Flore Longo, directrice de Survival lance un nouvel appel de soutien aux peuples autochtones

« Pensez-vous, comme nous, qu’il est urgent de stopper l’assaut massif qui se prépare contre les peuples autochtones et leurs terres ? Lors du prochain sommet de la Convention sur la diversité biologique, les dirigeants mondiaux prévoient de s’accorder à transformer 30 % de la Terre en “aires protégées” d’ici à 2030 ». 

Photo : Survival

Les grandes ONG de protection de la nature affirment que cela permettra d’atténuer le changement climatique, de réduire la perte d’espèces sauvages, d’améliorer la biodiversité et donc de sauver notre environnement. Mais elles se trompentLes aires protégées ne sauveront pas notre planète. Au contraire, elles augmenteront la souffrance humaine – comme c’est le cas notamment pour les Baka au Cameroun et au Congo, ainsi que les Chenchu en Inde – et accéléreront la destruction des espaces qu’elles prétendent protéger. Trop souvent, créer une aire protégée signifie expulser les peuples autochtones qui y vivent et prennent soin de leur environnement depuis des générations. 
 
Nous avons donc décidé de lutter contre cette initiative – que nous qualifions de grand mensonge vert –, et ce pour trois raisons : Qui va souffrir si 30 % de la Terre est « protégée » ? Ce ne seront pas les principaux responsables de la crise climatique et de la perte de biodiversité, mais plutôt les peuples autochtones et les autres populations locales des « pays du Sud », qui ne participent que peu ou pas du tout à la destruction de l’environnement. Les chasser de leurs terres pour créer des aires protégées n’aidera pas le climat : les peuples autochtones sont les meilleurs gardiens du monde naturel. 

La reconnaissance des droits des peuples autochtones est fondamentale pour sauver notre planète : 80 % de la biodiversité se trouve sur leurs territoires. Nous nous battrons jusqu’au bout pour défendre un nouveau modèle de conservation de la nature – un modèle qui reconnaîtra enfin les peuples autochtones comme des acteurs de premier plan dans la lutte pour la protection de l’environnement. « C’est étrange, je ne comprends pas que la société ne parvienne pas à saisir que notre façon de vivre aide à équilibrer l’environnement. Nous ne détruisons pas, nous ne polluons pas et nous ne déboisons pas. Si nous contribuons à maintenir la forêt debout, tout le monde aura une vie meilleure. Nous dépendons de la nature pour survivre. Sans elle, il n’y a pas de vie. Sans elle, il n’y a pas d’oxygène, tout meurt. » Rosimere Teles, Arapaso, Brésil.

Les peuples autochtones représentent une part essentielle de la diversité humaine. Et, au même titre que la biodiversité, la diversité humaine doit également être protégée : c’est elle qui nous rend plus tolérants les uns envers les autres, qui nous permet d’affirmer haut et fort que chaque être humain doit être traité avec le même respect et que chaque peuple autochtone doit pouvoir déterminer son propre avenir. 

Ces trois raisons ne sont pas dissociées, mais au contraire profondément liées. Alors, ensemble, combattons la dangereuse initiative des 30 % – le grand mensonge vert. J’espère de tout cœur que nous pourrons compter sur vous. Je fais un don pour les peuples autochtones, la nature et toute l’humanité → 

SURVIVAL INTERNATIONAL