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Musiques

Un concert franco-colombien par Alain Pacquier à l’Arsenal de Metz le 21 octobre 2018

Alain Pacquier travaille depuis une trentaine d’années sur des projets artistiques avec des pays d’Amérique latine. A l’occasion du concert qu’il prépare dans le cadre de son nouveau projet France-Colombie, voici son portrait ainsi qu’un descriptif de ses actions. Un des premiers grands moments de cette collaboration musicale internationale sera le concert du 21 octobre 2018 à 16h à l’Arsenal de Metz, les «Couleurs symphoniques de l’Amérique latine».

Photo : Cité Musicale

Créer des ponts culturels entre l’Amérique latine et l’Europe, voilà la mission que s’est donné Alain Pacquier. Ce Lorrain passionné de musique, créateur et directeur artistique du festival de Saintes et du festival international de musique de Sarrebourg, œuvre depuis le couvent de Saint-Ulrich en Lorraine. Il y développe des activités autour de la découverte de musiques du monde parfois oubliées et incite les jeunes mosellans à la pratique instrumentale. Le lauréat en 1997 du Prix Monseigneur Marcel de l’Académie française pour son livre Les Chemins du baroque dans le Nouveau Monde monte depuis 2005 des projets de rencontres internationales entre musiciens latino-américains et mosellans.

Au cours de ses voyages en Amérique latine, il se rend compte que les populations locales entretiennent un rapport spécial au monde musical : dans la précarité et la pauvreté les plus extrêmes, la musique est une bouffée d’oxygène que l’on aime et que l’on pratique sans rien attendre en retour. La musique rend digne, en somme.

Dans des pays latino-américains comme le Mexique, la Colombie et le Venezuela où musique et action sociale vont de pair, comment ne pas imaginer un projet international ? C’est ce constat qui le pousse à former de jeunes musiciens à la pratique instrumentale symphonique et à promouvoir des collaborations outre-Atlantique, en organisant des rencontres et des concerts.

Nous le retrouvons dans le cadre de son nouveau projet d’échange musical avec la Colombie. Le but ? Réunir de jeunes colombiens et mosellans autour de musiques colombiennes, d’œuvres symphoniques et des figures du compositeur français emblématique Hector Berlioz et du maître du romantisme musical colombien José María Ponce de León, malheureusement moins connu que son contemporain.

Les « Couleurs Symphoniques de l’Amérique latine » en concert

La délégation colombienne qui se rendra en Lorraine en octobre 2018.

Photo : Alain Pacquier

«Mettre en commun ce que nous avons et qu’ils n’ont pas avec ce qu’ils ont et que nous n’avons pas.» Le projet France-Colombie repose sur ce principe et prend la forme d’un programme éducatif et musical original et historique : des rencontres musicales entre jeunes lorrains et colombiens.

Depuis 2013, grâce aux Rencontres Musicales de Saint-Ulrich, Alain Pacquier a mis en place ce projet pour favoriser la pratique instrumentale symphonique et promouvoir la mixité sociale, l’autonomie et la responsabilisation auprès des jeunes. L’objectif est d’organiser un échange et une coopération internationale avec les «Jeunes Symphonistes mosellans».

Ce projet se déroulera sur deux ans. Dans un premier temps, du 5 au 21 octobre 2018 en Lorraine. Les musiciens colombiens de Neira et Manizales seront d’abord reçus au couvent de Saint-Ulrich et prépareront un concert qui aura lieu le jeudi 11 octobre 2018 à l’Espace Lorrain de Sarrebourg. Puis ils rencontreront leurs camarades francophones de Sarrebourg et de Woippy, une ville près de Metz. Ensemble, ils répèteront pour deux concerts de clôture de la première phase du projet : d’abord à l’Espace René Cassin de Bitche, ensuite à l’Arsenal de Metz. L’année prochaine, ils se retrouveront de l’autre côté de l’Atlantique pour la deuxième phase du projet.

Ce sont plus de cent jeunes musiciens, stagiaires du programme et membres de la délégation colombienne qui se retrouveront sur scène pour offrir au public des «Couleurs symphoniques de l’Amérique latine», le 21 octobre 2018 à 16h à l’Arsenal de Metz. Ils interprèteront des œuvres de compositeurs colombiens (Felix Mendoza, Arturo Márquez, José Pablo Moncayo) ainsi que deux créations symphoniques de jeunes compositeurs, un français et un colombien (Simon Clausse et Cristhian Galindres).

