Archives mensuelles :

septembre 2016

Un nouveau roman en français de l’écrivain brésilien Antônio Xerxenesky

Avaler du sable, publié en français il y a un an et demi avait surpris, bousculé, ravi ses lecteurs, Antônio Xerxenesky apparaissait à vingt-six ans comme une révélation des lettres brésiliennes. Voici son deuxième roman au titre on ne peut plus bref, F, qui confirme la première impression. Les éditions Asphalte ont été créées en 2010 par deux jeunes femmes passionnées, Estelle Durand et Claire Duvivier dans l’objectif de parler de ville, de culture urbaine en mélangeant les  genres et en proposant, avec chaque ouvrage, une playlist choisie par l’auteur lui-même, une dizaine de titres musicaux qui peuvent accompagner la lecture.

De l’extérieur, elle a tout pour elle, Ana, la narratrice. Née dans une famille brésilienne « bien sous tout rapport », elle possède la jeunesse (on sait qu’elle a vingt-cinq ans), le charme (on ne peut l’imaginer que jolie), l’énergie (elle avoue sans détours qu’elle a déjà tué quantité d’êtres humains en étant rétribuée pour ça). Pourtant, apparaît assez vite un indéniable défaut : elle a tendance à voir les choses, en particulier ce qui touche à la création, de façon négative. Les Quatre-cents coups est un film raté, Led Zeppelin lui casse les oreilles. Ce détail ne lui pose donc pas de problème majeur quand on lui demande d’aller assassiner Orson Welles.

Pour qui a lu le délirant et génial (je n’exagère pas) Avaler du sable, F pourra surprendre : le style est devenu classique, avec évidemment une pointe d’humour toujours bien venu, ce qu’Antônio Xerxenesky lui-même définit quand il écrit à propos d’un conte que lit l’héroïne: « une langue polie, héritée des auteurs réalistes du XIXème siècle ». Ce classicisme, loin d’ôter du charme, en rajoute au contraire, en faisant ressortir par une fausse neutralité les « excès » qui sont racontés.  Ce roman est aussi passionnant à suivre qu’un film de Quentin Tarentino, mais la comparaison s’arrête là, c’est bien une œuvre littéraire que fait Antônio Xerxenesky. Toute ressemblance avec le cinéma, si elle n’est pas fortuite, nous mènerait sur une fausse piste. Le cinéma est presque partout dans ce roman, qui est et reste purement un roman.
Des tueurs à gages, chacun de nous en a rencontré beaucoup (au moins dans l’univers de la fiction !). Ana leur ressemble et en est très différente. Sa morale propre est assez savoureuse, un mot banalement grossier la choque sincèrement, ses passions culturelles l’aident à bien faire son « métier ». Antônio Xerxenesky fait de telle sorte que le parallèle entre artiste et tueur à gages n’apparaisse pas comme un paradoxe mais comme une évidence logique. Tout est très relatif dans F, à commencer par les goûts de chacun : on peut adorer Cléo de 5 à 7 et détester La Chambre verte, adorer La Nuit des morts vivants et détester L’Avventura, il faut surtout ne rien s’interdire, ne jamais censurer ses goûts. La vraie question (la seule ?) est de savoir si les  œuvres, films ou livres, seraient susceptibles, en humanisant le monde, de le transformer, de l’améliorer.
Il nous est donc offert tout un panorama de réflexions d’une profondeur inattendue dans un polar sur l’art (le film d’horreur Zombies ne pourrait-il pas être considéré comme l’égal de Falstaff ?) ou sur la politique (peut-on avoir un jugement sensé sur Cuba ou les États-Unis quand, à seize ans, on n’a vécu que sous la dictature militaire brésilienne ?). Au passage, comme si de rien n’était, Antônio Xerxenesky égratigne plutôt gentiment le mode de vie des Brésiliens, des Nord-Américains et des Parisiens en jouant, mais jusqu’à un certain point seulement, sur les clichés qui les concernent.  Passionnant, riche d’idées et de sensations, ce très bel hommage au cinéma et à la littérature répond aussi à la question fondamentale posée : oui, un roman peut donner, sinon au monde du moins à ses lecteurs, une belle bouffée de bonheur.
Christian ROINAT
F, de Antônio Xerxenesky, traduit du portugais (Brésil) par Mélanie Fusaro, éd. Asphalte, 230 p., 21 €. / Antônio Xerxenesky en portugais : Areia nos dentes / F, éd. Rocco / Entre (nouvelles), éd. Movimento/ A página assombrada por fantasmas (nouvelles),  éd. Rocco. Antônio Xercenesky en français : Avaler du sable, éd. Asphalte.

 

Le film brésilien « Aquarius » de Kleber Mendonça Filho

Aquarius était le seul film latino en compétition à Cannes cette année. S’il en est reparti bredouille, il a été cependant très apprécié, et non seulement pour la banderole déployée à l’entrée de la salle en soutien à Dilma Rousseff, où était écrit un coup d’état a eu lieu au Brésil.  Un geste fort qui est bien en résonnance avec le personnage principal du film. En représailles le ministère de la justice brésilien a interdit le film aux moins de 18 ans. Maintenant, il voici sur nos écrans.

