Lyon prépare son été musical avec une place pour les expressions latinos

Les artistes latino-américains ont une remarquable participation sur la scène culturelle lyonnaise des festivals qui accueillent des milliers de spectateurs. Cet été 2021, en s’adaptant aux restrictions en vigueur, on se prépare à une édition spéciale du festival Les nuits de Fourvière et du Festival Jazz à Vienne.

Photo : Nuits de Fourvière

Le projet artistique singulier Les nuits de Fourvière comprend une large variété d’expressions d’art dont les seuls deux critères sont la qualité artistique des artistes et leur inscription sur la scène internationale. Pour la 75e édition, les Lyonnais trouveront donc des expressions artistiques et des représentants latino-américains de renom. Parmi eux, le Carioca João Selva ouvrira l’anniversaire du CMTRA (Centre des musiques traditionnelles Rhône-Alpes) qui fête ses 30 ans au Grand théâtre. À côté de l’Altin Gün, le groupe turco-néerlandais qui reprend la particularité de la scène folk psyché stambouliote, João nous invitera avec son style multiple à Rio au Nordeste brésilien, dans les Caraïbes, au Cap Vert ou en Angola. Ce musicien, grandi à Rio de Janeiro, a été soutenu par Wanda Sá – icône de la bossa nova – dans ses premières approches de la musique avec la guitare. Il a développé un style de musique influencé par le contexte brésilien et sera plus tard amené à s’installer à Lyon. Cette fois, il nous ravira avec Navegar, son deuxième album, un nouveau et excellent représentant de la pop tropicale.

De son côté, Circa, une compagnie d’acrobates et de poètes fidèle au festival des Nuits, nous présentera en coproduction avec l’Opéra de Lyon au Grand théâtre un projet inspiré par le tango. Yaron Lifschitz, son directeur artistique, projette dans María de Buenos Aires (opéra-tango, 1968) l’univers du tango, en employant l’adaptation d’une œuvre du grand maître du genre, Astor Piazzolla et le livret d’Horacio Ferrer. « María est une chanteuse qui, après une fin tragique dans une maison close, devient une ombre condamnée à dériver dans les bas-fonds de Buenos Aires. Le réel le plus trivial et l’onirisme le plus surréaliste s’embrassent ici fougueusement, au son d’une langue ultra chantante composant une ode enflammée à la beauté fatale du tango et de sa ville natale ». Entourés de dix acrobates et de danseurs, un groupe de tango avec l’Orchestre National d’Auvergne soutiendra l’interprétation de la mezzo-soprano Wallis Giunta et du magnifique baryton Mexicain-Américain Luis Alejandro Orozco.

Le Festival Jazz à Vienne, pour sa 40e édition, célèbre l’univers du jazz. Des artistes de renommée internationale y montrent un métissage musical divers, pluriel et ouvert à tous. Parmi les musiciens, la formidable richesse artistique des latino-américains est variée. Dans le cas brésilien, Lucas Santtana a convié à son spectacle deux musiciens: le précité João Selva et le saxophoniste français Baptiste Herbin qui entretient de forts liens avec le Brésil. L’univers musical de Santtana, héritier du mouvement tropicaliste, se nourrit en même temps d’un rêve de musique universelle. D’autre part, le cubain Roberto Fonseca sera accompagné par Danay Suárez et par Kenny Garrett. Fonseca, figure emblématique de la musique afro-cubaine et originaire d’une famille de musiciens à la Havane, présente un style de musique créole développé à partir d’une fusion de jazz, funk et soul afro-cubaine. 

Un autre cubain apparaîtra à Jazz à Vienne dans un duo inattendu: d’un côté, le pianiste Alfredo Rodriguez, né à la Havane ; de l’autre, le bassiste Richard Bona né au Cameroun. Leur premier concert ensemble à Jazz à Vienne sera « sur un répertoire qui, de leurs influences cubaines au jazz en passant par l’Afrique et même la chanson, célèbre le socle commun d’expériences et de musiques qui les lie par-delà les générations ». D’autre part, Seu Jorge et Rogê, musiciens essentiels de la MPB (Musica Popular Brasileira) feront leur premier passage en duo à Jazz à Vienne après avoir enregistré ensemble en 2019 pour la première fois. Seu Jorge est l’une des voix de la nouvelle scène brésilienne et a une présence au cinéma: dans un rôle dans La Cité de Dieu de Fernando Meirelles et Kátia Lund et, aux États-Unis, dans La Vie Aquatique de Wes Anderson, « ponctué de ses inoubliables reprises acoustiques des plus célèbres chansons de David Bowie ». Rogê est une voix aussi remarquable au Brésil où il a sorti sept albums, avant de s’installer à Los Angeles.

Jhon Sebastián RAMOS HIDALGO

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