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2 novembre 2018

Carte blanche à l’artiste argentin Tomás Saraceno au Palais de Tokyo à Paris

Du 17 octobre 2018 au 6 janvier 2019, l’exposition On Air, au Palais de Tokyo à Paris, se présente comme un écosystème en mouvement, accueillant une chorégraphie à plusieurs voix entre humains et non-humains, où les œuvres révèlent les rythmes et trajectoires communs, fragiles, et éphémères qui unissent ces mondes. On Air se construit grâce à la multitude de ces présences, animées et inanimées, qui y cohabitent. C’est ainsi particulièrement au travers des activités de l’Aerocene, un projet artistique interdisciplinaire initié par l’ArgentinTomás Saraceno, qui cherche à réactiver un imaginaire commun afin de collaborer éthiquement avec l’atmosphère et l’environnement, que les visiteurs sont invités à s’engager collectivement dans un exercice d’harmonisation planétaire.

Photo : Palais de Tokyo – Paris

L’exposition est comme un ensemble, qui révèle la force des entités qui peuplent l’air et la manière avec laquelle elles nous affectent : du dioxyde de carbone (CO2) à la poussière cosmique, des infrastructures et fréquences radio à de nouveaux couloirs de mobilité aériens. Ces histoires invisibles, qui composent la nature dont nous faisons partie, nous invitent à repenser poétiquement notre manière d’habiter le monde – et à réévaluer notre manière d’être humain.

Alors que les activités industrielles prédatrices exploitent la Terre, épuisent ses ressources et menacent d’entières écologies, ON AIR célèbre de nouvelles manières d’imaginer une planète libérée de frontières et d’énergies fossiles, au travers de nouveaux modes de production de la connaissance. De cette manière, l’exposition répond aux défis posés par l’Anthropocène, terme proposé pour décrire une époque de la Terre dans laquelle nous vivons désormais, et qui a débuté lorsque les activités humaines ont eu un impact global sur l’écosystème terrestre. C’est ainsi particulièrement au travers des activités de l’Aerocene, un projet artistique interdisciplinaire initié par Tomás Saraceno, qui cherche à réactiver un imaginaire commun afin de collaborer éthiquement avec l’atmosphère et l’environnement, que les visiteurs sont invités à s’engager collectivement dans un exercice d’harmonisation planétaire.

ON AIR réunit une grande variété de collaborateurs, rassemblant des institutions scientifiques, des groupes de recherches, des activistes, des communautés locales, des visiteurs, des musiciens, des philosophes, des animaux non-humains, des phénomènes célestes, qui participent tous à la vie de l’exposition. Des ateliers, des concerts, des séminaires ouverts au public enrichissent régulièrement une exposition transformée en une vaste «jam-session cosmique», résonnant au rythme des rencontres et d’assemblées nées de nouvelles solidarités entre espèces.

Les journées « ON AIR live with… »

L’exposition ON AIR, qui réunit quotidiennement un chœur de voix humaines et non-humaines, accueille pendant toute sa durée des événements qui viennent l’enrichir et la métamorphoser, et particulièrement au cours des trois journées «ON AIR live with…», un vendredi par mois, lors desquelles les visiteurs sont invités à prendre part à d’autres formes de conversation. À chacune de ces occasions, le 26 octobre, 23 novembre, et 14 décembre, un séminaire rassemble chercheurs, activistes et artistes au sein des espaces d’exposition, des workshops sont proposés au public ainsi que des concerts exceptionnels et inédits de «jamming with spiders» d’Alvin Lucier, Eliane Radigue et Evan Ziporyn.

Tomás Saraceno

Tomás Saraceno est né en 1973 à Tucumán en Argentine. Il vit et travaille sur et au-delà de la planète Terre. Après avoir obtenu un master en architecture à l’École Supérieure des Beaux-Arts de la Nation Ernesto de la Carcova à Buenos Aires, Tomás Saraceno a poursuivi ses études en Europe, en étudiant les beaux-arts à la Städelschule de Francfort puis en suivant le master d’art et d’architecture de l’IUAV de Venise. Depuis, l’artiste vit et travaille à Berlin. En 2009, il a été montré à la 53ème Biennale de Venise.