Après le très intéressant, Les bruits de Recife, Kleber Mendonça Filho, nous propose dans Aquarius (c’est le nom de la résidence de Clara), le portrait de sa ville Recife, prête à tout démolir pour faire de beaux immeubles sécurisés, et le portrait d’une femme de soixante ans, Clara, qui veut se battre pour garder son appartement et s’opposer aux jeunes promoteurs aux dents longues formés dans les écoles étatsuniennes. Très perturbée par cette tension, elle repense à sa vie, à son passé de critique musical, à ceux qu’elle aime et veut pouvoir vivre sa vie.
« Le cauchemar de Clara est tout d’abord réel, précise le réalisateur. Il s’agit de se voir seule dans une situation très inconfortable, où elle subit une forte pression pour le simple fait d’être chez elle, là où elle a toujours habité. Elle a le sentiment que quelqu’un a subitement décidé que son espace n’a plus aucune valeur, qu’il est démodé et qu’on doit s’en débarrasser. Confrontée à des opinions contraires aux siennes, y compris au sein de sa propre famille, Clara craint, par moments, de perdre la raison. Son état d’esprit est fragilisé, ce qui ouvre la porte à des sentiments déstabilisants. J’aime l’idée que cela nous mène vers le mystère et le doute, comme un cauchemar lucide ».  La mise en scène  est très élaborée en utilisant des plans séquences fluides et sensuels, qui fabriquent des sentiments  là ou la ville et ses promoteurs cherchent à détruire.
Clara est interprétée par la célèbre comédienne Sônia Braga qui aurait vraiment pu prétendre au prix d’interprétation à Cannes.  En France, nous la connaissons surtout pour ses rôles dans Dona Flor et ses deux maris (1976), Le baiser de la femme araignée (1985), ou Milagro de Robert Redford (1988). Mais elle a tournée dans de nombreuses séries surtout aux U.S.A. Un film à ne pas ignorer.
Alain LIATARD
B.D. Allociné Lire aussi la critique dans lesnrocks.com de cette semaine…

L’artiste argentin Ricardo Mosner expose ses sculptures à l’ambassade d’Argentine à Paris

Dans le cadre de l’exposition de Ricardo Mosner qui vient de s’inaugurer à l’ambassade d’Argentine à Paris nous revenons sur notre édition de mars dernier où nous consacrions plusieurs pages sur cet  artiste peintre, graveur, dessinateur, sculpteur et homme de théâtre… Il expose jusqu’au 13 octobre prochain.

Né à Buenos Aires, en Argentine en 1948, c’est en 1971 que Ricardo Mosner arrive en Europe. Lors de ses premières années européennes, il trouvera d’abord l’occasion d’exprimer sa créativité dans le théâtre. De jeunes artistes des années 1970 réalisent un mix-média, mélange de danse, de musique et d’art de rue, produisant ainsi un spectacle visuel et musical qui satisfait le jeune artiste alors privé d’un atelier convenable pour les arts plastiques.

Ricardo Mosner séjournera durant trois ans en Hollande, pays très ouvert et libre dans ces années. Ses spectacles de théâtre y seront très bien accueillis. De retour à Paris, il commence à exposer ses peintures et dessins dans des galeries d’art et il développe son œuvre en travaillant aussi la gravure et la sculpture. Il participe à de nombreuses expositions collectives dont : la Biennale de Paris, la Triennale des Amériques, la Biennale de Sculpture aux Pays-Bas, les Ateliers de l’ARC au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, l’Amérique latine au Grand-Palais, les Murs Peints au Centre Georges Pompidou, entre autres. En 2004, Ricardo Mosner fonde El Colectivo, groupe d’artistes argentins de Paris, où on retrouve des noms consacrés comme Antonio Seguí, Julio Le Parc, Jack Vanarsky, Robert Plate, Mario Gurfein. Mosner en sera le directeur artistique. Cette association a fréquemment servi de catalyseur pour l’art argentin en France, où plusieurs expositions ont été présentées avec succès.

