Comme tous les quatre ans, les sélections d’Amérique latine arrivent au mondial avec l’ambition de performer, mais aussi de porter haut les couleurs de leurs nations, et faire vibrer un continent qui va vivre pour le football ces quatre prochaines semaines. Pourtant, cette Coupe du monde, organisée par le Mexique, les États-Unis et le Canada, suscite diverses polémiques avant même son début.
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Mexique, Brésil, Paraguay, Curaçao, Équateur, Uruguay, Argentine, Colombie, Panama, Haïti : ces dix pays vont représenter l’Amérique latine à la Coupe du monde 2026, organisée par le Mexique, les États-Unis et le Canada. Comme souvent, l’Argentine, tenante du titre, et le Brésil font figure d’épouvantails. Ils semblent compter parmi les prétendants sérieux au graal. Aux côtés de la France, de l’Espagne ou du Portugal, l’Albiceleste et la Seleção comptent bien ramener la coupe à la maison.
L’Amérique latine compte aussi son lot d’habitués du mondial : des équipes sérieuses et largement capables de réaliser un beau parcours. Le Mexique, à domicile, pourra compter sur son public et devra s’imposer lors du match d’ouverture contre l’Afrique du Sud le 11 juin. L’Uruguay devra se passer de Luis Suarez mais pourra compter sur ses cadres Valverde et Araujo, le tout orchestré par le mythique entraîneur Marcelo Bielsa. La Colombie, absente en 2022, voudra réitérer sa belle performance de la Coupe du monde 2014, où elle était allée jusqu’en quarts de finale. Enfin, l’Équateur, porté par Willian Pacho, double champion d’Europe avec le Paris Saint-Germain, nourrit de fortes ambitions et espère faire mieux qu’en 2022.
Du côté des outsiders, le Paraguay et le Panama ne sont pas attendus, avec de nombreux joueurs inconnus du très grand public. Le Paraguay, surnommé l’Albirroja pour ses couleurs blanches et rouges, revient après seize ans d’absence en Coupe du monde. Le Panama honore sa deuxième participation, après un parcours plus qu’anecdotique en 2018.
Enfin, deux pays des Antilles, Curaçao et Haïti, découvrent la Coupe du monde à l’occasion de la nouvelle formule élargie à 48 équipes. Curaçao et ses 150 000 habitants sera le plus petit pays de l’histoire à participer au mondial, ce qui en fait déjà une des attractions de cet été. La “Familia Azul”, petite île au nord du Venezuela, compte un seul joueur né au Curaçao dans l’équipe, composée en majorité de joueurs ayant aussi la nationalité hollandaise. De son côté, Haïti n’entre pas dans l’histoire de la Coupe du monde par la voie la plus aisée, avec une poule très relevée composée du Brésil, du Maroc et de l’Écosse. Pour autant, ces deux pays suscitent dores et déjà un engouement mondial, en raison de leur statut de petit poucet.
Si la coupe du monde revêt avant tout des enjeux sportifs, cet évènement interplanétaire représente aussi un projecteur braqué sur l’Amérique latine, à l’image du Mexique qui accueille la compétition pour la troisième fois de son histoire. Les retombées économiques sont colossales pour le plus grand État d’Amérique centrale, qui prévoit de créer au moins 24 000 emplois et d’accueillir 5,5 millions de touristes. Parmi les trois pays organisateurs, le Mexique est celui qui profite le plus des conséquences de la Coupe du monde. Cependant, il n’est pas le seul pays à profiter de la compétition. Uniquement pour la participation aux poules, les sélections recevront jusqu’à 9 millions de dollars de primes de performance, et ce montant peut tripler pour les finalistes. Il faut également compter les revenus des droits de diffusion, des sponsors et de la billetterie.
Malgré tout, la tenue de cette coupe du monde se fait dans un contexte international tendu, ce qui pose la question des interférences d’enjeux géopolitiques au milieu d’un évènement sportif et culturel. Pour cause, la politique migratoire du président américain Donald Trump semble s’immiscer au milieu des enjeux sportifs. Après un interrogatoire de 11 heures, le Somalien Omar Artan, élu meilleur arbitre africain en 2025, a été renvoyé chez lui sans motif apparent. De plus, l’équipe iranienne s’est vu refuser la possibilité de loger sur le territoire américain, et devra donc faire des allers-retours entre le Mexique et les États-Unis, où elle jouera pourtant ses trois matchs de poule. Dans ce contexte, le Mexique s’affirme comme une terre d’accueil, de dialogue et de neutralité.
Les conséquences climatiques de cette Coupe du monde sont également dénoncées. La FIFA déclare prendre “des mesures contre le changement climatique” et encourager “la mise en place d’infrastructures et d’opérations plus durables”. Pourtant, la Coupe du monde 2026 est la plus polluante de l’histoire. Organisée sur trois pays, avec 48 équipes au lieu de 32 habituellement, l’impact climatique de la compétition dépasse largement celui des coupes du monde précédentes. L’ONG américaine Global Responsibility prévoit neuf millions de tonnes de CO₂ émises dans l’atmosphère, si ce n’est plus. La FIFA ne semble pas réellement s’en soucier, puisqu’elle n’a quasiment pas mis en place d’objectifs environnementaux pour ce mondial, après le fiasco climatique de la Coupe du monde 2022 au Qatar, annoncée comme “neutre en carbone”.
Youn HETET-DOMRAULT,
Ismael POUSTHOMIS


