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août 2013

Chronos du 31 juillet au 26 août 2013

29 – ARGENTINE – Fonds vautours

La France va soutenir l’Argentine, opposée devant la justice américaine à ses créanciers, des fonds  » vautours « , qui n’ont pas accepté la restructuration de la dette du pays en 2001 lors de sa faillite. La France interviendra auprès de la Cour suprême afin de l’alerter sur les implications potentielles de sa décision  » sur le bon fonctionnement du système financier international « .

31 – URUGUAY – Cannabis, monopole d’État

L’Uruguay pourrait devenir bientôt le premier pays au monde où l’État contrôle la production et la vente de cannabis. La Chambre des députés a voté, à Montevideo, un projet de loi qui légalise la marijuana et créé un Institut de régulation et de contrôle du cannabis. Le texte, présenté à l’initiative du président José Mujica, doit être ratifié par le Sénat, où la coalition gouvernementale de centre-gauche dispose de la majorité requise. L’auto-culture sera autorisée et les utilisateurs pourront acheter le produit pour leur propre usage dans les pharmacies. Ces derniers temps, il y a eu sur le continent – le plus durement touché par la violence et la corruption découlant de la drogue – de multiples voix appelant à une alternative à la confrontation militaire avec le trafic de drogue.

31 – BRÉSIL – Alliance manquée

La présidente Dilma Rousseff avait insisté lors de la visite du pape François pour créer une alliance contre la faim dans le monde.  Elle sait que François est connu comme « Le pape des pauvres » et voulait être en mesure d’annoncer un partenariat entre le Brésil et le Vatican pour une croisade contre la pauvreté, en particulier dans les pays africains avec lesquels le Brésil entretient des relations particulières pour des raisons historiques. Toutefois, bien que le Pape ait précisé qu’il apprécie les efforts que le Brésil fait dans le domaine des acquis sociaux, il est resté toute la semaine en dehors de tout type d’engagement politique partisan.

31 – CHILI – Criminalisation de la contestation mapuche

Le rapporteur spécial de l’ONU pour les droits de l’homme et les libertés fondamentales dans la lutte antiterroriste, Ben Emmerson, a déclaré  » Le Chili n’est face à aucune menace terroriste « . Dans le contexte des revendications territoriales et des protestations pour une plus grande autonomie des groupes mapuche dans sud du Chili, il a exhorté le gouvernement et le pouvoir judiciaire à cesser d’appliquer la Loi Antiterrorisme et, à la place, à utiliser les lois de droit commun pour la dizaine de procès aujourd’hui en cours contre 85 Indiens. Il a également demandé la reconnaissance constitutionnelle des peuples autochtones au sein de l’État chilien et la fin de l’utilisation excessive de la force par la police dans la pacification des communautés et souligné l’impunité de la violence contre les Indiens.

1 – BRÉSIL – Avortement légalisé en cas de viol

Les femmes qui ont été victimes de violence sexuelle seront sous la protection de l’État grâce à une loi votée par le Congrès que la présidente Dilma Rousseff n’a pas sanctionné d’un veto comme lui avaient demandé différentes confessions religieuses. La loi donne aux femmes violées la possibilité d’utiliser ce que le texte appelle « la prophylaxie pendant la grossesse », la pilule du lendemain. Les groupes religieux font valoir que toute femme pourrait se présenter à l’avortement légal en disant qu’elle a été soumise à des violences sexuelles ou « rapports sexuels non consensuels », comme indiqués dans la loi, qui ne nécessite aucune autre preuve que la parole de la victime présumée d’un viol.

1 – CHILI – La plainte de Los 33 classée sans suite

Trois ans après l’éboulement qui avait bloqué 33 mineurs – “los 33” – pendant soixante-neuf jours à 700 mètres au fond de la mine d’or et de cuivre de San José, dans la région d’Atacama, le ministère public a classé la plainte visant à traduire en justice les propriétaires du site.  » Il n’y avait pas d’éléments pour soutenir une quelconque accusation « , a-t-il expliqué. Après l’accident, le Bureau d’Atacama à Copiapo avait ouvert une enquête pour établir une responsabilité pénale pour absence de mesures de sécurité sur le site. Les enquêtes ont souligné la responsabilité des fonctionnaires régionaux du Service national de géologie et des mines (SERNAGEOMIN), office publique dont la mission est de surveiller le travail, et des propriétaires de l’entreprise Alejandro Bohn et Marcelo Kemeny. La plupart de « los 33” vit aujourd’hui dans des conditions économiques précaires et présente divers effets traumatiques produits par les 69 jours de confinement.

