LE CHRONOS DE GUY MANSUY

La Semaine du 23 au 30 juin


La personnalité de la semaine : la vénézuélienne Tibisay Lucena

22 juin – CUBA – La Compagnie espagnole de financement du développement (Cofides), dépendant du Secrétariat d’État au Commerce, du ministère de l’Économie, a annoncé l’ouverture d’un financement public pour des projets d’entreprises espagnoles à Cuba. Elle disposera de 40 millions de financement initial jusqu’à 2017 et celui-ci pourra être prolongé.

22 JUIN – VENEZUELA-COLOMBIE – Les deux pays ont réveillé un conflit maritime qui sommeillait depuis des décennies. À la fin mai, le gouvernement vénézuélien de Nicolás Maduro a établi dans un décret unilatéral, la délimitation maritime d’une zone contestée entre les deux pays. La décision a provoqué un malaise dans le gouvernement colombien, qui devant la pression interne a demandé à Caracas de revenir sur sa décision dès que possible. Le Venezuela a modifié le décret d’origine à l’égard de la frontière avec le Guyana, en incluant un paragraphe qui dit: « Il existe une zone de la mer à délimiter, qui sera déterminée une fois résolu le litige en cours entre la République bolivarienne du Venezuela et la République coopérative du Guyana « .

22 juin – VENEZUELA – Tibisay Lucena [photo], la présidente du Conseil national électoral, a mis fin à une vague de rumeurs et de spéculations circulant dans le pays depuis des mois et appelé à des élections législatives le 6 décembre. Ces dernières semaines, l’opposition et la communauté internationale avaient insisté auprès du gouvernement de Nicolás Maduro pour qu’une date soit fixée.

22 juin – BRÉSIL – L’ex-président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva et l’ex-président socialiste espagnol Felipe González se sont réunis à São Paulo, devant un auditoire de 50 personnes, parmi lesquels comptaient deux ministres et de nombreux membres et militants du Parti des Travailleurs (PT), la formation de Lula et de l’actuelle présidente, Dilma Rousseff. Les deux ex-présidents ont échangé des analyses critiques des gauches du Brésil et de l’Espagne.

22 juin – BOLIVIE – La nécessité de découvrir de nouvelles réserves a conduit le gouvernement de la Bolivie à permettre l’exploration pétrolière dans les zones protégées sur le plan environnemental, une mesure qui a été rejetée par les associations écologistes et indigènes. L’exécutif d’Evo Morales a réagi durement et a assuré qu’il expulserait du pays les organisations non gouvernementales qui s’opposeraient au développement de l’industrie. Le gouvernement prétend que les entreprises réalisant les explorations pétrolières dans des zones protégées paieront aux communautés 1% de leur investissement.

23 juin – CHILI – Les près de sept millions de personnes vivant dans la capitale chilienne sont habituées à respirer l’air pollué. Dans cette ville entourée de montagnes qui concentre 40% de la population, les habitants de Santiago ont photographié pendant des décennies l’agglomération sous un épais nuage gris repéré depuis les Andes. En hiver l’air circule moins et l’absente de précipitation n’aide pas. Les maladies respiratoires augmentent et les autorités prennent des mesures urgentes, comme la restriction de circulation des véhicules non-catalytiques. C’est la situation qu’a vécue cette semaine Santiago du Chili. S’il ne pleut pas du tout ces prochains jours, le mois de juin sera le plus sec depuis 1968. Pour la première fois depuis 1999, les autorités ont déclaré l’urgence environnementale pour mauvaise qualité de l’air dans la capitale.

23 juin – MEXIQUE – Le sénateur Javier Corral a appelé les militants du PAN à organiser une rébellion et a déclaré son intention de briguer la présidence du parti de la droite mexicaine. Il essaie d’expliquer ce qui est arrivé lors de la dernière élection, où ils ont obtenu les résultats les plus bas depuis 30 ans. Sa candidature fait face à l’actuelle direction, entre les mains de Gustavo Madero et de Ricardo Anaya, “Je suis prêt à conduire une réforme profonde du parti”, a expliqué le sénateur dans une vidéo publiée sur YouTube. Quid de Margarita Zavala, l’épouse de l’ancien président Felipe Calderón (2006-2012), qui a surpris en annonçant qu’elle sera candidate à la présidence du Mexique en 2018 ? Les militants du PAN, qui voteront pour leur nouveau dirigeant en août, vont décider du chemin de la droite mexicaine.

