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22 février 2018

Au Salvador, Teodora Vázquez condamnée à trente ans de prison pour une fausse couche

Accusée d’homicide aggravé après avoir subi un avortement involontaire, Teodora Vázquez, femme salvadorienne, avait été condamnée à une peine de trente ans de prison. Après dix ans d’emprisonnement, elle a été libérée la semaine dernière, suite à la décision prise par la Cour de Justice qui a réduit sa peine. Néanmoins, elle reste coupable aux yeux de la justice car, du point de vue de la loi salvadorienne, l’avortement est considéré comme un délit, sans aucune exception, même en cas de viol ou d’inceste, ou de danger  pour la santé de la femme. Les accusées peuvent encourir jusqu’à 40 ans de prison. Le site Konbini a mis en ligne un reportage consacré à Teodora Vásquez.

Photo : Radio Canada

Depuis 1997, le Salvador possède une des plus sévères lois pour les femmes qui pratiquent l’avortement et pour ceux qui les assistent. Actuellement, le pays a un des indices de grossesse les plus hauts parmi les pays d’Amérique Latine, et environ 30 % de ces femmes sont des adolescentes. Une étude du Ministère de la Santé sur les grossesses des filles et des adolescentes au Salvador en 2015 révèle que, toutes les vingt-et-une minutes, une fille ou une adolescente apprend qu’elle est enceinte.

Les conditions de pauvreté, l’abus sexuel et l’éducation sont les facteurs qui expliquent cette logique, et c’est l’extrême législation anti-avortement qui peuvent les amener à ruiner ces vies. Néanmoins, cela reste une loi qui touche les plus démunies, et la seule solution pour la contourner peut sembler couteuse et consiste à pratiquer un avortement secret dans une clinique privée. S’il est évident qu’une loi anti-avortement ne réduit pas les taux de grossesse, elle augmente en revanche le nombre d’avortements clandestins, très dangereux pour la vie et la santé de la femme.

En 2016, un projet de loi a été présenté par le parti de gauche Libération Nationale (FMLN), soutenu par les organisations féministes salvadoriennes, qui cherchait a réformer la loi en permettant l’avortement si la grossesse est le résultat d’un viol, de la traite de personnes, ou si la vie future du fœtus n’est pas considérée comme viable. Mais la réponse du parti de droite ARENA a été de proposer une augmentation à 50 ans de prison pour délit d’avortement.

Aujourd’hui, au milieu d’une pression croissante de la part des citoyens, des activistes, des ONG et de l’ONU, l’objectif est la décriminalisation totale de l’avortement. Les législateurs et les députés commencent à envisager une diminution des restrictions. La refonte de cette loi pourrait signifier une avancée sociale concernant les droits des femmes, mais il ne faut pas oublier le poids considérable que représente l’Église catholique dans ce débat, car le Salvador reste un pays traditionnellement catholique.

Le cas de Teodora Vázquez a fortement retenu l’attention de la population et des organismes nationaux comme internationaux. Mais c’est un cas résolu parmi d’autres qui ne le sont pas : il y a toujours au moins 27 femmes derrière les barreaux accusées du même crime, c’est-à-dire d’avoir subi un avortement spontané ou d’avoir dû faire face à la mort d’un fœtus mort parce qu’elles ont souffert de complications pendant la grossesse.

Karla RODRÍGUEZ

Le site Konbini news propose un reportage en ligne. Hugo Clément et Clément Brelet les ont rencontrées et ont tenté de comprendre comment une telle loi pouvait exister. Visionner le reportage : Konbibi-ElSalvador

Libérez Ahmet Altan, romancier et journaliste turc, condamné à perpétuité

Les éditions Actes Sud viennent de lancer une campagne signée conjointement avec l’association Les Nouveaux Dissidents pour demander la libération d’Ahmet Altan, un des journalistes les plus renommés de Turquie, dont l’œuvre littéraire a connu un succès mondial. Il vient d’être condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.

Photo : DW
Accusé d’avoir participé au putsch manqué du 15 juillet 2016, alors qu’il ne fait que dénoncer, depuis plusieurs décennies, toutes les atteintes du pouvoir à la démocratie, Ahmet Altan était incarcéré depuis septembre 2016 à la prison de Silivri (à 70 kms d’Istanbul). Vendredi 16 février 2018, il a été reconnu coupable ainsi que cinq autres personnes dont son frère, le journaliste Mehmet Altan, d’avoir tenté de « renverser l’ordre prévu par la Constitution de la République de Turquie ou de le remplacer par un autre ordre ou d’avoir entravé son fonctionnement pratique au moyen de la force et de la violence ». Il est condamné à la réclusion à perpétuité.
 
« Après le coup d’État manqué de juillet 2016, nous sommes les deux premiers écrivains à avoir été arrêtés sur des chefs d’accusation kafkaïens. La prison à vie a été requise contre nous et nous avons cru d’abord que c’était une blague. Nous avons cru qu’ils nous libéreraient après avoir eu la satisfaction de nous avoir maltraités. Ils m’ont relâchée, mais lui, ils l’ont condamné à perpétuité. Sans preuve, sans faits avérés, c’est purement atroce ! J’appelle tous les écrivains, les éditeurs, les journalistes à être solidaires d’Ahmet Altan et de tous les écrivains, journalistes, jetés en prison ou persécutés. » Asli Erdogan, le 19 février 2018.
 
