SYNOPSIS

Dans les profondeurs de la jungle résonne l’écho d’un chant ancestral. C’est la voix du peuple Mbya Guaraní qui maintient son héritage vivant à travers le chant de ses enfants. Charo Bogarín et  Diego Pérez, créateurs du projet musical Tonolec qui fusionne musique électronique et chants folkloriques, parcourent la jungle pour trouver les mélodies qui inspireront leur nouvel album. Des villages Guaranís au studio d’enregistrement, Le chant du temps, est un voyage musical de découverte, d’apprentissage et d’inspiration entre les chants Mbya ancestraux et les sonorités contemporaines du groupe argentin.

Argentine – Brésil / 70 min
Thématique : GUARANI / MUSIQUES / DIVERSITÉ CULTURELLE

Le chant du temps est le fruit de plusieurs rencontres. Celle entre le réalisateur, Mana García et le groupe Tonolec en 2011 sur le tournage de Polifonía, une série de reportages sur le processus créatif de différents artistes où Diego Pérez et Charo Bogarín composent devant la caméra leur première chanson en langue guarani. Mais aussi celle des deux artistes avec les musiques traditionnelles des peuples de la région du Chaco argentin dont ils sont originaires. Plus qu’une simple inspiration, Tonolec a fait de la fusion entre musique électronique et folklorique sa marque de fabrique. Dès le début du film, c’est avec une démarche quasi scientifique qu’ils vont à la rencontre des artistes guaranis guidés par deux musiciens locaux, Karozo Suetta et Nerina Bader. Plus que de simples mélodies et quelques expressions locales, Diego Pérez et Charo Bogarín cherchent avant tout à comprendre la façon dont la musique imprègne la vie de ces communautés.

Dans la culture Mbya par exemple, la musique est un pilier de l’éducation des enfants qui permet de transmettre des valeurs et un héritage. Les premières interactions, sans caméras, se font sous forme d’échange musical qui crée rapidement une certaine complicité entre le groupe et les habitants. Ceux-ci sont ainsi capables de partager leur vision du monde, leur spiritualité et leur proximité avec la nature. Fasciné par la création artistique, Mana García nous fait suivre le développement de l’album, des villages guaranis aux performances scéniques du groupe, chanson après chanson. Fidèle à sa devise, « c’est le processus qui fait l’œuvre», celui-ci a décidé de suivre Tonolec sans script préparé à l’avance, afin de capturer ces rencontres de la façon la plus authentique possible.

C’est ensuite dans la salle de montage que le film a finalement pu prendre forme après six années de travail. Véritable déclaration d’amour à la musique et sa capacité à transcender les frontières, Le chant du temps est un voyage qui laisse le spectateur rêveur et désireux d’en apprendre davantage sur les cultures rencontrées en cours de route. Aujourd’hui, Mana García reste passionné par le processus créatif des artistes qu’il rencontre et compte bien continuer à mettre en lumière de nouvelles œuvres, musicales ou non, à travers ses films. Quant à Tonolec, ils ont sorti sept albums dont Cantos de la tierra sin mal où l’on peut retrouver les chansons composées durant le tournage du film. Notons également Nación Ekeko, le projet solo de Diego Pérez avec lequel il unit une fois de plus musique électronique et chant traditionnel et crée des spectacles alliant musique, danse et art visuel.

Élise PIA

Réalisateur et post-producteur formé au C.E.C.C. à Barcelone, ses courts métrages Sur et In God We Trust ont été sélectionnés dans plus de 50 festivals et ont été primés aux festivals de Rome, Escorto, Ingenio400 et Girona. Mana García travaille depuis plus de 15 ans à la réalisation de contenus documentaires pour des chaines de télévision publiques et éducatives en Argentine et en Amérique latine. En 2012, il conçoit Polifonía, une série de documentaires qui dépeint le processus créatif de 32 artistes de diverses disciplines. El canto del tiempo est son premier long métrage.