SYNOPSIS

Ce film nous entraîne au sein d’une petite communauté maya dans une montagne du Guatemala. Une église évangéliste, l’Assemblée de Dieu, y a une présence très forte. Le témoignage d’un diacre nous fait comprendre les raisons de son engagement et le film le suit dans sa famille, auprès des habitants et dans ses diverses activités au sein de l’Église. En parallèle, des psychologues s’interrogent sur la présence grandissante du mouvement évangéliste au Guatemala et son importance au sein de ces communautés isolées.

Guatemala – France / 80 min
Thématique : ÉVANGÉLISME / POLITIQUE / CROYANCES

Depuis les années 1980, l’évangélisme n’en finit plus de gagner en popularité dans toutes les régions du globe. Les églises se multiplient et sont devenues une force sociale, économique et politique conservatrice qui pèse lourd dans les sociétés d’Amérique latine, comme l’a démontrée l’élection de Jair Bolsonaro au Brésil. Avec ce film, Philippe Goyvaertz nous emmène dans le village de Xejuyu dans les montagnes du Guatemala, où est implantée une de ces églises, L’assemblée de Dieu. En présentant son influence sur la communauté depuis plusieurs points de vue, il nous permet de mieux comprendre l’importance de ce culte pour les habitants de ce village isolé. C’est pendant le tournage d’un documentaire sur les coopératives de café, en 1994, que Philippe Goyvaertz rencontre Dennis, le diacre de Réalité et illusion, et sa famille avec qui il restera en contact jusqu’à réaliser ce film. La popularité grandissante du mouvement évangélique dans le pays le pousse à s’intéresser à ce phénomène et à retourner à Xejuyu. Une fois sur place, il est marqué par l’importance de ce mouvement, initialement porté par des missionnaires américains soucieux de lutter contre le catholicisme jugé trop proche du peuple, mais les églises évangéliques ressemblent aujourd’hui, par certains aspects, à des entreprises multinationales générant d’énormes revenus. La caméra suit, en essayant de comprendre sans jamais les juger, les fidèles de L’assemblée de Dieu, dans leur vie quotidienne, pendant les messes chantées ou les tentatives d’évangélisation des habitants du village.

En laissant les différents intervenants nous apporter leurs avis, parfois divergents, sur le sujet, le film met en lumière la façon dont les églises évangéliques ont pu gagner si rapidement en fidèles, notamment en se présentant comme la seule solution face aux problèmes de santé publique dont souffre la communauté de Xejuyu. Mais en exposant également les problèmes de ces méthodes et notamment la tendance au fanatisme et au prosélytisme des fidèles ou la croissance des méga-églises dirigés par des pasteurs-stars, Réalité et illusion nous dépeint un état des lieux réaliste de la complexité de la situation. Depuis María, petite indienne du Guatemala, sorti en 1994, Philippe Goyvaertz n’a eu de cesse de retourner dans ce pays et d’en tirer des films, souvent engagés, sur les conditions de vie de ses habitants. Adepte du format documentaire pour l’immersion et les rencontres qu’il permet, Philippe Goyvaertz aime donner la parole aux acteurs des régions qu’il traverse. En plus des évangéliques, il s’est notamment intéressé aux conséquences sociales et environnementales de l’installation de multinationales dans plusieurs secteurs, les agrocarburants, les mines d’or et les laboratoires pharmaceutiques.

Élise PIA

Né en 1950, il étudie le chinois et l’anthropologie. En 1991, Philippe Goyvaertz crée une société de production, Milune Production afin d’être indépendant et se consacrer à la réalisation de films personnels. En 1992, lors d’un tournage au Guatemala, il côtoie le monde Maya. Véritable choc culturel, il prit conscience du racisme, de l’extrême pauvreté et de l’injustice sociale qui aboutiront à une série de films montrant les ravages occasionnés par les multinationales : Le café et l’addition, L’Essence de la terre, Les Malades de l’imaginaire et le dernier sur la religion évangélique, Réalité et illusion.