Ahmet Altan, né en 1950, est un des journalistes les plus renommés de Turquie, son œuvre de romancier a par ailleurs connu un grand succès, traduite en de nombreuses langues (anglais, allemand, italien, grec…). Deux de ses romans sont parus en français, chez Actes Sud : Comme une blessure de sabre (2000) et L’Amour au temps des révoltes (2008). Son père, le journaliste Çetin Altan, fait partie des dix-sept députés socialistes qui entrent au Parlement turc en 1967. Pour ses articles, il sera condamné à près de 2 000 ans de prison. En 1974, dans le contexte de L’Opération de maintien de la paix (invasion de la partie nord de Chypre par les forces militaires turques), Ahmet Altan s’engage dans le journalisme : très vite, il commence à être connu pour ses articles en faveur de la démocratie. Il publie en 1982 son premier roman (vendu à 20 000 exemplaires) puis devient, en 1985, rédacteur en chef du journal Günes. Il publie son deuxième roman qui est condamné pour atteinte aux bonnes mœurs et fait l’objet d’un autodafé.
 
Esprit critique et très en prise avec la société turque, il est arrêté le 10 septembre 2016 ainsi que son frère Mehmet Altan, également journaliste, accusés d’avoir participé au putsch manqué du 15 juillet 2016. Douze jours plus tard, il est mis en liberté provisoire, mais vingt-quatre heures plus tard, il est de nouveau incarcéré et reste en prison, inculpé « d’appartenance à une organisation terroriste » et de « tentative de renversement de la République de Turquie ». Il a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, le vendredi 16 février 2018, par le 26e tribunal pénal d’Istanbul.
Éditions Actes Sud
 

Bruits de bottes à Rio de Janeiro : classes pauvres, classes dangereuses…

Pour la première fois depuis la dictature militaire, l’armée, sur ordre du gouvernement, patrouille dans les rues. Rio, la ville merveilleuse, s’est réveillée en kaki le 20 février 2018 au lendemain du carnaval. La décision décrétée le 16 février par le Président Temer a été validée par les deux Chambres le 20 février dans la soirée.

Photo : Rede Brasil Atual

Il y a bien entendu des raisons fortes, qui justifiaient le déploiement de 3000 soldats. La sécurité, n’est plus garantie. Pas plus à Salvador de Bahia qu’à Rio. Mais Rio occupe une place à part dans l’imaginaire mondialisé. C’est la ville d’ « Orphée noir », du carnaval, de la samba, des plages de Copacabana, du Christ rédempteur et du stade de Maracana.

L’insécurité, réelle, se vit au quotidien. Les plages de Rio, cartes postales traditionnelles de la ville – Ipanema, Copacabana, Leme, Arpoador –, sont l’enjeu de disputes territoriales entre SDF et touristes. Excédés par l’insécurité, les résidents de plusieurs quartiers – Barra, Joa, Laranjeira – ont grillagé les rues. Le phénomène, ancien, s’est accéléré en 2017. Faute de pouvoir assurer l’ordre républicain, la municipalité accorde maintenant des autorisations permettant de clôturer l’espace public.

Les périphéries de la ville, comme les favelas, ont depuis plusieurs mois – la page des JO étant tournée – basculé dans une insécurité croissante. Tout s’emmêle. Les guerres de la drogue croisent les querelles religieuses. Le PCC, groupe délinquant de São Paulo, est parti à l’assaut de Rio. Et a passé alliance contre la bande locale rivale « Commandement Rouge » et les cultes afro-brésiliens, – supposés proches du CR –, avec des obédiences pentecôtistes. La ville de Duque de Caxias est particulièrement affectée par ce conflit. Des milices diverses coupent les voies de sorties et d’entrée des banlieues pauvres pour exiger un « péage sauvage ». C’est par exemple le cas dans les communes de Nueva Iguaçu, Campo Grande, Seropedica, sur la route Rio-São Paulo.

Rio n’est pas un cas particulier ou exceptionnel. Même si, en chiffres absolus, compte tenu de l’importance de la ville, Rio arrive en deuxième position, derrière São Paulo, avec 30 493 assassinats ces quinze dernières années. Et 6000 pour la seule année 2017. La violence a explosé aux quatre coins du Brésil. Les villes les plus dangereuses sont dans l’ordre, Altamira et Ananindeua, dans l’État de Para et Porto-Seguro (Bahia). Dans ces trois localités, les taux d’homicides avoisinent ou sont supérieurs à 100/100 000 habitants. C’est-à-dire le triple de la moyenne nationale qui est de 28,9 pour 100 000 habitants. Le PNUD, Programme des Nations Unies pour le Développement, a fait part de sa préoccupation face à ce qu’il considère comme « une épidémie sociale de violences ». Avec 60 000 homicides en 2017, le Brésil affiche un chiffre de pays en guerre[1].

