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Musiques

À Lyon, la “Cantate du Cinquième soleil” en hommage à Bartolomé de las Casas…

Figure de la communauté chrétienne de Lyon, le père dominicain François Biot est aussi l’un des instigateurs d’échanges entre Europe et Amérique latine, qui va permettre de faciliter les contacts entre les deux cultures, notamment grâce à la Cantate du Cinquième soleil. Le concert du dimanche 24 janvier à l’Eglise du Saint Nom de Jésus à Lyon à 18 heures, sera donc une nouvelle opportunité d’entendre cette œuvre unique. Elle sera exécutée une nouvelle fois par le groupe chilien Pirca et la Chorale populaire de Lyon dans le but de financer l’enregistrement de cette cantate au printemps 2016.

Dans les années quatre-vingt, le père François Biot était le prieur Biot du couvent dominicain Sainte Marie de la Tourette, construit par Le Corbusier à Eveux, à quelques kilomètres de Lyon. Il y avait fondé un centre d’échanges entre l’Europe et l’Amérique-Latine, appelé Espace Bartolomé de La Casas. Cet espace a fonctionné pendant plus de 12 ans. Le Père François Biot était alors comme un ambassadeur de la théologie de la libération en France. Il était aussi engagé pour la Paix : pendant cinq ans, il a été le secrétaire du Mouvement de la Paix, une ONG créée en 1948, et intègre l’Association nationale de jeunesse et d’éducation populaire en France.

Dans le Centre “Bartolomé de las Casas”, beaucoup de rencontres étaient organisées. Il était doté d’une revue Échanges. Le père Biot aimait aussi à l’art et la musique, et une grande fête latino-américaine était organisée une fois par un. C’est à l’occasion d’une de ces grandes fêtes organisée par l’Espace Bartolomé de Las Casas, au mois de juin, que le père François Biot contacte Stephen Honeyman, du Groupe Pirca pour lui proposer de recréer la Cantate Caïn et Abel, dite des Droits de l’Homme.

Cette œuvre écrite par le prêtre et poète chilien Esteban Gumucio et mise en musique par Alejandro Guarello, avait été enregistrée, dans la plus grande clandestinité au Chili en 1979. Le pouvoir en place ne réussit pas à l’interdire, toutefois, il peut en interdire sa diffusion à la radio. Le disque circule quand même, sous le manteau, et traverse les frontières. Il se vend largement en Europe, permettant ainsi de récolter des fonds pour le Vicariat à la Solidarité du diocèse de Santiago du Chili.

Est-ce par le biais du disque de la cantate qui circule en Europe ou par un tout autre moyen que le Père François Biot la découvre ? Toujours est-il que c’est par ce prêtre dominicain que la cantate sera donnée pour la première fois en France et ce sera le compositeur lui-même, Alejandro Guarello, qui viendra du Chili pour diriger son œuvre en mai 1983 au couvent de La Tourette, interprétée par le groupe Pirca, la Chorale Populaire de Lyon et l’orchestre Telemann de Saint Étienne. Un enregistrement sera même réalisé par l’Espace Bartolomé de las Casas, en 1984.

La Cantate du cinquième soleil, hommage à Bartolomé de las Casas

Après le succès de la Cantate des Droits de l’Homme, le père Biot a proposé à Alejandro Guarello de composer une nouvelle cantate, la Cantate du Cinquième Soleil, en hommage à Bartolomé de las Casas, sur un texte du poète chilien Stephen Honeyman. L’écriture s’inspire des poèmes aztèques (comme Fleurs et chants) et du style occidental des paraboles en lien avec les actions de Bartolomé de Las Casas. La Cantate du Cinquième Soleil est construite sur des thèmes empruntés au plus profond passé culturel des indiens d’Amérique latine, bien avant la conquête.

Les indiens se représentaient alors l’évolution du monde comme une succession de périodes cycliques ou ‘soleils’ : au cours des siècles, naît vit et meurt chaque soleil. Le poète considère que le 5e soleil a commencé au moment de l’invasion et de la conquête espagnoles, puis de la colonisation et du génocide des indiens. C’est une période d’esclavage, de massacres, de dictatures et d’interventions étrangères qui se prolonge jusqu’à aujourd’hui. Les solistes et le chœur évoquent ce drame, le silence et l’absence des divinités protectrices. Et la cantate se conclut par un chant d’espoir dans la naissance, que tous espèrent proche, d’un monde sans prisonniers : l’ère nouvelle du 6e soleil.

La première de la Cantate du Cinquième Soleil eut lieu, de nouveau à Eveux en juin 1986, sous la direction de René Giovagnoli.Une dernière représentation aura lieu en avril 1989 à Brignais. Toujours sous le direction de René Giovagnoli , cet événement a ressemblé près de 100 choristes et musiciens, avec la Chorale Populaire de Lyon, l’ensemble vocal Le Tourdion et l’ensemble Orchestral de Lyon Région.

La reprise de la cantate du cinquième soleil

En février 2015, la cantate est à nouveau présentée à Eveux, presque trente ans après sa création en hommage à celui qui en fût le commanditaire, François Biot. Elle est dirigée par Martine Lecointre et exécutée par l’ensemble Winwenad, les anciens membres du groupe Pirca, le guitariste chilien Ivan Latapiat, l’orchestre Jeu de Cordes de Givors et la Chorale Populaire de Lyon. La salle est comble et l’hommage émouvant, malgré des conditions techniques très difficiles. Le concert du dimanche 24 janvier à l’Eglise du Saint Nom de Jésus à Lyon, sera donc une nouvelle opportunité d’entendre cette œuvre unique. Elle sera exécutée une nouvelle fois par ceux le groupe chilien Pirca et la Chorale populaire de Lyon dans le but de financer l’enregistrement de la Cantate au printemps 2016.

