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mai 2014

Les faits de l’actualité du 18 au 25 mai 2014

18 mai – BRÉSIL – Au Parc national de Serra da Capivara dans l’État de Piauí (Nord-Est), depuis les années soixante-dix, l’archéologue franco-brésilienne Paulista Niède Guidon, poursuit ses recherches qui ont commencé avec les premières fouilles dans la Serra da Capivara. Celles-ci ont renforcé sa thèse controversée par des archéologues nord-américains selon laquelle l’homme serait venu sur le continent il y a 100 000 ans. Pour elle, l’homme était venu directement d’Afrique en Amérique du Sud alors que les chercheurs nord-américains disent que l’homme est venu d’Asie, à pied, jusqu’au Nouveau-Mexique (États-Unis) il y a 11500 années. Il se serait ensuite propagé à travers l’Amérique du Nord et aurait  peuplé le sud.

19 mai – COLOMBIE – La Colombie est en deuil de la mort de 32 enfants qui ont péris dans les flammes lorsque leur bus à exploser à Fundación, une ville à 700 km au nord de Bogotá. Au moins 20 enfants ont été blessés et ont été conduis dans des cliniques de Santa Marta, la capitale du département de Magdalena dans les Caraïbes colombiennes. Après que le conducteur, qui n’avait pas de permis de conduire, se soit enfui, les enquêteurs ont examiné si la tragédie aurait pu être due au transport illégal d’essence.

19 mai – CUBA – Un éventail de personnalités de tout bord a demandé au président Barack Obama de nouveaux gestes pour qu’il modère l’embargo imposé à Cuba depuis plus de 50 années. Parmi les signataires se trouvent aussi bien des démocrates que des républicains, des militaires et des analystes politiques. Un des signataires est Jeffrey Davidow, qui a été secrétaire d’État adjoint des Affaires de l’Hémisphère Occidental entre 1996 et 1998, pendant la présidence du démocrate Bill Clinton.

19 mai – CHILI – La présidente Michelle Bachelet a présenté sa réforme sur l’éducation pour surmonter les inégalités en signant les premiers projets de loi qui visent à assurer un système gratuit et  qu’elle a décrit comme la réforme “la plus importante que le Chili a présenté au cours des 50 dernières années ”. “Nous respectons ce que nous avons promis : démarrer un processus pour assurer la qualité et l’accès à l’éducation gratuite”, a déclaré la présidente au Palacio de la Moneda.

20 mai – VENEZUELA – Les positions du gouvernement et de l’opposition sont proches de reprendre le dialogue. La mission de l’Union sud-américaine des nations au Venezuela permet un certain optimisme sur le retour de la négociation entre les deux parties de “continuer à travailler pour trouver des solutions qui profitent à tous les Vénézuéliens”, a souligné l’ambassadeur du Vatican dans le pays.

20 mai – GUATEMALA – Le juge de la Audiencia Nacional, Santiago Pedraz, a émis un décret dans lequel il explique que la réforme de la loi de la justice universelle approuvé en urgence au Parlement par le Parti populaire ne l’empêchera pas de continuer à enquêter sur les crimes au Guatemala. Il poursuivra le processus commencé en 2003 à l’initiative de la prix Nobel de la paix Rigoberta Menchú contre huit anciens hauts dirigeants guatémaltèques accusés de génocide, terrorisme et torture. Le nombre de morts dans le massacre des communautés mayas causé par la répression de l’armée du Guatemala entre 1962 et 1996 a atteint 200 000 personnes, morts ou disparus, selon l’ONU. « Un peuple sans mémoire répète les atrocités » a dit Rigoberta Menchú.

20 mai – AMÉRIQUE CENTRALE – En près de 40 ans la région est affectée par la pire épidémie de rouille des plants de café  qui cause d’énormes pertes en Amérique centrale. Les États-Unis craignent que cela ne déstabilise la région et accroisse l’insécurité et la migration vers le nord. C’est pourquoi son gouvernement a annoncé qu’il fera un don de cinq millions de dollars (3,6 millions d’euros) à la recherche agricole à l’Université du Texas pour tenter d’arrêter la progression de l’épidémie.

21 mai – CUBA – Le gouvernement cubain a réagi presque immédiatement à la mise en œuvre de 14ymedio, le journal numérique dirigé par l’opposante blogueuse Yoani Sánchez. Selon France Presse, si vous essayez d’accéder à 14ymedio à partir d’un ordinateur cubain, l’utilisateur est automatiquement dirigé vers une page web avec plusieurs articles attaquant le blogueuse.

21 mai – CHILI – La présidente Michelle Bachelet a franchi une première étape pour légaliser l’avortement au Chili. “Le Chili doit faire face dans un débat mature, éclairé et réfléchi de cette réalité (l’avortement), en débattant au Parlement un projet de loi pour dépénaliser l’avortement en cas de risque pour la vie de la mère, de viol et de non viabilité du fœtus” a déclaré la présidente. “Chaque avortement dans le pays est un signe que notre société est en retard, parce que la prévention n’a pas eu les résultats escomptés”, a-t-elle ajouté.

22 mai – BRÉSIL – Les conducteurs et responsables de la collecte du ticket de bus ont interrompu leurs activités dans les deux plus grandes villes du Brésil, Rio de Janeiro et São Paulo. La police civile a arrêté le travail pendant 24 heures dans 13 des 27 États du pays. Les agents de la police fédérale et la police de la route ont engagé une marche à Brasilia, la capitale, pour réclamer une nouvelle politique de sécurité publique. Les travailleurs de 30 musées publics ne répondent plus aux visiteurs dans plusieurs villes. Les enseignants des réseaux municipaux de l’éducation ne donnent plus de cours depuis près de 30 jours à São Paulo. La vague de grèves qui agite le Brésil depuis avril s’intensifie à la veille du Mondial.

22 mai – ARGENTINE – En Argentine, 33, 5 % des employés n’ont pas de sécurité sociale. Dans l’ensemble de l’Amérique latine, 58 % des travailleurs dans les entreprises de moins de cinq travailleurs sont dans la même situation. C’est le cas également dans 15 % des entreprises de plus de cinq travailleurs et 65 % des travailleurs domestiques. Même 7 % des employés de l’État lui-même sont privés de contributions aux systèmes de santé ou de pension. Un fléau que veut corriger la loi contre le travail au noir ou informel que le Congrès a adopté avec les partisans du gouvernement et la plupart de l’opposition, qui cependant, s’interroge sur son efficacité. Les subventions aux sociétés de travailleurs en situation irrégulière sont supprimées.