23 juin – CHILI – La société Endesa Chile – indirectement contrôlée par l’italien Enel -, le plus grand producteur d’électricité du pays, a informé qu’on a trouvé des dépenses non justifiées pour l’équivalent de quelque 500 000 dollars entre 2012 et le premier trimestre de 2015 dans un audit pour détecter un possible financement illégal au profit de politiciens.

23 juin – ESPAGNE – La Garde civile espagnole a arrêté dans la localité de Santa Comba en Galice un vétérinaire vénézuélien réclamé par les États-Unis pour avoir transporté de la drogue au moyen d’implants placés sur des chiots. Cette personne, Andrés L.E., de 33 ans, membre d’une organisation de trafic de drogue, transportait de l’héroïne liquide de la Colombie vers les États-Unis par des implants placés dans des chiots qui par la suite étaient envoyés comme animaux de compagnie dans ce pays, selon les mêmes sources.

23 juin – ARGENTINE – L’armée argentine a annoncé que le général César Milani, chef de l’armée et personnage clé du pouvoir Kirchner, part en retraite “pour des raisons personnelles”. Ceci est la version officielle, mais il semble clair que la présidente Cristina Fernández de Kirchner, a décidé de se passer en pleine campagne électorale de l’un de ses plus fidèles hommes, mais aussi le plus controversé, puisque les différentes organisations des droits de l’homme et de la gauche ont critiqué César Milani pour sa participation présumée à des actes de répression pendant la dictature, dans la disparition d’une personne et de tortures d’une autre. En outre il est dénoncé pour enrichissement personnel illicite.

23 juin – COLOMBIE – Les tribunaux américains suivent les étapes de l’un des gangs les plus dangereux du crime organisé en Colombie. Le président Juan Manuel Santos a annoncé que grâce à un travail conjoint avec les autorités américaines ils ont déposé des actes d’accusation contre les 17 membres de la principale bande criminelle du pays, connue comme le clan Úsuga, dans des tribunaux fédéraux New York et de Miami. Dans la liste figure Dairo Antonio Úsuga David, alias Otoniel qui en est le chef. Les autorités américaines ont offert cinq millions de dollars pour toute information permettant sa capture.

23 juin – PÉROU – Le manuscrit de Huarochirí, un ensemble de récits en quechua sur les mythes et des personnages sacrés du monde préhispanique péruvien, “mérite d’être un monument mondial parce qu’il montre la valeur de la tradition andine dans ce qui est mythique, historique et philosophique”, a commenté l’historien français Pierre Duviols en rappelant à Lima le travail sur lequel il a accompagné l’anthropologue péruvien José María Arguedas, auteur en 1966 de la première traduction complète en castillan. Au cours du séminaire Échos de Huarochirí, Pierre Duviols a expliqué que le prêtre espagnol Francisco de Ávila a chargé un Péruvien parlant quechua de collecter les mythes indigènes qui allaient être perdus étant donné le manque d’écriture, avant de se consacrer, à partir de 1608, à l’extirpation des idolâtries dans la montagne de Lima (Huarochirí). “L’original, 31 chapitres et deux suppléments est à la Bibliothèque nationale d ‘Espagne”, affirme Pierre Duviols. Les experts ont examiné les mythes précolombiens et les ont comparés avec l’Ancien Testament.

23 juin – MEXIQUE – Rubén González Oseguera, connu sous le nom de Menchito n’a pas profité de la deuxième chance que lui ont donné les défaillances du système de la justice mexicaine. Le fils de Nemesio Oseguera, Le Mencho, leader et fondateur du cartel Jalisco Nouvelle Génération (CJNG), a été libéré en janvier de cette année. Pour manque de preuves. Ses chances ont été brisées lorsque le cartel sous le commandement de son père a abattu un hélicoptère de l’armée le 1er mai dernier, tuant neuf soldats. Le gouvernement mexicain n’a pas oublié. Grâce au travail de renseignement de la police et de l’armée des soldats fédéraux, Menchito, ainsi que Julio Alberto Castillo Rodríguez, 38 ans, qui était également recherché par la justice ont été arrêtés dans leur voiture.