Edicto GARAY

Plus d’informations : SITE Chopoly en format PDF – Réservations ici

Los Panchos : grandes retrouvailles à Madrid vingt ans après

Après 20 ans de séparation les musiciens du légendaire trio Los Panchos, créé en 1944 à New York, se retrouvent pour un nouveau tour du monde avec un spectacle intitulé “Retrouvailles”. Le coup d’envoi de la tournée a été donné le 9 décembre à Madrid avec un unique concert au Teatro Nuevo Apolo. Au programme : leurs plus grand hits et beaucoup de nouvelles chansons.

Le public de Los Panchos traverse les générations, leurs chansons sont éternelles et ont été reprises par d’innombrables chanteurs renommés. Qui ne connait pas ces grands classiques de toujours comme Besame mucho, Perfidia, A mi manera, Solamente una vez, Loco, Aquellos ojos verdes ou Maria Elena ?

À l’origine du groupe, ses fondateurs historiques : les Mexicains Alfredo El Güero” Gil (requinto, petite guitare à deux cordes) et José de Jesús Chucho” Navarro (guitare) ainsi que le Portoricain Hernando Avilés (guitare), les trois étant vocalistes.

“Chucho” Navarro a pris la direction du groupe en 1981 après le départ d’Alfredo Gil. Le trio s’est reformé à plusieurs reprises. Rafael Basurto Lara, grand chanteur, interprète exceptionnel des boléros a rejoint Los Panchos après s’être produit pendant des années en solo. Le grand musicien Gabriel “Gabi Vargas, considéré comme le meilleur requinto du monde, fait partie de Los Panchos depuis 1978, reprenant la place d’Alfredo Gil.

La tournée de ces trois géants de la musique avec un répertoire renouvelé les conduira à travers l’Europe jusqu’au Japon, où une foule d’aficionados les attend. Cependant, ce n’est pas une tournée d’adieu, affirment-ils, car ils ont d’autres projets devant eux.

Irène SADOWSKA GUILLON
Depuis Madrid

“La vie, ce n’est que du printemps…”, la pianiste chilienne María Paz Santibañez

Qu’un gouvernement envoie une artiste connue comme attachée culturelle n’est pas courant. C’est pourtant l’honneur que nous a fait la présidente du Chili, Michelle Bachelet, en nommant à ce poste la pianiste de renom international María Paz Santibañez. Espaces latinos l’a rencontrée à son bureau… La première chose qui frappe en entrant dans la salle est un petit bureau encombré et un grand piano ! Aujourd’hui reconnue comme l’une des meilleures interprètes d’œuvres contemporaines, la trajectoire de María Paz Santibañez, femme dynamique et volubile, n’a pas été de tout repos… Ces deux dernières semaines d’octobre, elle est de retour au Chili pour une série de concerts, dont un au palais présidentiel de La Moneda (le 27 octobre), et un autre au Musée de la Mémoire à Santiago (le 24 octobre). Elle sera ensuite de retour à son poste à l’ambassade du Chili à Paris pour continuer son travail de promotion de la culture de son pays. Voici l’entretien que nous avons publié dans notre édition double qui vient de paraître.

Soudain, dans la rue, un coup de feu. En cette année 1987, on sent que la dictature du général Pinochet peut-être renversée. Les partis politiques tentent de s’unir et les mouvements sociaux organisent des actions de résistance : la grève générale des 2 et 3 juillet de l’année précédente fut un succès total. Les étudiants universitaires font partie de cette résistance, non seulement à la dictature mais aussi au néolibéralisme effréné impulsé par les ‘Chicago Boys’, des économistes chiliens formés aux États-Unis, qui ont convaincu Pinochet d’imposer ce système économique au Chili. Lorsque José Luis Federici, nommé par Pinochet recteur de l’Université du Chili, veut la “moderniser”, c’est-à-dire l’amputer de plusieurs facultés et la gérer comme une entreprise, les étudiants organisent des actions de protestation. Le 25 septembre 1987, un groupe se rassemble discrètement devant le théâtre municipal de Santiago, à quelques rues du Palais présidentiel et se met à siffler l’air bien connu depuis des années de “Y va a caer, y va a caer, la dictadura militar” (elle va tomber la dictature militaire). D’habitude cela dure quelques secondes et se termine par un lancer anonyme de tracts d’opposition au régime avant que n’arrive la camionnette des policiers et les gaz lacrymogènes. Mais soudain, un coup de feu, puis un autre. Un policier vient de tirer à bout presque portant une balle dans la tête d’une jeune femme. María Paz Santibañez, étudiante de piano à la faculté des Arts de l’Université du Chili, est immédiatement transportée à l’hôpital : elle est presque complètement paralysée. Elle mettra cinq années pour récupérer l’usage de ses doigts, de nombreuses autres pour devenir une des meilleures pianistes mondiales.

À quatre ans déjà !

Espaces latinos (EL) : Quand cette passion pour la musique vous est-elle venue ?

