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septembre 2014

Les faits d’actualité du 19 au 27 septembre

19 septembre – ÉQUATEURLe nouveau Code pénal du gouvernement du président Rafael Correa réduit la peine moyenne pour trafic de drogues de 12 à 3 ans. Cette réforme pénale va permettre de libérer des dizaines de prisonniers espagnols en Équateur. La règle, qui affecte 85 « mulets » espagnols, principalement des femmes, emprisonnés dans ce pays, est entrée en vigueur en août. « Le code est la loi la plus progressiste en matière de trafic de drogues de tout ce qui a été adopté en Amérique latine« , dit Marlo Brito, Directeur national de la recherche du Défenseur public de l’Équateur, qui dit que le principal objectif de la nouvelle législation est de « décriminaliser la pauvreté » parce que ces délits sont souvent commis par des  » personnes avec des ressources très basses. »

22 septembre – AMÉRIQUE LATINE-CARAÏBESLa Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC) a présenté un rapport sur la situation des peuples autochtones en reconnaissant certains progrès dans la région en matière d’éducation et de santé, mais il pointe vers un éternel défi: la reconnaissance des droits fonciers, y compris le contrôle des ressources naturelles. Ainsi, ont été détectés entre 2010 et 2013, plus de 200 conflits dans les domaines liés à l’extraction des hydrocarbures et des mines. Le document est présenté dans le cadre de la première Conférence mondiale sur les peuples autochtones, au siège de l’ONU à New York. L’étude de la CEPALC souligne que, en Amérique latine, il y a environ 45 millions de personnes autochtones, ce qui représente 8,3% de la population régionale.

22 septembre – MEXIQUE – Le maire d’un village tropical, Michel Gabriel Gómez, 49 ans, devenu très populaire avec ses voisins pour donner une consultation de pédiatrie gratuite pour les plus pauvres, était venu cette législature occuper un siège du PRI au Congrès mexicain. Un commando armé l’a kidnappé en plein jour avec son assistant et quelques heures plus tard il ont été retrouvés tous deux carbonisés dans la fourgonnette dans laquelle ils avaient été enlevés dans un village à 150 kilomètres de là. L’embuscade porte la « griffe » du crime organisé.

22 septembre – AMERIQUE LATINE – L’Alliance du Pacifique veut être le moteur d’un pôle de stabilité et d’investissement économique en Amérique latine, dans un monde troublé. Les présidents des quatre pays fondateurs – le Mexique, la Colombie, le Pérou et le Chili – parlent de tracer des liens avec le Mercosur et d’autres pays de la région lors du premier forum organisé par Michael Bloomberg, fondateur de Bloomberg LP. L’Alliance du Pacifique est le plus grand bloc commercial en Amérique latine, avec un ensemble économique disposant de 2,2 billions de dollars de production et de 230 millions de consommateurs potentiels.

22 septembre – MEXIQUE« Quand nous mourrons, mourra la langue« . Dans le pays coexistent 11 familles linguistiques dont dérivent 68 langues, qui à leur tour sont ramifiées en 364 variantes. Une immense frondaison, dont la concentration existe à peine dans le monde, excepté en Papouasie-Nouvelle Guinée, au Brésil et dans certaines régions de l’Afrique, mais sur lesquelles court une menace croissante. Elles sont de moins en moins parlées. À peine sept millions d’indigènes (40 %) s’adonnent à leurs langues, et dans leur majorité ils le font dans seulement six langues (náhuatl, maya yucateco, mixteco, tseltal, zapoteco et tsotsil). Le reste, en grande partie, est en danger. L’Institut National de Langues Indigènes (INALI) a conclu que 259 des 364 variantes linguistiques courent le risque de disparition. Et dans beaucoup de cas, leur salut est presque impossible : 64 ont moins d’une centaine de locuteurs. Ils appartiennent au groupe de « haut risque« . Ils sont les derniers de leur lignée. De l’ayapaneco, menacé, il reste seulement sept personnes parlant encore cette langue. « Les langues autochtones sont réduites au silence dans les médias « , dit Monsieur López Sánchez le directeur de l’INALI.

23 septembre – COLOMBIE – Pour sa seconde édition depuis sa création l’année dernière, le Prix Gabriel García Márquez de Journalisme a décidé de distinguer pour l’éthique journalistique deux journalistes spécialisés en couvertures de conflit, le colombien Javier Darío Restrepo, 82 ans, et la mexicaine Marcela Turati, [photo] 40 ans,  » pour leur indépendance, leur intégrité et leur engagement avec les idéaux de service public du journalisme ». Ce prix est décerné par la Fondation Gabriel García Márquez pour le Nouveau Journalisme Latino-américain.

23 septembre – AMERIQUE LATINELe nombre de personnes souffrant de la faim en Amérique latine a été réduit de 24 millions au cours des 12 dernières années. Une étude de l’ONU montre que 61 millions de Latino-américains n’avaient rien à manger à la fin de 2002. Aujourd’hui, le chiffre est de 37 millions. La clé du succès a été la mise en œuvre de programmes et de politiques publiques alimentaires qui survivent aux changements de gouvernement, comme l’a souligné le rapport. Le document – élaboré par l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (la FAO), le Fonds International de Développement Agricole (FIDA) et le Programme Mondial d’Aliments (PMA) – souligne que l’Amérique latine est la seule région – en comparaison avec l’Afrique, l’Asie et Océanie qui a déjà atteint l’objectif de réduire de moitié le nombre de personnes sous-alimentées, un Objectif de Développement du Millénaire (ODM), fixé à 2015.

23 septembre – MEXIQUELe Mexique a récupéré un de ses documents constitutifs, en échange d’un million de dollars, le Codex Chimalpáhin écrit au XVIIe siècle par deux historiens indigènes et depuis 1827 dans les mains de la Société biblique de Londres. Ses auteurs étaient Domingo Chimalpáhin (1579-1660) et Fernando de Alva Ixtlilxochitl (1578-1650), membres de puissants lignages locaux, le premier descendant des seigneurs de Chalco et le second, du roi poète Nezahualcoyotl. Depuis la semaine dernière, ce documents’expose au public dans le Musée National d’Anthropologie comme pièce maîtresse de l’échantillon des Codex mexicains. Mémoires et savoirs.

24 septembre – VENEZUELA – Dans son premier discours à l’ONU, le président venezuélien Nicolas Maduro a accusé les « impérialistes » de vouloir mettre fin à son gouvernement. Il a mis l’accent sur la nécessité d’une révision urgente des Nations Unies pour « construire une nouvelle Organisation des Nations Unies pour la paix, pour un nouveau monde multipolaire où il n’y a pas d’empires qui veulent imposer et revenir à l’époque du monde unipolaire. C’est une urgence pour le monde. » Après un jour plein de requêtes semblables – émanant de ses homologues latino-américains comme l’Argentine Cristina Fernández de Kirchner, Dilma Rousseff du Brésil ou Michelle Bachelet du Chili, – Nicolas Maduro a insisté sur le fait qu’on écoute vraiment cet appel et que, surtout, on agisse en conséquence.

24 septembre – MEXIQUELe Président Enrique Peña Nieto a annoncé lors de sa première comparution devant une Assemblée générale que le pays participera aux opérations de maintien de la paix (OPM), que les gouvernements du PRI, son parti, ont refusé pendant des décennies. Il n’a pas précisé le nombre de troupes que le Mexique concernées pour mener les missions actuelles et futures, mais que son contingent ne prendra part qu’aux actions « humanitaires« .

25 septembre – COLOMBIELe gouvernement colombien et les FARC ont pris position contre les rumeurs répandues par l’opposition colombienne sur les pourparlers de paix et rendent publiques les minutes des négociations tenues à La Havane. Mais à partir du moment où le processus est devenu l’otage du jeu politique national, des secteurs militaires et autres proches du prédécesseur de Juan Manuel Santos en tant que président, Alvaro Uribe, ont commencé à insister sur le fait que ce dont on parlait dans un hôtel de La Havane ne correspondait pas à ce qui est annoncé publiquement. Selon eux, il existait un agenda occulte conclu dans le dos des Colombiens. Les négociations de ce type sont, par sa nature même, réservées. La transparence exige qu’une fois conclu l’accord on révèle tout le processus. Juan Manuel Santos a décidé d’aller un peu plus loin et d’ouvrir la porte avant que le dernier mot ne soit prononcé. Il est une autre guerre en Colombie: la guerre sur des rumeurs.

24 septembre – VENEZUELAL’opposition vénézuélienne et sa plate-forme de concertation électorale, la Table d’Unité Démocratique (MUD), semblent être guéries de l’infection la plus sérieuse dont elle souffrait depuis l’alliance formée en 2009. Le journaliste Jesús Torrealba a accepté de manière officielle le secrétariat de l’exécutif de la MUD. Il remplace Ramón Guillermo Aveledo, qui avait démissionné le 30 juillet sur fond d’accusations et de méfiances menaçant d’implosion de l’alliance. Le journaliste Jesús Torrealba annonce un plan national d’action de mobilisations.

25 septembre – GUATEMALALe Tribunal suprême électoral du Guatemala (TSE), la plus haute autorité en la matière, a décidé de suspendre temporairement le Parti patriotique, auquel appartient le président Otto Pérez Molina, pour son insistance à faire une campagne politique partisane en dehors de la période légale. Le Guatemala organisera des élections générales en novembre 2015 et, selon le système juridique, aucun parti politique ne peut faire campagne jusqu’à ce que le TSE en fasse la convocation, en mai prochain. La décision fait suite à la manifestation de masse, au cours de laquelle le Parti patriote a proclamé l’ancien ministre de la Communication Alejandro Sinibaldi, comme le « dauphin » d’Otto Pérez en tant que président du Guatemala.

