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Le Chili, nouvelle terre d’accueil pour les réfugiés syriens

Le Chili a confirmé ce vendredi l’arrivée de soixante-dix Syriens qui s’étaient réfugiés au Liban dans le cadre d’un programme de réinstallation destiné aux familles victimes du conflit armé en Syrie, soutenu par le HCR.

Photo : El Ciudadano

Les réfugiés syriens – 15 familles, soit 36 adultes et 34 enfants – arriveront au Chili jeudi prochain ; elles constituent le premier groupe sur les 120 personnes victimes de la violence en Syrie qui seront accueillies dans le cadre du Programme de réinstallation des réfugiés syriens, annoncé par la présidente Michelle Bachelet il y a deux ans. L’arrivée de ces familles « représente un défi pour la société chilienne, afin de démontrer la solidarité des Chiliens tendant la main à un peuple qui a souffert d’une cruelle guerre civile », explique Alfredo del Río, coordinateur du programme, dans un communiqué officiel.

Les réfugiés se trouvent actuellement dans différents centres d’hébergement au Liban ; un pays qui a accueilli, depuis le début du conflit, près d’un million de Syriens placés sous la protection du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). « Ces familles ont dû être mises à l’abri afin d’échapper aux conséquences directes d’une guerre et de la violence qu’elle engendre », souligne quant à elle Delfina Lawson à la tête du HCR au Chili.

Les 70 Syriens seront réinstallés au sein des communes de Macul (province de Santiago) et de Villa Alemana (partie centrale du Chili). Dans le but de faciliter leur insertion, ils recevront des cours d’espagnol, seront aidés dans leurs démarches administratives afin de régulariser leur situation, de trouver un emploi et une école pour leurs enfants, le tout sous la tutelle du HCR et du Vicariat pastoral de l’Église catholique. Les 50 Syriens qu’il reste à accueillir le seront, mais aucune date d’arrivée au Chili n’est encore fixée.

Jusqu’en 2015, le Chili a octroyé des visas de tourisme ou de résidence à plus de 300 Syriens. La communauté syrienne au Chili compte 80 000 personnes. En 2008, le Chili a également accueilli 117 Palestiniens qui vivaient en Irak. Actuellement, il n’y a pas de « réfugiés » palestiniens puisque tous ont été nationalisés. La communauté palestinienne au Chili atteint les 300 000 personnes ; ce qui fait d’elle la plus importante à vivre en dehors des territoires occupés par Israël au Moyen-Orient.

D’après EcoDiario,
Traduit par Marlène Landon

Perspectives politiques de la République dominicaine, une place à part parmi les pays des Amériques

La République dominicaine occupe une place à part parmi les pays des Amériques, de par sa position géographique et son histoire mouvementée. Située au cœur de l’archipel caraïbe, elle n’en est pas moins rattachée culturellement à l’ensemble latino-américain avec lequel elle partage nombre de traits, en particulier la langue espagnole. Mais ses liens avec les États-Unis et l’île voisine de Porto Rico sont également très forts.

Deux républiques dans le même espace insulaire

La République dominicaine partage son espace insulaire avec un autre État, la République d’Haïti, qui occupe la partie occidentale de l’île (1). La division de l’île entre deux États, séparés par une frontière de 320 km, constitue une singularité géopolitique et s’explique par l’existence de deux communautés nationales distinctes, l’une issue de la colonisation espagnole, la colonie de Santo Domingo, et l’autre de la colonisation française, la colonie de Saint-Domingue à l’ouest.

La République dominicaine a la chance d’avoir « hérité » de la partie la plus vaste (48 670 km2) et la plus fertile de l’île, avec des plaines aux sols profonds et bien arrosées par les vents alizés. À l’ouest, Haïti est moins bien dotée (27 750 km2), avec des plaines plus étroites. À noter que l’ensemble de l’île est très montagneux. Par contre, les deux versants de l’île sont tout aussi exposés aux risques naturels, aux tempêtes tropicales et aux ouragans qui frappent les côtes et l’intérieur. Le risque sismique est particulièrement grave. Les tremblements de terre ont touché historiquement des régions vastes et peuplées, comme l’ont montré les séismes de Port-au-Prince (en 1751, en 1770 et le tragique tremblement de 2010) et, côté dominicain, les séismes qui ont détruit les fondations coloniales de La Vega (1562) et de Santiago de los Caballeros (1842). On n’ose pas imaginer le prochain grand séisme destructeur.

Les racines historiques de la nation dominicaine

La formation historique de la nation dominicaine sur un laps de cinq siècles montre des ruptures, à la fois pendant la période coloniale et pendant la période nationale. La conquête espagnole à partir de 1492 aboutit à l’extinction rapide des cultures indigènes Arawak et Taïno. Les Espagnols font place nette pour christianiser et coloniser le territoire bientôt dépeuplé. Ils introduisent les premiers esclaves africains pour établir des plantations et édifient un palais et une cathédrale à Santo Domingo, la première fondation urbaine des Européens dans les Amériques. Cependant, l’Audience de Santo Domingo est rapidement négligée au profit des nouvelles conquêtes de Cuba, du Mexique et du Pérou. Les Espagnols ne restitueront jamais le prestige perdu à leur colonie désertée et fréquemment attaquée par les pirates et les flibustiers.

L’indépendance contre trois ennemis

L’indépendance de la République dominicaine a été acquise et gagnée par la force des armes contre trois maîtres, une spécificité dans les Amériques. Contre les Espagnols d’abord, qui étaient surtout avides d’or et d’argent, des minéraux précieux peu présents dans la colonie (2). Les Espagnols, qui avaient laissé leur colonie à l’abandon pendant longtemps, tentèrent tardivement de la reconquérir, obligeant les Dominicains à mener une guerre sanglante de Restauration de la République (1861-1865) pour les chasser définitivement. Contre les Français également qui, pendant les guerres de la Révolution, avaient obtenu le contrôle sur la totalité de l’île par le traité de Bâle (1795). Les Français demeurèrent quelques années dans la partie orientale après leur défaite contre les Haïtiens. Mais ils sont défaits à nouveau sur le champ de bataille de Palo Hincado par une coalition hispano-dominicaine et quittèrent le territoire. Contre les Haïtiens enfin qui, maîtres de leur destin après leur indépendance en 1804, avaient jugé bon d’occuper la totalité de l’île pour des raisons stratégiques et fiscales. À leur tour, les Haïtiens sont chassés de la place de Santo Domingo par un soulèvement de patriotes dominicains le 27 février 1844. Par la suite, Haïti tentera à plusieurs reprises de récupérer les territoires perdus mais, chaque fois, ils sont sévèrement battus.

Des couleurs symboliques

Les symboles patriotiques de la République nous fournissent des indications précieuses sur les éléments d’identité et les références historiques de la nation. Les couleurs du drapeau sont le bleu, le blanc et le rouge disposés en cartel autour d’une croix blanche. On retrouve ici les couleurs de l’étendard de la Révolution française (3), et la devise « Dios, Patria y Libertad » révèle à la fois l’influence chrétienne et les principes de la franc-maçonnerie. Les idéaux d’émancipation et de construction nationale sont clairement marqués dans cette symbolique.