24 juin – COLOMBIE – Le général Juan Pablo Rodríguez Barragán, commandant en chef des forces armées colombiennes ignorait-il les agissements de ses subordonnés ? Ou leur a-t-il enjoint de “faire du chiffre” ? Vingt-huit cas de civils assassinés par la quatrième brigade de l’armée de terre ont été dénoncés entre 2007 et 2009, alors que le général Rodríguez Barragán en avait le commandement. C’est ce que dénonce un rapport de Human Rights Watch (HRW), rendu public à Bogota. L’organisation de défense des droits de l’homme se penche sur “le rôle du haut commandement dans les faux positifs”. Dans le jargon militaire, un guérillero tué au combat est un “positif”. Entre 2002 et 2008, des centaines de jeunes issus de milieux défavorisés ont été froidement assassinés et déguisés en guérilleros par des militaires, zélés ou ambitieux. La veille de la publication du rapport de HRW, quatre généraux ont été cités à comparaître, dont le général Mario Montoya, qui fut commandant de l’armée de terre entre 2006 et 2008. Le parquet colombien mène l’enquête sur plus de 3 000 cas de “faux positifs” “Un chiffre comparable à celui des victimes de dix-sept ans de dictature au Chili”, souligne le juriste Rodrigo Uprimny. C’est dire l’ampleur du drame. Et son horreur : en Colombie, c’est pour prendre du galon ou gagner une prime de rendement que les militaires ont tué des civils. En  2014, le ministère public donnait le chiffre de 4 173 militaires mis en examen et plus de 800 soldats ont déjà été condamnés. Mais seuls quelques colonels – et aucun général – sont derrière les barreaux. Le rapport de HRW n’aborde pas la question de la responsabilité politique de l’ancien président Álvaro Uribe (2002-2010) et de son ministre de la Défense, Juan Manuel Santos, devenu depuis président de la République. En réponse le président Juan Manuel Santos a rejeté le rapport de HRW et demandé, sans citer explicitement le HRW, qu’ils fournissent la preuve de ces allégations.

24 juin – BRÉSIL – Le gouvernement portugais a signé la vente de 61% des lignes aériennes nationales TAP. Le nouvel actionnaire majoritaire est le consortium formé par le portugais Humberto Pedrosa et le Brésilien David Neeleman.

24 juin – ÉQUATEUR – Il y a deux ans le pouvoir a émis la Loi de Communication, qui permet au gouvernement de fixer l’information qui apparaît dans les médias et comment ils la publient. La Surintendance de la Communication (l’organe de contrôle) a sanctionné 198 médias, a effectué 506 procès et 313 décisions, dont 185 ont été des sanctions économiques, avec lesquelles l’État a recueilli 201 596 dollars.

24 juin – MEXIQUE – Le fossé entre riches et pauvres a augmenté au Mexique, selon une étude réalisée par Oxfam et préparée par l’économiste mexicain Gerardo Esquivel, docteur en économie de l’Université de Harvard et maintenant professeur-chercheur au Centre d’études économiques à El Colegio de México. Dans le pays, 46,5% de la population vit dans la pauvreté, alors que seulement 1% des Mexicains accumule 21% de la richesse du pays. D’autre part, les millionnaires ont augmenté de 32% entre 2007 et 2012.

24 juin – GUATEMALA – Selon l’Institut National Geographic, le pays compte 550 rivières et ruisseaux, dont 38 sont considérés comme des “grands fleuves”. Sa géographie a permis l’existence de 1 151 communautés autour des lacs. Cependant, 90% de l’eau douce du Guatemala est impropre à la consommation humaine, dit Virginia Mosquera, chercheuse à l’Institut de l’agriculture, de la science et de l’environnement de l’Université Rafael Landivar. Les principales sources de pollution sont les matières fécales. La croissance de la population explique ce phénomène ; le pays est passé de 7,5 millions en 1976 à 15 800 000 en 2015. Le flux des eaux usées qui sont rejetées sans traitement dans les rivières des villes et des villages environnants a triplé. Selon le Secrétariat général de la Planification économique, 42 enfants de moins de cinq ans meurent pour 1000, c’est le taux le plus élevé en Amérique centrale. 48,1% de ces décès sont attribuables à l’eau non potable.