María Paz Santibañez (MPS) : Ma famille est très attachée à la musique. Aux repas ou en voiture, il y avait toujours de la musique et on chantait à longueur de journée. Mon père chantait faux et nous menaçait de chanter si nous ne chantions pas. On s’empressait de le faire… Il y avait un piano à la maison et mon frère a commencé à en jouer, puis ma sœur de la guitare, un autre frère (nous sommes sept !) du piano. Dans mes souvenirs la musique est toujours présente. À quatre ans, mon père m’a écrit une lettre : “Comment va mon amour… Je rêve toujours que tu joues du piano pour moi…”. Ma famille m’a dit qu’à quatre ans, je jouais déjà du piano ! Enfant, je disais que je voulais être médecin pour soigner ma grand-mère, et pianiste. Je regardais mon frère jouer le Premier prélude de Chopin et je me suis dit “Le jour où je jouerai comme ça, ce sera bon…”. Alors, j’ai commencé des études formelles de piano…

EL : Vous avez fait de la musique classique tout de suite, pas de jazz ou autre ?

MPS : Non, pour moi, le piano a toujours signifié la musique classique et la guitare la musique populaire. J’aimais aussi le charango, la flûte des Andes, d’autres instruments. Mais le piano a toujours été du classique.

EL : Vous avez eu des professeurs qui comptent…

MPS : Je suis tombée dans les mains d’un excellent professeur, Galvarino Mendoza, pianiste au conservatoire. Il avait joué avec Claudio Arrau (1). J’ai commencé mes études formelles avec lui la même année que mon père est décédé. Il devint un peu comme un père pour moi, un guide. Mes premiers morceaux importants (j’avais 15 ou 16 ans), du Bach, du Beethoven, c’était grâce à lui. Il m’a tout appris, la façon de s’asseoir devant un piano, pourquoi faire de la musique…

EL : Il avait des projets pour vous ?

MPS : Il voulait qu’à 18 ans, j’aie un certain répertoire. J’étais très heureuse d’en faire mon métier. Il fallait que j’obtienne mes diplômes de pianiste et concertiste. Au Chili c’est un diplôme universitaire. Je voulais y arriver. Je préférais rater les cours du lycée plutôt que ceux du conservatoire !

Septembre 1987, le coup de feu

EL : Ce 24 septembre, un policier vous tire une balle dans la tête. Votre vie bascule.

MPS : J’appartiens à une génération très combattive qui a dû faire des choix très jeune. À 16 ans, je me suis dit –Qu’est-ce que je fais ici à jouer du Beethoven ou du Bach si dehors ils sont en train de tuer mes frères… J’avais déjà été arrêtée plusieurs fois suite à des manifs, des amis ou des frères et des sœurs d’amis avaient disparu… C’était le climat. La désinformation était à l’ordre du jour et il fallait faire des choix. Une autre raison de manquer au lycée était ma participation à des réunions de la Fédération des étudiants qui voulait s’organiser pour combattre la dictature. C’était la culture de la vie contre la culture de la mort et il fallait se battre. Nous avions réussi à semi-démocratiser l’Université en récupérant de manière démocratique le contrôle du syndicat des étudiants. Des candidats pro-Pinochet se présentaient aux élections mais c’était souvent la gauche ou l’alliance centre-gauche qui les gagnait, et qui gagnait ainsi des espaces démocratisés.

EL : Et en 1987, Pinochet nomme José Luis Federici recteur de l’Université du Chili…

MPS : C’était un économiste nommé parce qu’il avait privatisé plusieurs entreprises nationales et Pinochet voulait privatiser l’Université en la divisant en petits morceaux à vendre… Pour la Fac des Arts, cela signifiait sa fermeture. Ils ont expulsé plusieurs professeurs pourtant très connus. Cela provoqua une grande contestation, l’université fut fermée pendant 3 mois, des manifestations organisées. Et c’est lors de l’une d’entre elles que cette horreur m’est arrivée…

EL : Comment avez-vous pu remonter la pente ?

MPS : La solidarité fut énorme, comme l’indignation collective. Il y avait tous les jours 300 personnes devant l’hôpital ! À travers l’agression contre moi, c’était un acte de la dictature contre l’université alors que pour nous, le printemps, c’est-à-dire la sortie de Federici et la fin de la dictature semblaient approcher. Il y avait là comme un symbole. De fait, certains historiens pensent que cette agression a marqué le début de la fin de la dictature. [Elle ne tombera en fait que deux ans plus tard, ndlr.] Les étudiants au Chili ont toujours été un détonateur. J’avais le sentiment très fort qu’il fallait que je me batte, un devoir de me remettre car si c’est bien moi qui avais été personnellement visée, il fallait que le symbole reprenne le dessus. Je venais d’avoir 19 ans et c’était lourd pour moi… Bien que soutenue par beaucoup de gens, j’ai eu des périodes de doute, des choses que physiquement je ne pouvais plus faire. Je voulais continuer ma carrière de pianiste. Je me suis dit que je ne serais jamais heureuse si je n’essayais pas. J’étais à moitié paralysée… Mon neurologue m’avait dit que si je pouvais marcher d’ici un an, ce serait bien et que si dans cinq ans, je n’avais pas récupéré mes mains, je devais changer de métier !

EL : Cela ne vous a pas découragé.