Nina MORELLI

La franco-chilienne Anita Tijoux et son rap conscient qui fait du bien à l’Amérique latine

Dans la salle du théâtre municipal de Valparaíso, le 17 août dernier, le public était jeune, et féminin. Les places vendues étaient assises, la fosse comptait de nombreuses rangées de fauteuils rouges du plus bel effet. Mais un concert de hip-hop s’écoute rarement assis. Dans la fosse ou aux galeries de ce théâtre art déco des années 1930, les gens se pressaient contre la scène. Ici, un seul agent de sécurité interdit l’accès à l’escalier qui mène à la scène.

Photo : Radiozero

Six musiciens pour accompagner celle qui est sans doute la rappeuse la plus connue et la plus appréciée du Chili. Anita Tijoux, née à Lille de parents exilés à la suite du coup d’État de 1973, est aujourd’hui la figure de proue du hip-hop chilien et latino-américain, ayant conquis les scènes du monde entier.

Après avoir chanté avec le groupe Makiza (quatre albums au compteur), elle se lance en solo en 2007 et a depuis sorti quatre albums de hip-hop, et s’est récemment lancée dans un nouveau projet, le chant de boléro au sein de Roja y Negro.

Son hip-hop enragé frappe et fait danser. Les cuivres sont tour à tour jazzy, rythmique comme en funk ou mélodique, le guitariste passe avec aisance (et en changeant de guitare) du solo de rock au boléro. Car il ne s’agit pas que de hip-hop : Anita Tijoux, dans sa combinaison old school, rend aussi hommage au poète Victor Jara et chante quelques boléros.

Dans ces moments-là, on oublie presque le rap. Sa voix est claire, chaude, juste, avec des envolées soul qui donne la chair de poule. Lorsqu’elle rappe et donne la priorité au rythme, Anita Tijoux ne grime pas sa voix, ne la force pas. Elle rappe, mais avec naturel, sans auto-tune.

Une vraie star, adulée par son public qui reprend en chœur ses textes. Et quels textes ! Antipatriarca, Partir de Cero, Shock, Somos Sur… Côte à côte, les générations se côtoient et chantent ensemble, en particulier les femmes qui se retrouvent dans les textes anti-patriarcal. Aucun doute, Anita les réunit.

Et quand elle prend enfin le foulard vert du mouvement pro-avortement que lui tendait une petite fille sur les épaules de sa mère, une clameur s’élève. Quelques mots pour se redonner courage dans ce combat difficile, puis, le foulard autour du cou, Anita continue. Un peu plus tard, une étudiante monte sur scène, donne un flyer à la chanteuse avant d´être reconduite dans la fosse par la sécurité. Anita Tijoux l’appelle «cariño» et lit le tract au public : une réunion aura lieu dans la dernière université occupée par les mouvements féministes. Avec Anita Tijoux, la politique n’est pas que dans les textes.

Rai BENNO
Depuis Valparaíso

Tango et folklore d’Argentine au cœur du nouvel album d’Amando Risueño, Campo abierto

Deuxième album d’Amando Risueño, Campo abierto, qui sort le 7 septembre, réunit un répertoire de musiques d’Argentine, interprétées à la guitare et au chant. La zamba côtoie ainsi le tango, la valse et la milonga dans une douce harmonie, sortant des sentiers battus de la musique orchestrale traditionnelle. Amando Risueño sera en concert en France le samedi 20 octobre à 20 h 30 à l’Âne Vert Théâtre à Fontainebleau (77) et le dimanche 21 octobre, 17 h, à La Grange aux Dîmes à Carrières-sur-Seine (78).

Photo : Amando Risueño/Nuevo Mundo

Campo abierto est le titre éponyme d’une composition du guitariste, chanteur et poète argentin Atahualpa Yupanqui, dont le disque est profondément inspiré. Il évoque les grands espaces avec pour traduction «la grande plaine». En filigrane, il nous parle de la relation intime que l’homme noue avec son paysage. Campo abierto est une invitation à explorer notre propre rapport à la terre, à contempler nos paysages intérieurs et à porter notre regard au-delà des lignes d’horizon dans un hommage à l’insaisissable.

Guitariste chanteur interprète argentin, Amando Risueño se dédie aux musiques d’Amérique du Sud et tout particulièrement au tango et à la chanson du Río de la Plata (Argentine et Uruguay), région où il a vécu jusqu’en 2011. Il réside désormais en France. 

