Incendies au sud du Chili : le bilan relevé à vingt morts, couvre-feu dans les localités les plus touchées

Plus de 50 000 personnes ont également été évacuées dans les régions de Ñuble et de Bio-Bío, à environ cinq cents km au sud de la capitale Santiago. Le président Gabriel Boric, encore au pouvoir jusqu’au 10 mars prochain, a indiqué que le nombre de morts devrait augmenter. L’incendie le plus dangereux a ravagé les forêts sèches bordant la ville côtière de Concepción. Environ 250 maisons ont été détruites, selon les autorités chargées de la gestion des catastrophes. « Nous sommes parvenus à contrôler ou à circonscrire une partie des incendies. Certains restent toutefois très actifs et font l’objet d’un combat intense », a déclaré le président chilien, Gabriel Boric, depuis la région de Ñuble. 

Les températures avoisinaient les 25 degrés Celsius lundi, légèrement inférieures à celles du week-end, en pleine période la plus chaude de l’été austral.  Le dirigeant a cependant souligné « l’apparition de nouveaux foyers dans la région de l’Araucania, située au sud du Biobio, ce qui implique nécessairement une répartition des forces »

Dans les quartiers ravagés, les habitants s’attelaient désormais aux opérations de nettoyage, tentant de récupérer ce qui pouvait encore l’être, au milieu de rues jonchées de voitures calcinées et de maisons réduites à l’état. Ces dernières années, les incendies de forêt ont fortement affecté le Chili, en particulier dans la zone centre-sud. Selon le Centre chilien de science du climat et de la résilience, l’augmentation des températures et la sécheresse persistante depuis plus d’une décennie ont facilité la propagation des incendies, le sud du pays enregistrant ces dernières années des températures « sans précédent » pouvant atteindre 41 degrés Celsius. 

Selon Ciper, média d’investigation indépendant au Chili, axé sur l’actualité et la diffusion d’informations de qualité au public signalait lundi, « depuis au moins quinze ans, les variables critiques – vagues de chaleur plus fréquentes, sécheresses prolongées, chaleurs extrêmes, topographie complexe et interface ville-campagne de plus en plus exposée – ne sont plus exceptionnelles. Elles sont connues, mesurables et récurrentes. Ce qui n’a pas évolué au même rythme, c’est le système chargé d’anticiper, de gérer et de protéger la population ».

Les chiffres permettent d’éclairer le débat. Entre 1985 et 2010, la superficie touchée par les feux de forêt au Chili était en moyenne d’environ 54 000 hectares par saison. Entre 2011 et 2025, cette moyenne est passée à environ 132 000 hectares par an. Sur les douze dernières années, sept des dix saisons les plus catastrophiques en termes de superficie touchée se sont produites, et la moyenne dépasse les 150 000 hectares par saison. Il ne s’agit pas d’une simple variation de la tendance : le problème a pris une tout autre ampleur.

« Ce n’est pas un fait anecdotique. Il s’agit d’une alerte systémique. Le nombre d’incendies a fluctué dans des limites connues ; ce qui a radicalement changé, c’est leur impact sur les vies humaines et les superficies brûlées, en raison de leur comportement extrême, de leur vitesse de propagation et de leur capacité à affecter les zones habitées. Continuer à mesurer le problème uniquement en termes de nombre d’événements ou même de superficie brûlée masque l’ampleur réelle du risque ».