Les occupations du pays et la perte de repères

La jeune nation, fière mais encore peu peuplée, est si fragile dans la deuxième moitié du XIXe siècle, que ses dirigeants veulent la livrer à plusieurs reprises à des puissances étrangères, à la France, à l’Espagne, aux États-Unis… Le pays est secoué par des troubles politiques incessants, des soulèvements, des assassinats politiques. À l’orée du nouveau siècle, les présidents états-uniens Théodore Roosevelt et Woodrow Wilson n’hésitent pas à appliquer une politique de force en intervenant économiquement et militairement, comme ils le font ailleurs dans la Caraïbe. La République dominicaine est occupée une première fois de 1916 à 1924, ce qui entraîne un véritable traumatisme national. Des guérillas rurales combattent l’occupant tandis que des intellectuels font appel à la solidarité latino-américaine. Une deuxième occupation suivra en 1965-1966 à l’époque de la guerre froide. Les bouleversements du siècle, accentués par l’effet délétère de la dictature féroce de Trujillo, qui dure plus de trente ans, ont altéré profondément l’identité du pays.

Entre émigrations et immigrations

Les Dominicains, poussés par des conditions de vie difficiles, ont commencé à émigrer en masse vers les États-Unis et à Porto Rico dans le courant du siècle. Par ailleurs, de vastes flux d’immigration modifient le peuplement du pays. Les autorités recrutent des travailleurs antillais des colonies anglaises et des Haïtiens pour la coupe saisonnière de la canne à sucre, beaucoup restent au pays. Des apports d’immigration proviennent également du Levant (Syrio-Palestiniens), d’Europe (Espagnols, Corses et Français, Italiens), de Chine et plus récemment de la Caraïbe et d’Amérique du Sud (Cubains, Vénézuéliens et Argentins). La tentation de la xénophobie qui se manifeste en particulier par un anti-haïtianisme virulent et par le repli sur le nationalisme, est grande, surtout dans les périodes de difficultés économiques. Par ailleurs, le pays se transforme sous l’effet de l’américanisation et commence à rejeter sa culture populaire, sa cuisine, sa musique, ses lettres. On veut faire croire que le pays a atteint la prospérité et que désormais il faut vivre à l’heure de Miami, conduire des voitures de luxe et dépenser des fortunes dans les fêtes et les voyages… En réalité, les inégalités sociales restent profondes et la pauvreté bien présente.

De nouvelles responsabilités

Le pays se voit attribuer de nouvelles responsabilités au sein de la région Amérique latine – Caraïbes. Il était pauvre de façon immémoriale. Mais il est vrai qu’aujourd’hui, la République dominicaine possède l’économie la plus forte de la Caraïbe insulaire car elle a dépassé l’économie cubaine étatisée et fragilisée par l’embargo nord-américain, et l’économie portoricaine en crise et très endettée. La croissance élevée – au-delà de 6 % sur une décennie – favorisée par l’essor du tourisme, l’exportation de produits agroalimentaires et le développement des services logistiques et commerciaux, offre au pays de nouvelles perspectives et lui donne de nouvelles responsabilités.

Dans le cadre des arrangements régionaux, la République dominicaine fait partie du Système d’intégration centre-américain (SICA) dont le siège est à San Salvador (El Salvador). Cette situation curieuse s’explique par son long isolement diplomatique dans  la région caraïbe et par ses relations tendues avec son voisin haïtien mais n’est peut-être pas la plus rationnelle. Des liens plus forts avec les pays voisins des Petites Antilles et des Grandes Antilles, avec les grands pays d’Amérique du Sud, paraissent souhaitables. Ainsi la République dominicaine pourra jouer un rôle international mais à condition d’affirmer ses valeurs, de respecter scrupuleusement les droits de l’homme, de réprimer la corruption endémique qui a beaucoup nui à l’image du pays. Alors le « petit pays insulaire » cessera d’être un pion sur le grand échiquier latino-américain et pourra sortir des pièges de la dépendance et du sous-développement.

Christian GIRAULT
CNRS Paris

(1) Le nom de l’île révèle les lignes de fracture dans l’Histoire et les tensions contemporaines. Appelée Ayti ou Kiskeya à l’époque précolombienne, elle fut baptisée « Española » (l’île Espagnole) par Colomb. Puis les cartographes adoptèrent le nom de Hispaniola. Au moment de donner un nom à leur territoire libéré, les chefs insurgés de la colonie française de Saint-Domingue choisirent spontanément le nom de Haïti pour marquer le retour aux origines. Quant aux Dominicains, ils l’appellent Santo Domingo.
(2) L’ironie de l’histoire des Caraïbes est que l’or que les Espagnols avaient recherché avec frénésie à l’époque coloniale et pour l’exploitation duquel ils avaient décimé les populations autochtones, a été trouvé cinq siècles plus tard et est exploité au début du XXIe siècle par la firme Barrick Gold dans la grande mine de Pueblo Viejo près de Cotui.   
(3) À noter que l’on retrouve également le bleu et le rouge dans le drapeau haïtien.
 Pour en savoir plus : Panorama sociocultural de la República Dominicana, de José Alacántara Almanzar, 2e édition, 2014, Santo Domingo. Temps d’élections en République dominicaine, Espaces Latinos n° 270, mai-juin 2012, p. 17-20.  La République dominicaine, par Christian Rudel, Karthala, collection Méridiens 2e édition, Paris, 2001.

Quarante ans de foulards blancs des Mères de la place de Mai à la recherche des 30 000 disparus pendant la dictature

Le 21 septembre, les Mères de la place de Mai ont célébré les 40 ans de leur première marche exigeant l’apparition en vie de leurs enfants enlevés par la dictature militaire et dont le sort n’a jamais été connu : ce sont les milliers de disparus de l’Argentine. Le 7 octobre, les Madres ont commémoré les 40 ans de la première utilisation du foulard blanc en pleine dictature ; un foulard qui allait devenir le symbole de leur lutte pour retrouver leurs disparus.

La répression politique de la dictature argentine (1976-1983) était implacable. Les organisations de défense des droits humains estiment à 30 000 le nombre de personnes disparues. On sait maintenant qu’elles ont toutes été torturées puis assassinées et enterrées dans des fosses communes dont on ignore encore les emplacements, ou jetées à la mer, dans le Río de la Plata ou l’océan Atlantique.

« ¿Donde están? » – « Où sont-ils ? »

Le 3 avril 1977, 14 mères de disparus décident de demander une audience au dictateur Rafael Videla, lequel refuse évidemment. Les mères commencent à marcher devant le palais présidentiel sur la Plaza de Mayo pour l’obliger à les recevoir. Il refuse toujours. Alors les mères commencent à tourner autour de l’obélisque de la place tous les jeudis à 15 h 30. Elles s’organisent et fondent l’association « Madres de la Plaza de Mayo« . Le dictateur les appelle « Les Folles ». Et les réprime.

Le traître et assassin Astiz

Un jeune homme bien mis, déclarant s’appeler Gustavo Niño et frère d’un disparu, se met à la disposition des Mères pour les aider. Mais Gustavo est un lieutenant de marine, de son vrai nom Alfredo Astiz, infiltré dans l’association. Le 10 décembre, il monte un raid contre les Mères et enlève douze personnes dont les trois principales responsables, Azucena Villaflor, Esther Ballestrino et Mary Ponce, et deux religieuses françaises, Alice Domon et Léonie Duquet. Toutes disparaissent. On retrouvera le corps de Léonie sur une plage : elle avait été jetée dans l’océan depuis un avion (1)…

Naissance du foulard blanc

Le pañuelo blanco fut une idée de Azucena Villaflor. Le 7 octobre 1977, les Mères décident de participer au pèlerinage annuel de la basilique de la ville de Luján, près de Buenos Aires. Pour se distinguer des pèlerins, Azucena propose que les mères portent un lange blanc de toile sur la tête pour attirer l’attention et se faire connaître. Le lange deviendra vite un foulard maintenant connu mondialement comme un symbole de résistance à la dictature. Bientôt se créent aussi les associations « Mères de la place de Mai ligne fondatrice » et « Grands-mères de la place de Mai » qui recherche les bébés volés par la dictature.

