement, leur film repart de Berlin avec une récompense. Le jury Caligari lui a accordé son prix, récompensant le meilleur film de la catégorie «Forum».

D’après Angle de vue

Le mot de Roland Dubertrand, nouvel ambassadeur de France au Chili

Afin de remplacer la ministre plénipotentiaire Caroline Dumas, en poste depuis 2016 et devenue récemment secrétaire générale de la Semaine de l’Amérique latine et des Caraïbes en France, Roland Dubertrand vient d’être nommé ambassadeur de France au Chili. En mission à l’administration centrale du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères depuis avril 2017, ce ministre plénipotentiaire de seconde classe prend ainsi son troisième poste d’ambassadeur de France, après avoir exercé ces fonctions en République dominicaine de 2008 à 2011, puis au Sultanat d’Oman entre 2014 et avril dernier. Nous reproduisons ici le communiqué qu’il a adressé aux Français et aux Chiliens lors de sa prise de fonctions.

Photo : Ambassade de France

«Chers internautes,

J’ai pris mes fonctions comme nouvel Ambassadeur de France au Chili le 8 mars dernier, et je suis heureux et honoré de servir dans ce beau pays que tant de liens unissent à la France. J’ai pu accompagner, dès mon arrivée, Madame Agnès Buzyn, notre Ministre des Solidarités et de la Santé, qui a représenté les autorités françaises, à la cérémonie de prise de fonction du Président Sebastián Piñera.

Notre Président de la République, M. Emmanuel Macron, veut développer une relation nouvelle avec l’Amérique latine. Dans un monde incertain et souvent déroutant, il est convaincu que l’Europe et l’Amérique latine ont à affirmer leurs valeurs communes autour de leur attachement à la paix, à la démocratie, au multilatéralisme et au développement. Nous souhaitons, dans ce contexte politique nouveau, renforcer encore notre dialogue politique avec le Chili, ainsi que nos relations militaires, économiques et de coopération.

J’ai été frappé, en arrivant à Santiago, par la profondeur et l’ancienneté de nos coopérations, notamment scientifiques et culturelles, comme par le dynamisme de nos échanges économiques qui ont atteint deux milliards d’euros en 2017. À nous, Français et Chiliens, de faire fructifier cet héritage et d’ouvrir de nouvelles voies. Je sais pouvoir compter pour cela en particulier sur la communauté française du Chili, talentueuse et impliquée.

Et je vous exhorte tous à suivre nos réseaux sociaux, en constante évolution et en constante progression, à l’image de notre relation bilatérale.»

Roland DUBERTRAND,
Ambassadeur de France au Chili
D’après l’Ambassade de France

Retrouvez la biographie de M. Roland DUBERTRAND

La galerie personnelle de l’Argentine María Gainza dans «Ma vie en peinture»

L’Argentine María Gainza est critique d’art et journaliste à Buenos Aires. Dans ce premier ouvrage, elle a voulu mêler sa vaste culture et des confidences plus personnelles, mettant en évidence son talent de conteuse. Le résultat, ce sont onze nouvelles, chacune à partir d’un tableau qui sert de base à une histoire, un morceau de la vie de l’auteure, le portrait d’un membre de sa famille ou d’un ami proche, qu’elle relie finement avec un véritable cours sur le tableau ou la vie du peintre. Une grande originalité faite de simplicité.

Photo : Gallimard/El Cultural

Le Greco, Hubert Robert (le «peintre des ruines»), le Douanier Rousseau, Toulouse-Lautrec et des artistes moins connus de ce côté de l’Atlantique sont au rendez-vous, sur un plan d’égalité, car il ne s’agit pas de donner des bons ou des mauvais points. Leurs œuvres sont la base des onze textes, à partir d’un tableau, dont María Gainza décrit les grandes lignes et des détails soigneusement choisis. Le tableau évoque un événement ou une personne dont elle fait le protagoniste principal de ce qui pourrait être une nouvelle.

L’art et l’intimité familiale se rejoignent quand elle évoque par exemple son oncle Marion, riche excentrique très doué pour apprécier les esthétiques nouvelles ‒nous sommes au début du XXe siècle. Encore très jeune, il a l’autorisation de faire aménager son salon privé par le peintre catalan Josep Maria Sert qui, sans jamais traverser l’Atlantique, crée les plans de surfaces délirantes couvertes d’ «arlequins, de bouddhas et de travestis». Près du peintre, sa femme, Misia, amie de Proust et de Bonnard, dont la vie fut, elle aussi, un roman que María Gainza se plaît à raconter.