Parmi ses dernières expositions personnelles majeures, peuvent être citées «Cloud cities», présentée à la Hamburger Bahnhof de Berlin en 2011, «On Space Time Foam», au HangarBicocca de Milan en 2012. La même année, l’artiste a réalisé une installation in situ de Cloud City sur le toit du Metropolitan Museum of Art à New York. Depuis 2013 le K21 Ständenhaus de Düsseldorf expose son installation aérienne In Orbit et en 2016, l’exposition «Stillness in Motion. Cloud cities» a été montrée au San Francisco Museum of Modern Art. Il a effectué une résidence au Centre National d’Études Spatiales (2014–2015), au Centre d’art, science et technologie du MIT (2012 ongoing) et à l’atelier Calder (2010), parmi d’autres. Ses œuvres font partie des collections du MoMA, New York ; SFMOMA, San Francisco ; Walker Art Center, Minneapolis ; Nationalgalerie, Staatliche Museen zu Berlin, Berlin.

Tomás Saraceno a présenté son travail pour la première fois au Palais de Tokyo en février 2015 dans l’exposition «Le Bord des Mondes», puis a proposé le séminaire Aerocene et le workshop «Museo Aerosolar», en écho à la COP21 en décembre 2015. On a retrouvé son œuvre Du sol au soleil d’octobre 2017 à janvier 2018 dans l’exposition «Voyage d’Hiver», hors les murs du Palais de Tokyo dans les jardins du château de Versailles.

D’après le Palais de Tokyo

La légende de Santiago, le nouveau polar du Chilien Boris Quercia

Il n’y a pas qu’en Europe que les migrants sont un sujet de discussion et de polémiques. On le sait moins ici, mais l’Amérique latine, et pas seulement dans la zone Mexique-Amérique centrale, est aussi le théâtre de vagues d’émigration des pays les plus pauvres vers ceux qu’ils imaginent plus favorisés. À Santiago comme ailleurs, ils sont victimes de manifestations de racisme qui peuvent dégénérer. Pour la troisième fois, on retrouve Santiago Quiñones, le flic chilien, mûrissant, problématique et sympathique, dont on aura du mal à savoir si ses ennemis principaux sont professionnels ou personnels.

Photo : Wikimedia Commons/Asphalte

Le pauvre Quiñones est au fond d’un gouffre matériel et mental, et le premier chapitre l’enfonce encore plus. Difficile de faire pire, et pourtant il y parvient ! Ce n’est pas la bonne volonté qui lui fait défaut, malgré quelques travers : sa fidélité n’est pas exemplaire, sa consommation de substances non autorisées ne diminue que lentement et il n’est pas à l’abri d’une éventuelle bavure, y compris dans sa vie personnelle.

Il connaissait depuis un certain temps l’existence d’une «deuxième famille» qu’avait son père, phénomène assez fréquent en Amérique latine, il savait qu’il avait un demi-frère et ce Gustavo, qui ne lui plaît pas du tout, s’impose à lui. Une complication de plus !

Pendant ce temps, les crimes contre les étrangers se multiplient et les milieux d’extrême droite se réjouissent des violences perpétrées contre eux, on croise même des punks-nazis, de l’eau de Javel est trouvée dans des yaourts achetés dans une supérette d’un quartier défavorisé, et commence à apparaître un logo représentant deux balais entrecroisés qui signifie : «Nous nettoierons le Chili des envahisseurs étrangers.» L’ombre d’un autre cadavre, beaucoup plus proche de Santiago, plane sur toute cette enquête et se réveille dans ses pensées, s’atténue, jamais très longtemps, pour mieux revenir.

Heureusement, il reste des zones de lumière, comme cette juge d’instruction nommée dans l’affaire, qui est une connaissance de Quiñones : qu’il est bon de se rendre de petits services mutuels, en toute discrétion ! Surtout si l’on connaît les faiblesses de l’autre. Une jeune (et jolie) témoin peut aussi donner un coup de pouce au malheureux flic.

