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Argentine : découverte d’un fonds destiné à permettre à d’ex-militaires d’échapper à la justice

En Argentine, après l’évasion de deux ex-officiers condamnés pour crimes contre l’humanité commis sous la dictature au pouvoir entre 1976 et 1983, le gouvernement affirme avoir découvert l’existence d’un fonds destiné à permettre à d’anciens militaires d’échapper à la justice.

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L’Argentine en proie aux fonds vautours

Une fois n’est pas coutume, La France, les Etats-Unis et le FMI soutiennent l’Argentine dans son litige avec les « Fonds vautours » !
En situation d’incapacité de payer ses créanciers internationaux, l’Argentine avait, en 2005 et 2010, négocié sa dette en leur proposant un remboursement échelonné d’une partie de la dette totale pour solde de tout compte. Préférant encaisser une partie des créances plutôt que de tout perdre, plus de 93 % des créanciers avaient accepté ce « canje », cet échange. Mais des fonds spéculatifs, aussi connus comme « vautours » (Fondos buitres en espagnol), avaient racheté pour une bouchée de pain les titres et bons correspondant aux 7 % restants.

En 2012, les fonds NML Capital, Aurelius et Olifane, d’origine états-unienne, attaquent l’Argentine devant la justice de New York et exigent le remboursement intégral de la valeur des bons en leur possession plus les intérêts depuis 2001, soit 1,3 milliards de dollars ! Et le juge Thomas Griesa leur donne raison ! Il décide que l’Argentine doit payer tout ce qu’exigent les vautours, en argent liquide et en un seul versement. L’Argentine dépose un recours devant la Cour d’appel qui  confirme la décision du juge Griesa et demande aux parties de présenter des options de paiement. L’Argentine propose un « canje » sur les mêmes bases que celles accordées avec les 93 % de ses créanciers, les vautours exigent tout, tout de suite.

Depuis quelques années, parce qu’elle refusait de suivre les recommandations d’ajustements structurels du FMI,  l’Argentine était devenue la bête noire du système financier international. Elle était attaquée sur tous les fronts pour cause « d’instabilité juridique envers les entreprises » : à l’Organisation Mondiale du Commerce, par le Club de Paris, le FMI, les Etats-Unis, la France, l’Espagne et d’autres. Cela surtout depuis 2012 lorsque le gouvernement avait nationalisé YPF, une entreprise d’exploitation de champs pétroliers argentine dont le principal actionnaire, l’entreprise espagnole REPSOL, était accusée de négligence et de non respect des contrats d’extraction. Les transnationales et leurs gouvernements avaient alors dénoncé l’Argentine devant une multitude d’instances internationales.

Mais l’affaire des fonds spéculatifs est différente. Elle touche au cœur même du système financier international. Les pays qui rencontrent des problèmes financiers recourent régulièrement à des restructurations de leurs dettes. Si les recours argentins sont rejetés au bénéfice des fonds spéculatifs, plus aucun pays ne pourra renégocier sa dette et les fonds spéculatifs exigeront des sommes mirobolantes, en général à des pays en développement.

Dans quelques semaines, la Cour d’appel de New York tranchera entre les deux options. Le perdant s’adressera inévitablement à la plus haute instance, la Cour Suprême des Etats-Unis. En général, la Cour fonctionne sur le principe de l’Amicus Curiae, l’Ami de la Cour, selon lequel toute entité non directement impliquée a le droit de faire un commentaire sur l’affaire en cours.

La position des Etats-Unis

Le gouvernement états-unien avait déjà fait connaître sa position lors des dépositions de première instance devant le juge Griesa. Le Département du Trésor avait déclaré qu’un verdict en faveur des fonds spéculatifs serait une mauvaise nouvelle pour le système financier international en général et pour la place financière de New York en particulier.

Le gouvernement US fait alors savoir officieusement qu’il souhaite un verdict en faveur de l’Argentine mais qu’il ne donnerait sa position officielle que si la Cour Suprême la lui demandait, une procédure habituelle de l’administration.