Mais pourquoi cette intervention militarisée pour restaurer l’ordre républicain ? Deborah Duprat, procureur général de la République brésilienne, a mis le doigt sur la plaie. L’intervention de l’armée dans un domaine qui n’est pas de sa compétence met à nu les limites et contradictions en démocratie d’un état de guerre. Parler de guerre suppose qu’il y a un ennemi intérieur. Les militaires, non formés au maintien de l’ordre, conscients de bavures possibles, ont demandé des dérogations qui interpellent. Celle, par exemple, de pouvoir disposer de mandats d’intervention « en blanc » pour procéder à des arrestations et des fouilles non individualisées, à l’échelle d’une rue. Toutes ces opérations se déroulant dans les quartiers défavorisés, la procureur en conclut logiquement que cela présuppose l’existence d’une « catégorie de sujets » (Brésiliens), « naturellement dangereux et/ou suspects en raison de leur condition économique ou de leur lieu de vie »[2].

La mesure d’intervention, ciblant les plus pauvres, est cohérente avec une autre décision, prise en 2016 par députés et sénateurs de destituer la présidente élue Dilma Rousseff. Le pays était en crise. Le budget en déficit croissant. L’équipe portée au pouvoir par un coup d’État parlementaire a fait le choix de restaurer les équilibres comptables en sacrifiant les plus démunis. Les budgets sociaux ont été sabrés. La chasse aux bénéficiaires prétendument indus du programme Bourse famille a permis d’en rayer 8 %. Les anciens pauvres sortis de la disette et de la précarité sont aujourd’hui en grande difficulté. 3 à 4 millions de Brésiliens seraient repassés sous la ligne de pauvreté. Le chômage a augmenté. Les SDF ont refait une apparition massive au centre de Rio. Tout comme la délinquance et l’économie parallèle.

Montrer ses biceps militaires, dénoncer la corruption de Lula suffira-t-il à convaincre les électeurs en octobre prochain que là est la solution à leur mal vivre ?

Jean-Jacques KOURLIANDSKY

[1] Voi O Globo, 10 décembre 2017, pp. 7-9 et 13 décembre pp. 9 et 11. [2] In BBC Brasil, 20 février 2018.

Un témoignage universel contre la barbarie dans « Mourir après le jour des Rois » de Manuel de la Escalera

Manuel de la Escalera (1895-1994), né à San Luis Potosí de parents espagnols, revenu en Espagne entre 1906 et 1910 avant de repartir pour le Mexique, puis la France et de regagner l’Espagne jusqu’à sa mort à 99 ans, a été cinéaste, sculpteur, fondateur et animateur de ciné-clubs et, dans la dernière partie de sa vie, traducteur de l’anglais. Peut-il être considéré comme un écrivain latino-américain alors qu’il était espagnol, bien que né au Mexique, et qu’il n’a que très peu écrit ? Peu importe, Mourir après le jour des Rois est un œuvre assez exceptionnelle qui témoigne de la barbarie dans l’Espagne catholique, apostolique et romaine du général Franco.

Photo : Club de Traductores Literarios de Buenos Aires/éd. Christian Bourgois

Être condamné à mort et attendre son exécution, subir un interminable enfermement, raconter sa captivité, décrire ses compagnons d’infortune, le moral qui tient bon ou qui chute brusquement, cela a déjà donné lieu à de très grands textes : Le dernier jour d’un condamné de Victor Hugo, le témoignage de Carlos Liscano ou le sublime Souvenirs de la maison des morts de Dostoïevski. Encore inconnu en France, voici leur égal, écrit en cachette par un artiste à plusieurs facettes condamné à mort par un tribunal franquiste, puis gracié.

Manuel de la Escalera a passé vingt-trois ans enfermé, entre 1937 et 1962. Il a 50 ans au moment où il attend l’exécution prochaine, qui doit intervenir un peu après le Jour des Rois, après la trêve de Noël pendant laquelle on suspend toute exécution. Il a une vision sereine de sa situation. Pour fêter Noël (« seul le vin fut un peu limité »), ceux qui n’ont plus que quelques jours d’espérance de vie rient et organisent un véritable banquet. Il faut tout oublier et la pudeur de chacun est de rigueur.

Les jours passent, du 15 décembre 1944 à la mi-janvier. Les souvenirs se mêlent au quotidien : comment Manuel est arrivé à ce cachot d’Alcalá de Henares, sa vie clandestine à Madrid et Barcelone, son arrestation dans les Asturies, les tortures. Il n’aime pas les fioritures, son témoignage est brut, sincère. Sans le moindre pathos, il décrit les sinistres sous-sols de la Direction Générale de la Sécurité, le tristement célèbre bâtiment à la tour de l’horloge de la Puerta del Sol, les moments de confrontation avec ceux qui interrogent les « rouges ».

À Alcalá, c’est l’interminable attente du moment où, en pleine nuit, on vient chercher ceux pour qui c’est la fin. Qui vient-on emmener ce matin ? Manuel de la Escalera, par le dépouillement de son style, fait ressortir la dignité de ces hommes qui font tout pour se montrer à la hauteur de leurs idées. La vraie noblesse espagnole : « Adieu, les amis » sont à peu près les seuls mots entendus dans le noir, avec quelques « Vive l’Espagne ! ». La lumière du jour naissant après ces moments d’angoisse et d’horreur est « le don de ceux qui vivent ».