25 juin – BRÉSIL – Il existe pour Luiz Inácio Lula da Silva la question de savoir s’il prépare une nouvelle stratégie pour revenir au pouvoir, parce que, comme indiqué dans le quotidien O Globo, le professeur Eugenio Giglio, un expert en marketing politique, “personne ne peut l’accuser de naïveté”. Les médias invitent les analystes politiques à tenter de déchiffrer un possible agenda caché de Luiz Inácio Lula da Silva, le politicien le plus habile pour profiter des réussites et des échecs des autres et des siens. Pour comprendre la possible stratégie secrète de Lula, il faut souligner qu’il n’exprime pas de “mea culpa” dans ses critiques dures du gouvernement et du PT, comme l’a souligné le sénateur Cristovam Buarque ; la faute serait celle de ceux qui ont trahi ses idées et n’ont pas suivi ses conseils. “Je pense que le moment est peut-être venu de faire une révolution au sein du parti, de placer de nouvelles personnes qui pensent différemment, plus audacieuses, plus courageuses que nous-mêmes”. a-t-il déclaré lors d’un colloque récent.

25 juin – MEXIQUE – Le feu qui a tué 17 personnes âgées pourrait être intentionnel. Les autorités soupçonnent que le feu dans l’asile de Mexicali dans le nord du Mexique soit dû à un conflit entre les partenaires dans l’administration de l’établissement.

25 juin – CHILI – Le différend entre la Bolivie et le Chili pour l’accès à la mer de la Bolivie génère un conflit profond dans la région. Le président bolivien Evo Morales a gagné le soutien du président péruvien Ollanta Humala qui, dans un sommet bilatéral à Puno, sur les rives du lac Titicaca, a approuvé la demande de la Bolivie. À cela la présidente chilienne Michelle Bachelet a réagi durement : le gouvernement chilien a suspendu une réunion bilatérale entre Ollanta Humala et Michelle Bachelet prévue la semaine prochaine à Paracas (Pérou), dans le cadre du Sommet de l’Alliance du Pacifique. Michelle Bachelet participera au sommet normalement, mais ne rencontrera pas Ollanta Humala. Au Chili on a très mal pris l’appui inattendu du Pérou à la Bolivie dans une affaire qui est en cours de résolution au Tribunal international de La Haye.

26 juin – COLOMBIE – Un attentat de la guérilla des FARC a abouti à un problème environnemental grave dans une des zones les plus défavorisées de la Colombie. L’exposition d’un oléoduc a provoqué une fuite incontrôlée de pétrole, qui s’est déjà déversée sur les côtes du Pacifique et affecte plus de 100 000 personnes, qui n’ont donc plus d’eau potable. L’attentat est un coup de plus à la crise que traversent les pourparlers de paix entre le gouvernement colombien et les FARC, qui disposent chaque fois moins d’appui de la part de l’opinion colombienne. Des guérilleros de la colonne Daniel Aldana des FARC ont dynamité un tronçon de l’oléoduc Trasandino, dans la commune de Tumaco, dans le département de Nariño (sud-ouest du pays).

26 juin – VENEZUELA – Caracas accepte de reprendre le dialogue avec l’Espagne et d’éviter les débordements. Le vice-ministre vénézuélien des Affaires étrangères Delcy Rodríguez a reçu le secrétaire d’État espagnol pour l’Amérique latine Jesús Gracia.

26 juin – MEXIQUE – Le pape François a accepté la démission de Gonzalo Galván Castillo évêque mexicain d’Autlán (Jalisco, ouest du Mexique), soupçonné de couvrir un prêtre de son diocèse dans un cas d’abus sexuel. Selon le Vatican, l’évêque de 64 ans a démissionné pour des raisons de santé, mais selon les lois du droit canon établi, c’est à 75 ans que l’on est concerné par ce type de dérogation.

27 JUIN – MEXIQUE – La Présidence a déclaré qu’Enrique Peña Nieto avait subi une intervention chirurgicale d’urgence, après avoir ressenti un “malaise physique”, à l’hôpital militaire central, où on lui a extrait la vésicule biliaire. “Je me sens bien physiquement et mentalement”, a déclaré le président dans une interview à la radio après son opération.

Guy MANSUY