Amando étudie la guitare classique au Conservatoire national de musique Carlos López Buchardo de Buenos Aires dès l’âge de 11 ans. Il se consacre ensuite à la guitare jazz, puis se tourne vers le tango en suivant, notamment, les enseignements d’Anibal Arias à l’Academia nacional del tango de Buenos Aires. Mais son approche de ce genre musical se veut avant tout le fruit de rencontres et d’investigations personnelles. 

Si le cœur de son répertoire se concentre sur la tradition du tango canción, sa recherche artistique comprend également l’étude et l’interprétation d’autres musiques d’Amérique du Sud, comme la zamba, la chacarera, le carnavalito ou encore le candombe. 

Au fil des années, Amando donne des concerts dans des lieux aussi prestigieux que l’Academia nacional del tango à Buenos Aires, en parallèle de son travail de professeur de musique. Il participe à des collectifs, tels que «Barrio Once» et «Duo Vacs Ochoa» de 2005 à 2009 et joue sur scène avec le bandonéoniste argentin Marcelo Mercadante et le pianiste cubain Roberto Fonseca en 2012.

Des expériences qui le font naviguer entre les deux rives du Río de la Plata et s’envoler vers la Nouvelle-Zélande, le Canada, l’Espagne, la Grande-Bretagne et la France pour donner des concerts, participer à des festivals et mener des ateliers d’initiation et de perfectionnement à la musique tango.

Amando Risueño propose un univers intimiste et feutré. Ses concerts se déroulent avec simplicité tirant un fil rouge narratif plein de poésie et d’images, faisant émerger les paysages d’Argentine et d’Uruguay. Des étendues de la Pampa, aux montagnes des Andes, en passant par les rues de Buenos Aires, son répertoire est composé de musiques traditionnelles du Nord du pays, du Rio de la Plata, et parfois d’un peu plus loin.

D’après Nuevo Mundo

MúsicaOcupa, le festival qui s’approprie les lieux insolites de la capitale équatorienne

Du 5 au 16 juin derniers, la ville de Quito en Équateur a accueilli MúsicaOcupa, un festival de musique classique qui se déroule dans des endroits insolites. Pendant près de deux semaines, les 3000 spectateurs présents ont pu profiter de 11 concerts et de 10 présentations spontanées dans les 18 lieux investis à cette occasion. Pour cette 2édition du festival, ce sont 21 musiciens nationaux et 11 invités internationaux qui ont répondu présent. 

Photo : MúsicaOcupa

Le festival MúsicaOcupa est une organisation à but non lucratif dont l’objectif est de promouvoir et d’assurer la prolifération de la musique classique en Équateur. En choisissant de se produire dans des lieux insolites, elle vise à rendre accessible la musique aux personnes issues de communautés qui ne disposent pas forcément de ressources pour participer aux concerts formels. Ainsi elle croit en l’importance de la musique dans le développement social et culturel de son pays et c’est pour cette raison qu’elle a fait le choix de créer des espaces pour que les personnes cultivent leur passion pour cet art ou apprennent à l’apprécier. 

Selon les organisateurs du festival, «l’Équateur a besoin d’une plus forte diffusion culturelle qui puisse toucher un public plus large. Nous sommes engagés dans le but d’utiliser ce projet comme un outil pour décentraliser et démocratiser l’accès à la musique classique. Celle-ci ne doit pas seulement être jouée dans les grands théâtres mais doit être disponible pour ceux qui veulent la découvrir et en profiter».

Cette année, pendant deux semaines, de nombreux espaces insolites de la ville de Quito comme le cimetière de San Diego, le centre de réhabilitation de Latacunga ou le marché des Arenas, ont été la scène de concerts et de présentations lors desquels les spectateurs ont pu profiter d’un répertoire varié composé de pièces musicales du baroque classique ainsi que d’œuvres équatoriennes contemporaines.

Pour cette deuxième édition du festival, ce sont les talents locaux qui ont prédominé sur scène. Plusieurs groupes équatoriens comme InConcerto, Vientos mitad del mundo, Mozart k911 string quartet, Quito brass quintet et Royal brass ont animé la quinzaine. La programmation ne s’arrête pas là puisque des musiciens venus tout droit d’Uruguay, du Brésil, du Chili, d’Australie ou encore d’Espagne étaient également invités. 