2 – MEXIQUE – Encore un militant écologiste assassiné

Alors que l’écologiste Noah Vazquez Ortiz, 30 ans, membre du Mouvement mexicain affecté par les barrages et pour la défense des  rivières ( MAPDER ), collectait du matériel avec un jeune homme de 15 ans pour préparer la cérémonie d’ouverture de la dixième rencontre nationale du mouvement; il a été attaqué en début d’après-midi puis, après que le garçon a été invité à partir, il a été lapidé à mort dans la municipalité de Amatlán de los Reyes, dans l’Etat de Veracruz. Le procureur général de l’Etat a arrêté quatre personnes en relation avec le crime. L’organisation accuse l’exécutif fédéral et de l’Etat « de provoquer un climat de tension et de confrontation entre la population et le mouvement qui réclame la justice et le respect des droits de l’homme « . Plus de 20 militants écologistes ont été tués au Mexique au cours des six dernières années.

2 – BOLIVIE – Sommet anti-impérialiste

Les organisations sociales et indigènes d’une vingtaine de pays réunies à Cochabamba (Bolivie) pour tenir un « sommet anti-impérialiste et anticolonialiste » ont clos la réunion en mythifiant la figure du président bolivien Evo Morales et en adoptant une série de stratégies allant de l’alliance des peuples contre le capitalisme jusqu’au contrôle des systèmes d’espionnage après des cas aussi retentissants que celui de l’informaticien de la CIA, Edward Snowden. Un mois après l’incident diplomatique de l’avion présidentiel bolivien, le président Evo Morales a déclaré le 2 août comme jour de l’anti-impérialisme et de l’anticolonialisme en clôture de la réunion, ce qui, dit-il, passera à l’histoire comme le début d’ »une nouvelle thèse politique de la libération des peuples du monde”.

5 – BRÉSIL – Des dirigeants corrompus exemptés de dette

Le gouvernement brésilien a décidé de poursuivre l’annulation de la dette de la Zambie, la Tanzanie, la Côte-d’Ivoire et la République démocratique du Congo, après l’avoir déjà fait pour quatre pays de dictateurs, la République du Congo, le Soudan, le Gabon et la Guinée équatoriale, dont les dirigeants font face à des procès de la part de tribunaux d’Europe et des États-Unis, accusés de détournement de fonds publics, d’enrichissement illicite, de corruption, de blanchiment d’argent et de génocide. Ces quatre pays représentent la moitié de la dette publique du Brésil avec les pays africains.

6 – ARGENTINE – Explosion de gaz

13 personnes ont été tuées, plus de 60 blessées et 8 sont portées disparues après une explosion de gaz dans un immeuble d’appartements à Rosario, la troisième plus grande ville d’Argentine. Les enquêteurs étudient si la cause de l’explosion, qui a touché d’autres bâtiments voisins, était due à une fuite de gaz ou à l’explosion d’une chaudière. Les pompiers ont éteint le feu mais tentent de sauver des personnes qui restent piégées dans les bâtiments endommagés qui risquent de s’effondrer.

6 – GUATEMALA Liberté de la presse en danger

Le journaliste Luis Lima, 68 ans, une icône du journalisme de radio des provinces du Guatemala, a été assassiné sur le chemin de la station où il travaillait dans la province de Zacapa, à l’est du pays. Il a été attaqué par deux hommes à moto, selon plusieurs témoins. C’était un homme très populaire en ville. Actuellement, il réalisait un programme de radio de musique populaire qui comprenait également des interviews de personnalités locales et un espace pour les opinions de ses auditeurs. Luis Lima est le troisième communicant provincial assassiné en 2013 et aucun de ces cas n’a été résolu, raison pour laquelle la directrice générale de l’Unesco, Irina Bokova, a appelé le gouvernement du Guatemala à intervenir. Depuis l’arrivée au pouvoir d’Otto Pérez en janvier 2012, il y a eu plusieurs affrontements entre les journalistes, parfois menacés de mort, et les autorités.

6 – BRÉSIL – Assassinat d’un activiste environnemental

Le biologiste espagnol de Santander, Gonzalo Alonso Hernández, un activiste environnemental renommé, a été  retrouvé mort d’une balle dans la nuque à Rio de Janeiro. Ses proches parlent d’une « tragédie annoncée ». Il a été exécuté à son domicile et ensuite a été jeté dans les eaux d’un site qu’il a, pendant des années, défendu des braconniers et des agriculteurs, qui cherchaient à ouvrir des espaces pour le bétail. Amnesty International dénonce l’assassinat de 20 écologistes entre 2011 et 2012 au Brésil ; le harcèlement des militants par les forces de sécurité, les paramilitaires et les bandes criminelles.