21 mai – VENEZUELA – Jaime Lusinchi – président entre 1984 et 1989 – est décédé à Caracas à l’âge de 89 ans. Il avait jeté les bases de la réforme et la modernisation de l’État. Médecin de profession Jaime Lusinchi a été l’un des dirigeants historiques du Parti de l’Action Démocratique, qui, jusqu’à l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chávez, a été le parti dominant des gouvernements civils de l’époque.

22 mai – GUATEMALA – Devant un juge fédéral du district sud de New York, James Patterson, l’ex-président du Guatemala Alfonso Portillo Cabrera (2000-2004) a été condamné à 70 mois de prison pour conspiration en vue de blanchiment d’argent. Alors qu’il avait été extradé aux États-Unis le 28 mai 2013, il a été reconnu coupable du délit le 19 mars dernier. Malgré sa condamnation, au moins deux partis sont en lice pour présenter Alfonso Portillo comme un candidat possible pour un siège à l’Assemblée législative à partir de janvier 2016.

23 mai – NICARAGUA – Les membres de la Conférence épiscopale de l’Église catholique du Nicaragua (CEN) a remis au président Daniel Ortega un document de 16 pages, dans lequel  les évêques ont demandé au président d’organiser un dialogue national, le respect des institutions et des élections transparentes. Une demande répétée lors de leur rencontre à huis clos avec le président. “Dans un pays comme le Nicaragua et le respect de la force institutionnelle de personnage acquiert urgence politique”, a déclaré les évêques.

23 mai – CUBA – Le chef du mouvement dissident Dames en blan , Berta Soler , et six autres des dizaines de femmes au sein de l’organisation ont été arrêtées tout en essayant d’exercer une activité à son siège à La Havane. Plus de 400 dissidents et défenseurs des droits humains ont été arrêtés à Cuba dans les deux dernières semaines.

23 mai – SALVADOR – La violence criminelle qui s’est déchaînée ces derniers jours, a généré une grande incertitude sociale : les autorités ont déclaré deux massacres dans différents lieux du pays qui ont tué 12 personnes, mais ils ne sont pas les seuls selon la Police nationale civile (PNC). Le ministre de la Justice et de la Sécurité, Ricardo Perdomo a dit que les groupes criminels ont des plans pour déstabiliser la transition politique qui culminera  en juin prochain avec la première présidence de l’ancien guérillero Salvador Sánchez Ceren, vainqueur des élections de mars dernier.

24 mai – MEXIQUE – Le sous-commandant Marcos, est la personne qui a créé le personnage qui a éclaté dans la jungle du Chiapas en janvier 1994 lors du soulèvement armé de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN) contre l’injustice et l’État mexicain. Rafael Guillén Vicente, le sous-commandant Marcos, est réapparu après cinq ans d’absence qui étaient plein de spéculations sur son état de santé, pour participer à un hommage à José Luis López Solís, connue sous le nom Galeano, un enseignant zapatiste assassiné à La Realidad le 2 mai dernier. Rafael Guillen, 57 ans, a donné une conférence de presse et a annoncé que son personnage a cessé d’exister. Marcos est devenu le sous-commandant insurgé Galeano.

25 mai – COLOMBIE – L’ancien président Alvaro Uribe, partisan de la manière forte contre les guérillas, n’était pas candidat, mais il a été le grand gagnant du premier tour de l’élection présidentielle en Colombie. Son poulain, Oscar Ivan Zuluaga, candidat de la droite dure, est arrivé en tête du scrutin avec 29, 25 % des voix. Ancien ministre de l’Économie, Oscar Ivan Zuluaga était largement inconnu du grand public il y a trois mois. Le président Juan Manuel Santos (centre droit) a, quant à lui, obtenu 25, 69 % des suffrages. Le second tour [photo], prévu pour le 15 juin, s’annonce serré. Seuls 13,2 millions sur les 33 millions d’électeurs sont allés voter, soit 40 % du total. Et 6 % des votants ont voté blanc.

Guy MANSUY

Le cinéma latino à Cannes 2014  

Ça y est, ils ont tous monté les marches quitte à redescendre aussitôt par les sorties de secours. Le palmarès concocté par le jury de Jane Campion n’a pas primé les habitués du festival comme Mike Leigh et Ken Loach, ou les frères Dardenne. Seul l’ancêtre Jean-Luc Godard, 83 ans, avec Adieu au langage, un magnifique film expérimental en 3D, obtient le prix du Jury associé au plus jeune cinéaste, le québécois  Xavier Dolan, 25 ans, l’auteur de Mommy. La Palme d’or revient au film le plus long de la sélection,Winter sleep (3 h 16) du turc Nuri Bigle Ceylan dont la sortie est annoncée pour fin août.

* Photo : film Winter sleep de Nuri Bigle Ceylan

Côté latino, je vous ai dit la semaine dernière combien  l’humour et la drôlerie du film à sketches argentin Relatos Salvajes de Damián Szifrón avait enchanté les spectateurs, et moins la critique. La sortie est prévue à l’automne. Un autre film argentin a été remarqué dans la section officielle Un certain Regard, Jauja de Lisandro Alonso, qui se déroule à la fin du 19ème siècle quand un ingénieur danois vient dans le sud argentin comme ingénieur militaire en compagnie de sa fille de 15 ans. Celle-ci s’enfuira avec un jeune soldat et le père partira à sa poursuite. La plus grande partie du film est cette recherche filmée presque toute en plan fixe dans de magnifiques paysages, avant de rencontrer une vielle femme et son chien dans une grotte. Évidemment ce n’est pas une œuvre  très facile, mais l’on se fait hypnotiser par l’interprétation de Viggo Mortensen. Le film a obtenu le prix de la presse internationale.

Gente de bien du Colombien Franco Lolli, 30 ans, qui a fait ses études de cinéma en France, est un premier film proposé à la Semaine de la critique. Un père récupère son fils d’une dizaine d’année car la mère est obligée de partir. Ils ne se connaissent presque pas. Le père vit chichement dans un taudis et travaille comme ébéniste chez les riches. Sa patronne leur propose de venir passer les fêtes de fin d’année à la campagne. Alors apparaissent le racisme et les rapports de classe entre les enfants. Le film est très bien construit et pose de vrais problèmes.