MPS : Il y a eu plusieurs étapes : mécanique, psychologique, ne pas tomber en dépression. Vers l’an 2000, j’avais toujours cet état d’esprit de me battre, j’ai dû reconstruire ma propre personnalité

La période française

EL : En 1999, vous vous installez à Paris. Vous travaillez avec Claude Helffer (2), considéré comme pianiste ‘avant-gardiste’. En termes de musique classique qu’est-ce que cela signifie ?

Claude Helffer est un grand pianiste français qui a exploré tout le répertoire de ses contemporains, il les a défendus. Il est un miroir entre la musique du passé et celle du présent, ce qui donne une compréhension de la musique nouvelle. C’était un grand musicien.

EL : Vous dites qu’il a marqué votre carrière. Pourquoi ?

MPS : Pour sa façon d’aborder la musique, son attachement au rythme qui donne à l’œuvre une vie permanente, pour sa générosité et sa façon d’enseigner. Il a donné des cours chez lui à partir de 1979 à des pianistes qui venaient de partout, il s’est rendu dans des universités d’été dans le monde (au Canada, au Mexique). Il faisait une analyse de la musique vouée à l’interprétation. Un précurseur des répertoires nouveaux. Il a été un pilier de la préparation de mon premier disque…

EL : Ce style de musique est devenu le vôtre ?

MPS : Je défends beaucoup la musique de mes contemporains. Je donne des concerts où je joue surtout le 20e siècle et les contemporains. Dans mes programmes, je reprends un peu les propositions d’Helffer qui étaient de mettre les œuvres en miroir. Si je joue des auteurs du début du 20e, je les mets en miroir avec mon répertoire des auteurs du passé.

EL : Mettre en miroir est jouer l’une puis l’autre ?

MPS : Voilà. L’une aide à l’écoute de l’autre. À écouter les contemporains, on commence à écouter autrement la musique du passé, à donner une autre lumière sur la lecture des musiques du passé. Il faut dire qu’en 1999 à Paris, j’ai connu la pianiste Odile Delangle qui m’a poussée à suivre des cours chez d’autres artistes et grâce à qui j’ai rencontré Claude Helffer. Une grande période pour moi ; je me suis dit que la vie, ce n’est que du printemps. Car venant des périodes sombres du Chili, j’arrive ici et personne ne me demande mon nom, mon prénom ; elle joue, elle ne joue pas, c’est bon ! C’était un cadeau. Je n’étais pas pianiste à cause de 1987. Ici, j’avais cette liberté de m’exprimer musicalement sans qu’on me demande si j’avais mal à mes dix doigts.

L’attachée culturelle

EL : Quel est le travail d’une attachée culturelle ?

MPS : Faire rayonner la culture chilienne en France. Quand des artistes chiliens ont des projets en France, mon rôle est de les soutenir, de les aider à ce qu’ils puissent se produire. J’essaie d’ouvrir des portes, les guider, favoriser des prises de contact, faciliter les démarches en France de gens qui veulent faire venir un artiste chilien… Je peux aussi signer des accords pour des échanges entre le Chili et la France, ce qui permet de consolider les liens d’amitié franco-chilienne. L’ambassade du Chili est, par exemple, partenaire institutionnel dans l’organisation des Belles Latinas mises sur pied par Espaces latinos (il y aura quatre auteurs chiliens en novembre).

Trois disques déjà…

EL : Vous en êtes à votre troisième disque.

MPS : Le premier en 2003 s’appelle Piano-Piano. C’est un résumé des dix années précédentes mais aussi un hommage à une grande pianiste chilienne Cecilia Plaza. Elle m’a fait découvrir un monde musical qui m’a permis de m’exprimer autrement ; elle m’a donné un autre répertoire dans une période où je me reconstruisais. À travers l’interprétation de Cecilia Plaza, ce disque est aussi un hommage à Cirilo Vila. Vila a formé toute une génération de compositeurs chiliens dans les catacombes de la dictature, puisque les cours avaient été fermés. Le deuxième disque (2013) est intitulé Études d’Interprétation : un répertoire historique pour la mémoire à 40 ans du coup d’État, mais aussi un hommage aux grands maîtres et compositeurs d’aujourd’hui et aux auteurs latino-américains de 1920 à nos jours. [Ce disque a été primé par les associations Clef Resmusica et 4 diapasons, ndlr].

EL : Votre troisième disque, La Caja Mágica vient de sortir. Selon la critique Victoria Okada de Resmusica c’est « un exploit pianistique remarquable […] qui nous aide à comprendre la musique d’aujourd’hui en suggérant un modèle d’interprétation de cette dernière. »

MPS : Mon travail d’attachée culturelle est très important et occupe la plupart de mon temps mais je continue les concerts et j’espère publier un quatrième disque fin 2015… (3)


Propos recueillis par Jac FORTON

Cet article est à retrouver dans son intégralité, dans le numéro double 285/286 de la revue Espaces Latinos.
(1) Claudio Arrau  (Chili 1903-1991) : un des plus grands pianistes du 20e siècle, spécialiste de Chopin, Liszt ou Beethoven.
(2) Claude Helffer (1922-2004) : pianiste français particulièrement connu pour ses interprétations de la musique du 20e siècle.
(3) Le site de Maria Paz Santibañez

Valparaiso à l’honneur au festival Les Escales à Saint-Nazaire

François-Xavier Gomez, envoyé spécial de Libération à Saint-Nazaire, revient en détails sur l’édition 2015 du festival les Escales qui, cette année, mettait en avant Valparaiso. À Saint-Nazaire, le festival les Escales a mis en avant la deuxième ville du Chili, entre punk, cumbia et derniers représentants de la chanson populaire.