Une répression féroce

À l’occasion de la commémoration de ce 7 octobre 2017, la présidente de l’association rappelle les nombreuses tentatives pour casser l’association en réprimant ses membres. Vols, destructions de domiciles, coups et violences pleuvent sur les Mères. Les militaires sont allés jusqu’à torturer la fille de l’une d’entre elles. Mais « abandonner la lutte, c’est abandonner nos enfants… Nous n’arrêterons jamais de lutter pour savoir ce qu’ils sont devenus ». Une autre Mère reprend un des slogans de sa fille militante disparue : « Donner n’est pas donner ce que tu as en trop ; c’est partager ce que tu as ! » Et d’ajouter : « Comment ne pas lutter pour des gens qui possèdent ces sentiments ? »

2060 rondes

Ce 7 octobre dernier, comme tous les jeudis depuis 40 ans, les Mères ont réalisé leur ronde de l’obélisque. C’était la ronde numéro 2060… Face au palais présidentiel, Hebe de Bonafini, présidente de l’une des trois associations, rappelle que « les présidents Néstor et Cristina Kirchner [les] ont beaucoup aidées… Par contre, le gouvernement Macri [les] traite de revanchardes et de femmes odieuses ». De leur côté, les militaires continuent à respecter l’omerta. Non seulement ils refusent de dire où sont les disparus, mais ils revendiquent leurs actions de terrorisme d’État.

Le jugement d’Astiz

En prison pour crimes contre l’humanité commis pendant la dictature, Alfredo Astiz, surnommé l’Ange blond de la mort, est aujourd’hui jugé pour des crimes commis dans le centre de torture ESMA. Il vient d’affirmer que la disparition de Santiago Maldonado au cours d’un raid de la gendarmerie contre les Indiens mapuches en Patagonie n’est que « la continuation de la lutte contre le terrorisme » que les militaires avaient commencée en 1976. « Il s’agit de la même guerre dans le temps contre la subversion ». Car pour lui, « les Mapuches sont un danger pour la nation ». Donc, les disparitions sont simplement le résultat de la guerre contre le terrorisme. Et ainsi justifiées…

Une place à Paris

Dans le XVe arrondissement de Paris, un parc a été baptisé « Jardin des Mères-et-Grands-mères-de-la-Place-de-Mai ». On y accède par la rue Balard, le quai André-Citroën ou le rond-point du Pont-Mirabeau (métro et RER Javel). Il fut inauguré le 7 avril 2008 en présence des Mères Estela Carlotto et Marta Vásquez, de la présidente argentine Cristina Kirchner, du maire de Paris Bertrand Delanoë et du maire du XVe, Philippe Goujon. Pour ne pas oublier… Peut-on vraiment parler de réconciliation avec des gens comme Astiz ? Tant que l’on ne saura pas ce que sont devenus les milliers de disparus, la lutte pour la vérité et la justice est la seule qui importe. Pour ces trois associations… Respect !

Jac FORTON

(1)  Pour ces assassinats, Alfredo Astiz a été jugé en absence en France et condamné à la perpétuité en 1990. En 2011, pour crimes contre l’humanité, il a été condamné à la perpétuité en Argentine. En 2005, la mairie de Paris a attribué le nom d’une rue aux deux religieuses, dans le XIIIe près de Bercy.

Le 22 octobre prochain, élections législatives décisives en Argentine

Les Argentins se préparent à renouveler, le 22 octobre prochain,  un tiers de la Chambre de sénateurs et quasi la moitié de la Chambre de députés pour les périodes 2017-2027 et 2017-2021 respectivement.

Photo : Prensa Camara de Diputados

La situation sociale de l’Argentine, toujours en fragile équilibre malgré les espoirs suscités par l’élection à la présidence du parti Cambiemos (Changeons), a entraîné ainsi une forte bipolarisation du pays et d’une classe politique compromise dans la stratégie de développement proposée par les deux camps majoritaires.

Ces élections législatives revêtent donc un double intérêt tout particulier, surtout après les résultats inattendus des « élections Primaires, Ouvertes, Simultanées et Obligatoires » (Paso) qui ont eu lieu le 13 août dernier. Alors que le résultat des primaires devait renforcer le programme de reformes du président Mauricio Macri, la candidate du Frente para la Victoria marque incontestablement des points forts. En effet, le même soir, le scrutin provisoire donnait une marge de victoire d’environ six points à l’actuel président, mais grande a été la surprise lorsque, deux semaines plus tard, le scrutin officiel proclamait que l’ex-présidente et candidate de sénatrice Cristina Fernández de Kirchner avait gagné par 0,21 % des voix.

Nous assistons donc à un retour en force du mouvement kirchnériste, qui incarne le modèle populiste issu du péronisme, bien que pour beaucoup d’Argentins, l’ex-présidente évoque surtout une époque dépassée maculée de corruption et de gaspillage des richesses nationales. Pendant la campagne, Cristina Kirchner a dit aux citoyens que de leurs voix « dépendent la validation d’une démocratie précarisée, d’un état de droit très sévèrement détérioré… C’est pour cela que je vous propose de travailler pour les rêves, les espoirs, les illusions, le travail et les libertés, pour le droit et la démocratie. En synthèse compatriotes, pour la patrie, pour le peuple et par le peuple ». Certes, ces législatives suscitent beaucoup d’espoir, surtout pour Mme Kirchner, car une fois élue sénatrice, elle ne pourra pas être poursuivie en justice. Sur ce point, l’enquête menée par le juge Claudio Bonadio n’est pas négligeable, car il a récemment convoqué la candidate péroniste pour qu’elle s’exprime au sujet de la « cause AMIA association mutuelle israélite argentine : on soupçonne l’ex-présidente de complicité avec l’Iran lors de l’attentat du centre israélite de Buenos Aires le 18 juillet 1994.

Cristina Kirchner devra déclarer le 26 octobre, soit quatre jours après les législatives, à l’issue desquelles elle sera très certainement élue sénatrice, ce qui lui confère automatiquement l’immunité parlementaire. « Ce cas-là (sa relation avec le terrorisme iranien) est de loin le plus grave que n’importe quelle des autres causes de corruption qui pèsent sur Cristina », a déclaré Elisa Carrió, leader de Coalición Cívica et sa plus fervente opposante. « Cette fois, il s’agit de démontrer sa connivence avec un pays terroriste ayant pour but de commettre l’attentat contre la AMIA, et la mort d’un procureur (Alberto Nisman*) au milieu de tout ça. On pourra l’accuser de trahison à la patrie ». Et Carrió d’ajouter : « La pression internationale sera insoutenable si la justice annonce sa mise en examen, alors on pourra la priver de son immunité parlementaire. »

Entre temps, de la part du président Mauricio Macri, l’ambiance semble propice pour les candidats de Cambiemos. L’économie argentine a commencé à bouger dans le bon sens, au moins aux yeux du FMI, qui prévoit une croissance de 2,5 % pour l’année 2017, avec une inflation annuelle de 22, 3 %. Ce sont des chiffres encourageants, si l’on tient compte des 30 % d’inflation mensuelle qui ont ravagé l’Argentine pendant des très longues périodes de mauvaises gestions administratives alternées par des crises politiques majeures depuis des décennies.

En attendant le résultat des élections qui auront lieu le 22 octobre, on pourrait citer, dans ce contexte politico-judiciaire, un ancien ministre péroniste qui, dans les années 1990 avait déclaré : « Si l’on arrêtait de voler pendant deux ans, l’Argentine serait le pays le plus riche du monde. »

Eduardo UGOLINI

 * Le procureur Alberto Nisman a été retrouvé mort à son domicile le 18 janvier 2015, quelques jours avant de rendre publiques des informations très embarrassantes pour le clan kirchnériste : selon lui, l’ex-présidente avait fait signer un accord avec l’Iran afin de bloquer les demandes d’Interpol concernant les arrestations des terroristes iraniens impliqués dans l’explosion de l’AMIA.