25 septembre – VENEZUELA – Selon le secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA), José Miguel Insulza, le dialogue est « indispensable » pour résoudre la crise au Venezuela depuis les protestations de février. Mais il doit être « sérieux », parce que jusqu’à présent « il n’y a pas eu de véritable dialogue « , a-t-il déclaré la semaine dernière à l’Assemblée générale des Nations Unies à New York en tant que chef de l’OEA sur le départ. « L’opposition au Venezuela ne peut pas parler si ses dirigeants sont en prison » répond celle-ci.

26 septembre – CUBALe gouvernement de La Havane a annoncé son intention d’envoyer 461 médecins et infirmières en Afrique de l’Ouest pour coopérer dans la lutte contre le virus Ebola, qui a infecté plus de 6 200 personnes, dont environ la moitié sont mortes. Les professionnels travaillent en Sierra Leone, au Libéria et en Guinée. Ce groupe a commencé sa formation le 15 Septembre au sein de l’Institut de Médecine Tropicale Pedro Kouri de La Havane dans avec des installations semblables à celles qui existent en Afrique avec l’aide d’experts du Brésil et des États-Unis et de l’organisation Médecins sans frontières.

26 septembre – URUGUAYCe pays, avec seulement trois millions d’habitants, est passé de la production alimentaire pour 9 milliards de personnes en 2005 à produire de la nourriture pour 28 millions de personnes aujourd’hui, et son ambition est d’atteindre 50 millions de personnes. Le Système national d’information sur l’élevage fait que 12 millions de vaches qui paissent dans les champs uruguayens ont une puce à l’oreille qui recueille toutes ces informations. C’est une des mesures prises par le pays pour devenir ce que les autorités appellent « un pays agro-intelligent ». En ce qui concerne la gestion des sols, l’Uruguay a créé un système entièrement informatisé qui oblige les producteurs à soumettre un plan de rotation des cultures pour maintenir la qualité des nutriments et de prévenir l’érosion.

27 septembre – MEXIQUE – L’Église catholique et les autres religions sont opposées à une comptabilité transparente et informatisée imposée par le gouvernement.

27 septembre – COLOMBIE – Humberto de la Calle le négociateur en chef de la paix, dénonce ceux qui ont accédé à son ordinateur et son téléphone mobile.

Guy MANSUY

Les faits d’actualité du 11 au 21 septembre

11 septembre – CHILIIl est devenu le symbole des crimes terrifiants commis au Chili par les putschistes du général Augusto Pinochet : Victor Jara, [photo] chanteur et compositeur célèbre au-delà de l’Amérique latine a été tué à 40 ans, à Santiago, cinq jours après le coup d’État contre le socialiste Salvador Allende, le 16 septembre 1973. Le 3 septembre dernier, la cour d’appel de Santiago a inculpé trois militaires pour l’enlèvement et l’homicide du musicien. Les officiers du cadre de réserve Hernán Chacón Soto et Patricio Vásquez Donoso, l’ont été en tant qu’auteurs du crime, et l’ancien procureur militaire Ramón Melo Silva, comme complice. Ce dernier a obtenu la liberté provisoire, le 5 septembre, moyennant le paiement d’une caution de 500 000 pesos (650 euros).

14 septembre – BOLIVIELa prison de sécurité maximale à Cochabamba a été le théâtre d’une violente bagarre entre détenus qui a fait quatre morts et onze blessés, dont deux femmes qui étaient en visite. Une lutte pour le pouvoir entre les prisonniers boliviens et étrangers a eu lieu à l’occasion d’un incident électrique, en présence des familles des prisonniers et des fonctionnaires du système pénitentiaire, lors d’une fête en l’honneur de la Vierge d’Urkupiña. Selon un rapport officiel, 84% des détenus n’ont pas été condamnés et le taux de surpopulation dans les prisons est compris entre 200 et 300%, l’un des plus élevés d’Amérique latine.

15 septembre – MEXIQUEUne ONG, Vía Ciudadana, dans le nord du Mexique organise une tournée pour montrer les étapes de la corruption avec Corruptour, un bus touristique. Le Corruptour va parcourir en dix étapes l’État du Nuevo León pour soutenir les droits des candidats indépendants aux élections de mi-mandat 2015. 84,4% des Mexicains croient que les politiciens sont corrompus, selon les chiffres de l’Institut de statistique et de géographie (INEGI). Des organisations internationales comme Transparency International ont placé le Mexique en 106e position (sur 177) dans l’Indice de Perception de la Corruption, un poste qu’il occupe depuis 2012.

15 septembre – ARGENTINE – Maintenant que 370 coupables du régime de la dictature ont été condamnés, le Congrès débat d’une loi pour éviter qu’à l’avenir, un président les gracie ou commue leurs peines ou encore promeut une loi d’amnistie.

15 septembre – AMÉRIQUE LATINE – Comme il est impératif de réduire les émissions de gaz à effet de serre, les organisations et les gouvernements recherchent des moyens d’atténuer les effets néfastes du carbone dans l’atmosphère. « Si nous ne sommes pas en mesure d’estimer (argent) les dommages causés par le changement climatique, il existe d’autres mécanismes qui peuvent être utilisés pour déterminer les prix qui devraient être utilisés comme indicateurs« , a déclaré Álvaro Umana, ancien ministre de l’Environnement et de l’énergie du Costa Rica dans le récent Forum du carbone de l’Amérique latine à Bogotá.

16 septembre – MEXIQUE – Le nouvel aéroport de Mexico fait revenir la terre comme sujet de discorde. La mairie et les paysans de Texcoco ont manifesté leur mécontentement de ne pas connaître les détails précis du projet du nouvel aéroport de Mexico, pour savoir comment ils seront touchés. La mairie de Texcoco se préoccupe en particulier de l’impact logistique, urbain et environnemental du projet.

16 septembre – ARGENTINEUne copie des procès-verbaux de 280 réunions qu’a tenues la Junte argentine entre 1976 et 1983 fait maintenant partie des archives de la Commission Interaméricaine de Droits De l’homme (CIH) à Washington, qui a eu un rôle majeur pour signaler les disparitions et les violations massives de droits de l’homme pendant la dictature. Pour le Ministre de la Défense Agustín Rossi ces dossiers »sont importants pour la mémoire historique de la région, et la mémoire historique est importante pour que ces choses n’arrivent pas. »

17 septembre – AMÉRIQUE CENTRALE – L’arrivée des enfants de migrants aux États-Unis a chuté de 70,4% en deux mois. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) signale qu’en août il y avait 3141 cas, comparativement aux 10 622 en juin.

17 septembre – ÉQUATEUR – Le pays crée un registre de partenariat domestique. La disposition est venue après un arrangement en août que le président Rafael Correa a réussi à obtenir avec les représentants de la communauté LGBTI. Le collectif homosexuel tient à cette mesure administrative parce qu’il considère que c’est un premier pas pour que les couples de même sexe aient les mêmes droits dans la pratique que les couples hétérosexuels. « Il ne s’agit pas du mariage égalitaire, mais c’est le même concept » dit Jeaneth López, qui est allé au registre civil de Quito pour inscrire son union de fait avec sa paire, qui depuis un an fait une transition de femme à homme.

17 septembre – COLOMBIEIván Cepeda, un sénateur de gauche accuse le sénateur álvaro Uribe de liens avec des trafiquants de drogue et avec des paramilitaires lors d’un débat houleux au Congrès sur la période (2002-2010) où Álvaro Uribe était président.

17 septembre – ÉQUATEUR – L’ultime recours des journalistes et universitaires équatoriens contre une loi sur les médias a été balayé par la Cour constitutionnelle d’Équateur. Elle a rejeté, pour « des raisons de forme et de fond » les demandes d’invalidation qu’ils avaient déposées contre un texte, entré en vigueur en 2013, qu’ils jugent attentatoire à la liberté de la presse et d’expression. Plusieurs médias et journalistes ont déjà reçu des amendes et été contraints de présenter des excuses aux autorités au nom de cette loi qui prévoit la possibilité de sanctionner des publications pour des contenus jugés discriminatoires ou offensants.

18 septembre – ARGENTINELa présidente Cristina Fernández de Kirchner a annoncé trois projets de loi, qui, selon elle, cherchent à renforcer les droits des consommateurs, dont l’un renforce les contrôles de l’État sur les marchés. C’est cette dernière l’initiative qui a rencontré le plus de résistance d’une partie de l’opposition et des grandes entreprises. Elle comprend la réforme de la loi de l’offre, par lequel l’exécutif étend ses pouvoirs à fixer les prix dans la production et la commercialisation de biens et pour forcer l’approvisionnement des marchés. La règle, que la Chambre des représentants a converti en loi par 130 voix pour, 105 contre et cinq abstentions, élimine les peines de prison contre les employeurs, sur lesquels elles pesaient jusqu’à présent, et multiplie par dix le montant des amendes. En outre, les PME sont exclues de ces contrôles.

18 septembre – CHILI –Dix jours après l’attentat qui a fait 14 blessés dans un centre commercial près d’une station de métro de Santiago, la police a arrêté trois personnes, deux hommes et une femme, soupçonnées d’être les instigateurs et les auteurs de l’engin explosif. Les suspects ont entre 22 et 26 ans, et tous disposent d‘un passé de délinquants.