6 – CHILI – L’affaire Riggs au point mort

L‘affaire a commencé en 2004 quand un sous-comité sénatorial nord-américain qui enquêtait sur le financement du terrorisme après les attentats contre le Pentagone et le World Trade Center en 2001, a découvert de l’argent sur différents comptes enregistrés sous des faux noms, comme Daniel Lopez ou John Long. Après neuf ans de travaux, le ministre chilien Manuel Valderrama a décidé de fermer le dossier, appelé affaire Riggs, sans inculper aucun membre de la famille d’Augusto Pinochet. L’enquête visait à déterminer l’origine de la fortune de plus de 21 millions de dollars que le dictateur a conservée dans une série de comptes secrets à la Riggs Bank aux États-Unis. « Un tribunal de première instance dispose déjà de toutes les poursuites », a déclaré le ministre Manuel Valderrama, qui a confirmé six cas procès contre des officiers de l’armée à la retraite pour le crime de détournement de fonds publics. Tous les militaires pourraient être condamnés à des peines de prison allant de cinq à dix ans de prison

9 – BRÉSIL – Fraude aux appels d’offre

Le Ministère public de l’Etat de São Paulo a ouvert une enquête pénale pour un présumé cartel d’entreprises qui auraient été créées en 2000 à l’occasion des enchères du Métro et de la Companhia Paulista de Trenes Metropolitanos (CPTM), qui concernent des dirigeants d’entreprises et des fonctionnaires.  Selon le procureur, Marcelo Mendroni, les entreprises du cartel présumé seront traitées comme « organisations criminelles ». « Ce sont des millions, voire des milliards. Il y a de fortes indications de criminalité pour formation de cartel fraude aux appels d’offres « , a-t-il déclaré.

11 – ARGENTINE – Bilan des primaires : Kirchner perd du terrain

Les élections législatives primaires et obligatoires comme répétition générale du renouvellement en octobre de la moitié de la Chambre des représentants et un tiers du Sénat, ont arrêté des résultats très clairs. Le  « kirchneriste » Front pour la victoire (FPV) a remporté son plus mauvais résultat après une décennie au pouvoir, en perdant 14 des 24 districts, mais il reste encore la principale force politique face à une opposition fragmentée et essayera, dans les élections générales d’octobre, de se maintenir, donc de garder le contrôle parlementaire. Cependant, les partisans les plus fidèles de la présidente péroniste Cristina Fernandez Kirchner, rêvent toujours de la voir rester au pouvoir au-delà de 2015. Pour ce faire, le FPV devrait progresser pour atteindre les deux tiers des deux chambres du Parlement, ce qui est le nombre nécessaire pour modifier la Constitution et permettre ainsi à la chef de l’Etat de briguer un troisième mandat.

12 – AMÉRIQUE LATINE – Visas pour l’Europe toujours nécessaires

Le gouvernement espagnol a demandé que les Colombiens et les Péruviens puissent voyager en Europe sans visa, mais la Commission européenne (CE) a précisé qu’elle n’a pas encore reçu de demande en ce sens et que la liste des pays autorisés ne comprend pas actuellement le Pérou ou la Colombie. La CE propose d’ajouter de nouveaux candidats, mais cela se fera « dans le futur, peut-être en 2014 », selon des sources communautaires. Le processus pourrait être retardé encore plus. L’écrivain colombien Gabriel García Márquez a menacé de ne pas revenir en Espagne tant que ce sera en vigueur cette « absurdité ». « Je n’ai jamais eu besoin permission d’aller à la maison de ma mère », a déclaré le prix Nobel.

12 – PÉROU – Le n°2 du Sentier Lumineux abattu

Le commandement conjoint des forces armées a indiqué qu’un affrontement entre les autorités et des membres du Sentier Lumineux dans la jungle d’Ayacucho (sud), s’est soldé par la mort de trois « criminels terroristes ». L’un d’eux était Alejandro Borda Casafranca, alias camarade « Alipio », le chef n ° 2 du reliquat de ce groupe dans la vallée des fleuves Apurimac et Ene. Cinq heures plus tard, le président Ollanta Humala a déclaré: « Nous avons demandé que des tests ADN soient effectués pour confirmer ces bonnes nouvelles ». Après l’annonce, des politiciens du parti au pouvoir et de l’opposition se sont félicités de l’attaque du groupe, qui extorque des entreprises et se consacre au trafic de drogue dans un corridor entre les montagnes et les forêts du pays andin.

12 – MEXIQUE – Réforme énergétique

Le président mexicain, Enrique Peña Nieto, a présenté un projet de révision constitutionnelle qui permettrait à la compagnie pétrolière nationale Pemex de nouer des partenariats avec des investisseurs privés pour l’exploration et l’extraction d’hydrocarbures. Cette réforme, qui ne prévoit toutefois pas d’ouverture du capital de Pemex, contrairement à ce qu’attendaient certains observateurs, propose que soit autorisé l’octroi de permis pour que la compagnie puisse s’associer à des sociétés privées dans le raffinage ou la pétrochimie Le Parti d’action nationale (PAN) a identifié la nécessité de modifier la Constitution pour permettre l’ouverture du secteur de l’énergie au privé. Il souhaite également évincer le Sindicato de Trabajadores Petroleros de la República Mexicana (STPRM) au sein du conseil d’administration de Pemex.