Des dizaines de milliers de voix mais une seule question : « Où est Santiago Maldonado ? »

Deux mois après sa disparition aux mains des gendarmes, Santiago Maldonado n’a toujours pas réapparu. Les mensonges et accusations ridicules du gouvernement. L’irrespect de la loi sur les droits des communautés indigènes. Des manifestations partout en Argentine mais aussi à Paris.

Le 1er août dernier, le juge Guido Otranto ordonne à la gendarmerie de dégager la route 40 à hauteur de Leleque en Patagonie, bloquée par une quinzaine de manifestants en grande majorité mapuches qui protestent contre l’arrestation d’un des leurs et contre l’usurpation de leurs terres par des grands propriétaires terriens dont l’italien Benetton. La gendarmerie en profite pour envahir les terres mapuches dans le but avoué de « capturer ces Indios de merde », comme le dit un des gendarmes qui ont dans leurs besaces une belle réserve d’épithètes insultantes vis-à-vis des Indiens.

Indiens et grands propriétaires terriens

Dans un jugement répondant à une demande de protection de la communauté mapuche de Raquithue, la juge fédérale de Zapalá Silvina Dominguez rappelle que « l’État n’a pas concrétisé la reconnaissance due de la propriété communautaire qu’ont les peuples préexistant à l’État argentin… alors que leurs droits ont été consacrés dans la réforme constitutionnelle de 1994 ». De fait, l’article 75 de la Constitution, l’article 18 du Code civil et commercial ainsi que la Convention 169 de l’Organisation internationale du Travail (OIT) rappellent que « les communautés indigènes ont le droit à la possession et propriété communautaire des terres qu’elles occupent traditionnellement ». Les nombreux conflits en cours en Argentine (et au Chili) ont pour cause les revendications de terres indigènes que les Mapuches déclarent avoir été occupées ou annexées par des grands propriétaires terriens. Benetton possède 900 000 ha de terre en Argentine dont plus de la moitié justement à Leleque. La loi 26.160 interdit depuis 11 ans les expulsions de terres occupées par les Mapuches dont le titre de propriété est sujet à un litige judiciaire. Elles ont pourtant lieu… Pour un responsable mapuche, « la police de Leleque ne travaille pas pour l’État mais pour Benetton… ».

Les faits sur la disparition

Lorsque les gendarmes entrent illégalement dans le Lof (Communauté mapuche) Cushamen, armés d’escopetas qui tirent des billes de métal, les manifestants se dispersent. Plusieurs gendarmes poursuivent l’un d’entre eux qui court jusqu’au rio Chubut ; des témoins l’identifient comme Santiago Maldonado et disent avoir vu les gendarmes emmener leur prisonnier vers un véhicule. Depuis, Maldonado a disparu.

Les fausses pistes du gouvernement…

Le gouvernement, sans même attendre l’enquête, essaie immédiatement d’innocenter la gendarmerie. Première fausse piste : Maldonado était à Epuyén (une ville proche de Leleque) où il a été blessé – si ce n’est pas tué – par couteau lors d’une manifestation. Mais l’ADN du sang sur le couteau ne correspond pas à celui de la famille. Deuxième fausse piste : Maldonado n’était même pas présent sur la N 40. Mais des photos montrent qu’il l’était et de plus, on a retrouvé son bonnet sur les lieux. Autre fausse piste : il s’est noyé dans la rivière. Mais la profondeur de l’eau à cet endroit ne dépasse pas le demi-mètre, il n’y a pas de courant et l’eau est encombrée de mille branches d’arbre. Les plongeurs de la Préfecture navale estiment qu’il est impossible qu’un corps soit emporté par les eaux car il serait resté bloqué sur place. Autres hypothèses lancées par le gouvernement, Maldonado se cache (ce qui a motivé plusieurs raids extrêmement violents dans plusieurs communautés mapuches, sans succès), ou il  a été assassiné et enterré par… les Mapuches eux-mêmes ! Dernière trouvaille, le gouvernement fait circuler une rumeur selon laquelle « il n’est pas impossible qu’un gendarme ait commis un excès », ce qui innocenterait la gendarmerie en tant qu’institution.

… et ses mensonges

Le gouvernement fait circuler de fausses « informations » : Maldonado aurait été vu dans des dizaines d’autres endroits dans tout le pays… Ces racontars sont évidemment repris main sur le cœur par la grande presse argentine très favorable au gouvernement. Mais aucune preuve… Ou encore : les Mapuches ont coupé des branches d’arbre sur la rivière pour empêcher toute reconstitution, alors qu’une photo montre le gendarme Emmanuel Echazu remonter de la rivière ce jour-là avec les branches déjà coupées bien apparentes derrière lui. Autre rumeur : les Mapuches et la famille de Maldonado posent des obstacles à l’enquête, alors que Sergio, le frère de Santiago, exige depuis le début que le juge scrute les véhicules policiers ; il ne le fera que 10 jours après la disparition, ce qui a donné le temps aux policiers de complètement nettoyer tous leurs véhicules…

Anomalies dans le comportement du gouvernement

D’abord, il bloque l’arrivée d’un groupe d’experts des Nations unies qui se proposait d’aider l’enquête. Le ministre de la Justice, Germán Garavano, avait donné son accord mais avait dû reculer devant une décision prise par le chef de cabinet du président Macri, Marcos Peña. Selon le journal La Nación du 24 septembre, « Peña cherche une sortie qui préserve la ministre de la Sécurité Patricia Bullrich et n’affecte pas le parti du président lors des élections parlementaires d’octobre ». Autre anomalie : alors que l’État ne fait pas partie des protagonistes de cette enquête, on découvre que trois fonctionnaires du ministère de la Sécurité envoyés par la ministre Bullrich (Pablo Noceti, Daniel Barberis et Gonzalo Cané) ont accès aux informations du juge Otranto alors que l’avocate de la famille Maldonado, Verónica Heredia, se le voit refuser ! Pour dévier l’attention, le gouvernement accuse le « kirchnérisme » de vouloir lui nuire comme si ce qui s’est passé à Leleque avait été mis sur pied par les partisans de l’ancienne présidente Cristina Kirchner…

Le juge Guido Otranto écarté

Le CELS (Centro de Estudios Legales y Sociales) et la famille Maldonado déposent devant la justice fédérale une demande de récusation du juge Otranto pour « manque d’impartialité ». La Chambre fédérale répond que « il n’y a ni inimitié manifeste ni manque d’impartialité dans les décisions du juge mais peut-être une apparence d’impartialité » suite à deux interviews du juge par le journal La Nación dans lesquelles il estime que « il ne faut pas inclure les gendarmes dans l’enquête » et que Maldonado « se serait noyé » dans le rio Chubut ; cette dernière opinion étant une reprise d’une des fausses pistes promues par le ministère de la Sécurité. Mais pour la Chambre, cela « motive et justifie la méfiance des plaintifs… Le juge doit maintenant s’abstenir de participer à l’enquête ». Il est remplacé par le juge Gustavo Lleral.

Des manifestations monstres

Début septembre, une grande manifestation rassemblant des milliers de personnes avait crié : « Où est  Santiago ? ». Le 2 octobre dernier, ce furent plusieurs  dizaines de milliers de manifestants qui criaient la même question sur la Plaza de Mayo, en présence, symbole fort, de représentantes des Mères et Grands-Mères de la Plaza de Mayo.