Enfin le meilleur film latino des sélections cannoises est sans aucun doute le film argentin de Diego Lerman, Refugiado, connu pour ses très beaux films Tan de repente, Mientras tanto e tLa mirada invisible (2010). Laura, enceinte, est battue par son mari violent. Elle s’enfuit d’un centre d’hébergement avec son fils Matias, 8 ans, à la recherche d’un endroit où ils pourraient se sentir protégés et en sécurité. Matias regrette ses jouets, et la fuite est difficile. La caméra, respectueuse, interpose presque constamment quelque chose entre elle et l’intimité des personnages comme  un grillage, une vitre, un rayon de soleil…. Lerman saisit en particulier la terreur qui ne quitte Laura que quand elle essaie tant bien que mal de rendre un peu d’amour à son enfant. Mais le film suit aussi le regard de l’enfant durant ce drame. Chez sa grand-mère dans le delta du fleuve El Tigre, il pousse un grand cri !

Enfin nous avons pu voir le documentaire, Le sel de la terre de Wim Wenders et de Juliano Ribeiro Salgado sur le père de ce dernier, le photographe brésilien Sebastião Salgado. Depuis une quarantaine d’année, il photographie les travailleurs, les conflits comme celui du Rwanda, les famines, l’exode, les paysans sans terre, etc. Et toujours en noir et blanc. Son fils Juliano a filmé les dernières expéditions en couleurs, et Wenders, lui-même photographe,  interroge l’artiste derrière une vitre où est projetée la photo. Son dernier album est consacré depuis 8 ans à la beauté de la nature. À découvrir absolument.

Le jury du court-métrage présidé par Abbas Kiarostami a remis sa Palme d’Or à Leidi du Colombien Simon Meisa Soto qui raconte en 15 minutes la quête de Leili pour retrouver son fiancé, Alexis. Voici un jeune cinéaste de 27 ans à suivre. Le cru 2014 du festival a montré de bons films, beaucoup tournés envers la famille ou les problèmes sociaux de notre époque, car la crise n’était pas absente à la Croisette.

Alain LIATARD

 

 

En juin, c’est zoom sur le Brésil sur Arte !

Voyager au Brésil, le destination à la mode cette année en restant dans son salon ? Rien de plus simple ! Arte nous met au parfum : « Le Brésil sans les crampons, c’est en juin sur ARTE ». Entre gastronomie, culture, road-trip et découverte, ne manquez pas cette programmation 100 % latino-américaine, loin des crampons et des ballons.

Suivez à travers 20 épisodes Bel Coelho, jeune chef étoilée brésilienne, qui vous fait découvrir la gastronomie de plusieurs régions du Brésil. Une série nommée L’assiette brésilienne, à suivre du lundi 2 au 20 juin à 11h15  et 17h45. La série inaugure la programmation spéciale Brésil, une programmation riche et variée.

Au programme ? Chansons populaires, carnaval, portrait d’une star de la danse contemporaine brésilienne, weblog quotidien dans lequel Daniel Cohn-Bendit racontera le Brésil, rencontre des descendants de tziganes ibériques, tournée médicale en Amazonie, voyage au cœur d’une des métropoles les plus chaudes du monde, visite d’un lieu culte, plongée dans l’âme brésilienne avec l’école de samba Vila Isabel et bien d’autres choses encore ! Enfin, ARTE propose un dossier ARTE Future : Le Brésil, une grande puissance en devenir ? « Le Brésil est connu pour son carnaval, le foot et la drogue. Aujourd’hui, on assiste à l’émergence d’une nouvelle puissance mondiale. Comment s’opère la mutation de ce pays nouvellement industrialisé ? Quid des forces de ce pays dont l’Europe pourrait apprendre beaucoup ? » C’est au mois de juin sur vos écrans !

Sirine SASSI

Toute la programmation  ici, plus d’infos sur : arte.tv

 

Colombie : La fin de la guerre ou la guerre sans fin

Dans le contexte des négociations de paix entre le gouvernement et les FARC, le premier tour des élections présidentielles a été gagné par le candidat de l’opposition, favorable à la prolongation de la guerre. Interdit de se représenter par la Constitution, Álvaro Uribe a choisi son ancien ministre de l’Économie, Oscar Ivan Zuluaga, pour affronter le président sortant, Juan Manuel Santos. Les sondages donnent les deux candidats au coude-à-coude au second tour, le 15 juin prochain !

Depuis 2012, le gouvernement du président Juan Manuel Santos et les FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) négocient des accords de paix devant mettre fin à plus de 50 ans de guerre civile. La guerre ou la paix sont maintenant les enjeux et  l’alternative donnée aux électeurs après le premier tour des élections présidentielles du 25 mai gagnées par le parti favorable à la prolongation de la guerre…

Les historiens s’accordent à considérer que les prémisses de cette guerre de 50 ans datent de l’assassinat du candidat présidentiel du Parti Libéral (centre gauche) Jorge Eliécer Gaitán le 9 avril 1948. Gaitán tentant de mobiliser les classes populaires rurales contre les oligarchies terriennes, c’est le début d’une guerre civile qui dure jusqu’en 1953 et fait plus de 250.000 morts, surtout des petits paysans. En 1964, le Parti communiste rassemble ces comités donnant naissance aux FARC dont la principale revendication est la lutte pour la terre face aux les oligarchies terriennes qui annexent volontiers les terres des petits paysans et des indiens. Leurs ressources proviennent de « l’impôt de guerre » prélevé sur les entreprises dont le chiffre d’affaire dépasse le million de dollars, sur la culture de la feuille de coca, sur la production de la pâte base de la cocaïne et, plus tard, sur l’enlèvement pour rançon. En 1990, les FARC s’affranchissement du PC et deviennent complètement autonomes.

De leur côté, divers groupes paramilitaires s’unissent en Autodéfenses unies de Colombie (AUC) et frappent durement les FARC. On estime le nombre de victimes de ce conflit de presque un demi-siècle à 600.000 décès, 15.000 disparus et 4 millions de réfugiés internes. L’élection du président Álvaro Uribe en 2002 (réélu en 2006)  marque un tournant. Représentant les oligarchies terriennes, son programme de « sécurité démocratique » signifie une guerre frontale visant une victoire militaire totale sur la guérilla. Juan Manuel Santos, son ministre de la Défense assène de graves revers aux FARC. Uribe ne pouvant se représenter pour un troisième mandat, il soutient la candidature de Santos qui gagne les élections de 2010.