De l’Opéra Européen aux rues d’Amérique Latine

Depuis que l’Équateur considère la musique classique comme un facteur culturel favorable au développement social du pays, de nombreuses autres initiatives commencent à fleurir partout en Amérique latine. À São Paulo au Brésil, le festival Ilumina a pour philosophie de faire de la musique classique une révolution musicale. De l’autre côté du continent, le Festival international de musique de Carthagène des Indes en Colombie fait dialoguer de manière harmonieuse la musique classique et les influences européennes et latino-américaines. On pense également au festival de musique classique et latino-américaine La Rioja.

Mais il faut savoir que la prolifération de la musique classique en Amérique latine ne s’arrête pas là. Pour les férus de ce genre musical, il existe un site web nommé Bachtrack, en lien avec l’organisation culturelle colombienne «Gestar Cultura», sur lequel on peut revoir des spectacles latino-américains et dont l’objectif est de tenir informés les utilisateurs des concerts, festivals et autres manifestations de ce type en Amérique latine.

Margarita CARRASQUILLA

Plus d’informations sur le festival MúsicaOcupa
Pour accéder au site de Bachtrack 

L’Opéra Underground de Lyon sera à l’heure latino-américaine du 18 au 20 juin

Le festival du Péristyle a débuté le 7 juin et bat son plein jusqu’au 1er septembre. Il déclinera 75 concerts gratuits pour voyager au rythme des traditions musicales et du jazz du monde entier. Du 18 au 20 juin, Free Cages se produira sur la scène du Péristyle. Le musicien et chercheur colombien Jaime Salazar sera accompagné des pianistes Yannick Lestra et Leonardo Montana. Ils nous plongeront dans les musiques indigènes colombiennes et l’univers sonore et minimaliste de la musique des années 1940.

Photo : Jaime Salazar/El Picante

Jaime Andrés Salazar est né à Bogotá en 1984. Il a étudié le saxophone classique à l’orchestre symphonique des jeunes de Colombie, puis au conservatoire de Lyon. Il a obtenu ses diplômes d’Etat en saxophone classique et musiques traditionnelles en 2008. Il a également étudié l’anthropologie et la musicologie.

Il s’est intéressé parallèlement aux musiques traditionnelles colombiennes et sud-américaines, et a créé un orchestre de latin jazz et salsa qui puise son répertoire dans le mariage des musiques traditionnelles afro-caribéennes et les sonorités contemporaines du latin jazz new-yorkais. Actuellement, il enseigne au CNSMD de Lyon et à la Pontificia Universidad de Bogota.

Artistiquement, Jaime Salazar a eu l’occasion de partager la scène nationale et internationale avec des artistes tels que Samuel Torres, Yuri Buenaventura, Jimmy Bosch, Maria Mulata, Nidia Gongora, Antonio Rivas, Peter Ralchev, Irving Acao, Ernesto Simpson, Manuel Valera, Leonardo Montana, entre autres. En 2015, il a créé le spectacle «Bal à la Havane 1950» qui était une commande artistique du festival À Vaulx Jazz (Vaux-en-Velin).

Il a aussi participé à plusieurs projets d’inspiration colombienne, comme Nilamayé, groupe de musique afro-colombienne s’inspirant des musiques locales et régionales des peuples côtiers colombiens, et Pixvae, créé avec le saxophoniste et compositeur Romain Dugelay, où les chants et les percussions du Pacifique colombien se confrontent au jazzcore.

Pour le festival du Péristyle, Jaime Salazar sera accompagné de Yannick Lestra, compositeur et pianiste français, et de Leonardo Montana, pianiste brésilien. Ils mélangeront les techniques pour piano préparé du compositeur John Cage, la richesse sonore du Fender Rhodes et des mélodies d’inspiration indienne.

Caroline BRUYAS

Plus d’informations sur la programmation du festival du Péristyle

Il y a l’Opéra et… l’Opéra Underground de Lyon et son Péristyle. À découvrir cet été !

L’Opéra Underground, nouveau projet de l’Opéra, propose des musiques de tous bords, à l’Amphi et dans la Grande Salle, ainsi que des concerts gratuits sur la terrasse des Muses (afterwork, DJ set, soirées vinyles) et au Péristyle. Cet été, le café-jazz du Péristyle change de nom et devient le « Festival du Péristyle », orchestré par son nouveau directeur Olivier Conan.

Photo : Ceferina Banquez – Festival Péristyle

Olivier Conan a repris les rênes de l’Amphi Opéra de Lyon fin 2017, suite au départ de François Postaire. Le nouveau directeur de l’Amphi a passé 33 ans à New-York. Musicien membre du groupe Chicha Libre, créateur d’un club de musique, le Barbès, et d’un label, Barbès Records à Brooklyn, il est arrivé en septembre 2017 à l’Opéra pour préparer la programmation de l’Amphi et du Péristyle. Il aime dire que «les styles (de musique) ne sont plus définissables». Il souhaite faire découvrir de nouvelles musiques du monde, ainsi qu’une nouvelle génération de musiciens, qui ont puisé dans les musiques traditionnelles et en ont fait des choses très personnelles.