Des Français manifestent leurs solidarité

Un communiqué a été signé par un groupe de personnalités françaises exigeant au gouvernement argentin la réapparition de Santiago Maldonado en vie. Parmi eux, Olivier Besancenot, le vice-président de France Amérique latine Frank Gaudichaud, la députée Danièle Obono, et l’universitaire Jean Baptiste Thomas. Selon ces personnalités, « l’avant-veille de cette disparition, des perquisitions étaient conduites contre des locaux de partis politiques de gauche à Córdoba en raison de liens avec la résistance mapuche qualifiée de ‘terroriste’ par les autorités alors que des membres du gouvernement continuaient à véhiculer l’idée selon laquelle Maldonado ‘serait passé à la clandestinité, voire été assassiné par les Mapuches’… » Près de la Tour Eiffel, Estela Carlotto, Grand-Mère de la Plaza de Mayo, accompagnait des membres de la communauté argentine en France avec des panneaux posant toujours la même question : « Où est-il ? ».

Jac FORTON

Cette vidéo de 9 minutes résume assez bien la situation.

Lenín Moreno, « le président de la paix, du dialogue, de la transparence et de l’égalité sociale » aux Nations unies

Les axes principaux de l’allocution du président équatorien devant la 72e Assemblée générale des Nations unies (ONU) et lors de la séance d’ouverture de la 41e réunion ministérielle de la plénière du G77 + Chine le 22 septembre, ont été les migrations, la corruption, les inégalités sociales, le développement des pays défavorisés et le changement climatique.

Photo : Ecuavisa

Le président Lenín Moreno est perçu comme un président conciliateur, tant devant l’ONU qu’au sein de son pays. Son discours aux Nations unies a été jugé avant-gardiste, en proposant la paix et le dialogue. En référence aux migrations, il a déclaré : « Nous sommes de plus en plus interconnectés, la mobilité humaine enrichit les peuples et contribue à lutter contre la xénophobie. Les murs aux frontières ne sont pas une solution ».

 Les injustices

Il a fermement insisté sur la nécessité de freiner les abus des paradis fiscaux, tout en soulignant que « l’élimination de la pauvreté et des inégalités exige des décisions politiques pour s’attaquer à la distribution injuste des richesses et de l’exclusion ». Pour lui, chaque dollar perdu dans l’évasion fiscale représente moins de ressources pour financer le développement des pays. Il a condamné les inégalités dans un monde où huit familles ont plus de richesses que le reste de l’humanité.

Le changement climatique

À propos du changement climatique, qui cause des catastrophes dévastatrices, il a invité les pays polluants de la planète à assumer leur responsabilité, et à veiller sur les communautés autochtones qu’il faut écouter, puisqu’ils sont les gardiens de la nature. Pour lui, « La décision collective permettra de construire un monde plus humain et plus juste ». Par ailleurs, il a critiqué le blocus économique contre Cuba imposé par les États-Unis et a demandé de respecter la non-ingérence dans les pays.

Lutter contre la corruption

En parallèle de cette assemblée, la ministre des Affaires étrangères, MarÍa Fernanda Espinosa, et le directeur général de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), Yuri Fedotov, ont signé un accord de coopération pour la prévention et la lutte contre la corruption, en travaillant sur trois axes : le renforcement de la lutte mondiale en faveur de la transparence et contre la corruption, l’échange de bonnes pratiques avec la conception d’indicateurs sur la corruption qui pourraient être appliqués par les tous les pays, et des mesures de prévention et d’éducation pour lutter contre la corruption.

ONU Femmes

À signaler que l’épouse du président, Rocío González de Moreno, a rencontré le directeur général d’ONU Femmes, Phumzile Mlambo-Ngcuka, qui a approuvé la proposition de loi présentée par l’exécutif équatorien, loi qui devrait être votée en novembre, contre  la violence sexuelle. En plus de lutter contre la violence sexiste, la législation proposée vise à réduire les féminicides, un fléau présent en Amérique latine et dans le reste du monde.

Des réformes pour renforcer la démocratie au sein de son pays

Ce président conciliateur a confirmé l’appel à une consultation populaire, dont il présentera officiellement le contenu le 2 octobre prochain, et a invité ses concitoyens à faire connaître leurs sujets d’intérêt avant le 26 septembre. Il avait déjà lui-même proposé d’aborder les réformes visant à renforcer la démocratie. L’opposition appelle à des changements dans le domaine de la justice, dans la loi sur la communication qui a sévèrement puni de nombreux médias depuis 2013, et s’interroge, entre autres, sur la réélection présidentielle indéfinie et sur la suppression définitive du CPCCS, le Conseil de la participation citoyenne et du contrôle social ou cinquième pouvoir, fondé par L’ancien président Rafael Correa. Moreno s’est félicité  « qu’un dialogue sain sur les questions ait été ouvert ». Il a remercié le soutien reçu pour sa proposition de consultation populaire. Selon El Ciudadano, les axes de la consultation porteront sur une plus grande participation des citoyens aux décisions nationales, sur des changements politiques visant à améliorer la démocratie, sur la transparence dans le choix des autorités de contrôle et sur le renforcement de l’équilibre entre les fonctions de l’État. Depuis son arrivée au pouvoir, Moreno, bien plus conciliant, s’éloigne de plus en plus de  son prédécesseur, Correa, et tend vers un consensus national.

Catherine TRAULLÉ

Pour la deuxième fois en trois mois, le président brésilien Michel Temer accusé par le procureur général

Deux nouvelles affaires frappent le président Michel Temer : la police fédérale a découvert dans une maison appartenant à un membre de son parti proche de lui des billets de banque pour une valeur de 16 millions de dollars, et un financier déclare que Temer a reçu plus de 4 millions de dollars en pots-de-vin et qu’il a acheté des députés pour qu’ils votent la destitution de l’ex-présidente Dilma Rousseff.

Photo : Guasabaraediciones

Première accusation

En juin dernier, le président de fait Michel Temer avait été accusé de corruption passive par le procureur Rodrigo Janot. Réponse de Temer : une demande à la Cour suprême (CS) pour que le dossier soit retiré des mains de Janot ! Mais, sur 11 juges, 9 votèrent contre Temer et la CS déclarait l’accusation de Janot « recevable », ce qui obligeait la Chambre des députés à voter la levée de son immunité parlementaire. Les alliés du président à la Chambre firent échouer cette procédure. Temer n’était pas trop inquiet car le procureur Janot arrivait en fin de mandat et devait donc abandonner le dossier Lava Jato (fraude et corruption). Et c’est le président qui pouvait désigner son successeur. Il choisit Raquel Dodge qu’il pensait plus compréhensive envers le gouvernement…

Les porteurs de valise du président

Il est de plus en plus évident que pour destituer Dilma Rousseff et prendre le pouvoir, Temer et sa clique de députés corrompus du Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB, droite) ont acheté le vote de nombreux parlementaires. La police a découvert les porteurs de valises pleines d’argent. Déjà en mars dernier, Rodrigo Loures, conseiller spécial de Temer, avait été filmé (puis détenu) portant une mallette contenant 165 000 dollars reçus de l’entreprise JBS. Un juge compréhensif lui concéda la détention à domicile ce qui garantissait son silence. Début septembre, la police fédérale de Salvador de Bahia découvre neuf valises et sept cartons contenant 16 millions de dollars en beaux billets verts au domicile de Geddel Vieira Lima, un proche du président, chargé de remettre l’argent aux membres des autres partis pour qu’ils votent avec le PMDB.

