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Équateur

Tremblement de terre : le bilan humain s’alourdit en Équateur

Samedi 16 avril, un violent séisme de magnitude 7,8 a secoué l’Équateur, plus précisément dans le sud-ouest du pays jusque dans la région de Guayaquil, sur la côte pacifique. Ce tremblement de terre, en plus de causer d’innombrables dégâts, a provoqué la mort de 480 personnes et a fait plus de 2 560 blessés.

Ce séisme est le plus grave ayant touché l’Équateur depuis quarante ans. En 1979, plus de 600 personnes avaient perdu la vie, 20 000 avaient été blessées et de lourds dégâts avaient été constatés dans plusieurs villes du pays. Vendredi dernier, le séisme a une nouvelle fois été très meurtrier et l’état d’urgence a été décrété dans tout le pays.

L’Équateur endeuillé

Quelques jours après le drame, les équipes de secours continuent leur travail de recherche pour venir en aide aux derniers survivants coincés sous les décombres. Selon les autorités, 480 personnes ont péri dans la catastrophe mais le nombre de victimes ne cesse d’augmenter. On déplore parmi les victimes des Équatoriens mais aussi des Canadiens et une Irlandaise. À Guayaquil, la capitale économique du pays, située à 400 kilomètres de l’épicentre, le séisme a fortement été ressenti. Le toit d’un centre commercial et un pont se sont effondrés, piégeant plusieurs personnes, des magasins ont été ravagés par la secousse et les rues sont devenues impraticables à cause des débris. À Pedernales, cité balnéaire et épicentre du séisme, des maisons sont en ruines et des hôtels se sont effondrés. À Manta, sur la côte pacifique, l’aéroport a été fermé à cause d’importants dégâts à la tour de contrôle. En tout, ce sont plus de 1 500 immeubles qui ont été détruits et 20 500 personnes se trouvent encore actuellement sans abri. Une vision apocalyptique qui traduit bien l’ampleur du séisme.

L’état d’exception décrété et l’armée déployée

Le vice-président équatorien, Jorge Glas, qui assume les fonctions de chef de l’État en l’absence du président Rafael Correa, a annoncé que l’état d’exception avait été décrété au niveau national. Cette mesure a été prise afin de “préserver l’ordre public” et “protéger la vie des citoyens”. Il a en plus déclaré que des fonds ont déjà été débloqués : 300 millions de dollars pour les urgences et 150 millions pour la reconstruction. Le Président équatorien, qui était en visite au Vatican mais qui est rentré ce dimanche, s’est rendu dans les zones affectées afin de constater le sinistre. Depuis samedi, le pays a mobilisé 14 000 membres des forces de sécurité dans les zones sinistrées, 241 professionnels de la santé et deux hôpitaux mobiles ont été dépêchés sur place. L’Union européenne a annoncé l’activation du mécanisme européen de protection civile et des renforts sont arrivés de Colombie, du Pérou, du Mexique, de Cuba, de Bolivie, du Chili, de Suisse et d’Espagne. Aux États-Unis, le secrétaire d’État John Kerry a affirmé son soutien à l’Équateur. Le Canada a offert une enveloppe d’environ un million de dollars à différents organismes humanitaires pour les besoins de l’Équateur, notamment à la Croix-Rouge équatorienne, qui a dépêché autour de 1 200 volontaires et employés pour apporter assistance aux victimes. Par ailleurs, la Banque de développement chinoise s’est quant à elle engagée à financer des investissements publics à hauteur de deux milliards de dollars.

Une zone à risques

Le tremblement de terre s’est produit samedi à 18 h 58 (1 h 58 à Paris). Selon l’Institut de géophysique équatorien, l’épicentre se trouvait dans la zone de Pedernales et Cojimies, dans la province de Manabí, à environ 20 km de profondeur. Cette secousse a été suivie de 189 répliques, qui ont été ressenties jusqu’en Colombie et au Pérou, qui a enregistré une magnitude de 7,4 dans le nord du pays. Ces pays sont tous situés sur le tracé de la ceinture de feu du Pacifique, le point de rencontre des plaques tectoniques. C’est dans cette même zone qu’est survenu ce dimanche-même un tremblement de terre de magnitude 6,1 dans les îles Tonga (Pacifique Sud) et qu’un violent séisme a secoué le Japon jeudi dernier, faisant au moins 41 morts et un millier de blessés.

Mara KOLB 

Photo : Zona Cero – 17/04/16

Pierre Carles et le documentaire sur l’Équateur de Rafael Correa

Lors du dernier festival de Biarritz sur les cinémas et cultures d’Amérique latine, un focus était consacré à l’Équateur. Dans ce cadre, l’Institut des Hautes Études de l’Amérique latine a organisé une journée sur l’Équateur de Rafael Correa, avec la projection du film Opération Correa, en présence de son réalisateur Pierre Carles, également membre du jury des films documentaires.

En novembre 2013, le président équatorien de gauche Rafael Correa est venu en visite officielle à Paris. Il fut reçu à l’Élysée par François Hollande et prononça une conférence à la Sorbonne. Il y expliqua comment son pays avait allégé le poids de sa dette extérieure, ignoré les recommandations du Fonds Monétaire International et tourné le dos aux politiques d’austérité qui, au moment précis où il s’exprimait, précipitaient l’Europe dans le marasme économique. Son intervention expliquait que l’Europe endettée reproduisait les mêmes erreurs que les pays d’Amérique Latine.

