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Musiques

Des musiciens latino-américains au festival du Péristyle à Lyon en juillet

Du 6 juin au 27 juillet, le festival du Péristyle revient à l’Opéra de Lyon avec une programmation internationale. De nombreux artistes latino-américains viendront partager leur musique. 

Photo : FIP – Opéra de Lyon

La deuxième édition du Péristyle est de nouveau organisée par l’Opéra Underground de Lyon, mais cette fois-ci, elle sera écourtée en raison de travaux sur la place de la Comédie. Durant plus de six semaines, le festival offre une programmation complète et inédite. À l’amphithéâtre de l’Opéra Underground, dans la Grande Salle, sous le Péristyle ou aux Muses, les concerts déambuleront du lundi au samedi. Tous les publics sont attendus pour savourer des partages musicaux de tous horizons. Tous les concerts se dérouleront trois fois chaque jour à 19 h, 20 h 15 et 22 h.  

Seront invitées les Cantadoras Lina Babilonia et Joselina Llerena Martinez, «c’est la première fois en Europe que ces deux chanteuses se produisent ensemble.» Ces deux femmes afro-colombiennes racontent dans leurs chants leur quotidien parfois agressif. Ces figures charismatiques de leur communauté explorent dans leur musique, leur histoire remontant à l’époque des premières révoltes d’esclaves. Cette violence passée est une réponse à la brutalité en Colombie durant ces dernières années. Lina Babilonia, originaire de María la Baja, est une habituée des festivals de la côte caraïbe. Joselina Llerena Martinez, elle, est la fille de la légendaire chanteuse Petrona Martinez. Au Péristyle, les deux voix féminines seront accompagnées par les musiciens Jorge MuletAlvaro LlerenaDavid MezaGloria MendiolaJavier Mutis et Jose Bernal. Ce bullerengue colombien prendra place du dimanche 9 au mardi 11 juin.  

Le Venezuela sera aussi représenté lors du festival. Les folklores vénézuéliens étaient jusqu’à présent peu connus sur la scène internationale. Mais l’exode que le pays subit depuis quelques années participe finalement au développement de son riche patrimoine musical dans le monde. Ainsi, Besayda Machado, l’icône afro-vénézuélienne du Tambor, connue comme «la diva du folklore», fait partager sa musique de traditions au public lyonnais. Le Tambor est un genre musical se rapprochant de la rumba cubaine et du bullerengue colombien. Betsayda et ses musiciens Ote GomezOscar RuizNereida MachadoYouse CardozoAsteiro BetancourtNelson Gomez et Blanca Castillo, tous originaires de la région del Clavo, se connaissent depuis trente ans et forment le groupe Parranda El Clavo. Mais c’est seulement depuis peu qu’ils se sont fait connaître hors de leur région. Le rendez-vous lyonnais sera du lundi 17 au mercredi 19 juin. 

Fin juin, du jeudi 27 au samedi 29, c’est le jazz Big band brésilien qui proposera des concerts grâce au groupe Coisa Fina. Ce groupe créé en 2006, est spécialisé dans la diffusion de compositeurs brésiliens dont les genres musicaux sont à la limite entre le jazz, la pop et le folklore local. Les treize musiciens du groupe Daniel NogueiraIvan de AndradeWalmer CarvalhoHenrique BandDiogo DuarteRubens AntunesDouglas FelícioAbdnald SantiagoPhillipe Baden PowellMarcelo LemosRafael FerrariBruno Prado et Mauricio Caetano, offrent des arrangements élaborés. Cette «couche superposée d’harmoniques» rend visite à la scène lyonnaise grâce au partenariat entre l’Opéra Underground de Lyon et le festival Jazz à Vienne. 

Le «roi de l’accordéon en Colombie» actuel c’est probablement Carmelo Torres. Ce musicien partagera à Lyon du lundi 8 au mercredi 10 juillet, sa cumbia de San Jacinto qui est profondément enracinée dans le folklore des gaiteros. Cet emblème de la Cumbia continue à renouveler ses compositions par des collaborations avec des artistes de la nouvelle scène alternative de Bogotá. Lors de sa première tournée en Europe, l’artiste sera accompagné de son groupe de prédilection, cumbia sabanera. Ce sont donc les musiciens Orlando Landero, son fils, José MovillaRaúl Eduardo MolinaRodrigo SalgadoLucia Irene Ibañez Salvazar et Urian Sarmiento Obando, qui accompagneront l’accordéoniste sur la scène du Péristyle.  

Pour plus d’informations rendez-vous sur le site, vous pourrez notamment y découvrir tous les autres artistes invités durant le Péristyle, ainsi que le reste de la saison de l’Opéra Underground qui sera annoncée dès le 6 juin. 

Eulalie PERNELET 

Quilapayún, une épopée raffinée au Festival de musique Barnasants à Barcelone

Le groupe chilien a rendu un hommage fidèle à Violeta Parra et Víctor Jara dimanche 17 février au théâtre Joventut de l’Hospitalet, à Barcelone. Bien qu’éternellement associé au refrain-devise «El pueblo unido jamás será vencido» («Le peuple uni ne sera jamais vaincu»), Quilapayún compte à son actif une trentaine de disques et d’innombrables compositions, dont il est le compositeur ou l’interprète et qu’il continue de soigner avec rigueur et délicatesse.

