Martin KOHAN
Né en 1967 à Buenos Aires, il est considéré comme l'un des auteurs les plus intelligents et les plus stimulants de la nouvelle littérature argentine. À l’âge de 43 ans, il a déjà écrit sept romans, de nombreux contes et essais, dont un est dédié à l’oeuvre de Walter Benjamin. Engagé dans une approche savante de l’écriture, aussi bien en tant que créateur que critique littéraire, Kohan enseigne la littérature à l’Université de Buenos Aires et participe activement à de nombreux débats, parfois polémiques, dans les revues culturelles argentines actuellement en vue. Sa vie a été entièrement consacrée à la littérature et aux études littéraires. En 1990, il a été reçu comme Professeur dans l’Enseignement Secondaire Normal et Spécial dans le domaine de Lettres, avec un titre accordé par la Faculté de Philosophie et des Lettres de l'Université de Buenos Aires. En 1991, il obtient son diplôme de licence en Lettres par l’Université de Buenos Aires. Toujours au sein de la Faculté de Lettres et Philosophie, il soutient en 2001 sa thèse de doctorat dont le sujet a été San Martin un célèbre héros national. Ses livres ont été traduits vers l’anglais, le français, l’italien et l'allemand. Il est également un conférencier invité à l’Université Nationale de Patagonie, critique littéraire à San Juan Bosco et collaborateur au journal quotidien Le Clarín. Dans son travail, Kohan combine des arguments animés avec des réflexions sur la politique et l'esthétique. La précision en termes linguistiques et narratifs est réalisée avec un sens aigu de l'ironie. Ses considérations lucides et finement amenées sur des moments et des mythes décisifs de l'histoire argentine ont établi sa position dans le paysage intellectuel de son pays.
Diego Lerman, réalisateur argentin de Tan de repente (2003) et de Mientras Tanto (2007), présentera cette année à la Quinzaine des Réalisateurs le film L’OEil invisible, inspiré d'un roman de Martin Kohan.
Entre les murs du Colegio Nacional de Buenos Aires règne une discipline stricte, implacable et cruelle. Maria Teresa, vingt ans, toute nouvelle surveillante de la classe de troisième, a pour mission de veiller à ce qu’aucun élève ne déroge aux règles de bonne conduite. Son supérieur hiérarchique, M. Biasutto, lui a recommandé de ne laisser passer aucune faute et, mine de rien, d’avoir l’oeil à tout afin de tenir éloigné l’esprit de la subversion qui, en cette année 1982, menace le pays et le collège. Ignorante et timide, Maria Teresa met un point d’honneur à accomplir et même perfectionner ce qu’elle considère comme son devoir. Lorsqu’elle commence à se cacher dans les toilettes des garçons pour surprendre d’éventuels fumeurs, sa vigilance tourne alors à l’obsession et lui procure une excitation secrète et trouble, que l’intervention de M.Biasutto transforme en rituel scabreux, faisant de la jeune surveillante la victime d’un système qu’elle a elle-même cautionné sans s’en apercevoir.
BIBLIOGRAPHIE :
Sciences Morales traduit de l’espagnol (Argentine) par Gabriel Iaculli aux éd. duSeuil, 2010
Dix sept secondes hors du ring (éd. du Seuil, 2007) |


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