On pouvait penser que l’événement bénéficierait d’un accompagnement médiatique important, d’autant que le président équatorien, économiste de formation, parle parfaitement français. Mais les invitations à s’exprimer dans les médias furent rares, et le silence de la presse presque total.

Pierre Carles, avec son coté faussement naïf, réalise son documentaire, Opération Correa, en allant à la rencontre des grands journalistes de la presse pour leur demander pourquoi, à part France 24, ou Le Monde Diplomatique, peu sont allés l’interroger lors de son séjour à Paris.

Il se confronte à l’habituelle langue de bois : “Voilà un sujet important que je ne peux traiter en trois minutes, le public ne connait pas et c’est difficile d’en parler ” et autres excuses. Que ce soit Isabelle Quin ou RTL, ils ont d’autres préoccupations. La poursuite d’Yves Calvi dans les couloirs, la mauvaise foi et la suffisance de Frédéric Taddeï, le cri du cœur d’Ivan Levaï justifiant l’absence de références exigeantes dans sa revue de presse par la paresse supposée des auditeurs : « On ne fait pas boire l’âne qui n’a pas soif »… sont des passages drôles et tristes à la fois.

On se rend compte que les discours sont tous à peu près les mêmes, formatés pour mettre l’accent sur l’austérité sans chercher une plus grande curiosité et en interrogeant toujours les mêmes experts. Seul le journaliste du Figaro s’exprime correctement dans sa logique : la situation économique de l’Équateur s’est grandement améliorée et il y a, aujourd’hui, ajoute-t-il, des choses à faire sur place au plan économique ou au moins y aller voir.

Au-delà de la position des médias français, le réalisateur s’interroge sur la situation en Équateur. Rafael Correa propose-t-il vraiment des solutions originales à la crise économique, sociale et environnementale ? Qu’en est-il alors de l’accord de libre-échange que son pays a été contraint de négocier avec l’Union européenne ? Et de son opposition à l’avortement ? Pierre Carles et son équipe sont partis enquêter en mars 2015 sur l’existence ou non d’un “miracle équatorien” et ainsi mieux comprendre à quoi il ressemble.

Pour l’instant Opération Correa ne dure que 52 minutes, car Pierre Carles, qui avait consacré un beau film à Pierre Bourdieu en 2001, La sociologie est un sport de combat, et fait des analyses critiques de la presse dans plusieurs films dont Pas vu, pas pris (1998) ou Enfin pris  (2002), cherche encore de l’argent pour monter le deuxième volet de son enquête, Correa sí ! Correa no !

Mais au-delà de ça, ce film nous interroge sur la place de l’Amérique latine dans les médias et aussi dans la curiosité du public en général envers des événements lointains qui ne semble pas le toucher directement.

Alain LIATARD

Voir ici le reportage Opération Correa.

Correa a célébré neuf années de présidence et réclamé une “nouvelle victoire” en 2017

Ceux qui nous représenteront aux prochaines élections devront défendre les acquis de la révolution”, a déclaré Rafael Correa à ses adeptes, lors d’un rassemblement populaire à Guayaquil.

Rafael Correa a souligné que depuis son arrivée au pouvoir, il y a neuf ans, le “pays a changé pour toujours et que, malgré leur presse, leurs millions et la violence, ils ne pourront pas changer le fait que la révolution est déjà une légende”. Il a également déclaré que pendant sa présidence “nous n’avons pas eu d’opposition, seulement une contre-révolution”. “Si c’était à refaire, je ferais exactement la même chose”, a dit le président équatorien, qui ne participera pas aux présidentielles de 2017. Il a également avoué qu’il espérait avoir “incarné l’espoir, l’orgueil, et l’estime de soi de tout un peuple”.

Vers dix années consécutives

Correa a pris ses premières fonctions présidentielles le 15 janvier 2007. Il a convoqué une assemblée constituante deux ans plus tard, qui a permis de ne pas reconnaître comme période gouvernementale cette première présidence. Il a gagné les élections en 2009, a été réélu en 2013, et à la fin de son mandat en 2017 il sera donc le seul président équatorien à avoir gouverné le pays pendant dix années consécutives. Correa est un économiste, soutenu pour sa première candidature par le mouvement Alliance Pays, mouvement inspiré par la révolution vénézuélienne du défunt Hugo Chávez, représentant de ce qu’on appelle le “socialisme du vingt-et-unième siècle”.

Traduit par
Catherine Traullé

Source : DW.com

Rafael Correa, Docteur Honoris Causa à Lyon

Ce mercredi 2 décembre, l’Université Claude-Bernard de Lyon a décerné au président Rafael Correa, le titre de Docteur Honoris Causa dans une salle archicomble du campus de la Doua. Voici son discours de remerciements, que nous a transmis le service de presse de la présidence de la République de l’Équateur.

Je voudrais d’abord exprimer toute ma solidarité avec le peuple français, et plus particulièrement avec les familles des victimes innocentes du vendredi 13 novembre à Paris. La blessure de la France est une blessure à toute l’humanité, mais la liberté, l’égalité et la fraternité vont vaincre le terrorisme. Je vous apporte les salutations de l’Équateur, le pays méga-divers le plus compact du monde. Par sa situation géographique, sur la latitude zéro, l’Équateur est l’écocentre de la planète.