Photo : Barnasants Tourisme

Ce dimanche, au théâtre de l’Hospitalet, ce sont les compositions de deux auteurs incontournables, Violeta Parra et Victor Jara, très proches de l’univers du groupe Quilapayún, qui ont été mises à l’honneur dans le cadre du Festival de Barnasants. Les harmonies vocales, très élaborées et porteuses d’un message révolutionnaire, ont ouvert le bal au rythme de la «Plegaria a un labrador» de Jara, avec toute sa vitalité naturelle, et le doux frôlement lumineux des guitares.

Vêtus de noir, mais sans les ponchos d’une autre époque (qu’ils ne sortent de l’armoire qu’occasionnellement), les sept membres de Quilapayún, Rodolfo Parada sur le devant de la scène, sont apparus sobres et ont livrés corps et âmes à l’art de la chanson. Des voix fortes dans «Qué dirá el Santo Padre» de Parra, dont les strophes de Gracias a la vida ont été mêlées à celles de Corazón maldito» dans une création tout en contrastes qui a exalté la profondeur dramatique de la troubadour.

Profondeur instrumentale

De Jara a été interprété, avec une grande force intérieure, «El pimiento», et les «cinq minutes» contenues dans Te recuerdo, Amanda, en alternance avec des citations de Carlos Puebla, et d’un grand classique du répertoire, «La muralla», que Patricio Wang a associé à l’actualité politique catalane («ils disent par ici qu’aujourd’hui, ils lancent les murailles ; nous, non», a-t-il ironisé). Wang a dirigé quelques substantielles pièces instrumentales comme «Temporía», un «collage» de compositions diverses aux tons contemporains, ainsi que la «Suite Movie» de Manos Hadjidakis.

Quilapayún a déployé ensuite des registres suggestifs, un pas au-delà du folklore, et a confirmé son agilité rigoureuse avec une composition complexe de Violeta Parra, El gavilán, le récit compliqué d’un amour trompeur. La puissance vocale déployée lors de l’interprétation en catalan de Què volen aquesta gent ?, comme lorsque, en 2003, le groupe l’avait partagé avec sa co-autrice, Maria del Mar Bonet, en a fait l’un des points culminants du récital, de même que Allende, un hommage au leader immolé.

Une ambiance chaleureuse au Joventut, où le public, debout, a demandé un rappel lancé au son tropical de La Batea, chemin vers l’hymne de tous les hymnes, «El pueblo unido jamás será vencido». En guise de bouquet final, la chanson populaire espagnole, El turururú, sarcastique récital de critiques sociales, et le signe que la bonne humeur n’est pas, après tout, étrangère au monde de Quilapayún.

Léa JAILLARD
D’après El Periódico

Jaime Torres, une vie dédiée au charango et à la musique latino-américaine

Le charango occupe aujourd’hui une grande place parmi les instruments autochtones sud-américains les plus connus au monde, mais il y a soixante-dix ans, ce n’était pas ainsi. Sa réputation est due à Jaime Torres, musicien folklorique argentin, qui a réussi, presque à lui tout seul, à populariser le charango dans le monde entier. Après une longue trajectoire de soixante-quatre ans, Jaime Torres est décédé en décembre dernier à l’âge de 80 ans, laissant derrière lui un legs musical et culturel énorme.

Photo : Diario26

Le charango, cet instrument qui provient de l’époque coloniale et qui naquit grâce à une modification de la mandoline de la part des populations de l’Altiplano, était utilisé majoritairement comme un instrument d’accompagnement, celui qui faisait le rythme des chansons. Et c’est donc cet aspect que Jaime Torres a réussi à bouleverser dans le monde du charango : il a fait de son instrument le centre de la musique. Ce n’était plus seulement l’accompagnement rythmique, le charango était désormais le livreur de la mélodie, l’instrument principal.

Jaime Torres est né au sein d’une famille d’origine bolivienne, dans la province de Tucumán, au nord-ouest de l’Argentine, mais il a grandi à Buenos Aires. Il était entouré de l’air porteño[1], mais il garda toujours son identité indigène grâce à ses parents qui parlaient le quechua autour de lui et qui l’encouragèrent à poursuivre sa passion avec le charango. Dès un très jeune âge, il fut l’élève de Mauro Núñez, un musicien accompli et artiste bolivien, qui en plus lui construisit son premier charango. Il commença à gagner en popularité d’abord en Argentine, puis gagna progressivement une reconnaissance mondiale, eut l’opportunité de se présenter dans les plus prestigieux théâtres du monde, tel que la Philharmonie de Berlin ou le Lincoln Center à New York City.