Elle réussit de jolies correspondances inattendues et profondes, comme par exemple sa phobie de l’avion qui l’empêche d’aller voir à Saint-Pétersbourg ou à New York quelques chefs d’œuvre, qu’elle rapproche de la montgolfière que le Douanier Rousseau a vue, émerveillé, survoler les lignes allemandes pour se poser à Paris en 1870 et qui apparaît dans d’autres décors sur quelques tableaux.

Elle va jusqu’à nous offrir des dialogues avec l’au-delà et des visites dans un fantastique directement en prise avec notre monde : est-elle le modèle de onze ans, peint en 1929 par Augusto Schiavoni, un peintre argentin peu connu en Europe mais exposé dans les musées à Buenos Aires ? Elle est persuadée, elle qui est née en 1975, d’être cette fillette qui aurait rencontré, dans une autre vie, le portraitiste à la mode des décennies plus tôt qui finit lui-même par communiquer avec les morts et enfermé dans un asile.

Les remarques sur l’art, sobres et solides, apportent une lumière sur les peintures sans jamais être pesantes. La critique d’art fait entendre ses idées et ses opinions sans concessions, qu’elles portent sur l’art, sur les artistes, sur des amis, des frères ou sur elle-même, qui sont prenantes : même sans connaître les tableaux (dont les reproductions, pour la plupart, figurent dans le livre) et encore moins les personnes concernées, on est obligé de suivre María Gainza dans son univers, ou plutôt dans ses deux univers, la peinture qui est son métier et les gens dont elle a envie de nous parler. Ces deux univers sont dans l’ensemble plutôt sombres malgré les couleurs des tableaux cités. Les dernières lignes de Ma vie en peinture révéleront la cause de cette douce noirceur.

                                                                                   Christian ROINAT

Ma vie en peinture de María Gainza, traduit de l’espagnol (Argentine) par Gersende Camenen, Gallimard, 181 p., 18 €. María Gainza en espagnol : El nervio óptico, éd. Mansalva, Buenos Aires/éd. Anagrama, Barcelona.

Discours à Lyon de Jean-François Ploquin, directeur de Forum Réfugiés

Lors de la Journée mondiale du réfugié ce mercredi 20 juin 2018, le directeur de Forum Réfugiés, Jean François Ploquin, en présence du maire de Lyon, Georges Képénékian, a lu un mot lors du départ de la quinzième Marche des parapluies ; un discours qui nous interpelle et que nous avons souhaité reproduire ici.

Photo : Lyon Capitale Lyon

«Monsieur le Maire de Lyon, cher Georges Képénékian, Mme la vice-présidente de la métropole de Lyon, Mme la représentante de la délégation du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés en France et à Monaco, Mme Khatib, qui allait témoigner dans un moment de votre parcours de réfugiée, Mesdames et messieurs, demandeurs d’asile, réfugiés, collègues, partenaires, citoyennes et citoyens,

Pour la 15e fois, dans cette ville de Lyon qui la vit naître, nous allons entreprendre la «marche des parapluies» qui exprime de la manière la plus simple –c’est la force des symboles–, qu’il existe des femmes, des hommes, des enfants, qui doivent s’en remettre à un autre pays, un autre État que le leur, à d’autres sociétés que la leur, pour que leur existence, leur corps, leur esprit, leur destinée, ne soit pas brisée par la violence, l’avilissement, le deuil, la mort, pour que ces femmes, ces hommes, ces enfants, trouvent un lieu durablement sûr et protecteur –un refuge–, pour rester vivants, sinon indemnes du moins entiers, retrouver leurs forces et leur dignité, retrouver la capacité à agir, à bâtir, à faire société dans un pays et une culture différente.