L’Équateur aime la vie, et notre Constitution nous engage profondément à prendre soin de notre maison commune, puisque c’est la première Constitution dans l’histoire de l’humanité qui octroie des droits à la nature. Nous avons dit clairement dans la COP21 que rien ne justifie que nous ayons des tribunaux internationaux pour protéger les investissements, pour forcer les pays à payer des dettes financières, et non pas pour protéger la nature. Ce n’est que la perverse logique de “privatiser les bénéfices et socialiser les pertes”, mais la planète ne peux plus le supporter.

C’est pour cela que nous avons proposé la création de la Cour Internationale de Justice Environnementale, qui devrait punir tous les attentats contre les droits de la nature et établir des obligations concernant la dette écologique et la consommation de biens environnementaux. Nos propositions peuvent se résumer en une phrase magique : justice environnementale. Mais comme Thrasymache disait il y a plus de deux mille ans dans son dialogue avec Socrate, “la justice n’est que l’intérêt du plus fort”.

LE DÉVELOPPEMENT EN TANT QUE PROCESSUS POLITIQUE

Chers amis :Le développement est à la base un problème politique. Le point de départ, la question clé c’est de savoir qui commande dans une société : les élites ou la grande majorité du peuple, le capital ou les êtres humains, le marché ou la société. Les institutions, les politiques et les programmes d’un pays dépendent de qui détient le pouvoir, l’Amérique Latine a été historiquement dominée par des élites. Nous nous appelons un continent de paix, mais l’insultante opulence de quelques-uns, aux côtés de la plus intolérable pauvreté, sont des balles quotidiennes contre la dignité humaine. Voilà l’essence de la Révolution citoyenne: le changement dans les relations de pouvoir en faveur de la grande majorité du peuple.

Grace à ce changement fait au moyen de processus profondément démocratiques, nous sommes un des pays en Amérique latine qui a le plus réduit l’inégalité et la pauvreté. Selon la Commission économique pour l’Amérique latine des Nations Unies, nous sommes passés d’être un des trois pays les plus inégaux du continent, à un des trois pays les plus égalitaires.  La pauvreté est tombée de 37,6 à 22,3 %, et l’extrême pauvreté—pour la première fois dans l’histoire— se place en moins de deux chiffres, ayant descendu de 16,5 à 7,4 %. Après avoir eu sept présidents en 10 ans, aujourd’hui, l’Équateur est une des démocraties les plus stables du continent. C’est ce qu’on appelle le “miracle équatorien”, bien que, quand on parle de développement il n’y a pas de miracles. Ces impressionnantes réussites sont la conséquence surtout du changement dans les relations du pouvoir. Aujourd’hui en Équateur, malgré tous nos problèmes, c’est le peuple équatorien qui commande.

TITRE DE DOCTEUR HONORIS CAUSA

Chers amis : Le titre de docteur honoris causa que me décerne l’Université Claude-Bernard – Lyon 1 met en relief la qualité et la constance de nos investissements dans le domaine des sciences, la santé, l‘éducation supérieure et la recherche.

Les êtres humains ne sont pas seulement un instrument de production, ils sont la fin même de la production. Nous visons l’éducation et la santé comme des droits de l’homme, et non pas comme des instruments de productivité, mais évidemment ils ont aussi d’importantes implications en termes des capacités de génération de richesse et de progrès. En valeurs absolues, l’Équateur investit 4,3 fois plus en éducation qu’avant notre gouvernement. Dans le secteur santé nous investissons 4,5 fois plus.

Avec la Révolution citoyenne, l’Equateur a décidé de baser son économie sur la seule ressource inépuisable : le talent humain. C’est pour cela que l’éducation supérieure a été une préoccupation centrale de notre Gouvernement, et au fil de ces dernières années nous avons augmenté à 2 % les allocations budgétaires pour le secteur, plus du double de la moyenne de l’Amérique latine (0,8 %), et même au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE (1,7 %). En même temps qu’on a amélioré la qualité, nous avons doublé le nombre d’étudiants universitaires provenant des secteurs les plus pauvres de la société et des populations historiquement exclues, surtout les indigènes et les afro équatoriens.

Nous avons plus de 10 000 jeunes talentueux qui font des études dans des universités étrangères grâce au programme de bourses mis en place par le gouvernement. Nous avons créé 4 nouvelles universités publiques —et donc gratuites—de niveau mondial dans des domaines clé pour notre développement : sciences dures, connaissances bio, formation d’enseignants, et arts.

LE SOCIALISME DU 21e SIÈCLE

Chers amis : Il y a un principe qui dit “Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur”. Soyez surs que mon trésor n’est pas le pouvoir, mais le service. Avoir un pays sans misère, mais aussi sans des luxurieux gaspillages. Un pays qui supère la culture de l’indifférence, ou il n’y ait plus les jetables de la société, où l’on travaille pour les enfants de tous, et ainsi, unis, parvenir au bien vivre, le “sumak kawsay” de nos peuples ancestraux. Le bien commun est la raison d’être de l’autorité politique. C’est ce bien commun que nous avons essayé de construire en Équateur depuis il y a presque neuf ans.