Le journal ayant dû être interrompu par prudence, l’auteur a rajouté plus tard, une fois enfin libéré, quelques portraits des compagnons condamnés croisés en prison et un récit d’évasion. Tous présentent les mêmes qualités de sobriété, de profondeur et d’honnêteté. Il montre une réalité très particulière mais hélas universelle qu’il est indispensable de faire connaître inlassablement.

Christian ROINAT

Mourir après le jour des Rois de Manuel de la Escalera, traduit de l’espagnol (Mexique) par Marie-Blanche Requejo Carrió, éd. Christian Bourgois, 208 p., 15 €.

Manuel de la Escalera en espagnol : Muerte después de Reyes, éd. Akal, Madrid et éd. Forma, Madrid.

« L’immigration est un droit, pas un crime ! » La grande marche des immigrés au Chili

Intégration plutôt que criminalisation. À la veille d’un débat au Congrès concernant les nouvelles lois sur l’immigration, des centaines de « migrantes » résidant au Chili ont manifesté, la semaine dernière, dans les rues de Santiago au cri de « Aucun être humain n’est illégal ».

Photo : Rosana Goitía Emol

Les pays de l’Amérique du sud ont toujours été des pays d’immigration. Jusqu’à présent, il s’agissait surtout de colons venus d’Europe, du Moyen-Orient et, dans une moindre mesure, d’Asie. Le Chili est redevenu une terre d’immigration, mais cette fois en provenance des autres pays du continent :  Péruviens (21 %), Colombiens (18 %), Haïtiens (16 %), Vénézuéliens (15 %) et Boliviens (13 %) sont les principaux nouveaux arrivants. Il y aurait environ 600 000 étrangers au Chili, un pays de 17 millions d’habitants. La majorité des demandeurs de visa recherchent du travail, le pays étant considéré comme plutôt développé du point de vue économique et stable du point de vue politique.

Les futures lois d’immigration du nouveau gouvernement

Le Congrès chilien est sur le point de définir de nouvelles lois sur l’immigration. Mais l’incertitude règne, car le nouveau gouvernement mené par le conservateur Sebastián Piñera et le nouveau Congrès prendront leurs fonctions le 10 mars, ce qui pourrait changer la donne. La crainte des associations est que les migrants soient criminalisés plutôt qu’intégrés au marché de l’emploi. Dans une interview à Radio Cooperativa, le directeur du Service jésuite aux migrants, Pablo Valenzuela, recommande au nouveau gouvernement « d’envisager la migration depuis le point de vue des droits humains » et d’écarter celui de la criminalisation. C’est pour se rappeler au bon souvenir de la population que les migrants ont marché dans les rues de Santiago : « Nous contribuons au développement et à la richesse du pays ».

« Nous sommes des travailleurs, pas des délinquants »

Les immigrés sont souvent accusés de tous les maux qui affectent un pays. Les difficultés rencontrées par une partie toujours plus importante de la population, liées à la crise de légitimité du néolibéralisme, à la dégradation des services publics et à l’augmentation des inégalités depuis la crise financière provoquée par les banques en 2008, un phénomène également connu en Europe, attise l’hostilité envers les migrants. Sans oublier des discours politiques opportunistes et racistes qui veulent en faire un bouc émissaire. Ceci est vrai tant au Chili que dans le reste du monde… Une des revendications majeures des marcheurs était « Amnistie migratoire », c’est-à-dire une demande de régularisation des situations. Certains migrants résident et travaillent au Chili depuis plusieurs années, mais sont toujours considérés comme « illégaux », ce qui favorise leur exploitation par des patrons peu scrupuleux. L’objectif de la manifestation est de déclarer que « les migrants veulent faire partie de la solution, pas du problème ».

Jac FORTON

Pourquoi 2018 est une année décisive pour l’Amérique latine ? Analyse des futures élections

Il ne faut pas le nier ou le nuancer, 2018 sera l’année où le futur des prochaines générations de Latino-Américains sera forgé. Ainsi ses jours seront pleins de sursauts et très probablement de déceptions monumentales. Nous reproduisons ici un article de Juan Duarte, consultant chez 2Points Group, publié sur Lesaffaires.com.

Photo : Lesaffaires

Il y aura six élections présidentielles, dont trois avec un poids géopolitique et économique indéniables : Mexique, Brésil et Colombie. Les trois restantes auront un impact mineur pour le futur de la région : Venezuela, Paraguay et Costa Rica. Également, et non sans conséquence, 2018 est l’année choisie par Raúl Castro pour prendre sa retraite. De ce fait, les trois principales économies continentales (Mexique, Brésil et Colombie), avec plus de 50 % des habitants de la région et une tradition diplomatique incontournable, seront agitées par des choix politiques qui s’annoncent très difficiles et même violents. Les enjeux sont énormes et la polarisation à la hauteur. Analysons-les très brièvement cas par cas. 