La position du FMI

La première réaction du Fonds monétaire international fut d’élaborer un document qui montrait qu’un verdict en faveur des fonds spéculatifs impliquerait un risque systémique pour le système financier international. Selon le Wall Street Journal, à l’issue du G-20 de Moscou, la directrice du FMI Christine Lagarde aurait recommandé à son directoire d’émettre un document de soutien à l’Argentine à remettre à la Cour. Car, le FMI reconnaissait que « l’on ne pouvait pas continuer sur la route de la croissance et en terminer avec les problèmes de dette si les procédures de ‘canje’ étaient mises en difficulté » (1).

Mais, lorsque les Etats-Unis annoncent qu’ils ne remettront leur document que si la Cour le leur demande, le FMI fait marche arrière : « Il ne serait pas adéquat que le FMI présente un document sans le soutien des Etats-Unis car il doit rester neutre dans un litige qui implique deux pays membres… » Tout en laissant la porte ouverte à une future présentation, le FMI indique qu’il ne présentera un document que si les Etats-Unis le font ou si la Cour le requiert.

Le porte-parole du FMI a quand même précisé que « tous les pays devraient avoir une flexibilité dans la restructuration de leur dette. Si cette flexibilité est compromise, il y a des implications pour la stabilité financière et systémique ».

La position de la France

Le gouvernement français, très inquiet des retombées négatives possibles pour ses finances en cas de nécessité de restructuration de sa dette, a décidé de prendre position sans que la Cour ne le demande. Le 4 avril 2012, la Cour de Cassation de Paris avait déjà rendu un verdict favorable à la position argentine en déclarant que ce pays avait le droit de restructurer sa dette et en confirmant la validité des « canjes » de 2005 et 2010.  Fin juillet 2013, le  ministère de l’Economie et des Finances communique que « la France va intervenir en tant qu’Amicus Curiae auprès de la Cour Suprême, pour l’alerter des implications potentielles de sa décision sur le bon fonctionnement du système financier international. Le principe même de restructurations ordonnées et négociées des dettes souveraines, menées en particulier dans le cadre du Club de Paris, pourrait en être affecté. La décision de la Cour pourrait en effet dissuader la participation de créanciers de bonne foi à toute résolution de crises d’endettement…  » Et le communiqué de préciser que « cette démarche n’est pas liée au cas spécifique de l’Argentine. Elle est motivée par l’attachement de la France à la préservation de la stabilité financière internationale et à son rôle au sein du Club de Paris dont elle assure la Présidence et le Secrétariat depuis 1956… »(2)

 Jac Forton

(1) Cité par le journal argentin Pagina 12 du 23 juillet 2013.

(2) Communiqué 751 du ministère, en date du 26 juillet 2013.

L’Argentine commémore l’attentat de l’Amia sur fond de polémique

À Buenos Aires, a été commémoré dans un climat très lourd un nouvel anniversaire de l’attentat contre la mutuelle juive Amia qui a fait 85 morts et 300 blessés en 1994, un attentat attribué à l’Iran par la justice argentine. Le gouvernement a signé il y a quelques mois avec l’Iran, qui n’a jamais voulu livrer les suspects, un accord par lequel il s’engage à contribuer à la recherche de la vérité. Mais en Argentine, on craint qu’il ne serve qu’à dédouaner Téhéran.

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Argentine: l’ex-président Carlos Menem condamné à sept ans de prison ferme

La sentence est historique en Argentine : l’ancien président Carlos Menem a été condamné dans une affaire de vente illégale d’armes dans les années 1990. Menem, qui a été au pouvoir entre 1989 et 1999 et dont la présidence avait été marquée par de nombreux scandales, avait, de non-lieu en relaxe, échappé jusqu’ici à la justice de son pays.

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Le dictateur Jorge Videla est mort en prison le 17 mai dernier à l’âge de 87 ans

Jorge Videla est mort ce vendredi 17 mai dernier à l’âge de 87 ans à la prison Marcos Paz à Buenos Aires. L’ancien général argentin avait été condamné à la prison à vie pour crime contre l’humanité et à une peine de 50 ans de prison pour le vol de bébés d’opposants. Notre collaborateur Jac Forton, grand spécialiste de la période des dictatures en Amérique latine, nous propose des extraits  d’une interview hallucinante que la revue espagnole Cambio 16 publiait de Jorge Videla, reprise le 17 mai 2013 par le journal Página 12 de Buenos Aires. 