Mon rêve a toujours été de travailler pour mon pays, un des plus injustes du monde. La vie m’a donné l’opportunité non seulement de travailler, mais d’être à la tête d’un processus de changement historique. L’Équateur n’a pas vécu une époque de changements, mais un véritable changement d’époque. Malgré des années de rigoureuse préparation académique et maintenant une vaste expérience politique, j’ai encore beaucoup plus de questions que de réponses, mais je peux quand même partager quelques convictions avec vous.

Je suis de plus en plus convaincu que, plutôt qu‘une science, l’économie est un ensemble d’instruments pour résoudre des problèmes, et que souvent la soi-disant théorie économique, est tout au plus l’opinion dominante, et même une idéologie déguisée en science, comme c’est le cas du Consensus de Washington et le néolibéralisme. Je crois aux sociétés avec marché, mais non pas aux sociétés de marché, où les vies, les personnes et la société elle-même ne deviennent qu’une marchandise de plus.

Je ne partage pas une mondialisation qui essaie de créer un marché global, et non pas une société globale ; une mondialisation qui ne cherche pas a créer des citoyens du monde, mais seulement des consommateurs mondiaux, et qui, sans d’adéquats mécanismes de control et de gouvernance, peut dévaster des pays. Je ne comprends pas comment les pays riches pourront justifier éthiquement aux futures générations la recherche de plus en plus de mobilité pour les marchandises et les capitaux, en même temps qu’ils punissent et même criminalisent chaque fois davantage et avec plus de force la mobilité humaine.  La solution n’est pas plus de frontières : c’est la solidarité, c’est l’humanité, et la création de conditions de prospérité et de paix pour le monde entier.

Je crois fermement au pouvoir transformateur de la science et la technologie. Même plus, je dépose dans ce pouvoir, dans cette science et dans cette technologie une grande partie de mon espoir dans l’avenir de la planète, dans la soutenabilité de notre mode de vie, dans la possibilité de parvenir au Bien Vivre pour toute l’humanité.

Depuis longtemps je pense que tout essai de synthétiser en principes et lois simplistes —que ce soient le matérialisme dialectique ou l’égoïsme rational— des processus si complexes comme l’avancement des sociétés humaines, est condamné à l’échec. Et je suis aussi convaincu que les avancées scientifiques et technologiques peuvent générer beaucoup plus de bien-être et devenir un de plus grands moteurs des changements sociaux, plus que la lutte de classes ou la recherche du gain individuel.

Je crois que l’ordre mondial n’est pas seulement injuste ; il est immoral. Tout est en fonction du plus puissant et les doubles standards sont répandus partout : les biens environnementaux produits par les pays pauvres doivent être gratuits ; les biens publics produits par les pays hégémoniques, comme les connaissances, la science et la technologie, doivent être payants.

Je pense que la meilleure façon de faire face à cet ordre mondial injuste est avec l’unité de nos peuples. Nous ne pouvons plus ajourner la construction de la Grande Patrie latino-américaine. Peut-être les européens devront expliquer à leurs enfants pourquoi ils se sont unis, mais nous devrons expliquer aux nôtres pourquoi nous avons tardé tant pour le faire.

Je crois que le plus grand impératif éthique de l’humanité est de combattre la pauvreté qui, pour la première fois dans l’histoire, n’est pas le résultat de la pénurie de ressources, mais de systèmes pervers.

Je crois à la liberté individuelle, mais il ne peut pas avoir de véritable liberté sans justice. Même plus, dans des régions si inéquitables comme l’Amérique Latine, seulement à travers la justice nous pourrons atteindre la véritable liberté. Tandis que pour les néolibéraux la liberté c’est la non-intervention, pour nous, c’est la non-domination.

Je crois au pouvoir de l’utopie ; comme disait mon bon ami Eduardo Galeano, l’écrivain uruguayen récemment décédé : Pour autant que je chemine, jamais je ne l’atteindrai. A quoi sert-elle ? Elle sert à cela : cheminer. Tout cela nous a mené à générer depuis le sud ce qu’on appelle le “Socialisme du 21ème siècle” qui, sans prétendre avoir toutes les réponses, est notre réponse aux systèmes exclusifs, spéculatifs, responsables d’avoir mené l’humanité vers une crise civilisatrice et la destruction de l’environnement.

REMERCIEMENT

Chers amis : C’est la première fois que cette université décerne le titre de docteur honoris causa à une personnalité politique étrangère. Je me suis donc dépêché à l’accepter, avant qu’ils ne se rendent compte de leur erreur. C’est un honneur de le recevoir dans une ville comme Lyon, la première capitale de la Gaule, le lieu des soulèvements des ouvriers aux années 1830, le centre de la résistance française pendant la deuxième guerre mondiale, une ville universitaire. Je reçois le titre de Docteur Honoris Causa que vous avez bien voulu me décerner au nom de ceux qui le méritent vraiment : nos étudiants, l’espoir de la Patrie, nos ouvriers, nos migrants héroïques. Je le reçois au nom du peuple équatorien.

Merci beaucoup.