Tout en tatouages et piercings, Tevo, moitié du duo electropunk Poder Guadaña, a eu un sentiment bizarre en débarquant à Saint-Nazaire : “C’est un port, comme Valparaiso, mais il ne sent rien.” À défaut d’effluves d’hydrocarbures, on a respiré pendant deux jours l’atmosphère de liberté artistique de la ville au festival les Escales, qui a invité musiciens et street artists dans une belle affiche sans esthétiques exclusives ni préjugés, qui a associé Salif Keita, JoeyStarr, Cerrone, Yael Naïm ou Dhafer Youssef. Dès l’arrivée sur la partie du port où se déroulent les concerts (sans conteste l’un des plus beaux sites de festival en France), deux fresques monumentales accueillent le public : deux portraits réalisés (en sept jours seulement) par Inti, une sommité du graff, et Robot de Madera (“robot de bois”).

Le premier a représenté un migrant en transit, aux yeux immenses ; le second, un étudiant chilien en hommage à la mobilisation de la jeunesse pour la réforme scolaire et à ses martyrs – trois manifestants ont déjà été tués. Les deux grapheurs soulignent que Valparaiso, au-delà du street art, est une ville où tous les arts ont droit de cité dans la rue : musique, cirque, danse… La chanteuse Pascuala Ilabaca, 30 ans, a été formée à cette école : “J’ai toujours monté et descendu les cerros [les 42 collines qui forment la ville, ndlr] avec mon accordéon de 12 kilos sur le dos.” Après six albums, elle est aujourd’hui reconnue comme une des voix les plus originales en Amérique latine. “Valparaiso est en perpétuel mouvement, décrit-elle. Sa vocation universitaire entraîne un renouvellement de la population, les étudiants de tout le pays restent quelques années et repartent.” Le port est aussi le berceau d’un rock psychédélique peu connu à l’étranger : “Grâce à l’activité portuaire, les innovations arrivaient bien avant d’atteindre la capitale, Santiago. C’est le cas du mouvement hippie, des drogues. Ce qui a permis l’éclosion du folk-rock progressif de Congreso ou Los Jaivas, qui est une de mes inspirations.”

Le duo Poder Guadaña (“le pouvoir de la faux”) est un autre repère du paysage musical de la ville : sur des beats de hip-hop ou des rythmes de cumbia, les deux compères punks hurlent un discours très radical, où la subversion n’empêche pas l’humour, et atteignent parfaitement le but qu’ils se sont fixé : “Faire réfléchir en faisant la fête.” Mais les triomphateurs des Escales ont été les participants les plus insolites du plateau porteño (“portuaire”). Avant d’être un groupe, La Isla de la Fantasia est le jardin d’un particulier où se retrouvent depuis plusieurs décennies les musiciens amateurs autour d’un répertoire de boléros et de valses péruviennes et de cuecas, la chanson traditionnelle qui se danse un mouchoir à la main. L’Ile de la Fantaisie était un îlot de liberté pendant la dictature de Pinochet (1973-1988), quand le couvre-feu empêchait toute vie nocturne. Ces peñas (“veillées”) ont permis de préserver un patrimoine oral qui autrement se serait perdu.

Trois CD ont été enregistrés récemment et un documentaire leur a été consacré. Plusieurs des piliers de La Isla sont décédés, mais un trio de survivants a fait le voyage, leur premier hors du Chili. Accompagnés par trois jeunes partenaires, ils ont 70, 77 et 84 ans et font revivre, à travers les complaintes sentimentales et les rythmes tropicaux, le temps révolu des cabarets. En costume et cravate, élégants et frondeurs, ils ont même rejoint sur scène Chico Trujillo, le groupe de cumbia-rock le plus populaire du Chili, pour un finale improvisé et chaleureux.

François-Xavier GOMEZ
Article publié par Libération le 9 août 2015

Alcides Lanza promu meilleur compositeur ibéro-américain

Alcides Lanza, compositeur argentin, est le nouveau lauréat du Prix Tomás Luis de Victoria XIII , Prix de la Société générale des auteurs d’espagne (SGAE) de la musique ibéro-américaine. Retour sur un parcours musical exemplaire.

Le prestigieux Prix Tomás Luis de Victoria a distingué depuis sa création plusieurs grands compositeurs latino-américains : les Cubains Harold Gramatge en 1996 et Leo Brouwer en 2010, le Péruvien Celso Garrido- Lecca en 2000, le Vénézuélien Alfredo del Monaco en 2002, le Mexicain Mario Lavista en 2013, les Argentins Gerardo Gandini en 2008 et Alcides Lanza en 2015. Le 28 mai 2015 le Prix Tomás Luis de Victoria décerné par la Fondation SGAE (Société Générale des Auteurs d’Espagne) à l’Académie royale des Beaux-Arts à Madrid, a couronné l’œuvre et le travail ininterrompu de recherche, de rénovation et d’enseignement d’Alcides Lanza, une des plus grandes figures de la musique contemporaine.