Deuxième accusation

Avant de quitter son poste, le procureur Janot lance une deuxième accusation contre Michel Temer. Selon son enquête, « Temer dirigeait une association illicite » qui avait reçu 175 millions de dollars qui proviendraient de pots-de-vin reçus de diverses entreprises pour arranger de juteux contrats entre elles et Petrobras (Pétrole du Brésil). La défense du président repose sur un article de la Constitution qui dit qu’un président ne peut être l’objet d’une procédure judiciaire que pour des faits ayant eu lieu pendant son mandat. Or les « achats » de parlementaires ont eu lieu avant les élections, pour qu’il devienne président et non lorsqu’il était devenu président… Quand cynisme rime avec légalisme. Après que la Cour suprême a de nouveau voté contre le président (6 voix contre 5), la parole est maintenant au Congrès. Le 27 septembre, la députée Mariana Carvalho a lu le texte de l’accusation réalisée par le procureur général Janot devant les parlementaires. Le vote du Congrès aura lieu la semaine prochaine.

Des élections incertaines
Si le Congrès rejette à nouveau la levée de son immunité, le président pourra très probablement se maintenir au pouvoir jusqu’aux élections d’octobre 2018. Garder le pouvoir semble très problématique pour la droite. D’abord parce que (presque) toutes ses personnalités sont en prison, suspectées ou mises en examen pour corruption, ensuite parce que tous les sondages montrent que le gagnant probable serait l’ancien président Lula da Silva. Il faut donc l’empêcher de se présenter. La justice a l’air de vouloir se charger de cette tâche : le juge Sergio Moro a condamné Lula à 9 ans de prison pour un délit pour lequel il n’a apporté aucune preuve. Lula a fait appel, on attend le verdict de la Cour.

Bruits de bottes ?

Si les coups d’Etat militaires ne sont plus nécessaires pour faire tomber un gouvernement (1), les militaires ne sont jamais très loin. Le 26 septembre 2017, le général (4 étoiles en activité) Antonio Mourao appelle « à un soulèvement militaire s’il n’est pas mis fin à la corruption… pour refonder le système politique » avec « de nouveaux leaders ». Son supérieur, le chef de l’armée, général Villas Boas, l’a félicité, ce qui signifie que les hauts gradés sont d’accord avec lui. Pour eux, il s’agirait de « garantir la stabilité institutionnelle ». On se rappelle que pour les militaires, la présidente Dilma Rousseff était une subversive et que, tous les 31 mars, le Club militaire évoque la période « aimable » de 1964 à 1985 (la dictature) « qui a permis la croissance économique » (2). Invité sur TV Globo, Villas Boas fut reçu par de chauds applaudissements du public à la demande de l’animateur ce qui montre la position de cette chaîne (radio, TV et papier).

Coup d’État militaire en 2018 ?

Villas Boas fait courir le bruit que « la Constitution contemple l’irruption des militaires si le pays était submergé par le chaos », une fausse « information ». Un Lula vainqueur en 2018 et pas de leader dans les partis de droite pourrait-il être considéré comme une forme de chaos par l’armée ? C’est ce que semble craindre le PT (Parti des travailleurs) de Lula da Silva qui se dit « préoccupé » et affirme que « la société doit garantir la démocratie ». C’est aussi ce que pense le célèbre théologien Leonardo Boff pour qui « le nouveau régime a donné lieu à une démocratie de très basse intensité ». Villas Boas ne vient-il pas d’appeler les juges à « écarter de la vie publique toute personne impliquée dans des actes de corruption » ? Il ne visait pas les Cunha, Loures, Vieira ou les députés « achetés », bien sûr, mais bien Lula qui attend toujours que la justice présente des preuves matérielles de sa soi-disant collusion avec une entreprise…

Jac FORTON

(1) Voir les coups d’État politiques au Venezuela en 2002, au Honduras en 2009, au Paraguay en 2012 et au Brésil en 2016. (2) Publié par le journal argentin Pagina12 en ligne le 26 septembre 2017.

Cinq mois après avoir quitté son poste, l’ex-président équatorien Rafael Correa déjà de retour en politique ?

Cela fait à peine plus de 5 mois que l’ex-président socialiste Rafael Correa a quitté son poste pour laisser place à son successeur Lenín Moreno. Ce dernier, suite à l’annonce de la retraite politique de Correa, représenta la coalition de gauche Alianza País aux élections présidentielles. Ancien vice-président de Correa lui-même de 2007 à 2013, il remporta l’élection avec 51,16 % des voix face au candidat conservateur Guillermo Lasso.

Photo : egalitetreconciliation

Actuellement, dans un contexte d’instabilité politique régionale avérée, l’ancien président Rafael Correa (retiré depuis le 10 juin en Belgique) pourrait faire son retour en politique et ainsi engendrer un climat d’incertitude politique, pouvant débucher sur une crise. En effet, dans le cadre d’une conférence sur l’éducation qu’il donna en Colombie, Rafael Correa attaqua ouvertement son ex-collaborateur aux micros de l’AFP, en le qualifiant de  »médiocre » et de  »traître ». Selon lui, le programme politique de Lenín Moreno se dirige progressivement vers celui de l’opposition conservatrice, remettant en cause le travail réalisé par Correa, notamment dans le secteur économique.  »C’est pire que si l’opposition avait gagné » ajoute-t-il. Puis les tensions bondirent entre les deux hommes lorsque Moreno mit sur la touche son vice-président Jorge Glas, alors principal allié de Correa. Glas est accusé de corruption dans le scandale de l’entreprise brésilienne Odebrecht, qui affecte l’ensemble des pays latino-américains.

Révolté par les accusations et la  »trahison » dont Correa se dit victime, celui-ci affirme :  »S’ils continuent à détruire ce que nous avons gagné, nous allons impulser la création d’une assemblée nationale constituante, et si cette assemblée est créée, je devrai revenir comme candidat ». Cette annonce a résonné comme une bombe politique internationale. Dans la pratique, cette assemblée constituante permettrait d’organiser de nouvelles élections, de faire chuter le gouvernement actuel et ainsi porter une nouvelle fois Correa aux rênes du pouvoir en 2021, dernière année de mandat de son successeur.

Léopold MOLLARD

Raúl Florcita Alarcón : « J’ai décidé de vivre jusqu’à cent ans et cette candidature fait partie de mes projets »

Pía Figueroa, codirectrice de Pressenza, humaniste de longue date et auteure de plusieurs monographies et livres, a interviewé Raúl Florcita Alarcón, candidat humaniste du Frente Amplio aux prochaines élections présidentielles et législatives chiliennes de novembre, qui postule à un siège au parlement pour Curicó. Elle explique son choix : « Du simple fait de le voir, toujours si énergique et souriant, me reviennent en mémoire plusieurs situations caractérisées par son courage politique et son génie musical, depuis qu’il s’était présenté vêtu d’un smoking et de l’écharpe présidentielle au festival de Viña du temps de Pinochet, jusqu’aux innombrables fois au cours de la campagne pour le « Non » sur le plébiscite, où il nous a fait chanter et danser sa fameuse ‘Valse du Non’  pour dépasser la peur, en passant par la campagne à la députation qu’il a faite à Villarrica, et tant d’autres odyssées auxquelles je l’ai vu participer avec un fort engagement politique et l’incroyable intuition que requiert le moment ».

Photo : Rockvivo

 Comment perçois-tu le moment actuel ?

Je le perçois comme étant caractérisé par une éclatante transparence, à tel point qu’il y a des personnes qui ne veulent plus rien savoir, car elles ne savent pas comment éviter la violence que leur occasionne toute cette information. Savoir que l’argent seul est ce qui dirige la planète, c’est constater que ce n’est pas l’être humain qui est responsable de son avenir. La seule chose qui puisse donner des lignes directrices c’est de se réfugier au sein d’une nouvelle mystique spirituelle où « l’ensemble qualifierait l’individu » mais pas n’importe quel ensemble. C’est l’ensemble qui grandit silencieusement comme la réponse à une demande profonde du simple être humain, comme une étincelle silencieuse qui croît, ce n’est pas le politique, c’est le spirituel depuis lequel nous est donné l’enthousiasme de déclarer pour tous paix, force et joie.