Rafael CORREA

Rencontre avec María de la Paz Donoso, ambassadeur de l’Équateur à Paris

Rencontre avec María de la Paz Donoso, ambassadeur de l’Équateur en France, qui dresse les principaux axes de la politique extérieure de l’Équateur. Elle détaille également la proposition de l’Équateur à la COP21 qui a lieu en ce moment à Paris.

Quels sont aujourd’hui les principaux traits de la politique extérieure de l’Équateur ?

La politique extérieure de l’Équateur est fondée sur les principes directeurs établis par les articles 416 et suivants de la Constitution équatorienne qui fait siens les préceptes de base du droit international consacrés par la charte des Nations Unies et autres dispositifs universels tels l’égalité juridique des États, la solution pacifique des conflits, la non-ingérence dans les affaires intérieures des autres pays, la promotion de la paix et du désarmement universel, l’auto-détermination des peuples, la coopération, l’intégration et la solidarité. En plus de ces postulats universels, l’Équateur proclame de nouveaux principes qui, espérons-le, seront reconnus un jour partout dans le monde, comme la citoyenneté universelle et la libre mobilité de tous les habitants de la planète. Il favorise également la création d’un ordre mondial multipolaire avec la participation active de blocs économiques et politiques régionaux et le renforcement des relations horizontales pour la construction d’un monde juste, démocratique, solidaire, divers et interculturel.

L’Équateur promeut prioritairement l’intégration politique, culturelle et économique de la région andine, d’Amérique du Sud et d’Amérique latine. Par conséquent, l’un des axes stratégiques du gouvernement du président Rafael Correa consiste à établir l’intégration des pays latino-américains, comme un pilier dans la construction d’un ordre multipolaire démocratique, qui ne soit pas dominé par un pays ou un groupe de pays. Pour obtenir cela, il est nécessaire d’articuler les processus politiques nationaux aux processus politiques régionaux qui permettent de faire de l’intégration une alternative au domaine des grands intérêts politiques et économiques des puissances. C’est dans ce cadre que se sont créés les derniers mécanismes d’intégration comme par exemple la Communauté des États latino-américains et des Caraïbes (CELAC) et l’Union des nations sud-américaines (UNASUR). Ces structures sont destinées à impulser le futur de nos peuples et à augmenter le pouvoir de concertation politique des États latino-américains sur la scène internationale. Cette nouvelle architecture de l’intégration régionale devrait contribuer à la construction de notre identité et d’une citoyenneté sud-américaine et latino-américaine.

Pourriez-vous expliquer précisément la politique menée en matière d’intégration régionale ?

Conformément aux principes de la politique extérieure équatorienne, pour nous, la CELAC constitue un espace institutionnel plus adapté pour que les pays de la région puissent avancer vers une véritable intégration à travers le dialogue, la concertation politique et la coopération. La Celac est l’instrument par lequel s’exprime la voix unifiée de la région, détachée des puissances hégémoniques comme les États-Unis et le Canada. Par ailleurs, la Celac est l’interlocuteur légitime de la région pour promouvoir le multilatéralisme et mettre en perspective l’unité, le respect de la pluralité et la recherche de la transformation et démocratisation de la société internationale au moyen d’une insertion adéquate et la mise en avant de nos pays au plan mondial.

Durant l’exercice de sa présidence Pro Tempore, l’Équateur a proposé un calendrier de travail, autour de quatre axes : La réduction de l’extrême pauvreté à 5% de la population, en mettant sur pied des objectifs concrets à cinq ou dix ans. La construction d’une nouvelle architecture financière internationale en consolidant le sucre et la Banque du sud comme mécanismes facilitant tant le développement de l’intégration financière que les projets d’intégration régionale. Le développement de la science et de la technologie en établissant des plans, programmes et projets qui permettent de progresser en matière d’innovation et de talents humains. Le déploiement d’infrastructures routière, productive, énergétique indispensables pour que dans un temps court, notre région croisse effectivement, se développe et réalise plus de justice sociale. La Celac doit servir ainsi à renforcer le multilatéralisme, transformer et démocratiser le système des Nations Unies, combler la brèche scientifique et technologique et lutter contre le changement climatique.

En ce qui concerne l’Unasur (dont le siège permanent est en Équateur), il faut la comprendre comme un projet politique d’intégration dans le contexte de l’urgence des gouvernements progressistes d’Amérique du Sud, la crise du régionalisme ouvert et la configuration d’un monde multipolaire. L’Unasur s’est montrée efficace pour traiter les conflits de la région, un récent exemple est sa médiation dans la crise diplomatique issue d’un conflit frontalier, entre la Colombie et le Venezuela. Elle a été particulièrement opérante dans la défense contre les menaces à la démocraties, surgies dans divers pays sud-américains comme la Bolivie, l’Équateur et le Venezuela. Elle a soutenu ses membres agressés et menacés par des puissances extra-régionales comme ce fut le cas des sanctions appliquées par les États-Unis au Venezuela, évitant ainsi l’ingérence étrangère dans les affaires intérieures de ses États.

Elle a favorisé le dialogue politique lorsque des situations de tension interne ont émergé dans les pays membres, accompagnant par exemple le dialogue au Venezuela entre le gouvernement et l’opposition démocratique. Dans le secteur des relations extra-régionales, l’Unasur a entrepris un rapprochement important avec d’autres blocs ; c’est le cas du mécanisme ASA (Amérique du Sud-Afrique) dans lequel l’Unasur est l’interlocuteur de l’Union africaine et dont le sommet aura lieu en Équateur en 2016 ; un dialogue politique avec les BRICS [Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud, ndlr] s’est également mis en place.