18 septembre – MEXIQUEAprès la tempête « Odile », considérée par les autorités mexicaines comme la plus destructrice de l’histoire de Baja California Sur (nord-ouest du Mexique), les habitants ont subi des pillages. Ceux de Los Cabos (environ 260 000 habitants), la partie la plus touchée, sont dans une situation d’urgence – pas de réseau électrique ou d’alimentation en eau – et ont pris d’assaut les supermarchés et les stations-service. 95% de la population de Baja California Sur a été privé d’électricité. Le cyclone a tué au moins quatre personnes et une est portée disparue. Odile a causé les pires dommages à l’infrastructure électrique du Mexique jamais vus.

18 septembre – VENEZUELALe président Nicolás Maduro a répondu à des allégations selon lesquelles le pays pourrait souffrir d’une épidémie menaçant la vie de milliers de personnes. « Ils ont essayé d’imposer au Venezuela une campagne de guerre psychologique, un aspect à caractère alarmiste et de guerre. Le terrorisme psychologique, cela a un autre nom, la terreur « , a déclaré le président. Mais il est allé encore plus loin : il a appelé à un soutien de l’Organisation mondiale de la Santé d’enquêter sur un présumé complot déjoué d’essayer d’injecter « un virus » dans le cadre d’une « guerre bactériologique » à l’hôpital de Maracay.

19 septembre – SALVADOR – Un juge a envoyé en détention provisoire l’ex-président du Salvador Francisco Flores en procès pour détournement de fonds et corruption, qui risque jusqu’à 25 ans de prison s’il est reconnu coupable.

19 septembre – AMÉRIQUE LATINE – Le printemps peut cesser d’être une des saisons les plus attendues pour se transformer en une des plus à craindre pour millions de Latino-américains. Les scientifiques ont déterminé que pendant le printemps, une pluie potentiellement mortelle de rayons solaires se faufilerait par le trou de la couche d’ozone en Antarctique, lequel, malgré les efforts de retenue, se développe nettement pendant la saison printanière. La plupart des pays latino-américains interdisent les produits nocifs, mais certains en utilisent encore.

19 septembre – MEXIQUE – Le massacre de Tlatlaya, au sud de l’État du Mexique, où l’Armée a mis fin à la vie des 22 présumés trafiquants de drogue en juin dernier, est en passe de devenir un test décisif pour l’actuel président mexicain. Les principales organisations humanitaires internationales ont exigé qu’on clarifie ce qui s’est produit et a rappelé la nécessité d’une recherche « des faits et crédible » à la charge des autorités civiles. La Commission Nationale de Droits de l’homme mexicaine elle-même, un organisme public, a indiqué qu’elle pense demander des explications aux militaires sur ce qui s’est produit.

19 septembre – PANAMALe Panama, qui en avril 2015 sera le siège du VIIe  Sommet des Amériques, a réactivé un vaste programme de relations politiques et de coopération économique, sociale et culturelle avec Cuba, sur une plateforme de liens diplomatiques qui cherche à promouvoir un rapprochement entre Washington et La Havane. Si les autorités cubaines acceptent l’invitation que le Panama leur présentera formellement en novembre prochain, les présidents des États-Unis, Barack Obama, et de Cuba, Raúl Castro, seront au Sommet des Amériques. C’est un fait sans précédent depuis que Cuba, sous la pression des États-Unis, a été suspendu en 1962 de l’Organisation d’États Américains (OEA) à cause de son système politique marxiste-léniniste.

20 septembre – BRÉSILAlors que le gouvernement de Rio de Janeiro lutte bec et ongles pour regagner la confiance de la société et investit d’énormes quantités d’argent dans les Unités de Police de Pacification (UPP), le cancer de la corruption semble rester en vie dans le cœur de l’institution. L’arrestation cette semaine du colonel Alexandre Fontenelle Ribeiro de Oliveira, numéro trois dans la hiérarchie de l’armée et chef du Commandement des opérations spéciales (COS), et de 24 autres policiers, dont cinq officiers, confirme que les mafias continuent à se déplacer librement dans les rangs de la police de Rio et que le problème est loin d’être résolu.

20 septembre – GUATEMALA – La construction d’une route et l’installation d’une usine de ciment sont à l’origine de troubles, pendant lesquels la police nationale civile et des agriculteurs se sont affrontés violemment dans le village de Los Pajoques, San Juan Sacatepequez, à 31 km à l’ouest de la ville Guatemala et qui ont fait sept morts.

21 septembre – MEXIQUEA moins d’un an des élections fédérales et après des avertissements de différentes organisations internationales, les trois principaux partis du pays – PAN (droite), PRI (centre au pouvoir) et PRD (gauche) – reconnaissent la nécessité d’augmenter le salaire minimum. La lutte contre l’inflation et les politiques d’austérité salariale choisies en conséquence au Mexique pendant les dernières décennies ont fait fondre le pouvoir d’achat des travailleurs à faible revenu de près de 80% depuis 1976. Aussi, le pays occupe le dernier rang dans la liste des pays de l’OCDE pour le niveau du revenu minimum. Le président de l’exécutif, Enrique Peña Nieto a annoncé lors de la présentation récente du deuxième rapport présidentiel que son parti a déjà préparé un plan pour améliorer le salaire minimum. Le projet, qui sera envoyé au Congrès en octobre, comprend l’élimination de deux zones de salaires existant jusqu’ici (urbain et rural) et l’inévitable désindexation.

Guy MANSUY

L’élection présidentielle du 5 octobre : un choix entre deux modèles idéologiques ?

Les candidates présidentielles Dilma Rousseff pour le Parti des Travailleurs et Marina Silva pour le Parti socialiste brésilien sont au coude à coude dans les derniers sondages. L’importance des revenus du pétrole. Les enjeux nationaux et internationaux.

Tout avait bien commencé, début 2014, pour la présidente Dilma Rousseff du Parti des Travailleurs (PT) qui se voyait déjà facilement réélue pour la période janvier 2015 à décembre 2018. Les sondages la donnaient gagnante avec 38 % des intentions de vote loin devant les 23 % de Aécio Neves du Parti social démocrate brésilien (PSDB) et des 9 % de Eduardo Campos du Parti socialiste brésilien (PSB). Ensemble, les huit autres candidats ne réunissaient pas 3 % des voix. Mais tout bascule le 13 août dernier lorsque l’avion transportant Campos vers un rendez-vous électoral s’écrase au sol tuant tous ses passagers.

 L’arrivée de Marina Silva

Le PSB devant redéfinir son candidat, se divise en deux secteurs : un premier souhaite s’unir à l’un ou l’autre des deux autres partis importants en lice, l’autre estime que le PSB doit se présenter seul et Campos doit être remplacé par Marina Silva, sa colistière.

Silva n’est pas une inconnue pour le peuple brésilien. Noire et issue d’une famille pauvre, elle entre jeune au convent mais en sort rapidement, travaille comme employée domestique, étudie l’Histoire à l’université et s’engage dans le syndicalisme. En 1990, elle est élue députée pour le PT et lorsque Lula gagne les élections présidentielles de 2003, il en fait sa ministre de l’Environnement pour ses positions écologistes, sa défense de l’Amazonie (elle est née à Rio Blanco à la frontière du Pérou) et des droits des indigènes.

Elle démissionne un an plus tard en opposition au choix de Lula d’accepter les cultures OGM et la construction de barrages en Amazonie, fonde son propre parti, Réseau durable (Rede), et se présente aux élections présidentielles de 2010 : elle y obtient la troisième place avec 20 millions de voix ! Mais son parti décline et elle décide de rejoindre le Parti socialiste brésilien. Eduardo Campos en fait sa colistière comptant bien bénéficier de ses 20 millions de voix. Elle ne fait pourtant pas l’unanimité dans le parti : les écologistes sont considérés par de nombreux socialistes comme « un corps étranger » dans le parti car ils s’opposent parfois à la ligne du parti et, plus récemment, elle ne s’entend pas avec le nouveau chef, Roberto Amaral. Lorsqu’elle est finalement nommée candidate présidentielle pour le PSB, le chef de campagne du défunt Campos, Carlos Siqueira, démissionne : « Marina ne représente pas ce qui motivait Eduardo Campos. Ils sont très différents politiquement et idéologiquement ». Le charisme de Marina Silva, sa défense de l’Amazonie, son passé de pauvreté et sa profession de foi en la religion évangélique lui attirent une grande notoriété : elle rattrape bientôt Dilma Rousseff dans les sondages d’août, reléguant le PSDB de Neves loin derrière…

 Un virage à droite

De fait, l’écologiste pure et dure a changé d’idéal politique : elle s’éloigne du centre gauche et se rapproche du courant qui cherche le retour au pouvoir des tenants du néolibéralisme et la fin de « l’ère Lula » commencée en 2003 et poursuivie par la présidente Rousseff. Pour preuve, Silva prend pour colistier Luiz Roberto Albuquerque, un grand propriétaire terrien lié à l’agrobusiness. Non seulement, sa campagne est financée par (entre autres) les entreprises Klabin (cellulose) et Semientes Roos (semencier pro-OGM), mais il est l’inspirateur de la loi qui autorise l’augmentation des cultures transgéniques au Brésil. Les ennemis de hier sont tout-à-coup devenus des partenaires !