Penses-tu que l’indifférence qui a éloigné 64 % des Chiliens des derniers processus de vote sera maintenant ébranlé de quelque manière et contribuera à ce qu’un plus grand nombre de personnes aillent voter ?

Ceci réussira dans la mesure où de fortes pointes d’inspiration se présenteront au « politique », et que les politiques puissent projeter de manière créative un futur aimable et bienveillant. Si cela se passe comme ça, les cœurs s’enthousiasmeront et de cette façon des électeurs endormis peuvent se réveiller et produire un réel impact. Cela dépend aussi du fait que notre Frente Amplio ait en interne, une relation respectueuse des groupes mais aussi des individus qui s’expriment de manière inhabituelle, obtenant en interne cette même dynamique.

Quels sont les espoirs suscités par le Frente Amplio, et quelles possibilités vois-tu pour la candidate à l’élection présidentielle, Beatriz Sanchez, au second tour ? 

Une très bonne possibilité en la personne d’une femme ignorant la mauvaise façon de faire la politique et dotée d’une forte impulsion de nouveauté et d’énergie, qui propose un puissant futur, avec de grandes possibilités de contaminer internement nos politiciens et de les convertir vraiment en nouveaux politiciens et de placer les Chiliens désillusionnés face à une nouvelle opportunité d’ouverture vers de radieux futurs !

De quelle manière abordes-tu ta campagne et te déploies-tu dans ton territoire d’origine pour rejoindre le Parlement ? 

Le contact est lancé via les réseaux Internet pour lancer la campagne et apparaître d’ici peu davantage sur ces terres avec des groupes importants de commandos jeunes et enthousiastes et, avec cette jovialité et cette énergie, arriver en saluant la Paix, la Force et la Joie pour tous !

Quelle signification revêt pour toi le fait de te présenter justement dans le lieu où tu es né et où tu as grandi ?

Il y a une forte composante de re-rencontre avec mon enfance et ma jeunesse d’étudiant à l’école N°1, après ma chère école normale de Curicó où nous ont reçus de nombreux jeunes professeurs du Maule. Rencontrer aussi mes débuts artistiques avec ma mère comme puissant guide et me remémorer aussi mes premiers pas en spiritualité dans les groupes de jeunes qui étions alors des partisans du catholicisme, bien que je conserve de lui la mystique dont je remercie les pères Villalón et Mansi, que j’admirais, quoique je ne participe plus de cette église à présent. D’une manière générale une expérience que, de plus, j’ai besoin de compléter.

Si tu es élu député, quels sont pour toi les projets les plus importants à encourager ? 

C’est très clair : j’encouragerais l’ensemble des lois que nous proposons en tant que Frente Amplio, c’est-à-dire NO+AFP [Non aux retraites privatisées, NdR], Assemblée constituante, loi sur l’eau, récupération du cuivre, etc… et de plus j’aimerais ajouter d’autres lois que proposa le candidat potentiel Alberto Mayol, qui me semblent aussi très intéressantes comme par exemple, la construction d’un train traversant tout le pays, ou une loi contre le centralisme, et aussi celle qui permet d’exproprier 20% des entreprises stratégiques, ce qui ralentira les probables collusions et l’évasion des impôts face à un système de lois intentionnellement inefficaces en matière de contrôles.

Que t’inspire cette énième aventure, qui te donne l’énergie que tu déploies ? 

Ces dernières semaines, j’ai composé une chanson pour les 103 ans de l’antipoète chilien Nicanor Parra, intitulée « Nicanor aime la vie, il aime créer, il aime écrire…de la poésie. A Nicanor 100 ans de vie dans l’artisanat quantique du mot ». Je te donne le lien, comme ça tu peux le publier. Cette reconnaissance du poète à la vie m’a incité à suivre ses traces, alors, j’ai décidé aussi de vivre jusqu’à 100 ans, et cette candidature fait aussi partie des projets à réaliser dans cette temporalité. Évidemment poursuivre avec de nouvelles chansons, que certains amis connaissent comme « oraisons radioactives chantées pour engager les athées dans des requêtes spirituelles » auxquelles certains athées avons droit. Je me déclare totalement responsable de ce nouveau défi, vivre jusqu’à 100 ans, dans la paix, la force et la joie.

Propos recueillis par
Pia FIGUEROA
Traduit de l’espagnol par Ginette Baudelet

Pour une histoire des relations culturelles des Amériques au XXe siècle

L’Institut d’Études Transtextuelles et Transculturelles (IETT) de l’Université Jean-Moulin de Lyon sous l’initiative de Símele Soares Rodrigues, Maître de conférences et de Julie Sylvestre coordinatrice du laboratoire IETT, propose un colloque international sur les relations entre les pays du continent américain et aussi les relations avec l’Europe. Ce colloque aura lieu les mercredi 27 et jeudi 28 septembre prochains sur inscription obligatoire.

S’inscrivant au carrefour de l’histoire (culturelle, politique et des relations internationales) et des études culturelles des pays américains, ce colloque multidisciplinaire se propose de réunir des spécialistes, qu’ils soient doctorants ou chercheurs confirmés, en histoire, sociologie, musicologie, sciences politiques, ou tout autre discipline des sciences humaines et sociales, autour de l’écriture d’une histoire des relations culturelles des Amériques au XXe siècle.
 Dans le sillage de la réflexion ouverte par Pierre Milza autour des « forces profondes » culturelles qui existent entre la politique internationale et les phénomènes de mentalité, et tant d’autres études françaises ou anglophones mettant en exergue l’importance de la culture dans les relations internationales (Robert Frank, François Chaubet, Alain Dubosclard, Ludovic Tournès, J. Manuel Espinosa, John Matthew Mitchell, Akira Iriye, entre autres), ce colloque international se propose de mettre en débat des études développées par des spécialistes de pays américains. Il adoptera une perspective transnationale.

Cette rencontre permettra de réaliser une première cartographie des relations culturelles bilatérales, multilatérales et transnationales des trois Amériques, en privilégiant celles établies avec/entre les pays du Cône Sud (Argentine, Brésil, Chili, Uruguay, Paraguay). Les pays du cône Sud seront le pôle géographique central, mais non exclusif, de ce colloque. Les trois axes/objets d’études principaux sont : 1) les « décideurs » culturels, à savoir les acteurs ou médiateurs aussi bien de la diplomatie culturelle officielle que des associations privées ou instituts culturels ; 2)  les lieux et espaces de rencontres : théâtres, galeries d’art, musées, centres
binationaux, salons d’humour, etc. ; 3)  les politiques ou programmes culturels (la danse, le théâtre, les arts plastiques, la
musique, les échanges académiques ou intellectuels) mis en place dans des contextes historiques précis, par exemple, la Guerre froide.

On s’interrogera également sur l’usage de la culture, au moins dans trois aspects centraux : le premier, comme « arme » géopolitique, pouvant notamment servir à établir ou renforcer des rapports de tutelle ou d’influence entre les nations du continent américain ; le deuxième, comme outil dans le but de consolider les liens d’amitié afin de promouvoir et de « maintenir la paix » ; et le troisième, d’utiliser la culture comme un rempart contre les ennemis communs, et cela surtout pendant les périodes de guerre « chaude » ou « froide ».