En prison depuis 2008, Jorge Videla a toujours refusé de reconnaître la légitimité de la justice civile. Il voulait être jugé « par ses pairs », c’est-à-dire par des militaires. Il a déjà été condamné à la perpétuité pour crimes contre l’humanité commis durant sa dictature (1976-1981) et pour le vol de bébés. Lorsque des femmes enceintes étaient arrêtées par les escadrons de la mort, les militaires les plaçaient dans des « maternités » cachées au fin fond des centres de torture jusqu’à ce qu’elles accouchent. La mère était alors remise à la Force aérienne et jetée à la mer avec des dizaines d’autres prisonniers politiques. Les enfants étaient donnés ou vendus à des militaires. En ce mois de mai 2013, Videla était aussi sur la sellette pour sa participation à l’Opération Condor, la coordination des polices secrètes des dictatures du Cone Sud durant les années 70-80. C’est sous Videla que s’est élaboré le plan de répression systématique d’enlèvement des opposants à la dictature, leur torture et leur disparition. C’est aussi lui qui a placé un ministre de l’Economie ultralibéral pour conduire les politiques économiques libérales de la dictature. Martín Fresneda, du Secrétariat des Droits Humains de la Nation d’Argentine a déclaré : « La justice a pu juger  le principal responsable du génocide avant sa mort. L’Etat ne doit célébrer la mort de personne mais bien que justice ait été rendue ».

Extraits sur la période avant la dictature

« À la mort du président Domingo Perón, María Estela de Perón devient présidente de l’Argentine. Rapidement, son gouvernement perd de sa force. Elle fut une bonne élève de Perón, oui, car du point de vue idéologique, elle se situait à l’extrême droite du péronisme et rejetait totalement le marxisme. Puis elle est influencée par López Riga qui crée la Triple A [Alliance Anticommuniste Argentine]… En 1975, je suis nommé commandant en chef de l’armée. La présidente étant malade, le pays est conduit par Italo Luber faisant fonction de président. Il convoque les commandants en chef et nous demande notre opinion. Je lui expose quelques idées pour faire face à la menace terroriste et régler le problème en 18 mois. Luder signe alors les décrets qui donnent tous les pouvoirs à l’armée pour agir efficacement contre les subversifs. À partir de ce moment, le pays entre en guerre. Nous étions, les militaires, préparés pour tuer ou mourir, face à un ennemi implacable bien qu’il n’y ait pas d’agression formelle. La revue Time [Etats-Unis], dans un article de l’époque, disait que si on comparait les terroristes argentins [l’opposition à la dictature], allemands et italiens, en terme de cruauté, les Européens étaient infiniment plus humains que ceux de notre pays. Ce sont ces terroristes que nous devions affronter… Il y avait un vide de pouvoir, une authentique paralysie institutionnelle. Le chef du Parti Radical, Ricardo Balbin, est venu nous voir et nous dit : « Etes-vous disposés à faire un coup d’Etat ?’ Pour un chef militaire, c’est une invitation à réaliser une action qui rompt l’ordre institutionel… »

 Extraits sur le coup d’État

« Ou nous prenions le pouvoir, ou la subversion prenait les institutions par les armes. Le 24 mars 1976, se produit le soulèvement militaire. Le nouvel ordre est dirigé par la Junte des commandants en chef des Forces armées. C’est le début du processus de Réorganisation Nationale. Nous allions faire ce que nous croyions qu’il fallait faire et qui était dans nos plans. C’était une situation d’exception qui exigeait des mesures exceptionnelles. La réaction internationale nous était totalement favorable. Plus tard, les pays européens voyaient une dictature en Argentine, une connexion avec le fascisme. En 1978, la situation avait notablement amélioré. Il n’y avait plus l’ombre d’une menace terroriste et encore moins de délinquence. Nous étions le pays le plus sûr du monde…C’est dans ce contexte qu’eut lieu le Mundial de football de 1978. Nous avons démontré au monde notre capacité d’organisation dans un pays en paix face aux médisances de certains secteurs intéressés.  On nous attaquait injustement, avec des calomnies et des informations aberrantes et tendancieuses pour dénigrer l’Argentine… »