Le Mexique

La rhétorique anti-mexicaine et protectionniste de Donald Trump aura fait sa plus illustre victime hors des frontières des États-Unis (la démocratie mexicaine) si M. Andrés López Obrador (dit AMLO) était élu Président du Mexique. Obrador, célèbre défenseur du régime vénézuélien et fervent apologiste des vertus du Castrisme cubain, arrive à ces élections comme favori en surfant sur les vagues de l’indignation et du nationalisme que suscite le systématique dénigrement du Mexique et des Mexicains par le locataire de la Maison-Blanche.

Après deux cuisantes défaites électorales (2006 et 2012), AMLO est déjà connu par sa rhétorique populiste et antilibérale. Et même si son expérience comme maire de la ville de Mexico (2000-2005) l’a montré capable de nuancer ses propos, le seul fait que M. Obrador soit le favori pour les élections du premier juillet devrait mettre toute la région en mode de gestion de crise, car son poids politique sera démesuré et cela pourrait signifier la mise en question de l’ALÉNA et de la réforme du secteur pétrolier ainsi comme la possible amnistie des grands chefs des cartels du narcotrafic. Ce panorama électoral est entouré d’un mépris généralisé des partis politiques traditionnels et des institutions démocratiques à cause du degré de corruption et du contrôle qu’exercent sur eux les groupes criminels, qui ont plongé le pays dans une vague de violence inouïe.

La Colombie

Pour l’instant, tous les candidats n’ont pas encore été déterminés, mais les enjeux sont très clairs et la polarisation ne cesse d’augmenter. La Colombie, grâce à sa position géographique, sa taille économique et son poids démographique, joue un rôle incontournable dans la région. Il n’est ainsi pas surprenant que le pays soit devenu durant les années 1990 et 2000 le principal récepteur d’aide militaire et allié régional des États-Unis.

Pour les mêmes raisons, la Colombie est une pièce maîtresse dans la survie des régimes de La Havane et de Caracas : par elle passe le fait d’avoir soit une tête de pointe de l’influence nord-américaine dans le voisinage, soit un allié qui leur permettra de conserver une marge de manœuvre et donc une chance de négociation face à la crise humanitaire et à l’implosion du régime que traverse le Venezuela et qui frappera Cuba. De ce fait, les élections présidentielles de mai prochain ne seront pas exemptes d’influences extérieures (voir ce qui s’est passé au Honduras en novembre 2017) et le clivage autour de la poursuite ou pas de l’implémentation du traité de paix, signé par le gouvernement actuel avec la guérilla des FARC (indispensable et plus riche allié de Caracas et de La Havane), ne cessera pas de s’intensifier. Dans un pays si volatile, polarisé et fragmenté (sachant aussi qu’il est redevenu le principal producteur de cocaïne au monde), on pourrait se trouver face à un scénario d’extrême crispation et instabilité politique aux conséquences régionales. Autant qu’au Mexique, la Colombie traverse une crise de crédibilité de ses partis politiques traditionnels et de ses institutions, entachées par des scandales de corruption. 

Le Brésil

Le Brésil se trouvera en octobre face aux élections les plus imprévisibles depuis la chute de la dictature en 1989. Selon les enquêtes d’opinion, l’ex-Président Inácio Lula da Silva serait le préféré des électeurs pour diriger le pays à nouveau. Mais M. Da Silva se trouve dans l’impossibilité de se représenter, car il a été condamné en deuxième instance avec des charges de corruption. Ainsi le processus électoral est devenu une confrontation permanente entre M. Da Silva, son parti politique et les institutions du pays que l’ex-Président accuse d’être politisées (M. Da Silva avait deux choix : la prison ou la présidence). Cette confrontation vient s’ajouter à l’ambiance de profonde crise institutionnelle, politique et économique que traverse le pays après la destitution de la Présidente Dilma Rousseff en 2016 et qui a déclenché un mouvement de radicalisation des discours politiques. 

Donc, le PT (parti des travailleurs/centre gauche) de M. Da Silva et les autres candidats comme Jair Bolsonaro (candidat populiste d’extrême droite surnommé le « Trump brésilien ») essaient de capitaliser sur la colère populaire avec des positions à chaque fois plus démagogiques et dangereuses pour la continuité démocratique et la préservation de ce qui reste de la stabilité économique. Si l’on pensait que le Brésil (vraie puissance régionale) devait être la nation qui conduirait théoriquement l’Amérique du Sud vers un apaisement démocratique, un multiculturalisme assumé et une prospérité avec justice sociale, les perspectives régionales de cette crise institutionnelle ne pourraient pas être plus décourageantes.

En conclusion

L’Amérique latine n’est pas l’exception. 2018 s’annonce l’année de la volatilité géopolitique et du risque. Du Moyen-Orient à l’Europe en passant par les États-Unis, le signe du temps, c’est l’incertitude. Et parce qu’aucun expert et aucune étude ne peuvent prédire la direction exacte que la région prendra après cette année saturée de croisées électorales (et même existentielles) pour les Latino-Américains, 2018 pourrait marquer l’histoire comme le moment précis où l’on a à nouveau perdu le train du progrès.

Juan DUARTE
D’après Lesaffaires.com
Consultant chez 2Points Group

Au Brésil, le carnaval de Rio se serre la ceinture en attendant les élections

La fête est finie ! Le Carnaval de Rio s’est officiellement achevé dimanche dernier dans tout le pays. Retour sur cet évènement phare de la culture brésilienne, entre joie et tensions. Un carnaval aux dimensions politiques et économiques, à sept mois de l’élection présidentielle brésilienne, alors que l’ancien président Luiz Inácio Lula da Silva reste en tête des intentions de vote malgré sa condamnation.