Autres preuves de son évolution vers la droite : sa nomination enchante tant la revue Valeur Économique (« son choix de Albuquerque est réaliste ») que la chaine de presse O Globo, férocement anti-Lula. Il est à noter que la grande majorité des grands quotidiens brésiliens, dans les mains des oligarchies, se déchaîne quotidiennement contre la présidente Rousseff, Lula et le PT.

De plus, elle a choisi comme coordinatrice et responsable de la recherche de fonds de sa campagne, la millionnaire Maria Alice Setúbal, dont la famille est propriétaire de la banque Itaú, la plus importante des banques privées brésiliennes. Autre indice : elle est conseillée par l’ancien président Fernando Henrique Cardoso, chantre du néolibéralisme pour qui Dilma et le PT « sont les ennemis à vaincre ». Les sondages de fin août annoncent alors que, lors d’un second tour, Silva l’emporterait sur Rousseff ! Les cours de la Bourse montent…

 Le programme « mariniste »

Tout d’abord, « assurer l’indépendance de la Banque centrale, réduire les subventions aux banques d’aide au développement » ainsi qu’à la Caixa Economica qui finance la construction des logements populaires. Ensuite, « privatiser PetroBras », l’entreprise d’extraction du pétrole brésilien, et « abandonner le développement du PreSal », ce gigantesque gisement de pétrole récemment découvert au large des côtes. Finalement, prendre ses distances d’avec le MercoSur (1), pour se rapprocher de l’Alliance du Pacifique (2) et signer des traités de libre-échange avec les États-Unis et l’Union européenne. Bref, un retour aux politiques néolibérales d’avant Lula.

Son programme de 240 pages présente de nombreuses déclarations d’intention mais peu d’indication sur leur financement… Elle propose « une nouvelle politique post-partis », c’est-à-dire « au-delà des partis » ce qui, pour Dilma Rousseff, « est flirter avec l’autoritarisme… »

Autre preuve d’un virage à droite, le Club militaire, une association de militaires retraités qui défend le coup d’État de 1964, veut que le ministre de la Défense soit un militaire et exige le maintien des lois d’amnistie, donne son aval à la candidate du PSB.

 Dilma Rousseff contrattaque

Lors de divers débats télévisés entre les candidats présidentiels, la présidente-candidate Dilma Rousseff questionne les positions de Marina Silva : « Pourquoi ce mépris pour PetroBras et le Pre Sal ? Les revenus de ce pétrole vont permettre de financer les programmes de l’Éducation et de la Santé… Vous dîtes que vous développerez ces secteurs mais comment trouverez-vous les 140 milliards de reais que vous mentionnez dans votre programme (46 milliards d’euros) sans les ressources du pétrole? «  Pas de réponse claire de Silva. Rousseff rappelle que « depuis 2003, nous avons sorti 36 millions de personnes de la pauvreté et fait entrer 42 millions dans la classe moyenne ».

Pour le PT et Rousseff, l’indépendance de la Banque centrale préconisée par Silva revient à remettre la politique monétaire du pays dans les mains du marché et mettre fin aux politiques de redistribution des richesses.

Négliger les gisements du PreSal, c’est abandonner la politique énergétique indépendante du Brésil. Le PT allouera 7,5 % de ces revenus à l’Éducation et 2,5 % à la Santé. S’éloigner du MercoSur c’est abandonner les politiques régionales et internationales au profit d’accords avec les États-Unis.

Autre accusation de Rousseff contre Silva, ses changements de position sur des thèmes de société. Par exemple, un jour, elle défend le mariage pour tous, le lendemain elle se rétracte « pour des raisons religieuses », suite aux réclamations émises par les pasteurs évangéliques.

À la mi-septembre, Rousseff était créditée de 36 % des intentions de votes, Silva de 28 % et Neves de 15 %. Les cours de la Bourse redescendent… Mais lorsqu’un sondage annonce qu’au second tour (le 26 octobre), Silva l’emporterait avec 42 % contre les 41 % de Rousseff, la Bourse remonte, ce qui prouve clairement que les enjeux sont politiques mais aussi économiques…

La religion est un facteur non négligeable dans cette élection. Dilma Rousseff est une catholique, peu pratiquante il est vrai, mais les intentions des catholiques la donnent vainqueur avec 41 % contre les 36 % de Silva. Par contre, l’évangéliste très assidue Silva peut compter sur le vote évangéliste : 41 à 27.

 Des enjeux idéologiques nationaux…

Silva se propose « d’engager les meilleurs de n’importe quel parti » sans plus de précision. Rousseff rappelle que les divers gouvernements du PT ont créé et continuent de créer des emplois et de mettre sur pied des programmes sociaux. Elle craint que toutes ces réalisations soient mises en danger par les conseillers néolibéraux de Silva, des anciens ministres des ex-présidents Collor de Mello et Cardoso.

À ce propos, la FAO et le PMA (3) viennent de publier leur rapport « État de l’insécurité alimentaire dans le monde 2014 », qui montre que l’Amérique latine est le continent qui concentre le plus de pays ayant atteint l’Objectif du millénaire (des Nations unies) concernant la lutte contre la faim (4).

 … et internationaux

C’est le Brésil de Lula qui, le premier, a bloqué les projets ALCA (Association de Libre Commerce des Amériques) lancés par les États-Unis pour garder l’Amérique du Sud sous son contrôle politique et économique. Depuis, la politique internationale du Brésil s’est ouverte sur le reste des Amériques (Unasur et MercoSur, Celac) mais aussi sur le monde (BRICS)(5), une insertion réussie et indépendante dans la politique mondiale.

Silva semble préférer des accords de libre commerce bi-latéraux, un retour en arrière de dix ans, et surtout un retour vers un rapprochement avec les États-Unis qui, bien entendu, la soutiennent ! Quelle que soit la gagnante, elle devra composer avec d’autres partis car aucune n’aura de majorité au Parlement. L’allié traditionnel du PT est le… PSB, aujourd’hui l’adversaire. Il y aura nécessairement une recomposition des alliances et on peut s’imaginer que les négociations vont bon train !

A quelques jours du scrutin, le résultat du premier tour le 5 octobre, reste des plus incertains. Finalement, les Brésiliens devront choisir entre le retour du néolibéralisme cardosien d’avant Lula ou la continuation d’un gouvernement PT qui, malgré ses nombreux problèmes non résolus (corruption, ralentissement de l’économie, violence), a fortement réduit la pauvreté dans cet immense pays, huitième économie mondiale.

 Les autres candidats :

Jorge Eduardo du Parti Vert (PV)

Luciano Genro du Parti socialisme et liberté (PSOL)

Le Pasteur Everaldo Pereira du Parti social chrétien (PSC)

Eymael du Parti social démocrate chrétien (PSDC)

Levy Fidelix Parti rénovateur travailliste brésilien (PRTB)

Mauro Iasi du Parti communiste brésilien (PCB)

Rui Costa Pimenta Parti cause ouvrière (PCO)

Zé Maria du Parti socialiste des travailleurs unifiés (PSTU)

 

Jac FORTON

Notes
(1) Alliance politico-économique qui regroupe le Brésil, l’Argentine, le Venezuela, le Paraguay et l’Uruguay proches des thèses sociales démocrates.
(2) Alliance politico-économique qui regroupe le Chili, le Mexique, le Pérou et la Colombie, plus proches des thèses néolibérales.
(3) FAO : Organisation des Nations unies pour la nourriture et l’agriculture. PMA : Programme alimentaire mondial.
(4) Parmi eux, le Mexique, l’Argentine, les Barbades, le Chili, l’Uruguay, Cuba, le Venezuela et bien sûr le Brésil. Voir le site Economiahoy
(5) Unasur : Union des nations de l’Amérique du Sud, comprenant tous les pays du cône sud. Celac : Communauté des États latino-américains et caraïbes, comprenant tous les pays des Amériques sauf les États-Unis et le Canada. BRICS : Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud.

Good-bye Cuba de Lorenzo Lunar

Si on a la mémoire défaillante et que l’on cherche à acquérir un ouvrage du Cubain Lorenzo Lunar, on s’aidera du nom de musiques et de danses latino-américaines, boléro et tango : Boléro noir à Santa Clara est le premier roman traduit en français suivi en 2013 de La vie est un tango. La référence à ces musiques permet aussi de comprendre l’univers et le style d’écriture de Lorenzo Lunar. On a affaire ici à une littérature sensuelle où le rythme répétitif et libre percute et où la description des choses et des corps pèse. De plus, l’auteur fait part de sa playlist et, chose assez rare, l’éditeur indique même sur le rabat de fin les huit titres de cette sélection, de Maravillas de Florida à Rubén Blades.

Si l’on cherche dans les rayons de la littérature générale on trouvera aisément les grands noms de la littérature latino-américaine et dorénavant, Leonardo Padura, autre Cubain, consacré en particulier par l’impressionnante enquête historico-policière qui a pour titre L’homme qui aimait les chiens. Mais on ne trouvera pas Lorenzo Lunar, auteur encore confidentiel en France mais considéré comme l’auteur cubain le plus lu en 2012.