13 – COLOMBIE – Ménage dans l’armée

La décision soudaine du président, Juan Manuel Santos, de renouveler entièrement l’état-major des Forces armées et le directeur de la police nationale a pris par surprise les milieux politiques colombiens. Et bien plus encore quand il n’y a pas de raison apparente de le faire. Ce tremblement se produit au début de la quatrième année présidentielle où la paix avec les FARC sera le thème central non seulement du président, mais aussi de la prochaine campagne électorale. Au cours de l’allocution présidentielle, le président colombien, en plus de l’éloge du travail de la direction sortante, a également justifié sa décision en faisant valoir qu’il s’agissait d’une « rotation naturelle ».

13 – BRÉSIL – Relations diplomatiques tendues avec Washington

La visite à Brasilia du secrétaire d’Etat nord-américain, John Kerry, pour arrondir les angles générés par le cas Snowden, n’a pas eu l’effet escompté. Un peu plus de deux mois après le voyage officiel de la présidente brésilienne Dilma Rousseff à Washington, les deux pays ont clairement fait savoir que le conflit est loin d’être résolu et les relations bilatérales ont pris une tournure inattendue le mois dernier. Après une réunion de plus d’une heure entre John Kerry et son homologue brésilien, Antonio Patrita, le Brésil a réaffirmé sa version que les activités d’espionnage de la National Security Agency (NSA) des États-Unis portent atteinte à leur souveraineté, tandis que les États-Unis les ont déclarées conformes à la loi et avec pour seul but de préserver la sécurité de leurs citoyens et du reste du monde.

15 – BRÉSIL – La Funai en défense des indiens Kawahivas

La Fondation nationale indienne (Funai) veut prouver l’existence des Kawahiva pour la protéger contre les propriétaires fonciers. Nus et armés d’arcs et de flèches, des Indiens Kawahiva apparaissent dans des images inédites enregistrées en 2011 par des membres de la Funai, organisation de défense des peuples autochtones. Deux ans plus tard, la société a décidé de sortir une vidéo de deux minutes et demie pour prouver l’existence de cette tribu et les protéger contre les propriétaires qui ont l’intention de prendre possession de leurs terres, dans la municipalité de Colniza entre Mato Grosso et l’Amazonie. Grâce à ce travail de recherche, nous savons que c’est une tribu nomade dont la subsistance est basée sur la chasse, la pêche et la cueillette de fruits. Comme ils ne pratiquent pas l’agriculture, lorsque la nourriture vient à manquer, ils déplacent leur campement, ce qui exige un vaste territoire. La population de Kawahivas a été victime d’une saignée dans les décennies des années soixante-dix et quatre-vingt, lorsque les gouvernements dictatoriaux de l’époque soutenaient la colonisation du territoire, et au cours des 20 dernières années elle a souffert de l’exploitation et du pillage des ressources naturelles, explique Carlos Travassos, coordinateur général des Indiens isolés de la Funai.

15 – ÉQUATEUR – Manifestations pour défendre le parc Yasuní

La proposition du président Rafael Correa de faire du parc Yasuní, dans l’Amazonie équatorienne, une réserve mondiale de la biosphère par l’ONU a été un échec. Soumis à des difficultés financières, il a annoncé la décision d’autoriser l’extraction de pétrole dans le parc national. Le pétrole est l’une des principales ressources du pays, qui en produit 500 000 barils par jour. Les forages du Yasuni ne concerneront qu’un millième de la superficie du parc national, fait valoir le président. Sa ministre de l’environnement, Lorena Tapia, promet que  » le gouvernement exercera un contrôle environnemental «  et que le Yasuní  » restera plus intact que jamais « . Si le Congrès donne son feu vert,  » la mobilisation commencera et ça ne sera qu’un échauffement « , prévient le président du mouvement d’Indiens Ecuarunari Carlos Pérez – qui regroupe douze communautés indigènes. Dès l’annonce de la décision, des dizaines de militants écologistes ont manifesté devant le Palais du gouvernement, exigeant une consultation populaire.

