CINEMA

Deux films latinos encore...


Deux films latinos de plus durant l’été 2014

Deux films paraissent durant l’été : Au premier Regard du brésilien Daniel Ribero, sorti le 27 juillet et un autre film brésilien Reaching for the moon de Bruno Barreto qui sortira le 27 août.

Au premier Regard est un film sur la jeunesse de São Paulo. Leonardo, 15 ans aveugle de naissance, hyper protégé par sa mère et conduit chaque jour au lycée par son amie d’enfance, Giovanna, aspire à plus d’indépendance, et voudrait même continuer ses études à l’étranger. Quand arrive dans sa classe un nouvel élève, Gabriel, il est troublé, abandonne sa vie d’enfance, et s’éveille à l’amour et à la sexualité.

Il s’agit d’un premier film sensible de Daniel Ribero qui reprend son court-métrage multi-primé Eu não quero voltar sozinho (Je ne veux pas rentrer tout seul).« Ce qui compte pour Léonardo, dit-il, n’est pas d’être gay, mais de faire l’expérience du premier amour, du premier désir et toutes les nouvelles expériences qu’on fait à l’adolescence. On pense toujours au regard comme élément primordial de la relation, surtout dans la communauté homosexuelle où le fait de regarder et d’être regardé est essentiel. Le film parle de l’importance du regard mais aussi du fait que l’attirance et la sensibilité peuvent également provenir des autres sens, du toucher, de l’odorat… Cela dit, je ne pense pas que le fait qu’il soit aveugle influence tant que cela Leonardo. Cela influence plus l’histoire que le personnage. Pour Leonardo, le fait d’être aveugle n’est pas vraiment un problème. Tout comme sa sexualité. C’était important pour moi de faire ressentir cette insouciance. Il est né non-voyant, il a l’habitude et ne s’apitoie pas sur son sort. Ce qui le désole, c’est la façon dont certaines personnes réagissent autour de lui. Je pense que beaucoup d’handicapés ressentent la même chose : ils ne veulent pas être traités différemment, ils veulent juste sembler à la fois normaux et singuliers comme tout un chacun (…) J’ai beaucoup travaillé sur les sons qui proviennent à Leonardo de son point de vue, par exemple dans la scène où il veut quitter l’école tout seul et que ses camarades jouent autour de lui. C’est intéressant esthétiquement pour un réalisateur de pouvoir jouer avec ces éléments. Le son n’est pas toujours apprécié à sa juste valeur, alors c’était très excitant de le mettre en avant dans mon film. Le fait que Leonardo soit aveugle m’a obligé à être plus attentif à tout cela, j’en suis très heureux. Et peut-être serai-je plus attentif dans le futur, lorsque je ferai des films avec des «voyants », à tout ce qui fait partie du cinéma et n’est pas purement visuel. »

Quant à Reaching for the moon (Flores Raras en portugais) , il raconte dans les années 50 et 60, durant 15 ans, la relation à Rio de Janeiro années 1950, les relations de la poétesse américaine Elizabeth Bishop, prix Pulitzer en 1956 et de l’impétueuse architecte Lota de Macedo Soares qui lui redonna goût à la vie et l’aida à surmonter son alcoolisme.

L’un des poèmes d’Elizabeth Bishop qui a particulièrement inspiré Bruno Barreto s’appelle One Art.

« Dans l’art de perdre il n’est pas dur de passer maître ; / tant de choses semblent si pleines de l’envie / d’être perdues que leur perte n’est pas un désastre. (…) / Même en te perdant (la voix qui plaisante, un geste / que j’aime) je n’aurai pas menti. A l’évidence, oui, / dans l’art de perdre il n’est pas trop dur d’être maître / même si il y a là comme (écris-le !) comme un désastre ».

Bruno Barreto débute sa carrière en 1973, mais c’est avec le film Dona Flor et ses deux maris (1977) qu’il remporte un succès international. Ses derniers films connus en France sont Quatre jours en septembre (1997), la résistance d’un séminariste et d’un journaliste durant la dictature militaire et Rio ligne 174 (2008) sur Marisa qui veut retrouver son fils qui lui avait été enlevé.

Signalons que Birdman, de Alejandro González Iñarritu sera le film d’ouverture de la Mostra de Venise, dont le jury sera présidé par le compositeur français de musique de films, Alexandre Desplat. Pour le voir en France, il faudra attendre jusqu’en janvier 2015.

 Alain LIATARD

 
 

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