Comme à son habitude, Boris Quercia pense en même temps que son personnage, inspiré par les dérives du pays dans lequel ils vivent. Il le fait par petites touches, jamais pesantes, d’autant plus qu’il ne manque jamais d’humour, un humour du genre vachard en général. Et le Santiago du titre n’est pas que la ville, c’est aussi Quiñones, auquel la légende de flic pourri bourré de coke colle à la peau, un flic pourri qui est en même temps, qu’il le veuille ou non, membre d’une famille un peu éclatée qui pourrait se recomposer et qui le nomme lui-même, justement, le Décomposé. Jusqu’à quel point est-elle valable, cette légende, c’est aussi ce que raconte ce polar haletant et désabusé.

Christian ROINAT

La légende de Santiago de Boris Quercia, traduit de l’espagnol (Chili) par Isabel Siklodi, éd. Asphalte, 256 p., 21 €. Boris Quercia en espagnol : La sangre no es agua, ed. Mondadori, Santiago (2019) / Santiago Quiñones, tira / Perro muerto, ed. Mondadori, Santiago. Boris Quercia en français : Les rues de Santiago / Tant de chiens (Grand Prix de Littérature policière 2016), éd. Asphalte.

Les Peintures de la voix, le monde aztèque en images, un ouvrage de Jean-Paul Duviols

Saviez-vous que les Aztèques consignaient leur savoir par écrit ? Saviez-vous qu’ils avaient inventé une sorte de papier et qu’ils possédaient déjà une certaine forme d’alphabet, ou du moins une écriture leur permettant de représenter les sons ? Quelque chose de tout cela a-t-il pu échapper aux flammes de la destruction systématique de la conquête des Amériques, ordonnée au XVIe siècle ? Nous connaissons les pyramides, les statues, les masques, et autres types de vestiges archéologiques de cette civilisation culturellement très riche, mais les supports écrits sont très peu nombreux, et c’est peut-être la raison de leur méconnaissance.

Photo : Chandeigne/MAL

Les «peintures de la voix», l’expression –originellement de Voltaire– désigne ce mode de représentation fascinant, inclassable, où se mêlent les images symboliques et les glyphes, les couleurs et les signes. Nombre de chercheurs, depuis le XIXe siècle, s’y sont penchés et, malgré tout, leur étude et leur interprétation restent encore incomplètes.

L’organisation thématique de l’ouvrage nous invite ainsi, à travers les dessins et les reproductions qui apparaissent au fil des images, à retracer «visuellement» l’histoire des Aztèques à travers les jalons les plus importants : les rituels, le calendrier, l’organisation de la société… Les images sont accompagnées de textes courts qui donnent un cadre explicatif aux représentations, et nous permettent de décrypter ce que nos yeux européens ne peuvent comprendre : l’absence de perspective, les formes sacrées, l’évolution des dessins au fur et à mesure des années avec l’évidente européanisation des représentations…

C’est ainsi une nouvelle perspective de l’histoire des Aztèques que nous offre Jean-Paul Duviols, spécialiste de littérature et civilisation latino-américaine à l’université de la Sorbonne, à travers ce «livre d’images», qui se veut guide didactique et non ouvrage scientifique, et qui révèle la facette iconographique du monde mexicain préhispanique. Initier le lecteur contemporain à ces mondes disparus, ou presque, en l’invitant à y jeter un nouveau regard, c’est le véritable objectif de ce livre qui, en plus d’être intéressant et riche, est beau et agréable à parcourir.

Clémence DEMAY

Les Peintures de la voix, le monde aztèque en images de Jean-Paul Duviols, éditions Chandeigne, 320 p., 29 €.

