Brésil - Lobby or not Lobby ?

De Michel à MiShell Temer


Brésil : les journaux l’appellent président MiShell Temer ! Suites d’un enquête de Greenpeace…

Le journal britannique The Guardian a publié le texte d’un télégramme officiel suite à une enquête menée par Greenpeace, qui montre que le gouvernement britannique aurait agi en « lobby » auprès du Brésil pour obtenir des avantages pour les multinationales britanniques Shell et British Petroleum (BP). Avec succès !

Photo : www.ocafezinho.com

Les documents officiels révélés par Greenpeace et publiés par le Guardian[1]  montrent que le ministre britannique du Commerce, Greg Hands, a rencontré Paulo Pedrosa, vice-ministre brésilien de l’Énergie du gouvernement de Michel Temer, pour lui exprimer « les inquiétudes de son gouvernement relatives aux normes environnementales, aux taxes et à l’obligation d’engager des firmes locales » qui nuiraient aux intérêts des firmes britanniques, et lui demander de les changer. Lorsqu’en 2007 les autorités brésiliennes révèlent l’existence de gigantesques réserves de pétrole en eaux profondes au large de ses côtes, toutes les multinationales du pétrole deviennent frénétiques : il y a là des milliards à gagner. Mais les règles brésiliennes pour l’exploitation de ces gisements, établies sous le gouvernement de Dilma Rousseff, sont strictes : toute exploitation se fera en partenariat avec l’entreprise publique Petrobras qui gardera toujours la main, les produits extraits seront taxés, et les entreprises étrangères devront donner priorité aux entreprises brésiliennes.

Lobby or not lobby, that is the question…

Étrangement (ou pas), Shell est la grande gagnante et a reçu les droits d’exploitation d’une grande partie des gisements. Le gouvernement brésilien semble tout à fait prêt à modifier la loi pour permettre aux entreprises étrangères de rafler tous les bénéfices de cette exploitation au détriment de l’entreprise publique brésilienne Petrobras. Le président actuel de celle-ci, Pedro Parente, un ancien fonctionnaire du gouvernement néolibéral de Henrique Cardoso (1995-2002), a d’ailleurs déjà commencé à vendre les actions de son entreprise. Le gouvernement britannique, bien sûr, dément toute action de lobby…

Opposition parlementaire

Les sénateurs Roberto Requiao, pourtant du même Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB) que le président Michel Temer, et Lindbergh Farias, du Parti des Travailleurs de Dilma Rousseff et Lula da Silva (opposition), ont déposé auprès du Procureur Général de la République une accusation d’entente tacite entre les deux gouvernements. Pour l’opposition politique, « il est clair que le gouvernement Temer veut privatiser l’entreprise publique ». Des parlementaires dénoncent également des « conversations » entre Michel Temer et Theresa May, Première Ministre britannique, dont l’objectif serait l’élimination des impôts pour les multinationales et l’allègement de l’obligation d’acheter brésilien. Selon ces parlementaires, la perte fiscale pour le Brésil se monterait à plus de 5 milliards de dollars et provoquerait une grave crise dans les chantiers navals brésiliens si les entreprises étrangères ne devaient plus s’adresser aux entreprises brésiliennes en priorité. Voilà pourquoi le président Michel Temer est appelé par ses opposants, MiShell Temer…

Jac FORTON

[1] Lire l’article sur The Guardian du 19 novembre 2017.