LA PERSONNALITÉ DE LA SEMAINE 40

La Mexicaine Silvia Torres


Actualités de la semaine n° 40 : 28 sept. – 6 oct. 2014

28 septembre – CUBA – Trois hommes d’affaires canadiens ont été condamnés à des peines entre 8 et 15 ans de prison et la confiscation de près de 100 millions de dollars d’actifs, après avoir été reconnus coupables de divers crimes économiques, y compris de corruption. Le président et deux administrateurs des services de transport de l’entreprise Tokmakjian ont été arrêtés en septembre 2011 et condamnés en juin de cette année à La Havane. Le groupe Tokmakjian faisait des affaires à Cuba depuis 22 ans.

29 septembre – MEXIQUE – Une scientifique mexicaine Silvia Torres [photo], docteur en astronomie de l’Université de Berkeley (USA), prendra en 2015 la présidence de l’Union astronomique internationale (UAI). C’est la première fois que la charge sera exercée par une femme latino-américaine et la deuxième fois par une femme après la Française Catherine Cesarsky en 2006. C’est la deuxième fois qu’une personne née en Amérique latine accède à ce poste après l’Argentin Jorge Sahade en 1985.

29 septembre – SALVADOR – Pour lutter contre la criminalité, le président de la République, du Salvador Sánchez Cerén, a présenté un projet de coopération, le Conseil national pour la sécurité des citoyens et la coexistence (CNSCC). Son objectif est de proposer des actions concrètes de toutes sortes, pour aider à freiner et de réduire la violence et la criminalité imparable dont souffre cette petite nation. Le Conseil est composé de représentants du milieu des affaires, des églises, des municipalités – à travers l’Association des municipalités de la République d’El Salvador (COMURES) – les partis politiques, les personnes ayant une expertise et une expérience dans la question de la sécurité, les médias, les propriétaires ou représentants de divers portefeuilles de l’État et le Bureau du procureur général (FGR).

30 septembre – MEXIQUE – Le procureur général du Mexique, Jesús Murillo Karam, a annoncé que trois militaires qui ont pris part au massacre de Tlatlaya, dans lequel ont été tués par balles 22 présumés trafiquants de drogue, ont été formellement accusés d’homicide. Ces soldats, après une première confrontation, sont entrés dans l’entrepôt qui servait de refuge aux assiégés et, selon le procureur, ont tué «sans aucune justification». Cette accusation intervient le jour même, où le juge d’instruction militaire qui fait des recherches sur le cas a émis un mandat d’arrêt contre un lieutenant et sept soldats pour désobéissance et manquement à une obligation. Avec cette décision, les autorités mexicaines essayent de répondre à la méfiance des organismes de droits de l’homme après que pendant presque trois mois l’armée maintenait une version peu probable sur les décès.

1er octobre – GUATEMALA – Le pays juge le massacre dans l’ambassade de l’Espagne en 1980. Une procédure judiciaire est entamée contre le seul prisonnier, un ancien chef de la police guatémaltèque Pedro García Arredondo. C’est lui qui le 31 janvier 1980 a dirigé l’assaut brutal et brûlé l’Ambassade de l’Espagne au Guatemala, action qui s’est soldée par 37 personnes calcinées, dont le premier secrétaire de la mission diplomatique, Jaime Ruiz del Árbol. Selon le Ministère public, Pedro García Arredondo est coupable d’avoir entravé le sauvetage des victimes lorsque les flammes ont commencé à brûler le siège de la représentation diplomatique. Parmi les occupants anonymes, Vicente Menchú, père de la prix Nobel de la Paix, Rigoberta Menchú.

1er octobre – MEXIQUE – Sa tête était mise à prix 5 millions de dollars (3,9 millions d’euros) par le gouvernement américain. Le baron de la drogue mexicain, Hector Beltrán Leyva, a été interpellé dans un restaurant de San Miguel de Allende, au centre du Mexique. L’opération a été menée par l’armée, sans un seul coup de feu. À 49 ans, El H dirigeait le cartel familial des Beltrán Leyva depuis la mort de son frère Arturo, tué fin 2009 par la marine mexicaine. Il était le dernier des frères Beltrán Leyva recherché. La fratrie mène depuis quatre ans une lutte sanguinaire contre le cartel de Sinaloa, dont le célèbre chef, Joaquín Guzmán, El Chapo, a été arrêté en février. Un nouveau joli coup de filet pour le président Enrique Peña Nieto, alors qu’une série de violations des droits de l’homme par des militaires suscite la polémique sur le recours à l’armée dans la lutte contre le narcotrafic.