Lorsque Torres jouait, sa virtuosité était évidente, mais en même temps on pouvait clairement apercevoir comment il ressentait la musique à travers son corps. Il était constamment en mouvement, son visage reflétait la facilité avec laquelle il dominait son charango, et en même temps la passion qu’il avait envers sa musique. D’autre part, son talent comme compositeur fut un élément clé de son succès. Il était capable de montrer des images de l’Altiplano andin à travers sa musique, comme une synesthésie. Néanmoins, il attribuait tout son talent et sa virtuosité, figurativement, à ses gènes, à son sang bolivien et andin, quelque chose qu’il voyait dans ses enfants aussi. Comme il l’explique dans une interview, lorsque sa fille, totalement porteña, était petite et qu’elle écouta des chansons typiques boliviennes, il semblait qu’elle les avait connues toute sa vie.

Jaime Torres fut le plus grand référent du charango de toute l’histoire, et aussi un important représentant des indigènes, en Amérique latine comme ailleurs. Son œuvre et sa passion peuvent être résumées avec ce petit poème qu’il récitait parfois accompagné d’une douce mélodie de charango : «Cuando toco mi charango, rezo por la Pachamama, me voy cerrando los ojos al útero de mi mama. Charanguito, niñito Dios carpintero, voy a rascar tu pupito lleno de miel de huanquero, vidatay tan alhajito. Panza arriba mi charango, cariñoso como chango, cruzado con quiriquinchito.»

Nicolás BONILLA CLAVIJO


[1] Originaire de la capitale, Buenos Aires.

Plongée dans la musique argentine avec la pianiste Lucia Abonizio

Pianiste d’origine italo-argentine, Lucia Abonizio vit à Paris depuis de nombreuses années. Dotée d’une solide formation classique à l’université de Rosario en Argentine, notamment avec Aldo Antognazzi, lui-même élève d’Arturo Benedetti Michelangeli, puis à Paris avec Jacqueline Bourgès-Maunoury, elle a remporté plusieurs prix de piano (Premier prix de Piano de la Télévision argentine, Premier prix à l’unanimité du conservatoire national de Gennevilliers). Elle revient dans cette interview sur sa musique, entre Paris et Buenos Aires.

Photo : Diego Pittaluga

Lucia Abonizio obtient ses diplômes d’État en France et en Argentine pour l’enseignement du piano, et donne, en parallèle de ses cours et masters classes, de nombreux récitals en tant que soliste ou dans différents ensembles en Europe et en Amérique latine.

Même si vous vivez depuis des années à Paris, votre lien avec votre pays d’origine ne s’est jamais rompu. Pouvez-vous nous présenter les projets musicaux qui vous tiennent particulièrement à cœur ?

Ma famille et beaucoup de mes amis vivent en Argentine, et je cultive ce lien au quotidien, notamment à travers mes différents projets musicaux. La musique argentine est d’une richesse immense, et je n’ai de cesse de montrer à quel point les différents types de musique argentine (classique, folklorique et le tango) sont liés. J’ai enregistré un double album en 2016, intitulé «Terres argentines», chez Klarthe, label d’Harmonia Mundi. Ce disque est un hommage au compositeur argentin Alberto Ginastera (1916-1983) à l’occasion du centenaire de sa naissance. Le premier CD est composé d’œuvres pour piano de Ginastera, et le deuxième, de musique folklorique argentine (chacarera, malambo, huella, gato, cueca…). Avec ces deux disques dans un même album, j’essaie de montrer les liens qui unissent la musique classique dans le cas de Ginastera et la musique populaire. Ces univers musicaux sont souvent considérés comme hermétiques, mais leurs connexions sont plus importantes qu’il n’y paraît.

Comment Alberto Ginastera appréhendait-il la musique traditionnelle argentine ?

Il s’en est énormément inspiré. Il a intégré tous ces rythmes populaires dans sa musique et particulièrement ceux du Nord-Ouest argentin. Sa formation appartient au classique, il a été influencé par Bartók en ce qui concerne la création des œuvres appartenant à un «univers imaginaire». L’école impressionniste est présente notamment dans l’évocation des éléments de la nature comme le vent, les grands espaces de la cordillère des Andes. Dans sa musique, on trouve aussi des réminiscences du passé inca et ceci par l’énergie sauvage dégagée de ces compositions ainsi que le culte à la terre très affectionné par les tribus Diaguites par exemple. On y trouve aussi des musiques à des incantations liées à des rites ou à de la magie. Si vous avez déjà entendu parler des personnes du Nord-Ouest argentin, vous trouverez aussi ces mêmes inflexions dans certains passages musicaux. Des couleurs liées à des sonorités de quena (petite flûte précolombienne) et l’utilisation des gammes pentatoniques nous rapprochent d’un lointain passé musical.

En revanche, dans un passé plus récent, on trouve la tradition «gauchesca», c’est-à-dire du gaucho, l’homme de la pampa argentine, qui traduit un besoin de grands espaces et de solitude. Son compagnon de toujours, le cheval, donnera naissance par les bruits des sabots à des rythmes traduits en musique. Ceci devient présent dans le malambo, danse virile qui existe en version rapide ou modérée (malambo sureño, ou du sud du pays). Tous ces éléments nourrissent la musique folklorique traditionnelle argentine et aussi la musique de Ginastera. Avec mon album «Terres argentines», je mets en évidence les correspondances entre les musiques folkloriques des différentes régions argentines et la musique d’Alberto Ginastera.

Vous vous intéressez aussi au tango ?