Le festival du Péristyle déclinera ainsi 75 concerts gratuits pour voyager au rythme des traditions musicales et du jazz du monde entier. Ces concerts auront lieu tous les soirs, du 7 juin au 1er septembre, à 19h, 20h15 et 22h. Entrée libre, sans réservation. La programmation contera de nombreux artistes régionaux, en résonance avec Jazz à Vienne et le Centre des musiques traditionnelles Rhône-Alpes (CMTRA), et également des invités du monde entier. Du jazz new-yorkais, lyonnais, manouche, le Rebetiko des Balkans, le chaâbi marocain et algérien, des mélanges hip-hop, de la musique éthiopienne, de la Réunion, afro-funk, de nombreuses musiques traditionnelles seront représentées, agrémentées de sons nouveaux et personnels.

Et comme Olivier Conan est passionné par la musique d’Amérique latine depuis toujours, une vaste programmation latino sera également proposée. Maa Ngala, du 7 au 9 juin : rencontre entre les musiciens Vénézuéliens de la Gallera Social Club et le griot Sénégalais Ablaye CissokoFree Cages, du 18 au 20 juin : Jaime Salazar, musicien colombien, sera accompagné des pianistes Yannick Lestra et Leonardo MontanaTrio Corrente, du 5 au 7 juillet : trio de référence du jazz instrumental au Brésil. Ceferina Banquez, du 9 au 11 juillet : la «nouvelle» reine du Bullerengue, musique de la côte caraïbe colombienne. C4 trio, du 30 juillet au 1er août : trio vénézuélien qui se produira pour la première fois en France. Il présentera un mélange de música llanera, musique traditionnelle des plaines, associée au jazz, à la musique classique et à toutes les musiques contemporaines. Ladama, du 6 au 8 août : ces 4 femmes venant du Brésil, du Venezuela, de la Colombie et des États-Unis présenteront leur nuevo folk panaméricain. Carina Salvado, du 16 au 18 août : française d’origine, elle proposera des compositions originales de fado moderne. Joao Selva, du 27 au 29 août : il explorera l’univers tropical brésilien des années 1970 mêlant samba, soul, disco et funk vintage. Et pour accompagner ces concerts, la terrasse du Péristyle sera ouverte de 8 h 30 à 23 h et proposera une «cuisine lyonnaise infusée à l’air New-Yorkais», ainsi qu’une sélection de vins, bières et jus de fruits. De belles soirées musicales en perspective pour tout l’été !

Caroline BRUYAS

Plus d’informations sur le festival du Péristyle

Nuits de Fourvière de Lyon : quatre spectacles latinos à voir absolument cet été

Du 1er juin au 28 juillet 2018, Lyon accueillera la 73e édition des Nuits de Fourvière dans le Théâtre antique. Le festival pluridisciplinaire, rendez-vous culturel très attendu chaque été, propose soixante représentations de théâtre, cirque, danse et musique. Au programme ? Quatre spectacles avec des artistes latinos de tout premier plan.

Photo : Ney Cohelo

Le célèbre danseur cubain Carlos Acosta présentera les 7 et 8 juin son spectacle « Acosta Danza ». Alors qu’il rêvait de devenir footballeur dans le quartier pauvre d’Arroyo Naranjo à la Havane, son père l’inscrit à l’école de ballet Alejo Carpentier pour lui inculquer la discipline. Le cadet d’une famille de onze enfants se prend alors de passion pour la danse et enchaîne les succès. Distingué à de nombreux prix prestigieux depuis les années 1990, Carlos Acosta est depuis lors célébré dans le monde entier. Le spectacle « Acosta Danza » sera présenté en cinq temps avec cinq chorégraphes de renom pour diriger la compagnie cubaine, dont l’artiste d’avant-garde de la danse cubaine Marianela Boán et le belge Sidi Larbi Cherkaoui. Un programme grandiose qui offrira une vision panoramique à l’art de la danse.