L’une des spécifi cités de l’oeuvre de Ricardo Mosner est le lien étroit qu’elle entretient avec la littérature. À cet égard, il a illustré des oeuvres d’écrivains et de poètes, mais Mosner a également produit des livres écrits et illustrés, joignant ainsi la plasticité du texte au langage du dessin. Dans le domaine de l’édition, il convient de signaler sa monographie Ricardo Mosner, l’inventaire publiée aux éditions Yeo-AREA, ainsi que les livres : Paroles Libertaires où ses peintures illustrent une sélection de textes avec une préface d’Étienne Roda-Gil ; Nougaro illustré par Mosner, tous deux chez Albin Michel. La Poésie Antillaise, 19 poèmes illustrés par Ricardo Mosner aux éditions Mango ; Ubu Roi d’Alfred Jarry et Le Chat Noir, Edgar Allan Poe et autres contes de terreur, tous deux avec des peintures de Mosner, aux éditions Gallimard. Il a également réalisé une multitude de cahiers et de livres d’artistes. Parmi ces ouvrages de bibliophilie, on trouve : Retratos Rioplatenses, aux éditions Clot ; Píntate un Tango, Ricardo, aux éditions Marina et Portraits Mosnériens avec Jacques Jouet aux éditions Virgile. Il a assuré la direction artistique de la nouvelle revue Tango (2010-2012) et aussi dessiné de nombreuses affi ches pour le théâtre, des spectacles musicaux et des expositions.

Homme de théâtre, Ricardo Mosner participe depuis trente ans à l’émission de radio Des papous dans la tête diff usée sur France Culture, en compagnie d’écrivains et intellectuels français. Il réalise aussi des performances et des lectures avec le duo de piano et bandonéon de Volco & Gignoli.

Cécira ARMITANO

Un livre dénonce l’extractivisme et le fracking en Argentine

L’Argentine est le second pays après les États-Unis à développer industriellement les hydrocarbures non conventionnels (fracking). Cette enquête unique dresse le panorama des acteurs impliqués, de leurs intérêts et de leurs modes d’action et révèle les rapports de force qui empoisonnent la démocratie argentine. Ce livre, tout en évoquant les résistances au fracking dans le monde, attire l’attention sur ce cas d’école afin d’éviter qu’il devienne un modèle.

Ce livre peut se lire comme une saga sur l’épopée du fracking dans le décor de western de la Patagonie argentine, mais aussi comme un récit des transformations territoriales, politiques, économiques et sociales qu’engendrent l’industrie du gaz et l’extraction du pétrole de schiste sur le gisement de Vaca Muerta dans la province de Neuquén . Cette enquête unique dresse le panorama des acteurs impliqués, de leurs intérêts et de leurs modes d’action et révèle les rapports de force qui empoisonnent la démocratie argentine. L’Argentine est le second pays après les États-Unis à développer industriellement les hydrocarbures non conventionnels (fracking).  Au moment où cette industrie cherche à conquérir d’autres pays, suscitant des résistances, ce livre attire l’attention sur ce cas d’école afin d’éviter qu’il devienne un modèle. Ouvrage collectif (Observatoire Pétrole du Sud, Grégory Lassalle, Vincent Espagne), préface de Adolfo Pérez Esquivel, prix Nobel de la Paix. Contact : publicetim

Le colloque : « La gauche face aux enjeux de l’extractivisme »

Dans une conjoncture instable, l’Argentine développe fortement l’exploitation dhydrocarbures en Patagonie. Le diagnostic de cette situation et de son mode d’organisation nous invite à réfléchir tant sur cette industrie nouvelle que sur la question plus globale et prégnante de l’extractivisme. Le cas argentin peut-il être présenté comme un modèle ? Ce modèle peut-il se répéter dans d’autres pays ? Après un cycle de gouvernements progressistes en Amérique latine, après la COP21 et des mobilisations citoyennes qui perdurent, quelle est la place de l’extractivisme dans les projets politiques des gauches latinoaméricaines et européennes? Telles sont les questions sur lesquelles les participants sont invités à débattre. Les débats seront modérés par Braulio Moro de RFI. L’activité est parrainée par le député Sergio Coronado, en partenariat avec ATTAC, les Amis de la Terre, le CETIM (Genève) et FAL.

Jac FORTON

Lieu : Assemblée nationale, Salle Victor Hugo, 126 rue de l’Université, Paris 7e. Inscription obligatoire par courriel en indiquant vos nom et prénom, date et lieu de naissance à  colloque3octobre@gmail.com. Programme.

Après quatre ans de négociations, le gouvernement et les FARC ont signé la paix

Ce 26 septembre 2016 est une date historique pour la Colombie : le gouvernement et la guérilla des FARC mettent officiellement fin à 50 années de guerre civile en présence de nombreux invités internationaux. Prochaine étape capitale : le referendum populaire d’acceptation ou de rejet des Accords.

Origines de la violence

Un rapport publié en août 2016 par le Réseau France Colombie Solidarité (RFCS) (1) rappelle que depuis les années 1950, la Colombie vit un conflit armé qui a fait 265.708 morts selon les chiffres officiels du gouvernement, dont 80% de civils. Plus de 46.000 personnes sont déclarées comme disparues et près de 7 millions de civils ont été déplacés de force. Le conflit est essentiellement né des injustices sociales – en particulier une répartition des terres qui ne profite qu’aux grands propriétaires – et du manque d’ouverture démocratique – le pouvoir restant entre les mains de l’oligarchie économique et politique. Les protestations se sont transformées progressivement en luttes armées. Les guérillas sont apparues dans les années 1960, dans le contexte de la Guerre froide et des processus révolutionnaires en Amérique latine. Face à leur montée en puissance, les grands propriétaires et les détenteurs du pouvoir ont créé des milices paramilitaires dont l’objectif initial était de contrer l’insurrection et d’éliminer les opposants, afin de protéger leurs intérêts. L’émergence du trafic massif de drogues dans les années 1970 à 1990 a généré une augmentation et une diffusion de la violence sur tout le territoire, face à un État impuissant et corrompu.  Il reste aujourd’hui deux guérillas : la plus importante, les FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie), et l’ELN (Armée de libération nationale).

