Richard Carapaz, Isaac Del Toro… Les cyclistes latinos ont été étincelants sur le Tour de France 2026

L’Équatorien Richard Carapaz aura été l’un des grands animateurs de ce Tour de France 2026. Très souvent à l’attaque mais freiné par la domination écrasante du maillot jaune Tadej Pogačar dans les Pyrénées et au Massif central (notamment au Lioran), il a vu sa persévérance et son panache payer dans les Alpes, lors des dernières étapes. Ses objectifs avant le Tour de France étaient de se battre pour le maillot à pois de meilleur grimpeur et d’aller chercher une victoire d’étape. La « Locomotive du Carchi » a non seulement atteint ses objectifs, mais les a largement dépassés. Il s’est en effet adjugé deux victoires d’étape, notamment l’étape reine à l’Alpe d’Huez, et ses attaques incessantes lui ont permis d’être désigné super-combatif du Tour et de se classer huitième du classement général. Il a ainsi exprimé sa satisfaction : « Ce Tour de France a été un rêve. À Barcelone, je savais que je ne pouvais pas prétendre au classement général. J’avais un objectif très clair en tête, et nous l’avons atteint avec ces deux victoires d’étape et le maillot à pois. Demain, ce sera une autre histoire. Ce Tour de France a été incroyable, grâce à tous les fans et à tout le soutien que j’ai reçu d’Équateur, où ils doivent être en train de sauter de joie en ce moment même. »

Ironie de l’histoire, l’autre latino à avoir brillé sur le Tour 2026 n’est autre que l’un des grands rivaux de Carapaz : le Mexicain Isaac Del Toro. Les deux hommes ne s’étaient pas entendus lors du Tour d’Italie de l’année dernière, ce qui avait laissé filer la victoire et les avait relégués aux 2e et 3e places. « Torito », dont nous avions parlé ici même le mois dernier, a confirmé les espoirs placés en lui en réalisant un Tour de France majuscule. S’il devait initialement soutenir Pogačar dans sa quête d’un cinquième sacre sur les routes de juillet, il a plutôt bénéficié de l’aide de ce dernier, largement au-dessus de ses adversaires dans la quête du maillot jaune. Le Slovène lui a ainsi laissé la victoire lors de la 2e étape dans les rues de Barcelone et l’a grandement aidé dans son duel avec le jeune Français Paul Seixas, lui permettant de ramener le maillot blanc de meilleur jeune, ainsi qu’une 3e place historique pour le cyclisme mexicain.

L’Équateur et le Mexique s’affirment aujourd’hui comme le renouveau du cyclisme latino-américain, d’autant plus lorsqu’on observe les performances colombiennes durant ce Tour de France. En effet, si la Colombie a longtemps été l’épicentre du cyclisme en Amérique du Sud, un basculement semble aujourd’hui s’opérer tant les Colombiens ont déçu durant ce Tour de France. Premier vainqueur latino du Tour en 2019, Egan Bernal peine à retrouver son niveau d’il y a quelques années, lui qui a connu une grave blessure après un accident en Colombie en 2022. Attendu comme l’un des meilleurs en montagne, il n’aura que très peu pesé sur la course, essayant souvent de gagner des étapes en échappée, sans succès. « L’Aigle de Zipaquirá » termine la course à une anecdotique 20e place, loin de ses standards.

De la même manière, le retour du sprinteur vedette Fernando Gaviria sur la Grande Boucle, lui qui avait porté le maillot jaune en 2018, était attendu. Cependant, ce dernier a échoué dans sa quête d’une victoire d’étape et a même dû abandonner après une lourde chute dans le final de l’étape 12, souffrant d’une fracture de la clavicule. Enfin, les autres Colombiens comme Einer Rubio ou Sergio Higuita sont, eux aussi, complètement passés à côté de leur Tour, appuyant l’idée d’un mois de juillet très décevant pour les « escarabajos ».