Décès d’Ana González de Recabarren, infatigable militante chilienne pour la justice et la vérité

Ana González de Recabarren s’est éteinte le vendredi 26 octobre à l’âge de 93 ans. En avril 1976, sa vie bascule lorsque disparaissent son mari, Manuel, ses deux fils, Luis Emilio et Manuel Guillermo, et sa belle-fille, Nalvia, alors qu’elle était enceinte. Arrêtés et torturés par la DINA (Direction nationale du renseignement), ils n’ont jamais été retrouvés. Leurs noms ont rejoint la liste macabre des 1210 detenidos-desaparecidos du Chili.

Photo : El Desconcierto

Dimanche après-midi, ils étaient des milliers dans le cimetière de Ricoleta pour rendre un dernier hommage à «Anita». Brandissant son portrait, des gamins sur les épaules ou un œillet à la main, la foule est émue aux larmes en scandant «Compañera Anita : Presente !». Militante du combat pour la justice, Ana González de Recabarren est devenue l’une des principales dirigeantes de l’association des familles de disparus, a participé à une grève de la faim et à de multiples actions pour exiger la vérité afin que «les générations à venir sachent ce qui s’est passé au Chili».

Mariano Puga, prêtre ouvrier de Santiago, salue une sœur qui était aussi pour beaucoup «une mère, une grand-mère, une amie», avant d’entamer Venceremos, l’hymne de l’Unité populaire, à l’accordéon. «Elle incarnait la femme qui ne renonce jamais. Elle a cherché toute sa vie ses proches les plus chers, sans jamais se fatiguer. Ni la douleur ni les peines n’ont eu raison de son sourire éternel» confie Tatiana Cordova, une habitante de Puente Alto.

Comme le rejeu d’une faille mémorielle qui traverse en profondeur la société chilienne, la mort d’Ana González met en évidence la revendication d’un droit à la justice et à la vérité face aux crimes commis pendant la dictature militaire du général Pinochet. À la suite d’Ana González, les familles réunies au sein de l’Agrupación de Familiares de Detenidos Desaparecidos (AFDD) poursuivront ce combat. Comme un ultime message de cette infatigable militante des droits de l’homme, une banderole placée à l’entrée du cimetière rappelle que «La seule mort, c’est l’oubli».

Thomas LALIRE

La démocratie prophétique de Jair Bolsonaro élu nouveau président du Brésil

Toutes sortes de qualificatifs ont été donnés à Jair Bolsonaro, président brésilien élu le 28 octobre 2018. «Extrémiste de droite» est le plus commun. Mais «fasciste» est l’attribut le plus souvent utilisé par ses adversaires les plus résolus. Les autres préfèrent recourir à des noms d’oiseau moins rudes, «démagogue», «populiste» et parfois «illusionniste».

Photo : TV Globo

Chacun de ces termes révèle une part d’inquiétude et de préoccupations démocratiques s’appuyant sur les déclarations faites par le candidat du PSL (Parti social libéral). Démagogue, extrémiste de droite, illusionniste, populiste, sans doute l’est-il, et sans doute tout à la fois. Mais ces mots abstraits se recoupent et se recouvrent mal. Même si tous renvoient à un potentiel liberticide. Jair Bolsonaro est partiellement tout cela. Mais il est aussi autre chose. Ses propos tiennent le cordon qui permet d’enfiler les différentes menaces politiques qui taraudent démocrates brésiliens et du monde. La question posée est de trouver le fil de ce récit à fort potentiel liberticide.

Quel est le lien entre ses propositions sécuritaires, sa critique des quotas en faveur des personnes noires, sa dénonciation de la pensée marxiste et gramscienne, l’annonce d’une révision à la baisse des politiques sociales, ses propos homophobes et misogynes, sa défense des valeurs familiales et de l’enfance, qui serait menacée de sexualisation précoce ? Sans doute n’a–t-on pas prêté une attention suffisante au référent conducteur de son programme de gouvernement et à son style de campagne électorale.