En interne, le modèle de gestion et la vision stratégique ont été révisés. Des progrès ont été accomplis sur des questions pertinentes dans chacun des Conseils sud-américains et des groupes d’experts ont été mis sur pied pour faire des propositions sur des sujets ponctuels comme le règlement des différends en matière d’investissements, le système interaméricain des droits de l’homme (pour analyser et proposer des solutions techniques, juridiques et politiques au fonctionnement de ce système).

Un agenda de projets prioritaires d’infrastructure (API) a été établi. Un des éléments sur lequel des progrès sont intervenus est l’École sud-américaine de défense, centre de hautes études pour la mise en réseau des initiatives de ses États membres, afin de former civils et militaires en matière de défense et de sécurité régionale. Une unité technique de coordination électorale, dépendant du Conseil électoral de l’Unasur a été créée, afin d’échanger des expériences, coopérer et promouvoir la participation citoyenne et la démocratie dans la région. Finalement il est capital de détacher la décision importante de créer la nouvelle banque de développement (NBD) et un arrangement contingent de réserves (ACR) appuyant le financement de la région et affinant la proposition de nouvelle architecture financière internationale.

Puisque cette question est d’actualité dans le monde et en particulier en France, pourriez-vous nous informer sur la proposition de l’Équateur à la 21e conférence des Nations-Unies sur les changements climatiques (COP21) qui a lieu à Paris en ce moment ?

La politique équatorienne en matière de protection de l’environnement se situe dans le cadre des dispositions de la constitution de 2008 qui établit des concepts révolutionnaires comme celui des droits de la nature ou de la pacha mama et celui du sumak kawsay ou bien-vivre.

Du point de vue équatorien, le changement climatique, ses causes et conséquences doivent être abordées comme un problème éthique et politique et non comme une simple question technique ou économique. Dans ce sens l’Équateur, pour lutter contre le changement climatique, a proposé le concept d’émissions nettes évitées (ENE). C’est un mécanisme qui peut être implémenté pour réduire la présence de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Il s’agit de ces émissions que l’économie d’un pays pourrait produire mais qui ne les génère pas, ou encore des émissions qui existent déjà dans l’économie d’un pays, mais sont réduites par choix. Ces émissions évitées comptent dans la réduction des gaz à effet de serre au niveau national et mondial, et doivent être compensées par les pays développés. Ce concept ENE réconcilie la compensation initiale de Kyoto et le mécanisme REDD (Reducing from deforestation and forest degradation), programme des Nations Unies pour prévenir la déforestation. Effectivement REDD introduisit le concept de compensation, il compense pour laisser le carbone à la surface de la terre, mais ne compense pas ceux qui laissent le carbone sous la terre. Par exemple, ceux qui n’exploitent pas les combustibles fossiles qui se trouvent en sous-sol.

Un exemple clair du concept ENE proposé par l’Équateur à la communauté internationale fut l’initiative Yasuni ITT. Avec ce même concept, l’idée défendue est de compenser celui qui ne pollue pas en suivant pour ce faire des principes économiques, environnementaux et de justice. En termes environnementaux l’important est le bilan net de la pollution, en termes nets, ne pas polluer l’environnement équivaut à le nettoyer.

Un autre concept défendu par l’Équateur est celui de l’existence d’une dette écologique qui se réfère à des obligations ou passifs environnementaux qui se sont accumulés au cours du temps comme conséquence de la spoliation des ressources naturelles, la biopiraterie et le changement climatique. Le paiement de cette dette doit être basé sur la justice environnementale, les droits de l’homme et la responsabilité historique. Le plus important aujourd’hui n’est pas de payer cette dette mais de l’empêcher de continuer à augmenter. C’est-à-dire nous devons arrêter, réparer les dommages environnementaux et maintenir la condition physique des écosystèmes.

Les pires dommages écologiques sont provoqués par les pays riches et cela malgré les technologies les plus avancées. Une personne qui vit dans un pays riche émet trente-huit fois plus de CO2 qu’un habitant d’une nation pauvre. La manière dont la consommation est gérée dans les sociétés riches et industrialisées est également un facteur critique pour déterminer qui est le plus responsable de l’impact environnemental. L’efficacité énergétique des pays riches est cinq fois supérieure à celle des pays à faible revenu. Les pays pauvres ont besoin de toute urgence, et c’est vital, d’avoir accès à des technologies qui atténuent le changement climatique. Ces technologies doivent être considérées comme des biens publics mondiaux.

Une autre idée défendue par l’Équateur est la création d’une écotaxe, comme l’impôt dit Daly qui implique l’application d’une taxe ad valorem sur le prix du baril de pétrole et qui pourrait être appliquée à l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). Cette éco-taxe devrait ensuite être étendue à l’exportation d’autres combustibles en proportion de l’impact environnemental de leur consommation. Il est nécessaire enfin d’afficher un nouveau concept de développement fondé sur le sumak kawsay (bien-vivre), conception ancestrale des peuples andins qui implique de vivre dans la dignité, les besoins de base comblés, en harmonie avec soi-même et avec la nature. Il est nécessaire d’aller vers une déclaration universelle des droits à la nature indiquant que la nature et ses écosystèmes ont le droit d’exister et de continuer à fournir un moyen de subsistance pour les sociétés actuelles et futures, bénéficiaires finales du bien-vivre.

