À la Maison de l’Amérique latine de Paris le lundi 21 septembre prochain à 19 h., l’association de prisonniers politiques chiliens présente le film et revient sur le parcours et la pensée de cette figure majeure de la poésie chilienne.
Présenté en avant-première en 2019 à la Cinémathèque nationale du Chili, au Centre culturel La Moneda, il fut ensuite sollicité en 2020 par la Cinémathèque nationale dans le cadre d’une « programmation spéciale en temps de pandémie ». Nicanor Parra, décrit comme irrévérencieux et controversé, fut l’un des poètes les plus influents et les plus originaux de la littérature hispano-américaine contemporaine. De nombreuses fois récompensé, il a notamment reçu le Prix national de littérature au Chili en 1969 ainsi que le Prix Cervantes en 2011. Nicanor Parra Sandoval, né le 5 septembre 1914 à San Fabián de Alico, à environ 400 kilomètres au sud de Santiago, la capitale du Chili, et décédé à l’âge de 103 ans, appartenait à une famille de neuf enfants, dont plusieurs devinrent des artistes populaires reconnus. Seul membre de la famille à poursuivre des études supérieures, il étudia les mathématiques et la physique à l’Université du Chili. Il obtint ensuite deux bourses lui permettant de poursuivre ses recherches pendant deux ans à la Brown University, aux États-Unis, puis à l’Université d’Oxford, au Royaume-Uni. Il enseigna la physique, dirigea l’École d’ingénierie de l’Université du Chili, avant de se consacrer également à l’enseignement de la littérature.
Notre revue a publié, en juin 2017, une présentation de Poèmes et anti-poèmes et Anthologie 1937-2014 de Nicanor Parra
Les éditions du Seuil ont publié en juin 2017, l’anthologie bilingue préfacée par le journaliste Philippe Lançon. Le choix des textes et l’édition ont été sous la responsabilité de Felipe Tupper, et la traduction de l’espagnol (Chili) par Bernard Pautrat avec la collaboration de Felipe Tupper, lui-même poète, écrivain et traducteur d’origine chilienne. « La poésie est un glissement de terrain, le lieu de la crise. C’est une ligne de rupture et un casse-tête. « Casse-tête » est le titre d’un vieux poème de Nicanor Parra, écrivain chilien de cent trois ans qu’une certaine colère poétique a conservé, comme si l’absence de compromis esthétique et sentimental était un gage de survie. » – Philippe Lançon.
Nicanor Parra Sandoval, né à San Fabián de Alico, au sud de Santiago le 5 septembre 1914, est un poète, mathématicien et physicien chilien qui se présente lui-même comme un antipoète. Son œuvre a exercé une influence profonde dans la littérature sud-américaine. Il est le seul survivant du trio de poètes le plus connu du Chili avec Pablo Neruda et Vicente Huidobro. C’est à lui que l’on doit la notion d’antipoésie, expression littéraire qui s’oppose aux canons traditionnels de la poésie. Une de ses œuvres les plus connues est Poèmes et Antipoèmes qui n’est toujours pas traduit en français, où il substitue à la syntaxe soignée et métaphorique (qui caractérise dans l’imaginaire commun la poésie) un langage direct et quotidien. Il remporte en 2011 le Prix Cervantes, distinction littéraire attribuée chaque année depuis 1976 par le ministère de la Culture espagnol. Nicanor Parra succède ainsi à quelques grands noms de la littérature hispanophone dont deux prédécesseurs chiliens, Jorge Edwards (prix 1999) et Gonzalo Rojas (prix 2003).
Une anthologie hors pair
Dans la collection « La librairie du XXIe siècle » dirigée par Maurice Olender, les éditions du Seuil viennent de publier une impressionnante anthologie du poète chilien Nicanor Parra qui aura en septembre 103 ans. Parra est mathématicien, professeur. C’est l’un des grands poètes sud-américains. On lui a donné le prix Cervantes en 2011, ça ne l’a pas tué. Quand il écrit, c’est sans perruque, pas sans mâchoire : ses dents montrent la joie, le rire, la grimace, le dentier, le cadavre. La conscience ordinaire, celle de l’homme de la rue et de son langage, trouve une expression lyrique. Le choix des textes et l’édition ont été réalisés par Felipe Tupper et la traduction par Bernard Pautrat avec la collaboration de Felipe Tupper que nous connaissons fort bien car il a été conseiller culturel à l’ambassade du Chili en 2010 à 2014. Enfin l’anthologie est préfacée par le journaliste Philippe Lançon du journal Libération : « La poésie est un glissement de terrain, le lieu de la rise. C’est une ligne de rupture et un casse-tête. Casse-tête est le titre d’un vieux poème de Nicanor Parra, écrivain chilien de cent trois ans qu’une certaine colère poétique a conservé, comme si l’absence de compromis esthétique et sentimental était un gage de survie ».
L’anthologie de 710 pages a été éditée avec le soutien de la Maison de l’Amérique latine à Paris. 34 euros.