Viendra ensuite le 5 juillet la famille Veloso au grand complet : l’immense Caetano Veloso avec ses fils Moreno, Zeca et Tom. L’artiste brésilien est à la fois le digne héritier des plus grands chanteurs de son pays tels que Tom Jobim ou João Gilberto et un créateur de génie. Fondateur du mouvement contestataire Tropicália avec Gilberto Gil, exilés à Londres sous la dictature, ils ont ensemble révolutionné la musique brésilienne post-bossa-nova : l’introduction de la guitare électrique a bouleversé le mouvement de la bossa-nova qui commençait à s’essouffler à la fin des années des 60. Mélangeant la bossa à la pop, le tango au fado, le carnaval au rock, le poète a réinventé sans cesse les genres. Curieux, sensuel et frondeur, controversé voire détesté à ses débuts pour son caractère novateur, il est aujourd’hui porté aux nues pour son audace et son talent.

Autre temps fort du festival, le charismatique Seu Jorge rendra hommage le 6 juillet à David Bowie avec son album The Life Aquatic tiré du film de Wes Anderson. Seu Jorge y jouait alors le rôle d’un marin solitaire chantant sur son bateau les chansons de David Bowie en portugais. Le maître de la samba-pop reprend son rôle en concert avec son bonnet rouge et sa guitare, accompagné par l’orchestre de l’Opéra de Lyon pour une prestation sur mesure. Le chanteur à la voix de baryton tantôt voluptueuse tantôt rocailleuse, également acteur dans le film La Cité de Dieu, influence la scène musicale de la samba-pop depuis le début des années 2000 : on se souvient de ses interprétations débordantes d’énergie et pleines de panache de Carolina et País Tropical.

Enfin, le reggae s’affichera dans toute sa splendeur avec la Nuit Havana meets Kingston le 21 juillet : onze fines gâchettes cubaines et jamaïcaines se partageront les richesses du Buena Vista et du dancehall, de la rumba et du dub, des traditions indémodables comme des sons dernier cri de leurs deux îles. Avec en tête d’affiche Ken Boothe, le crooner à la voix magnétique patinée par un demi-siècle de carrière, qui chantera un reggae élégant et sensuel.

Gabriel VALLEJO

Les quatre spectacles auront lieu au grand Théâtre antique de Lyon. Jeudi 7 et vendredi 8 juin (21 h 30) : Acosta Danza avec Carlos Acosta ; jeudi 5 juillet (21 h) : Ofertorio : Caetano, Moreno, Zeca et Tom Veloso puis Antonio Zambujo (solo) ; vendredi 6 juillet (21 h 30) : Seu Jorge et les musiciens de l’orchestre de l’Opéra de Lyon : The Life Aquatic – A tribute to David Bowie ; samedi 21 juillet (20 h) : Nuit Reggae Caraïbes, Havana meets Kingston, avec Ken Boothe et Meta Dia. La programmation complète et les réservations sont à retrouver sur le site officiel des Nuits de Fourvière.

Quand le rock était interdit au Mexique : portrait musical des années 90

«À quel moment le Mexique a-t-il été foutu?» peut-on se demander en utilisant la célèbre question que se pose Mario Vargas Llosa au début de son roman Conversation à la Cathédrale à propos de son pays, le Pérou. Beaucoup de Mexicains pensent que cela s’est passé dans la nuit du 2 octobre 1968, lors du massacre de Tlatelolco, quand ont été supprimées de nombreuses libertés, comme l’organisation de concerts de rock.

Photo : Trinity Mirror/Mirrorpix

Lors de l’organisation des Jeux olympiques d’été de Mexico de 1968, les étudiants ont réclamé un dialogue avec le président de l’époque, Gustavo Díaz Ordaz. La réponse du gouvernement est arrivée dix jours avant la célébration des Jeux, lors d’une manifestation pacifique : l’armée mexicaine a ouvert le feu sur les manifestants, donnant lieu à un massacre soldé par plusieurs centaines de morts. Tous les mouvements sociaux ont été interdits, des persécutions de la jeunesse ont été menées, par exemple la fermeture des «Hoyos Funki» –les trous funki étaient des petits espaces où l’on écoutait des groupes de rock– et surtout, l’interdiction faite aux artistes étrangers de se produire dans le pays.