Propos recueillis par
Mona HUERTA

Éruption du Cotopaxi, une catastrophe utile ?

Je randonnais à cheval la semaine dernière sur les pentes du Cotopaxi. Sous le calme poncho blanc du volcan le plus emblématique du pays, avec son cône parfait qui rappelle celui du Fuji-Yama au Japon, rien ne filtrait de l’imminence d’une éruption. A l’entrée du parc national – l’Équateur a placé près du quart de son territoire en réserves naturelles et zones protégées -, des touristes très mal équipés s’apprêtaient à monter à plus de quatre mille mètres d’altitude. Trois jours plus tard, un panache de fumée et de cendres jaillissait à 8 kilomètres de hauteur, la zone était évacuée, l’aéroport de Quito fermé, le pays placé en état d’exception. Les éruptions volcaniques sont toujours précédées de signes annonciateurs. L’information avait pourtant été soigneusement contrôlée puisque notre groupe de cavaliers ne savait rien du danger.

Nous avons dormi plusieurs nuits au pied du volcan. Quant aux paysans que j’ai croisés dans les fermes d’altitude où l’on élève des vaches néo-zélandaises ou normandes, qui profitent de la richesse de ces pâturages andins qu’on appelle les paramos, pour donner un lait exceptionnellement riche, ils ne savaient rien non plus du danger. Certes, vivre à proximité ou dans la caldeira du volcan en activité le plus haut du monde présente un certain risque, mais dans la mesure où l’Équateur tout entier, véritable jardin tropical, est un don du volcanisme, qui lui a donné ses terres fertiles et la richesse d’une agriculture incroyablement variée, le pays a appris à gérer ce que Alexander von Humboldt appelait l’« allée des volcans », qui enserre la métropole de Quito.

Comme partout en Amérique latine, l’inégalité foncière héritée de la colonisation hispanique a créé de fortes tensions entre la petite fraction de grands propriétaires d’origine européenne et la grande majorité des Indiens, situés le plus souvent en bas de l’échelle sociale, réduits faute de terres à attacher leurs bêtes – bovins, ovins lamas et chevaux – le long des chemins pour les faire brouter et dégager quelques revenus complémentaires. Le gouvernement de Rafael Correa s’est attiré les suffrages des pauvres par sa politique de redistribution prodigue, financée, depuis la chute des cours du pétrole, par une pression fiscale sans cesse accrue sur les classes aisées. L’enrichissement issu de cette politique sociale et de l’argent des émigrés crée une effervescence immobilière certaines dans les villes, où les maisons s’adjoignent d’étages supplémentaires et où de multiples constructions, dotées de ces vitres teintées qui suscitent partout dans le monde l’engouement des nouvelles classes moyennes, jaillissent dans l’anarchie urbaine. Fort de ces succès, le président dérive peu à peu vers l’autoritarisme, et met tout en œuvre pour, au nom du prétendu bien commun, se maintenir au pouvoir en dépit de la constitution qui limite à deux mandats l’exercice de la magistrature suprême. Dans ce contexte, la catastrophe naturelle crée, comme on a pu l’observer dans bien d’autres pays au monde, une « formidable opportunité », selon la formule que Condolezza Rice avait utilisée à propos du tsunami du 26 décembre 2004, qui a donné aux États-Unis l’occasion de reprendre pied en Indonésie.

Dans un premier temps, elle a permis la mise en place de « l’état d’exception » et donc de renforcer le contrôle de l’armée. Mais les répercussions potentielles de cette éruption vont bien au-delà et pourraient changer durablement la donne foncière et sociale dans le pays. En effet, des haciendas de plusieurs milliers d’hectares s’étendent dans l’environnement immédiat du Cotopaxi. Dans les paramos, des réseaux d’irrigation très anciens – certains datent du temps des Incas – assurent leur approvisionnement en eau, mais les grandes villes, à commencer par Quito, dépendent aussi de façon vitale des châteaux d’eau que sont les glaciers d’altitude. Or ces derniers, tel celui qui coiffe le Cotopaxi, sont de plus en plus menacés et ne cessent de se réduire. Le changement climatique peut bien sûr être incriminé, mais la déforestation porte elle aussi une très large part de responsabilité : des incendies volontaires grignotent régulièrement les paramos et les forêts d’altitude, exceptionnellement riches en biodiversité, pour conquérir de nouvelles terres. Au fur et à mesure que la disponibilité en eau se réduit, les tensions politiques entre citadins et producteurs agricoles et au sein de ces derniers s’accroissent, au point de susciter des affrontements armés. Comme partout, les citadins s’estiment prioritaires face aux seconds.