Le tournant Santos

Une fois président, Santos réalise  qu’aucun des deux camps ne pourra jamais gagner la guerre. De leur côté, les FARC, affectées par les coups assénés par l’armée colombienne et la mort de plusieurs chefs historiques, font la même analyse : elles ne pourront jamais gagner la guerre non plus. En  février 2012,  les deux Parties se mettent d’accord pour établir une Table de dialogue (Mesa de Diálogo) en vue d’une négociation d’un « Accord général pour la fin du conflit et la construction d’une paix stable et durable » pour mettre fin à la guerre.

Les discussions préliminaires ont lieu à Oslo en Norvège en août 2012 et les négociations ont lieu à La Havane, Cuba. La Norvège et Cuba deviennent les « garants » des discussions, le Venezuela et le Chili acceptent « d’accompagner » les négociateurs en envoyant des observateurs.

Les négociations portent sur six grands thèmes (1) :

  1. Développement rural : accès et propriété de la terre ;
  2. Participation des FARC à la vie politique et garanties de sécurité pour les anciens guérilleros ;
  3. Justice transitionnelle pour les crimes commis par la guérilla, les paramilitaires et l’armée ;
  4. Le problème de la drogue : programmes de substitution des cultures à usage illicite avec la  participation des communautés ;
  5. Droits des victimes : droits humains et vérité ;
  6. Quel mécanisme pour un accord national populaire.

Déjà trois accords on été  signés.

Point 1 : propriété de la terre

La réforme agraire est une des revendications historiques et fondamentales des FARC qui réclament l’accès à la terre pour les petits paysans pauvres ou sans terre. Le 16 mai 2013, l’accord, intitulé « Vers une nouvelle campagne colombienne : réforme rurale intégrale », est signé. Les deux Parties émettent un communiqué de presse :

“Ce que nous avons accordé dans cet accord est le début d’une transformation radicale de la réalité agraire de la Colombie, avec fair-play et démocratie. Elle est centrée sur le peuple, les petits producteurs, la distribution de la terre, la lutte contre la pauvreté. Il est créé un Fonds des terres pour la Paix pour rendre leurs terres aux personnes qui en ont été dépossédées  ou qui ont été forcées à les quitter”.

Point 2 : Participation des FARC à la vie politique

Les FARC se souviennent que, dans les années 90, suite à des accords de fin de guerre, elles avaient, avec la guérilla du M-19, formé une entité politique, l’Union Patriotique, devant leur permettre de rentrer dans le jeu politique démocratique. L’UP avait gagné de nombreux sièges au Parlement. Mais les paramilitaires et des escadrons de la mort issus de la police et de l’armée avaient assassiné plus de 3.000 militants de l’UP dont deux candidats présidentiels ! Il était donc compréhensible que les FARC demandent des garanties pour la sécurité de ceux qui s’engageront dans des partis politiques issus de  la guérilla. Le président Santos reconnait que, pour lui, un parti de gauche est tout à fait acceptable : “Je m’imagine très bien les représentants des FARC assis au Congrès… Je leur dis de continuer à lutter pour leurs idéaux mais par les voies démocratiques”.

Point 3 : Solution au problème des drogues illicites

Le 16 mai 2014, le gouvernement et les FARC annoncent la signature de l’accord numéro 4 sur la drogue. Les Parties ont convenu une nouvelle politique d’éradication des cultures illicites et la mise en marche d’une stratégie anti-blanchiment d’argent sale et de localisation des narcotrafiquants. Il faut rappeler que la Colombie et le Pérou sont les principaux producteurs de cocaïne : 309 tonnes sur 48.000 hectares semés en 2012 selon des données fournies par l’ONU.

Les FARC se sont engagées « dans un scenario de fin de conflit » à mettre fin à « toute relation » avec le narcotrafic. Mais elles exigent que des programmes de substitution des cultures à usage illicite soient mis sur pied avec la  participation des communautés, car ce sont en général des petits paysans pauvres qui cultivent la feuille de coca. La signature de cet accord pousse le président Santos à faire ouvertement appel aux électeurs pour qu’ils votent pour lui : « Nous sommes proches, très proches d’obtenir la paix… Je vous demande de me donner le mandat de persévérer dans la recherche de la paix… »

Une fin de campagne présidentielle tumultueuse

La campagne pour les élections présidentielles du 25 mai 2014 fut secouée  par une série de scandales. Cinq candidats s’affrontaient : le président Juan Manuel Santos du Parti de la U (pour l’Unité nationale, centre droite) pour un nouveau mandat. Oscar Iván Zuluaga du parti Centre démocratique (CD, droite), soutenu par l’uribisme du nom du plus farouche opposant aux négociations de paix, l’ancien président Álvaro Uribe. Enrique Peñalosa de l’Alliance Verte (centre gauche). Clara López représentant une alliance Pôle démocratique et Union Patriotique (gauche), et Marta Ramírez, une ancienne ministre de la Défense et du Commerce extérieur, pour le Parti conservateur (droite).

À quelques jours du scrutin, les deux principaux partis sont secoués par un scandale. Un conseiller du président Santos aurait reçu 12 millions de dollars de la mafia pour organiser la reddition « tranquille » de chefs narcos. Il nie mais démissionne. Puis la police découvre une officine d’écoutes clandestines qui aurait espionné les membres des deux parties en négociation de paix à Cuba, et même capté des courriels du président Santos. Le cerveau derrière cette opération n’était autre que Andrés Sepúlveda, le communiquant principal du candidat Zuluaga ! Le but avoué de l’opération : faire échouer les négociations de paix…

Un premier tour plein de surprises

Le scrutin du 25 mai apporte son lot de surprises. La première : le gagnant du premier tour est Oscar Iván Zuluaga avec 29 % des voix, devant le président Santos, 25 %. Il est clair que les scandales n’ont eu que peu d’impact sur les électeurs. Les autres surprises, à part une abstention record de 60 %, sont les bons résultats du Parti conservateur de Marta Ramírez et du Pôle démocratique de Clara López, 15 % chacune alors que les sondages leur octroyaient moins de 10 % ; la déception est dans le camp de l’Alliance verte : 8 %.