Quelques pistes de réflexion

1) Les relations bilatérales et/ou multilatérales dans un contexte régional: la circulation des arts plastiques brésiliens (ou d’un artiste et ses œuvres) au Chili et en Argentine ; la présence mexicaine dans la scène du théâtre argentin Colón ; l’influence esthétique de la danse folklorique chilienne en Uruguay ; la diplomatie culturelle argentine au Brésil durant la dictature militaire, etc.  2) Les relations bilatérales /multilatérales dans un contexte continental, ayant le Brésil ou les Etats-Unis comme axe principal. Pistes de réflexion : le ballet argentin aux États-Unis ; les tournées du théâtre populaire brésilien dans les pays américains (du Canada à l’Argentine), etc.   3)  Les relations transcontinentales entre au moins un pays américain et un pays européen, asiatique ou africain. Pistes de réflexion : la réception du ballet africain au Brésil ; les critiques d’art comme médiateurs ou formateurs de l’opinion durant la guerre froide en relation à la circulation artistique soviétique au cône Sud ; la concurrence artistique entre France et États-Unis dans la scène artistique sud-américaine. Ces pistes de réflexion ne sont pas exhaustives et peuvent donner lieu à d’autres thématiques placées autour des lieux de rencontres, des décideurs culturels ou de programmes artistiques internationaux.

Programme du Colloque international
Mercredi  27 septembre 2017

9 h 15-9 h 30 : Introduction du colloque. Peter WIRTZ (Directeur de la Recherche de l’Université de Lyon) ; Gregory LEE (Directeur de l’IETT) ; Alice PANTEL (Assesseur du Doyen de la Faculté des Langues).

9 h 30-10 h 30 : conférence d’ouverture : Vientos de cambio: arte y política en el Teatro Solis 1945-60. Daniela BOURET-VESPA (historienne, directrice du Teatro Solis – Montevideo)

10 h 40-12 h 40 : Première Table
Transferts culturels et lieux de rencontres. Modérateur : Antoine ACKER (Université de Zurich).

10 h 50-11 h 10 : Lorenzo DELGADO (Instituto de Historia CCHS-CSIC – Madrid) : « Un contrepoids européen à l’influence culturelle des États-Unis en Amérique latine. La Latinité à la veille de la Guerre froide ».

11 h 10-11 h 30 : Vanessa TESSADA (Universidad de Chile – Santiago) : « Los Círculos Culturales Femeninos Hispanoamericanos y de las Filipinas como espacios de sociabilidad cultural y educativa hispanistas. Chile y Argentina, 1950 – 1960 ».

11 h 30-11 h 50 : Olivier CHATELAN (Université Jean Moulin/LARHRA – Lyon) : « Un lieu de rencontre et une préparation insolites pour les missionnaires nord-américains en partance pour l’Amérique du Sud : le Centre de formation interculturelle d’Ivan Illich (1960-1969) ».

11 h 50-12 h 10 : Mélanie TOULHOAT (Institut des Hautes Etudes de l’Amérique Latine-IHEAL-Paris) : « Le Salon International de l’Humour de Piracicaba : lieu de circulations et de rencontres du dessin d’humour politique sous le régime militaire brésilien (1974-1985) ». Suivi d’une discussion

14 h 30-16 h 30 : Deuxième Table
La culture comme arme du pouvoirModérateur : Delphine TEMPÈRE (Université Jean Moulin – Lyon 3).

14 h 30-14 h 50 : Francisco RODRIGUEZ-JIMENEZ (Universidad de Salamanca) : « ¿La cara amable del imperio ? Sobre el Poder Blando estadounidense en Latinoamérica ».

14 h 50-15 h 10 : Pierre CRAS (Institut Catholique de Paris – ICP) : « Entre ‘politique de bon voisinage’ et films d’animation de propagande: Walt Disney s’en va-t-en guerre (1941-1948) ».

15 h 10-15 h 30 : Marita FORNARO (Universidad de la República – Montevideo) : « Estrategias artísticas del franquismo al sur de América: la construcción de una “España sin conflictos ».

15 h 30-15 h 50 : Gilberto ARANDA BUSTAMANTE (Universidad de Chile – Santiago) : « Museo de la Solidaridad como expresión de la disputa por la hegemonía cultural en el marco de la Guerra Fría ». Suivi d’une discussion.

16 h 30 : conclusion de la journée par Símele Soares Rodrigues

19 h : Amphithéâtre Malraux – Manufacture de Tabacs
Concert d’ouverture avec Maria-Paz SANTIBAÑEZ,
(Pianiste et Attachée culturelle de l’Ambassade du Chili en France)

Programme du Colloque international
Jeudi 28 septembre 2017

10 h-11 h 20 : Troisième Table
Diplomaties culturelles : acteurs et représentations artistiques. Modérateur : Kelly ALVES (Universidade Federal da Bahia).

10 h-10 h20 : Valeska ANDREA-DIAZ (Universität Bonn) : « Políticas culturales y la formalización de la tradición popular, el caso de los ballets folklóricos nacionales ».

10 h 20-10 h 40: Mauricio GOMEZ GALVEZ (Université Paris-Sorbonne/ IReMus) :  « Entre appropriation du minimalisme et diffusion de la musique latino-américaine : l’exemple de Patricio Wang, acteur majeur dans les relations culturelles entre le Chili et les Pays-Bas (1976-2000) ».

10 h 40-11 h : Monica VERMES (Universidade Federal do Espírito Santo) : « Abul de Alberto Nepomuceno em Buenos Aires: a ópera como lugar de encontro ».

11 h-11 h20 : Juliette DUMONT (Institut des Hautes Etudes de l’Amérique Latine-IHEAL-Paris): « Les relations culturelles Argentine/Brésil dans la première moitié du XXe siècle : jalons et typologie ». Suivi d’une discussion.

14 h 30-15 h 20 : Quatrième Table
Ecrire les Amériques : diffusion, réseaux, représentation. Modérateur : Antonio Acker (Université de Zurich).

14 h 30-14 h 50 : Etienne SAUTHIER (Université Sorbonne-Nouvelle/ CREDA – Paris) : « Le livre que l’Europe a fermé se rouvrira en Amérique ».

14 h 50-15 h 10 : Roberto GARCIA (Universidad de la República – Montevideo) : « Enrique Amorim, el ‘escritor comunista’. Anticomunismo y cultura en los inicios de la guerra fría uruguaya, 1947-1950 ».

15 h 10-15 h 30 : Laure ASSAYAG-GILLOT (Ecole Normale Supérieure – ENS Paris) :  « La réception de Leroi Jones en France : la représentation de Les Joies de la Vie au Centre américain en 1973 ».

15 h 30-15 h 50 : Natalia GUERELLUS (Université de Nanterre/CRILUS – Paris) : « Rachel de Queiroz e o imaginário sobre os Estados Unidos durante a Guerra Fria (1945-1975) ». Discussion.

16 h 50-17 h 40 : Cinquième Table
Les relations culturelles des Amériques : où nous en sommes ? Modératrice : Juliette DUMONT (Institut des Hautes Etudes de l’Amérique Latine-IHEAL-Paris).

Januario ESPINOSA (Nouveaux Espaces Latinos), Maria-Paz SANTIBANEZ (Pianiste et Attachée culturelle de l’Ambassade du Chili en France), Daniela BOURET-VESPA (directrice du Teatro Solís – Montevideo). 17 h 40 : Conclusion du colloque suivi d’un cocktail de clôture

Organisateurs : Université de Lyon, IETT – MILC, Université Jean Moulin – Lyon 3 / Partenaires : Ambassade du Chili, ARBRE, Association Nouveaux Espaces Latinos, Association Les curieux polyglottes. Site du colloque ici

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