Le roman noir étend son territoire à l’Amérique latine

Retour en librairie : on peut trouver La vie est un tango dans les étagères du roman policier, entre Raymond Chandler et Dashiell Hammett. Lorenzo Lunar se revendique de ces maîtres fondateurs du « polar ». En croisant la littérature et un quartier de Santa Clara dans les codes du roman policier il donne libre cours à un hyper-réalisme et permet à un commissaire de police de déambuler et d’écouter les voisins raconter leurs histoires. Il faut se rendre à l’évidence : dorénavant, Il conviendra d’ajouter au tableau des grands domaines de la littérature latino, le « polar », roman policier ou roman noir. Les spécialistes iront bien sûr chercher les racines latinos chez les pères de la littérature consacrée, certains par des prix Nobel. Ils y trouveront d’abord Jorge Luis Borgés et Adolfo Bioy Casares qui tenaient en haute estime la littérature policière, au point d’écrire ensemble, sous le pseudonyme de Honorio Bustos Domecq des nouvelles policières. On l’ignore ou on l’a oublié, leur collaboration a été longue et a commencé par la rédaction commune d’une publicité pour une marque de yaourt et s’est poursuivie après 1937 par une nouvelle policière jamais publiée. La clandestinité, le nom d’auteur fictif ont sans doute à voir avec les ukases des régimes dictatoriaux, à quoi s’ajoute aussi le préjugé selon lequel le roman policier serait un genre mineur. De fait, les dictatures n’aiment pas le roman noir quand elles ne l’interdisent pas purement et simplement. Aujourd’hui, les régimes démocratiques sont de rigueur –ou presque -et le genre a ses auteurs cultes et ses festivals dans de nombreux pays Amérique latine, comme en France et ailleurs dans le monde.

Le désordre du monde ou la révolution ?

Dès l’entame, Lorenzo Lunar se montre plus sensible aux références fondatrices de la littérature policière nord-américaine qu’à des auteurs latinos: son roman Boléro noir à Santa Clara avait été retenu pour le prix Dashiell Hammett en 2009 et son dernier livre s’ouvre sur une citation de Chandler tiré de The long Good-Bye dont on verra qu’elle est reproduite de manière inexacte. L’ouvrage se termine par une postface où Chandler est encore mentionné et accompagne Lunar dans sa conversion au roman noir «qui doit être plus vraisemblable que la vie elle-même ». Alors, le Cubain Lorenzo Lunar est-il « Hammettien ou Chandlérien ? » pour reprendre la distinction faite par Emmanuel Laurentin dans une conférence de la Fabrique de l’Histoire (France Culture). Cela consisterait un peu à demander s’il est révolutionnaire ou réformiste.

Partout, cette question ironique a à voir avec l’esthétique et la vision du monde des auteurs de polars et les divise, grosso modo, en deux sous-ensembles : révolutionnaires ou réformistes mous, témoins résignés du désordre du monde ou partisans de la révolution. Comme la référence au roman policier américain se fait incontournable sous la plume de Lorenzo Lunar- et jusque dans sa postface- et comme la situation cubaine reste singulière, Il faut regarder de plus près ce qu’il dit et ne dit pas de la société où vivent ses personnages, et quelles entorses il fait à ce genre littéraire.

Santa Clara et la « culture de la coupure »

Dans La vie est un tango, Léo Martin quitte La Havane et rejoint la petite ville de province de Santa Clara et le quartier dont il est originaire pour en devenir le commissaire de police. On n’est pas là dans l’essence du roman noir américain qui se déroule plutôt dans la jungle nocturne des grandes villes et où le héros est un détective privé. Ici, on est plongé sous le soleil, sans aucun personnage solaire, dans la vie de quartier où tout le monde se connaît, danse, s’épie et se raconte. Miné par une vie sentimentale chaotique dont on ne nous épargne pas les détails, Léo Martin n’a rien de Philipp Marlow, le héros chandlérien désabusé et modérément alcoolisé ou du héros hammettien presque transparent, tout occupé à mettre en branle un processus de subversion de l’ordre établi, armes au poing, comme dans Moisson rouge. Dans le Tango de Lorenzo, tango que certains ont défini comme le roman triste d’un monde déchiré, la routine quotidienne est faite de petites entorses avec les règlements rigides, de contrebandes minuscules auxquelles on a du mal à s’intéresser, d’une prostitution larvée et de petits règlements de comptes, certains mortels. L’ordre établi ne tangue pas mais on entend la voix du quartier qui raconte ce que font les habitants plutôt que ce qu’ils pensent ou qu’on leur demande de penser. Au contraire de Léo Martin alcoolisé au mauvais alcool de canne, les privés de Hammett ou Chandler sont eux immergés dans un univers où l’on côtoie aussi les truands de petit acabit mais où l’on remonte sans cesse la verticale du pouvoir, des grands mafieux aux avocats de l’ordre établi , des politiques aux magnats de la presse. L’horizon social décrit par Lunar est de toute évidence bien plus restreint. Mais Leonardo Padura nous le dit ailleurs: Cuba et La Havane « débordent de métaphores et de révélations insondables ». Du quartier à la vie, on comprend qu’il n’y a pas de coupure: « le quartier est un monstre. La vie est un tango ». Les privations, frustrations et lamentations rythment la ronde des jours. Finalement, on y développe une « culture de la coupure ». Il n’y a que peu d’heures d’électricité mais on fait avec et on apprend à exécuter les gestes du quotidien dans le noir, sous contrainte.

Un nuage rose

Au contraire des arabesques somptueuses et des raccourcis saisissants de Philipp Marlow, les pérégrinations de Léo Martin au milieu d’une multitude de personnages ne contribuent pas à aiguiser la curiosité et à magnifier l’énigme : on est dans un roman social avec un tempo lent. On ne sort pas du microcosme. Au-delà : danger. «Ce ne sont que des êtres humains qui transpirent, se salissent et vont aux toilettes. Vous espériez quoi ? Des papillons dorés virevoltant dans un nuage rose. » écrit-il dans l’épitaphe. Cette citation que Lorenzo Lunar découpe dans The long Goodbye de Raymond Chandler vient bien à propos pour décrire l’univers de Lunar mais elle est en partie apocryphe car elle subit une double entorse : là où Lunar écrit « êtres humains » Chandler parlait clairement des « femmes». Cette citation est extraite d’un propos de Chandler sur l’enchantement et le désenchantement de l’amour. Lunar parle lui du quotidien sans amour mais hyper-sexualisé. Mais l’un et l’autre soignent la mise en scène. «Pour que cela reste fascinant, c’est tout un art. ». Celui du roman. Avec Lorenzo Lunar, le tempo du tango se ralentit et ce n’est pas une danse de salon : enfants, jeunes de bonne famille et naïfs, s’abstenir !

Maurice NAHORY

La vie est un tango de Lorenzo Lunar, traduit de l’espagnol (Cuba) par Morgane Le Roy, aux éd. Asphalte, 18 euros

Commémoration du coup d’État de 1973 : la réconciliation impossible

41 ans après le coup d’État militaire du 11 septembre 1973 et 25 ans après la fin de la dictature, la commémoration de cette tragédie divise toujours autant les Chiliens. Commémoration émotive au Palais de La Moneda. Le pinochétisme relève la tête.

Émotion au Palais de La Moneda

Accompagnée d’Isabel Allende et de Maya Fernández, fille et petite-fille de l’ancien président Salvador Allende, la présidente Michelle Bachelet a réalisé une visite symbolique des sites du palais présidentiel de La Moneda liés au coup d’État de 1973. Après avoir déposé des roses blanches et rouges dans le Salón Blanco où se trouve toujours le bureau d’Allende, la présidente prononça un discours dans le patio central du palais devant de nombreuses personnalités politiques des partis gouvernementaux mais aussi d’opposition (1), de représentants des religions catholique, protestante et juive, des anciens présidents de la République Ricardo Lagos et Eduardo Frei, et de membres des associations des familles des victimes de la dictature… Invité, l’ancien président Sebastián Piñera s’est excusé sans donner de raisons pour son absence.

« En démocratie, le Chili n’a pas perdu la mémoire et n’a pas oublié ses enfants persécutés, exécutés ou disparus. Nous n’avons pas non plus oublié les blessures du passé, toujours douloureuses… » rappela la présidente. Et d’annoncer un projet de loi visant à abolir la loi d’autoamnistie décrétée par le général Pinochet en 1978 pour empêcher toute action en justice contre les tortionnaires et les assassins du régime militaire. Elle annonce également la création d’un sous-secrétariat des Droits humains.

Elle termine en lançant un message aux civils et aux militaires qui ont soutenu la dictature : « Les victimes qui ont survécu et ceux qui ont torturé et tué sont maintenant des personnes âgées. Beaucoup sont morts en attente de justice, beaucoup sont morts en gardant le silence… Il faut en finir avec ces espoirs douloureux et ces silences injustifiés. Pour cela, il est fondamental que ceux qui possèdent des informations, qu’ils soient civils ou militaires, les donnent… »

À l’extérieur de La Moneda, une délégation a déposé des fleurs au pied de la statue de Salvador Allende située à quelques pas du palais présidentiel. Une autre s’est rendue au cimetière général pour déposer des fleurs devant les tombes d’Allende, de Victor Jara, de Miguel Enríquez et devant le Monument aux disparus.

