La Chambre des députés approuve une motion visant le retour du vote obligatoire au Chili

Suite au faible taux de participation (41,35 %) des Chiliens lors des dernières élections du 15 et 16 mai 2021, la Chambre des députés a remis sur la table le projet de vote obligatoire proposé en janvier 2020, quelques mois avant les présidentielles de novembre.

Photo: SERVEL

Si les récentes élections chiliennes marquent un tournant politico-social majeur pour le pays, qui rompt constitutionnellement avec son héritage pinochetiste, le très haut taux d’abstention observé révèle cependant, en filigrane, le rejet général de politiques incapables de répondre aux besoins de la population. Avec 107 voix pour, 16 contres et 23 abstentions, le projet de loi visant la modification de l’article 15 de la Constitution a été adopté ce mercredi 26 mai par la Chambre des députés du Chili. Il porte sur le changement du terme de vote « volontaire » en « obligatoire », et a été proposé par un député de la Federación Regionalista Verde Social, Esteban Velásquez. Il est temps que nous, citoyens, prenions conscience que tout comme le paiement des impôts n’est pas volontaire, il nous semble aussi que le vote obligatoire va participer au renforcement du système démocratique, déclare-t-il, alors que la participation électorale n’a fait que chuter depuis les élections municipales 2012, selon le PNUD.

Twitter de la Chambre des députés chilienne

Le projet de loi, qui s’appliquera à l’ensemble des personnes majeures, à l’exception des personnes âgées de plus de 75 ans, des personnes handicapées ou dépendantes ou des Chiliens vivant à l’étranger, doit cependant être ratifié par le Sénat avant d’être promulgué par le président Sebastián Piñera. Chose non aisée, puisque le Sénat a déclaré inadmissibles les sanctions, l’inscription automatique et obligatoire, et la désaffiliation des listes électorales avant ou après les élections. Reste à savoir si cette motion, censée renforcer le système démocratique chilien, est bien un moyen efficace de pallier le problème sous-jacent à cet abstentionnisme élevé : la crise de représentativité politique, d’ailleurs bien illustrée par la percée des candidats « indépendants » aux dernières élections.

Manon MILLET