Photographe documentaire indépendant, né en 1975 qui depuis plus de vingt ans parcourt les régions les plus reculées de la planète pour documenter les bouleversements sociaux, environnementaux et humains qui façonnent notre époque. Son regard, à la fois engagé et profondément humaniste, lui a permis de s’imposer comme l’une des grandes figures du photojournalisme contemporain.
Né à Santiago du Chili en 1975, Tomás Munita découvre la photographie à l’adolescence. Très vite, l’image devient pour lui un moyen de comprendre le monde et d’en témoigner. Son travail l’amène à couvrir des sujets aussi variés que les conflits au Moyen-Orient, la crise des Rohingyas en Asie, les conséquences du changement climatique ou encore les mutations des sociétés rurales à travers le globe. Ses reportages sont publiés dans les plus grands médias internationaux, notamment le New York Times, National Geographicou GEO.
Son travail est reconnu au niveau mondial. Lauréat de quatre World Press Photo Awards, du prestigieux prix Gabriel García Márquez, du Polk Photography Award ou encore du titre de Photojournaliste de l’année décerné par la National Press Photographers Association, Tomás Munita appartient à cette génération de photographes qui considèrent l’image comme un outil de compréhension du monde autant qu’une œuvre artistique. Mais malgré ses nombreux reportages internationaux, c’est souvent vers son pays natal qu’il revient. Le Chili constitue pour lui un territoire d’exploration inépuisable. Des déserts du nord aux glaciers de Patagonie, il documente les paysages, les traditions et les communautés qui composent l’identité chilienne.
Les cow-boys de Patagonie, une immersion au bout du monde
L’exposition présentée au festival, Les Cow-boys de Patagonie, est sans doute l’un de ses travaux les plus emblématiques. Pendant plusieurs années, Tomás Munita a partagé le quotidien des gauchos de Terre de Feu, à l’extrême sud du continent américain. Pour réaliser ce reportage, il accompagne des groupes de cavaliers dans leur traque des bagualeros, ces taureaux redevenus sauvages qui vivent dans les immensités de la Patagonie chilienne. Dans les plaines balayées par le vent, les montagnes isolées et les paysages austères de Sutherland, ces hommes perpétuent des pratiques ancestrales héritées de plusieurs générations.
Aux côtés d’une vingtaine de chevaux et de chiens, Munita parcourt ces territoires reculés où les distances se mesurent en journées de chevauchée. Il partage les nuits sous la tente, les longues discussions autour du feu, les moments d’attente et les instants de tension lorsque les cavaliers affrontent les animaux au corps à corps. Refusant l’usage des moyens modernes, ces gauchos continuent de travailler comme leurs ancêtres, au prix parfois de leur propre sécurité.
Les images qui en résultent possèdent une dimension presque cinématographique. Elles semblent surgir d’un autre siècle, à une époque où les grands espaces dictaient encore le rythme de la vie humaine. Pourtant, loin de toute nostalgie, le travail de Munita interroge la fragilité de ces modes de vie traditionnels face à la mondialisation, à l’intensification agricole et aux mutations économiques qui transforment les territoires les plus isolés.

Une photographie engagée au service de la mémoire
Au-delà de leur puissance esthétique, les photographies de Tomás Munita constituent un véritable travail de mémoire. Elles préservent la trace de communautés, de gestes et de savoir-faire parfois menacés de disparition. Elles racontent également le lien intime qui unit les hommes à leur environnement, un thème central dans l’ensemble de son œuvre. Son travail s’inscrit pleinement dans la démarche du festival, qui depuis plus de vingt ans utilise la photographie comme un outil de sensibilisation aux grands enjeux sociétaux et environnementaux. À travers son regard, le spectateur est invité à dépasser la simple contemplation pour réfléchir aux transformations qui affectent les territoires et les populations du monde entier.
Découvrir l’univers de Tomás Munita au Festival Photo La Gacilly
Son travail s’inscrit pleinement dans l’esprit du Festival Photo La Gacilly, rendez-vous incontournable de la photographie en plein air. Chaque été, ce festival transforme les rues, jardins et venelles du village breton en une immense galerie à ciel ouvert, accueillant des centaines de milliers de visiteurs autour de grandes thématiques environnementales, sociétales et culturelles. Dans ce cadre exceptionnel, les visiteurs pourront découvrir l’exposition Les Cow-boys de Patagonie de Tomás Munita. À travers une série d’images saisissantes, le photographe chilien nous plonge dans le quotidien des gauchos de Terre de Feu et nous invite à explorer un territoire aussi fascinant que méconnu. Une exposition puissante, à la croisée du documentaire, du reportage et de l’art, qui illustre parfaitement la vocation du festival : raconter le monde, ses peuples et ses grands enjeux à travers le regard des photographes les plus talentueux de leur génération.
Mathilde PEYRARD-SANHUEZA