Dans ce contexte, une grande éruption du Cotopaxi fait figure pour le gouvernement de catastrophe utile. Au nom de l’urgence et du danger, elle peut permettre de légitimer d’abord le déplacement autoritaire de tous ceux qui vivent à proximité du volcan, ensuite des mesures d’expropriation des grandes haciendas comme des terres paysannes, depuis longtemps à l’étude, pour créer en altitude d’immenses réservoirs destinés à sécuriser Quito. Pourtant, cette « formidable opportunité » risque de ne pas être sans conséquences : ennoyer de gigantesques superficies de paramos risque, au-delà des atteintes portées à un biotope exceptionnel, de menacer l’équilibre fragile du milieu humain andin, qui vit en étroite symbiose avec une nature âpre et difficile. Ce sont à la fois la culture originale des chagras, ces cow-boys des Andes, l’agriculture de jardin d’altitude des paramos et une partie de l’emploi qui seront compromis, accentuant l’exode rural dans un pays où la population est déjà très majoritairement urbaine.

Ajoutons qu’une éruption volcanique d’envergure, en envoyant dans l’atmosphère des milliards de tonnes de gaz à effet de serre, réduirait à néant les efforts mis en œuvre par la communauté internationale pour lutter contre le changement climatique… Comme toutes les grandes catastrophes naturelles, qui suscitent toujours des réactions en chaîne d’ampleur planétaire, il faut donc considérer l’éruption du Cotopaxi comme un phénomène majeur, non seulement pour l’Equateur, mais aussi pour le monde.

Sylvie BRUNEL*

  • Sylvie Brunel est une géographe, économiste et écrivain française, née le . Spécialiste des questions de développement, elle a travaillé pendant plus de quinze années dans l’humanitaire (Médecins sans frontières, Action contre la faim) et a publié une vingtaine d’ouvrages consacrés au développement, en particulier aux questions de famine. Elle est à ce jour professeur des universités à l’université Paris IV-Sorbonne. Cette tribune a été publié dans le journal Le Monde daté 28 août dernier.

Equateur : démantèlement d’une bande spécialisée dans le trafic de personnes

Une opération conjointe des polices équatorienne et colombienne a démantelé une bande spécialisée dans le trafic de personnes. Des migrants d´Asie et d´Afrique ont été libérés. Ils vivaient dans des conditions plus que précaires, entassés dans deux chambres, sans vêtements chauds et sans nourriture. Ils avaient payé chacun entre 5 000 et 8 000 euros dans l’espoir de trouver un travail. Suite sur RFI>>

Visite officielle du président Rafael Correa

Ce mercredi 6 novembre 2013, le président de l’Equateur Rafael Correa  est en France pour une visite officielle.  Elu en 2006, réélu en 2008 suite à l’adoption d’une nouvelle Constitution, Mr Correa affiche sept victoires électorales consécutives.

La visite du président équatorien porte sur les relations politiques, économiques ainsi que sur la coopération dans les domaines de la recherche, de la mobilité étudiante du tourisme etc. Elle a pour but la signature d’accords dans les domaines de la culture, de la recherche scientifique et de l’économie sociale. Après avoir rencontré François Hollande, Jean Marc Ayrault ainsi que  les présidents du Sénat et de l’Assemblée, Rafael Correa participera à un séminaire sur la recherche et donnera une conférence à la Sorbonne. Il s’entretiendra ce vendredi avec Gérard Collomb, maire socialiste de la ville de Lyon.

La France bénéficie d’une influence culturelle appréciable en Equateur et les relations entre les deux Etats sont denses sur les plans culturel, scientifique et technique.  En 2012, plusieurs rencontres à haut niveau ont eu lieu entre les deux Etats. Madame Taubira s’est rendue à Quito du 27 au 29 Novembre, à l’occasion de la réunion des Ministres de la Justice des Amériques organisée par l’OEA. Madame Nicole Bricq, ministre du Commerce extérieur, s’est rendue en équateur les 4 et 5 décembre 2012. Ces rencontres ont renforcé la coopération bilatérale dans le domaine de la formation des juges et dans le secteur es transports. En mai 2013, le ministre Benoît Hamon a représenté la France lors de l’investiture du Président. Les rencontres ministérielles qui ont eu lieu au cours des derniers mois sont la preuve directe de l’essor des relations franco-équatoriennes

Aujourd’hui, 2200 Français résident en Equateur. La communauté équatorienne en France compte quelques 5000 membres.

                                                                               Inès ABDERRAHMANE

          D’après un communiqué du Quai d’Orsay  

Pétrole: l’Équateur renonce à épargner la réserve écologique du Yasuni

Lancé il y a six ans à la tribune des Nations unies, le plan Yasuni ITT vient d’échouer en Équateur. Il s’agissait d’une première mondiale pour lutter contre le réchauffement climatique. L’idée était de ne pas exploiter un gisement de pétrole lourd situé dans la réserve mondiale de biosphère du Yasuni en échange d’une contribution financière de 3,6 milliards de dollars de la communauté internationale. Mais l’argent n’est arrivé qu’au compte-gouttes, a dénoncé le président équatorien Rafael Correa.

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En Équateur, une loi sur les médias inquiète les journalistes de l’audiovisuel privé

Une nouvelle loi a été votée vendredi 14 juin en Equateur. Dorénavant, les médias privés vont avoir plus de mal à obtenir des fréquences. Explication donnée par le président socialiste Rafael Correa, initiateur de cette réforme : le secteur privé domine de très loin les radios et les télévisions. Mais il est aussi de notoriété publique que le chef de l’Etat est en conflit ouvert avec cette presse privée très critique.

Suite RFI>>

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