Du 26 septembre au 2 octobre, le festival Biarritz Amérique latine revient pour une 35e édition placée sous les couleurs de l’Uruguay et de Cuba. Sept jours durant, le cinéma, la littérature, la musique, les arts et les cultures latino-américaines investiront la ville.
Depuis 1991, le Festival Biarritz Amérique Latine s’est imposé comme un rendez-vous majeur du cinéma latino-américain en France. Mais réduire le festival à ses salles obscures serait passer à côté du scénario. Pendant une semaine, Biarritz devient une véritable porte d’entrée vers un continent latino-américains où cinéma, littérature, musique, artisanat et gastronomie racontent autant de pays et d’identités. Pour sa 35e édition, du samedi 26 septembre au samedi 2 octobre, le festival met particulièrement le cap sur l’Uruguay et Cuba. Deux territoires qui seront explorés à travers leurs cinéastes, leurs artistes, leurs musiques et leurs histoires, avec une programmation qui entend zoomer sur un Uruguay contemporain, entre nouvelles générations de réalisatrices, artistes et écrivains, tout en ouvrant une fenêtre sur Cuba. Côté grand écran, les trois compétitions historiques sont maintenues : fiction, documentaire et court-métrage. Pour ces deux dernières, vingt films sont déjà connus, dix dans chaque catégorie, tandis que la sélection fiction doit encore être dévoilée. Avant-premières, séances spéciales, hommages et projections pour le jeune public complètent l’affiche.
Des regards qui sortent du cadre
La compétition documentaire sera présidée par la cinéaste et écrivaine franco-chilienne Carmen Castillo, qui présentera également à Biarritz son long-métrage Lo que en nosotros calla. Les films sélectionnés emmèneront notamment les spectateurs au Brésil, en Uruguay, en Argentine, en Colombie, au Mexique, au Chili ou encore en Équateur. Le court-métrage fera lui aussi voyager les regards, avec dix œuvres venues notamment du Pérou, du Brésil, de Colombie, d’Équateur, d’Argentine, du Mexique et de Cuba. Le palmarès décernera notamment l’Abrazo du meilleur court-métrage. Et parce qu’un festival est aussi une affaire de public, le Jury des Biarrots revient cette année. Trois habitants de la ville visionneront les films de la compétition fiction avant de choisir leur favori. Une manière de faire entrer les Biarrots dans les coulisses du scénario.
Après les projections, le voyage peut continuer pour ceux qui le désirent. Installé au Casino Municipal, face à l’océan, le Village du festival sera ouvert de 9 heures à 2 heures du matin. Expositions, rencontres, artisanat et conférences s’y succéderont, mais la musique y tiendra également une place de choix, avec des concerts et DJ sets gratuits chaque soir. Le public pourra notamment entendre la Brésilienne Graziela Bianco, la Guatémaltèque Sara Curruchich, l’Argentine Aluminé Guerrero ou encore le groupe cubain Carameloco. Les rythmes passeront de la samba au rock, du folk à la salsa, de la pop électro au néo-folk. Une bande-son à faire pâlir les salles de cinéma. Le Village proposera également onze ateliers d’artisanat et une quinzaine de stands consacrés aux savoir-faire latino-américains. Broderies mexicaines ou péruviennes, arpilleras chilenas, crochet, quilling ou bijoux permettront de prolonger le voyage, les mains cette fois à l’ouvrage.
Cuba fait monter le son
Le mercredi 30 septembre, la Gare du Midi changera de décor pour accueillir le Septeto Santiaguero. Fondé en 1995 à Santiago de Cuba et deux fois récompensé aux Grammy Latino, le groupe perpétue la tradition du son cubain, de la guaracha et du boléro-son. Une formation qui a partagé la scène avec quelques grands noms, de Rubén Blades à Omara Portuondo. Le même Cuba sera également présent côté littérature avec Leonardo Padura. L’écrivain, célèbre notamment pour avoir créé le personnage du détective Mario Conde, rencontrera le public le 28 septembre au Casino Municipal.
Le festival ouvrira aussi une fenêtre sur les enjeux qui traversent le continent. L’exposition Fumée, graine, racine, de la photographe équatorienne Isadora Romero, s’intéresse ainsi à la disparition des semences et à la mémoire des savoirs autochtones, à partir de six années de recherches menées au Paraguay, en Équateur, en Colombie et au Mexique. Les rencontres universitaires animées par l’IHEAL (Institut des Hautes Études de l’Amérique latine) et les débats permettront, eux, de prendre un peu de hauteur. Une table ronde consacrée aux relations entre Washington et l’Amérique latine est notamment annoncée le 29 septembre. Le festival conserve enfin sa vocation pédagogique avec des parcours thématiques et des actions destinées au public scolaire, afin de faire découvrir les cinématographies latino-américaines autrement.
Biarritz, ouverture sur un continent
Du Casino Municipal au cinéma Le Royal, en passant par la Gare du Midi, le FBAL investira donc plusieurs lieux emblématiques de Biarritz. Avec l’Uruguay et Cuba en vedettes, mais aussi des films venus de tout un continent, la manifestation entend une nouvelle fois faire dialoguer les cultures plutôt que simplement les exposer. Sept jours durant, le public pourra passer d’un film à une rencontre, d’une exposition à un concert, d’un débat à un atelier. Ici, le générique de fin attendra encore un peu.
Sébastien SOUMAGNAS
Journaliste Pays Basque