Il y aura donc un deuxième tour le 15 juin, avec un résultat des plus incertains. Le Pôle démocratique et l’Alliance verte soutiendront vraisemblablement Santos qui obtiendrait environ 45 % des voix. Le Parti conservateur soutiendra vraisemblablement  Zuluaga ce qui lui donnera aussi environ 45 % .

Les négociations à Cuba sont pour ainsi dire le seul thème en débat pour le second tour. Pour le challenger Zuluaga, “La paix, oui, mais qu’elle ne bénéficie qu’au peuple”. Il accuse Santos de “laisser la guérilla vouloir commander le pays depuis La Havane”. De son côté, le président-candidat insiste : « Plutôt que peur, guerre et passé, nous offrons espoir, paix et futur. À vous de choisir : la fin de la guerre ou la guerre sans fin”. Le sort des négociations de paix et le futur du pays reposent donc dans les mains des indécis et des abstentionnistes le 15 juin prochain.

Jac FORTON

(1)Pour une analyse en profondeur des divers points des accords de paix en discussion, lire l’article détaillé publié dans l’édition « Été 2014 » de la revue Espaces latinos.

Pour en savoir plus, lire: www.legrandsoir.info

Notre-Dame de Guadalupe à Lyon

Samedi 31 mai 2014 l’image de Notre-Dame de Guadalupe sera installée à la crypte de la basilique de Fourvière, à Lyon. Cette vierge, considérée par l’Église catholique comme la patronne du Mexique et de l’Amérique latine, est aussi l’un des symboles du métissage dans le continent latino-américain.

Pour l’Église catholique Notre-Dame de Guadalupe est à l’origine de la conversion de l’Amérique latine. Cependant, c’est au Mexique que  cette vierge compte le plus de fervents. En effet, son adoration dépasse de très loin sa seule dimension religieuse, car elle incarne pour de nombreuses personnes le mélange de cultures qui ont constitué ce pays. C’est pour cette raison qu’on l’appelle souvent “la virgen morena” (la vierge à la peau mate). L’image de la vierge enceinte sera mise en place à la crypte de la basilique de Fourvière samedi 31 mai à 16h. Des personnalités des diocèses de Mexico et de Lyon y seront présentes.

Par ailleurs, dans le cadre de la célébration, vendredi 30 mai, à 18h30, à la crypte de la basilique, les auteurs du livre Notre-Dame de Guadalupe, l’image face à l’Histoire et à la Science donneront une conférence sur la célèbre image. Notre-Dame de Guadalupe a déjà une place à la Cathédrale de Notre-Dame de Paris, où l’on célèbre tous les 12 décembre une messe en son honneur.

Paola RHÓ MÁS

Reyes : La petite reine de Bahia

On a déjà vu beaucoup de reportages, de documentaires, beaucoup lu de romans sur la misère des favelas brésiliennes. Et pourtant, avec ce premier roman du Mexicain Alejandro Reyes, La petite reine de Bahia on découvre ce drame de l’intérieur, au quotidien, au plus près de trois enfants, victimes et acteurs, que l’on voit évoluer, souffrir, lutter pour survivre, pour finir par se créer, par exister.

L’horreur quotidienne est omniprésente, et pourtant ces personnages qui n’ont rien en commun avec un lecteur européen, sont montrés comme ce qu’ils sont vraiment, des personnes tour à tour d’une force admirable et d’une faiblesse tout émouvante. Betinho, le narrateur, a une douzaine d’années quand commence le récit, il a fui un taudis dans lequel sa mère l’ignore et son beau-père le viole et a rejoint la rue. C’est là qu’il rencontre Maria Aparecida, dix ans à peu près, qui se trouve dehors pour les mêmes raisons. Ils vont devenir inséparables (avec quelques éclipses), unis par un sentiment qu’ils ne parviendront jamais à définir : de la fraternité, de l’amour, de l’amitié ? Ils s’acceptent d’emblée, ce qui n’est pas tout à fait facile, lui accepte les crises de la fillette, crises incontrôlables qui la poussent parfois jusqu’au bord de la mort, elle accepte l’attirance de Betinho pour les garçons. Alejandro Reyes a passé neuf ans au contact de ces enfants naufragés, il les a vus se battre pour la survie, et il ajoute à cette connaissance le talent de raconter en n’oubliant jamais qu’il nous parle d’êtres humains : l’émotion ne quitte jamais ces quatre cents pages.

L’innocence la plus pure se trouve ici constamment au cœur des pires indignités : l’indignité est dehors, partout : les gamins qui se droguent par désespoir et qui peuvent en mourir avant d’être adolescents, les enfants utilisés, violés par un beau-père ou un oncle et qui acceptent sans se révolter, les adultes, indifférents à toute cette misère sans nom, trop occupés eux-mêmes par leur propre survie. La pureté est en eux, ce Betinho et cette Maria Parecida, qui découvrent au contact l’un de l’autre qu’existent des sentiments qu’ils sont incapables de nommer, mais dont ils savent qu’ils sont l’unique moteur de leurs vies. Ils ne sont pas parfaits, ces deux gosses, loin de là, elle pique de ces crises terribles de colère et d’auto-destruction, il est capable d’une violence froide, d’autant plus effrayante.

Et puis il y a ce sentiment de culpabilité, chacun se croit responsable de son malheur et de celui des autres. En fin de compte, tout se résume à l’idée que chacun lutte pour être quelque chose ou quelqu’un, pour exister en tant que personne, pour ne plus être un objet, sexuel le plus souvent, et enfin se sentir humain. Ce qui manque aussi, ce sont les exemples, tout ce qu’ils connaissent, c’est une mère qui accepte tout d’un concubin violent, un père qui abuse chaque jour de sa fille, un beau garçon séducteur qui se révèle être un proxénète, voilà ce qu’est le monde des adultes pour ces gamins à la dérive, alors vers où se tourner pour remonter, ou plutôt pour monter la pente ?

Le désespoir, s’il est bien présent, n’est que temporaire, provisoire, au bout d’un moment, ces gamins retrouvent toujours une planche de salut, s’y accrochent et découvrent des sources d’espoir qui parfois deviennent des océans et leur permettent de tenir. Le dernier des paradoxes de ce superbe roman, c’est que ces gamins des rues parviennent à nous donner une leçon de vie : merci pour tout cela, Alejandro Reyes !

Christian ROINAT

Alejandro Reyes : La petite reine de Bahia, traduit de l’espagnol (Mexique) par Alexandra Carrasco, Denoël, 415 p., 22,50 €.