Le pinochétisme contrattaque

Alors que les parlementaires observent une minute de silence au Parlement, le député UDI Ignacio Urrutia se lève et quitte bruyamment la salle en protestation contre ce silence. La UDI est le parti pinochétiste par excellence et Urrutia un spécialiste de ce genre de manifestation. En 2012, il avait déjà fait le même coup en criant que « Allende n’était qu’un lâche… »

La veille des commémorations, des organisations de militaires retraités jettent de l’huile sur le feu sous la forme d’un encart publié par le quotidien La Tercera, le second en importance du Chili. « Jamais nous n’abandonnerons ceux qui ont exposé leur vie pour la grandeur du Chili… Nous saluons les Chiliens en ce jour qui signale la date de la fondation du Chili du 21e siècle… Ceux qui ont combattu pour créer les conditions qui ont permis le progrès de la Nation, ont été condamnés dans des procès injustes et sans l’application des lois de la République, par exemple la loi d’amnistie… « 

Réponse cinglante de Guillermo Teillier, secrétaire général du parti communiste : « De quoi se plaignent-ils ? Ce sont eux les coupables de la situation qu’a connu le Chili et qui continue aujourd’hui… » De même, le sénateur Alejandro Navarro : « les militaires ont bénéficié des droits de la défense que jamais ils ne nous donnés à nous… » On sait aussi que sous la présidence de Piñera déjà, le ministère de l’éducation avait recommandé que les livres d’histoire ne parlent plus de « dictature » mais de « gouvernement militaire »… Suite au tollé presque général, la recommandation fut rapidement abandonnée.

Autres signes inquiétants : les militaires emprisonnés pour crimes commis pendant la dictature se font passer pour des victimes injustement condamnées ! Ce fut le cas déjà du tortionnaire Miguel Krassnoff qui a pu publier  un livre revendiquant ses actions. Et cette semaine, le major Carlos Herrera, assassin du syndicaliste Tucapel Jimenez et emprisonné pour ce crime, a pu donner une interview à la télévision publique (TVN) en heure de pointe un dimanche dans laquelle il estime que les militaires incarcérés sont les victimes d’une injustice…

Du côté de la France, quelle surprise aussi de découvrir que le dictionnaire français Maxipoche Larousse de 2013 indique sous la rubrique Pinochet Ugarte (Augusto) : « général et homme politique chilien, président de la République 1974-1990 » ! De coup d’État, de dictature, pas un mot !

Le député UDI Ernesto Silva préfère faire croire que tout cela est du passé : « les Chiliens veulent aller de l’avant vers ce qui les unit, pas ce qui les divise ». Il n’y a pire sourd que celui qui ne veut entendre…

Par contre, le député de droite Rosauro Martínez s’est fait retirer son immunité parlementaire et a été mis en examen pour l’assassinat de trois membres du MIR (Mouvement de la gauche révolutionnaire) lors de « l’Opération Machete » en septembre 1981. Martínez était alors commandant d’un bataillon de l’armée chargé d’éliminer une tentative de formation d’une guérilla miriste dans les montagnes de Neltume dans le sud du Chili. Les miristes furent tous exécutés… Martínez attend son procès en liberté sous caution de 20 000 €….

Cinq étoiles ou trois ?

Lorsque les familles des victimes demandent à ce que la prison de Punta Peuco, où sont incarcérés les militaires condamnés pour violation des droits humains pendant la dictature, soit fermée et les prisonniers envoyés dans une prison de droit commun, l’ancien président DC Eduardo Frei s’y oppose : « Il est évident que ce type de prisonniers dans une prison publique seront rapidement assassinés. Il suffit de voir le traitement donné par les prisonniers communs aux violeurs d’enfants… L’État doit assurer la sécurité de ces militaires, c’est pourquoi il a fallu construire ce type de prison… »

Jusqu’à 2012, ces prisonniers militaires étaient reclus dans la prison Cordillera, considérée comme un hôtel 5 étoiles : mess des officiers, piscine, tennis, internet, visites sans restrictions, etc. Cette année-là, le président Piñera la ferme et envoie les prisonniers à la prison Punta Peuco. Pour les partisans de la fermeture complète de ces prisons, « Les milicos sont passés d’une prison 5 étoiles à une prison 3 étoiles… »

L’explication du pourquoi, chaque année, le 11 septembre continue de déchirer le Chili se trouve peut-être dans l’analyse de Karol Cariola, jeune députée communiste : « Tant que les militaires ne disent pas où sont les disparus et ne rompent pas leur pacte du silence dont la droite chilienne est complice, qu’ils ne nous demandent pas la réconciliation… »

Jac FORTON

(1) Soit les cinq partis de la coalition officielle Nueva Mayoría (PS, DC, PPD, PRSC et PC)   mais aussi deux partis d’opposition, Amplitud et Evópolis (centre droit).

Le Guatemala a le recouvrement fiscal le plus faible du monde

« Le Guatemala soulève le moins de recettes publiques du monde par rapport à la taille de son économie. (…) Ce faible niveau de ressources publiques limite les dépenses publiques », souligne l’ADN économique du Guatemala, présenté par la Banque mondiale (BM) lors d’une conférence de presse.

Le rapport note que les recettes publiques représentent actuellement moins de 12 % du PIB, bien en dessous de la moyenne de 26% en Amérique latine et de la moyenne mondiale de 32 %. Le rapport a noté que l’économie guatémaltèque, qui a progressé de 3,7 % en 2013 a été tirée par la consommation intérieure, tandis que l’investissement public et privé s´est affaibli « de manière significative ». « Le taux de croissance de la consommation privée, qui représente plus de 80% du PIB, s’est accéléré de 3,1 à 3,9 % entre 2012 et 2013. En ce qui concerne l’investissement privé, il est passé de 8,8 % en 2012 à 3,6 %t en 2013. À son tour, l’investissement public s´est contracté de 11,9 % en 2012 et a diminué de 4,7 % en 2013, selon le document. Le rapport de la Banque mondiale a également noté que le Guatemala est un pays caractérisé par de grands écarts sociaux en raison d’une répartition inéquitable des ressources. « La croissance économique du Guatemala présente le défi de favoriser une plus grande prospérité partagée, ce qui signifie une augmentation des revenus des 40 pour cent les plus pauvre de la population », a déclaré l’organisation.

David GARCÍA MORA

L’art des Indiens Huichol honoré à Marseille

A l’occasion d’une exposition organisée entre les 13 septembre 2014 et 11 janvier 2015, le Centre de La Vieille Charité nous donne l’opportunité de découvrir l’art des Indiens Huichol à Marseille. Art contemporain et rites religieux se mêlent pour nous faire connaître un univers venu tout droit du sud-ouest du Mexique.

Les Indiens Huichol ont développé un art des « tableaux de fil » à partir des années 1960 qui représente des scènes de la mythologie et du rituel avec des fils de laine ou d’acrylique. Ces œuvres, souvent appelées « Nierika » (objets pour voir), seraient de réels miroirs des dieux. D’ailleurs, cet art, relativement jeune, a donné à ses artistes une véritable réputation internationale, comme ce fut le cas pour José Benitez Sanchez et Ramon Medina.

C’est l’ethnologue Michel Perrin qui a vécu avec les Huichol au Mexique qui est à l’origine de cette exposition et qui a écrit Visions huichol (Somogy éditeur, 2014). Le Musée du Quai Branly et le Museum d’Histoire naturelle de New-York , qui prêtent des œuvres au Centre de La Vieille Charité, nous permettent d’entrer dans un univers graphique trop peu connu en France, bien que d’une richesse ineffable.

Najat SAIDI

Site expo

« La Paz », un film argentin de Santiago Loza.

Liso, un jeune homme issu de la classe moyenne argentine, vient de sortir d’un hôpital psychiatrique. Forcé de se réinventer, seule la relation qu’il entretient avec Sonia, la domestique bolivienne de la maison et le temps qu’il passe avec sa grand-mère, semblent lui redonner espoir…

« J’ai voulu faire un film limpide », déclare le réalisateur, « doté d’un certain humour et de douceur, dans lequel les personnages affrontent leur vie comme ils le peuvent. Ils sont tous fragiles, chacun à leur façon. LA PAZ est une sorte de fable, teintée de tristesse liée à la perte, éclairée par de courts moments de splendeur et de beauté et ponctuée de rencontres attendrissantes. La paz est un hommage rendu à des personnages paisibles et enchanteurs, aux adieux tranquilles. C’est aussi un film sur le quotidien, à la fois simple, vital et mélancolique. Je ne connaissais pas La paz, cette ville bolivienne. Je ne la connaissais pas et elle résonnait comme un lieu sacré. J’ai construit l’histoire d’un personnage qui désire la paix, littéralement. C’est une plaisanterie, mais aussi une possibilité de s’échapper vers un lieu lointain qui a pour nom la paix ».

Nous connaissons Santiago Loza pour un beau film réalisé avec Iván Fund, Los Labios, présenté à Cannes en 2010. La Paz est un peu plus lent avec beaucoup de plans fixes, et est très court, 1 h 13. Le réalisateur a montré avec talent ce moment où le personnage sort de la réalité et doit emprunter un long cheminement pour y revenir.

L’interprétation est attachante. Sonia, la bonne bolivienne, n’est pas comédienne, et la grand-mère de Liso est vraiment interprétée par la grand-mère de l’acteur Lisandro Rodríguez qui a obtenu pour ce film le prix d’interprétation à Biarritz l’an passé. Ajoutons que Santiago Loza écrit également des pièces de théâtre et travaille au sein d’un atelier où il anime des séminaires d‘écriture et de dramaturgie.

Alain LIATARD

Les faits d’actualité du 26 août au 6 septembre

26 août – COLOMBIEJohn Jairo Velasquez, surnommé  » Popeye « , a été pendant des années le bras droit de Pablo Escobar, le grand baron de la cocaïne tué par la police en 1993. Popeye a retrouvé la liberté, pour ²bonne conduite²  et pour être passé aux aveux après avoir passé vingt-deux ans dans une prison colombienne. John Jairo Velasquez a reconnu avoir tué de sa main plus de 300 personnes et commandité quelque 3 000 autres assassinats.