Un chemin semé d’embûches

Pour le Réseau France Colombie Solidarité, il apparaît clairement que les déplacements forcés, les assassinats sélectifs, les agressions envers les leaders sociaux ou communautaires, les journalistes, les syndicalistes et les défenseurs des droits humains, les violences faites aux femmes, les tortures et les mauvais traitements, ne cesseront pas du jour au lendemain avec l’Accord de paix. Ces exactions n’ont jamais été commises par les seules FARC ni uniquement dans le cadre du conflit armé. L’État colombien devra donc veiller à ce que le conflit ne se répète ou ne se transforme pas, et à ce que tous les crimes soient jugés. Ainsi, il devra trouver une issue rapide au processus de paix lancé le 30 mars 2016 avec l’autre guérilla toujours active, l’ELN. Il devra également démanteler définitivement les groupes paramilitaires qui sont toujours très actifs et menacent la paix sur les territoires. Enfin, il devra garantir le respect des droits de l’homme au sein de ses forces de police et militaires. Cet Accord ne fera pas non plus disparaître les intérêts liés aux trafics de drogues, sujet sur lequel la Colombie seule ne peut agir et qui doit donc être pris à bras le corps par l’ensemble de la communauté internationale. Cette dernière, au-delà du problème de la drogue, devra également veiller à ne pas alimenter de nouveaux conflits à travers la coopération, les politiques de libre-échange et l’investissement des entreprises, et contribuer au contraire à la pacification du pays. Le respect des Accords est la condition essentielle à leur réussite…

La cérémonie officielle de signature

Il aura fallu quatre ans de négociations entre le gouvernement du président Juan Manuel Santos et les FARC représentées par Rodrigo Londoño, alias ‘Timochenko’, pour arriver à la signature de l’Accord de paix. Les négociations ont eu lieu à La Havane soutenus par deux « garants », la Norvège et Cuba, et deux « accompagnateurs », le Venezuela et le Chili. L’ancien président Alvaro Uribe, viscéralement opposé aux FARC, avait demandé à la communauté internationale de ne pas assister à la cérémonie. Il n’a pas vraiment été entendu : étaient présents les présidents de quinze pays américains, les ministres des Affaires étrangères de 27 pays, le roi d’Espagne, plusieurs anciens présidents de pays divers et même l’actuel secrétaire-général des Nations unies, Ban Ki-moon et son prédécesseur Kofi Annan ! Sans oublier les nombreux dignitaires de toute l’Amérique, de l’OEA, de l’UE et les 2.500 invités colombiens, presque tous vêtus de blanc. Parmi eux, les représentants des associations de victimes de la guerre. La cérémonie s’est tenue dans la magnifique ville coloniale de Cartagena de las Indias, sur la côte caraïbe de la Colombie.

« Bienvenue en démocratie »

C’est avec ces mots que le président Santos a serré la main de Timochenko, scellant ainsi définitivement la paix en Colombie. La cérémonie était diffusée sur des écrans géants disséminés dans tout le pays. Et d’ajouter : « Ce que nous signons est une déclaration du peuple colombien face au monde comme quoi nous sommes fatigués de la guerre, que nous n’acceptons plus la violence comme moyen de défendre les idées…  Finie l’intolérance qui nous obligeait à vaincre ou exclure l’autre pour le seul fait de penser différemment. Non à la violence qui a semé pauvreté et inégalités et retardé notre développement. Ceci est la clameur de la Colombie ! » En réponse,  Timochenko fait une déclaration attendue depuis longtemps : « Au nom des FARC, je demande sincèrement pardon à toutes les victimes du conflit pour les dommages et la douleur que nous avons pu provoquer… Laissons de côté les haines, luttons contre la pauvreté, améliorons le système de santé, l’éducation… Que personne n’en doute : nous allons vers la politique sans armes ; préparons-nous à désarmer les mentalités et les cœurs… »  Ban Ki-moon :  « Aujourd’hui, les Colombiens disent adieu à des décennies de feu et envoient une lumière brillante d’espoir qui illumine le monde ».