Depuis mon enfance et par le biais de ma mère, pianiste classique, j’ai toujours été en contact avec la musique classique, le tango et le folklore. Ici en France, je me suis rendue compte que j’avais un terrain musical à partager : le tango. Grâce à ma formation, j’ai pu creuser les éléments qui forment la base de ce style. Cela a donné naissance à une méthode de piano «Piano-Tango» en deux volumes (aux éditions Gérard Billaudot). Cette méthode exploite les rythmes qui sont à la base du tango comme la habanera, la milonga et d’autres qui en découlent.

Actuellement je collabore avec les éditions Soldano, en composant des pièces et en faisant des arrangements pour piano ou bien piano et bandonéon, sur des œuvres pour guitare du compositeur Raúl Maldonado. Il y aura d’ailleurs le 23 mars prochain à Antony, dans la région parisienne, un concert consacré à Raúl Maldonado où je jouerai mon arrangement de «Milonga de Antes».

J’ai toujours joué des milongas et toutes sortes de tangos, comme le Tango Nuevo d’Astor Piazzolla. Je fais ici une parenthèse pour vous raconter qu’Astor Piazzolla a été l’élève d’Alberto Ginastera, deux compositeurs fétiches pour moi, et on raconte qu’il allait le voir avec respect et admiration. C’est toujours avec autant de plaisir que j’explore ces mélodies issues des quartiers populaires de Buenos Aires. Avec le bandéoniste Gilberto Pereyra, nous avons créé le Duo Sud, qui se produit régulièrement et présente tout ce répertoire. Nous avons enregistré un disque, «Destination Tango», chez Advitam Records – Harmonia Mundi, en 2014, qui présente quelques pièces emblématiques du tango argentin.

Quelles sont vos dernières productions ?

Nous avons un nouvel ensemble musical « Monumental Tango », composé du bandonéoniste de Duo Sud, Gilberto Pereyra, accompagné du ténor et comédien Gilles San Juan et de trois danseurs de tango, Karine Soucheire, Jeff Dubourg et Sophie Raynaud, avec moi au piano. Nous avons l’impression de donner un nouveau souffle à notre Duo Sud, en y intégrant le chant et la danse. Nous avons été programmés l’été dernier au festival des Nuits de Robinson à Mandelieu-La-Napoule et au festival Fogs en Lozère, et auparavant au festival C’est pas classique à Nice. Notre prochain concert est programmé au Château de Barbezieux, le 27 avril dans le cadre d’une journée gastronomique et culturelle, avec la participation des chœurs d’élèves et des académies de danse tango de la région.

Je suis toujours à la recherche de nouvelles expériences musicales. Cette fois avec la complicité du compositeur et flûtiste argentin Enzo Gieco et le clarinettiste Julien Chabod, nous avons créé un trio avec un répertoire sur le thème : « La France et l’Argentine » réunies en musique. Parmi les œuvres d’Enzo on joue Évocations d’Argentine, que j’adore. Julien Chabod en plus d’être un très bon clarinettiste est aussi le fondateur du label Klarthe de Harmonia Mundi.

Depuis le début du XXe siècle, à une époque où l’Argentine sortait à peine de la période coloniale pour se transformer en un pays moderne, d’importants échanges économiques, sociaux et culturels entre l’Argentine et l’Europe se sont mis en place. Dans cet échange, la France occupe une place privilégiée. La France a toujours bénéficié d’un très grand prestige en Argentine et Buenos Aires accueille aussi des personnalités françaises les plus diverses, citons quelques pionniers : Sarah Bernhardt, Anatole France, Georges Clemenceau. La France, comme référence et comme modèle, est partie intégrante de l’imaginaire social et culturel argentin.

L’image culturelle de la France passait surtout par le duo Paris-Buenos Aires. Il s’est produit un phénomène constant de va-et-vient entre les deux capitales. L’imaginaire social et culturel visait à reconstituer la vie parisienne à Buenos Aires et la vie argentine à Paris, il s’est créé comme un jumelage entre les deux villes. C’est une alternance entre l’invitation au voyage et la nostalgie du retour.

Notre trio Gieco-Chabod-Abonizio renoue avec les liens France–Argentine par le biais d’un riche programme musical, cosmopolite et universel. Le compositeur et flûtiste Enzo Gieco revisite les rythmes de tradition latino-américaine créant ainsi une musique d’une esthétique originale et toujours d’actualité. Nous jouons des œuvres de Camille Saint-Saëns, Pierre-Max Dubois, Henri Sauguet, Enzo Gieco, Alberto Ginastera, Remo Pignoni, Osvaldo Piro (tango)… Notre prochain concert est le 8 février à Jurançon (64).

Par la musique que nous jouons, nous essayons de rapprocher des univers musicaux qui en principe ne se mélangent pas, mais qui en réalité se marient très bien. C’est un projet très ambitieux, c’est vrai, mais pour nous, il a du sens.