À 86 ans, le maître en pleine forme, a dirigé lui-même une œuvre du concert exceptionnel qui a suivi la remise du Prix. Un des pionniers avec Celso Garrido-Lecca en matière de musique électronique, multimédia, Alcides Lanza n’a cessé dans sa démarche d’explorer et d’expérimenter de nouveaux procédés scientifiques et techniques de composition. Rénovateur de la musique contemporaine il a contribué largement à sa diffusion sur le plan international en conjuguant dans son parcours la recherche, la composition, l’enseignement, des concerts et des conférences. Né en 1929 à Rosario en Argentine il se consacre depuis ses plus jeunes années à la musique : le piano et la composition. Dès le départ ses références sont hétérogènes. Le Centre Latino-américain de Hautes Études Musicales (CLAEM) fondé en 1961 à Buenos Aires par Alberto Ginastera a été fondamental pour la formation d’Alcides Lanza et d’autres compositeurs de sa génération qui ont pu y suivre des enseignements de musiciens de l’avant-garde aussi prestigieux que Messiaen, Maderna, Xenakis, Loriod, Dallapiccola, De Pablo. Le CLAEM avait pour objectif de permettre aux compositeurs latino-américains de se familiariser avec les esthétiques et les techniques nouvelles. Il est un moteur puissant du développement de ces nouvelles esthétiques et de la composition électronique.

Grâce à la bourse de la Fondation Guggenheim, Alcides Lanza va poursuivre ses études entre 1965 – 70 en Amérique avec Vladimir Ussachevsky au Columbia Princeton Electronic Music Center à New York où il peut accéder pour ses recherches aux puissants moyens technologiques. Il y compose une partie importante de ses œuvres majeures pour orchestre électronique, piano et sons électroniques, instruments à vent, percussions et pour la voix. Dans ses compositions il développe un style personnel original se caractérisant par un très large registre chromatique déployé dans l’espace de façon quasi picturale et sculpturale. Son style marque profondément les esthétiques musicales contemporaines. Il est invité à enseigner dans plusieurs Centres Universitaires entre autres au New York City Community College. En 1971 Alcides Lanza est nommé professeur de composition à la Faculté de Musique de l’Université McGill de Montréal puis à la Deutsche Akademischen Austauschdienst à Berlin. Depuis 1974 il est directeur des Études Électroniques à l’Université McGill de Montréal et aujourd’hui directeur émérite de EMS au Canada. Les œuvres d’Alcides Lanza au programme du concert donné à Madrid le 28 mai avec maestro lui-même aux manettes de la console électroacoustique pour la pièce vôo pour voix et musique électroacoustique, offraient un aperçu de l’originalité et de la richesse de l’univers sonore de sa création.

 Irène Sadowska Guillon

Fondation SGAE

 

« Edades ciegas », une création de Marco Antonio Pérez Ramírez

L’Orchestre national d’Île-de-France accueillait en avril dernier l’œuvre Edades Ciegas du musicien et compositeur chilien  Marco Antonio Pérez Ramírez. Retour sur l’œuvre et le parcours musical d’un personnage qui nous rappelle que la musique est avant tout la langue des émotions.

Les 3 avril et 7 avril 2015 à Argenteuil et à la Philarmonie de Paris a été créée l’œuvre “Edades ciegas” de Marco Antonio Pérez Ramírez par l’Orchestre national d’Île-de-France, sous la direction du chef invité Fabien Gabel. Marco Antonio est né à Santiago-du-Chili en 1964 et dirige actuellement l’Orchestre symphonique Bienne Soleure, dans le canton de Neuchâtel en Suisse. Il possède un parcours musical riche. Après avoir été l’élève d’Alberto Ponce en guitare classique, il aborde la composition auprès de Sergio Ortega. Il suit le cursus de composition et d’informatique musicale de l’IRCAM à Paris. De 2002 à 2005 il est compositeur en résidence auprès de l’Orchestre national de Montpellier, pour lequel il écrit quatre œuvres, dont Achachilas et Atacama (2005), un concerto pour violon et orchestre. Ensuite il est en résidence à l’Orchestre philarmonique de Strasbourg et la composition devient son domaine de prédilection.

L’œuvre de Marco Antonio Pérez Ramírez est puissante, minérale, très structurée – on écrirait même structurale en référence à la géologie structurale, aux masses rocheuses des Andes, aux failles, peut-être aux traces des séismes, comme il en advient si fréquemment dans la nature chilienne. Le compositeur s’exprimant lors de l’avant-concert, dans la salle de répétition de la Nouvelle Philarmonie, nous dit qu’il cherche à créer des “trous”, “des abîmes” et rappelle que cette pièce, commandée par l’Orchestre d’Île-de-France, est dédiée à la mémoire de son père, disparu récemment. L’entame du violon, déchirante, exécutée par le soliste vénézuélien de l’Orchestre, Alexis Cárdenas, marque le début d’une œuvre brève, exigeante, dirigée d’une baguette ferme par Fabien Gabel.

Dans le programme du concert le compositeur commente son ouvrage avec ces phrases très personnelles et éloquentes : “Edades ciegas est un voyage – le mien, qui de pièce en pièce s’épure toujours plus. Il me faut sans cesse redire, ne pas m’arrêter, pour atteindre l’essentiel : ces âges aveugles, siècles stellaires, durées incommensurables, qui créent des abîmes violents, arides, durs, et qui nous permettent de nous perdre, d’explorer de nouveaux territoires où le soi peut enfin se dévoiler sans faire semblant.” L’œuvre musicale, ramassée en cinq minutes, évoque en effet, par son titre, emprunté au Canto General de Pablo Neruda, les dernières strophes du célèbre poème “Sube a nacer conmigo, hermano” (Alturas de Macchu Pichu XII) : A través de la tierra juntad todos / los silenciosos labios derramados / y desde el fondo habladme toda esta larga noche /  contadme todo, cadena a cadena, / eslabón a eslabón, y paso a paso, / afilad los cuchillos que guardasteis, /   ponedlos en mi pecho y en mi mano, /  como un río de rayos amarillos, /  como un río de tigres enterrados,/ y dejadme llorar, horas, días, años, / edades ciegas, siglos estelares.