Le referendum

Il reste une dernière procédure importante à réaliser : le 2 octobre prochain, le peuple est appelé à ratifier ou rejeter l’Accord de paix par un referendum national. Son but est de terminer la guerre et permettre aux membres des FARC de constituer un parti politique pour défendre leur cause dans le cadre des institutions. Le président Santos rappelle que si  les accords étaient rejetés comme le demandent Alvaro Uribe, l’oligarchie et l’extrême-droite, la guérilla reprendrait les armes et la guerre recommencerait…

Jac FORTON

(1) Les deux premier paragraphes de cet article sont des extraits du rapport, qui est signé par les ONG suivantes : ACAT, École de la Paix, Agir Ensemble pour les Droits de l’Homme, CCFD-Terre solidaire, Entre Todos, Secours catholique, Mâcon Solidarité Colombie, Solidarité Laïque, Terre des Hommes France, PBI (Brigades de Paix International France), Teje. Sa coordination est due à Anne Boucher et Olivier Lagarde. SITE sur Facebook

Les faits de l’actualité de la semaine du 20 au 26 septembre 2016

Mardi  20 septembre  ǀ NICARAGUA ǀ  Henry Ruiz, ex-Comandante Modesto et un des neuf membres de l’historique  Direction nationale du FSLN lors de la lutte contre le dictateur Anastasio Somoza, appelle à l’abstention aux prochaines élections présidentielles car « Daniel Ortega est un transfuge politique et la tâche aujourd’hui est d’éviter la consolidation de sa dictature familiale ».

Mercredi 21 septembre  ǀ ARGENTINE ǀ  Le retour du FMI ! Le gouvernement ultralibéral de Mauricio Macri a invité le FMI à superviser le fonctionnement de l’économie argentine. Les gouvernements Kirchner avaient payé toutes les dette du pays au FMI mais le gouvernement Macri croit pouvoir relancer l’économie en se ré-endettant avec le FMI.   

Jeudi 22 septembre  ǀ NATIONS UNIES – BRÉSIL ǀ  Lors du premier discours du président de fait Michel Temer aux Nations unies, les représentants du Costa Rica, de Bolivie, du Venezuela, du Nicaragua et de Cuba ont quitté l’hémicycle en protestation contre ce qu’ils ont qualifié de coup d’État au Brésil.

Vendredi 23 septembre  ǀ CUBA-UNION EUROPÉENNE ǀ  La Commission Européenne a demandé à ses 28 membres d’approuver un nouvel Accord de Dialogue Politique et de Coopération avec Cuba « pour soutenir la modernisation économique et sociale à Cuba, promouvoir le développement durable, la démocratie et les droits humains ». La Commission demande également à ses membres de « déroger la position commune de 1996 » qui conditionnait la coopération avec l’île aux avances en matière de droits humains.

Samedi 24 septembre  ǀ BOLIVIE ǀ  La police a arrêté l’auteur présumé de l’assassinat de Rodolfo Illanes, vice-ministre de l’Intérieur lors d’une grève des mineurs en août dernier. Illanes s’était rendu sur la route coupée par les grévistes pour négocier la fin de la grève. Il avait été battu à mort et sa voiture incendiée. La police accuse Ever Carvajal d’être l’assassin. Il aurait « un passé d’agressions violentes, vol de minerais et usage de drogues ».

Dimanche 25 septembre ǀ CHILI  ǀ  Quinze victimes de tortures subies pendant la dictature de Pinochet ont réussi à faire déclassifier les dossiers de leur témoignage devant la Commission nationale sur la prison politique et la torture. Une loi promulguée par l’ancien président Ricardo Lagos obligeait la Commission à maintenir ces archives au secret pendant 50 ans ce qui garantissait l’impunité des tortionnaires.

Lundi 26 septembre  ǀ COLOMBIE ǀ  Après quatre ans de négociations, le président Juan Manuel Santos et le chef des FARC, Rodrigo Londoño, alias ‘Timochenko’, ont officiellement signé l’Accord général pour une paix stable et durable (voir notre article d’actualités). Quinze présidents et vingt-sept ministres des Affaires étrangères ont répondu à l’invitation malgré l’appel « à ne pas venir » de l’ancien président colombien Alvaro Uribe, viscéralement opposé à l’Accord de paix.

Guy MANSUY

A Villeurbanne, lancement du CD « Depuis le Cinquième soleil » cantate populaire animée par des exilés chiliens

C’est dans le cadre de la grande fête annuelle de l’association France Amérique latine (AFAL), basée à Villeurbanne, qu’aura lieu ce samedi 24 septembre à 20 h, au Centre Culturel de la Vie Associative de Villeurbanne, le lancement du CD de la Cantate du Cinquième Soleil, œuvre composée en 1986 par la musicien chilien Alejandro Guarello sur un texte de Stephen Honeyman.