15 – PARAGUAY – Une élection qui fait oublier un déni de démocratie

Un homme d’affaires controversé sans expérience politique, Horacio Cartes, 57 ans, assume la présidence du Paraguay. Horacio Cartes, qui a fait l’objet d’une enquête par les Etats-Unis pour un présumé blanchiment d’argent, selon les câbles de Wikileaks, est entré en politique il y a seulement quatre ans et avec son arrivée, le parti Colorado conservateur,  qui avait dirigé le pays pendant six décennies, notamment lors de la dictature militaire d’Alfredo Stroessner (1954-1989), revient au pouvoir. Fernando Lugo, son prédécesseur, a été destitué par jugement sommaire en juin 2012, avec l’accord des législateurs du Colorados et des libéraux, suite à quoi le Paraguay a été suspendu en tant que membre du Mercosur et de l’Union des nations sud-américaines (UNASUR) pour violation de la démocratie. Mais lors des dernières élections présidentielles d’avril, Horacio Cartes, l’un des hommes d’affaires les plus riches, l’a remporté avec 46% des suffrages. C’est pourquoi l’Unasur et le Mercosur ont annoncé que la suspension du Paraguay a été levée.

18 – COLOMBIE – Grève nationale

Le  président Juan Manuel Santos fait face à une nouvelle grève nationale. Cette fois, le président doit répondre aux demandes des camionneurs à cause des prix du carburant, au mécontentement des secteurs du café et à l’opposition des mineurs artisanaux, à cause d’un décret autorisant la force public à saisir les machines utilisées pour des exploitations illégales.

20 – BRÉSIL – Travailleurs des ONG menacés de mort

Les trafiquants de drogue ont menacé de tuer les chefs historiques des ONG sociales et culturelles qui, depuis des années,  travaillent dans les favelas les plus violentes de Rio. Les deux institutions les plus importantes, le Grupo Cultural Afro Reggae et le Central Unica de Favelas (CUFA) ont fermé leurs bureaux et neutralisé toutes leurs activités, par exemple, dans la plus grande favela de Rio, le Complexo Alemão, un ensemble de populations qui en 2010 sont entrées dans la catégorie des soi-disant « favelas pacifiées « , depuis que les forces de l’ordre en ont expulsé leurs trafiquants.

20 – PÉROU – Un projet minier faramineux au détriment de l’eau

Le président péruvien, Ollanta Humala, avait promis durant sa campagne de défendre l’eau plutôt que l’or. Mais une fois élu, le chef d’Etat a décidé d’appuyer le projet minier de Conga en insistant sur l’importance d’un secteur représentant plus de 60 % des exportations du pays. Mais les habitants du district auquel appartient cette partie des Andes, ont décidé de se protéger de Conga, un immense projet de mine d’or et de cuivre à ciel ouvert en lieu et place de l’actuelle étendue d’eau, le Pérol, un grand lac servant de source aux rivières qui ruissellent dans la vallée alentour. Considéré comme l’investissement le plus important du secteur – 4,8 milliards de dollars (3,6 milliards d’euros) sur dix-neuf ans -, Conga prévoit la disparition de cinq lacs situés à plus de 4 000 mètres d’altitude. Des lacs qui feront place à une immense mine à ciel ouvert et à un espace destiné aux déchets et aux eaux sales.

20 – BRÉSIL – Des médecins cubains à la rescousse

Le gouvernement brésilien a décidé d’embaucher 4.000 médecins cubains, après plusieurs démentis et d’avoir annoncé qu’ils donneraient la préférence aux médecins espagnol et portugais. L’objectif est de couvrir le manque de professionnels de santé dans les zones défavorisées de l’intérieur du pays et dans les banlieues des grandes villes.

21 – VENEZUELA –Lutte contre la corruption

Pour la première fois depuis qu’il a prêté serment comme successeur d’Hugo Chavez, le président Nicolas Maduro a imposé un sujet à l’ordre du jour national du Venezuela. Le gouvernement a promis de lancer une lutte frontale contre la corruption administrative et le pays a pris la parole pour en parler et en débattre dans les médias et les réseaux sociaux. La réforme de l’État vise notamment à augmenter les peines de prison. Le Chef de L’État a demandé à l’Assemblée nationale des pouvoirs spéciaux pour légiférer sur ces questions.

22 – COLOMBIE – Les futurs accords de paix seront validés par référendum

Le président Juan Manuel Santos parait de plus en plus convaincus que la paix avec les FARC sera signé avant la fin de l’année. Après une réunion des parties qui composent la Mesa de Unidad Nacional – coalition gouvernementale – le président a annoncé qu’il a déposé au Congrès un projet de loi pour permettre aux Colombiens de valider ou non les accords qu’ils auront obtenus à La Havane à travers un référendum, le même jour que seront tenues les prochaines élections, qu’elles soient présidentielles ou parlementaires. Bien que ce soit actuellement interdit en Colombie, Juan Manuel Santos a dit qu’en raison de la situation des négociations de paix, il serait approprié de lever l’interdiction.