 Christian GIRAULT

Soirée en musique à Villefranche-sur-Saône avec le nouveau groupe Vidala

Le prochain samedi 25 avril à la Bourse du Travail de Villefranche-sur-Saône, à 20 h 30, le trio musical Vidala nous emmène en terres andines.

 À l’occasion de la sortie de leur premier album, produit par le label lyonnais C’est pas des manières, le trio Vidala interprète avec sa sensibilité propre les compositions de grandes figures chiliennes, uruguayennes et argentines. Christophe Jacques à la guitare et Myriam Essayan aux percussions accompagnent la chaude voix de Séverine Soulayrès.

La critique sociale se mêle alors à la poésie andine. Atahualpa Yupanqui, Violeta Parra, Víctor Jara, Ariel Ramírez, Julio Santos Espinosa ou encore Daniel Viglietti dessinent avec leurs mots la beauté des paysages sud-américains mais aussi la dureté de la vie de ses ouvriers, mineurs, paysans. Vidala tire son nom d’une forme musicale populaire poétique argentine, qui se chante à une voix et s’accompagne d’une guitare et d’une percussion. Vidala conte les grands espaces andins, l’intime et la solitude des êtres qui l’habitent et la composent. Chacarera, milonga, tango, boléro, zamba, danza criolla, canción india sont autant d’airs musicaux dont s’inspire ce trio musical.

Après plus de 200 concerts au sein de leur précédent groupe Soulayrès, cette nouvelle formation qui porte en elle l’envie d’une renaissance aux couleurs latino-américaines, se produira sur la scène rhône-alpine à Villefranche (69) ce week-end, mais aussi à Ferney-Voltaire (01) et à Carantec (29). On se laisse aisément emporter par ces sonorités acoustiques et lointaines qui éveillent en nous une certaine invitation au voyage.

Elisa JUSZCZAK

Tramaluna et sa nouvelle création PO-IE-SIS

Fondée en 2006 par le danseur chorégraphe chilien Marcelo Sepúlveda, la compagnie TramaLuna ne cesse d’explorer le concept de danse en dépassant sa propre sphère. PO-IE-SIS”, création 2015, illustre cette conception artistique panachée et nous invite à voir le monde à travers le prisme de TramaLuna.

“Une danse est un poème” écrivait Denis Diderot ; la compagnie TramaLuna l’a bien compris. En effet, elle représentera sa dernière pièce, PO-IE-SIS, lors du Printemps des Poètes 2015 et à l’occasion de la Journée Internationale de l’Égalité des droits des Femmes.

Pourquoi PO-IE-SIS” ? Platon définit le terme grec poïesis par l’acheminement du non-être vers l’être, vers l’existence. En somme, il s’agit du processus créatif aboutissant à une œuvre originale. TramaLuna exploite à la perfection le fil rouge de cette 17e édition : “L’insurrection poétique”. PO-IE-SIS” est une pièce pour deux corps en mouvement (Olivier Gabrys & Marcelo Sepúlveda) et un violoniste (Pierrem Thinet) conçue à partir de textes d’auteures latino-américaines impliquées dans le combat pour les femmes. Elle pose des questions universelles donnant matière à la réflexion individuelle, à l’immersion dans des thématiques axées sur l’appartenance et l’origine.

La collaboration du chorégraphe Marcelo Sepúlveda et de la poétesse Samantha Barendson a insufflé la vie aux mots, a animé l’inanimé. La danse et les textes s’entremêlent et se confondent pour atteindre une synergie achevée dans les respirations et les silences. L’univers inhérent au spectacle, garanti par l’éclairage (Basile Verrier) et les costumes (Cathy Ray), éveille les sens ; aussi le spectateur restera-t-il subjugué par cette performance polymorphe. Un spectacle authentique et pur de 40 minutes qui ravira le public. “La musique se tend et se détend au fil des poèmes et des corps dansants, de matières sonores brutalisées par un violon alto saturé à la réminiscence d’une milonga qui s’étire tendrement. Pierrem Thinet utilise ici un dispositif sonore très simple, essentiel, tout en persévérant dans sa recherche d’un langage musical à la fois emprunt de cultures populaires
et de textures expérimentales.”
La Cie TramaLuna.