Photo : Groupe Pirca en janvier 2016 et Visuel du CD

Le CD de la cantate, a été enregistré par le groupe PIRCA– groupe fondé à Lyon à la fin des années soixante-dix par des exilés chiliens – et la Chorale Populaire de Lyon. Ces deux formations ont participé à la création de cette œuvre à Lyon accompagnées par l’Orchestre Jeu de Cordes de Givors, Corinne Chevalier (récitante en version française) et Jorge Lorca (version espagnole). Le tout sous la direction de Martine Lecointre, professeure au Conservatoire de Givors et violon solo à l’Orchestre Symphonique Confluences de Lyon sous la direction de Philippe Fournier. La cantate est un genre musical qui apparaît au XX siècle en Amérique latine, sous la forme de cantates populaires qui abordent des thématiques très variées, en particulier politiques et sociales. A l’instar des cantates baroques européennes, il s’agit d’œuvres vocales et instrumentales, avec la présence d’un récitant.  Au Chili les principales cantates ont été composées par Luis Advis : « Cantata  Santa María de Iquique » et « Canto para una Semilla », Sergio Ortega « La Fragua », Gustavo Becerra « Américas » et, bien sûr, Alejandro Guarello avec la « Cantata de los derechos Humanos » et la « Cantata Desde el Quinto Sol ».

L’instigateur de la cantate « Depuis le Cinquième Soleil » est le père dominicain François Biot. Il s’agit d’un hommage à un autre dominicain, Bartolomé de las Casas (1484-1566), missionnaire devenu défenseur des droits des indigènes amérindiens dans la fameuse Controverse de Valladolid. Le texte du poète chilien Stephen Honeyman s’inspire des poèmes aztèques (comme « Fleurs et chants ») et du style occidental des paraboles en lien avec les actions de Bartolomé de Las Casas. La Cantate du Cinquième Soleil est construite sur des thèmes empruntés au plus profond passé culturel des indiens d’Amérique latine, bien avant la conquête.

Edicto GARAY OYARZO

Le CD de la cantate, « Depuis le Cinquième Soleil » est disponible en version bilingue, avec le texte intégral et le récitant en espagnol et en français. Il est possible, pour ceux qui ne pourront pas assister au concert du 24 septembre de se procurer cet enregistrement unique ( 15 euros ) en écrivant à l’adresse suivante : chopoly@orange.fr

Le film chilien « Tout va bien » sort en salles cette semaine

Le film chilien d’Alejandro Fernández Almendras Tout va bien (Aquí no ha pasado nada), présenté à la 66e Berlinale, au 33e Festival Sundance et au Cine Latino de Toulouse ainsi qu’au Festival de San Sebastián, de Beaune et de La Rochelle, vient d’être désigné pour être le représentant chilien pour les prestigieux prix Goya au meilleur long-métrage ibéro-américain. Ce film dont la sortie dans les salles françaises dès cette semaine, s’inspire d’un fait divers qui avait choqué l’opinion publique chilienne en 2013.

Presque trois ans après les faits ayant inspiré le réalisateur, et quelques semaines après sa sortie dans les salles chiliennes, arrive en France le dernier film du réalisateur chilien Alejandro Fernández Almendras. Ce jeune réalisateur s’est déjà fait connaître par ses deux précédents long métrages Huacho et Tuer un homme. En septembre 2013, au Chili, un jeune homme ivre au volant, Martín Larraín, l’un des douze enfants de Carlos Larraín riche avocat, ancien sénateur et, à l’époque, président du parti Rénovation nationale (centre droite), dans sa voiture pleine de camarades aussi ivres que lui, renverse un piéton et s’enfuit. La police identifie le groupe, les conclusions de l’autopsie aggravent encore le cas des jeunes gens : s’ils avaient porté secours au piéton, ce dernier aurait pu survivre. Carlos Larraín, le père proposa d’acheter le silence de la famille de la victime pour 20 000 $. La conclusion du fait divers aurait pu être simple, cependant le chauffard est acquitté.

Après plus d’un an d’enquête et de procédures pour le moins douteuses, Martín Larraín fut acquitté des charges qui pesaient sur lui et ses amis furent déclarés coupables d’obstruction à la justice. Ce fait divers avait profondément choqué la société chilienne ainsi que Alejandro Fernández Almendras qui décide de réaliser Tout va bien. Le film a très vite suscité le soutien de nombreux contributeurs de la campagne de financement participatif (en 45 jours) ainsi que l’engagement d’acteurs de renom, dont Paulina García (Gloria), Luis Gnecco (Neruda) et Alejandro Goic (El Club), et d’une grande partie de l’équipe du film (techniciens, designers, compositeurs et producteurs). L’annonce de sa sortie au Chili fit la une des journaux.