24 – CARAÏBES – Un climat homophobe

En Haïti, en République dominicaine, en Jamaïque et dans d’autres pays de la région, les agressions contre les homosexuels et les transsexuels se sont multipliées ces derniers mois. L’homophobie n’est pas nouvelle dans le bassin des Caraïbes. Des lois punissant la sodomie de longues peines de prison sont toujours en vigueur dans onze pays de la région. Même si ces lois ne sont plus guère appliquées, elles témoignent du climat d’intolérance et de violence dans lequel vivent les membres des communautés LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels, transsexuels). Au moins vingt-cinq homosexuels et transsexuels dominicains ont été assassinés depuis 2006, selon l’association Amigos siempre amigos (ASA). Un seul des assassins a été traduit en justice

25 – PARAGUAY – Les ravages de la culture productiviste du soja

Au Paraguay, la ruée vers le soja, dont le prix est monté en flèche sur les marchés internationaux, a accéléré ces dernières années l’expulsion, souvent violente, des petits paysans qui vivaient traditionnellement de la culture du manioc, du maïs et de l’élevage, entraînant dans la foulée une flambée des prix alimentaires. Les racines du mal sont anciennes : Clyde Soto, membre de la Coordination des droits de l’Homme au Paraguay, qui évalue à 300 000 les familles de paysans sans terre, rappelle qu’entre 1989, année du retour de la démocratie, et 2005, 120 paysans ont été assassinés. Au cours des vingt dernières années, 100 000 autres ont été contraints d’émigrer vers les villes où ils vivent dans l’indigence. Le nouveau président Horacio Cartes (parti Colorado), l’un des hommes les plus riches du pays et propriétaire de vastes plantations de soja, n’a exprimé aucune intention de modifier le modèle agricole ou d’impulser une réforme agraire favorisant une plus juste distribution de la terre. Près de 60 % du soja paraguayen est exporté vers l’Europe.

Une date pour mémoire

 Le 11 septembre 1973 est une date qui a marqué à jamais la vie de milliers de Chiliens. Elle évoque l’écrasement brutal d’une tentative de révolution par la voie pacifique, pour une société plus juste où la démocratie prend tout son sens. L’engagement de cette jeunesse des années soixante-dix, après des années d’amnésie, d’apathie et d’indifférence a été relayé par les nouvelles générations, les petits-enfants. Aujourd’hui, quarante ans après, ils s’engagent sous d’autres formes, souvent moins idéologiques, pour exiger toujours une société plus égalitaire. L’exemple de la mobilisation étudiante des dernières années en est la preuve. Une partie de cette jeunesse revient sur le passé et cherche à savoir la vérité, à comprendre et à garder la mémoire collective de la tragédie chilienne.

Ce mois de septembre 2013 nous constatons que l’amnésie chilienne reste derrière. De nombreuses manifestations de commémoration sur la chute du gouvernement socialiste de Salvador Allende s’organisent partout au Chili. Nous nous en réjouissons. En France aussi, dans différentes villes, nous observons une riche programmation pour commémorer cette date. Rappelons-nous qu’à l’époque, le coup d’État militaire avait connu dans l’ensemble de l’hexagone un fort retentissement. Nous qui avons connu Salvador Allende et qui avons participé très tôt pour qu’il arrive au pouvoir en 1970, comme de nombreux Chiliens, nous pensons qu’en dépit du changement de contexte politique, l’utopie chilienne, sous certains aspects, reste toujours d’actualité, du moins dans son rêve d’une société plus équitable et juste.

En ce temps de mémoire, permettez-nous d’évoquer cette publication appelée jadis Chili Flash, publiée en France pour la première fois en septembre 1984. Avec des moyens dérisoires, elle avait comme objectif de participer, avec d’autres militants, à la sensibilisation de l’opinion sur la réalité chilienne, à dénoncer les crimes de la dictature et aider la restauration de la démocratie. Il s’agissait d’un bulletin édité tous les quinze jours et distribué avec effort et persévérance par un réseau de sympathisants afin que l’opinion française sache que Pinochet était encore au pouvoir. Nous réclamions alors un élan de solidarité et de soutien pour que les démocrates chiliens s’en débarrassent.

Des années plus tard, à la fin de la dictature chilienne, la publication Chili Flash est devenue Espaces Latinos. Depuis et de manière permanente, – l’année prochaine nous fêterons trente ans de parutions ininterrompues – celle-ci essaie, avec une équipe de passionnés, tous bénévoles, d’embrasser et d’informer sur les réalités et cultures de l’ensemble de l’Amérique latine. Quarante ans après, notre désir d’utopie reste intact.