Photo : Rio Hunter

Les écoles de samba brésiliennes ont défilé dans les villes du pays à l’occasion du célébrissime Carnaval de Rio, une réelle institution au Brésil. L’école de Beija-Flor, très attendue par les spectateurs, a clos le défilé sur l’immense sambodrome de Rio de Janeiro. Pendant près d’une semaine, toutes les villes ont vibré au rythme de la samba. Toutes les villes, ou presque… Entre crise économique et tensions politiques, la fête a bien eu lieu.

Un carnaval en crise

Cette année, le carnaval de Rio s’est serré la ceinture, la crise s’y est invitée. Les écoles de samba, qui préparent leur spectacle durant un an pour l’évènement, ont dû faire face aux réductions budgétaires imposées par le maire de la ville. Marcelo Crivella, maire de Rio de Janeiro depuis le mois d’octobre, ancien pasteur évangéliste et conservateur, a en effet décidé de réduire de moitié les subventions accordées aux écoles de samba. Le maire de la sensuelle Rio n’a jamais caché sa désaffection à l’égard du traditionnel carnaval brésilien. Quatorze villes de l’État de Rio de Janeiro n’ont pas célébré le carnaval, et plus de cent villes du pays sont restées dans le silence. São Gonçalo, la deuxième plus grande ville de Rio de Janeiro, n’a pas vu défiler les chars traditionnels dans ses rues depuis maintenant quatre ans. Le scénario est le même dans les municipalités de São Paulo, Paraná, Pernambuco, Minas Gerais, etc.

Carnaval politique

Au-delà des plumes, des paillettes et de la sensualité, le « plus grand spectacle de la terre » incarnait aussi la révolte d’une population exaspérée par la violence et la corruption. Même si le carnaval est vu comme une sorte de parenthèse pour oublier les soucis du quotidien, certaines écoles de samba ont décidé de mettre en scène la société brésilienne et de délivrer de nombreux messages politiques.

Les spectateurs du carnaval ont donc pu découvrir une caricature du président brésilien, Michel Temer, en vampire corrompu, le maire de Rio en épouvantail, des hommes d’affaire plein aux as, ou encore des représentations de favelas illustrant la violence et la corruption omniprésentes dans ce pays. « Les écoles de samba ont un rôle social. Elles expriment ce que les gens normaux ressentent », déclare Léo Morais, professeur d’histoire de 39 ans, le visage grimé en blanc pour incarner la version d’outre-tombe de Michel Temer, qui fait face à de graves accusations de corruption. Mais ces crises politiques et économiques n’ont pas suffi à gâcher la fête. Les écoles de samba ont su ravir les spectateurs, elles sont parvenu à sauver la féérie du Carnaval de Rio, la fête, et la tradition.

Marion GONNET

Les élections anticipées de Maduro au Venezuela : une bombe à retardement

Le pays pétrolier cherche à sortir de sa situation critique en s’appuyant sur un nouveau scrutin inventé par son président Nicolas Maduro. Comme une réaction en chaîne, après avoir proclamé sa décision d’avancer la date de l’élection présidentielle pour le 22 avril prochain, initialement prévue pour décembre, le groupe de Lima a exigé un nouveau calendrier électoral.

Photo : Groupe de Lima/Infobae

À l’issue d’une réunion qui s’est déroulée le 13 février dernier, l’alliance de 14 pays d’Amériques et des Caraïbes ont exhorté « le gouvernement du Venezuela à reconsidérer la convocation pour l’élection présidentielle », car « il ne peut y avoir d’élections libres et justes sans la pleine participation des partis politiques. » Selon un sondage de l’Institut vénézuélien d’analyse des données (IVAD), Maduro doit faire face à un taux d’impopularité de 75 %. Mais, en avançant la date des élections de plusieurs mois, il semble avoir réussi sa manœuvre de déstabilisation à toute intention de former une coalition de la part de l’opposition, déjà affaiblie par ce que l’Église avait évoquée l’année dernière comme la mise en place d’une « dictature ». Le mot est juste depuis que la MUD, « Table de l’unité démocratique » qui réunit les principaux partis de l’opposition, a été interdite de participation. Le système politique vénézuélien reste ainsi largement bloqué par la concentration du pouvoir.