Le référent fondateur est explicitement biblique. «Dieu», est-il écrit en haut de la première page de son programme, «est au dessus de tout». Et en bas, il y a une citation tirée de l’évangile de Jean (Jean 8:32) : «Et vous connaitrez la vérité et la vérité vous libèrera.» Ce sont aussi les premiers mots qu’il a prononcés à l’annonce de sa victoire, dimanche 28 octobre au soir : «Vous connaitrez la vérité et la vérité vous libèrera. Je n’ai jamais été seul, j’ai toujours senti la présence de Dieu

Ce Dieu est celui de la variante pentecôtiste de l’évangélisme. Né catholique, Jair Bolsonaro s’est ressourcé, au propre comme au figuré, dans les eaux du Jourdain le 12 mai 2016. Ce jour-là, un pasteur de l’Assemblée de Dieu, Everaldo Pereira, président du parti social-chrétien, l’a baptisé une nouvelle fois, puisqu’il était déjà catholique depuis sa naissance. L’ex-capitaine a intégré dans ses équipes de campagne une batterie de pasteurs porteurs de valeurs et de méthodes simplistes et redoutablement efficaces. Détenteurs d’une vérité présentée comme unique et absolue, ils refusent toute forme de dialogue interreligieux. Ils prônent la recherche individuelle du salut passant par la voie terrestre de la richesse et de la santé. Ils diffusent cette théologie dite de la prospérité sur un mode prosélytiste envahissant, fait de mots simples sollicitant la participation chantante des fidèles. Mais aussi leur présence dans les groupes d’amis de Whatsapp et autres Facebook.

«Inspiré» par Dieu et ses disciples pentecôtistes, Jair Bosonoro a fait une campagne prophétique. Il a diffusé le Verbe, son programme, Bible en main, «sacralisant», ses propositions relatives à la «famille» et «la propriété privée». Prophète, il n’avait pas à débattre avec des adversaires, vecteurs de fausses vérités. Il avait à les dénoncer. Via Twitter et Whatsapp, suivant la voie des évangélistes qui diabolisent les autres confessions, il a voué aux gémonies le parti des travailleurs, la gauche, taxés de «communistes», «socialistes», «idéologies perverses».

Bible d’une main et Constitution de l’autre, Jair Bolsonaro, fort de l’onction de bulletins de vote, assimilés à des prières «illuminant le chemin» du Brésil, a prêté «serment devant Dieu» le 28 octobre au soir. Ce qui laisse augurer une pratique démocratique arbitrée in fine par Jair Bolsonaro au nom de Dieu. Il a vaincu dans les urnes, «grâce à Dieu». Dieu, garant suprême de la Constitution, est ainsi institué en quatrième pouvoir de la république brésilienne, et Jair Bolsonoro en serait le Pasteur représentant le Sauveur «éclairant» la communauté. Dure réalité pour les opposants, hérétiques potentiels, susceptibles de passer par la case Inquisition.

Jean-Jacques KOURLIANDSKY

Un nouveau guide dans la Bibliothèque du Voyageur de Gallimard consacré à la Colombie

Après l’Argentine, l’Amérique du Sud, le Brésil, le Chili, l’Équateur et le Pérou, la Colombie est le septième ouvrage de la Bibliothèque du Voyageur des éditions Gallimard consacré au continent sud-américain. Vous pourrez y découvrir l’histoire de cette «terre de Colomb baignée dans le sang des héros», qui a forgé un peuple chaleureux, au caractère bien trempé, comme en témoignent ses chantres Gabriel García Márquez, Fernando Botero et Shakira, ainsi que des cartes et des plans, un carnet pratique et les itinéraires à emprunter.

Photo : Gallimard Loisirs

Domestiquée par les cultures précolombiennes San Agustín et Tierradentro ; enrichie par les civilisations «dorées» Tumaco-La Tolita, Tolima et Nariño ; «découverte» par le navigateur Christophe Colomb ; colonisée par les Conquistadors ; émancipée par Simón Bolívar ; meurtrie par deux siècles de conflits internationaux, de guerres civiles, de guérillas et de violence… Telle est l’histoire de la Colombie.