Hugo POLIZZI

Site Tramaluna

Dimanche 8 Mars – 15 h : Musée Gallo-Romain de Lyon-Fourvière, 17 Rue Cleberg – 69005 Lyon. Spectacle offert avec le billet d’entrée de l’exposition; Renseignements : 04 72 38 49 30.
Lundi 9 Mars – 20 h. Galerie ESPE/Confluences / 5 Rue Anselme – 69004 Lyon; Entrée libre. Réservations conseillées : reservationstramaluna@univ-lyon1.fr
Mardi 10 Mars – 18 h : Centre Social et Culturel Peyri, Rue Joseph Blein – 69120 Vaulx-en-Velin, Spectacle gratuit pour tous. Entrée libre sans réservation. Renseignements : 04 72 04 13 39
Mercredi 18 Mars- 20 h 30 : Toï Toï Le Zinc, 17-19 Rue Marcel Dutartre – 69100 Villeurbanne. Tarif solidaire / Entrée libre sans réservation – Renseignements : 04 37 48 90 15
Vendredi 20 Mars – 18 h 30 – Musée muséum départemental de Gap : 6 Avenue Maréchal Foch – 05000 Gap. Spectacle gratuit pour tous. Réservation uniquement par téléphone : 04 92 51 01 58

Le festival « Présences 2015 » met à l’honneur l’Amérique latine

La 25e édition du Festival de Radio France « Présences 2015 » explore les musiques du continent américain tout entier avec 13 concerts, du 6 au 21 février, à la Maison de la Radio. Il font ainsi honneur à la culture musicale hétéroclite et foisonnante de cette partie du monde encore trop souvent délaissée, en bouclant la boucle, puisque c’est avec l’Amérique latine déjà qu’avait débuté la première édition.

Cette année, la programmation de Radio France fait la part belle aux compositeurs latino-américains et propose de conjuguer les talents et les cultures, de chercher dans les rythmes ancestraux des dialectes indiens l’invention d’aujourd’hui. Le concert d’ouverture, le vendredi 6 février, aura lieu dans un nouvel auditorium de Radio France : l’Orchestre Philharmonique propose deux concertos donnés en vis-à-vis et en création mondiale : l’un de Richard Dubugnon qui engage un dialogue entre l’Europe et l’Amérique latine ; l’autre d’Esteban Benzecry, Argentin installé à Paris dont Gauthier Capuçon créera le concerto pour violoncelle. En début de programme une pièce de l’Américain Conlon Nancarrow et, pour terminer, l’Amérique latine, représentée par Evencio Castellanos, mort en 1984, l’une des grandes figures de la musique du Venezuela.

Le 9 février, un programme entièrement latino-américain sera composé de cinq œuvres dont quatre données en création mondiale, avec l’ensemble Accroche-Note. Le 21 février, trois grandes partitions pour orchestre concluront l’édition 2015 du festival Présences. L’Orchestre philharmonique de Radio France interprètera, en particulier, l’étonnant Nazareno d’Osvaldo Golijov, qui fait entendre des percussions Yoruba réinventées pour les pianos des sœurs Labèque. Enfin, un grand triptyque orchestral d’Esteban Benzecry en forme d’hommage à l’écho perdu des civilisations précolombiennes.

Maurice NAHORY

Ces concerts diffusés sur France Musique peuvent être écoutés pendant un mois. Certains concerts sont gratuits et, en tout cas, d’un prix abordable.
Pour tout savoir sur ce Festival vsite le site. : http://maisondelaradio.fr/evenement/festivals/presences-2015-les-deux-ameriques-1#sthash.rmbbSIEf.dpuf

Venez danser à Lyon du 10 au 30 septembre 2014

De l’Hôtel de Ville à la place Bellecour à Lyon, le dimanche 14 septembre prochain, ce sont donc 5 000 participants en costumes se préparant depuis des mois, qui vont danser, jouer, vibrer et chanter avant de se mêler aux milliers de spectateurs pour une Samba Tarentelle géante.

Le 14 septembre, le fameux Défilé de la Biennale de la danse fête sa 10e édition (et ses 20 ans) avec un retour à sa source d’inspiration : le Carnaval de Rio et son ambiance incomparable. C’est aussi un clin d’œil à Guy Darmet, fondateur de cette manifestation populaire (des milliers de spectateurs sur l’itinéraire) et participative (puisque la plupart des danseurs sont bénévoles, mais ont travaillé avec un chorégraphe), créée à l’occasion de la Biennale sur le Brésil.  À la tête des 12 groupes (comme au Brésil), le char spécial anniversaire du jeune carnavalesco (responsable de l’école de Samba) Fabio Ricardo donnera le tempo avec Samba Sax, un ensemble de 500 saxophonistes et percussionnistes d’écoles de musique de toute la région. Autre groupe à suivre : les 800 mi-Lyonnais mi-Turinois qui, sous la houlette du chorégraphe Denis Plassard et de la marionnettiste Emilie Valantin, vont faire danser des centaines de marionnettes.

Mais la Biennale, ce sont aussi 25 créations dont 17 premières mondiales et 8 premières françaises du 10 au 30 septembre prochain. Parmi les 43 compagnies invitées par Dominique Hervieu, directrice artistique de la manifestation, on peut citer Le Ballet de Lorraine qui reprendra Relâche de Picabia créé en 1924, la compagnie William Forsythe qui viendra pour la première fois à Lyon, La compagnie XY qui ouvre la Biennale au cirque, comme le feront Kader Attou ou Mourad Merzouki pour le hip hop. Sans oublier la nouvelle création, la 49e, de Maguy Marin, la venue de James Thierrée ou de Benjamin Millepied  juste avant de reprendre la direction de la danse à l’Opéra de Paris. A découvrir Carmen par la chorégraphe sud-africaine Dada Masilo, ou Bosque ardora par Rocío Molina qui propose une nouvelle forme de flamenco.

Alain LIATARD

Tout le programme et les infos pratiques sur Biennale

 

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