Délicate problématique dans ce mois d’avril charnière pour l’héritier de l’idéologie chaviste qui a conduit le pays à la ruine : le Pérou, hôte le 13 avril prochain du sommet des Amériques – réunissant des chefs d’État de 35 pays du continent et des Caraïbes – a demandé au président vénézuélien de s’abstenir d’y participer, et lui a fait savoir qu’« il ne sera pas le bienvenu ». La réponse de Maduro à cette mise en garde du gouvernement péruvien a une signification multiple. Elle révèle l’état d’esprit d’un homme désespéré, et le niveau de son langage montre sans ambiguïté non seulement qu’il n’est pas à la hauteur des circonstances, mais surtout qu’il ne possède pas la dignité que l’on pourrait attendre d’un chef d’État démocratique : « Ils ont peur de moi ? Ils ne veulent pas me voir à Lima ? Ils vont me voir, qu’il pleuve, qu’il y ait du tonnerre ou des éclairs, par les airs, par terre ou par mer j’arriverai au sommet des Amériques avec la vérité […] du Venezuela. »

Comme nous l’avons déjà dit dans un article précédent, le Venezuela vit les prémices de ce processus depuis la main de fer avec laquelle Hugo Chávez a coupé net le dialogue politique, bien que certains continuent encore à plaider en faveur de sa politique du populisme, mais sans avoir vécu ses conséquences. Au cœur de cette crise, il y a des erreurs et des insuffisances du passé, et le malaise démocratique qui traverse le pays depuis vingt ans reste intact. En effet, aucun progrès n’a été fait dans la démocratisation de la vie politique et sociale, condition sine qua non pour donner au peuple la possibilité de s’exprimer et d’exercer sa souveraineté librement. C’est là que réside le véritable populisme socialiste, consciencieux et visionnaire.

Depuis des années donc, la base de l’économie vénézuélienne s’est développée, marchand dans la voie de l’idéal chaviste, sans que des changements adéquats soient intervenus dans le système de gestion et de redistribution des divises générées par l’exportation du pétrole. Par conséquent, le gouvernement de Maduro n’a pas réussi à rattraper son retard par rapport aux pays les plus développés, malgré les immenses ressources pétrolières et gazières. Il n’a pas réussi non plus à transformer ses structures sociales, à former des ouvriers hautement qualifiés, à réaliser de profonds changements dans le domaine de la culture et de la technologie, à ouvrir le chemin de la promotion aux plus larges masses de travailleurs, à la jeune génération qui aujourd’hui est contrainte à émigrer vers de nouveaux horizons.

Toutes ces erreurs et déficiences ont été mises au jour par la crise sociale, économique et politique qui a conduit le pays à sa perte, dont les raisons, et l’ampleur du mécontentement, n’ont pas varié depuis très, très longtemps. Et les fléaux qui tourmentent le peuple, comme le chômage dans les villes, le surcroît de main d’œuvre à la campagne et l’incertitude du lendemain sont loin de disparaître même avec une élection anticipée, espèce de diagonale du vide empruntée par Maduro pour assurer sa continuité à la tête du pouvoir.

Cette catastrophe humanitaire prend des contours plus nets jour après jour, avec la pénurie d’aliments et de médicaments. Une pénurie aggravée par une hyper-inflation qui pourrait atteindre en 2018 le chiffre astronomique de 13 000 % selon un rapport du FMI. Pour se faire une idée, mentionnons que dans le courant du mois de décembre, les prix ont augmenté de 85 % (on parle d’hyper-inflation lorsque les chiffres dépassent le 50 % mensuel).

Aujourd’hui, l’afflux massif de migrants se poursuit vers les pays limitrophes. Par exemple, le Brésil a déclaré « l’état d’urgence sociale » après avoir accueilli 10 000 réfugiés pour le seul mois de janvier. En outre, plusieurs pays, comme le Mexique, qui vient de constituer un « groupe technique » avec le Canada et les États-Unis, envisagent de lourdes conséquences pour la population vénézuélienne, et sur l’économie d’autres pays, après les menaces de sanctions pétrolières que les États-Unis s’apprêteraient à imposer à la « république bolivarienne ». Sur ce point, rappelons que Donald Trump avait déjà manifesté, en septembre dernier, son intention d’intervenir avec une option militaire. Cette menace est toujours d’actualité selon Maduro : il a affirmé que, sous l’influence des États-Unis, l’armée colombienne se prépare à engager des exactions en vue de provoquer un conflit armé entre les deux pays voisins. En prévision de ces hypothétiques menaces étrangères, Nicolas Maduro vient d’annoncer la tenue de manœuvres militaires, les 24 et 25 février, « pour renforcer la capacité de défense du pays ».

Le Venezuela n’est pas menacée d’une guerre civile, mais d’un désordre qui peut mettre un frein à des processus de développement de l’Amérique latine en particulier, mais aussi de certains pays de la communauté internationale. Il ne faut surtout pas oublier que les deuxièmes réserves pétrolières de la planète gisent sous le sol vénézuélien, après celles de l’Arabie Saoudite. C’est la raison pour laquelle, à deux mois de l’élection – si la date du 22 avril est maintenue – Maduro est certainement animé par un double souci : celui, d’abord, de créer les conditions pour la stabilisation d’une économie minée par une affectation incorrecte des ressources ; ensuite, celui d’apaiser la tension que la situation interne provoque avec l’Amérique latine et les États-Unis.

Dans ce contexte menaçant dangereusement l’existence de l’État, au bord de l’implosion, une question reste ouverte : réussira-t-il, le plus rapidement possible, à sortir le pays de la crise en rassemblant les forces vives de la nation de manière pacifique pour le bien de la patrie « socialiste », et au-dessus des intérêts et des pressions de groupes particuliers qui détiennent le véritable pouvoir sur cette bombe à retardement ?