Itinéraires 

De l’héroïque Cartagena de Indias, perle coloniale des Caraïbes, à l’envoûtante Barichara, charmant village d’altitude aux basses maisons chaulées ; du désert côtier de La Guajira, royaume des Amérindiens Wayúu et des flamants rouges, à la forêt humide de l’Amazonas, domaine d’un tiers des espèces animales et végétales de la planète ; du Museo deI Oro de Bogota, écrin d’un prodigieux trésor préhispanique, à la Plaza Botero de Medellín, scène ouverte aux voluptueuses sculptures de Fernando Botero ; de Johnny Cay, atoll isolé de L’archipel de San Andrés, à Cali la Reine de la vallée, capitale mondiale de la salsa… véritable Eldorado, la Colombie et ses formidables richesses émerveilleront tant les passionnés d’histoire que les férus de sports extrêmes et les amoureux du farniente. 

À propos de ce guide

Cet ouvrage est une traduction-adaptation de la nouveauté Insight Guide : Colombia, créée en 2017. Dans l’univers du guide de voyages des années 1970, les Insight Guides innovaient radicalement en alliant l’image au texte. Le lecteur bénéficiait ainsi d’une approche culturelle plus complète. Aujourd’hui, alors qu’Internet apporte une quantité inextinguible d’informations, nos ouvrages allient textes et images permettant d’affiner ces qualités incontournables : savoir et discernement. Grâce à l’expérience et aux connaissances de nos auteurs, correspondants et photographes, ces objectifs sont atteints.

Un guide pratique

Ce guide de voyage est conçu pour répondre à 3 objectifs : informer, guider et illustrer. Dans cette optique, l’ouvrage est divisé en 3 sections, identifiables grâce à leurs bandeaux de couleur placés en haut de page. Chacune d’elles vous permettra d’appréhender le pays et vous guidera dans le choix de vos visites, son histoire et son peuple, de votre hébergement, de vos activités culturelles et sportives. La section Histoire & Société, repérable à son bandeau orange, relate l’histoire culturelle et environnementale du pays sous forme d’articles fouillés qui retracent l’histoire et la politique de la Colombie, ainsi que de Zoom sur… et de Grand angle, des thématiques spécifiques à la Colombie.

La section Itinéraires, signalée par des bandeaux de couleurs différentes pour chaque région, livre sous forme de circuits une sélection de sites et de lieux incontournables à découvrir. Chaque site est localisé sur une carte à l’aide d’une pastille numérotée. La section Carnet pratique, soulignée par un bandeau jaune, fournit, quant à elle, toutes les informations nécessaires pour connaître les différents aspects de la Colombie, préparer votre voyage (formalités, comment s’y rendre…), pour vous déplacer dans le pays, vous loger, vous restaurer et plus encore…

D’après les éditions Gallimard

Colombie, trad. de l’anglais par Sophie Brun et Sophie Paris, Gallimard Loisirs, coll. Bibliothèque du voyageur, 336 p., 29,50 €.

Le Mythe national mexicain à travers les manuels scolaires d’histoire aux éditions L’Harmattan

La collection «Manuels scolaires et sociétés» des éditions L’Harmattan s’enrichissent d’un nouvel ouvrage intitulé Le Mythe national mexicain à travers les manuels scolaires d’histoire ; une étude de Rachel Mihault, professeure certifiée d’espagnol et coach scolaire, également docteure en études ibériques et latino-américaines à l’Université de Perpignan.

Photo : L’Harmattan/DR

La nation est une construction politique et idéologique que l’on fait reposer sur un territoire, une langue, une culture, éventuellement une religion, et un État communs. L’école est un puissant instrument de construction et de renforcement de la nation, en particulier à travers l’enseignement de l’histoire et de la géographie. Au Mexique, le gouvernement maîtrise parfaitement les outils de transmission du récit historique, puisqu’il est responsable depuis 1959, à travers la Comisión Nacional de los Libros de Texto Gratuitos, de la création, de l’impression et de la distribution des manuels scolaires à tous les élèves des écoles publiques du pays. Il est par conséquent très intéressant d’étudier le discours de ces manuels d’histoire. C’est ce que nous nous proposons de faire ici. Nous nous intéresserons aux quatre générations de manuels d’histoire de l’enseignement primaire édités depuis 1959 afin d’identifier quels sont les principes et les valeurs qu’ils transmettent et nous tenterons de démythifier quelque peu le discours officiel.