« J’ai toujours été intéressé par la justice ; dans le film, cette idée de justice est liée à beaucoup d’autres sujets. Je suis retourné au Chili en 2007 et les profondes inégalités que j’ai y trouvées m’ont beaucoup heurté », dit le réalisateur Fernández dans un interview à propos de son film qui montre, avec une grande finesse et lucidité, le mode de fonctionnement de la société chilienne et de son élite et surtout les écarts de la justice. Avec Tout va bien le cinéma chilien porte le regard lucide et dénué d’optimisme que les jeunes cinéastes chiliens jettent sur leur société actuelle. « Les gens qui évoluent dans ce milieu considèrent qu’y vivre est ce qu’il y a de plus normal. Aucun d’entre eux n’est conscient ni de l’autre, ni de la place dont il bénéficie dans la société », explique encore le réalisateur. « Ils agissent selon ses convenances, mais ignorent peut-être qui contrôle le monde. Je crois qu’ils ne le font pas par malveillance ou en jouissant de leurs avantages, comme nous aimerions le penser. C’est une idée très réconfortante de penser que la malveillance est visible, évidente et monstrueuse, car cela nous permet de croire qu’il est possible de s’immuniser contre elle », poursuit le cinéaste.

Alejandro Fernandez Almendras, dont Tout va bien est le quatrième long-métrage, fait pourtant le pari d’aborder son histoire par un chemin de traverse s’intéressant peu au chauffard ; son principal protagoniste est l’un des passagers. Le cinéaste s’intéresse surtout à autopsier les dysfonctionnements de la justice de son pays. En 2014, avec Tuer un homme, il décrit les difficultés des plus pauvres à accéder aux services judiciaires. Avec Tout va bien, il approfondit sa réflexion sur un système perverti qui peut garantir l’impunité à ceux qui ont les moyens financiers de se l’offrir. Le réalisateur plante son décor dans les villes de la côte voisines de Zapallar, Cachagua, Maitencillo et La Ligua, au Chili. La nature est luxuriante, avec des magnifiques paysages, plages dorées et réserves naturelles autour de grandes collines forestières où l’on peut observer de belles demeures. La région est depuis toujours un des lieux de villégiature exclusive pour les familles fortunées de la capitale.

Alejandro Fernández Almendras dans son film comme d’ailleurs dans les précédents, évite tout manichéisme et ne se donne pas le droit de placer les protagonistes dans le camp des bons ou dans celui des méchants. Le regard sans complaisance que la talentueuse jeune génération de cinéastes chiliens porte sur la société chilienne pourrait peut-être nous autoriser à rêver qu’un jour, au Chili les choses seront différentes.

Olga BARRY

« Rodéo » est le deuxième film de Gabriel Mascaro,
cinéaste brésilien qui avait obtenu un prix à Locarno 2014 pour Ventos do agosto

Le film « Rodéo » nous fait découvrir l’univers et les coulisses des populaires rodéos de la région du Nordeste brésilien. Dans ce jeu de tradition paysanne pratiqué dans plusieurs pays de l’Amérique latine, les cavaliers doivent mettre un taureau à terre en l’attrapant par la queue. Un de ces héros est Irémar, trentenaire, préparateur des vaches avant leur entrée en piste. Ce dernier partage le quotidien des personnes qui participent dans le camion itinérant qui transporte les vaches de village en village. Le camion leur sert de toit, formant ainsi une véritable famille avec le brave Zé, la belle Galega, ainsi qu’une fillette, Caca.

Irémar se consacre à la confection de vêtements de mode pour les rodéos et les spectacles, il n’est pas attiré par la lutte entre le taureau et les cavaliers. Dans ce genre de western les codes sont déplacés : le masculin et le féminin sont inversés ; ici, c’est Galega qui conduit le camion et qui détient la boîte à outils de la troupe, alors que le très viril Irémar utilise la machine à coudre, rêvant de quitter sa condition pour devenir couturier-styliste. Par ailleurs, les rodéos ne sont pas les mêmes que l’on voit dans les films de Texas. Avec des tissus de récupération, il dessine et fabrique des costumes sexy pour les performances que Galéga donne entre deux rodéos, à mi-chemin entre la chanson électro-pop et le strip-tease.  Le film d’une description quasi-documentaire montre une réalité méconnue en Europe et est illuminé par une photographie très sensuelle. Gabriel Mascaro s’attache à montrer la promiscuité qui règne au sein de cette troupe itinérante, que ce soit entre les adultes, entre eux et la petite Caca, ou entre les humains et les bêtes. Il y a ici une dimension sensuelle et même sexuelle (excessive) du regard de Mascaro. Cependant, ce qui constitue incontestablement l’intérêt majeur du film est celui de découvrir une facette à la fois méconnue et étonnante de la vie au Brésil. Rodéo a obtenu le prix spécial du jury Orrizonti au festival de Venise 2015.

Alain LIATARD

Allo-ciné

Décès à 89 ans de l’artiste-peintre chilien José Balmes

Considéré comme l’un des plus grands artistes latino-américains, le peintre chilien José Balmes est décédé à 89 ans. Né en 1927 en Catalogne, en Espagne, José Balmes faisait partie des passagers du navire Winnipeg affrété par l’ambassadeur du Chili en France, Pablo Neruda en 1939 pour permettre aux Espagnols réfugiés en France suite au coup d’État du général Franco de quitter les camps de concentration où les avait enfermés l’administration française et d’émigrer vers le Chili.

