Hommage à Silvia Baron Supervielle à la Maison de l’Amérique latine à Paris

Poète et traductrice, Silvia Baron Supervielle (2022, 45 min) réside à Paris depuis 1961. Tourné entre Paris, Buenos Aires et Montevideo, le film retrace le parcours géographique et intime entre les deux rives qui ont marqué sa vie et son œuvre. Même si elle a fait du français sa langue d’écriture, son œuvre se tourne vers l’Argentine, l’Uruguay, la Pampa et, surtout, le Río de la Plata. C’est ce fleuve qui l’inspire et c’est pour lui qu’elle écrit et traduit celles et ceux qu’elle aime : un fleuve à la fois foyer et exil.

Au fil de ce parcours à travers les paysages qui ont accompagné sa vie — entre Paris et le Río de la Plata — et à l’intérieur de son imaginaire poétique, Silvia Baron Supervielle revient sur son arrivée en France, la découverte de l’île Saint-Louis, la vie littéraire et artistique qu’elle y a trouvée, ses débuts comme écrivaine francophone, sa passion pour la traduction, son lien avec la peinture — en particulier son lien avec la peintreGeneviève Asse (1923-2021), figure majeure de l’abstraction française de l’après-guerre, avec qui elle a partagé plus de quatre décennies de vie et à qui elle a consacré le livre Un été avec Geneviève Asse —, et enfin l’impulsion mystérieuse qui l’a poussée à quitter une rive — celle du Río de la Plata — pour une autre — celle de la Seine : cet exil spontané à l’origine de son écriture.

Née à Buenos Aires en 1934, Silvia Baron Supervielle est poète, traductrice et écrivaine du Río de la Plata, installée à Paris depuis 1961. Elle commence à écrire en espagnol puis, dans les années 1970, adopte le français, tout en restant tournée vers l’Argentine, l’Uruguay et le Río de la Plata, sources constantes de son inspiration. Elle a traduit en français Jorge Luis Borges, Julio Cortázar, Macedonio Fernández, Alejandra Pizarnik, Silvina Ocampo, Roberto Juarroz, Juan Rodolfo Wilcock, Arnaldo Calveyra et Ida Vitale, et vers l’espagnol l’œuvre de Marguerite Yourcenar. Parmi ses distinctions figurent le prix François Mauriac (2023) et le Prix du rayonnement de la langue et de la littérature françaises décerné par l’Académie française (2019).

Réalisateur et écrivain né à Villaguay (Argentine), installé en France depuis 2017. Il prépare actuellement une thèse de doctorat à l’Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3. Il a réalisé plusieurs documentaires consacrés à des figures littéraires argentines, dont ce portrait de Silvia Baron Supervielle et un film sur Arnaldo Calveyra, tous deux présentés à la Maison de l’Amérique latine à Paris. La rencontre sera animée par Martine Sagaert, spécialiste de l’œuvre de Silvia Baron Supervielle.