1 octobre – ARGENTINE – L’économiste Alejandro Vanoli, 53 ans, est le nouveau président de la Banque centrale d’Argentine. Économiste hétérodoxe du collectif plan Fénix, composé de professeurs de l’Université de Buenos Aires (UBA) qui lors de l’effondrement de 2001 de l’Argentine a élevé la voix contre la pensée néolibérale hégémonique dans ce pays, est en faveur des marchés réglementés. Il a dirigé durant cinq ans la Commission Nationale des Valeurs mobilières.

1er octobre – MERCOSUR – Les produits agricoles bon marché affectent le Mercosur en particulier le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay et le Paraguay. Les valeurs du blé et du soja sont à leur plus bas niveau depuis les quatre dernières années et le prix du maïs baisse depuis cinq ans. Le prix de la tonne de soja a chuté de 40 % en cinq mois, le maïs de 37 % et le blé de 33 %. Le Brésil est le deuxième plus grand producteur de soja au monde et le troisième exportateur. Le Brésil est le troisième plus grand producteur de maïs au monde. L’Argentine est le cinquième plus grand producteur de maïs au monde et le deuxième exportateur.

2 octobre – PÉROU – En l’absence d’un soutien « clair et public » du gouvernement péruvien, le juriste péruvien Diego García-Sayán a annoncé qu’il retirait sa candidature lancée il y a même pas deux mois, à l’Organisation des États américains (OEA).

2 octobre – VENEZUELA – L’assassinat de Robert Chávez Serra, 27 ans, l’un des plus jeunes députés à l’Assemblée nationale pour le Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV), et sa compagne, María Herrera, pour le gouvernement y voit un motif politique. Il est le quatrième élu de mort violente cette année au Venezuela

2 octobre – MEXIQUE L’utilisation d’herbicides dans le Midwest des États-Unis empêche la reproduction de l’espèce de papillon monarque qui traverse l’Amérique du Nord. Ce papillon ne vient plus dans les colonies immenses des forêts de Michoacán, ni dans l’État de Mexico. La migration de cet insecte en Amérique du Nord a diminué considérablement au cours de la dernière décennie au Mexique et les experts visent les États-Unis comme l’un des responsables de la baisse de la présence de l’espèce sur le continent par l’utilisation excessive d’herbicides. Le Fonds mondial pour la nature (WWF) a noté dans son rapport sur la réserve Monarca au Mexique que dans la dernière année le monarque a occupé 0,67 hectare de forêts, 44 % de moins que l’année précédente. L’organisation avec les autorités mexicaines ont commencé un programme d’amélioration de la conservation des forêts pour que ces insectes migrent durant l’hiver.

2 octobre – COLOMBIE – Le pays gagnerait une décennie de croissance si elle signait la paix. Ce sont les avantages qu’apporterait la fin du conflit avec la guérilla, selon un groupe d’économistes de la Faculté d’économie de l’Universidad de Los Andes. Le livre « Coûts économiques et sociaux du conflit en Colombie « qui vient d’être publié à Bagotá, conclut qu’en se limitant au processus de paix avec le FARC – et un éventuellement avec l’ELN, la seconde guérilla – on augmenterait de 4,4 points le taux de croissance annuelle de l’économie, même si la violence criminelle du pays se maintenait.

3 octobre – MEXIQUE – Après seulement trois jours Miguel Ángel Osorio Chong, ministre de l’Intérieur du Gouvernement du Mexique a obtenu d’arrêter une des protestations estudiantines les plus massives du mandat de six ans d’Enrique Peña Nieto. Le ministre s’est réuni avec plus de 10.000 étudiants de l’Institut Polytechnique National pour lire les réponses aux dix demandes que les étudiants lui avaient transmises quelques jours plus tôt. La mobilisation estudiantine a obtenu de modérer des changements au programme des études, sur le nouveau règlement intérieur et la destitution du directeur de l’institution, Yoloxóchitl Bustamante, qui avait été en conflit avec les élèves en indiquant que les marches de protestation étaient financées par des groupes externes et que ceux qui protestaient n’étaient pas des étudiants. Ces évènements ont été qualifiés comme sans précédent par la presse mexicaine.