Ce matin, un groupuscule lyonnais d’extrême-droite a déployé une banderole sur la façade de l’immeuble où se trouve la plateforme d’accueil des demandeurs d’asiles gérés par notre association, rue Garibaldi (tiens ! un grand Italien !). Sur la banderole s’étalait un immense cadenas. Si ce n’était pas leur donner davantage de poids qu’ils n’en ont, je dirais : voilà le combat où nous sommes aujourd’hui, qui sonne comme le titre d’une fable de La Fontaine : «Les réfugiés, le cadenas et le parapluie.»

Faut-il cadenasser un pays, le nôtre, dont l’histoire des derniers siècles –depuis la révocation de l’édit de Nantes, au moins,– est marquée par l’exil de centaines de milliers de Français contraints de fuir, ou partis chercher sur d’autres continents un avenir meilleur ? Une histoire marquée aussi par l’accueil de nombreux réfugiés, plus spécialement depuis un siècle (le génocide arménien, la révolution russe, la guerre d’Espagne, le fascisme, le nazisme, la guerre, la répression en Hongrie en 1956, le coup de Prague en 1968, les dictatures militaires en Amérique Latine, les boat people, l’invasion de l’Afghanistan en 1979, les guerres des Balkans… et jusqu’aux conflits actuels, en Syrie, en Centrafrique ou en Ukraine  ?

Faut-il cadenasser un pays qui a inscrit comme un droit sacré – laïquement sacré – le droit d’asile dans son préambule ?

Notre pays, la France, n’est pas aux premières loges des conflits, comme le sont le Liban, la Turquie, le Pakistan ou encore l’Ouganda, qui accueillent les réfugiés par millions. La France n’est pas aux premiers rangs de l’accueil en Europe, puisqu’elle occupe la 11e place, si l’on rapporte à sa population le nombre de demandeurs d’asile qui ont frappé sa porte l’an passé. 74.000 premières demandes en 2017, 91.000 en comptant les mineurs qui accompagnent leurs parents, c’est moins qu’en Allemagne ou en Italie en valeur absolue, et c’est beaucoup moins qu’en Grèce, à Malte, en Autriche ou en Suède, en valeur relative. Autrement dit, la France, en Europe, fait gentiment sa part. Alors, parce qu’elle fait gentiment sa part, fallait-il que la France accueille l’Aquarius, le bateau de sauvetage affrété par l’association SOS-Méditerranée, dans un de ses ports de la Corse ou du golfe du Lion ?

Une fois qu’on a rappelé, à juste titre, que la République italienne était mise au devoir de laisser accoster un bateau ayant à son bord des personnes certes secourues, mais toujours vulnérables, et que, ne l’ayant pas fait, elle a méconnu le droit international, que faut-il faire ? On peut interpréter le droit international, brandir les chiffres pour savoir qui accueille plus que qui et qui refoule à ses frontières plus que qui, faire valoir avec raison que la dimension du problème ce n’est pas un navire de 600 naufragés, mais des centaines de milliers de personnes jetées sur les routes périlleuses du désert, de la Libye et de la mer. Ou encore que c’est compliqué, que c’est un sujet européen –et en effet ça l’est !– que plus largement encore sont concernés de nombreux pays d’origine, de transit ou d’accueil, quand l’alternative c’est «est-ce qu’on laisse ces personnes errer des jours en mer» ou «est-ce qu’on les accueille sur la terre ferme, et après on verra», eh bien on aurait aimé, peut-être parce qu’on se fait «une certaine idée de la France», on aurait aimé que la France fît ce que l’Espagne a fait.

Quand un plaisancier imprudent est au péril de la mer, les sauveteurs vont le chercher ! Quand il y a 40 ans, le drame des boat people suscita l’envoi du bateau Île de Lumière en Asie du Sud-Est, Jean-Paul Sartre le justifia ainsi : «ce qui compte ici, c’est que ce sont des hommes. Des hommes en danger de mort.» À la suite de quoi, la France accueillit plus de 130.000 Cambodgiens, Laotiens et Vietnamiens, qui font partie de la France d’aujourd’hui.

Dans l’édition du 14 juin dernier du Progrès, un sondage indiquait que 71% des 17 000 votants comprenaient «qu’on refuse d’accueillir un bateau de migrants en détresse». C’est un peu ce qui se joue là, aujourd’hui, en ce moment : qu’est-ce qui aura le plus d’influence dans les mois et les années qui viennent sur les décisions politiques, la France du cadenas, ou bien la France du parapluie ? Un morceau de la réponse est dans nos mains. L’accueil des demandeurs d’asile et des réfugiés doit être clairement assumé, les yeux grand ouverts, à la hauteur des enjeux et des besoins, chacun dans ses compétences : État, services publics, collectivités territoriales, bailleurs sociaux, secteur associatif, mais aussi simples citoyens.