En espagnol : La Reina del Cine Roma, Mondadori, México, 2013, roman qui a obtenu le Premio Lipp (2012).

Un Cubain entre Paris et la Havane

Raúl Paz, chanteur cubain fasciné par Paris sort son nouvel album le 2 Juin 2014. Une tournée en France est prévue entre mai et juin. L’occasion de (re)découvrir ce chanteur au style cubain singulier, doux et raffiné, inspiré de Deep Purple, Led Zeppelin ou Bob Marley et bien d’autres.

Alors qu’il est encore étudiant, Raúl débarque à Paris en 1996 afin de poursuivre sa formation musicale à la Schola Cantorum. Il se retrouve face à une diversité fascinante. Déjà familiarisé avec le brassage et les métissages cubains, il découvre une France cosmopolite, tout aussi riche. Il décidera alors de lier Paris et la Havane en chanson, deux villes mystérieuses qui se ressemblent. À Paris, il se perfectionne et enseigne la danse et le chant. En 2006, il repart pour Cuba et enregistre en 2010 Havanisation. Après 200 000 albums vendus en France et 4 ans d’absence, Raúl  Paz revient sur scène cette année avec son sixième album Ven Ven, aussi enregistré à la Havane et mixé par Florent Livet. Désireux de s’éloigner des clichés, il s’inspire d’un univers tout aussi cosmopolite que celui qu’il a connu : reggae, dub, funk, rap aussi. À l’image des pays qui l’ont accueilli, il produit une musique hybride, au croisement de plusieurs paysages, populations, réalités. Une musique accueillante et chaleureuse, délicate et porteuse de paix.

Sachez, chers amateurs de musiques cubaines traditionnelles, que l’on est loin des salsas aux rythmes déchaînés. Raúl Paz, c’est un peu le cubain “bobo” : afro et bouclettes rebelles, singularité et voix exceptionnelle  lui ont permis de s’imposer et de conquérir un public toujours présent au fil de ses cinq albums.

Sirine SASSI

Raúl Paz en France :
-21 Mai 2014 : Pierrefitte-sur-Seine (93) – Festival de Saint Denis
-24 Mai 2014 : Mulhouse (68) – Festival Muzaïka
-6 Juin 2014 : Caudry (59) – Le Théâtre
-7 Juin 2014 : Dieppe (76) – DSN
-10 Juin 2014 : Miribel (01) – L’Allegro
-13 Juin 2014 : La Roche-Posay (86) – Festival Bailatino
-21 Juin 2014 : Saint-Denis (93) – Basilique de Saint-Denis

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Les faits de l’actualité du 12 au 17 mai

* Photo : Les chercheurs du Musée Egidio Feruglio, et les restes du plus grand dinosaure découvert à ce jour.

12 mai – ARGENTINE Carmen Argibay, première femme à entrer en 2005 à la Cour suprême après la restauration de la démocratie dans le pays est décédée à Buenos Aires à 74 ans. En décembre 2000, elle a fait partie du Tribunal international des femmes sur les crimes de guerre et en 2001, elle rejoint le Tribunal pour l’ex-Yougoslavie à la Cour pénale de La Haye. À sa mort, elle reçoit des éloges de tout l’éventail politique parce qu’elle était “un exemple de juge” dans “un pays qui a tant besoin d’exemples”.

12 mai – BRÉSIL Le nord-américain Boeing et le brésilien Embraer créent un centre de recherche pour les biocarburants au Brésil. Les deux constructeurs cherchent à renforcer la capacité de ce carburant alternatif pour l’aviation commerciale.

12 mai – PÉROU – Le gouvernement d’Ollanta Humala a promulgué des lois visant à fixer des règles pour l’exploitation pour la mine artisanale qui se développe sans payer impôts ni taxes, sans être titulaire de la concession et sans respect des normes environnementales. Les délais fixés pour la présentation des exigences auxquelles plus de 100 000 travailleurs dans 21 provinces ne pourraient pas répondre – et pour cette raison, à deux occasions les échéances ont été reportées sous la pression des grèves régionales, des barrages routiers et de protestations, même dans la capitale, Lima. Le gouvernement poursuit ses opérations contre les exploitations artisanales illégales mais annonce davantage d’investissement pour le développement. Même si la présidente de la Société des mines et du pétrole, Eva Arias, a déclaré que le modèle péruvien pour attaquer l’exploitation minière illégale est un exemple pour d’autres pays.

12 mai – CHILI La présidente Michelle Bachelet a choisi l’Argentine comme destination pour le premier voyage à l’étranger de son nouveau gouvernement. Elle a confirmé son intention de transformer son pays en un lien physique, mais aussi politique et économique, entre l’Alliance du Pacifique – à laquelle le Chili appartient, avec le Mexique, la Colombie et le Pérou – et le Mercosur (comprenant l’Argentine, le Brésil, le Paraguay, l’Uruguay et le Venezuela). Dans une conférence de presse à la Casa Rosada, le palais présidentiel  de l’Argentine, les deux présidentes se sont engagées à élargir les passages par la cordillère des Andes de la troisième frontière entre deux pays la plus longue du monde, avec plus de 5 300 kilomètres et ont convenu de reprendre des projets suspendus pendant la durée de la présidence de Sebastián Piñera qui a été l’un des fondateurs de l’Alliance du Pacifique en 2012.

12 mai – PÉROULe nouveau procureur de la nation du Pérou, Carlos Branches Heredia, cousin de l’épouse du président Ollanta Humala, a prêté serment pour sa charge, bien que le Conseil National de la Magistrature (CNM) – l’organe de contrôle du Pouvoir Judiciaire – enquête depuis avril sur ses actes comme procureur dans les cas de corruption et de décès liés au président régional d’Ancash sur la côte du Pacifique, ainsi que dans une enquête contre une famille suspecte de trafic de drogues. Il est celui qui décidera éventuellement des accusations contre deux ex-présidents péruviens, Alan García et Alejandro Toledo.

13 mai – CHILI Des chercheurs du Musée national des sciences naturelles (MNCN) de Madrod ont découvert pour la première fois dans l’Atacama, au nord du Chili, la région la plus aride de la planète, des micro-organismes eucaryotes (cellules pourvus d’un noyau). Le ton verdâtre de la roche montre la présence d’algues avec chlorophylle à l’intérieur. Jusqu’à présent selon des scientifiques, il était impossible de déceler la présence de vie photosynthétique dans un tel environnement.