27 août – CHILI – Pour la première fois au Chili, un membre des forces armées a révélé publiquement son homosexualité. Mauricio Ruiz, un marin de 24 ans, a confié être gay au cours d’une conférence télévisée donnée dans les locaux du Mouvement chilien pour l’intégration et la libération homosexuelle (Movilh), à Santiago. Vêtu en civil, il a précisé avoir l’aval de ses supérieurs pour faire cette révélation. Le Chili est l’un des pays les plus conservateurs d’Amérique latine. A Santiago, une marche inédite a eu lieu en juin pour revendiquer les droits des minorités sexuelles.

28 aout – BRESILL’avenir du secteur des télécommunications au Brésil s’est joué en grande partie à Paris. En annonçant l’ouverture de négociations exclusives avec l’opérateur espagnol Telefonica pour lui céder sa pépite brésilienne Global Village Telecom (GVT), Vivendi a donné le signal de départ d’une reconfiguration du secteur de la téléphonie, dans un pays où quatre grands opérateurs se livrent à une concurrence féroce. L’acquisition de GVT permettrait au groupe espagnol d’augmenter sa part de marché.

28 août – PÉROU –C’est le jour où se réunissent les familles des victimes des 20 années de violences de l’organisation terroriste Sentier lumineux et de faire le point sur les obligations de l’État péruvien à leur égard. Un rapport du Défenseur du Peuple, envoyé au ministère de la Justice ce jour-là, indique que 54 856 personnes ont reçu des réparations financières. Le Médiateur a enregistré un total de 88 559 crimes éligibles pour une réparation. L’État, cependant, n’a pas encore payé les compensations de 33 703 infractions, 38% du total des engagements enregistrés jusqu’en 2011. Le gouvernement du président Ollanta Humala a passé près de 68 millions de dollars pour payer des réparations économiques, mais toujours pas de réponse sur les 16 000 disparus.

29 août – BRÉSIL –À moins de deux mois de l’élection présidentielle, l’Institut national de statistiques (IBGE) a annoncé que le pays était désormais en récession. La nouvelle tombe au plus mal pour la présidente Dilma Rousseff, candidate à sa propre réélection au scrutin d’octobre. Trois jours à peine après un vif débat télévisé [photo] entre les favorites des sondages – la présidente et la candidate du parti socialiste Marina Silva – où la chef de l’Etat a répété que l’économie se portait bien alors que sa concurrente lui reprochait la faiblesse de la croissance de l’économie brésilienne.

1 septembre – HONDURASAprès avoir accepté d’aider les Forces Armées du Honduras à renforcer sa capacité aérienne et commencer à négocier la vente de quatre avions de guerre, le Brésil sera cette semaine un grand absent de la Cinquième Réunion des États participants à la Convention sur les armes à sous-munitions au Costa Rica. C’est un accord mondial, signé et ratifié par 113 États et rejeté par le Brésil, qui est le seul pays de l’Amérique latine et des Caraïbes qui fabrique et vende ces armes génératrices de hauts coûts humanitaires.

1 septembre – MEXIQUE –Claudio Magris, né à Trieste en 1939, est le premier Italien à remporter le trophée de la Foire internationale du livre de Guadalajara (FIL) dans les langues romanes, et le plus grand événement littéraire espagnol dans le monde. Claudio Magris est un écrivain, germaniste, universitaire et journaliste, héritier de la tradition culturelle de la Mitteleuropa qu’il a contribué à définir. Il est notamment l’auteur de Danube (1986), et de Microcosmes (1997), Il est également chroniqueur pour le Corriere della Sera. Il a reçu de nombreux prix littéraires particulièrement en Europe.

1 septembre – PÉROU –La Police nationale du Pérou a saisi plus de sept tonnes de cocaïne acheté par un cartel mexicain de Sinaloa, qui devait être envoyé en Belgique et en Espagne. Les agents ont mis cinq jours pour casser les blocs de carbone qui contenaient 7264 paquets de 500 grammes de cocaïne et un kilo saisi dans les entrepôts d’une station balnéaires de la côte nord du pays. La drogue est arrivé à Lima dans l’opération appelée Tit pour  « l’analyse, l’évaluation et la détermination du poids net », a expliqué général Vicente Romero, directeur de la police anti-drogue (Dirandro). La saisie est sans précédent au Pérou. Elle contraste aussi avec le constat, depuis 2012, que certains policiers font partie des réseaux de trafic de drogue dans l’aéroport international de Lima. Ce sont eux qui mettent les emballages de drogue dans les valises enregistrées par les voyageurs se rendant au Mexique. Chaque année, quelques 320 tonnes de cocaïne (poudre) sortent du Pérou, selon la police anti-drogue. Ses principaux marchés sont le Mexique, le Brésil et l’Europe.

1 septembre – CUBALa marine mexicaine a secouru un radeau avec 17 Cubains à bord – 7 femmes et 10 hommes – à 246 km du port de Progreso dans la péninsule du Yucatan (Sud-Est). Deux hommes sont morts avant le sauvetage, un à bord du radeau et un autre au moment de l’intervention de la marine. Les rescapés avaient des symptômes de déshydratation sévère. Les survivants devront retourner à Cuba, conformément aux accords entre les 2 pays. Le groupe a cherché à atteindre la Floride (Etats-Unis) sur un radeau déglingué peint en blanc sur un côté et sans moteur.

2 septembre – MEXIQUELe président Enrique Peña Nieto a annoncé un engagement fort pour l’investissement dans les travaux publics comme moteur de la reprise économique. Ceci sera concrétiser par un coup fort avec l’effet de l’annonce de la construction d’un nouvel aéroport pour la capitale avec six pistes. Le travail gigantesque, dont le budget sera de l’ordre de 9 milliards de dollars et qui permettra de quadrupler la capacité actuelle, est la figure de proue d’un plan d’infrastructures qui sera dans les quatre prochaines années une injection de 590 milliards de dollars (63% du Trésor public), l’un des plus importants programmes d’investissement en Amérique latine. Une grande partie de ce capital sera utilisé pour améliorer les communications et les transports, en particulier les routes, les chemins de fer et les ports.

2 septembre – CUBALa démission de près de trois douzaines de membres du mouvement dissident des Dames en blanc dans la province de Santiago de Cuba au cours des dernières semaines a causé la plus grande crise de l’organisation depuis sa création en 2003. Le mouvement qui réunit les épouses, filles et sœurs de dizaines de prisonniers politiques sous la direction de Berta Soler, a été critiqué depuis la province pour la centralisation des décisions de l’organisation. Berta Soler rejette le conflit, qui cette fois a atteint d’autres groupes dissidents, et accuse le gouvernement de La Havane d’essayer de diviser l’opposition naissante. Le conflit aurait pour origine la démission de la représentante du mouvement à Santiago de Cuba, Belkis Cantillo, parce que Berta Soler aurait torpillé la collaboration entre son organisation et l’Union patriotique de Cuba (UNPACU) organisation d’opposition dont des parents de Belkis Cantillo sont des représentants dans la province de Santiago et de Miami.

2 septembre – VENEZUELA –Le président Nicolás Maduro évite de parler d’économie et modifie légèrement son cabinet en nommant Rafael Ramirez ministre des Affaires étrangères, jusqu’à présent président du PDVSA, pour remplacer Elias Jaua qui est chargé de la vice-présidence, nouvellement créée, du Développement Territorial du Socialisme.

3 septembre – PÉROU –Le restaurant péruvien Central a été reconnu à Lima comme le meilleur restaurant en Amérique latine dans la liste des 50 meilleurs à San Pellegrino, élu par 252 experts et des critiques. Les chefs cuisiniers et les propriétaires de Central sont le couple  Virgilio Martínez et María Pía León. Central propose une cuisine péruvienne moderne-contemporaine, selon sa propre définition. Dans le top 15 du sous-continent, cinq restaurants sont à Lima

3 septembre – COLOMBIE – La Cour constitutionnelle annule une ordonnance du maire de Bogotá Gustavo Petro qui avait résilié en juin 2012 le bail de la location de la place la plus emblématique pour la tauromachie, La Santamaría de Bogotá à la suite d’un procès intenté par la Société tauromachie. La tauromachie pourra revenir dans la capitale.

3 septembre – GUATEMALACoordonnée par la Commission internationale contre l’impunité au Guatemala (CICIG), la police a arrêté Edgar Camargo, directeur du système pénitentiaire du Guatemala, sur des accusations d’assassinat, de corruption passive et de blanchiment d’argent. Ont également été arrêtés, entre autres, l’ancien directeur adjoint des prisons, Edy Fisher Arvizu, en février ; Ochoa et Alejandra Reyes, épouse de l’un des plus célèbres détenus : le capitaine Byron Lima Oliva, condamné à 20 ans de prison pour l’assassinat de l’évêque Juan Gerardi , et qui a pris le pouvoir à l’intérieur des  prison  – au point de sortir quand il veut, d’organiser des fêtes et de diriger des gangs criminels de sa cellule, équipé d’internet et de la télévision. Rien d’étonnant dans un système pénitentiaire abandonné depuis des années et sur lequel l’Etat n’a aucun contrôle. Le surpeuplement dans les prisons au Guatemala dépasse déjà 280% de la capacité installée.

