Luiz Inácio Lula da Silva et Flávio Bolsonaro accèdent au second tour, qui se tiendra le dimanche 25 octobre prochain

Le sénateur d’opposition Flávio Bolsonaro a devancé le président sortant, Luiz Inácio Lula da Silva, lors du premier tour de l’élection présidentielle brésilienne, sans toutefois atteindre la barre des 50 % des voix ; les deux hommes s’affronteront donc lors d’un second tour le 25 octobre pour désigner le vainqueur. Bolsonaro a devancé le président sortant d’environ deux points (47,15 % contre 45,02 %) alors que 99,39 % des suffrages avaient été dépouillés, un score insuffisant pour l’emporter dès le premier tour.

Ce résultat souligne la polarisation politique qui caractérise la nation sud-américaine depuis 2002 et qui s’est accentuée lors du scrutin de 2014, opposant alors la présidente Dilma Rousseff, du Parti des travailleurs, à Aécio Neves, candidat de la coalition « Change le Brésil ». Le directeur général de la Police fédérale, Andrei Rodrigues, a déclaré lors d’une conférence de presse que le processus électoral se déroulait dans le calme, « sans incident grave susceptible de compromettre le vote ou la sécurité des électeurs ».

Le sénateur de droite Flávio Bolsonaro, fils aîné de l’ancien président Jair Bolsonaro et principal rival de l’opposition, a été le premier candidat à la présidence à voter. Il a accompli son devoir électoral une vingtaine de minutes après l’ouverture des bureaux de vote dans une école de Rio de Janeiro, accompagné de son épouse, Fernanda Bolsonaro. Vêtu d’une chemise jaune clair et arborant sur la poitrine un autocollant portant le numéro 22 — son numéro de candidat —, le législateur a déclaré que le Brésil « a besoin de changement » et qu’il espère que les citoyens exprimeront « un vote de protestation contre cette ère de régression ».

De son côté, le président Luiz Inácio Lula da Silva, à la tête du Parti des travailleurs, a voté vers 9 h 15 dans une école de la périphérie de São Paulo. Lula s’y est rendu en chemise blanche et chapeau Panama, accompagné de son épouse Rosângela da Silva et entouré de certains de ses alliés politiques. « Je suis très confiant, non seulement grâce au bilan de notre gouvernement, mais aussi grâce au travail accompli durant la campagne », a-t-il déclaré à la sortie du bureau de vote. Après avoir voté, le dirigeant s’est rendu dans un hôtel de São Paulo. Le président Lula da Silva a reconnu sa déception face au résultat du premier tour au Brésil, où il a été devancé par Flávio Bolsonaro, et a affirmé qu’une « nouvelle campagne » débutait ce lundi en vue du second tour du 25 octobre. Le leader du Parti des travailleurs a qualifié ce résultat d’« inattendu », précisant qu’il pensait pouvoir l’emporter sans passer par un ballottage. « Je n’ai pas gagné au premier tour parce que les gens aiment me voir concourir au second ; c’est un exercice que je maîtrise très bien », a commenté Lula qui, à 80 ans, brigue un quatrième mandat non consécutif. Il a annoncé qu’il chercherait à convaincre les millions de citoyens n’ayant pas voté ce dimanche et a critiqué son rival, accusé de « représenter l’incertitude » pour le pays. Le chef de l’État a indiqué qu’il prendrait une journée de repos. « Mais dès mardi, les Bolsonaro devront se préparer, car nous allons les battre », a-t-il déclaré.

Le candidat Flávio Bolsonaro, arrivé en tête du premier tour au Brésil, s’est félicité des résultats et a affirmé qu’il s’agissait de la fin de l’ère du Parti des travailleurs, dirigé par le président Lula da Silva. « Je suis très heureux du résultat. Plus de 56 millions de Brésiliens ont voté pour le changement », a-t-il déclaré. Le candidat du Parti libéral a affirmé : « C’est la fin de l’ère du PT (Parti des travailleurs), une ère qui laisse derrière elle un nombre record de femmes assassinées et de Brésiliens endettés. » « J’ai hâte de rétablir la démocratie dans trois semaines », a-t-il ajouté, en référence à la date du second tour. Par ailleurs, il a affirmé qu’il n’avait besoin que d’un seul mandat pour « replacer le Brésil au centre ».