13 mai – MEXIQUE – Le président mexicain a décidé d’utiliser l’arme militaire pour rétablir l’autorité de l’État dans le Tamaulipas et déployé l’armée, la marine et la police fédérale contre l’empire de la drogue et la montée de la violence dans l’État de Tamaulipas, frontalier des États-Unis. Les forces de police restent un casse-tête pour les autorités fédérales. Le journal Milenio a publié qu’à 58 %, 408 policiers, n’ont pas réussi les examens de contrôle de confiance. Beaucoup pour avoir des liens avec le trafic de drogues ou pour consommation de drogues.

13 mai – MEXIQUE – Sur les 32 hommes et femmes qui ont régné dans les six pays d’Amérique centrale entre 1990 et 2010, il y en a 13 qui sont ou ont été interrogés pour des actes irréguliers présumés. Parmi ceux-ci : deux ne sont pas encore condamnés : le salvadorien Francisco Flores Pérez et le général guatémaltèque Efraín Ríos Mont ; le nicaraguayen Arnoldo Alemán Lacayo a été condamné à vingt ans de prison puis acquitté par la Cour suprême grâce au pacte Aleman-Ortega en 2009, comme l’ont été le hondurien Rafael Leonardo Callejas Romero, les costaricains Rafael Ángel Calderón Fournier et Miguel Ángel Rodríguez Echeverría et le panaméen Ernesto Pérez Balladares, ou pas été inculpés comme la panaméenne Mireya Moscoso Rodríguez et le costaricain José María Figueres Olsen, mais exilé à Madrid. Quant au guatémaltèque Jorge Serrano Elias réfugié au Panamá, il est sous le coup d’un mandat d’arrêt et a plus de chance que son compatriote Alfonso Portillo Cabrera qui a été extradé aux États-Unis et emprisonné pour blanchiment d’argent et autres charges. Le président du Nicaragua Daniel Ortega Saavedra et le nicaraguayen Enrique Bolaños Geyer sont protégés par leurs fonctions officielles, le premier comme président, le second comme délégué par la loi à l’Assemblée nationale du Nicaragua.

14 mai – AMÉRIQUE LATINE Le degré de pénétration des réseaux à large bande de l’Internet est l’un des meilleurs thermomètres pour mesurer le développement économique de l’Amérique latine et de vérifier le large fossé qui les sépare encore des pays les plus avancés. Sur une échelle de 1-8, en 2012,  l’Amérique latine a fourni un indice de l’expansion de ces réseaux de 4, 37 points, tandis que dans les pays de l’OCDE était de 6, 14, selon un indice compilé par la Banque interaméricaine de développement (BID), qui révèle une légère amélioration au cours des dernières années. En Amérique latine, le Chili est le pays avec la plus haute cote (5, 57), suivie par la Barbade (5, 47) et le Brésil (5, 32). À l’autre extrême Haïti (1, 71), Belize (3, 11) et le Suriname (3, 12) sont situés. Tout cela se traduit par des différences sous régionales : le cône sud a la pénétration du haut débit la plus élevé avec un score de 4, 87 suivi de l’Amérique Centrale (4, 26) et la région andine (4, 13), tandis que celui des Caraïbes est le plus faible (3, 72).

14 mai – VENEZUELA – Quelque 105 manifestants ont été interpellés à Caracas, au cours d’incidents survenus à l’issue d’une marche d’étudiants. Ces derniers, mobilisés depuis début février contre le président socialiste Nicolás Maduro, manifestaient contre l’arrestation de camarades lors d’une vaste opération de police la semaine dernière.

14 mai – PÉROU – Tout au long de leurs vies professionnelles, les travailleurs peuvent décider de contribuer au système de retraite de l’État (Bureau de Normalisation) ou des rendements prometteurs de fonds privés pour ceux qui investissent dans les entreprises. L’âge de la retraite est de 65 ans. Sur les 30, 5 millions de Péruviens, 5 millions contribuent au système de retraite privé ; un rapport a révélé qu’il ne garantit pas une retraite tranquille. La révélation qu’entre 20 % et 50 % des cotisations qu’effectuent les travailleurs ne sont jamais reçues par les retraités, a suscité un débat au Pérou sur la transparence et les critères de paiement du système de retraite privé. Le modèle péruvien a été importé du Chili dans les années 90. Dans ce rapport, le revenu de retraite prévu est administré par des sociétés privées de fonds de pension et la rente viagère est vendue à une compagnie d’assurance.

14 mai – BOLIVIE – La Cour suprême électorale de Bolivie a présenté une série d’ajustements dans le mécanisme de distribution des députés uninominaux. Ce processus avait rencontré beaucoup d’opposition et était prévu que se produiraient des protestations des régions à une nouvelle délimitation des circonscriptions qui allait provoquer l’inégalité du vote des citoyens. Toutefois, l’annonce de la cour a jusqu’à présent réussi à apaiser ces actions.

14 mai – ARGENTINE – La présidente Cristina Fernández de Kirchner a réagi à l’augmentation de la pauvreté dans la dernière année à cause de l’inflation et annoncé l’augmentation de la subvention principale destinée aux pauvres de ce pays. Elle a annoncé une augmentation de 40 % de l’aide aux enfants de chômeurs (6,4 %) et des travailleurs informels (34 %) ; l’inflation est de 33, 5 % par an, qui peuvent être déduit de l’indicateur d’avril annoncé le même jour par le ministre de l’économie Axel Kicillof. Ce même jour se produisait également la démonstration de la Plaza de Mayo des deux branches opposées de la péroniste Confédération générale du travail (CGT). Ce n’était pas une concentration massive, mais les dirigeants des deux CGT critiques du gouvernement, Hugo Moyano et Luis Barrionuevo, en ont profité pour revendiquer l’insécurité dans les rues, l’inflation et la pauvreté.

14 mai – AMÉRIQUE CENTRALE Le département du Trésor des États-Unis découvre une organisation criminelle qui s’étend sur “le monde entier” avec des entreprises fictives de stupéfiants et de blanchiment d’argent qui frappent un réseau de narcotrafiquants. Le département du Trésor a gelé la propriété, les comptes bancaires, les biens et autres intérêts dans le cadre des sanctions économiques solides imposées à un réseau mondial d’opérateurs de trafic de drogue et blanchiment d’argent, contrôlé par un Colombien-libanais, Jorge Fadlallah Cheaitelly, arrêté en décembre 2011 au Costa Rica et extradé en juillet 2012 sur le sol des États-Unis et un avocat panaméen, Jorge Plata McNulty, ayant des succursales dans des entreprises fictives ou écrans au Mexique, en Colombie et au Panamá.