Et c’est bien ce que nous faisons à Lyon et sur le territoire métropolitain (merci à Georges Képénéhian et à l’équipe municipale, aux maires d’arrondissement qui accueillent nos équipements, à commencer par Nathalie Perrin-Gilbert dans cet arrondissement), merci au président de la Métropole David Kimelfeld, à vous aussi, Murielle Laurent, en charge de l’action sociale et éducative). Oui, c’est bien ce que nous faisons à Lyon et sur le territoire métropolitain, en accueillant chaque jour les personnes qui se confient à nous, en les accompagnant avec professionnalisme, en leur ouvrant simplement notre porte.

Ce que nous expérimentons chaque jour, c’est que la passion de vivre et la force d’agir des réfugiés apportent à notre société d’accueil plus de richesse, plus de solidarité, plus d’humanité. Je nous souhaite donc, au nom du président de Forum réfugiés-Cosi, Marc Noailly, des salariés, bénévoles et adhérents de l’association, avec les partenaires ici présents qui soutiennent cette marche, avec les élus, avec les demandeurs d’asile et les réfugiés, une marche des parapluies tranquille et joyeuse, sous la conduite en musique des Zurbamateurs, jusqu’à la Place Carnot où nous attendent, sous la statue de la République, la fanfare Marcel Frontale, des stands associatifs et de quoi se réconforter après l’effort.

Jean-François PLOQUIN

Plus d’informations sur Forum Réfugiés COSI

Lire aussi notre article sur l’essais Raconte-moi la fin de l’écrivaine mexicaine Valeria Luiselli édite aux édition L’Olivier  ICI

«Personne n’est obligé de me croire», le nouveau roman du Mexicain Juan Pablo Villalobos

Les éditions Buchet Chastel publieront en septembre prochain le nouveau roman en français de Juan Pablo Villalobos, Personne n’est obligé de me croire, qui a reçu en 2016 en Espagne le prestigieux prix Herralde. L’auteur mexicain sera en France pour la promotion de son nouveau roman, ainsi que lors du festival littéraire Belles Latinas en octobre prochain.

Photo : Ámbito cultural/Buchet Chastel

Mexico, 2004. Juan Pablo, le narrateur, reçoit une bourse pour partir suivre son doctorat à Barcelone. Valentina, sa fiancée, sera également du voyage. Mais quelques jours avant leur départ, son cousin, qui a le don de se fourrer dans des histoires pas possibles, lui donne rendez-vous : il veut lui proposer de participer à un soi-disant «projet de haut niveau».

Juan Pablo regrettera de s’y être rendu. Entraîné malgré lui dans un réseau criminel mafieux, son voyage en Europe se transforme peu à peu en un truculent roman noir… Dans un Barcelone foisonnant, on croise une galerie de personnages hauts en couleur : de terrifiants truands, des Laia à la pelle dont l’une est la fille d’un politicien corrompu, une enfant poète. «Je ne demande à personne de me croire», répètent, comme une litanie, les voix de ce roman : Juan Pablo, dans le récit de ses aventures incroyables, sa mère, dans les lettres désespérées qu’elle lui envoie, et Valentina, dans son journal intime.

Dans un jeu permanent entre fiction et réalité, usant d’une série de mises en abîme, de jeux de langue, de style, de genres et d’une intertextualité débordante (sous la figure tutélaire de Roberto Bolaño et de ses Détectives sauvages), Villalobos livre ici une captivante réflexion sur les procédés littéraires. On y retrouve son excellente plume, et surtout son désopilant humour noir…

D’après les éditions Buchet Chastel

Personne n’est obligé de me croire, traduit de l’espagnol (Mexique) par Claude Bleton, Paris, Buchet Chastel, 288 p., 20 €. 

Juan Pablo Villalobos est né à Guadalajara (Mexique) en 1973. Écrivain, critique, et traducteur, il est l’auteur de cinq livres, dont trois ont été traduits en France chez Actes Sud.

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