Pour ma génération, dont la jeunesse s’est déroulée au cours des années 90, les concerts de rock étaient encore des évènements qui se produisaient sur d’autres planètes. Notre premier concert, nous y avons assisté grâce au film Stop Making Sense des Talking Heads projetaient dans les cinémas, annoncé par des affiches indiquant qu’il était interdit de danser sur les sièges. La vidéo du concert de The Cure in Orange est arrivée avec les premières vidéocassettes et on a appris que de vrais concerts étaient possibles en France. De plus, la fête avait lieu dans un ancien théâtre romain où l’on voyait de jeunes français qui dansaient le pogo ! Mais où était donc la police ? Pendant ce temps, au Mexique, on organisait des projections privées de ce concert avec des écrans multiples, pour imaginer que l’on dansait avec les Français.

Le premier artiste international qui s’est produit au Mexique n´a pas été très plébiscité par la jeunesse. Rod Stewart s’est présenté à Querétaro, loin de la ville de Mexico, pour décourager les gens de la capitale d’assister au concert. Malgré tout, il affichait complet. Le vrai miracle est arrivé en 1992, quand nous avons appris que The Cure serait à Monterrey, une ville proche du Texas, car Robert Smith, le chanteur, avait peur de prendre l’avion et voulait voyager en bus. Pour les habitants de la ville de Mexico, se rendre à ce concert a représenté un voyage épique, une nuit entière passée dans un train. À cette époque, le gouvernement prétendait qu’avec l’Accord de libre-échange nord-américain, le pays sortirait du tiers-monde «à la première minute du 1er janvier 1994», mais il n’avait pas prévu que ce jour serait plutôt marqué par le soulèvement de la guérilla de l’armée zapatiste.

Après le succès du concert de The Cure, sans heurts ni démêlés avec la police, tous les grands noms de la musique de l’époque sont venus au Mexique : Metallica, David Bowie, Madonna, Michael Jackson, Depeche Mode, et même des célébrités de la musique underground comme The Cramps, Ramones, Sepultura et Radiohead qui avait à l’époque un seul disque à son actif et qui s’est produit dans un local de karaoké à moitié vide.

Depuis l’année 2000, des concerts de rock ont lieu au Mexique chaque semaine, les festivals et la grande industrie se sont installés, même la bière Corona possède son propre festival. Se rendre à l’un de ces concerts ne représente plus une aventure extraordinaire. Mais qu’en est-il de ce début de dialogue avec le président demandé en 1968 ? ¡No tan rápido! (« Minute, papillon »), car on l’attend toujours.

Enrique ESCALONA

Enrique ESCALONA habite à Lyon. Il a écrit sur le rock au Mexique dans le livre Fuimos una banda de rock (Editorial Norma), qui a reçu le Prix National du roman de littérature jeunesse du Mexique en 2017. Son dernier livre, La moneda de la muerte, publié en 2018 aux Ediciones SM, est téléchargeable en version espagnole sur le site de la FNAC.

La Murga uruguayenne arrive au Chili le 17 février pour assener quelques vérités

On raconte que ça s’est passé pendant la nuit, à l’époque où la dernière dictature en date sévissait en Uruguay (1973-1985), à l’époque où les gens avaient encore peur et parlaient tout bas, lorsque Raul Castro, dit « le maigre », proposa à son ami Hugo Brocos de former une murga (musiciens de rue qui interprètent des chansons satyriques lors de carnavals) et de sortir raconter des vérités.

Photo : Journal Uruguayen ?

Ça s’est passé une nuit de juin 1980, dans un bowling de Montevideo, et c’est à ce moment-là qu’est né l’une des plus grandes institutions de la murga charrúa : « Falta y Resto ». Cet ensemble musical, au parcours très vaste, doit son nom à une passe du jeu de cartes (appelé Naipes ou Truco) où l’on joue le tout pour le tout. Toujours aux commandes de « Tinta Brava », Castro a décliné son incontournable répertoire de vérités et de traditions en plus de quinze titres originaux.

Le groupe sera chargé d’animer ce samedi 17 février la cérémonie d’ouverture du Festival « Womad » (festival qui aura lieu dans le quartier de la Recoleta les 16, 17 et 18 février) et jouera à 17 h sur la scène de La Paz. « Nous ne voulons pas que le monde entier nous écoute, mais plutôt que tout un chacun fasse ses propres murgas, dans chaque quartier, ville ou pays, pour harmoniser une opinion politique qui puisse représenter les peuples dans la gaieté. La révolution se joue en chantant. », a déclaré Castro.

Avec Quilapayún

Castro explique que ses liens avec le Chili ne datent pas d’hier. « Nous sommes des compatriotes latino-américains, avec une profonde admiration pour un peuple qui a donné des poètes et poétesses merveilleux », assure-t-il. « En ce qui me concerne, j’ai commencé mon activité artistique là-bas dans les années 70, avec une version de la chanson Cantata de Santa María de Iquique, des Quilapayún. » Le directeur de la murga admire tout particulièrement les Parra, surtout Violeta, et bien sûr Pablo Neruda, « poète de mon adolescence, coupable de mon amour et de toute ma poésie ».