15 mai – BRÉSIL – Les grandes villes brésiliennes ont été le théâtre de manifestations contre les dépenses liées à l’organisation de la Coupe du monde de football en juin. De grandes artères ont été bloquées à São Paulo et Rio de Janeiro. Dans la capitale, Brasilia, le Mouvement des travailleurs sans-abri a envahi les locaux de Terracap, la société nationale qui gère le stade réputé le plus cher du pays. A Recife, des pillards ont dévalisé des magasins et des véhicules avant l’intervention de l’armée et de la gendarmerie.

15 mai  – VENEZUELA – L’Union des Nations sud-américaines (Unasur) reporte sa visite à Caracas pour relancer le dialogue de paix interrompu entre le gouvernement et son opposition. Le ministre des Affaires étrangères du Brésil, Luiz Alberto Figueredo, a annoncé de Brasilia la suspension de la visite qu’il allait faire ce jour au Venezuela avec leurs homologues colombien, María Ángela Holguín, et équatorien, Ricardo Patiño, en mission de l’Unasur pour relancer les pourparlers entre le gouvernement de Nicolás Maduro et l’opposition regroupée dans l’Unité Tableau démocratique (MUD). Le Vatican et l’Unasur parrainent la table ronde comme une réponse à la crise politique engendrée par les manifestations de rue et entrée dans son quatrième mois.

15 mai – CHILI-ÉQUATEUR Les présidents chilien et équatorien, Michelle Bachelet et Rafael Correa ont annoncé leur intention de renforcer la coopération en matière de défense et de signer des accords sur l’énergie lors de la première visite officielle d’un président de la région au palais de La Moneda, la résidence officielle du gouvernement de Michelle Bachelet. Après la tenue d’une réunion d’une heure, les dirigeants ont informé la presse qu’il y a une volonté de « renouveler et de renforcer » les relations bilatérales dans tous les domaines, en particulier de renforcer la coopération existante en matière de défense et de signer un accord bilatéral d’achat et de vente d’électricité et de tout autre transfert de technologie et le développement de compétences humaines.

16 mai – ANTARCTIQUE Deux études distinctes, à paraître dans les revues Science et Geophysical Research Letters, concluent que les principales formations glaciaires de l’Antarctique de l’Ouest sont entrées dans un processus d’effondrement auto-entretenu et le recul du glacier de l’île du Pin — l’un des plus importants de la calotte polaire antarctique -, pourrait bien être irréversible. Une équipe de recherche française suggère que d’ici 20 ans, la limite terre-mer du glacier pourrait reculer de 40 km, engendrant une importante hausse du niveau de la mer.

16 mai – COLOMBIE Le gouvernement colombien et la guérilla ont conclu un accord pour lutter contre les cartels. C’est le troisième accord d’un programme en six points qui régit les négociations de paix de La Havane. Les FARC se sont engagés à couper tout lien avec le trafic de drogue et feront partie d’un programme de déminage dans les zones de coca. Par ailleurs les deux guérilleros les FARC et l’ELN ont adopté un cessez-le pendant les élections présidentielles dont le premier tour est le 25 mai.

17 mai – COSTA RICA Le président du Costa Rica Luis Guillermo Solís, qui vient de prendre ses fonctions, a honoré sa promesse pour la Journée nationale contre l’homophobie en hissant le drapeau gay, l’emblème arc-en-ciel, à côté du drapeau national sur le siège présidentiel de son pays, de religion officielle catholique.

17 mai – ARGENTINE Les chercheurs du Musée Egidio Feruglio, situé dans la ville de Patagonie de Trelew (province de Chubut) ont présenté des restes de ce qu’on considère comme le plus grand dinosaure découvert à ce jour dans le monde. Le musée paléontologique a diffusé des images d’un fémur [de 2,40 mètres, ce qui fait que les scientifiques ont calculé que l’animal appartient à des espèces herbivores de sauropodes, mesurant 40 mètres de la tête à la queue, pour une hauteur de 20 mètres et pesant environ 77 tonnes, soit l’équivalent de 14 éléphants d’Afrique. (Photo)

17 mai – COLOMBIE – Le pays a approuvé le projet de loi qui assure la justice pour les victimes de violence sexuelle dans les conflits armés. Dans la dernière décennie, quelque 170 femmes furent violées chaque jour, mais seulement 44 ont osé le dénoncer. On parle de seulement 4 923 rapports de l’Unité des Victimes parmi les 489 687 cas de violence sexuelle dans les années de guerre. Il est clair que ceux qui ont commis ce crime, considéraient que cela faisait tout simplement partie du métier et que notre société n’a pas fait assez pour les rendre visibles.

Guy MANSUY

Cuba : une blogueuse d’opposition lance un quotidien numérique

La blogueuse d’opposition cubaine Yoani Sánchez devait lancer mercredi un quotidien numérique baptisé “14ymedio”, qui sera le premier média indépendant de Cuba, où ils sont tous jusqu’à présent contrôlés par l’État. “Ce sera un espace pour raconter Cuba de l’intérieur”, pour informer sur “la réalité nationale” et “un média qui, nous espérons, aidera et accompagnera la nécessaire transition qui va se dérouler dans notre pays”, avait expliqué Yoani Sánchez sur son blog “Generación Y” en annonçant le lancement.

Plus d’infos sur : www.leparisien.fr

Mafalda fête ses 50 ans sur Arte !

Ce dimanche 25 mai l’émission “Personne ne bouge” sera consacrée à l’argentine. Au programme : Les aventures de Mafalda, née de l’imagination du dessinateur argentin Quino il y a 50 ans, ainsi que L’aleph nouvelle tirée du recueil du génie Jorge Luis Borges, L’histoire d’Eva Perón, idole populaire disparue à l’âge de 33 ans, puis le scandaleux Golgota Picnic du metteur en scène Rodrigo García pour finir avec la section ‘Clipologie’ et Santa Maria du groupe Gotan Project. À ne surtout pas rater, dimanche 25 mai à 17h00 (35 min).

Plus d’information sur www.arte.tv et ici 

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