Il réalise ses études supérieures à l’École des Beaux-Arts de l’Université du Chili. En 1947, à l’âge de 20 ans, il reçoit la nationalité chilienne. Il enseigne à l’Université du Chili dont il devient le Doyen de la Faculté des Arts. Dans les années 1970, il soutient activement le gouvernement de l’Unité populaire de Salvador Allende, raison pour laquelle, après le coup d’État du général Pinochet, il doit s’exiler en France où il enseigne la peinture pendant 10 ans à l’Université de Paris Sorbonne. Il rentre au Chili en 1986.

Un artiste engagé dans son temps

Ses peintures sont presque toujours liées à la réalité contemporaine. Ses oeuvres sont souvent proches des événements de son temps, voir ses peintures intitulées « Santo Domingo » après l’invasion de la République Dominicaine par les Marines US en 1965, ou « Vietnam », ou encore « Calama » en mémoire des prisonniers politiques de Pinochet exécutés dans cette ville du nord du Chili et enterrés quelque part dans le désert. Lors de son enterrement, la présidente Bachelet a souligné que son œuvre « brisait les schémas, ouvrait les limites esthétiques et créatives, faisant de la solidarité et du partage une attitude permanente devant la création… »  Pour Concepción Balmes, sa fille, interviewée sur Radio Cooperativa du Chili, « Il a défendu l’art au-delà du marché ou du prix de vente d’un cadre… Il a donné au Chili un legs culturel, de peinture, d’amour, de solidarité… Ce jour est l’hommage de tous les Chiliens, de tous les artistes, pour ensemble penser un Chili plus beau… ». L’association Maison Latina de Grenoble rappelle que l’ancienne fresque du Centre Social Teisseire Malherbe, reproduite dans le monument à Allende sur la Place Salvador Allende et qui a servi d’enseigne pour le Collectif Chili, était une fresque de José Balmes. Pour sa part dans le trimestriel Espaces Latinos de décembre 2015 nous consacrions quatre page à l’œuvre de José Balmes qui le directeur de la publication avait rencontre en avril 2015 à Santiago.

Jac FORTON

Les faits de l’actualité du 14 au 20 septembre 2016 – Le journaliste Agustín Pavía assassiné au Mexique

Photo ANSA – Oaxaca.

Mercredi 14 septembre ǀ BRESIL ǀ Le juge Deltan Dallagnol accuse l’ancien président Lula da Silva d’être « le chef maximum d’une organisation criminelle » dans le cadre du scandale de corruption Petrobras. Il n’a apporté aucune preuve.

Jeudi 15 septembre  ǀ GUATEMALA ǀ Huit mois après son élection, le président Jimmy Morales affronte sa première grande crise suite à l’accusation par le Ministère public d’actes de corruption commis par son fils José Manuel et son frère Sammy Morales.

Vendredi 16 septembre ǀ VENEZUELA ǀ Le pays accueille le 17e Sommet du Mouvement des pays non-alignés (NOAL). Ce mouvement né à Bandung en 1955 pendant la guerre froide, promeut la libre détermination des peuples, l’égalité raciale, religieuse et culturelle entre les nations, et rejette l’utilisation de la force dans les relations internationales. Le Sommet attend une centaine de délégations.

Samedi 17 septembre  ǀ COLOMBIE ǀ  Les anciens présidents colombiens Alvaro Uribe et Andrés Pastrana demandent aux 13 présidents latino-américains ainsi qu’aux représentants de l’Europe de ne pas assister à la signature finale des Accords de paix entre le gouvernement colombien et la guérilla des FARC. Cette cérémonie doit avoir lieu le 26 septembre. Uribe et Pastrana estiment qu’il s’agirait « d’une intromission dans les affaires intérieures du pays », parce que « leur présence serait comprise comme un soutien aux accords ».

Dimanche 18  septembre ǀ MEXIQUE ǀ Assassinat de Agustín Pavia, présentateur de la radio Tu Un Ñuu Savi de la ville de Huajuapan, État de Oaxaca. Après Salvador Olmos en juin dernier, c’est le 2e journaliste  de cette radio à être assassiné en  moins de trois mois. Sa famille dit que c’est probablement à cause de sa lutte pour les droits humains et ses critiques des politiques du gouvernement de l’État et de la municipalité.

Lundi 19 septembre  ǀ NICARAGUA ǀ  Dans une interview à la revue Envio, l’ancien commandant Henry Ruiz appelle à s’abstenir aux prochaines élections parce que « [le président] Daniel Ortega est un transfuge politique… Il faut éviter qu’il consolide sa dictature familiale ».

Mardi 20 ǀ ARGENTINE ǀ Retour du FMI. Le Fonds monétaire international a commencé ses réunions avec le gouvernement Macri. Les gouvernements Kirchner avaient remboursé les dettes du pays et pris leurs distances avec le FMI. Le gouvernement de Mauricio Macri a décidé d’à nouveau suivre ses recommandations économiques.

Guy MANSUY

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