3 octobre – AMÉRIQUE LATINE – La Rencontre Latino-américaine Progressiste (ELAP), réunie en Équateur, propose « de radicaliser la démocratie » dans les pays où ils exercent des gouvernements progressistes et approfondir la participation de groupes de jeunes et de femmes dans les débats politiques. Des centaines de délégués de groupes politiques de gauches d’une vingtaine de pays d’Amérique latine ont été alertés du « danger imminent » d’une « contre-offensive » de la droite conservatrice pour essayer de reprendre le pouvoir dans ces nations à travers des campagnes médiatiques contre les gouvernements progressistes. Le document final, appelé « Déclaration de Quito« , a soutenu les gouvernements progressistes de la région et a rejeté l’ingérence de l’impérialisme dans les processus de changement qui sont opérés chez elle. Des Représentants de formations politiques de cette tendance d’Allemagne, d’Espagne et de la Grèce, ainsi que de la Gauche Européenne ont aussi assisté à la rencontre pour « apprendre » de l’expérience latino-américaine, comme l’a déclaré Pablo Iglesias, du parti espagnol Podemos.

4 octobre – HAÏTI – L’ancien dictateur Jean-Claude Duvalier est mort à Port-Au-Prince d’une crise cardiaque à l’âge de 63 ans. Il a dirigé le pays de 1971 à 1986 et y est revenu en 2011. Il a été accusé de crimes contre l’humanité et détournements de fonds publics.

4 octobre – MEXIQUE – Ministère public de Justice indépendante du Gouvernement. Suite à l’adoption d’un ensemble de réformes structurelles au Mexique dans les deux premières années de son mandat, le président Enrique Peña Nieto est sur le point de changer l’institution qui pendant des décennies a servi comme bras exécutif de la justice pour le gouvernement : le Procureur Général la République. La Commission de Transparence et Anti-corruption de la Chambre des députés a discuté de la proposition de loi pour la création d’un Procureur Général avec le statut juridique d’organe constitutionnel autonome. Le nouvel organe remplacera le PGR actuel et le titulaire sera nommé conjointement par le président et le Sénat pour un mandat de neuf ans.

5 octobre – BRÉSIL – La présidente Dilma Rousseff, du Parti des travailleurs (PT) et le libéral Aécio Neves, du Parti social-démocratie brésilienne (PSDB), se rencontreront pour le deuxième tour des élections brésiliennes le 26 octobre. La grande perdante de ce premier tour est Marina Silva, du Parti socialiste brésilien (PSB), qui a flirté avec la victoire il y a quelques semaines, selon les sondages, mais a terminé par une chute inhabituelle. Après 93,5 % des bulletins de votes décomptés, Dilma Rousseff obtient 41,08% des suffrages, Aécio Neves, fait un retour inattendu, 34,2 % et Marina Silva, qui s’écroule parallèlement à la montée de son rival, est éliminée avec 21,14%. L’abstention a été de 19 %.

5 octobre – MEXIQUE – Le gouverneur de Jalisco du PRI, Aristóteles Sandoval, a déclaré que les autorités ont arrêté quatre personnes liées à l’assassinat du député Michel Gabriel Gómez et son assistant, Heriberto Núñez Ramos il y a deux semaines, en plein jour dans les rues de la ville de Guadalajara, capitale de l’État et la troisième plus grande ville du Mexique. Des versions non confirmées par les autorités indiquent que derrière l’homicide pourrait se trouver Nemesio Oseguera, chef du cartel Jalisco Nouvelle Génération, qui contrôle la région.

6 octobre – MEXIQUE – Dans une tombe clandestine située à la périphérie de Iguala au cœur de l’État de Guerrero ont été découverts au moins 17 des 43 étudiants disparus le 26 septembre après leurs arrestations par la police municipale. Le massacre a été réalisé par deux tueurs à gages à qui les agents locaux ont remis les étudiants. La confession des deux meurtriers, publié hier soir par le procureur général, a ébranlé le pays comme un éclair et a mis en lumière une vérité sombre : le pouvoir presque illimité exercé dans certaines régions par le crime organisé.

Guy MANSUY