Interview réalisée par Prune FOREST

Un concert franco-colombien par Alain Pacquier à l’Arsenal de Metz le 21 octobre 2018

Alain Pacquier travaille depuis une trentaine d’années sur des projets artistiques avec des pays d’Amérique latine. A l’occasion du concert qu’il prépare dans le cadre de son nouveau projet France-Colombie, voici son portrait ainsi qu’un descriptif de ses actions. Un des premiers grands moments de cette collaboration musicale internationale sera le concert du 21 octobre 2018 à 16h à l’Arsenal de Metz, les «Couleurs symphoniques de l’Amérique latine».

Photo : Cité Musicale

Créer des ponts culturels entre l’Amérique latine et l’Europe, voilà la mission que s’est donné Alain Pacquier. Ce Lorrain passionné de musique, créateur et directeur artistique du festival de Saintes et du festival international de musique de Sarrebourg, œuvre depuis le couvent de Saint-Ulrich en Lorraine. Il y développe des activités autour de la découverte de musiques du monde parfois oubliées et incite les jeunes mosellans à la pratique instrumentale. Le lauréat en 1997 du Prix Monseigneur Marcel de l’Académie française pour son livre Les Chemins du baroque dans le Nouveau Monde monte depuis 2005 des projets de rencontres internationales entre musiciens latino-américains et mosellans.

Au cours de ses voyages en Amérique latine, il se rend compte que les populations locales entretiennent un rapport spécial au monde musical : dans la précarité et la pauvreté les plus extrêmes, la musique est une bouffée d’oxygène que l’on aime et que l’on pratique sans rien attendre en retour. La musique rend digne, en somme.

Dans des pays latino-américains comme le Mexique, la Colombie et le Venezuela où musique et action sociale vont de pair, comment ne pas imaginer un projet international ? C’est ce constat qui le pousse à former de jeunes musiciens à la pratique instrumentale symphonique et à promouvoir des collaborations outre-Atlantique, en organisant des rencontres et des concerts.

Nous le retrouvons dans le cadre de son nouveau projet d’échange musical avec la Colombie. Le but ? Réunir de jeunes colombiens et mosellans autour de musiques colombiennes, d’œuvres symphoniques et des figures du compositeur français emblématique Hector Berlioz et du maître du romantisme musical colombien José María Ponce de León, malheureusement moins connu que son contemporain.

Les « Couleurs Symphoniques de l’Amérique latine » en concert

La délégation colombienne qui se rendra en Lorraine en octobre 2018.

Photo : Alain Pacquier

«Mettre en commun ce que nous avons et qu’ils n’ont pas avec ce qu’ils ont et que nous n’avons pas.» Le projet France-Colombie repose sur ce principe et prend la forme d’un programme éducatif et musical original et historique : des rencontres musicales entre jeunes lorrains et colombiens.

Depuis 2013, grâce aux Rencontres Musicales de Saint-Ulrich, Alain Pacquier a mis en place ce projet pour favoriser la pratique instrumentale symphonique et promouvoir la mixité sociale, l’autonomie et la responsabilisation auprès des jeunes. L’objectif est d’organiser un échange et une coopération internationale avec les «Jeunes Symphonistes mosellans».

Ce projet se déroulera sur deux ans. Dans un premier temps, du 5 au 21 octobre 2018 en Lorraine. Les musiciens colombiens de Neira et Manizales seront d’abord reçus au couvent de Saint-Ulrich et prépareront un concert qui aura lieu le jeudi 11 octobre 2018 à l’Espace Lorrain de Sarrebourg. Puis ils rencontreront leurs camarades francophones de Sarrebourg et de Woippy, une ville près de Metz. Ensemble, ils répèteront pour deux concerts de clôture de la première phase du projet : d’abord à l’Espace René Cassin de Bitche, ensuite à l’Arsenal de Metz. L’année prochaine, ils se retrouveront de l’autre côté de l’Atlantique pour la deuxième phase du projet.

Ce sont plus de cent jeunes musiciens, stagiaires du programme et membres de la délégation colombienne qui se retrouveront sur scène pour offrir au public des «Couleurs symphoniques de l’Amérique latine», le 21 octobre 2018 à 16h à l’Arsenal de Metz. Ils interprèteront des œuvres de compositeurs colombiens (Felix Mendoza, Arturo Márquez, José Pablo Moncayo) ainsi que deux créations symphoniques de jeunes compositeurs, un français et un colombien (Simon Clausse et Cristhian Galindres).

Nina MORELLI

La franco-chilienne Anita Tijoux et son rap conscient qui fait du bien à l’Amérique latine

Dans la salle du théâtre municipal de Valparaíso, le 17 août dernier, le public était jeune, et féminin. Les places vendues étaient assises, la fosse comptait de nombreuses rangées de fauteuils rouges du plus bel effet. Mais un concert de hip-hop s’écoute rarement assis. Dans la fosse ou aux galeries de ce théâtre art déco des années 1930, les gens se pressaient contre la scène. Ici, un seul agent de sécurité interdit l’accès à l’escalier qui mène à la scène.

Photo : Radiozero

Six musiciens pour accompagner celle qui est sans doute la rappeuse la plus connue et la plus appréciée du Chili. Anita Tijoux, née à Lille de parents exilés à la suite du coup d’État de 1973, est aujourd’hui la figure de proue du hip-hop chilien et latino-américain, ayant conquis les scènes du monde entier.