Januario ESPINOSA

  

C’est la rentrée pour le cinéma Latino

LeonesMon bel orangerMagic magicLa Danza de la realidad : ces quatre films sont à découvrir sur grand écran à la rentrée, également marquée par la 22è édition du festival de cinémas et cultures d’Amérique latine de Biarritz, du lundi 30 septembre au dimanche 6 octobre.

Un seul film latino est sorti début août. Il s’agit de Leones de la plasticienne argentine Jazmin Lopez, qui a réalisé un film dans la lignée de Gerry de Gus van Sant. On peut lire une très bonne critique dans le journal Le Monde : http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/08/06/leones-dans-les-tenebres-d-une-foret-argentine-des-sons-pour-unique-boussole_3457850_3246.html.

Depuis le 21 août est diffusé Mon bel oranger du brésilien Marco Bernstein, scénariste de Central do Brasil et réalisateur d’un premier film sympathique L’autre côté de la rue. Au Brésil, Zézé, presque 8 ans, est issu d’une famille pauvre du Minas Gerais. À cause de ses frasques à répétition, il est souvent battu. Pour y échapper, cet enfant sensible et précoce, aimant par-dessus tout raconter des histoires, se réfugie souvent sous les branches d’un jeune et bel oranger. Il devient aussi l’ami d’un émigré portugais qui possède une belle traction-avant. Publié en 1968, le roman partiellement autobiographique du brésilien José Mauro de Vasconcelos connaît un succès retentissant dans le monde entier. L’adaptation est un peu trop simple, peut-être parce que l’on veut nous montrer la réalité du point de vue de l’enfant, mais le film recherche l’émotion du spectateur. Une belle nature nous permet de sympathiser avec l’enfant.

A partir du 28 août sortent les films remarqués à Cannes cette année. D’abord Magic magic, le nouveau film de Sebastián Silva, le réalisateur de La nana et de Les vieux chats. Cette fois le film se déroule dans un climat complètement différent. Pendant ses vacances au Chili, Alicia, une jeune américaine réservée, se trouve embarquée par sa cousine Sara et sa bande d’amis sur une île isolée au sud, dans la région de Lago Ranco. Cette  nature sauvage mêlée à des espaces confinés constitue une toile de fond idéale pour cette histoire angoissante. Alicia se replie de plus en plus sur elle-même et commence à perdre ses facultés mentales tandis  que le groupe, plongé dans ses propres problèmes, fait preuve de cruauté mais aussi d’inconscience vis-à-vis de la jeune fille. La grande qualité du film est de savoir jouer subtilement des codes, rendant peu prévisible l’évolution de l’action. Chacun n’est jamais finalement ce qu’il paraît : à la fois en tant que personnage, mais aussi par rapport aux rôles des acteurs dans leurs précédents films. Il en est de même du film. Parfois on pense que celui-ci va tourner à l’ésotérique ou au gore, mais rien de tout cela. Silva dit avoir pensé aux films de Polanski pour insuffler un climat très dérangeant, accentué par la photographie de Cris Doyle, spécialiste de films urbains, qui donne ici à la nature une tonalité très particulière.

Le cinéaste de 84 ans Alejandro Jodorowsky révélé par El topo en 1970, puis par La montagne magique, mais également auteur de BD (L’Incal, avec Moëbius, notamment), spécialiste de tarot, fondateur du légendaire groupe Panique (avec Topor et Arrabal), n’avait pas touché une caméra depuis Le voleur d’arc-en-ciel en 1989. Dans La danza de la realidad, présenté à la Quinzaine des Réalisateurs, il fait un retour sur son enfance à Tocopilla au nord du Chili. Pour interpréter son père, il choisit son fils, et de nombreux autres membres de sa famille apparaissent dans le film, qui, comme toujours chez Jodorowsky, mêle ses souvenirs et ses rêves – souvent des cauchemars. Pour incarner sa mère, il choisit une chanteuse d’Opéra qui ne s’exprime que par des vocalises. Mais le film, difficilement racontable, est très accessible car le cinéaste fait un vrai retour sur sa propre vie en faisant appel à la magie, mais cette fois sans beaucoup d’ésotérisme. C’est vraiment un film original comme l’on n’en voit peu et qui pour certains spectateurs qui ne connaissent pas Jodorowsky, peut leur donner l’impression que nous donnaient certains films de Fellini. Ce n’est pas un mince compliment.

Biarritz 2013

Le prochain Festival de Biarritz se déroulera du 30 septembre au 5 octobre. Comme chaque année, il sera ouvert à plusieurs formes d’expression.
Au cinéma d’abord avec dix longs métrages en compétition, dont  El verano de los peces voladores de Marcela Said, Chili, et Wakolda (Le médecin de famille) de Lucia Puenzo, Argentine, déjà présentés dans notre chronique de Cannes, et Los insólitos peces-gato (Les dôles de poissons-chats) de Claudia Sainte-Luce, Mexique, en film d’ouverture . Il y aura aussi la compétition de 10 courts métrages de différents pays, et la compétition,  toujours très suivie, de films documentaires dont Victor Jara, N°2547 par Elvira Diaz, Chili. Il y aura aussi un focus sur le cinéma chilien.