Eduardo UGOLINI

« À vos agendas » – Semaine 9

Chaque semaine, nous réservons un espace dédié aux événements et invitations. Il suffit de nous envoyer un courrier électronique avec des informations susceptibles d’intéresser nos internautes en indiquant simplement le titre de votre manifestation, le lieu, la date et l’heure, un visuel et un contact. Voici la sélection de la semaine du 25 février au 3 mars.

Déposez votre annonce

MARDI 27 FÉVRIER – 19 h – PARIS

Carlos Ominami, « Les présidentielles chiliennes : alternance ou nouveau cycle politique ? »

Ancien ministre d’État et président d’honneur de la Fondation Chile 21, Carlos Ominami débattra avec Carlos Quena, économiste et professeur à l’IHEAL (Institut des hautes études de l’Amérique latine) et Gaspard Estrada, politologue et Directeur Exécutif de l’Observatoire Politique de l’Amérique latine et des Caraïbes de SciencesPo. À la Maison de l’Amérique latine, 217 Bd St-Germain, Paris. Plus d’infos

MERCREDI 28 FÉVRIER – 21 h – PARIS

Le musicien Abel Velásquez Zavaleta offre un concert de guitare péruvienne dans le style Cajamarca 

Diplômé d’interprétation de guitare classique à l’université d’Alicante (Espagne), il donne des cours de guitare à l’Université Nationale de Musique du Pérou (ancien conservatoire national) à l’école supérieure de folklore José María Arguedas. Son travail de recherche et de création en fait le meilleur représentant du style de guitare de Cajamarca. Il a enregistré trois CD de musique traditionnelle péruvienne et un premier de guitare classique. À la Maison de l’Amérique latine, 217 Bd St-Germain, Paris. Plus d’infos

28 FÉVRIER – 1er et 2 MARS

Rencontre avec Miguel Bonnefoy à Annecy, Lyon et Gap pour la promotion de son roman Sucre noir

Né en France, cet auteur a grandi au Venezuela et au Portugal. En 2013, il est lauréat du prix « Jeune écrivain » avec Icare et autres nouvellesLe Voyage d’Octavio, son premier roman publié en 2015, est finaliste du prix Goncourt du premier roman. Il sera à Annecy le 28 février, à Lyon le 1er mars et à Gap le 2 mars, pour nous parler de Sucre noir, paru aux éditions Rivages. Il a participé à nos Belles Latinas en novembre dernier, et il sera bientôt l’invité des Belles Francesas au Pérou et en Colombie. Plus d’infos

TOUS LES MARDIS

L’émission L’autre Amérique latine, à écouter sur Radio libre en Périgord 

L’Amérique latine est présente en Périgord grâce aux Radios Libres en Périgord (RLP) « La radio qui vous écoute », sur FM 102.3. Dans le programme « L’autre Amérique latine », Eduardo, un Chilien résidant à Périgueux, et Béatrix, présentent l’Amérique latine dans ses particularités historiques et musicales. Actualités, cultures et musique. Le mardi de 14 h à 14 h 30 et le jeudi de 10 h à 10 h 30. Plus d’infos

LECTURES 

Le centre tricontinental de Louvain-la-Neuve propose un nouvel ouvrage

Parution du dernier livre du CETRI (Centre Tricontinental de Louvain-la-Neuve) : État des résistances dans le sud : l’Amérique latine. Toujours rebelle, l’Amérique latine ? Une analyse pays par pays donne les clés pour répondre et comprendre. Les formes oscillent entre singularités nationales et tendances continentales. Éditions Syllepse. Plus d’infos

LECTURES 

L’association Autres Brésil à Paris annonce la parution de Quilombos insoumis au Brésil

L’association Autres Brésils annonce la parution du livre Quilombos, communautés d’esclaves insoumis au Brésil. Ce livre, écrit par l’un des meilleurs spécialistes brésilien, Flávio dos Santos Gomes, retrace l’histoire des Quilombos. En décrivant les conditions de leur naissance au 16e siècle, leur vie et leurs combats, le livre nous permet de comprendre leur résistance au temps et la persistance de leurs descendants à lutter pour leurs droits, encore aujourd’hui. Traduction de Georges Da Costa. Plus d’infos

DANS LA PRESSE 

Un portrait du fils aîné de Fidel Castro mort par suicide le 1er février dernier dans Libération

Zoé Valdés,  écrivaine cubaine reconnue, exilée à Paris depuis plusieurs années, retrace dans le journal Libération du 21 février dernier le parcours  du fils aîné de Fidel Castro mort par suicide monté de toutes pièces. Fidel Ángel Castro Díaz-Balart, successeur naturel du Commandante, ce dernier avait fini par lui préférer son propre frère. Plus d’infos

SITE WEB 

Le Musée de la Mémoire au Chili annonce la publication d’une nouvelle collection : Signos

Le Museo de la Memoria de Santiago du Chili annonce la digitalisation de toutes leurs archives sous le nom de « Signos de la Memoria ». Cet espace, destiné à donner de la visibilité aux violations des droits humains par l’État chilien de 1973 à 1990, veut ainsi contribuer à ce que la culture des droits humains et des valeurs démocratiques deviennent des fondamentaux éthiques partagés. Plus d’infos

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