Professeure certifiée d’espagnol et coach scolaire, Rachel Mihault est docteure en études ibériques et latino-américaines de l’Université de Perpignan.Elle mène actuellement une étude visant à mettre en lumière les parcours de jeunes gens qui s’épanouissent dans leurs vies professionnelles après avoir fait des études littéraires. Elle est par ailleurs présidente de l’association Les Collecteurs, qui milite pour un lire actif et ouvert sur le monde.

D’après les éditions L’Harmattan

Le Mythe national mexicain à travers les manuels scolaires d’histoire de Rachel Mihault, L’Harmattan, coll. Manuels scolaires et sociétés, 254 p., 25,50 €.

Mario Sandoval, l’ex-policier franco-argentin de la dictature, sera extradé

Le gouvernement français a autorisé l’extradition vers l’Argentine de l’ex-policier franco-argentin Mario Sandoval. Ce dernier est mis en cause dans la disparition de l’étudiant Hernan Abriata, pendant la dictature, a appris mercredi l’AFP auprès d’avocats au dossier. Après un long bras de fer judiciaire, le premier ministre, Édouard Philippe, et la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, ont signé le décret autorisant l’extradition de cet homme de 65 ans exilé en France après la chute de la junte. Nous reproduisons ici un article de la Tribune de Genève.

Photo : ACAT France

Cet ancien fonctionnaire, dont la justice argentine réclame l’extradition depuis 2012 pour son implication présumée dans l’enlèvement et la disparition d’un étudiant en octobre 1976, a formé un recours devant le Conseil d’État, selon les avocats. «Ce recours n’est pas suspensif, mais il est d’usage républicain que l’État ne procède pas à une extradition avant l’examen du Conseil», qui doit se prononcer dans les prochains mois, a expliqué Me Jérôme Rousseau, avocat de M. Sandoval.

Français, mais

Mario Sandoval a obtenu la nationalité française en 1997, ce qui n’empêche pas son extradition, car il n’était pas français à l’époque des faits. L’Argentine le soupçonne d’être mêlé à l’enlèvement et la disparition le 30 octobre 1976 d’Hernán Abriata, étudiant en architecture qui fut détenu à l’École de mécanique de la marine (ESMA). Quelque 5000 personnes passées par ce centre de torture de la dictature argentine (1976-1983) ont disparu, souvent jetées depuis des avions dans le Rio de la Plata.

Tortures et séquestrations

Si l’Argentine soupçonne M. Sandoval d’avoir participé durant cette période à plus de 500 faits de meurtres, tortures et séquestrations, le dossier Abriata est le seul sur lequel elle s’appuie pour demander son extradition car elle dispose d’une dizaine de dépositions l’impliquant. En mai 2014, la Cour d’appel de Paris avait émis un premier avis favorable à l’extradition, cassé en février 2015 par la Cour de cassation. À son tour, la Cour d’appel de Versailles avait donné un avis positif en octobre 2017.

Un dernier pourvoi avait ensuite été rejeté le 24 mai. La plus haute juridiction française a estimé que l’étudiant n’étant pas réapparu depuis 1976, la prescription de la séquestration n’a pas commencé à courir car l’infraction n’avait pas pris fin de manière certaine. «Après 45 ans de lutte, la famille d’Hernán Abriata, et en particulier la mère de la victime, Beatriz, âgée de 92 ans, espèrent que cette dernière épreuve permette que Mario Sandoval réponde enfin des crimes contre l’humanité que la justice de son pays lui reproche», a réagi dans un communiqué l’avocate de l’État argentin, Me Sophie Thonon-Wesfreid.

D’après La Tribune de Genève

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