4 septembre – COLOMBIE – Comme promis le jour où le nouveau Congrès a été formé , le président colombien Juan Manuel Santos, a annoncé une réforme de la politique. Entre autres mesures, l’élimination de la possibilité de la réélection pour un président qui avait été rétablie en 2005 pour permettre un second mandat du président Alvaro Uribe. Dans le projet législatif, il proposera d’éliminer non seulement la réélection automatique à la présidence mais aussi celle de tous les hauts fonctionnaires de l’État. Pour le Président sa proposition « rétablit l’équilibre du pouvoir » dans le pays. La réforme propose également de modifier la façon dont le procureur général est nommé, puisqu’il sort d’une liste établie par les hautes cours et est finalement choisi par le Congrès. Dans la proposition du président, il sera élu par le Sénat à partir d’une liste qu’enverra le président, qui a été immédiatement critiqué par certains parlementaires, ceux-ci affirmant que le procureur serait « de poche ». L’initiative présidentielle comprend également une modification de la manière dont le Sénat est choisi avec l’intention de donner une représentation aux régions qui n’ont pas de place dans cette institution.

4 septembre – COSTA RICA – Le Costa Rica, pays heureux, écologique, démocratique et pacifique, manque de quelques caractéristiques. Un appareil étatique pulvérisé d’inefficacités, gaspillage et corruption impuni, fait partie de la réalité de ce pays d’Amérique centrale, à juger par le diagnostic du président lui-même, Luis Guillermo Solís, après qu’il est accompli ses 100 premiers jours au pouvoir avec une promesse de changement politique qu’il admet difficile à accomplir. Sous le développement social avancé, la sécurité des citoyens relative et une stabilité politique exemplaire, il y a de la boue dans sa bureaucratie et ceci non seulement menace le caractère institutionnel du pays, mais retarde sa compétitivité et, par conséquent, l’avance d’une économie qui croît à une moyenne de 4% annuel et, en haut, distribue mal les profits par sa structure fiscale.

4 septembre – CHILILe ralentissement économique au Chili, comme dans la région, atterrit au milieu des réformes. Pour endiguer le ralentissement, le gouvernement a cherché à aborder le patronat. Le ministre des Finances Alberto Arenas, a rencontré la semaine dernière des chefs d’entreprise pour organiser un partenariat public-privé. La droite et le patronat, toutefois, affirment que les changements profonds que prétend effectuer le gouvernement de Michelle Bachelet – la réforme de l’éducation, de la Constitution et de la fiscalité, qui sont sur le point d’être approuvés par le Parlement – ont provoqué un cadre d’incertitude qui n’a pas favorisé la force de l’économie. La présidente a annoncé un plan visant à renforcer les investissements publics et privés et un ensemble de mesures visant à créer 11 500 nouveaux emplois pour abaisser le taux de chômage qui est à 6,5%, une augmentation de 0,3 points de pourcentage au cours des 12 derniers mois. « Les gouvernements ne sont pas à plaindre, mais doivent trouver des solutions à court terme » a indiqué la présidente socialiste dont l’approbation atteint 49% selon le sondage, cinq points de moins que le mois dernier.

4 septembre – BOLIVIE –La pression des organisations de la société civile en Bolivie a forcé à la démission deux candidats aux élections parlementaires dénoncés pour abus sur leurs partenaires.

5 septembre – PETITES CARAÏBES –Accablées par les prix du pétrole, les petites îles des Caraïbes se tournent vers l’énergie géothermique, qui est générée dans leurs propres entrailles, comme un substitut de l’or noir. Celles-ci, en plus de leurs plages, ont une source d’énergie souterraine retrouvée qui pourrait être la grande réponse à la consommation coûteuse et non durable des combustibles fossiles. Sept pays des Caraïbes orientales ont un énorme potentiel pour la production d’énergie géothermique, qui peut être confirmée par un examen plus approfondi, selon une étude de la Banque mondiale.

5 septembre – BRÉSIL –Un sondage montre les tendances conservatrices de la société,des pays sud-américains : 79% des Brésiliens sont contre la légalisation de la marijuana, selon un sondage réalisé par l’Institut IBOPE. Le même pourcentage de la population ne veut pas légaliser l’avortement. L’étude révèle également que plus de la moitié des Brésiliens, 53%, rejette le mariage homosexuel. Alors qu’elle se déclare conservatrice, la société agit différemment. Bien qu’illégale, un million de femmes chaque année interrompent leur grossesse.

5 septembre – CHILIIl n’a jamais aimé les hommages mais pour son centième anniversaire, Nicanor Parra, l’écrivain chilien iconoclaste et prophète autoproclamé de l’anti-poésie, n’a pu éviter le torrent d’affection et d’admiration de tout un pays, la présidente Michelle Bachelet en tête. Nicanor Parra est né le 5 septembre 1914 à San Fabián de Alico, dans la région de Chillan, au sud du Chili, au sein d’une famille d’artistes populaires, comptant sept frères et sœurs dont la célèbre Isabel Parra qui réinventa la musique populaire de son pays., Il  vit retiré loin du monde dans la petite ville balnéaire de Las Cruces (centre),

5 septembre – SALVADOR – Le procureur général a accusé l’ancien président Francisco Flores, qui a gouverné entre 1999 et 2004, de détournement de fonds et enrichissement illicite, et un juge de première instance l’a placé en résidence surveillée tandis qu’on effectue l’instruction judiciaire.

5 septembre – MEXIQUEUn groupe de chercheurs de l’Universidad Iberoamericana (UIA) a décidé de se joindre à la bataille pour la décontamination de l’eau au Mexique. Après des mois de travail, une équipe d’ingénieurs et de chimistes a trouvé une méthode pour nettoyer des eaux contaminées par les herbicides les plus communs utilisés dans des plantations et des cultures. En utilisant une couche de diamant minuscule et une charge électrochimique puissante, ils réussissent à oxyder la matière organique des herbicides jusqu’à les transformer en dioxyde de carbone et sels inorganiques. C’est-à-dire de l’eau propre, mais il y a encore besoin de la mise au point classique des eaux municipales.

6 septembre – PÉROU – Il y a deux morts et un disparu après les confrontations de manifestants avec la police dans la province de La Convención, forêt de Cusco, au sud-est du Pérou. La tension a cru au Cusco pour exiger de bénéficier du gazoduc du sud et contre la corruption dans les frais de la redevance du gaz.

6 septembre – MEXIQUELe phénomène météorologique, nommé Norbert, a atteint sa puissance maximale pour enregistrer l’intensité de trois sur l’échelle de référence Saffir-Simpson. Selon le Servicio Meteorológico Nacional (SMN) du Mexique, l’ouragan se déplace vers le nord-ouest à 13 km par heure avec des vents soutenus de 165 kilomètres par heure. L’ouragan tropical est actif sur la côte ouest de Baja California Sur causant l’évacuation de 2.000 personnes et inondant 800 maisons dans le village de la municipalité de San Carlos Comondú. L’alerte du cyclone tropical reste active dans ce tronçon de la côte ouest de Baja California Sur, de Puerto San Andresito à Punta Eugenia.

Guy MANSUY

« Journal de la chute » du Brésilien Michel Laub

Journal de la chute, premier roman e l’écrivain brésilien Michel Laub traduit du portugais (Brésil) par Dominique Nédellecen aux éditions Buchet-Chastelne peut que surprendre un lecteur européen, même habitué à la littérature latino-américaine.

Il raconte l’enfance et l’adolescence du narrateur, juif brésilien vivant à Porto Alegre dans les années 1970, descendant d’un rescapé d’Auschwitz. Le narrateur, qui a une quarantaine d’années, est dépressif, il a l’impression d’avoir tout raté, à commencer par ses trois mariages et il cherche à faire partager son malaise existentiel à son lecteur. Ce roman est un long monologue apparemment organisé (chaque paragraphe est soigneusement numéroté), mais cet ordre n’est qu’apparent : les titres des « chapitres » ne correspondent que très indirectement avec le contenu, le texte est plutôt chaotique, avec des retours en arrière ou des explications de faits qui au préalable nous avaient échappé.

Et, surtout, il y a le poids des souvenirs, pas seulement de ceux du narrateur : le grand-père, qui a survécu aux camps nazis, s’obstine à tourner la page, à ne plus se souvenir, ce qui n’est pas la même chose qu’oublier, ce qui, paradoxalement, oblige ses descendants à le faire et à récupérer une part de cette culpabilité propre à ceux qui ont échappé à une mort dramatique et partagée. Aussi, pour le narrateur, la référence littéraire est-elle Primo Levi : Auschwitz devient pour l’adolescent une obsession morbide, que Michel Laub décrit parfaitement. Les conséquences psychologiques d’une telle tragédie historique sont-elles réservées à ses victimes directes, peuvent-elles se partager sur deux, voire trois générations, voilà une des questions posées par ce récit. Mais le leitmotiv qui revient sans cesse, cyclique et désabusé, c’est de savoir si l’expérience humaine est viable ou au contraire vouée au néant. On l’aura compris, Journal de la chute n’est pas d’une lecture confortable. C’est un roman qui forcément dérange parce qu’il pose des questions universelles.

Christian ROINAT

Michel Laub : Journal de la chute, traduit du portugais (Brésil) par Dominique Nédellec, Buchet-Chastel, 193 p., 18 €.

Michel Laub en portugais : Diário da queda, Companhia das letras, 2011

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