Après avoir chanté avec le groupe Makiza (quatre albums au compteur), elle se lance en solo en 2007 et a depuis sorti quatre albums de hip-hop, et s’est récemment lancée dans un nouveau projet, le chant de boléro au sein de Roja y Negro.

Son hip-hop enragé frappe et fait danser. Les cuivres sont tour à tour jazzy, rythmique comme en funk ou mélodique, le guitariste passe avec aisance (et en changeant de guitare) du solo de rock au boléro. Car il ne s’agit pas que de hip-hop : Anita Tijoux, dans sa combinaison old school, rend aussi hommage au poète Victor Jara et chante quelques boléros.

Dans ces moments-là, on oublie presque le rap. Sa voix est claire, chaude, juste, avec des envolées soul qui donne la chair de poule. Lorsqu’elle rappe et donne la priorité au rythme, Anita Tijoux ne grime pas sa voix, ne la force pas. Elle rappe, mais avec naturel, sans auto-tune.

Une vraie star, adulée par son public qui reprend en chœur ses textes. Et quels textes ! Antipatriarca, Partir de Cero, Shock, Somos Sur… Côte à côte, les générations se côtoient et chantent ensemble, en particulier les femmes qui se retrouvent dans les textes anti-patriarcal. Aucun doute, Anita les réunit.

Et quand elle prend enfin le foulard vert du mouvement pro-avortement que lui tendait une petite fille sur les épaules de sa mère, une clameur s’élève. Quelques mots pour se redonner courage dans ce combat difficile, puis, le foulard autour du cou, Anita continue. Un peu plus tard, une étudiante monte sur scène, donne un flyer à la chanteuse avant d´être reconduite dans la fosse par la sécurité. Anita Tijoux l’appelle «cariño» et lit le tract au public : une réunion aura lieu dans la dernière université occupée par les mouvements féministes. Avec Anita Tijoux, la politique n’est pas que dans les textes.

Rai BENNO
Depuis Valparaíso

Tango et folklore d’Argentine au cœur du nouvel album d’Amando Risueño, Campo abierto

Deuxième album d’Amando Risueño, Campo abierto, qui sort le 7 septembre, réunit un répertoire de musiques d’Argentine, interprétées à la guitare et au chant. La zamba côtoie ainsi le tango, la valse et la milonga dans une douce harmonie, sortant des sentiers battus de la musique orchestrale traditionnelle. Amando Risueño sera en concert en France le samedi 20 octobre à 20 h 30 à l’Âne Vert Théâtre à Fontainebleau (77) et le dimanche 21 octobre, 17 h, à La Grange aux Dîmes à Carrières-sur-Seine (78).

Photo : Amando Risueño/Nuevo Mundo

Campo abierto est le titre éponyme d’une composition du guitariste, chanteur et poète argentin Atahualpa Yupanqui, dont le disque est profondément inspiré. Il évoque les grands espaces avec pour traduction «la grande plaine». En filigrane, il nous parle de la relation intime que l’homme noue avec son paysage. Campo abierto est une invitation à explorer notre propre rapport à la terre, à contempler nos paysages intérieurs et à porter notre regard au-delà des lignes d’horizon dans un hommage à l’insaisissable.

Guitariste chanteur interprète argentin, Amando Risueño se dédie aux musiques d’Amérique du Sud et tout particulièrement au tango et à la chanson du Río de la Plata (Argentine et Uruguay), région où il a vécu jusqu’en 2011. Il réside désormais en France. 

Amando étudie la guitare classique au Conservatoire national de musique Carlos López Buchardo de Buenos Aires dès l’âge de 11 ans. Il se consacre ensuite à la guitare jazz, puis se tourne vers le tango en suivant, notamment, les enseignements d’Anibal Arias à l’Academia nacional del tango de Buenos Aires. Mais son approche de ce genre musical se veut avant tout le fruit de rencontres et d’investigations personnelles. 

Si le cœur de son répertoire se concentre sur la tradition du tango canción, sa recherche artistique comprend également l’étude et l’interprétation d’autres musiques d’Amérique du Sud, comme la zamba, la chacarera, le carnavalito ou encore le candombe. 

Au fil des années, Amando donne des concerts dans des lieux aussi prestigieux que l’Academia nacional del tango à Buenos Aires, en parallèle de son travail de professeur de musique. Il participe à des collectifs, tels que «Barrio Once» et «Duo Vacs Ochoa» de 2005 à 2009 et joue sur scène avec le bandonéoniste argentin Marcelo Mercadante et le pianiste cubain Roberto Fonseca en 2012.

Des expériences qui le font naviguer entre les deux rives du Río de la Plata et s’envoler vers la Nouvelle-Zélande, le Canada, l’Espagne, la Grande-Bretagne et la France pour donner des concerts, participer à des festivals et mener des ateliers d’initiation et de perfectionnement à la musique tango.

Amando Risueño propose un univers intimiste et feutré. Ses concerts se déroulent avec simplicité tirant un fil rouge narratif plein de poésie et d’images, faisant émerger les paysages d’Argentine et d’Uruguay. Des étendues de la Pampa, aux montagnes des Andes, en passant par les rues de Buenos Aires, son répertoire est composé de musiques traditionnelles du Nord du pays, du Rio de la Plata, et parfois d’un peu plus loin.