 Extraits sur l’Eglise catholique

« Notre relation avec l’église catholique était excellente, très cordiale, sincère et ouverte. Avec le cardinal Raúl Primatesta, nous sommes même devenus amis. Les aumoniers militaires nous ont beaucoup aidés. L’Eglise a été prudente. Elle condamnait les quelques excès et nous demandait d’y mettre fin mais sans rompre les relations, bien au contraire. Elle ne s’est pas laissée entrainer par cette tendance gauchiste et tiers-mondistes, clairement politisée… »

 Sur les entreprises

« Les entreprises aussi ont bien collaboré avec nous par l’intermédiaire du ministre de l’Economie Martinez de la Hoz, bien connu de la communauté des entrepreneurs. Économiquement, nous recevions sans difficultés des prêts des banques internationales. Il y avait une grande paix sociale. »

Extraits sur les disparus

« On ne peut passer d’un extrême à l’autre. De 30 000 morts que disent certains à 7 000 que disent d’autres. Je crois que cette affaire a beaucoup à voir avec les compensations financières reçues par les victimes. Il y a une claire manipulation dans cette histoire de disparus. Les chiffres ont été altérés dans le but de recevoir frauduleusement une indemnisation de l’Etat argentin ».

Extraits Sur sa situation actuelle

« On nous a mené dans ce théâtre à diffusion mondiale. Le président Alfonsín a rempli son devoir à sa manière [en décrétant les lois d’impunité], Menem aussi par ses pardons et ses grâces. Le pire moment pour les militaires fut l’arrivée du couple Kirchner au gouvernement. Nous sommes des prisonniers politiques, nous payons notre service à la patrie. Il y a là un esprit d’absolue revanche, une vendetta sans raison pour une satisfaction personnelle. Ce sont des procès politiques. On invente des disparus qui n’ont jamais existé et on vide ainsi la justice de tout sens. Il n’y a plus d’entrepreneurs parce qu’ils sont vendus au pouvoir. Les institutions sont mortes, paralysées, pire qu’à l’époque de María Estela de Perón… La Justice, le Congrès et les autres institutions n’existent pas. La République a disparu… » 

  Jac FORTON

Le texte complet de cette interview peut être trouvé sur le site de Pagina 12.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La presse argentine sur Thatcher : « Aucune raison de la pleurer »

A la une des journaux argentins, le fantôme de la guerre des Malouines resurgit avec le décès de « la Dame de fer » et la publication de documents classés confidentiels. « A cause de la sensibilité du sujet, cet article a été fermé aux commentaires ». En Argentine, le décès de Margaret Thatcher attise l’éternelle querelle avec le Royaume-Uni sur la souveraineté des Iles Malouines et les médias argentinsabordent avec précaution ce sujet délicat. LaNación.com préfère ainsi limiter d’éventuels débordements textuels en bloquant les commentaires des internautes sur tous les articles se rapportant à la mort de la « Dame de fer ».

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Argentine: Cristina Kirchner annonce des mesures exceptionnelles pour les sinistrés de La Plata

En Argentine, la présidente Cristina Kirchner a annoncé ce vendredi 5 avril au soir, des mesures sociales exceptionnelles pour les milliers de personnes qui ont été sinistrées suite aux inondations qui ont frappé cette semaine Buenos Aires et La Plata, ville, située à 60 kms de la capitale, où il y a eu 51 morts. Un deuil de trois jours a été décrété. Trois jours après la catastrophe, grâce au retour du beau temps, à la mobilisation des pouvoirs publics et, surtout, à la solidarité de ses habitants, la situation se normalise à La Plata. Non sans douleur.

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