En partenariat avec l’Institut des Hautes Études de l’Amérique Latine (IHEAL, Sorbonne Nouvelle – Paris 3) se tiendra un colloque “Chile, 40 años depués, le 11 septembre 1973 et ses conséquences”. Trois écrivains seront également mis en avant : Valeria Luiselli (Mexique) et Antonio Ungar (Colombie), en leur présence, et un hommage sera rendu à Roberto Bolaño. Au village auront lieu concerts et animations. Enfin, on pourra assister au concert de Paco Ibañez, le 1er octobre.

Pour plus de renseignements visitez le site du Festival : www.festivaldebiarritz.com

Alain LIATARD

Haïti en ligne, ou la frénésie des réseaux sociaux

La frénésie des réseaux sociaux a gagné Haïti : les jeunes et moins jeunes se sont emparés de ces plate-formes internet pour parler politique, football, mais aussi pour débattre des derniers ragots et rumeurs du pays. Et l’actuel gouvernement n’a pas boudé cette révolution numérique : le président et le Premier ministre inondent les réseaux de tweets et de photos…

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Colombie : les FARC vers la reconnaissance de leur responsabilité dans les crimes du conflit armé

En Colombie, la guérilla marxiste des FARC reconnait pour la première fois sa responsabilité dans certains des crimes commis durant près de 50 ans de conflit civil. Un aveu fait ce mardi 20 août 2013 à Cuba, oú se déroulent depuis neuf mois des négociations de paix avec le pouvoir.

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Le cinéaste Alejandro Jodorowsky mobilise pour la ville de Tocopilla au Chili

Au Chili, une petite ville du Nord du pays, jusqu’à présent très discrète, fait beaucoup parler d’elle. Pendant deux semaines, les habitants de Tocopilla ont bloqué les routes, manifesté, effectué une grève générale. Ils se révoltent contre le manque d’aide de la part de l’Etat depuis le tremblement de terre de 2007. Plusieurs personnalités soutiennent ces revendications, comme le cinéaste franco-chilien Alejandro Jodorowsky, originaire de cette ville de 30 000 habitants, qui a même diffusé sur Youtube un message de soutien.

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Pétrole: l’Équateur renonce à épargner la réserve écologique du Yasuni

Lancé il y a six ans à la tribune des Nations unies, le plan Yasuni ITT vient d’échouer en Équateur. Il s’agissait d’une première mondiale pour lutter contre le réchauffement climatique. L’idée était de ne pas exploiter un gisement de pétrole lourd situé dans la réserve mondiale de biosphère du Yasuni en échange d’une contribution financière de 3,6 milliards de dollars de la communauté internationale. Mais l’argent n’est arrivé qu’au compte-gouttes, a dénoncé le président équatorien Rafael Correa.

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Comptes cachés de la famille Pinochet à la banque Riggs: la justice chilienne clôt l’enquête

Début août, la justice chilienne a refermé le dossier de l’affaire Riggs après neuf ans d’enquête. Riggs est le nom de la banque aux États-Unis, aujourd’hui disparue, qui hébergeait plusieurs comptes d’Augusto Pinochet, certains sous des noms d’emprunt. Six militaires à la retraite ont été inculpés pour détournement de fonds publics, mais aucun parent du dictateur chilien.

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Brésil: des documents rares de la dictature militaire mis en ligne

Plus de 900 000 documents témoignant des actes commis sous la dictature militaire brésilienne qui a sévit de 1964 à 1985 ont été mis en ligne, vendredi 9 août au Brésil. Le parquet de São Paulo, à l’origine de la publication, entend ainsi préserver la mémoire des disparus et des victimes de la torture sous le régime militaire. Suite sur RFI>>

Mexique: Enrique Pena Nieto présente sa nouvelle réforme énergétique

Au Mexique, le président Enrique Peña Nieto n’en finit pas de vouloir transformer le pays. Ce lundi, il a proposé au Congrès une nouvelle réforme, énergétique cette fois. Cette réforme, la plus importante mais aussi la plus risquée, devrait permettre la participation du secteur privé à l’exploration, l’extraction et le raffinage du pétrole. Cependant ces partenariats, interdits jusqu’à présent par la Constitution, n’affecteraient pas le monopole de la compagnie nationale Pemex sur les activités pétrolières et gazières du Mexique. Suite sur RFI>>

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