D’après Nuevo Mundo

MúsicaOcupa, le festival qui s’approprie les lieux insolites de la capitale équatorienne

Du 5 au 16 juin derniers, la ville de Quito en Équateur a accueilli MúsicaOcupa, un festival de musique classique qui se déroule dans des endroits insolites. Pendant près de deux semaines, les 3000 spectateurs présents ont pu profiter de 11 concerts et de 10 présentations spontanées dans les 18 lieux investis à cette occasion. Pour cette 2édition du festival, ce sont 21 musiciens nationaux et 11 invités internationaux qui ont répondu présent. 

Photo : MúsicaOcupa

Le festival MúsicaOcupa est une organisation à but non lucratif dont l’objectif est de promouvoir et d’assurer la prolifération de la musique classique en Équateur. En choisissant de se produire dans des lieux insolites, elle vise à rendre accessible la musique aux personnes issues de communautés qui ne disposent pas forcément de ressources pour participer aux concerts formels. Ainsi elle croit en l’importance de la musique dans le développement social et culturel de son pays et c’est pour cette raison qu’elle a fait le choix de créer des espaces pour que les personnes cultivent leur passion pour cet art ou apprennent à l’apprécier. 

Selon les organisateurs du festival, «l’Équateur a besoin d’une plus forte diffusion culturelle qui puisse toucher un public plus large. Nous sommes engagés dans le but d’utiliser ce projet comme un outil pour décentraliser et démocratiser l’accès à la musique classique. Celle-ci ne doit pas seulement être jouée dans les grands théâtres mais doit être disponible pour ceux qui veulent la découvrir et en profiter».

Cette année, pendant deux semaines, de nombreux espaces insolites de la ville de Quito comme le cimetière de San Diego, le centre de réhabilitation de Latacunga ou le marché des Arenas, ont été la scène de concerts et de présentations lors desquels les spectateurs ont pu profiter d’un répertoire varié composé de pièces musicales du baroque classique ainsi que d’œuvres équatoriennes contemporaines.

Pour cette deuxième édition du festival, ce sont les talents locaux qui ont prédominé sur scène. Plusieurs groupes équatoriens comme InConcerto, Vientos mitad del mundo, Mozart k911 string quartet, Quito brass quintet et Royal brass ont animé la quinzaine. La programmation ne s’arrête pas là puisque des musiciens venus tout droit d’Uruguay, du Brésil, du Chili, d’Australie ou encore d’Espagne étaient également invités. 

De l’Opéra Européen aux rues d’Amérique Latine

Depuis que l’Équateur considère la musique classique comme un facteur culturel favorable au développement social du pays, de nombreuses autres initiatives commencent à fleurir partout en Amérique latine. À São Paulo au Brésil, le festival Ilumina a pour philosophie de faire de la musique classique une révolution musicale. De l’autre côté du continent, le Festival international de musique de Carthagène des Indes en Colombie fait dialoguer de manière harmonieuse la musique classique et les influences européennes et latino-américaines. On pense également au festival de musique classique et latino-américaine La Rioja.

Mais il faut savoir que la prolifération de la musique classique en Amérique latine ne s’arrête pas là. Pour les férus de ce genre musical, il existe un site web nommé Bachtrack, en lien avec l’organisation culturelle colombienne «Gestar Cultura», sur lequel on peut revoir des spectacles latino-américains et dont l’objectif est de tenir informés les utilisateurs des concerts, festivals et autres manifestations de ce type en Amérique latine.

Margarita CARRASQUILLA

Plus d’informations sur le festival MúsicaOcupa
Pour accéder au site de Bachtrack 

L’Opéra Underground de Lyon sera à l’heure latino-américaine du 18 au 20 juin

Le festival du Péristyle a débuté le 7 juin et bat son plein jusqu’au 1er septembre. Il déclinera 75 concerts gratuits pour voyager au rythme des traditions musicales et du jazz du monde entier. Du 18 au 20 juin, Free Cages se produira sur la scène du Péristyle. Le musicien et chercheur colombien Jaime Salazar sera accompagné des pianistes Yannick Lestra et Leonardo Montana. Ils nous plongeront dans les musiques indigènes colombiennes et l’univers sonore et minimaliste de la musique des années 1940.

Photo : Jaime Salazar/El Picante

Jaime Andrés Salazar est né à Bogotá en 1984. Il a étudié le saxophone classique à l’orchestre symphonique des jeunes de Colombie, puis au conservatoire de Lyon. Il a obtenu ses diplômes d’Etat en saxophone classique et musiques traditionnelles en 2008. Il a également étudié l’anthropologie et la musicologie.

Il s’est intéressé parallèlement aux musiques traditionnelles colombiennes et sud-américaines, et a créé un orchestre de latin jazz et salsa qui puise son répertoire dans le mariage des musiques traditionnelles afro-caribéennes et les sonorités contemporaines du latin jazz new-yorkais. Actuellement, il enseigne au CNSMD de Lyon et à la Pontificia Universidad de Bogota.