Lors de Womad, le groupe présentera son tout dernier spectacle sorti en Uruguay, Misa Murguera, un spectacle que Castro décrit comme « le rituel païen en l’honneur du dieu Momo, dans l’espoir de transformer la réalité en joie ». Participer à cet événement signifie « partager, montrer, voir, écouter, apprendre, croitre… en tant que groupe et en tant que personne […] Le monde entier uni à la musique et à l’art populaire », comme il dit. Castro se réjouit : « C’est magique, c’est une réunion de druides, un mélange de cultures, un véritable développement humain. Merci de nous laisser exister. »

Le succès de la murga

Castro attribue le succès de la murga, pratique culturelle très locale, par-delà les frontières de l’Uruguay, « au fait de propager la bonne nouvelle, chanter ensemble, en groupe, se souvenir, échanger, se laissant guider par la liberté ». Selon ses propres mots, la murga est un « groupe de personnes qui n’oublient pas de chanter ensemble la réalité dans laquelle ils vivent, avec l’objectif manifeste d’améliorer la société dans la bonne humeur, l’engagement et la joie profonde ». « Il y a entre 14 et 17 personnes dans une murga. Chez nous, 6 femmes et 11 hommes tentent de séduire le public en chansons, déguisés et maquillés. »

Ils présentent leur spectacle comme une comédie musicale politique ; politique au sens de relations entre les êtres humains. « Nous parlons donc ponctuellement de politique, et Coréens et Nord-américains ne sont pas épargnés, mais nous avons aussi des moments forts dédiés à la lutte féministe. » L’objectif pour l’avenir est de continuer à semer les graines de la murga dans le monde entier. Et Castro de conclure : « C’est une belle révolution permanente qui t’emmènera sur des chemins incroyables et merveilleux. »

Traduit par Marine THIAM
D’après un article de Marcio Fajardo,
paru dans El Mostrador

Vincent Lhermet et le Cuarteto White en concert à l’Institut Culturel du Mexique à Paris

Création mondiale de Primera Intempestiva du compositeur mexicain Jorge Torres Saenz pour quatuor à cordes et accordéon (2018), l’Institut Culturel du Mexique à Paris, en partenariat avec Université nationale du Mexique UNAM/Sorbonne, organise un concert le mercredi 21 février à 18 h 30. Seront également au programme : Eddie Mora – Cuarteto N° 3, Ana Lara – Shifting Colours et Silvestre Revueltas – Música de Feria.

Photo : Cuarteto José White

Considéré comme l’un des plus importants quatuors à cordes à l’heure actuelle au Mexique, le Quatuor José White participe régulièrement au Festival Cervantino, aux cycles de musique contemporaine du MUNAL et au Festival de musique de chambre de San Miguel de Allende. Lors de multiples tournées aux États-Unis, en Europe, au Canada et en Amérique latine, il s’est produit en soliste avec l’Orchestre Philharmonique de Minería, l’Orchestre Symphonique d’Aguascalientes, le Philharmonique de Zacatecas, et l’Orchestre Philharmonique de la UACH et celui de la ville de Mexico.

Riche et varié, le répertoire de cet ensemble mêle des airs classiques traditionnels incontournables aux compositions des grands maîtres mexicains et latino-américains des siècles passés et de la nouvelle génération de créateurs de musique contemporaine, que le quatuor met à l’honneur sur les scènes du monde entier. 

L’accordéoniste Vincent Lhermet a réalisé une résidence suivie d’une tournée au Mexique à l´invitation de l’Institut Français d’Amérique Latine – IFAL. Diplômé de l’Académie Sibelius d’Helsinki (classe de Matti Rantanen), du CNSM de Paris et de l’Université de Paris-Sorbonne, Vincent Lhermet est le premier accordéoniste titulaire d’un doctorat d’interprète en France après avoir réalisé une recherche sous la direction de Laurent Cugny et de Bruno Mantovani. Vincent Lhermet se produit dans le monde entier en soliste, avec orchestres et ensembles – dont l´Orchestre de l’Université de Guanajuato – dans des salles prestigieuses telles que la Sala Carlos Chavez de México.

Instituto Cultural de México
Réservation recommandée idemex@wanadoo.fr

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