Conférence de Paula Forteza, fondatrice de la galerie Artivistas. Avec Clélia Taricco, curatrice de l’exposition, Inés Huergo, directrice de la galerie Jocelyn Wolff et Martín Reyna, artiste. « L’art est le seul moyen de se battre sérieusement « , disait Antonio Seguí.
L’exposition Antonio Seguí sans démagogie permet de (re)découvrir l’œuvre du grand artiste argentin (11 janvier 1934 – 26 février 2022), et de l’analyser sous un nouvel angle. Celui d’une actualité brûlante tant par son engagement politique progressiste, que par ses choix graphiques, l’utilisation de couleurs fluorescentes et un art consommé du collage. Clélia Taricco propose un trait d’union inattendu entre la production de l’artiste des années 1960-70 et le monde contemporain, dont l’artiste semble avoir anticipé les dérives.
Lors de cette discussion, les souvenirs de celles et ceux qui l’ont côtoyé et ont travaillé avec lui, l’influence de son travail sur les nouvelles générations d’artistes argentins, latino-américains, et français, seront évoqués. Ses personnages légendaires, pris dans les mailles de dialogues politiques impossibles, présentent des « gros rapports » incongrus ou annoncent de faux adieux aux armes. Son humour à la fois drôle et grinçant, accompagné d’une distance ironique, ne peuvent que nous enjoindre, nous aussi, à nous battre, sérieusement.
Antonio Seguí, né le 11 janvier 1934, à Córdoba en Argentine et mort le 26 février 2022 à Buenos Aires, est un artiste franco-argentin. Artiste prolifique, peintre, sculpteur, graveur, illustrateur — des pratiques qui se complètent, l’artiste allant de l’une à l’autre sans cesse —, il est également un collectionneur d’art primitif. Issu d’une famille de commerçants fortunés, Antonio Seguí arrive en France en 1951 pour étudier la peinture et la sculpture. En 1952, il part aussi étudier en Espagne. En 1957, il fait sa première exposition individuelle en Argentine. En 1958, il effectue un long voyage dans toute l’Amérique du Sud, avant de s’installer au Mexique, où il étudie les techniques de la gravure. En 1961, il retourne travailler en Argentine. Très connu en Amérique latine, son travail est révélé en Europe à l’occasion de la IIIe Biennale de Paris, en 1963, année où il représente l’Argentine. S’ensuivent alors des expositions dans les plus grands musées du monde. En 1963, il s’installe définitivement en France.
Antonio Seguí fut dessinateur, peintre, graveur, illustrateur et également sculpteur. Il vécut et travailla à Paris. Ses œuvres se trouvent dans des collections privées et publiques du monde entier, notamment au sein d’institutions artistiques telles que le MOMA (New York), le MALBA (Musée d’art moderne, Buenos Aires) et le Centre Georges Pompidou.
D’après nos archives