Artistiquement, Jaime Salazar a eu l’occasion de partager la scène nationale et internationale avec des artistes tels que Samuel Torres, Yuri Buenaventura, Jimmy Bosch, Maria Mulata, Nidia Gongora, Antonio Rivas, Peter Ralchev, Irving Acao, Ernesto Simpson, Manuel Valera, Leonardo Montana, entre autres. En 2015, il a créé le spectacle «Bal à la Havane 1950» qui était une commande artistique du festival À Vaulx Jazz (Vaux-en-Velin).

Il a aussi participé à plusieurs projets d’inspiration colombienne, comme Nilamayé, groupe de musique afro-colombienne s’inspirant des musiques locales et régionales des peuples côtiers colombiens, et Pixvae, créé avec le saxophoniste et compositeur Romain Dugelay, où les chants et les percussions du Pacifique colombien se confrontent au jazzcore.

Pour le festival du Péristyle, Jaime Salazar sera accompagné de Yannick Lestra, compositeur et pianiste français, et de Leonardo Montana, pianiste brésilien. Ils mélangeront les techniques pour piano préparé du compositeur John Cage, la richesse sonore du Fender Rhodes et des mélodies d’inspiration indienne.

Caroline BRUYAS

Plus d’informations sur la programmation du festival du Péristyle

Il y a l’Opéra et… l’Opéra Underground de Lyon et son Péristyle. À découvrir cet été !

L’Opéra Underground, nouveau projet de l’Opéra, propose des musiques de tous bords, à l’Amphi et dans la Grande Salle, ainsi que des concerts gratuits sur la terrasse des Muses (afterwork, DJ set, soirées vinyles) et au Péristyle. Cet été, le café-jazz du Péristyle change de nom et devient le « Festival du Péristyle », orchestré par son nouveau directeur Olivier Conan.

Photo : Ceferina Banquez – Festival Péristyle

Olivier Conan a repris les rênes de l’Amphi Opéra de Lyon fin 2017, suite au départ de François Postaire. Le nouveau directeur de l’Amphi a passé 33 ans à New-York. Musicien membre du groupe Chicha Libre, créateur d’un club de musique, le Barbès, et d’un label, Barbès Records à Brooklyn, il est arrivé en septembre 2017 à l’Opéra pour préparer la programmation de l’Amphi et du Péristyle. Il aime dire que «les styles (de musique) ne sont plus définissables». Il souhaite faire découvrir de nouvelles musiques du monde, ainsi qu’une nouvelle génération de musiciens, qui ont puisé dans les musiques traditionnelles et en ont fait des choses très personnelles.

Le festival du Péristyle déclinera ainsi 75 concerts gratuits pour voyager au rythme des traditions musicales et du jazz du monde entier. Ces concerts auront lieu tous les soirs, du 7 juin au 1er septembre, à 19h, 20h15 et 22h. Entrée libre, sans réservation. La programmation contera de nombreux artistes régionaux, en résonance avec Jazz à Vienne et le Centre des musiques traditionnelles Rhône-Alpes (CMTRA), et également des invités du monde entier. Du jazz new-yorkais, lyonnais, manouche, le Rebetiko des Balkans, le chaâbi marocain et algérien, des mélanges hip-hop, de la musique éthiopienne, de la Réunion, afro-funk, de nombreuses musiques traditionnelles seront représentées, agrémentées de sons nouveaux et personnels.

Et comme Olivier Conan est passionné par la musique d’Amérique latine depuis toujours, une vaste programmation latino sera également proposée. Maa Ngala, du 7 au 9 juin : rencontre entre les musiciens Vénézuéliens de la Gallera Social Club et le griot Sénégalais Ablaye CissokoFree Cages, du 18 au 20 juin : Jaime Salazar, musicien colombien, sera accompagné des pianistes Yannick Lestra et Leonardo MontanaTrio Corrente, du 5 au 7 juillet : trio de référence du jazz instrumental au Brésil. Ceferina Banquez, du 9 au 11 juillet : la «nouvelle» reine du Bullerengue, musique de la côte caraïbe colombienne. C4 trio, du 30 juillet au 1er août : trio vénézuélien qui se produira pour la première fois en France. Il présentera un mélange de música llanera, musique traditionnelle des plaines, associée au jazz, à la musique classique et à toutes les musiques contemporaines. Ladama, du 6 au 8 août : ces 4 femmes venant du Brésil, du Venezuela, de la Colombie et des États-Unis présenteront leur nuevo folk panaméricain. Carina Salvado, du 16 au 18 août : française d’origine, elle proposera des compositions originales de fado moderne. Joao Selva, du 27 au 29 août : il explorera l’univers tropical brésilien des années 1970 mêlant samba, soul, disco et funk vintage. Et pour accompagner ces concerts, la terrasse du Péristyle sera ouverte de 8 h 30 à 23 h et proposera une «cuisine lyonnaise infusée à l’air New-Yorkais», ainsi qu’une sélection de vins, bières et jus de fruits. De belles soirées musicales en perspective pour tout l’été !

Caroline BRUYAS

Plus d’informations sur le festival du Péristyle

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