Pérou

Cinéma


El limpiador d’Adrián Saba

El limpiador est le premier film du jeune péruvien Adrián Saba, 23 ans. Nous voyons peu de films venant du Pérou et celui-ci lorgne du coté de la science-fiction au départ. À la suite d’une épidémie à Lima, un nettoyeur recueille un enfant devenu orphelin. C’est la relation entre ces deux personnages dans un contexte particulier qui devient le sujet du film.

« Pour mon premier long-métrage, j’avais envie de créer un monde qui subirait une épidémie mystérieuse et mortelle. Une épidémie impossible à enrayer mais qui ne soit pas l’axe principal du film. Elle serait plutôt le contexte qui permettrait à l’histoire de se dérouler.

Je crois que nous vivons dans une époque où l’éventualité d’une épidémie n’est pas insensée et j’imagine que nous le devons au mauvais traitement que nous infligeons à la planète et à notre usage de la technologie et de la science.

Parfois, j’ai le sentiment que la nature tend à rééquilibrer les choses. Et bien qu’elles semblent ennemies, la vie et la mort vont de pair et se répartissent équitablement leurs espaces quand elles en ont besoin.

À Lima, il y a dix millions d’habitants et cela m’intéressait beaucoup de trouver un autre point de vue. Je voulais observer cette ville, vide, et voir ce que cela signifiait pour les personnages. Du point de vue esthétique, ce concept m’attirait aussi beaucoup. J’aimais bien l’idée de trouver une certaine poésie dans la solitude.

Mon père est acteur et metteur en scène et ma mère est également actrice pour le théâtre et le cinéma au Pérou. J’ai hérité de leur passion. Comme il n’y avait pas d’école de cinéma au Pérou, je suis parti pendant quatre ans à New York pour étudier le cinéma, grâce à une bourse. Partir du Pérou m’a permis de découvrir le monde, cela a été très bénéfique. À la fin de mes études, j’ai réalisé un court-métrage, El río, basé sur le conte de Julio Cortázar. Le fait que ce film soit sélectionné dans plusieurs festivals m’a aidé à convaincre le producteur de réaliser El limpiador.”

Au festival de Biarritz l’an passé, Adrián Saba nous avait précisé que le film avait pu se faire en moins d’un an et que le montage s’était effectué à New-York dans le minuscule appartement du monteur, copain de promotion du réalisateur, à l’Université d’Hofstra de New-York.

Voilà un jeune cinéaste très prometteur !

Alain LIATARD

 

 
 

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